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Ah ben là, oui... Ça plus l'épisode de jeudi dernier...

C'est un complot !

Vue de la fenêtre devant laquelle je bossais à la BU, tout à l'heure. Et je me dois de protester : je ne peux PAS travailler dans un tel environnement.

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Je sais que la L1 d'Histoire ne peut pas être fondamentalement mauvaise, quand on commence le cours par un visionnage des Exploités :b

Bon, tout le monde n'a pas ri, et j'ai entendu des énormités concernant la parenté des différents acteurs (José Drevon c'est PAS la mère d'Alexandre Astier, bordel !), mais voilà. Ça fait plaisir :lol:

Daisuke a écrit :

La première fois que j'entend parler d'une fac surchargée au point de demander des lettre de motivations, enfin pour un parcours du type licence d'histoire.

Ben la même, on m'avait toujours brossé un seul et même portrait de la "faaaaaaaac". Du coup, je me suis senti un peu pris au dépourvu en apprenant la nécessité d'une lettre de motiv'... Ceci dit, eux se donnent un délai maximum d'un mois passé la rentrée pour répondre positivement ou négativement à la candidature :b

Daisuke a écrit :

Nous les UE optionnelles libres (dans d'autres filière que l'histoire) c'est seulement aux semestres 2 et 4, d'ailleurs bon courage si tu décides de prendre géographie parce que j'ai eu des cours de géo imposés (j'en ai encore hélas) et c'étaient clairement pas des cours de haut niveau (sauf un qui était plutôt chouette).

J'ai des potes en fac de droit et d'économie, dans les deux cas les UE optionnelles ne commencent qu'à partir du semestre 2. Ma filière semble donc être une exception, mais je trouve ça pas mal comme système, a priori... D'ailleurs, l'intitulé exact de mon option est "Géographie des peuplements", c'est donc relativement spécifique et plutôt intéressant (enfin j'ai eu mon premier CM vendredi, et ça l'était).

Daisuke a écrit :

Sinon tes options ont l'air vachement plus fun qu'à Metz, d'ailleurs je me ne souviens avoir du en choisir avant la deuxième année (géo/cartographie ou histoire de l'art...autant dire que aucun ne m'emballais vraiment, mais vu qu'à l'époque je voulais faire prof j'avais pris géo).

On a une filière Histoire et une filière Histoire de l'art dans le même département à Nantes, que tu es censé choisir dès ton entrée en L1. Mais c'est vrai que les options sont globalement assez chouettes, et j'ai un peu choisi selon le même critère que toi, à savoir que la géo est toujours utile si on se destine au professorat.

Daisuke a écrit :

Sinon, tu étudies quoi en moderne et en contempo ? Je pourrais peut-être te conseiller des livres.

Alors, en moderne on a fixé les bornes chronologiques entre 1483 et 1653, en commençant par la mort de Louis XI et en s'arrêtant à une séquence intitulée "D'une régence à la Fronde" (pour le premier semestre). Et en contempo, c'est 1814-1914 (comme le manuel que j'ai acheté, chic mon oncle !) soit de la chute de Napoléon à la Première Guerre mondiale. J'ai toujours la liste des bouquins que tu m'avais conseillés par MP, et puis ceux de la biblio que les profs nous ont refourguée.
(C'est cher, les livres.)

Je m'en suis rendu compte après, oui. Mais ça valait l'coup :lol:

Alors j'ai cliqué sur ton deuxième lien et...

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Ça doit pouvoir se traduire par "Va te coucher, Sar-Sy".

Merci les gens ;) Alors autant glandouiller ça m'arrive assez fréquemment (sous-entendu que je ferais mieux de bosser au lieu de lire les commentaires fachos sous les statuts d'Amnesty International), mais l'assiduité et la ponctualité sont des règles auxquelles je ne déroge jamais. Et auxquelles je ne dérogeais même pas l'an dernier, quand j'étais au fond du trou et que la formation me gonflait. Par exemple, j'en ai vu se barrer pendant un CM, en passant ostensiblement devant le prof, eh ben... ça me paraît juste impensable. Mais on m'a vite répondu que "la faaaaaaac". Mouébof... Le respect du prof, ou le respect d'autrui de manière général, ça commence tôt et y'a pas de raison que ça s'arrête en entrant à la fac.
En r'vanche ça n'a aucun rapport avec la conversation.

Daisuke a écrit :

Alors Sarsy t'étudies quoi (en plus de l'histoire japonaise ) ? Le tutorat est obligatoire dès le premier semestre chez vous ?

Alors, j'ai deux UE obligatoires (et leurs séances de TD) que sont l'Histoire moderne et l'Histoire contemporaine, deux UE optionnelles (enfin tu es obligé d'en prendre deux sur les trois, quoi, le troisième étant l'Afrique - le prof est très chiant donc j'ai lâché l'affaire, dommage parce que ça m'aurait bien plu...) que sont l'Amérique latine et le Japon, de l'anglais et une UE découverte, et là je vais sans doute me rabattre sur la Géographie.
...
Oui parce que je suis pas encore inscrit, par contre :b La fac est saturée, et le directeur a répondu positivement à ma demande d'inscription (qui se faisait sur dossier et lettre de motiv', tout de même...) jeudi dernier. Du coup je serai officiellement en L1 à partir de demain après-midi :lol:

Ah oui quand même... :beuh:

Dediud a écrit :

mais pour l'instant, il n'y a pas eu de démenti...

Y veulent un démenti sur un nutritionniste.

Et puis si jamais il se met à porter l'uniforme MÊME aux IRLs, vous imaginez le merdier ? On saura plus comment se comporter, on se mettra à marcher dix pieds derrière, et les gens balanceront du "Ave Tribunus Cohortis Bescherellae" à tout crin... :/ Et toi, tu salues pas ton supérieur ? Bonjour l'ambiance pourrave...

Mes bonnes nouvelles à moi, c'est que je suis dans ma deuxième "vraie" semaine de fac. Et ça me plaît ! Bon, pas tout, hein. L'administration, l'organisation, les tutorats*, les 4h de TD et méthodologie confondus, tout ça, bof... Mais certains profs sont passionnants, et puis j'aime bien, a priori, la méthode de travail requise en fac. Le travail perso, j'ai souvent préféré ça au travail à 30  tire-au-flancs dans une classe où tout le monde s'emmerde sans rien faire avancer du tout (bien au contraire...). Bon, va falloir que je me remette activement à la lecture, et les livres c'est quand même "abuséééééééé koman c chair", m'enfin, on va bien réussir à se débrouiller. En plus on commence à se causer un peu dans le groupe de TD, et les gens sont marrants.

Et puis j'ai pas racheté de clopes depuis deux semaines. Moi qui avais fini par passer à trois paquets par semaine l'année dernière, j'en suis surpris moi-même. Bon, je tape un peu dans celles des autres quand on m'en propose, hein, et je ne cracherai sans doute jamais dessus... Un fumeur qui arrête de fumer n'est à mon avis pas un non-fumeur : c'est un fumeur qui ne fume pas. Sous-entendu que ça sera jamais très facile de résister. Mais voilà, pour l'instant, je m'en sors !

*Enfin, le tutorat c'est chiant sauf quand on regarde un extrait de "Sacree Graal" pour boucler la séance :p

Aveu d'échec : ça fait une heure que je tente de rédiger un pavé monstrueux pour répondre, mais ayant frôlé l'AVC et l'overdose de mauvaise foi à maintes reprises, j'abandonne :/ Peut-être une autre fois, si l'envie me prend, mais du coup je vais poliment me faire oublier, en remerciant Coco pour sa documentation que j'men va lire de ce pas.

Coco a écrit :
Sar-Symius a écrit :

Ensuite, le sujet de ce clip étant les personnes trans au sens large, on peut compter parmi iels des "mecs déguisés".

Euh... Non ? :beuh:
Qu'est-ce que tu veux dire par là ?
Une femme trans n'est pas un mec déguisé. Jamais. C'est une femme.
Idem pour un homme trans, ce n'est pas une femme déguisée. Jamais. C'est un homme.

Je comprends vraiment pas ta phrase. ^^"

Moi non plus, je ne comprends vraiment pas ma phrase. J'ai sans doute voulu communiquer quelque chose, mais alors quoi ?

Voilà, vous n'avez rien lu !

:lol:
J'en connais une qu'a déjà sa place sur le forum des tarés, tiens.

Quand ma prof d'Histoire du Japon nous balance : « On pourrait presque parler d'une seigneurialisation des grands propriétaires terriens », et que je ne peux pas m'empêcher de songer à Perceval.

J'aurais tendance à rejoindre Parky sur ce type de questionnements. De plus, je trouve que le clip a beaucoup été critiqué pour ce qu'il n'est tout simplement pas, jusqu'à occulter ce qu'il est véritablement. Le but, ici, semble plus de mettre en scène un acteur tout de même relativement célèbre, qui va toucher un large public. Le fait qu'Andrew Garfield soit cis n'a guère d'importance à mes yeux, c'est le genre de son personnage qui compte. Pas la peine de faire jouer un handicapé par un acteur handicapé, donc, ou pour faire une comparaison peut-être moins maladroite, une blonde par une blonde. C'est bien le personnage en lui-même qui compte, il me semble, l'acteur ne doit être choisi que pour son talent, et ici ça me semble donc tout à fait justifié...
Ensuite, le sujet de ce clip étant les personnes trans au sens large, on peut compter parmi iels des "mecs déguisés". Ça peut paraître réducteur selon la façon dont on les met en scène dans la vidéo, mais effectivement, pourquoi ne pas en parler ? Je ne pense pas que le groupe en fasse une exclusivité (c'est un groupe très à gauche, très libertaire et militant, même s'il ne peut pas l'exprimer pleinement en six minutes), mais c'est de ça dont le clip traite. Difficile dès lors de l'attaquer sur un sujet dont il n'est finalement pas question, comme certain.e.s ont pu le faire. L'interrogation reste cependant légitime, je ne prétends pas le contraire, hein ;)

Guenièvre blanche fesse a écrit :

Euh, et pour Xavier, elle est au courant ta copine ? :D :lol:

Elle est dans le déni, comme beaucoup de ses congénères. À peine arrivé en salle, il s'est trouvé une groupie pour lui sauter au cou (avant d'être écartée par les gardes du corps). Alors soit elles continuent d'espérer, soit va falloir leur faire un cours sur la définition du terme "gay".
'Fin moi ça m'a amusé, et je pense que Dolan également :b

Guenièvre blanche fesse a écrit :

Dolan m'a toujours paru ultra prétentieux sans que j'aie vu un seul de ses films, mais je tenterais bien celui-là. On avait étudié des extraits de la pièce de Lagarce l'année dernière en formation ESPE.

Tu nous diras Sar Sy ?

Yup :)

Je précise d'emblée que je n'ai pas lu la pièce d'origine, et n'avais guère entendu parler de Lagarce jusqu'à hier (inculte je suis). Je jugerai donc le film en lui-même et non l'adaptation.
Pour résumer : c'est du Dolan. C'est-à-dire :

Sa seigneurie en calbut a écrit :

quelque chose oscillant entre l'insupportablement prétentieux et le génialement émotionnel.

À noter aussi, que je connaissais la filmographie de Dolan uniquement à travers un film : Mummy, qui m'avait collé une claque de par sa forte personnalité et sa prétention démesurée. Et puis à travers les B-A de ses autres longs-métrages, qui m'ont l'air un peu dans la même veine et qui abordent des thématiques équivalentes : la sexualité trouble et le rapport mère/fils. Là-dessus, Dolan s'est étendu maintes et maintes fois dans diverses interviews, je vous laisse vous renseigner si ça vous intéresse...

Mais c'est une oeuvre malgré tout assez singulière que ce Juste la fin du monde. On y retrouve bien tout Xavier « Je suis beau et talentueux » Dolan, de son agaçant et parfois très artificiel recours au clip-show (passer du Ozon en 2016, fallait oser...) jusqu'aux éclats de sentiments et de tristesse démesurés, en passant par les ralentis (malvenus, comme toujours, mais j'ai jamais trop aimé ça et pas que chez Dolan...) et l'emploi du héros nécessairement gay et nageant dans la folie ambiante (mais c'est aussi la pièce qui veut ça, j'imagine). Cependant, j'ai trouvé l'atmosphère particulièrement soignée et surprenante : on est pas en face d'un tire-larmes, cette fois, ou relativement peu ; sur la fin, sans doute, mais c'est tout. L'atmosphère se construit tout au long du film, une atmosphère bien glauque et même carrément morbide, claustrophobe aussi (à cet égard, la scène d'arrivée de Louis dans la demeure familiale, avec ses gros plans et son confinement, a quelque chose d'impressionnant). Et c'est très appréciable, pour peu qu'on accepte de "subir" le film. Ce qui me semble raisonnable au vu de la qualité de la plupart des dialogues (pas tous, j'y reviens vite fait pour conclure), souvent très naturels voire vulgaires mais ne manquant pas de distiller un certain humour bienvenu de temps à autres.

Et enfin, l'interprétation : un Gaspard Ulliel très correct dans son effacement ; une Nathalie Baye que j'ai trouvé juste bluffante (son monologue...) ; un Vincent Cassel un brin décevant, mais la faute à des répliques parfois bien lourdingues et malgré le fait qu'il se rattrape largement par la suite (à partir de la scène de la voiture, je dirais) ; une Marion Cotillard irréprochable, franchement, à deux ou trois exceptions près ; et une Léa Seydoux... insupportable en début de film, la clope au bec en bonne actrice française qu'elle est dans un premier temps, puis supportable vers la fin.

Voilà, je vous recommande donc ce film, même s'il est très... Dolanien. Aisé de le détester, plus difficile de faire la part des choses et d'en récupérer ce qui en fait un travail intéressant. Pour ma part, je vous encourage à tenter l'expérience.

Tenez, un clip :D
Donc tu viens nous emmerder avec ta musique MÊME là où on penserait pas à l'éviter ?
Nan mais c'est contextuel, là. Un clip de 2014, accompagnant la chanson "We exist" d'Arcade Fire (groupe québécois dont je vous vanterais bien la magnificence, mais c'est pas le sujet). Et ça avait déclenché une certaine polémique sur le coup, parce que si vous regardez le clip (et vous allez l'faire, c'est pas vous qui décidez, vous êtes pas à Kaamelott ici !), vous comprendrez que ça cause des personnes transgenres. Or, Arcade Fire ont choisi pour incarner le protagoniste, non pas une vraie personne trans, mais Andrew Garfield. Qui joue à merveille ici, mais ça n'a pas manqué : une partie du public leur est tombé sur la gueule. Pourquoi ne pas avoir choisi une vraie personne trans, donc ? La question est légitime, et Win Butler (chanteur) s'est justifié.

Les esprits échauffés ont plus ou moins adhéré à cette réponse, et c'est vrai que tout ceci reste sans doute très discutable, qu'on soit directement concerné ou non par le sujet. Cependant, je vous invite à regarder le clip que je trouve, au-delà de tout aspect polémique, très bien fichu.

Ce soir, c'est AVP de Juste la fin du monde de Xavier « Je suis beau et talentueux » Dolan. Pour 6€ la place, et en présence du sus-nommé qui nous présentera son film ! Je m'attends à quelque chose oscillant entre l'insupportablement prétentieux et le génialement émotionnel, bien sûr, et espère ne pas être déçu.

Pour l'anecdote, j'y vais avec une amie qui est complètement à fond sur Xavier Dolan (plus que sur son cinéma, d'ailleurs, m'enfin :rolleyes: ). En plaisantant, je lui ai dit que je draguerai le réalisateur pour obtenir son numéro de portable cellulaire, et lui refiler ensuite afin qu'elle puisse s'arranger avec lui. Je précise que l'amie en question n'est pas au courant pour mon orientation sexuelle :b

Ça donne un côté quasi-cérémonial pas dégueu, effectivement :)
De mon côté, du bon rap français (non, c'pas JUL, désolé) :

Flash required

De la chanson française naïve mais en fait pas tant que ça (excellent album dans l'ensemble, d'ailleurs) :

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De la musique "médiévale" belle et hypnotique :

Flash required

Pas de CD cette fois-ci : je rapatrie seulement quelques notes concernant le dernier album de la série Lou!, que je me suis envoyé tout récemment. Bonne lecture !

DES CHRONIQUES DANS MON CALE-SONS #4
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"L'âge de cristal", de Julien Neel

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Édition/Collection : Glénat/Tchô! La Collection
Contenu : 46 pages
Catégorie : BD
Genre : jeunesse (sauf que...)
Année de sortie : 28 novembre 2012

Petite remarque en guise d'introduction : j'ai vu la série télé et le film, mais n'émettrai aucun avis global les concernant dans cette chronique, afin de ne pas m'étendre davantage. Ceci dit, on peut en causer après si ça vous tente...

La série BD Lou !, dont six tomes ont été publiés à ce jour et un septième paraîtra le 12 octobre prochain, est l’œuvre du dessinateur Julien Neel. Le premier volume, Journal infime, sortait en 2004, rencontrant un succès critique et public immédiat, raflant le Prix Jeunesse 9-12 ans au Festival d'Angoulême 2005. La série dans sa globalité fut également gratifiée du titre de 2e meilleure BD jeunesse de la décennie 2000-2009 par la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image. Dans un même temps, elle fut déclinée en dessin animé à la télé (sur M6 notamment), puis récemment au cinéma sous le titre « Lou ! Journal infime » avec Lola Lasseron et Kyan Khojandi (le tout sous la direction artistique de Julien Neel), en 2014. Un petit phénomène donc, certes bien loin de la popularité d'un Titeuf (car on les a souvent comparés, même si ça n'a objectivement rien à voir), lequel avait contribué à faire connaître la fillette blonde via les publications originales dans Tchô ! Magazine (et y contribue toujours en l'éditant).

La formule était simple et efficace. S'adressant a priori à un jeune public, on suivait la vie ordinaire de la petite Lou et des personnages souvent hauts en couleur qui l'accompagnent. Sa mère, éternelle ado et auteur de SF à ses heures perdues, ayant élevé seule son enfant ; Mina, sa meilleure amie et prodigue en conseils avisés, à la vie guère attrayante et abominablement réglée par des parents bourgeois et s'entendant par ailleurs très mal (et même de plus en plus mal ?) ; Tristan bien sûr, son amûûûûreux (enfin... il ne le sait pas encore, disons), qu'elle espionne par tous les moyens possibles et imaginables, voyageant de désillusions en réconciliations fantasmées ; Richard, le « hippie » a la veste en peau de yak dont s'éprend la mère de Lou ; et bien d'autres, de l'indicible concierge Madame Chiourme (et son doublage mémorable dans la série télé) à la vieille peau de grand-mère de Lou, en passant par le pizzaiolo Gino, « l'Ancien » de l'immeuble bien détraqué, les copines, bref, tout ce qui peut constituer le cadre de vie d'une petite fille moyenne.

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Lou (à droite) et sa mère (à gauche). Chantant le genre de chansons justifiant, à elles seules, l'achat de la BD. Voilà, c'est dit.

Tout ceci était adroitement mené par Julien Neel, qui usait d'humour (références à la culture geek, et même un amusant clin d’œil à Lovecraft lorsqu'il s'agit de nommer le chat, tiens...) et des fortes personnalités de ses protagonistes afin de livrer un divertissement tout à fait honorable. À travers l'astucieuse idée de placer, en ouverture et clôture d'albums, des « pages » du journal intime de Lou, Julien Neel invite ses jeunes lectrices à prêter attention aux détails, même les plus infimes (eh), ceux-ci permettant parfois de mieux saisir le cadre de l'histoire narrée au fil des albums. Car si les frasques de la petite Lou ont quelque chose de médiocre (course au(x) garçon(s), journées banales...) dans les faits, elles n'en sont pas moins très vite attachantes... et sans doute plus encore parce qu'il y a de la médiocrité dans ce qu'elle vit, justement.

Par ailleurs, j'ai dit « jeunes lectrices », mais c'est à mon sens très réducteur. Si Lou! assume son côté girly (dans la typographie, par exemple, et son rose omniprésent), ça n'en est pas moins une lecture tout à fait agréable pour les garçons. Et même en grandissant, on peut trouver de l'intérêt aux  BDs de Julien Neel, voire un autre intérêt. Une profondeur qu'enfant, on n'aurait probablement pas su saisir. Car au-delà de l'histoire ordinaire d'une petite fille blonde, Julien Neel décrit ici une chose très universelle : l'évolution et le passage de l'enfance à l'âge adulte, avec ses rêves et ses désillusions. Si bien qu'au fil des tomes, qui ne perdent pour autant pas leur humour ou leur côté girly, Julien Neel parvient à disséminer une émotion certaine, et une nostalgie bienvenue : la rencontre avec Paul qui viendra chambouler les sentiments de Lou à l'égard du bô Tristan, par exemple ; ou encore le passé rebelle et quelque peu douloureux (mais traité avec humour) de la mère à Mortebouse - palme du meilleur nom de patelin de tous les temps de l'univers. Se dessine alors une chronique sur le temps qui passe et les changements que cela implique (relationnels, des centres d'intérêts, des rêves et perte de la naïveté enfantine) qui a visiblement su parler à tous ces lecteurs « ordinaires », parmi lesquels je me range sans hésitation. Julien Neel montrait qu'il ne prenait pas son audience pour un parterre de cons, racontant et questionnant sans jamais s'imposer. Aujourd'hui, le jeune lectorat de Lou! (qui reste le public-cible, hein) a bien grandi, et lorsque le tome 7 sortira, beaucoup seront devenus adultes. Ce que Julien Neel a bien compris, faisant grandir son héroïne au fil des volumes pour qu'elle corresponde toujours à ses fans et leurs préoccupations.

Pourtant, rien ne laissait présager le dangereux virage entrepris avec ce tome 6 qu'est L'âge de cristal. Référence au film du même nom réalisé par Michael Anderson (ou Logan's Run en anglais, « Logan » étant dans la BD le nom d'un resto où travaille Tristan et Jean-Jean...), que je n'ai pas encore vu, ce nouvel album qui a tout de même mis trois années avant de voir le jour (on peut supposer que la phase de questionnement et de doute fut bien longue pour l'auteur...) redéfinit une composante de taille : la SF. Si celle-ci était déjà bien ancrée dans l'univers de Lou!, ce n'était auparavant qu'à travers les laborieux romans de la mère, narrant les aventures super-héroïques de Sidera. Mais ici, ça n'a plus rien à voir : la SF s'introduit dans la vie des personnages, bouleversant le cadre sans pour autant les bouleverser eux en apparence. Et dès les premières pages, on comprend que du temps a passé : on découvre une Lou à lunettes travaillant, quand elle ne s'occupe pas de son tout jeune frère Fulgor, à l'étude d'une sorte de grand cristal rose apparu on ne sait trop comment. Et puis on apprend que sa mère a été engagée par le gouvernement afin d'enquêter sur la nature de ces mystérieux cristaux, repérée du fait de ses romans (qui doivent être adaptés sous forme d'un spectacle sur glace, mais là encore, tout cela s'avère plus compliqué que prévu...). Finalement, au bout de ces quelques 50 pages, on n'a toujours aucune idée du pourquoi du comment de ces cristaux, ni même des motivations de nos héroïnes à les étudier d'aussi près, et on se demande souvent pourquoi personne ne semble vraiment s'étonner de l'étrangeté des événements... Et tout cela a divisé l'audience de Julien Neel, la plupart des fans ayant visiblement lâché l'affaire face à tant d'invraisemblances et une direction SF à première vue très malvenue. Parlons franchement : L'âge de cristal s'est fait majoritairement démolir à sa sortie, et ne semble pas près d'être réhabilité. Ce qui, du coup, pose question quant à la voie qu'empruntera le tome 7 : Julien Neel aura-t-il écouté les critiques et revu son ambition à la baisse, ou n'en sera-t-il rien en définitive ?

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Les fameux cristaux roses dont traite la BD.

Eh bien j'espère qu'il enverra chier tout le monde, le monsieur. Parce que l'audace de ce tome 6 mérite pleinement d'être saluée. J'évacue d'emblée le seul reproche, tout de même fâcheux, que je peux lui faire pour le moment : trois ans pour 46 pages, ça reste quand même un peu long, et rien ne peut effacer la frustration que j'ai ressenti en refermant la BD. Ce qui, quelque part, est aussi bon signe, évidemment. Autre remarque, qui n'est pas forcément un défaut mais justifie peut-être la méprise dont a été victime ce sixième volume : ça n'est – à mon sens – clairement plus une lecture jeunesse, et encore moins une lecture « pour enfants ». Rien de cru ou de gore là-dedans, seulement la réflexion et la complexité des symboles et allégories ne me semblent pas très accessibles aux mômes. Ceci étant dit, il y a donc d'excellentes choses dans L'âge de cristal. La technique de dessin, déjà (néanmoins vivement critiquée par les fans) : un côté un peu brouillon, plus que d'ordinaire, un peu « croquis », comme si tout n'était qu'esquissé, basé sur des souvenirs flous (mot que l'on retrouve sur la deuxième de couverture, oh la vilaine coïncidence qu'elle n'en est pas une...) ; pour une BD qui traite du passage de l'enfance à l'âge adulte, user d'un trait limite enfantin, je trouve ça quand même assez bien vu – sans être révolutionnaire pour autant. Non, vraiment, la forme est toujours soignée ; juste surprenante au premier abord, c'est tout. Et la lecture du journal intime en deuxième et troisième de couverture me paraît cette fois indispensable pour qui veut s'imprégner de l'atmosphère singulière de ce tome 6...

Le fond, à présent. Que faire de cette trame SF guère très attrayante en soi, quoique référencée, et de ces invraisemblances ? Il convient de ne pas prendre l'histoire au premier degré, déjà. Car un constat évident se dresse à mesure que le récit se déroule devant nos yeux : tout ça n'est probablement pas réel. Plusieurs cases dévoilent la cohabitation entre le paysage urbain que l'on connaissait jusqu'alors, avec celui bien plus surprenant de vestiges abandonnés sur lesquels la nature semble reprendre ses droits ; difficile de ne pas y voir suggéré l'abandon progressif par Lou du monde enfantin dans lequel elle baignait jusqu'alors, vers un « nouveau monde » (celui des adultes). Des planches entières dénuées de texte, mettant en scène notre héroïne dans une boîte de nuit, pour laquelle elle avoue délaisser (non sans remords ponctuels) son bon vieux journal intime. Et puis ces fameuses impressions de déjà-vu, qui rendent vaines toutes tentatives pour le lecteur d'établir une chronologie dans ce tome 6. Il y a l'idée que ces flashbacks incessants seraient dû aux cristaux et bénéficieraient donc d'une explication purement SF... mais on sent bien qu'il n'en est rien, là encore : les 36 ruptures de Mina et Jean-Jean, les repas au « Logan » (ce qui, mentionnons-le encore, n'est certainement pas un hasard), même son histoire « compliquée » avec Tristan, tout ça forme un cycle dans la vie de Lou qui, en grandissant, ne peut plus voir ces choses avec autant de naïveté. Si bien que l'humour s'estompe progressivement dans L'âge de cristal, où se trouve du moins contrebalancé par un relatif malaise, celui d'une héroïne qui tente de se rattacher à un ancien monde sans pouvoir résister à l'appel de l'inconnu. Et puis il y a ce garçon qu'elle rencontre par hasard... Encore un ? Pas vraiment, non, et si on peut difficilement établir une théorie plausible à ce stade, il y a fort à parier que sa nature s'annonce pour le moins surprenante (et sans doute allégorique, là encore).

Revenons enfin sur cette référence au film de Michael Anderson : le cristal, dans le film, est censé jouer le rôle d'une horloge intégrée dans la paume des gens, et indiquant l'approche du jour du carrousel (soit celui où la personne concernée se fait littéralement désintégrer). Ce jour doit être celui des 30 ans de l'individu. Le parallèle avec l'intrigue de Lou! paraît donc intéressant, symboliquement tout du moins, puisqu'il y a un refus de la part de la jeune femme de grandir et devenir adulte, comme on a pu le voir précédemment. Reste à voir comment cela sera développé dans le prochain tome, mais si Neel sait toujours faire preuve de subtilité, il y a de quoi pondre une jolie réussite... Autre référence, plus subliminale, que l'on peut mentionner : dans son journal, Lou déclare que son bouquin préféré est L'écume des jours de Boris Vian ; j'ai plus de mal à en tirer quelque conclusion que ce soit, n'ayant tout simplement pas encore lu la chose. Ce côté surréaliste, cet univers fictif gravitant autour de l'héroïne, ces histoires de cœur compliquées, peut-être... Je ne peux guère en dire davantage pour le moment.

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Affiche de "Logan's Run", l'une des principales inspirations de la BD.

Mais voilà. Tout ça pour vous dire que non, Lou! n'est pas un truc réservé aux zenfants trop girly et que non, ce tome 6 n'est pas une purge tirant méchamment sur la corde comme on l'a trop souvent affirmé, bien au contraire. Et si cette chronique ne lui rend probablement pas honneur, d'autant que l'atmosphère de Lou! ne se ressent forcément qu'en lisant la BD, je suis désormais convaincu de l'intelligence du propos de Julien Neel. Il reste a priori deux tomes à paraître avant d'achever les aventures de la fillette devenue femme, et j'ai bien l'impression que, n'en déplaise aux âmes chagrines et nostalgiques des premières planches, Julien Neel est en train de créer une fresque plus audacieuse qu'il n'y paraissait au départ, dont j'ai hâte de connaître le dénouement. Quoique, peu importe, en fait : le voyage aura de toute façon été fort agréable.

Quelques-uns des films que j'ai pu découvrir cet été. J'en oublie sans doute une bonne partie, mais bon :

- Le Tombeau des lucioles (Isao Takahata) : un très beau film d'animation japonais, retraçant la déroute de l'archipel ayant abouti à sa reddition. On m'avait mis en garde quant à son caractère profondément cafardeux, et c'est effectivement le cas, avec des images parfois très dures et crues... Mais c'est aussi et surtout très fort, l'aspect autobiographique rendant l'ensemble plus marquant encore.

- Akira (Katsuhiro Ōtomo) : vu grâce à Arte-replay, encore un film d'animation japonais mais dans un registre bien différent : une dystopie sur la bombe atomique et la tendance autodestructrice de l'humanité qui en découle. Sauf que j'étais un peu crevé en le regardant, et je crains de m'être assoupi à plusieurs reprises, ce qui n'a pas facilité la compréhension de ce film assez difficile (notamment la fin, qui m'a laissé un peu con). Bel univers futuriste ceci dit, il faudrait que je le revois pour en livrer un avis plus abouti.

- Paprika (Satoshi Kon) : un dernier film d'animation japonais, et pas des moindres puisqu'il s'agit du grand-oeuvre du regretté Satoshi Kon. Et là encore un long-métrage pas évident à capter en un seul visionnage, tant il est riche aussi bien dans le fond (réalités et plans oniriques s'imbriquant puis se mélangeant les uns aux autres) que dans la forme (beaucoup de détails visuels, diversité des décors, etc.). Je connaissais déjà son excellente BO, et le reste est clairement à la hauteur. Nolan a avoué s'être largement inspiré de "Paprika" pour réaliser son "Inception", et effectivement, c'est même parfois à la limite du plagiat : on retrouve un tas de plans communs, notamment. Sauf que devant "Inception", je m'étais un peu fait chier, quand même, alors que le génie de "Paprika" m'a semblé évident du début à la fin.

- Control (Anton Cobjin) : ma claque musicale de l'été demeurant sans aucun doute "Unknown Pleasures" de Joy Division, j'ai tout naturellement été attiré par ce biopic relatant la vie (et le mythe) de Ian Curtis. Anton Cobjin parvient à capter cette atmosphère dépressive et pluvieuse du Manchester à l'époque de la "Dame de fer", tournant dans un paysage post-industriel inhumain à souhait et baigné dans un noir et blanc ici tout à fait justifié. Le mélange de médiocrité et de tragédie qui font de Curtis une figure aussi passionnante sont ici rendues par un Sam Riley juste bluffant. Un excellent film, là encore.

- Imitation Game (Morten Tyldum) : vu tout récemment, celui-là. Un film traitant d'un sujet très intéressant, à savoir l'équipe des génies ayant décodé Enigma durant la Seconde Guerre Mondiale, en s'intéressant surtout à Alan Turing (précurseur de l'ordinateur et théoricien de l'informatique, rien que ça)... qui a connu un destin particulièrement tragique du fait de son homosexualité. Je suis assez mitigé concernant "Imitation Game" : si j'ai indéniablement passé un bon moment devant, ça reste un film à Oscars, très, très lisse et propret, qui ne va finalement pas bien loin. J'aurais bien aimé que Morten Tyldum prenne plus de risques au-delà de sa mise en scène et réalisation impeccable, se montre plus audacieux, pour chambouler un peu plus son public et le questionner. Reste un Benedict Cumberbatch toujours très charismatique, même s'il surjoue carrément certaines scènes, et une Keira Knightley loin de la cruche de "Pirates des Caraïbes" (ouf !).

- La Domination masculine (Patric Jean) : j'ai hésité à le poster dans les "Débats", celui-là... Tout est dans le titre, un documentaire canadien regroupant les séquences suivantes : des témoignages de femmes battues, une séance lamentable de "speed-dating" avec des femmes qui je l'espère n'auront jamais de petites filles, un point sur la fusillade de polytech perpétrée par Marc Lépine et durant laquelle 15 étudiantes trouvèrent la mort (d'ailleurs, j'ai fait des recherches à son sujet, pour en savoir un peu plus sur lui... ce qui m'a mené sur des sites qui puent du cul mais violent), et puis d'inévitables témoignages de gros beaufs misogynes persuadés que les féminazis vont les castrer et détruire le modèle masculin viril (mais oui, et plus vite que ça même !). Ça fait réfléchir, même si le documentaire s'est semble-t-il fait démonter par pas mal de critiques pour son "manque d'objectivité" : perso, je l'ai trouvé plus que correct de ce point de vue-là, notamment parce qu'il n'emploie aucune voix off et laisse la parole aux "deux camps". Pour l'anecdote, Patric Jean a été contraint de quitter le Québec suite à la publication de ce documentaire, pressé par diverses menaces de mort... Et c'est disponible sur YouTube, alors ne vous privez pas !

Voilà, en gros.

Ben en gros ceux que j'ai croisés prononçaient "Hhhaïneukeune" et pas "Ènekène". On s'était foutu de moi dans le premier bar où j'en avais demandé une, sur Nantes, et donc j'estime que justice a enfin été rendue.

Je sais pas si c'est très clair ?

Pour ce qui est de Tatie, je lui transmets le message suivant : coucou :hug: Mais j'y suis pour rien si son post n'a aucun sens par ailleurs.

Je n'avais pas encore eu l'occasion de témoigner ici de la tristesse que j'ai ressentie au lendemain de l'attentat de Nice, et je ne sais pas si c'est bien nécessaire ni même très sérieux après deux semaines... Mais voilà, j'y tiens. Et le nouvel acte terroriste perpétré dans l'église de Saint-Étienne-du-Rouvray m'a également touché... Je pars dans trois semaines au festival du Motocultor, j'aurais apprécié de ne pas m'y rendre avec l'idée de pouvoir m'y prendre une balle ou simplement d'y mourir, néanmoins ça n'est plus possible. Et c'est chiant.

Le soir du feu d'artifice de Strasbourg, durant le bouquet final, j'ai saisi quelques regards de personnes qui s'étaient tournées pour voir l'arrière de la foule. C'était des regards paniqués, et même si ça n'a duré qu'un infime instant, j'aurai bien du mal à les oublier. Tout ça parce que le bruit des explosifs rappelait celui d'une mitrailleuse, et après coup, je me suis dit "Y'aurait eu une fusillade, c'aurait été un vrai carnage, parce que personne n'aurait rien entendu...". Et le lendemain matin, j'apprenais pour Nice.

D'où mon "j'en ai gros", même si ça ne changera rien à rien. Rien aux meurtres et aux traumatismes, rien aux odieuses récupérations politiques de tous bords, rien aux réactions haineuses qui fusent de toutes parts.

Alors, c'est pas une bonne nouvelle tout à fait d'actualité (et non, je ne vais pas m'auto-vanner en ajoutant "euh si, c'est une bonne nouvelle tout à fait d'actualité", parce que ce serait hilarant mais absolument pas véridique ; donc non, ce n'est pas une bonne nouvelle tout à fait d'actualité, voilà). Mais, il y a deux semaines aujourd'hui, je revenais d'une petite excursion à Strasbourg, qui s'est étendue du jeudi 14 au dimanche 17. Et pour ceux qui sont balaises en géographie, la (quasi-)Bretagne c'est pas tout à fait à côté de l'Alsace, et c'était la première fois que je me rendais dans l'Est de notre beau pays d'en France.

J'évacue d'emblée la seule parenthèse emmerdante de ce voyage : le voyage (ouais). La prochaine fois, je paie le train, je m'en fous, mais je me retape pas le Flixbus. En plus, on avait pas trouvé de ligne directe avec des places encore disponibles, donc figurez-vous qu'on a fait... Nantes-Lyon-Strasbourg (chouette, j'ai jamais vu - la gare - de Lyon !), soit 20h de route (chouette, j'ai mal au cul !). Et le covoit était d'un ennui mortel pour revenir.

Hormis ça, j'ai logé chez des gens qu'elles étaient très chouettes, j'ai vu le feu d'artifice strasbourgeois qu'il était magnifique (même si... rendez-vous dans "J'en ai gros"), l'usine Heineken dont la magnificence des colonnades et vous connaissez la suite (on prononce d'ailleurs le nom à l'allemande là-bas, et ça m'a fait du bien !), les locaux d'Arte avec une girafe pas belle mais néanmoins indispensable, le Parlement européen avec le drapeau français en berne (...), et j'ai traversé le pont d'Europe afin de pénétrer pour la première fois en territoire allemand.

En résumé, vous êtes pas content ?

Ouais.

Quand, en regardant 4 bébés par seconde à la téloche (enfin, c'est ma môman qui regardait, moi je me contentais de glander sur le canapé), j'entends une mère affirmer que la douleur était telle qu'elle avait l'impression d'être "à l'extérieur d'son corps".
Comme les écrevisses, donc ?

Oui, je poste ici, parce que j'ai regardé l'match.
Aha, ça vous la coupe hein ?

Et même que je me suis bien pris au jeu. Bon, je vais pas verser dans l'analyse détaillée parce que je n'y connais toujours rien de rien, mais j'ai quand même trouvé le match assez chouette (même si trooooop long). Je présume que les deux équipes ayant préservé un score nul jusqu'aux prolongations, ça signifie aussi que les joueurs étaient très bons des deux côtés, avec une mention spéciale pour les goals français et portugais. J'aime bien le foot en fait, je crois ; c'est juste que j'aime pas le Foot.
...
Et bon, j'avoue qu'à la première mi-temps je supportais carrément les portugais par pure mesquinerie. Mais finalement j'ai commencé à me raviser, parce que l'équipe française jouait quand même bien (mieux), et faisait beaucoup moins de fautes. Sauf que voir les portugais brandir la coupe en plein stade de France devant la mine déconfite des supporters adverses, ben ça fait peut-être de moi un connard, mais j'ai jubilé. Une petite leçon d'humilité symbolique, pas tant pour les footballeurs français qu'à l'intention des supporters et de leur bête "On a gagné !".
Ça n'a évidemment rien changé au final, et les réseaux sociaux ont immédiatement rétabli la Vérité et la Justice : les portugais ont perdu parce que les arbitres étaient de leur côté, et puis ils jouaient mal de toute façon, et puis si Daesh veut aller prendre des vacances à Lisbonne c'est le moment (véridique), et puis les portugais c'est tous des pédés, et surtout Ronaldo que c'est une grosse tafiole.
N'auraient été tous ces statuts et autres commentaires injurieux mêlant racisme, xénophobie et homophobie avec une fierté qui me laisse encore béat d'admiration, j'aurais pu dire "On a gagné !". Mais là j'ai envie de dire "Ils ont perdu et ouf" ; pas tant l'équipe de France, une fois encore, que les supporters haineux que j'ai vu vomir dans mon fil d'actualité facebook depuis le début de cet Euro. J'en avais besoin, tout en reconnaissant que le foot, ça peut être chouette à voir !

PS : Et si le Portugal n'avait pas gagné, Ronaldo se serait-il mis torse nu ? Bon ben voilà, j'ai donc choisi mon camp.

Dans le même genre que Parky, je me suis réveillé un matin et en regardant mes contacts sur smartphone, j'ai remarqué que j'en avais une dizaine qui étaient apparus sans qu'aucune autorisation ne me soit demandée. Pour la plupart, je n'avais même pas les numéros de téléphone, il s'agissait d'une synchro à Skype. Et ces nouveaux contacts étaient des gens que j'avais connus... d'un vieux forum que je ne fréquente plus depuis trois ou quatre ans. Et que je n'ai jamais cherché sur aucun réseau social :rolleyes:

J'étais mi-flippé, mi-amusé et re-mi-flippé derrière...

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