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NUIT NOIRE.


.....


Cela fait à présent plusieurs semaines que l’hiver s’est abattu brutalement sur la Bretagne. Les jours sont sombres et froids, les nuits sont noires et glaciales. Pour ne rien arranger, depuis quelques jours, la neige a fait son apparition. Dans la salle à manger de Kaamelott, un grand feu combat de son mieux le froid omniprésent.
Arthur, Guenièvre et ses parents sont attablés, le climat joue sur le moral de tous et le repas est plutôt morose.


ARTHUR : Beau-père, vous avez fait réduire les temps de garde ?


LEODAGAN : Ouais, j’me demande encore pourquoi, ils ont rien d’autre à foutre que surveiller les abords du château ! C’est pas trop pénible comme boulot !


ARTHUR : Vous êtes monté sur les remparts ?


LEODAGAN : Mais vous êtes pas bien, non ?! J’suis pas débile !


ARTHUR : Ben voilà ! Les gardes, ils ont pas le choix mais on est p’t’être pas obligé de les laisser geler sur place !


MAITRE D’ARMES (arrivant) : Sire ! Euh ... il fait noir !


ARTHUR : Ah ouais ?! Vous parlez d’une nouvelle ! Ça fait un moment que la nuit est tombée !


MAITRE D’ARMES : Non mais ... noir, noir !


LEODAGAN : Non mais vous allez nous les casser longtemps avec ces conneries ?! A votre âge, vous auriez dû remarquer que quand le soleil est couché, il commence à faire nuit ! Et ça fait un moment qu’c’est comme ça !


MAITRE D’ARMES : Non mais j’entends bien ! Mais cette nuit est ... noire ! Je suis désolé, je ne trouve pas d’autre mot ! Venez voir sur les remparts !


ARTHUR : Ah mais non, ça va bien maintenant ! Si vous avez trop picolé, allez vous coucher !


MAITRE D’ARMES : Sire ! Je n’ai pas bu une goutte !


LEODAGAN : Ben vous feriez bien d’vous y mettre, ça vous éviterait de nous casser les noix parce que vous avez peur du noir !


MAITRE D’ARMES : Sire ! Vous me connaissez, je ne vous dérangerais pas sans raison !


GUENIEVRE : Oh mais allez-y sur les remparts ! Vous voyez bien qu’il va pas nous lâcher !


ARTHUR : Ah non mais vous en tenez une couche, hein ! On va aller voir à la fenêtre ... .


GUENIEVRE : Ah mais vous allez pas ouvrir la fenêtre ici ?! Vous allez nous geler !


ARTHUR (soupirant) : Celle du couloir, alors ! Allons-y !


Arthur, Léodagan et le Maître d’armes rejoignent la fenêtre ouverte du couloir, l’étroitesse de l’ouverture les oblige à s’y pencher un par un.


ARTHUR: Ah ben ouais, ben merde ! Qu’est-ce que c’est que ça ?!


MAITRE D’ARMES : Ah ! Qu’est-ce que j’avais dit !


LEODAGAN : Qu’est-ce que c’est que cette plaisanterie ?! On n’y voit plus rien à quelques coudées du château !


ARTHUR : Ouais, même la neige a disparu !


MAITRE D’ARMES : Et ça se rapproche ! Tout à l’heure, c’était au niveau de la forêt !


ARTHUR : Ça ne me plaît pas du tout cette tisane ! Ne prenons pas de risque ! Maître d’armes, rassemblez tout le monde dans la salle du trône ! Toute le monde, hein ! Même les gardes, les boniches et les cuistots !


…..


La Salle du trône est pleine de monde, c’est un brouhaha incessant, entre ceux qui ont vu, ceux qui n’ont rien vu, ceux qui dormaient, ceux qui ont entendu dire … .


ARTHUR : VOS GUEUUUUUULES !


Le silence se fait et tout le monde se tourne vers lui.


ARTHUR : Bien ! Voilà la situation, une sorte de … heu … noirceur, encercle le château et se rapproche.


Le brouhaha reprend immédiatement.


ARTHUR : Hop, hop, hop ! Silence ! J’vois pas c’que vous avez à discuter, de qui, de quoi, personne ne sait ce que c’est ! A moins que … quelqu’un ? Non ? Voilà, donc personne ne sait … et, par précaution, j’ai réuni tout le monde ici ! Alors installez-vous du mieux possible, on va vous donner à manger et à boire et on y verra plus clair demain matin !


LEODAGAN : Et c’est tout ?! On attend et on verra bien ?! Ah non mais là, c’est d’la stratégie ou j’m’y connais pas !


ARTHUR : Vous feriez quoi, vous ? Vous voulez prendre une torche et aller voir ?!


LEODAGAN : Ah ben non, tout de suite … on pourrait envoyer un loufiat ?!


ARTHUR : Vous êtes plutôt généreux avec la vie des autres, vous, hein ?!


LEODAGAN : Ben, curieusement, si ça peut sauver la mienne, pourquoi pas ?! Et puis le p’tit personnel, ça sert à ça aussi !


ARTHUR : Pas question ! Personne n’ira ! On attend, point !


LEODAGAN : Ouais mais je m’y attendais ! Dès qu’il faut avoir un peu d’poigne, y’a plus personne !


PERCEVAL : Si vous voulez, j’y vais, moi !


ARTHUR : Non mais ça va pas ?! Vous n’allez nulle part !


LEODAGAN : Mais pourquoi ? Puisqu’il propose ?!


ARTHUR : Je ne veux sacrifier personne et surtout pas lui ! C’est clair ?!


PERCEVAL : Moi, ça m’dérange pas le noir. J’peux aller à la taverne les yeux fermés !


LEODAGAN : Ah ! Vous voyez … qu’est-ce qu’on a à perdre ?


ARTHUR : J’ai dit non ! Tout le monde reste là, on verra demain ! MERLIN !


MERLIN : Oui, Sire ?


ARTHUR : Vous avez une idée ?


MERLIN : De ?


ARTHUR : DE COMMENT VOUS RENDRE UTILE A QUELQUE CHOSE ! Une idée de ce qu'il se passe, évidemment ! C’est de la magie ou quoi ?!


MERLIN : Prrttt ! Difficile à dire !


ARTHUR : Ah ben ouais, ça m’aurait étonné aussi ! Et Elias, il est par là ?


MERLIN : Il est parti faire son marché à Tintagel !


ARTHUR : Il a bien choisi son jour, celui-là ! On a qu’un seul enchanteur de valable et il est pas là !


MERLIN : Dites, euh, quand même … vous pourriez attendre que je sois parti !


PERCEVAL (éloigné) : Ah merde !


Arthur et Léodagan se précipitent.


ARTHUR : Ben quoi, qu’est-ce qu’il y a ?


PERCEVAL : Regardez, j’ai ouvert la porte de la salle du trône et … plus de couloir ! Rien que du noir !


.....


     Derrière la porte de la salle du trône, c’est le noir complet, un noir étrange, presque palpable. Chacun ressent un malaise devant ce qui leur apparait comme, non pas une absence de lumière mais plutôt, la concrétisation du néant. Pour le moment, le phénomène reste bien délimité au couloir et ne semble pas vouloir entrer dans la salle.

ARTHUR : Mais qu’est que c’est que ce truc ?

LEODAGAN : Je sais pas mais ça m’inspire rien de bon !

PERCEVAL : Attendez, j’vais voir !

ARTHUR (le retenant par le bras) : Mais restez-là, vous ! Vous tenez à mourir, ce soir ?

PERCEVAL : Ben non ! Mais ça a pas l’air bien méchant ce truc là. Regardez, j’mets ma main.

     Joignant le geste à la parole Perceval plonge sa main dans les ténèbres pour la retirer aussitôt.

PERCEVAL : Vous voyez ? Rien du tout, nickel !

ARTHUR : Ouais mais bon, on sait même pas si on peut respirer là dedans.

     Une fois de plus, Perceval agit impulsivement et avant qu’Arthur ait pu esquisser un geste, il avance la tête en avant et reste plus longtemps, cette fois. Inquiet, Arthur le ramène à lui.

PERCEVAL : … mal du tout !

ARTHUR : Qu’est-ce que vous avez dit ?

PERCEVAL : J’ai dit, c’est un peu plus difficile de respirer mais on y arrive et ça fait pas mal du tout !

MERLIN : C’est marrant, on a rien entendu tant qu’il était dedans.

ARTHUR : Ouais, c’est marrant, comme vous dites. En tant qu’enchanteur, ça serait pas plutôt à vous de faire ces expériences ?

MERLIN : Ah non ! Moi je n’opère que lorsque je connais, je pourrais faire des dégâts, sinon ! Ça serait ... terrible !

ARTHUR (jetant un œil lourd de sens à Merlin, puis à Perceval): Vous avez vu quelque chose là dedans ?

PERCEVAL : Rien, que dal, la moustache de ma grand-mère ! On se serait cru dans l’cul d’un … .

ARTHUR : Ouais d’accord, on a compris !

LEODAGAN : Bon alors, qu’est-ce qu’on fait ? Il était bien parti, là, pourquoi vous l’avez ramené ?!

ARTHUR : ON SAIT PAS CE QUE C’EST ! Il faut y aller petit à petit !

LEODAGAN : Oh ben oui, à c’compte là, on est pas sorti du sable ! Seigneur Perceval ! Dites-lui que ... .

KARADOC (venant de se réveiller) : Il vient de sortir ! Attendez, j’vais l’chercher !

ARTHUR : NOOOON !

     Trop tard, Karadoc a déjà franchi la porte, le Maître d’armes parvient malgré tout à l’attraper par un pan de sa chemise et tente de le faire revenir, aidé par Arthur et Léodagan, il y arrive.

KARADOC : Mais qu’est-ce que c’est que cette merde ! J’pouvais plus respirer, j’pouvais à peine bouger, c’est quoi c’machin là !

ARTHUR : Ça, on aimerait bien le savoir !

KARADOC : MAIS LE SEIGNEUR PERCEVAL ! IL VA CREVER LA DEDANS !

LEODAGAN : Non, rassurez-vous, il semblerait que lui, il y arrive, à respirer et à se mouvoir dans c’truc-là.

ARTHUR : Ouais, espérons que ça dure ... .

.....

     Dès qu’il a franchi la porte, Perceval s’est engagé dans le couloir, marchant presque normalement, il s’oriente sans problème et parvient à l’escalier en colimaçon et entame la descente. Il a hésité à monter aux remparts mais il lui a semblé plus efficace de sortir le plus vite possible pour aider son roi et ses camarades, piégés dans la salle du trône. Au fur et à mesure de sa descente, la résistance des ténèbres s’accroît et la respiration devient plus difficile. Il tente d’accélérer mais il a l’impression d’avancer dans de la glue, il lutte de toutes ses forces mais la pression est trop forte, il sombre dans l’inconscience.

.....

LEODAGAN : Bon, y revient pas c’con-là !

KARADOC : C’est du seigneur Perceval dont vous parlez, là ?! Attention, hein ! Ça pourrait mal se mettre !

LEODAGAN : Non, mais j’dis ça comme ça, c’est affectueux, plutôt.  (A Arthur) Alors ? On attend, je suppose ?

ARTHUR : Mais si vous voulez rejoindre le seigneur Perceval, je n’vous en empêche pas !

KARADOC : Moi, j’veux bien y’aller mais faudrait virer le machin noir, avant !

MAITRE D’ARMES : Si on savait faire ça, on serait pas là à tourner en rond comme des p’tites lopettes !

LEODAGAN : Dites ! Ho ! Parlez pour vous !

ARTHUR : Merlin, toujours pas d’idée ?!

MERLIN : Peut être, si on fabriquait une sorte de caisse en bois, assez grande pour que quelqu’un s’y glisse et emporte de l’air d’ici avec lui ? Bon, dans l’idéal, faudrait traiter le bois mais là, si j’ai bien compris, on est un peu pressés.

ARTHUR : Ouais, pas con ! Vous voyez beaucoup de planches et d’outil, dans le coin ?

MERLIN : Ah merde ! On peut pas penser à tout, non plus !

.....

     Un étage plus bas, dans l’escalier, le seigneur Perceval dérive lentement, inconscient, les dernières molécules d’oxygène quittant son corps.


.....

INTERLUDE.

KARADOC : Non mais, « Nuit noire » c’est bien mais c’est de la merde !

PERCEVAL : ... .

KARADOC : Ah ! Vous voyez ! Vous-même, vous savez pas quoi en dire !

PERCEVAL : Eurrhhhg... .

KARADOC : Facile à dire ! N’empêche, moi, j’aime pas ! Mais vous faites une drôle de tête, vous êtes tout rouge !

ARTHUR : Non mais, Karadoc ! Vous êtes pas censé parler à Perceval, venez ici !

KARADOC : Ben quoi ?! J’m’inquiète pour mon camarade ! Vous avez vu comme il est pas bien ?!

ARTHUR : Non, j’ai pas vu et je m’en fous ! Venez là tout de suite sinon Perceval va mourir avec vos conneries !

KARADOC : Vous êtes sûr ?! J’comprends rien !

ARTHUR : Ouais, tu m’étonnes ! Allez ! Mettez-vous en place, on va attaquer l’épisode trois !

Fin de l’interlude.

.....

     Un choc électrique, un spasme, son cœur qui bat à tout rompre, Perceval écarquille les yeux et ouvre grand la bouche, cherchant à aspirer la moindre particule d’air. La pesanteur a fait son office et son corps inanimé a continué de descendre, suffisamment pour trouver une zone moins dense. Un choc sur la tête, il vient de percuter une marche, allongé sur l’escalier, il progresse en s’aidant des mains, plus il descend, mieux il respire. Arrivé en bas, il reste un long moment à récupérer, épuisé, il s’endort.

.....

     Dans la salle du trône la tension est à son comble, les regards fixent la porte et la fenêtre, tous redoutent le moment où les ténèbres entreront.

LEODAGAN : On va rester là, comme ça, comme des lapins terrorisés au fond du terrier ?!

ARTHUR : J’vous écoute, vous proposez quoi ?

LEODAGAN : Mais c’est vous le roi, vous nous le rappelez assez souvent !

MAÎTRE D’ARMES : Je propose que chacun d’entre nous tente sa chance comme le seigneur Perceval, peut être que d’autres sont capables de s’y mouvoir.

ARTHUR : Pourquoi pas ? Même si je n’y crois pas trop, Perceval il est ... spécial !

LEODAGAN : Ça pour être spécial ... .

ARTHUR : Non, non mais vraiment ! La Dame du lac m’a dit une fois qu’il avait une grande destinée et qu’on parlerait encore de lui dans des siècles !

LEODAGAN : Ah ben ouais, la Dame du lac ! Celle-là aussi, elle est ...  spéciale.

     Tout le monde tente l’expérience mais, comme Arthur l’avait pressenti, personne ne renouvelle l’exploit de Perceval.

LEODAGAN : Une autre brillante idée, Maître d’armes ?!

ARTHUR : MAIS PUTAIN QUE J’SUIS CON !

LEODAGAN : Quoi ? Un éclair de lucidité ?!

.....

     Perceval se réveille dans le noir, il met quelques instants à se souvenir des évènements qui l’ont conduit ici. Il se relève et cherche le mur à tâtons, ayant perdu ses repères pendant sa chute. Il trouve le mur et reprend sa progression, il bute sur quelque chose, une marche ! Il s’est trompé et repart dans l’autre sens. Il arrive à la porte, il l’ouvre espérant voir la lumière du jour mais non, toujours le noir et le silence absolu. Il descend les quelques marche et avance dans la cour jusqu’à la grande porte, un bref instant, il lui a semblé voir quelque chose devant lui.

.....

ARTHUR : S’il y a quelque chose capable de combattre la magie ici, c’est bien ça ! (Il dégaine Excalibur)

LEODAGAN : Contre qui vous comptez vous battre ?

ARTHUR : Je ne vais pas me battre mais j’espère qu’Excalibur va m’ouvrir le chemin !

     Il sort de la salle en brandissant Excalibur devant lui, telle une torche. Les ténèbres semblent reculer devant l’épée flamboyante mais se referment derrière lui. Il revient sur ses pas, rassurer ses compagnons.

ARTHUR : Ça marche ! Je vais essayer de retrouver Perceval !

GUENIEVRE : Vous allez pas me laisser seule !

LEODAGAN : Seule ?! Avec vos parents et toute la cour !

GUENIEVRE : Ben oui mais euh ... c’est pas pareil !

ARTHUR : Dites-vous que je pars en guerre, ça vous dérange pas d’habitude !

GUENIEVRE : Oui mais c’est pas pareil, j’vous dis ! J’ai un mauvais pressentiment !

ARTHUR : Oh non mais franchement, c’est bien l’moment d’avoir des états d’âme !

MAÎTRE D’ARMES : Sire ! Laissez-moi y aller à votre place !

LEODAGAN : Non mais vous avez pas encore compris depuis le temps ?! Excalibur, y’a qu’avec lui qu’elle est magique vu que c’est lui l’élu et patati et patata ... .

ARTHUR : Voilà ! Je l’aurais sans doute pas dit de la même manière mais en gros, c’est ça. J’y vais !

.....

     Arthur avance dans le couloir mais paradoxalement même s’il connaît parfaitement les points cardinaux, contrairement à Perceval, il se cogne souvent et doit s’aider de sa main gauche. Malgré tout, il arrive à l’escalier et entame sa descente.

.....

     Perceval continue à avancer tout droit depuis la grande porte, essayant de garder la direction dans laquelle il lui a semblé voir quelque chose. Oui ! Ça y-est, une faible lueur vient d’apparaitre devant lui, il presse le pas, sort des ténèbres et se retrouve face à... .

ELIAS : Ah ben, quand même ! Qu’est-ce que vous foutez là dedans ?!


.....


      A quelques coudées devant la grande porte où il a émergé, Perceval est soulagé d’être sorti. Hier, il pestait contre le temps froid et la neige mais il est à présent, ravi de les retrouver, même la nuit lui semble claire en comparaison des ténèbres. Perceval fait face à Elias, passablement énervé.

ELIAS : J’ai essayé d’entrer, pas moyen ! Qu’est-ce qu’il se passe ici ?!

PERCEVAL : Hé, ho ! Sur un autre ton, hein ! On est tous dans l’noir, là dedans !

ELIAS : Dans le noir ?!

PERCEVAL : Ben, vous êtes bigleux ou quoi ?! (Perceval se retourne et constate que l’aspect du château est normal, si ce n’est qu’il semble désert) Ah ben merde !

ELIAS : Dès que j’avance par là, y’a comme un mur invisible qui me bloque ! Comment vous avez fait, vous ?

PERCEVAL : Je sais pas, c’était pas facile mais j’y suis arrivé. Vous pouvez pas faire quelque chose, vous ? C’est bien votre truc, la magie ?

ELIAS : Faudrait déjà que je sache à quoi on a affaire ! Vous pouvez m’en dire plus ?

PERCEVAL : C’est tout noir, quand on est dedans, on entend rien, on voit rien, on a du mal à avancer et à respirer. Ça va de là (montrant le sol à quelques pas) jusqu’à la salle du trône.

ELIAS : Non, ça m’ dit rien ! Ça a l’air d’une belle saloperie en tout cas !

PERCEVAL : Ouais, ben, j’avais pas besoin d’vous pour piger ça !

.....

     Arthur arrive à présent à l’endroit où Perceval a bien failli mourir mais grâce à Excalibur, l’épreuve est moins difficile pour lui. Il arrive en bas, essoufflé mais sur ses deux jambes.

.....

     Dans la salle du trône, les esprits s’échauffent. L’attente leur porte sur les nerfs.

LEODAGAN : Vous allez voir, ces cons là, s’ils ont réussi à sortir, ils sont bien capables d’aller fêter ça à la taverne en nous laissant là, comme des cons !

MAÎTRE D’ARMES : Vous avez une bien piètre opinion du roi ! Il ne ferait jamais ça ! Et le seigneur Perceval non plus, d’ailleurs !

KARADOC : Ça c’est bien vrai ! Je serais bien plus inquiet si c’était vous, seigneur Léodagan !

LEODAGAN : Mais j’vous emmerde, vous et votre confiance béate ! Le roi, il pourrait faire un numéro de jonglage, tout nu, les deux pieds dans la merde que vous trouveriez ça formidable !

KARADOC : Non mais ... il ferait pas ça non plus !

.....

     Arthur avance de plus en plus facilement même s’il a raté la grande porte de vingt bons pas, il a fini par sortir en suivant le mur. Il entend une voix étouffée « Ah ! On dirait qu’y’en a un autre qui arrive ! » A son tour, il quitte les ténèbres.

PERCEVAL : Sire ! Vous avez réussi, je savais bien !

ARTHUR : Ouais, grâce à Excalibur. Faut trouver un moyen de faire sortir les autres, maintenant ! AH ! Putain, vous m’avez foutu la trouille encore !

ELIAS : Comment ?!

PERCEVAL : Mais j’ai rien fait moi !

ARTHUR : Non mais, pas vous ! C’est la Dame du lac qui vient d’apparaitre !

DAME DU LAC : Ah ben vous êtes sorti quand même ! Vous avez mis l’temps !

ARTHUR : Oui, ben, j’voudrais bien vous y voir, vous ! C’était pas une partie de plaisir !

DAME DU LAC : C’était quand même pas bien compliqué de penser qu’Excalibur vous sortirait de là !

ARTHUR : Oui, ben, bon, j’suis désolé mais je la vois plutôt comme une épée que comme un objet magique ! Vous n’aviez qu’à venir me l’dire, vous !

DAME DU LAC : je ne pouvais pas, les dieux y avaient veillé !

ARTHUR : Bon, qu’est-ce que vous pouvez me dire sur ce phénomène ?

ELIAS : Euh ... vous parlez toujours à machine, là ?

PERCEVAL : Vous êtes con ou quoi, vous voyez bien qu’elle est pas encore arrivée !

ARTHUR : Non mais, vous deux, fermez-là ! J’vous dirai quand ce sera fini !

DAME DU LAC : Je suis désolée mais c’est un peu d’ma faute tout ça.

ARTHUR : Ah ouais ? Ben, bravo !

DAME DU LAC: UN PEU de ma faute et BEAUCOUP de la vôtre ! Les dieux étaient en pétard parce que vous continuez à prier Mars ! Ne niez pas ! Je vous ai vu ! Malgré tout, j’ai pris votre défense et je les ai traités de (inaudible)

ARTHUR : De quoi, pardon ?!

DAME DU LAC : De dieux de pacotille ! Du coup, ils l’ont mal pris ... .

ARTHUR : Quelle surprise !

DAME DU LAC : Et ils ont décidé de vous punir !

ARTHUR : Bon, d’accord ! Ça va durer combien de temps cette plaisanterie ?

DAME DU LAC : Au lever du jour, ça devrait être fini !

ARTHUR : Devrait ?

DAME DU LAC : Ben oui, c’est pas moi qui décide !

.....

     Le lendemain soir, salle à manger de Kaamelott.

LEODAGAN : Bon, pour en finir avec cette histoire, c’était quoi ce bordel ?!

ARTHUR : Mais j’vous ai dit, c’était les dieux !

LEODAGAN : Oui mais y’a bien une raison, non ?

ARTHUR : Hum, ils trouvent que la quête du Graal n’avance pas assez vite !

(Noir, voix off)
DAME DU LAC : Ah mais c’est pas ça qu’j’ai dit, moi !
TSON !

L’ENFANCE D’UN ROI.

Chapitre un : Né du mensonge.

.....

Tintagel, hiver de l’an de grâce 472.
     Malgré le feu crépitant dans la grande cheminée de sa chambre, Ygerne a froid. Elle a peur également, le vent et la pluie font battre le volet de l’unique fenêtre et son époux, le Duc de Gorlais,  est encore parti se battre contre les Saxons sous la bannière d’Uther Pendragon. Son château de Tintagel est solide et bien défendu mais dès que le Duc s’absente, il devient froid et effrayant. Sa peur s’accroit encore lorsque du bruit se fait entendre, quelqu’un approche et ouvre la porte. « Etes-vous là, ma mie ? » Soulagée, Ygerne répond  « C’est vous Duc ? Déjà de retour ?! »
Le Duc de Gorlais se débarrasse de ses armes et commence à défaire son armure.  « Oui, la bataille a tourné court, nous les avons défaits rapidement, j’ai laissé mes hommes finir le travail et j’ai accouru vous retrouver, mon aimée. » Ygerne est ravie mais un peu surprise, cela fait longtemps que le Duc ne s’est montré si galant. Il est nu, à présent et manifestement, il la désire comme lors de leurs premiers ébats, il y a bien des années. Il la rejoint dans le lit, lui arrache sa chemise et la prend brutalement.  « Tout doux, mon époux, que vous arrive-t-il ? » Il ne répond pas et s’active de plus belle. Pour autant qu’elle s’en souvienne, il n’a jamais été aussi violent. Une angoisse la saisit, elle a formellement reconnu son mari mais, tout en elle, hurle que ce n’est pas lui. Après en avoir terminé, le Duc quitte la chambre prétextant des affaires à régler, laissant Ygerne désemparée avec le sentiment d’avoir été violée.

     Le Duc de Gorlais quitte Tintagel au galop, il a rendez-vous. Les deux têtes de dragons attachées de part et d’autre de la selle s’agitent au rythme de la cadence infernale imposée à son destrier. Il pénètre dans la forêt sans ralentir, bien au contraire, la densité des arbres le met un peu à l’abri des éléments. Il arrive au « grand chêne », le lieu du rendez-vous. Un vieillard est là, qui l’attend. Longue chevelure et barbe blanches, vêtu d’une cape à capuche de la même couleur, tout indique qu’il s’agit d’un druide. Le Duc saute de cheval et fait face au druide « Rendez-moi mon apparence, Merlin ! Je ne supporterai plus cette enveloppe vulgaire plus longtemps ! »
Nullement pressé, Merlin rétorque « Uther, je vous rappelle votre engagement, l’enfant sera à moi, nous sommes bien d’accord ? »
     « Oui, oui, que voulez-vous que je fasse d’un bâtard ? Il sera à vous, grand bien vous fasse ! »
Merlin fait alors un geste de la main et Uther Pendragon retrouve ses traits.
     « Vous y êtes allé avec votre cheval et ses têtes de dragon ?! Vous auriez pu vous faire prendre ! »
Uther éclate de rire «  Pensez-vous ! Personne n’a osé s’interposer entre le Duc de Cornouailles et sa femme ! »
     « Cela en valait-il la peine ? »

     « Bof, je me demande à présent pourquoi je la désirais tant »

.....

     Le lendemain matin à Tintagel, Ygerne entend une agitation inhabituelle dans le château. Elle va aux nouvelles et apprend la mort de son époux la veille au soir. Elle s’évanouit et garde le lit dans les semaines qui suivent. Elle s’interroge sans arrêt, qui est venu dans la nuit ? Le fantôme du Duc ? Un imposteur ? Le doute la rend folle.

     Les mois passent et une certitude s’impose, elle est enceinte. Nul doute, sur la date de la conception, c’est cette terrible nuit où elle a couché avec « son époux » alors qu’elle ignorait encore son trépas. Elle a pensé se débarrasser de l’enfant mais aucun guérisseur n’a accepté cette responsabilité. Elle accouche au mois d’août, elle avait peur qu’il soit un démon mais l’enfant a l’air normal. Malgré tout, elle charge sa suivante de s’en occuper, elle ne veut rien avoir à faire avec cet enfant dont elle ignore encore la véritable origine. Elle a tout de même daigné le baptiser, Arthur, l’ours. C’est bien un animal qui l’a engrossée cette nuit-là.

     Quatre ans plus tard, Merlin demande audience à Ygerne. Intriguée, elle accepte. Merlin lui révèle alors le piège dont elle a été victime et lui réclame la garde de l’enfant. « Contrairement à ce qu’il m’avait promis, Pendragon voudrait à présent éliminer l’enfant de peur qu’il ne réclame le trône un beau jour »
La colère d’Ygerne est un peu tempérée par l’idée de pouvoir se débarrasser d’Arthur, le symbole de son humiliation. « Prenez-le donc ! Faites-en ce que vous voulez, rendez-le à son horrible père ou jetez-le dans un puits, cela m’est égal ! »

     C’est ainsi que Merlin quitte Tintagel avec Arthur qui a l’air ravi et sourit souvent à Merlin, celui-ci lui parle, lui explique la situation du mieux qu’il peut. A sa grande surprise, l’enfant semble tout comprendre. Après quelques jours de marche ils arrivent devant un rocher dans lequel une épée est plantée. Merlin prend Arthur dans ses bras. « Essaye de l’attraper mon petit » Le plus simplement du monde, Arthur attrape Excalibur et la retire du rocher, un sourire illumine son visage. « C’est bien mon petit, remets là maintenant » Merlin est satisfait et ils reprennent leur marche.

     Le lendemain, ils arrivent dans une ferme. Merlin confie Arthur au fermier, Anton. Choix discutable puisqu’Anton a déjà un fils qu’il considère comme un étranger. Pourtant, le fermier est immédiatement séduit par le sourire et l’air éveillé de l’enfant. C’est réciproque car Arthur s’adresse à lui. « Vous savez c’que c’est des pingouins ? »
     « Non »
     « C’est des oiseaux qui volent pas et qui vivent sur la glace ! »

C’est lui qui sera son véritable fils !

.....

Chapitre deux : L’art du verbe.

.....

     Declan ! Enfin ! Son prénom c’est Declan. C’est pas Ducon, va chier ou connard, c’est Declan ! Arthur est soulagé, son quasi frère plus âgé de six ans a un vrai nom ! Même si papa Anton l’a oublié, il s’appelle DECLAN ! Arthur a envie de le crier à tous les vents, tellement, il a cherché à le connaître.
     Son histoire avec Declan n’a pas très bien commencé. Le fils d’Anton l’avait pris en grippe. Normal, le petit nouveau, objet de toutes les attentions du vieux grincheux. Il a frappé Arthur dès que le vieux salopard avait le dos tourné, il a également essayé de le faire passer pour un voleur, en dérobant lui-même de la nourriture. Mais Arthur s’en est toujours sorti avec élégance. Il aurait pu accuser Ducon mais c’était trop facile. Arthur a essayé de s’en faire un ami. Il a endossé les accusations et subi les corrections d’Anton. En son for intérieur, il savait que les punitions, envers Declan, auraient été dix fois plus pénibles.

     « C’est ducon, ton prénom ? »

     « Bien sûr que non ! Tu m’prends pour qui ?! Mon nom, c’est Declan !»

     « A défaut d’être frères, soyons amis ! »

     « Très bien, on fait une trêve mais de là à être amis, rêve pas ! »

     Depuis ce jour, Arthur a vécu dans une certaine tranquillité. Papa Anton était toujours bienveillant à son égard et dorénavant, Declan l’ignorait. L’antagonisme entre les deux autres était la seule ombre au tableau.
     Ainsi que Merlin l’avait organisé, Arthur allait à l’école tous les jours. Arthur a toujours soupçonné Merlin d’avoir choisi Anton en raison de la proximité de sa ferme avec l’église où le prêtre donnait ses leçons aux enfants du village, chose assez rare à l’époque. Ils étaient six, la plupart du temps, âgés de cinq à douze ans. Les plus grands étaient parfois retenus par leurs parents pour aider aux champs. Cette fois encore, Arthur a tenté de s’en faire des camarades. Si les deux de son âge, Abeneg et Hael, ont acceptés, les plus grands l’ont complètement ignoré.
     L’apprentissage du prêtre était assez complet, écriture, calcul, histoire et géographie. Les parents se seraient bien contentés du calcul, ils ne voyaient pas l’intérêt des autres matières mais l’enseignant était inflexible, c’est tout ou rien. Le père Uthyr, venu du Pays de Galles, était un homme assez jeune, compétant et confiant en l’avenir. L’enseignement n’était pas une consigne de son évêque mais un choix personnel. Tout comme Anton, il a immédiatement été séduit par l’intelligence et l’avidité de connaissance d’Arthur.

     « Ecrivez vos noms, vous devez tous y parvenir à présent »

     Chacun s’applique et prend son temps, Arthur a terminé le premier.

     « Arthur, c’est bien mais je veux ton nom complet ! »

     Arthur est embêté, il n’a toujours eu que ce seul nom, il décide d’improviser et écrit : Arthur Anton.

     «  Arthur Anton, c’est bien mon petit »

     Un des grands s’insurge.

     « C’est pas son nom ! C’est l’nom du fermier qui l’a recueilli ! »

     « C’est vrai Arthur ? »

     « Oui mais j’ai pas d’autre nom ! Papa Anton, il dit que je suis comme son fils !»

     « Très bien, cela fera l’affaire »

     Pendant les années qui suivent, Arthur Anton, fait la fierté de son professeur et la jalousie des grands qui ont beaucoup plus de mal à progresser. Abeneg et Hael, en revanche, sont très contents pour lui et profitent de son enthousiasme communicatif pour progresser également. Les trois gamins sont toujours ensemble même en dehors des cours. Arthur les incite à avoir de l’ambition et pourquoi pas, un jour, devenir chevaliers. Ils se fabriquent des épées en bois et s’entraînent à l’art du combat mais, cette fois, personne n’est là pour leur enseigner et tout cela reste assez anarchique.
     Arthur emprunte régulièrement des livres au père Uthyr qui en est ravi. Anton, lui, ne voit pas cela d’un bon œil.

     « C’est pas bon de rester enfermé comme ça à rien faire, tu te fais du mal ! »

     « Mais je fais quelque chose, j’apprends ! »

     « Tu as toujours réponse à tout, toi, hein ? »

     « Je ne cherche pas à connaître les réponses, je cherche à comprendre les questions*. Mais je peux aller lire dehors, si vous préférez. »

     « T’es un sacré phénomène, toi ! Fais comme tu veux, de toutes façons, c’est toi le plus intelligent dans cette baraque, tu dois savoir c’que tu fais ! »

     « La nature fait des hommes semblables, la vie les rend différents.* »

     « Je sais ce que je vais faire, je vais te fabriquer le médaillon d’Ogma, le dieu irlandais qui terrasse ses ennemis par l’éloquence. C’est tout à fait pour toi ! »

     Un matin sur le chemin de l’école, il eut la surprise de rencontrer les trois grands de sa classe. Manifestement, ils l’attendaient car ils se sont redressés et lui ont fait face dès qu’ils l’ont vu.

     « Te v’là p’tite lopette ! Viens par là, on va t’apprendre à nous faire passer pour des ignorants ! »

     « Mais vous n’êtes pas des ignorants ! Vous savez beaucoup plus de choses que moi. Je sais pas travailler dans les champs ou débusquer un lièvre, moi ! C’est beaucoup plus utile que de savoir qui était Alexandre le grand. »

     Les trois autres se regardent un peu surpris, ils s’attendaient plutôt à ce qu’il essaye de leur échapper.

     « N’empêche, t’es le chouchou du prêtre ! »

     « Qu’est-ce que ça peut bien vous faire, tant qu’il s’occupe de moi, il vous fout la paix ! Vous devriez me remercier.»

     Décontenancés, les grands se contentent de le bousculer un peu en passant devant lui. Arthur estime qu’il s’en tire à bon compte et les suit en classe. Il avait lu des choses sur le pouvoir de la parole mais, cette fois, il en avait la démonstration.

     Les années passent et Arthur est plutôt content, tout n’est pas rose mais tant que sa soif d’apprendre est satisfaite, tout va bien. Un matin alors qu’il doit avoir une dizaine d’années, il sort en courant de la maison, comme à son habitude, pour se rendre à l’école. Ce matin là, sa course s’arrête à peine le seuil franchi. Il a percuté quelqu’un, un vieillard qui le regarde intensément.

     « Bonjour Arthur » Dit-il en lui souriant.

     « Bonjour Messire, excusez-moi, je dois aller à l’école »

     « Pas ce matin, Arthur, tu reste ici. »

     Le vieillard le ramène à l’intérieur et va discuter avec Anton.

     « Voilà, Anton, c’est maintenant que je récupère le gamin. Il doit partir pour Rome, suivre une formation militaire. »

     « Mais il est trop petit pour partir là-bas! »

     « Il ne peut rester ici, il serait en danger. Merci d’avoir veillé sur lui pendant toutes ces années. Viens, Arthur. »

     Les voilà repartis sur les routes. Arthur à l’impression de connaître le vieillard mais c’est très flou.

     « Vous êtes mon père ? »

     Le vieil homme sourit.  « Non, je suis Merlin, je t’emmène faire un grand voyage, à Rome, tu sais où c’est ? »

     « Non, qu’est-ce que je vais faire là-bas ? »

     « Tu apprendras le maniement des armes. »

     « Pour devenir chevalier ? »

     « Peut être, un jour et peut être beaucoup plus que cela ! »

(*) Confucius

.....

Chapitre trois : Senatus populusque romanus.

…..

     Le soleil, c’est ce qui a immédiatement marqué Arthur en arrivant à Rome. Il ne savait pas que des pays pouvaient être si différents. Que de nouvelles choses vécues depuis que Merlin est venu le chercher chez Anton. Le voyage en bateau puis le débarquement dans un pays qui ressemblait au sien, la longue marche et enfin, Rome ! Cette ville grouille de vie, ça court, ça crie, ça parle, ça se bouscule, Arthur n’a jamais vu autant de monde. Les échoppes des marchands, les fruits et les étoffes de toutes les couleurs, tout cela fait qu’Arthur sent qu’il va se plaire ici. Merlin marche rapidement en le tenant par la main, Arthur voudrait s’arrêter, prendre le temps de savourer cette avalanche de nouvelles sensations mais le vieil homme semble savoir où il va et être pressé d’y arriver. Enfin, Merlin s’arrête devant une grande porte.

     « Nous y voici, Arthur. C’est la milice urbaine, c’est là que tu vas vivre les prochaines années. »

     « Vous restez avec moi Merlin ? »

     « Non, mon petit, tu dois te débrouiller tout seul, apprendre autant que tu peux et un jour, tu rentreras chez toi. »

     Les larmes montent alors aux yeux d’Arthur, il ne dit rien, il sent bien que c’est inutile. La porte s’est ouverte, un homme, un soldat probablement, l’entraîne déjà à l’intérieur du bâtiment. Il se retourne juste à temps pour voir Merlin s’en aller. Le sentiment d’abandon devient très fort et ses larmes coulent de plus belle. Ses parents d’abord qui l’ont abandonné puis Anton l’a laissé partir et Merlin, à présent, le donne à des étrangers. Qu’a-t-il pu faire de si grave pour que personne ne veuille de lui ? L’homme le fait entrer dans une pièce où sont alignés une vingtaine de lits.

     « Installe-toi ici, range tes affaires, dépêche-toi ! Tu vas aller te laver, tu pues et t’es recouvert de poussière, allez ! Magne-toi ! »

     Arthur remercie intérieurement le père Uthyr de lui avoir enseigné les bases du latin.

     L’homme l’emmène dans une autre pièce, étrange, il y a de l’eau partout, on dirait. Un homme est en train de se laver dans un bassin. Arthur ignorait même qu’il existait des pièces réservées à cet usage. Chez Anton, on se lavait avec un seau d’eau du puits. Le soldat le ramène à la réalité en lui tapant sur la tête.

     « Alors ! Qu’est-ce que t’attends ?! Déshabille-toi et va te laver ! »

     Se laver dans ces conditions est assez agréable et Arthur sent bien qu’il pourrait s’y faire rapidement. L’homme l’a ensuite guidé jusqu’à une grande salle où on lui a donné des vêtements. Des tuniques, des sandales et des sortes de pantalons courts inspirés des braies gauloises. Puis, retour au dortoir, cette fois, il y a de l’agitation, quelques enfants de son âge chahutent parmi d’autres plus âgés. Le calme revient subitement dès l’entrée du soldat.

     «  Je vous présente un nouveau camarade, Arturus ! Expliquez-lui comment ça se passe ici, il a pas l’air bien dégourdi ! »

     Arturus, puisque c’est ainsi qu’il se nomme à présent, prend ses marques dans sa nouvelle vie. Ses camarades sont, comme lui, un peu perdus dans cet univers. Il se fait des amis, des connaissances et immanquablement, quelques ennemis, il semble que ce soit une règle dès qu’on intègre un groupe. Les semaines passent, la routine s’installe : Exercices, ablutions, repas, école, exercices, repas, etc.
Un jour, le même soldat dont il a appris le nom depuis, Aulus Milonius Procyon, vient le chercher.

     « Arturus ! Ramène-toi ! Ça fait six mois que t’es là, ils ont décidé d’te garder, j’me d’mande bien pourquoi, un minus comme toi ! Il paraît qu’t’en as dans l’ciboulot. Du coup, les potes et moi, on va te graver notre petite estampille pour pas qu’t’oublies à qui t’appartiens ! »

     Arturus le suit un peu inquiet comme toujours lorsqu’il ne comprend pas. Ils arrivent dans une salle qu’il n’a pas encore visitée. Il y fait très chaud, un grand feu illumine l’endroit. A peine entré, deux hommes qu’il n’avait pas vus l’empoignent, le couchent sur une table et l’attachent fermement. Il a beau crier, protester, personne ne lui prête attention. Un gros homme vêtu d’un tablier en cuir s’approche avec une tige métallique dont l’extrémité rougeoie. Il lui applique le fer incandescent sur la plante du pied droit. Arturus hurle avant de sombrer dans l’inconscience.

     Il se réveille sur sa couche au dortoir, la douleur est toujours là mais cette fois, il pleure en silence pour ne pas subir les moqueries de ses camarades. Pourtant deux curieux sont là, à l’observer. Appius Manilius et Caius Camilus, ce dernier l’interroge.

     « Qu’est-ce qu’ils t’ont fait ? »

     « J’en sais rien, ils m’ont brûlé le pied ! »

     Manilius soulève la couverture.

     «  Oh les salauds ! SPQR ! »

     « De quoi ?! »

     Manilius lui explique.

     «  SPQR, Senatus populusque romanus, Le Sénat et le peuple romain, c’est l’emblème de la république. »

    Caius s’inquiète.

     « Ils nous l’ont pas fait à nous ! Vous croyez qu’on va y passer aussi ? »

     « Ça m’étonnerait, vous étiez là avant moi, ça serait déjà fait ! »

     A sa réponse, Arturus peut lire le soulagement sur le visage de ses amis. Manilius cherche une solution pour calmer sa douleur.

     « J’vais aller au valetudinarium piquer de la pommade et de l’opium, ça va te faire du bien ! »

   Effectivement, Arturus a immédiatement senti un soulagement et s’est endormi paisiblement.

     Les années passent, semblables les unes aux autres. Exercices, encore et toujours. Heureusement, il y a les « perms », avec Caius et Manilius, ils en profitent bien. Les premières cuites, les premières filles, c’est en compagnie de ces deux-là et de Verinus, un vendeur de citrons du ghetto, un rigolo sans attaches qui prend la vie comme elle vient. Arturus est à présent un homme lorsqu’il est convoqué par le décurion, Glaucia. En arrivant, il a la surprise de trouver le décurion en compagnie du sénateur Publius Servius Capito. Impressionné, Arturus tente de répondre du mieux qu’il peut à leurs questions sur ses origines.
     L’enfance du Roi est terminée, la quête du trône de Bretagne va pouvoir commencer.

FIN.

Peut être un peu trop pour un seul livre ! ;)

LE GRAAL. (suite de RE-NAISSANCES.)

.....

Episode 1 : Les jeunes loups.

.....

TATSOIN, TATSOIN, TATSOIIIIIN !

.....

          Les trois jeunes hommes ont bien grandi, Lohot, Mordred et Galaad sont à présent admis à la table ronde. Les anciens sont toujours là, Arthur leur présente les jeunes. – Bon, mes seigneurs, je vous demande d’accueillir trois nouveaux membres à la table ronde. Lohot, mon fils, Mordred, le fils du roi Loth et de ma demi-sœur et enfin, Galaad, le fils du seigneur Lancelot et Dame Ellan de Cobernic. Je sais, vous les connaissiez déjà mais, à la table ronde, il y a des règles. J’ai le devoir de présenter les nouveaux. Vous, les bizuts,  je vous explique vite fait comment ça se passe. Le père Blaise, que vous voyez là derrière son pupitre, a noté dans le livre les sujets que nous allons aborder dans cette séance, c’est ce qu’on appelle l’ordre du jour. Il note également l’intégralité des mots qui seront prononcés durant cette séance. Une chose importante à savoir, la quête de Graal est d’office à l’ordre du jour. Père Blaise, l’ordre du jour !
- Ben euh, les recherches se poursuivent aux alentour du camp de l’Ours, c’est à présent le seigneur Calogrenant qui les dirige. Il a demandé des renforts devant l'étendue du terrain à couvrir.
Mordred, aucunement intimidé devants les grands seigneurs qui l'entourent, se permet d'intervenir.
- Calogrenant ! Il trouverait même pas son cheval dans un couloir !
- Oui, alors euh, mon jeune ami, nous n'avons pas pour habitude de médire de nos pairs. Ayez un minimum de respect !
- Ah ? C'est pas ce qu'on m'avait dit.
- Si vous voulez un bon conseil, évitez de croire ce que racontent vos parents. Question médisance, ils se posent là !
- Il y a bien longtemps que je n'écoute plus ces vieux débris, surtout l'autre là, avec ses citations latines complètement débiles ! A croire qu'il n'est pas mon père !
Lohot et Galaad sont abasourdis de l'aplomb de leur camarade. Ils avaient bien remarqué son mépris envers le peuple mais s'adresser ainsi aux chevaliers de la table ronde, c'est de l'inconscience.
Arthur, lui même, est interloqué par l'attitude de Mordred et décide de lui donner une leçon. - Bien, seigneur Mordred, puisque vous êtes si malin, vous serez de garde cette nuit à la tour nord. Cela devrait vous rafraîchir les idées.
Mordred se lève en fureur. - Moi, de garde ?! Pour qui me prenez-vous ? Un vulgaire troufion ? Allez vous faire voir, vous, votre table à la noix et vos guignols ! Continuez à chercher votre coupe imaginaire, ça vous occupe !
Il quitte la séance.
Tous les chevaliers se sont levés, prêts à laver l'affront mais Arthur leur fait signe de se calmer. - Laissez-le partir, bon débarras, il n'a rien d'un chevalier ! Père Blaise, ensuite ?
- Qu'est-ce que je réponds à Calogrenant ? Renforts ou pas ?
- Oui, renforts. Je vais y aller moi-même avec ceux d'entre vous qui voudront bien m'accompagner.
Tous se lèvent immédiatement, prêts à suivre le Roi. Arthur en sourit. - Dommage que notre petit Mordred n'ait pas assisté à ça...

.....

          Tous les chevaliers de la table ronde et nombre de leurs hommes ont rejoint Calogrenant au camp de l'Ours pour participer aux recherches. Depuis des années, les hommes de Kaamelott ont ratissé une grande partie de terrain mais le périmètre défini par Merlin est immense. Lancelot a raconté à son fils les différentes péripéties qui les ont conduits là. Galaad s'interroge.
- Mais ne pensez vous pas que le Graal doit se trouver dans un endroit plus... prestigieux ? Un château, une église, une crypte ?
Perceval lui répond.
- Dans les environs, il n'y a qu'un château, celui de mon oncle, Cobernic. J'y suis déjà allé avec le seigneur Karadoc, mais rien.
Bohort s'en mêle.
- Je suis de l'avis de votre fils, seigneur Lancelot. Le Graal ne peut se trouver en pleine nature, il doit être dans un lieu bien protégé.
Lancelot s'agace.
- Alors quoi ?! Aller fouiller Cobernic ? Il nous faudrait l'accord de mon beau-père, le Roi pêcheur.
Arthur vient les interrompre.
- Kaamelott est attaqué ! Nous devons repartir immédiatement !
Arthur et ses chevaliers n'ont pas le temps d'attendre que les soldats se mettent en ordre de marche, ils laissent Calogrenant rassembler l'armée et se précipitent vers Kaamelott avec une petite troupe.

.....

          En arrivant, ils constatent immédiatement que le village est en feu, des cadavres d'hommes, de femmes, d'enfants et d'animaux jonchent le sol. Les cris, des pleurs, la fumée et les flammes qui subsistent encore leurs étreignent le cœur mais la troupe ne s'arrête pas et poursuit au grand galop vers Kaamelott. Les portes du château sont fermées, une dizaine de flèches enflammées y sont fichées mais sans grand dommage. Les portes s’ouvrent et le maître d’armes est là pour les accueillir.
– Sire ! Vous arrivez à temps ! Ils se sont enfuis lorsqu’ils ont étés prévenus de votre arrivée. Nous avons réussi à tenir jusque là mais il était temps.
- Mais c’était qui ? Les huns ?
- Non, c’était Mordred, à la tête d’une troupe conséquente, plusieurs centaines d’hommes.
- Mais comment a-t-il pu réunir tant d’hommes en si peu de temps ?
- J’ai vu deux cavaliers restés en retrait sur la colline. Je crois bien que c’était Le roi Loth et votre demi-sœur.
- Ah la salope ! J’aurais dû m’en douter. Mordred nous a menés en bateau, ils œuvrent ensemble à notre perte. Anna doit préparer sa vengeance depuis des années. Quel con j’ai été !
Léodagan saisissant la perche : C’est pas faute de vous avoir prévenu ! Mais non ! Monseigneur préfère pardonner, tout le monde il est gentil, venez donc diner et que je te bisouille. Résultat ? On l’a dans le cul !
Lancelot : Cela suffit ! Ne croyez-vous pas que le Roi est suffisamment accablé ? Il faut nous serrer les coudes dans cette épreuve !
- On a l’droit d’être en colère quand même ! Mais vous avez raison, il faut nous préparer à la guerre.
- Vous avez raison, beau-père, j’ai été trop laxiste avec les Orcaniens. Mais c’est terminé, nous allons exterminer cette vermine !

.....

Orcanie, château du roi Loth.
Loth est très en colère. – Mais vous ne pouviez pas attendre ?! Une attaque pour rien, avec les hommes que nous avions réussi à faire passer en douce, qui plus est ! Fini l’effet de surprise.
- Ils m’ont traité comme un moins que rien, ces bâtards !
- A votre place, j’éviterais ce mot là !
Anna met fin à l’altercation. – Cela suffit, vous deux ! Mordred, mon fils, tu as bien agit. Il fallait passer à l’action un jour ou l’autre.
Loth s’emporte à nouveau. – Encore heureux que nous y étions, au moins nous sommes rentrés avec tous nos hommes. Mais, à présent, nous sommes coincés sur nos terres !
Anna l’attrape à la gorge d’un geste si rapide qu’il ne voit rien venir. – Mais taisez-vous, immonde crapaud, vous m’empêchez de réfléchir !
Loth est sur le point de défaillir. – Mor-ga-ne je vous en prie...
Elle le lâche et le laisse s’écrouler. – Oui, cette fois, vous avez raison. C’est bien Morgane qui reprend les affaires !

.....


Episode 2 : La mort d’Arthur.

.....

TATSOIN, TATSOIN, TATSOIIIIIN !

.....

          Dans les jours qui suivent, c’est l’agitation à Kaamelott. Une partie des hommes aident les villageois à enterrer leurs morts et à reconstruire. »C’est un démon ! » C’est le seul témoignage des survivants concernant Mordred.
Seule une petite garnison est restée au camp de l’Ours, la quête du Graal passant au second plan en ces temps de guerre. Craignant une autre félonie, Arthur Laisse une troupe suffisante pour défendre Kaamelott et le village. Le reste de l’armée se prépare à partir vers l’Orcanie. Selon les dernières informations, les Orcaniens ont fait mouvement et se dirigent vers le sud. Arthur et ses chevaliers s’apprêtent à partir lorsque Merlin l’interpelle.
- Sire ! J’ai à vous parler !

- Plus tard Merlin, nous n’avons plus le temps.

- ARTHUR ! Viens ici immédiatement !

Arthur reste paralysé, le ton et le tutoiement de Merlin le ramènent à sa petite enfance. Des souvenirs enfouis refont surface.
- Oui, Merlin, je vous écoute.

- Je sais que les Orcaniens vous attendent déjà au mur d’Hadrien, ils ont balayé les hommes de Calogrenant postés au mur d’Antonin. Méfiez vous de Mordred et de Morgane.

- Morgane ?

- Votre demi-sœur, Anna. Elle a acquis de grands pouvoirs et représente maintenant un grand danger. Ils vous attendent plus précisément au fort de Camboglanna, Méfiez vous !

- Merci Merlin, vous ne venez pas ?

- Je vais où je dois aller, comme nous tous. Ne vous occupez pas de moi, prenez garde à vous.

.....


          La troupe de Kaamelott rejointe par celles de Carmélide et de Calédonie a fière allure et nul ne doute d’une victoire aisée. La rumeur de la cruauté de Mordred s’est répandue dans toute la Bretagne et le peuple acclame l’armée d’Arthur tout au long de sa progression. Ils sont entrés en Carmélide et d’autres hommes de Léodagan se sont joints à eux. Tous les chevaliers sont emplis d’une colère froide qui ne demande qu’à exploser.
Les voilà maintenant en vue du mur d’Hadrien, les cadavres des hommes de Léodagan de garde au mur, ont été laissés là, abandonnés aux corbeaux. Les Orcaniens sont disposés tout au long du mur de chaque côté du fort de Camboglanna. Le décor est planté, le massacre va pouvoir commencer.

Arthur se remémore les paroles de Merlin mais il ne voit pas Mordred, Anna ou Loth. Ils doivent se planquer dans le fort. Quelle peut être la nature des pouvoirs d’Anna, ou plutôt Morgane ? Il est méfiant mais son armée est tellement supérieure en nombre qu’il ne peut empêcher une certitude de victoire de l’envahir. Léodagan s’approche.
- Je voudrais pas avoir l’air d’insister mais cette fois, c’est bien nous qui faisons un siège. Où sont les catapultes ?

- Non mais c’est pas vrai ! C’est votre obsession. On aurait mis dix jours de plus s’il avait fallu tirer des catapultes !

- Ouais, bon, on peut jamais les utiliser, quoi ?!

- Je ne vous l’fais pas dire. C’est pas moi qui les avais commandées.

- Hum, oui, d’accord. On fait quoi ? Je fais donner les archers ?

- Ouais, allons-y, commençons les réjouissances !

Les flèches s’envolent mais bien protégés derrière le mur et leur bouclier, les Orcaniens s’en tirent sans trop de dégât. Arthur s’emporte.
- C’est pas comme ça qu’on y arrivera ! Nous allons charger !
La voix de Merlin résonne dans sa tête : Méfiez vous de Mordred et de Morgane. Mais la colère l’emporte sur la raison et l’armée fond sur les Orcaniens, chevaliers de la table ronde en tête. Ils franchissent le mur en pulvérisant les hommes de Mordred mais derrière eux, un mur de flammes s’est élevé brusquement, les séparant du reste de l’armée. D’instinct, Arthur et Lancelot se rapprochent de leur fils. Ils sont neuf contre cent mais ce sont les meilleurs, Excalibur fait des ravages. Les autres chevaliers ne sont pas en reste et rapidement le périmètre est à eux. C’est à cet instant qu’Arthur pousse un cri déchirant, une épée dans son dos a transpercé son armure, il trouve la force de se retourner pour se retrouver face au visage ricanant de Mordred. Il avait dû se faire passer pour mort afin de les surprendre. Arthur rassemble le peu de forces qu’il lui reste et lui fait sauter la tête avant de s’écrouler. Un hurlement résonne à travers tout le territoire, Morgane a ressenti la mort de son fils. Les chevaliers se regroupent autour d’Arthur agonisant.
Le mur de feu disparaît subitement révélant Merlin, il se dirige vers Arthur et se penche sur lui.
- Je vous avais dit de vous méfier mon cher Arthur. Je reviendrai vous chercher mais j’ai encore un travail à terminer.
Merlin se dirige alors vers le fort de Camboglanna, les soldats Orcaniens, subjugués, le laissent passer. Morgane sort du fort et vient à sa rencontre.
- Tu crois pouvoir me combattre, risible vieux machin ?!
- Nous n’allons pas tarder à le savoir, Morgane.
Morgane lance des boules de feu, le roi Loth, apparu derrière elle, lance des éclairs. Merlin écarte tout cela d’un seul geste de la main gauche et de la main droite, un autre geste prend ses deux ennemis à la gorge. Ils ont beau essayer de se libérer, l’emprise de Merlin est trop forte et bientôt Loth s’écroule, mort. Morgane continue de s’agiter mais Merlin tient bon.
- Je ne peux te tuer comme ton mari, Morgane, mais je t’emmène avec Arthur.
Merlin se retourne alors pour rejoindre Arthur, Morgane le suit comme traînée par une chaine invisible. Les soldats Orcaniens se sont retirés, les chevaliers sont toujours autour d’Arthur. Perceval pleure et supplie Merlin.
- Faites quelque chose, Merlin, sauvez le !

- Hélas, son destin est accompli, je peux juste l’accompagner. Il reviendra peut être un jour mais pour l’heure, nous devons partir. En ce qui vous concerne, vous avez toujours une quête à accomplir.
Merlin prend Arthur dans ses bras et s’en va, Morgane le suivant toujours. Après quelques coudées seulement, les chevaliers les voient disparaître.
Arthur murmure. – Où allons-nous, Merlin ?

- Avalon, mon cher Arthur, nous allons en Avalon, là où Excalibur fut forgée voilà bien des années.

.....

           La paix est revenue mais à quel prix ? La tristesse règne sur Kaamelott, Guenièvre et Lohot sont inconsolables. Une cérémonie a eu lieu, un cénotaphe voué à Arthur a été dressé dans les jardins pour que chacun puisse se recueillir.
Logiquement, Lohot succède à son père. Conscient d’être trop inexpérimenté, il a choisi Lancelot comme conseiller. Galaad est un ami fidèle, Perceval, son chevalier préféré, Bohort et Karadoc l’amusent et Léodagan et Calogrenant, sont un peu trop bourrus à son goût.
Il sait qu’il aura besoin de tous pour achever la quête commencée par son père.

.....


Episode 3 : La fin.


.....


TATSOIN, TATSOIN, TATSOIIIIIN !


.....


Lohot n'est pas à l'aise avec son nouveau tire : Roi de Bretagne !
- Qu'ai-je fait pour le mériter ? Etre le fils de mon père ? Je n'ai même pas Excalibur !


Lancelot tente de le calmer, cela fait plusieurs jours qu'il sent le jeune homme fébrile. Rien d'étonnant, comment gérer de telles responsabilités à son âge ?


- L'épée n'est plus là, Merlin l'a emportée avec votre père. Vous êtes légitime, Lohot, vous étiez à la bataille de Camboglanna, vous avez participé à la quête du Graal. Personne ne pense qu'un autre aurait dû régner !


- Je sais mais malgré tout, je ne me sens pas à ma place.


- Pour vous sentir à votre place, il faut agir ! Donnez des ordres, organisez la recherche du Graal, faites honneur à votre père !


- Vous avez raison ! Comme souvent, seigneur Lancelot. Convoquez les chevaliers pour une réunion de la table ronde !


.....


Lohot se lève, mal assuré. Il regarde tous ces chevaliers assis autour de cette table légendaire. Il cherche les mots qui pourront le faire entrer dans ce rôle trop grand pour lui.


- Nobles seigneurs, me voici devant vous en tant que roi, alors qu'hier, je n'étais qu'un mioche à qui il restait tout à apprendre. Rien n'a changé, il me reste toujours tout à apprendre et je compte sur vous pour cela.


Les chevaliers se lèvent pour l'applaudir. Lohot leur fait signe de se rasseoir.


- J'ai décidé de reprendre la quête du Graal, là où mon père l'avait laissée. Avez-vous des suggestions, des idées, des conseils ?


Perceval se lève et dans un élan d'enthousiasme, parle un peu trop fort.


- J'aimais votre père et je vous aime aussi, dites et j'obéirai !


Une fois encore, tous se lèvent pour approuver. Malgré son envie de les faire cesser, Lohot sent que ce moment est important et nécessaire pour la suite, une nouvelle table ronde est en train de naitre.


.....


Dans les brumes d'Avalon, Merlin porte toujours Arthur et Morgane les suit silencieusement. Arthur est de plus en plus faible et a peine à articuler.


- Où som-mes nous, Mer-lin ?


- En Avalon, je vous l'ai déjà dit !


- Suis-je mort ?


- La mort, ça n'existe pas !


- Mais, Loth il ...


- Oui, celui-là, il est bien mort !


- Je ne comprends pas. Vous venez de dire ...


- Vous posez trop de questions !


- Je ne sens plus mon corps.


- Morgane !


- Oui, Merlin ?


- Viens ici, soigner les blessures d'Arthur !


- Mais ... je ne sais pas comment faire.


- Mais si, tu le sais ! Depuis que nous sommes entrés ici, tu es la fée Morgane. Essaye, tu y parviendras.


Merlin dépose Arthur au sol et Morgane s'agenouille à son côté. Elle touche la blessure de ses deux mains, une lueur bleutée filtre à travers ses doigts et Arthur est secoué d'un spasme. Il se sent mieux mais il lui semble que la brume environnante est aussi dans son crâne. Il a du mal à penser, il voudrait reprendre ses esprits mais Merlin est pressé.


- Levez vous Arthur, nous devons arriver avant la nuit !


Puis, il éclate de rire. Arthur ne comprend pas.


- Pourquoi riez-vous Merlin ?


- C'était une blague ! Ici, c'est toujours la même brume, ni jour ni nuit !


- Ouais, ben, le rassemblement du corbeau, c'est pas pour demain !


Les deux hommes éclatent de rire, Morgane, en revanche, semble imperméable à tout ce qui l'entoure.


.....


Invariablement, la quête du Graal commence au camp de l'Ours. Le Roi Lohot reprend où le Roi Arthur s'était arrêté. Réunis autour de la table rectangulaire qui fit office de table ronde en son temps, les chevaliers font le point. Lohot interpelle son ami.


- Seigneur Galaad, vous aviez une remarque à faire à ce qu'on m'a dit ?


- Oui, mon Roi. Je pense que le Graal ne peut se trouver n'importe où dans la nature, il doit être dans un sanctuaire.


Bohort qui a pris de l'assurance depuis qu'il a été contraint de prendre les armes vient confirmer ses dires.


- Je suis du même avis, Sire. Cobernic étant le seul endroit dans le périmètre défini par Merlin, susceptible d'abriter le Graal. Je me propose d'accompagner les seigneurs Perceval et Galaad qui sont de la famille du Roi pêcheur, au château de Cobernic.


Le Roi consent. - Faites mes bons seigneurs, qu'avons nous à perdre ?


.....


Merlin, Arthur et Morgane sont enfin arrivés. Où ? Arthur ne saurait le dire. Cela ressemble à une sorte de Stonehenge en beaucoup plus grand même si la brume perpétuelle doit fausser la réalité. Une silhouette approche, c'est une femme, c'est ... Arthur s'écrie.


- La Dame du lac !


- Ici, je suis la fée Viviane. Bienvenue, Arthur Pendragon, Roi de Bretagne !


- Bienvenu mais où ça ?!


- Nous sommes ici en Avalon.


Merlin s'immisce. - j'arrête pas d'lui dire !


Viviane poursuit. - C'est en quelques sortes, l'antichambre du domaine des anciens dieux. Lorsque je vous apparaissais, en fait, j'étais ici.


- Et moi, qu'est-ce que je viens faire ici ?


Merlin s'interpose.


- Assez de questions pour l'instant ! Tenez, Viviane, je vous ai rapporté Excalibur. J'ai failli la jeter dans le lac mais je me suis dit que c'était plus simple comme ça.


- Oui mais c'est moins stylé ! Vous imaginez ? Vous lancez l'épée et ma main qui sort de l'eau pour la récupérer ! J'ai pas si souvent l'occasion de me la péter !


- Désolé, si j'avais su.


- C'est rien mon Merlinou, je vous aime quand même !


Les yeux d'Arthur s'écarquillent.


- Ah mais oui, c'est vrai que vous deux ...


.....


Bohort, Perceval et Galaad sont arrivés à Cobernic. Le Roi pêcheur est toujours aussi accueillant.


- Ah mes seigneurs, que votre visite me réchauffe le cœur ! Galaad, mon petit fils, Perceval, mon neveu et le seigneur Bohort ... un chevalier ! Mais les chevaliers de la table ronde ne sont pas là pour une simple visite de courtoisie, je suppose ?


- Effectivement, mon oncle, comme la dernière fois, nous recherchons le Graal.


- Je ne sais rien de plus que la dernière fois. Mais si vous voulez chercher par vous même, le château vous est ouvert !


Les trois chevaliers commencent un ratissage en règle mais la tâche est énorme. Ils passent des jours et des jours à chercher, à fouiller les moindres recoins mais le Graal demeure introuvable. Les chevaliers, déçus, s'apprêtent à repartir mais le Roi pêcheur les rappelle à l'ordre.


- N'oubliez pas, mes seigneurs, avant de partir, vous devez essayer de soigner mon père, le Roi blessé.


Perceval explique la situation à Bohort et Galaad. Ils se rendent tous trois au chevet du Roi blessé. Comme la fois précédente, personne ne sait que faire mais Galaad est soudain pris d'une inspiration.


- Roi blessé, savez vous où est le Graal ?


Immédiatement, le Roi blessé se redresse.


- Enfin ! Enfin, chevalier, vous êtes venu et vous m'avez posé LA question ! Oui, oui, mille fois oui, je sais où est le Graal ! Et par cette question, vous m'avez guéri. Béni soyez-vous ! Venez, suivez-moi, je vous mène au Graal.


Les trois hommes stupéfaits, le voient se lever et sortir de sa chambre, ils en oublieraient presque de le suivre. Il les conduit dans les caves du château qu'ils ont pourtant déjà fouillées, il arrive face à un mur comme tous les autres, retire trois pierres qu'il replace dans un ordre différent et le mur s'ouvre devant eux. Dans une petite pièce, un autel est dressé, sur cet autel, une coupe brille de mille feux. Galaad s'approche, la prend dans sa main et s'apprête à regarder à l'intérieur lorsqu'une voix dans son dos, l'interrompt.


- Arrête, malheureux ! Tu y perdrais ta raison !


Pecerval, fou de joie.


- Merlin ! Dites-moi qu'Arthur va bien !


- Il va ! Ceci ne vous concerne plus. Merci seigneur Galaad d'avoir retrouvé le Graal, je vais vous en débarrasser et le confier à... (Regardant Perceval avec un petit sourire) quelqu'un que vous avez bien connu. Grâce à vous tous, les anciens dieux vont pouvoir se reposer et le dieu unique prendre véritablement leur place. Votre quête est enfin terminée, honneur à vous, chevaliers de la table ronde !


.....


Un vieillard et un ex Roi observent les festivités qui se déroulent à Kaamelott en l'honneur des chevaliers. Arthur laisse couler une larme.


- Je ne croyais plus voir ce jour arriver, Merlin.


- Homme de peu de foi ! Avec un enchanteur tel que moi, nous ne pouvions que réussir.


- Vous ne m'avez toujours pas dit ce que je fous ici, moi !


- Allez savoir quel projet, les dieux peuvent avoir pour leur chevalier préféré !


FIN.

RE-NAISSANCES.   (Suite de »LE RETOUR DE ROI »)

Episode1 : Classé X 

.....

TATSOIN, TATSOIN, TATSOIIIIIN !

.....

Kaamelott, chambre royale.

Guenièvre : Ah oui, c’est ça ? Je voyais pas ça comme ça.

Arthur : Non mais quoi ?! Vous vous attendiez à quoi ?

Guenièvre : Mais je n’sais pas, moi ! Plus de ... moins ...

Arthur : Bon, ben vous m’ferez signe quand vous s’rez prête !

Guenièvre : Ah mais non, c’est à vous de prendre les choses en main !

Arthur : Les choses ?!

Guenièvre : Ben oui, c’est vous qui avez de l’expérience !

Arthur : Ouais c’est sûr, mes maitresses posent moins de questions ! Bon, laissez-vous aller, je m’occupe du reste. Laissez-moi vous mettre en conditions.

Guenièvre : Allez-y doucement, hein ?

Arthur : Euh, par exemple, si je mets ma main là, ça vous fait quoi ?

Guenièvre : Ça me chatouille !

Arthur : Ah mais faites un effort, aussi !

Guenièvre : Mais faudrait savoir, vous m’avez dit de me laisser aller !

Arthur : Bon d’accord, et comme ça ?

Guenièvre : Ah oui, c’est mieux ... beaucoup mieux .... Ah oui ! Oh mais oui, carrément ! Oh la la ! Mais ouiiii !

(Crypté)

.....

Plus tard, à table.

Dame Séli : C’est pas que j’avais hâte de vous revoir mais quand même, ça fait du bien de voir que les choses reprennent leur place.

Arthur : Ben tiens ! Kaamelott c’est quand même plus confortable que votre baraque en Carmélide, non ?

Léodagan : Ouais, bon, commencez pas. On vous dit qu’on est contents de vous revoir, soyez pas mesquin !

Guenièvre : Et puis c’est une si belle journée, ne gâchez pas tout.

Léodagan : Si belle journée ? Ça flotte depuis c’matin !

Dame Séli : C’est vrai ça, vous avez l’air bien guilleret aujourd’hui, ma fille, qu’est-ce qu’il vous arrive ?

Guenièvre : Mais rien, j’ai le droit d’être heureuse quand même !

Léodagan : Elle vient de retrouver son mari, c’est normal, non ? Quoique, normal ? Finalement, je m'demande ....

Arthur : Bon ! On va p’t’être pas passer la journée la dessus, si ?

Dame Séli : Ah bah non, surtout une si belle journée !

Léodagan : C’est vrai qu’il faut pas lambiner, y’a la réunion de la table ronde ! Ils sont tellement contents d’y revenir, qu’ils seraient capables d’être à l’heure !

.....

La table ronde.

Arthur : Puisque le père Blaise n'est plus parmi nous ...

Perceval : Ah bon ! Il est mort ?

Arthur : Pouhf ... non, j'en sais rien. Il est peut être simplement parti, allez savoir.

Karadoc : Ouais, se planquer comme une p'tite lopette !

Perceval : C'est vrai ça, j'l'ai jamais vu une arme à la main !

Arthur : Oui, euh, alors ça, c'est tout à fait normal ! C'est un homme d'église.

Bohort : Oui, je regrette moi même de n'avoir point suivi cette voie. La robe de bure aurait été, je pense, du plus bel effet sur moi.

Arthur : Donc, je disais, puisque le père Blaise n'est plus parmi nous, Seigneur Bohort, vous le remplacerez à la rédaction de la séance. L'ordre du jour sera de faire le point de la situation et de décider ce qu'il convient de faire pour remédier aux divers problèmes. C'est clair pour tout le monde ? Tout d'abord, quelqu'un a-t-il des nouvelles des seigneurs Yvain et Gauvain ?

Léodagan : Yvain, il est resté en Carmélide, soit disant qu'il est malade ! Quant à Gauvain, j'crois bien qu'il est retourné auprès de son père.

Perceval : Mais c'est pas vous son père ?!

Léodagan : Ah mais ça f'rais mal ! J'en ai déjà assez d'un !

Perceval : D'un quoi ?

Léodagan : D'UN DEBILE DE FILS ! Non mais on peut passer à autre chose, je sens que je vais m'énerver !

Arthur : D'accord ! Niveau intendance, tout le monde à l'air content de notre retour et se remet au boulot de bonne grâce, la vie telle que nous la connaissions, devrait bientôt reprendre son cours. Non, le plus important, ça reste l'Orcanie. On fonce dans l'tas ou on parlemente ?

Léodagan : Oh ben moi, vous connaissez ma position, je pense.

Bohort : La di-plo-ma-tie ! Il n'y-a que ça de vrai ! Assez de batailles, assez de morts !

Perceval : Moi, j'm'en fous, je ferai comme vous direz.

Arthur : Je suis d'accord, assez de morts comme ça. Je vais envoyer des messages à Loth et Galessin pour convenir d'une rencontre. On verra bien !

Léodagan : Ben voyons ! On est supérieur en nombre, on a tous les avantages et nous, on va tranquillement papoter avec eux ! Vous avez toujours votre côté tafiole, hein ?

.....

Quelques jours plus tard au mur d'Antonin, frontière entre la Calédonie et l'Orcanie. Une grande tente a été installée. Autour d'une table, Arthur, Léodagan, Galessin, Loth et Anna. Les armées respectives sont restées à bonne distance.
Les discussions vont bon train et les orcaniens semblent plutôt de bonne composition.

Le Roi Loth : Alors, mes amis, tout cela me semble fort bien engagé. Il se fait tard, dormons tous ici et je vous propose de reprendre la négociation demain matin. Buvons à la réconciliation !

Léodagan à Arthur : Moi, je ne mange ni ne boit quoi que ce soit qui vient d'eux.

Arthur : Chers amis orcaniens, vous avez bien conscience que s'il devait nous arriver quoique ce soit, mes lieutenants ont l'ordre de rayer l'Orcanie de la carte ?

Anna : Nous ne sommes pas fous, nous savons que vous êtes les plus forts.

Arthur : Dans ce cas, trinquons à la réconciliation !

.....

Après avoir diné et bien bu, chacun regagne sa couche. Arthur s'endort immédiatement. Son sommeil est agité, il rêve d'Aconia se donnant à lui sans réserves. Son rêve est très réaliste, il pense vraiment qu'ils font l'amour. Pendant un bref instant, le visage d'Anna sa demi-sœur vient se substituer à celui d'Aconia, il essaye à toutes forces de se réveiller mais, peine perdue, il sombre dans un sommeil profond.

Le lendemain matin.

Léodagan : Réveillez-vous ! Quelque chose ne va pas. Allez debout !

Arthur : Quoi ? Ouh ! J'ai la tête embrouillée.

Léodagan : Moi, c'est pareil ! Je crois qu'ils nous ont drogués.

Arthur : Drogués ? Mais pour quoi faire ?

Le Roi Loth s'approchant : Alors mes amis, êtes vous prêts à reprendre la discussion ?

Arthur : On est pas très frais, ce matin. Y'avait quoi dans votre rouquin ?

Le roi Loth : C'est vrai qu'il tabasse un peu mais ne dit-on pas IN VINO VER...

Léodagan : Ah non ! Pas dès l'matin, gardez ça pour vos loufiats !

Arthur : Et Anna, où est-elle ?

Le Roi Loth : Elle est rentrée en Orcanie, elle avait à faire.

.....

Kaamelott.

Guenièvre : Vous m'avez l'air bien sombre ces derniers jours.

Arthur : Ouais, je repense à ce qu'il s’est passé au mur d'Antonin. C'est pas clair, j'aimerais savoir ce que mijote ma saloperie de demi-sœur !

Guenièvre : Oubliez tout ça, vous avez obtenu ce que vous vouliez, non ?

Arthur : Oui, je sais mais je sens comme un malaise, quelque chose m'échappe !

Guenièvre : Pourtant, moi, je sais que vous allez être heureux. J'ai une bonne nouvelle !

Arthur : Vous avez fait tailler les arbustes ?

Guenièvre : Je suis enceinte, l'héritier est en route !

Arthur : Vous êtes sérieuse ? C'est fantastique ! Venez ici !

Guenièvre : Vous voyez, mieux vaut penser à moi qu'à votre sœur.

Arthur : DEMI-sœur !

(Noir, voix off)

Guenièvre : C'est pas elle qui vous annoncerait une aussi bonne nouvelle.
TSON !



Episode 2 : Lohot.

.....

TATSOIN, TATSOIN, TATSOIIIIIN !

.....

L’hiver est tombé sur l’Orcanie, toujours plus tôt et plus durement que partout ailleurs dans le royaume de Bretagne.
Château du Roi Loth.

Lancelot : Vous avez pactisé avec ces pignoufs ! Pourquoi ne m’avez-vous pas consulté ?

Anna : Probablement parce qu’on se contrefout de votre avis.

Lancelot : Comment !? Mais ...

Loth : Ecoutez mon p’tit vieux, déjà, on vous tolère ici mais il se pourrait que ce ne soit pas ad Vitam aeternam.

Anna : Si vous aviez tué Arthur quand vous le pouviez, nous n’en serions pas là ! D’ailleurs, cassez vous, vous m’insupportez !

Lancelot : Très bien, je serai dans ma chambre.

Anna : Vous ne m’avez pas bien comprise, tirez vous du château ! Mieux, quittez l’Orcanie, vous avez trois jours, au-delà, nos hommes auront l’ordre de vous massacrer. Galessin ! Prenez quelques hommes et veillez à ce qu’il trouve la sortie.

Lancelot esquisse un geste de protestation mais son inutilité lui apparait douloureusement. Il sort, suivi de près par Galessin et ses hommes.

Loth : Ma chère Morgane, vous ne devriez pas vous énerver, dans votre état ...

Anna : Ne m’appelez pas ainsi ! Pas encore. Qu’est-ce qu’il a mon état ? J’attends l’enfant d’Arthur, comme prévu. Tout va bien. Mon bonheur serait parfait si je ne vous avais sans cesse dans les pattes !

.....

Kaamelott, la chapelle. Toute la cour est là pour le baptême de l’héritier du trône. Les villageois se pressent à l’extérieur. Brusquement, une voix se fait entendre :

Attendez-moi ! Laissez-moi passer ! Sire ! C’est moi !

Arthur : C’est quoi encore ce bordel !

Guenièvre : Faites attention à ce que vous dites devant notre enfant !

Arthur : C’est quoi alors ce ... bruit intempestif ?

Guenièvre : C’est beaucoup mieux.

Arthur : laissez le passer ! Mais ça a intérêt à être du lourd, sinon j’le ...

Guenièvre : Chuuut !

C’est moi, Sire !

Arthur : Père Blaise ! Mais d’où vous sortez ?

Père Blaise : J’étais à Rome. Je n’ai pas été très bien reçu vu qu’il n’y a toujours pas de cathédrale au royaume de Bretagne ! J’ai appris votre retour en rentrant et me voilà. Félicitations pour l’héritier !

Arthur : Du coup, vous voulez célébrer le baptême ?

Père Blaise : Ça me semblerait logique.

Guenièvre : Oh oui ! Dites oui, s’il vous plaît ! L’autre prêtre est très vilain et triste comme ... comme ...

Arthur : Comme une journée en Carmélide ?

.....

Père Blaise : Je te baptise, Lohot, in nomine patris et filii et spiritus sancti, amen.

Quelle magnifique cérémonie !

Arthur : Ahhh !

Guenièvre : Mais que vous arrive-t-il ?

Arthur : Nan mais c’est rien, c’est l’autre là, j’ai été surpris ! Vous voilà de retour, vous ?

Guenièvre : Mais à qui parlez vous, à la fin !?

Arthur : La Dame du lac, elle est revenue.

La Dame du lac : Ben dame ! Depuis que vous êtes rentré dans les clous, j’ai la cote, là haut ! Franchement, félicitation, hein ! L’épée retrouvée, lancelot viré et l’héritier maintenant ! Quand vous vous y mettez, ça ne traîne pas.

Arthur : Ouais, ben, c’est pas grâce à vous, vous arrivez après la bataille.

.....

La fête qui s’ensuit est porteuse d’espoir, chacun, du plus grand chevalier au dernier des pécores est saisi d’un élan d’enthousiasme. En quelques mois, la période Lancelot au pouvoir, n’est pas oubliée mais ressemble à un très mauvais cauchemar.

Dame Séli : Franchement, je n’y croyais plus !  Je vais pouvoir faire des tartes pour un petit enfant qui existe ! Et vous ! Faudra l’emmener à la pêche, n’oubliez pas !

Léodagan : Je le ferai avec plaisir mais laissez-lui le temps de grandir un peu et mollo sur les tartes !

.....

Beaucoup plus au nord, un homme seul et abandonné, marche dans les intempéries. Errant ? C’est certain. Chevalier ? Il n’en a plus l’aspect. Vagabond lui conviendrait mieux. Il a, jusqu’ici, évité les soldats orcaniens mais pour combien de temps encore ? Trois jours pour quitter l’Orcanie, c’est au moins le double qu’il aurait fallu !

Lancelot : Mon Dieu, accordez-moi encore un jour et j’atteindrai le mur d’Antonin. Méléagant, où es tu, sale fripouille, lorsque j’ai besoin de toi ?

.....

Encore plus au nord, au château du Roi Loth, Anna accouche dans la douleur. La rage qui l’habite en permanence lui donne la force de tout surmonter. Elle s’empare d’un couteau, coupe le cordon et tient l’enfant à bout de bras. Le Roi Loth observe la scène pétrifié, il y a longtemps que sa femme le terrifie.

Anna : Crie, pleure, mon Mordred ! Tu seras l’arme de ma vengeance !


Kaamelott.

Karadoc : Ça c’est une belle fête !
(Noir voix off)
Perceval : C’est magnifique ! Le bonheur, enfin. Plus rien de mal ne peut nous arriver !
TSON !





Episode 3 : Où l'on reparle du Graal.


.....


TATSOIN, TATSOIN, TATSOIIIIIN !


.....


Les Highlands, une grotte. Un homme seul, fatigué et sale, pleure sur son sort.


Lancelot : Qu'est-ce que j'ai fait ?! Je suis déshonoré, j'ai trahi, j'ai tué, j'ai affamé le peuple ! Mais pourquoi ? Moi qui n'étais que droiture et justice. Méléagant, tu m'as perverti ! Tu as utilisé mon amour pour la Reine et tu as noirci mon âme. Mais je suis toujours là, j'ai réussi à quitter l'Orcanie et je vais rentrer à Kaamelott demander le pardon du Roi, à genoux s'il le faut !


.....


Kaamelott, la table ronde.


Arthur : Père Blaise, reprenez votre poste, s'il vous plaît.


Père Blaise : Merci, Sire. Ah! Mais qu'est-ce que ... Qui a écrit sur le livre ? C'est affreux !


Bohort : Mais, je vous en prie ! C'est moi ! Sur l'ordre du Roi, ne vous déplaise.


Karadoc : Si vous étiez pas parti vous planquer, ça serait pas arrivé !


Perceval : Ouais d'abord ! Alors, il va bien fermer sa mouille, le cureton !


Arthur : Allons, allons, messieurs ! Il est vrai qu'en votre absence, j'ai demandé au seigneur Bohort de vous remplacer. On va pas en faire un fromage !


Père Blaise : Veuillez me pardonner, Sire, c'est sur le coup du ...


Arthur : Oui, oui, je connais, on me l'a déjà faite, celle-là ! L'ordre du jour, s'il vous plaît.


Père Blaise : Ben, euh, les affaires courantes sont en bonne voie, ne reste plus que le Graal.


Yvain : Ah ben, non, ça va pas recommencer !


Gauvain : On l'a toujours pas trouvé ce machin là ?


Arthur : Finalement, je ne suis pas certain d'avoir bien fait de vous faire revenir vous deux ! Et vous, messire Gauvain, la prochaine fois que vous dites machin, pour parler du Graal, je vous en colle une !


Père Blaise : Alors, si j'en crois le message que l'on vient de me transmettre, un certain "Coco l'asticot" demande à être reçu.


Arthur : Coco l'asticot ? Mais c'est pas le surnom dont j'avais affublé ...


Merlin : Oui, oui, Sire, c'est bien ça. je ne peux pas dire qu'à l'époque ça m'ait fait très plaisir mais avec le temps, j'ai bien saisi l'ironie du sanglier de Cornouailles.


Arthur : Alors, qu'est-ce qui vous amène ?


Merlin : Vous savez que j'ai recouvré une grande part de mes pouvoirs et je peux sentir que le Graal n'est pas loin, je peux même vous dire, qu'il n'y a pas longtemps, vous étiez juste à côté.


Arthur : Ah ouais ? Vous savez quand, exactement ?


Merlin : C'était au moment du camp de l'Ours, le Graal en est tout proche.


Arthur : Et vous savez où précisément ?


Merlin: Non, malheureusement, mes pouvoirs ne sont pas aussi pointus, pour l'instant.


Arthur : C'est pas grave, on va s'installer au camp de l'Ours avec une petite troupe et passer au crible le périmètre.


.....


Sud de la Calédonie. Le chevalier errant marche à présent d'un bon pas, il a plus fière allure. Il aperçoit le mur d'Hadrien, plus que la Carmélide à traverser et il sera à bon port.


.....


Camp de l'Ours.


Léodagan : Nous voilà installés, par où voulez-vous commencer ?


Arthur : J'en sais rien, ça paraissait simple vu de Kaamelott mais là ! Partons de notre position et faisons des cercles que nous élargirons au fur et à mesure. Merlin, toujours rien de plus précis ?


Merlin : Hélas, Sire, rien de nouveau. Je sens très fort sa présence mais ça reste flou.


Perceval : Sire, ça vous ennuie pas si le seigneur Karadoc et moi on va faire un tour ?


Arthur : Non mais profitez en pour bien regarder autour de vous pour peu que vous tombiez sur le Graal.


Perceval : Ouh ! ça doit faire mal ça ! C'est coupant en plus ce truc là ?


Arthur lui en colle une pas trop méchante.


Arthur : j'ai dit à Gauvain que je lui en collerais une s'il appelait encore le Graal, machin. C'est pas pour vous laisser l'appeler TRUC !


Perceval : Ouais, c'est vrai ! J'l'ai pas volée celle là !


Léodagan : Et si vous tombez sur des champignons, ignorez-les !


Perceval : Ouais mais les champignons ça doit faire moins mal, c'est mou !


Les recherches se poursuivent jusqu'à la tombée de la nuit, vainement.


Arthur : Et si on allait voir l'oncle de Perceval, à Cobernic ? Il aurait peut être des renseignements.


Léodagan : Un gars qui passe son temps à la pêche, ça m'étonnerais. Mais, au fait, ils sont pas encore revenus ces deux abrutis ?


Arthur : J'espère qu'ils se sont pas perdus. S'il faut qu'on les cherche en plus du Graal ...


.....


Cobernic, château du roi pêcheur.


Karadoc : C'est quoi ce pays tout sec ?


Perceval : C'est comme ça Cobernic, un vrai trou à bouseux, ravitaillé par les corbacs ! Depuis que le Roi blessé a été blessé, on dirait que les terres des environs sont blessées aussi. C'est bizarre, hein ? la terre désolée qu'ils appellent ça. (avisant un garde du château) Hé ho ! Machin ! Vous pouvez annoncer au roi que son neveu Perceval est venu le voir !


Devant le Roi pêcheur.


Le Roi pêcheur : Perceval, mon neveu, quel plaisir de vous voir. Quel bon vent vous amène ?


Perceval : On est avec le Roi Arthur, nous avons établi notre camp pas très loin d'ici. Nous cherchons des renseignements sur le Graal.


Le Roi pêcheur : Ah oui ? et qu'est-ce qui vous fait penser que je pourrais en avoir ?


Perceval : On sait qu'il est dans le coin, alors, comme c'est le seul château des environs, on s'est dit ...


Le Roi Pêcheur : Je passe mes journées à la pêche, que puis-je savoir de ces choses là ?


Karadoc : C'est pas faux. Vous auriez pas un p'tit truc à bouffer ? On a pas mal marché et j'ai besoin de me requinquer.


Le Roi pêcheur : Du poisson ! Du poisson tant que vous en voudrez ! Qu'on mette la table pour mes invités !


Malgré le repas, les deux chevaliers ne parviennent pas à se réchauffer dans ce château triste et glacial.


Perceval : Et votre père ? Toujours blessé ? Il ne mange pas avec nous ?


Le Roi pêcheur : Toujours blessé, oui. Il ne quitte pratiquement plus sa chambre, il attend le chevalier qui viendra le guérir. Beaucoup s'y sont essayé, aucun n'a réussi. Il fait nuit, vous allez dormir ici, vous retrouverez votre Roi demain matin.


Karadoc : Vous auriez pas un p'tit bout d'lard qui traîne quelque part ?


.....


Lancelot est entré au royaume de Logres, il arrive en vue d'un château. Une jeune fille passe devant lui.


Lancelot : Pardonnez-moi, Gente Damoiselle, pouvez-vous me dire quel est ce château ?


Ellan : C'est Cobernic, le château de mon père, le Roi pêcheur.


Lancelot est immédiatement ébloui par la beauté de la jeune femme.


Lancelot : Pensez vous que je pourrais lui demander l'hospitalité pour la nuit ?


Ellan : Mais certainement, mon père ne refuse jamais d'ouvrir sa porte aux voyageurs.


Un peu plus tard devant le roi pêcheur.


Lancelot : Perceval ! Karadoc !


Perceval : Lancelot ! Karadoc !


Karadoc : Perceval ! Lancelot !


Le roi pêcheur : Il semblerait que vous vous connaissiez, un ami chevalier ?


Perceval : Oh que non ! Il était notre ami mais il a trahi son Roi !


Lancelot : C'est vrai, je le reconnais. J'étais sous l'emprise d'un être maléfique qui a causé ma perte. Je suis en route pour Kaamelott où je compte demander le pardon du Roi Arthur.


Perceval : Ben mon cochon, vous ne manquez pas de toupie ! Vous n'aurez pas besoin d'aller jusqu'à Kaamelott, Le Roi est à quelques lieues, on vous conduira à lui demain matin.


Karadoc hilare : Il va vous maraver la tronche !


Le Roi pêcheur : Très bien, vous réglerez vos problèmes demain. Pour l'heure, il est une coutume en ce château, chaque chevalier qui y passe doit tenter de soigner mon père, le Roi blessé.


Lancelot : Mais nous ne sommes pas guérisseurs !


Le Roi pêcheur : Il est dit que c'est un chevalier qui le soignera, je vous montre le chemin.


Les trois chevaliers visitent le Roi blessé sans savoir que faire.


Le Roi pêcheur : Bien, comme d'habitude rien ne se passe. Merci d'avoir essayé.


Ellan : Merci, Seigneur Lancelot.


.....


Le lendemain matin, camp de l'Ours.


Perceval : On vous ramène un truc, euh quelqu'un, plutôt.


Arthur : Encore un vieux qui raconte n'importe quoi ?


Perceval : Non, non, là, c'est un que vous connaissez mais faut me promettre de pas vous énerver, hein ?


Léodagan : Ouh la ! Je crains le pire. C'est pas ma femme, quand même !


Perceval : Seigneur Karadoc, vous pouvez le faire venir ?


Karadoc arrive avec Lancelot qui se jette aux pieds du Roi.


Lancelot : Roi Arthur, je suis venu expier mes fautes et vous demander mon pardon. je reconnais toutes les choses affreuses que j'ai faites sous l'emprise de Méléagant. Ceci n'excusant en rien ma faiblesse, Sire, dites votre jugement, je m'y conformerai de bonne grâce. Si jamais vous daigniez me pardonner, sachez que, cette fois, ma fidélité sera indéfectible !


Léodagan : Alors là, j'espère que vous allez pas tomber dans le panneau ! Faut le cramer direct !


Arthur : Enfermez-le ! Je vais réfléchir et je prendrai une décision demain !


Léodagan : Ah mais non, mais là, je vois pas ce qu'il y a à réfléchir ! Vous changerez jamais vous, hein ?! Ca cogite trop dans votre ciboulot, faut être plus dans l'instinct.


Arthur : Demain ! J'ai dit.


.....


Plus tard dans la nuit, Arthur rend visite à Lancelot.


Arthur : Comment Méléagant vous a-t-il converti ?


Lancelot : C'est à cause de ... de mon amour pour la reine. Je l'aimais en secret depuis toujours mais je n'avais jamais failli, il a su utiliser cette faiblesse.


Arthur : J'apprécie votre franchise. Qu'en est-il à présent de cet amour ?


Lancelot : je crois que ... je crois que je ne l'aime plus de cette façon mais seulement en tant que ma Reine.


Arthur : Très bien, à demain.


(Noir, voix off)
Lancelot : A présent, mes pensées vont vers une autre, Ellan !
TSON !




Episode 4 : Rédemption.
.....
TATSOIN, TATSOIN, TATSOIIIIIN !
.....
Camp de l'Ours au petit matin. Arthur, debout, entouré de ses chevaliers. Lancelot est amené devant lui, enchainé.
Arthur : Libérez-le ! Faites ce que je dis, discutez pas !
Une fois Lancelot libéré, Arthur s'approche de lui et le regarde dans les yeux. Il lui balance alors une droite qui l'envoie directement au pays des rêves.
Arthur : Voilà, maintenant, ça, c'est fait, on va pouvoir repartir sur des bases saines. Réveillez-le, donnez-lui de quoi se laver et s'habiller correctement. Beau-père ! Je vous laisse la direction des recherches, je vais pas rester ici à me les geler alors que j'ai à faire à Kaamelott !
Léodagan : Mais vous pourriez pas laisser les deux bouffons, là, pour gérer ça ? Je rentrerais bien, moi aussi !
Arthur : Il me faut quelqu'un d'un peu fiable quand même. Perceval et Karadoc seraient capables de cramer tout le périmètre avant qu'on ait fait une lieue ! Allez ! Bon courage ! Et envoyez-moi un pigeon si vous trouvez quelque chose !
.....
Kaamelott, quelques jours plus tard.
Lancelot a retrouvé sa chambre mais les résidents du château lui battent froid. Il voit les regards en coin, il entend les murmures sur son passage. Il décide de les ignorer, il restera droit et fier. Il a déjà croisé la reine qui l'a magnifiquement ignoré, il en a souffert mais curieusement, à présent, il se sent plus léger. En le laissant vivre, Arthur a prouvé qu'il est un grand Roi. Comment a-t-il pu en douter ?
.....
Réunion de la table ronde.
Arthur : Bon, mes seigneurs ! Le seigneur Léodagan ne participera pas à la réunion d'aujourd'hui, il est en mission. En revanche, nous avons LE PLAISIR de retrouver notre camarade, le seigneur Lancelot. (Silence de mort) BON ! QU'EST-CE QUE VOUS VOULEZ ?! Je lui ai mis un pain et j'ai pardonné. Vous voulez me donner une leçon de justice ?
Calogrenant : Non, c'est pas ça, Sire. On en a tellement bavé à le combattre, qu'on peut pas tirer un trait comme ça. C'est au dessus de nos forces.
Arthur : Ben, il va falloir vous en faire de nouvelles, des forces. parce qu'il est là et qu'il va rester !
Lancelot : Si je peux me permettre, Sire ?
Arthur : Vous êtes sûr ? Allez-y !
Lancelot : Mes seigneurs, je me présente devant vous honteux de mes actes passés. Je sais que je n'ai pas d'excuse, malgré tout, j'ai été manipulé par un être maléfique. Mais s'il a pu m'abuser, c'est que des failles étaient déjà présentes en moi. Je promets solennellement de protéger et servir le royaume et mon Roi sans jamais faillir à l'honneur et de donner ma vie, si nécessaire pour n'importe lequel d'entre vous. Merci de m'avoir écouté.
Yvain applaudi seul : Ouais ! Trop bien , le discours !
Perceval : Moi, je dis, chacun a droit à sa chacune, nan, c'est pas ça ... Chacun a droit ...
Arthur : A une deuxième chance ?
Perceval : Ouais, c'est ça !
Lancelot : Merci Seigneur Perceval, j'ai toujours su que vous êtes un homme généreux.
Perceval : Ouais mais attention, hein ? Un pet d'travers et on vous zigouille !
Arthur : Je crois que messire Perceval a exprimé le sentiment de tous ? Bien ! Voilà une affaire réglée. Père Blaise, autre chose à l'ordre du jour ?
Père Blaise : Les affaires du royaume sont en ordre, le Graal, c'est en cours, si j'ai bien compris ... alors, non, rien d'autre.
Arthur : Très bien ! Quartier libre pour tout le monde ! Rejoignez vos femmes, vos maitresses ou pochetronnez-vous, j'en ai rien à cirer. Seigneur Lancelot, vous, vous me suivez !
.....
Lancelot : Où allons-nous, Sire ?
Arthur : Vous verrez bien !
Ils arrivent à la chambre royale où la Reine est occupée à broder.
Arthur : Ma chère, je vous amène un visiteur.
Guenièvre : Ah oui ? Je ne vois personne.
Arthur : S'il vous plaît, faites un effort. J'ai besoin de vous et du seigneur Lancelot pour avancer.
Guenièvre : Je ne connais personne de ce nom. pourriez vous me laisser, j'ai du travail.
Arthur : Très bien, je vous laisse. (A Lancelot à voix basse) Restez là et faites vous pardonner. (Arthur sort)
Guenièvre : Ah mais me laissez pas seule avec lui, hé !
Arthur déjà loin : Avec qui ? Y'a personne !
Lancelot, un genou à terre devant la Reine : Ma Reine, je me prosterne devant vous, j'ai publiquement reconnu mes fautes mais à vous particulièrement, je vous dois des explications. Je suis tombé amoureux de vous dès notre première rencontre, j'ai gardé ce secret enfoui de longues années. Mais à présent, c'est terminé, je ne vous aime plus.
Guenièvre : Ah ben carrément ! Vous avez le sens des excuses, mon p'tit vieux !
Lancelot : Je vous aime en tant qu'épouse de mon Roi, évidemment ! Je vous supplie de me laisser la chance de vous prouver à tous mon dévouement le plus total.
Guenièvre : Très bien, je ne veux pas la mort du pécheur. Si mon époux vous a pardonné, j'aurais mauvaise grâce à ne pas en faire autant. Venez que je vous présente Lohot, mon fils.
.....
Arthur : Alors, ça s'est bien passé ?
Lancelot : On ne peut mieux, Sire. La Reine et vous êtes décidément des personnes au grand cœur ! Pourrais-je abuser encore un peu de votre bienveillance ?
Arthur méfiant : Allez-y, dites toujours.
Lancelot : Les choses étant relativement calmes, me donneriez vous la permission d'aller visiter une Dame de ma connaissance ?
Arthur : Ah ouais ? Carrément ! Quand avez-vous bien pu trouver le temps de conter fleurette ?
Lancelot : Dés mon retour, Sire. En arrivant à Cobernic, j'ai rencontré la fille du Roi pêcheur. Une âme pure dans un corps magnifique !
Arthur : Je m'en voudrais de briser dans l'œuf une idylle si prometteuse. Vous avez ma bénédiction.
(Noir, voix off)
Arthur : Décidément, Cobernic, c'est "the place to be" en ce moment !
TSON !




Episode 5 : LE CALME AVANT LA TEMPETE.
.....

TATSOIN, TATSOIN, TATSOIIIIIN !

.....

C'est le printemps mais à Cobernic, la différence avec l'hiver est à peine perceptible. Lancelot et Ellan profitent de la vie. Le Roi pêcheur a accepté de donner la main de sa fille à Lancelot, le Roi blessé est toujours blessé et le Graal, toujours introuvable. La jolie Ellan est enthousiaste à l’idée de quitter Cobernic pour découvrir d’autres horizons. - J'ai hâte de voir Kaamelott, de rencontrer le Roi, la Reine et toute la cour !
Lancelot, de son côté, est ravi d’abandonner son rôle de chevalier errant.
- La semaine prochaine, mon amour, pour notre mariage. Vous verrez, à quelques lieues plus au sud, le temps est beaucoup plus clément. Les jardins de Kaamelott sont magnifiques en cette saison.

.....

Kaamelott, c’est le mariage en une belle journée ensoleillée. Tout le gratin du royaume de Bretagne à été convié. Lancelot n'étant pas en odeur de sainteté, les faire-part ont été rédigés de telle manière que l'on comprenne bien que même si c'est une invitation, une absence serait perçue comme une insulte.
Tout ce beau monde s’égaie dans les jardins du château, des rafraîchissements leurs sont servis.
Malgré le traité de paix, Anna, le Roi Loth et Galessin se tiennent à l’écart, la suivante d’Anna tenant Mordred dans ses bras.
Du côté des habitants de Kaamelott, Lancelot a fini par être accepté et même si certains sont encore méfiants, ils le gardent pour eux.
Pal, Koc et Bort, les trois loups de Merlin sèment la pagaille parmi les invités. Ils ont bien grandis et sont devenus impressionnants. Pour autant, personne ne risque quoique ce soit, Merlin ayant le contrôle absolu de ses loups.

Arthur s’adresse aux invités.
- Mes chers amis ! Nous voici réunis, une fois n’est pas coutume, pour un heureux évènement. J’aimerais que l’union du seigneur Lancelot du Lac et d’Ellan de Cobernic, soit le symbole d’un nouveau départ vers un avenir Meilleur. La cérémonie sera célébrée dans quelques instants, d’ici-là, buvez, mangez, amusez vous !

Le Roi Loth chuchote à  Anna.

- Un avenir meilleur ? Ça dépend pour qui ! POSTERUS, MIHI ASINUM! Ça veut ...

- Taisez-vous ! Vous me fatiguez mais quelque chose de monumental. Je ne veux plus vous entendre de la journée !

Le Roi Loth à voix basse. - Très bien, je vois que l’ambiance est à la fête. Je vais discuter avec l’ennemi qui, paradoxalement, me semble plus amical.
Il se dirige alors vers un groupe composé d’Arthur, Léodagan et Perceval.
- Sire ! Votre réception est magnifique, et les jardins sont de toute beauté.

- Heureux que cela vous plaise. Félicitations, pour votre fils ! Anna et lui se portent bien ?

- En pleine forme ! Plus, ce serait trop ! J’espère que Mordred et Lohot deviendront de bons camarades à l’avenir.

Perceval intervient, comme toujours à bon escient. - Mais, sinon, vous étiez pas chez les méchants, avant, vous ?

Léodagan saute sur l’occasion. - Ah mais si ! Mais avec notre bon Roi qui pardonne à tout-va, le v’là redevenu fréquentable. Comme quoi, on peut faire les pires saloperies et se faire inviter à ripailler tranquillement. Moi, ça me ...

Arthur décide de couper court. - Messieurs, nous n’en sommes plus là ! Comme dirait notre ami : IN PRAETERITO, FACERE MUNDUM VERRUNT.

- C’est pas faux ! Croit devoir placer Perceval.

Léodagan - Ouais, moi, je veux même pas savoir ce que ça veut dire !

- En gros, du passé, faisons table rase.

- Je savais bien ! J'préférais pas savoir !

.....

Les jeunes mariés sortent de la chapelle sous les vivats plus ou moins sincères de la foule. Les rois, les chevaliers et leurs épouses se rendent dans la grande salle de réception tandis que le peuple reste festoyer dans les jardins.
Anna saisit l’occasion et présente Mordred à Arthur et Guenièvre.

- C’est un très bel enfant que vous avez là !

Anna avec un sourire ironique - Vous aussi, Sire.

Guenièvre pleine d’empathie - C’est vrai, on voit bien la ressemblance ...

Anna toujours souriante - Avec qui ?

- Ben euh, avec vous !

Anna fixant Arthur dans les yeux - C’est vrai mais il tient beaucoup de son père aussi.

.....

Quelques mois plus tard, Lancelot et Ellan ont le plaisir d’annoncer la naissance de leur fils, Galaad.
Les années passent, les enfants grandissent, le vœu d’Arthur d’un avenir meilleur semble bien se réaliser.
Pourtant, si Galaad suit le chemin de son père de manière prometteuse, Lohot, de son côté rencontre un problème inattendu. En effet, à l’âge de cinq ans, Arthur voit Lohot écraser une araignée puis tomber inanimé, il dort. Cet évènement n’aurait guère eu d’importance si, quelques années plus tard, lors de sa première chasse, Lohot s’endort à nouveau après avoir abattu un cerf.
Arthur consulte Merlin mais celui-ci est impuissant.
-J’ai bien peur de ne rien pouvoir y faire, il semble que Lohot soit condamné à s’endormir sur le cadavre de ses victimes.
- C’est un bon combattant mais ce handicap pourrait lui coûter la vie.*
- Il devra privilégier les duels !

.....

De son côté, Mordred, suit l’exemple de sa mère. Il est pervers, méchant et avide de pouvoir. Une vraie réussite aux yeux d’Anna.
Morgane regarde Mordred molester un serviteur. – Bien Mordred, cultive ta rage, tu en auras besoin pour assouvir ma vengeance !

FIN.

Ben ouais, c'est fini. Faut dire que je ne respecte pas forcément le "format" de la série. Je raconte des histoires mais de là à appeler ça scénario ou script, y'a une marge.

Non, ça vient après cet épisode. J'ai joué sur le fait que seul Arthur sait que l'épée flamboie dans les mains de Perceval. Tout le monde pense que Guethenoc dit une connerie mais nous, nous savons aussi ! Mais au bout du compte, c'est Arthur qui l'a retirée du rocher et c'est bien ce qu'il fait prévaloir pour reprendre son trône. :)

Non, ça vient après cet épisode. J'ai joué sur le fait que seul Arthur sait que l'épée flamboie dans les mains de Perceval. Tout le monde pense que Guethenoc dit une connerie mais nous, nous savons aussi ! Mais au bout du compte, c'est Arthur qui l'a retirée du rocher et c'est bien ce qu'il fait prévaloir pour reprendre son trône. :)

Et si vous voulez du plus long, j'ai posté aussi une proposition de livre VII "Le retour du Roi"

Merci, ça fait plaisir. Un moment, j'ai pensé que nous n'étions que deux sur le forum ! :)

LE RETOUR DU ROI.

.....


(ROME, Italie, Europe, Terre, Système solaire, Voie lactée, après, je ne sais pas, utilisez un GPS !)

Dans la maison d’Aconia Minor. Après des semaines d’exercice et de méditation, Arthur prend une décision.

Arthur : Le secret d’un grand chef, c’est de toujours se battre pour la dignité des faibles, comme vous aviez raison, Imperator. Je rentre ! Lancelot, prépare-toi au retour du Roi (avec un sourire en coin) ... P’tite pucelle !
.....
Suite à un voyage sans trop de péripéties, Arthur pose le pied sur la même plage que lors de son premier retour, même objectif, récupérer Excalibur. Sans plus attendre, il marche vers son destin. Un homme, tout de blanc vêtu et encapuchonné l’observe caché derrière un arbre.
.....
Une fois encore, son voyage est assez tranquille, il a évité facilement quelques patrouilles d’hommes en blanc et se retrouve face à l’épée.

Arthur : Cette fois c’est pour de bon. (L’épée résiste) Ah non, les Dieux, me faites pas c’coup là !
Après un instant de doute, Excalibur se livre enfin. Arthur respire et la lève au ciel : L’ours a retrouvé ses griffes ! Kaamelott, j’arrive !
Plus loin, un homme en blanc a assisté à la scène.
.....
Kaamelott de nuit, Arthur pénètre dans un souterrain par une porte dérobée, il dégaine Excalibur afin d’éclairer un peu son chemin. Il est chez lui, enfin. Il lui semble que chaque pierre du château lui souhaite la bienvenue. Il grimpe l’escalier au bout du tunnel et fait coulisser la porte cachée qui donne dans le couloir menant aux cuisines, à cette heure, il devrait être désert. Le couloir est très sombre mais Arthur ressent immédiatement un malaise, il n’est pas seul ! Des torches s’allument tout autour de lui, il est cerné par les hommes en blanc. Ils sont au moins une dizaine, le Roi fait tournoyer son épée et abat quelques sbires de Lancelot mais leur nombre fait la différence et ils s’emparent de lui.

Arthur se réveille dans une geôle. Il rit de lui : J’ai peut être sous-estimé cette bande de canailles. Qu’auriez vous fait Imperator ? Evidemment, vous auriez d’abord rassemblé vos troupes au lieu de vous jeter dans la gueule du loup comme un abruti.

Lancelot : Vous voilà réveillé Messire Arthur, pas trop de bobos ?

Arthur : Ah ! On oublie le « Sire » je vois, Seigneur Lancelot.

Lancelot : Mais vous n’êtes plus roi Seigneur Pendragon, pour autant que l’ayez jamais été.

Arthur : J’ai récupéré Excalibur, il me semble.

Lancelot : Ah bon ? Où est-elle ? Ah mais regardez, elle est à ma taille !

Arthur : Sortez-là un peu, qu’on voit si vous êtes l’élu.

Lancelot : Inutile, je l’ai en ma possession, cela me suffit. Soyez-en remercié, sans vous, elle serait encore dans son rocher. Pour ne rien vous cacher j’avais tenté de la retirer sans succès. Mais, tout cela, c’est le passé, occupons nous de votre avenir, plutôt. Vous allez être jugé pour trahison envers le Royaume de Bretagne.

Arthur : Ah ben mon vieux ! Vous ne manquez pas d’aplomb, ce n’est pas moi qui ai trahi mon Roi.

Lancelot : On ne peut trahir un roi de pacotille qui s’est entouré de peigne-culs plus débiles les uns que les autres ! Cela suffit maintenant ! Votre procès aura lieu dans trois jours, le soir, vous aurez vécu.

Arthur : Pourquoi vous donnez la peine d’un procès si vous en connaissez déjà l’issue ?

Lancelot (déjà loin) : Allez vous faire foutre !

Arthur : J’aimerais bien.

Arthur s’endort paisiblement malgré la situation désespérée. Il est serein, plus de choix à faire, de décision à prendre, il n’a plus qu’à se laisser porter jusqu’à sa fin prochaine.
Quelques heures plus tard, un cliquetis le réveille, instinctivement il cherche Excalibur mais non, il est seul et désarmé.

- Sire ! Sire !

Arthur : Qui est là ?

Perceval : C’est moi Sire.

Arthur : Perceval ? Mais qu’est-ce que vous foutez là ?

Perceval : On vient vous délivrer.

Arthur : On ?

Bohort : En dehors de Lancelot, tous les chevaliers de la table ronde sont là.

Perceval : Venez, nous devons partir avant de déclencher l’alarme.

Arthur : Je ne peux partir sans Excalibur !

Léodagan : Tenez, la voilà. Je l’ai récupérée au nez et à la barbe de Lancelot. Ce grand con se croit tellement en sécurité depuis qu’il vous a capturé qu’il laisse ses hommes faire la fête. Il n’y avait que trois hommes valides à garder sa chambre, euh la vôtre ... enfin ...

Arthur : Oui, oui, je vois. Abrégez !

Léodagan : Le Seigneur Calogrenant et moi, on en a fait de la charpie, y’avait plus qu’à récupérer Excalibur.

Arthur : Je ne vais pas faire un discours maintenant mais sachez que je n’ai jamais été aussi fier de vous tous ! Allons-y !

.....

La troupe des chevaliers de la table ronde quitte Kaamelott au galop. Arthur se laisse guider, l’acte de bravoure de ses hommes lui réchauffe le cœur. L’espoir revient, avec ces hommes là, tout devient possible.

.....

La troupe cavale toujours mais la direction prise interpelle le Roi. Il se porte à la hauteur de Perceval qui mène tout ce beau monde.
Arthur : Perceval ! Otez-moi d’un doute, nous n’allons pas à la taverne ?
Perceval : Ben si, où voulez vous aller ? Le patron est d’accord pour nous accueillir si on le débarrasse des hommes de Lancelot qui trainent chez lui sans jamais rien payer. C’est inadmissible ce genre de comportement !
Arthur : HOP, HOP, HOP ! On s’arrête ! Beau-père, vous étiez d’accord pour nous établir à la taverne ?
Léodagan : Vous savez, moi, c’était d’abord vous délivrer, après …
Arthur : Mais, on dirait que votre attitude a changée à mon égard. Qu’est-ce qu’il vous arrive ?
Léodagan : C’est-à-dire, après avoir subit Lancelot au pouvoir, ma femme et moi, on s’est dit que finalement, vous étiez pas si nul comme roi.
Arthur : Ça fait toujours plaisir à entendre.
Léodagan : Entendons-nous bien, Lancelot c’était pire mais vous c’était pas non plus …
Arthur : Oui, oui, d’accord, je suis le moindre mal, quoi ?
Léodagan : VOILA !
Arthur : Une idée pour établir un campement, parce que la taverne, c’est indéfendable, on serait pris comme des rats !
Léodagan : Mes hommes sont installés à une vingtaine de lieues au nord, on peut y aller sans problème.
Arthur : Et les miens, au fait, où ils sont ?
Perceval : La plupart à rejoint l’armée de Lancelot, quelques uns se sont enfuis. Mais sinon, pour la taverne, j’ai plus ou moins promis qu’on le débarrasserait des indésirables.
Arthur : Ouais, on peut faire ça, j’ai Excalibur qui me démange. Ils reviennent à mon service ou on les bute. On casse la croûte à la taverne et on rejoint vos hommes, Seigneur Léodagan. Allez, c’est parti !
…..
Sur la vingtaine d’hommes de Lancelot présents à la taverne, huit ont tenté de résister mais après avoir vu le Roi en occire trois d’un seul coup d’épée, tous se sont ralliés à sa cause. Un silence de mort règne à présent. Tout le monde évite le regard du Roi même ses propres chevaliers. Ils sentent qu’il est habité d’une nouvelle conviction, d’une nouvelle énergie. Ils ne reconnaissent plus l’homme au désespoir qu’il était quelques semaines plus tôt. Un feu brûle en lui qui pourrait bien tous les mener à la victoire. Lorsque sa voix résonne dans l’établissement, plus d’un sursaute.
Arthur : Vous ! Mes anciens nouveaux soldats, dépouillez-vous des ces tenues ridicules et allez enterrer ces corps dans les bois. Tavernier ! On peut manger ? Nous, on paie !

.....


Les chevaliers ont rejoint le campement des hommes de Carmélide. Après s’être installés, ils se retrouvent pour faire le point de la situation dans la tente de Léodagan.

Arthur : J’ai vu un Château à quelques lieues seulement, ne pourrions nous pas demander l’asile ?

Perceval : Ah mais non ! C’est Cobernic !

Léodagan : Et alors ?

Perceval : C’est chez mon oncle, le Roi pêcheur, c’est un connard !

Arthur : Mais vous en avez jamais parlé de cet oncle ?!

Perceval : Non, on évite d’en parler dans la famille, c’est un peu la honte. Il vit avec son père, le Roi blessé dans un château glacial. Le Roi blessé, c’est l’père de ma mère, on sait pas comment il a été blessé ni où. Son fils, on dirait qu’il va tout l’temps à la pêche. Non, j’vous dis, des connards !

Léodagan : Alors, il n’y a qu’une chose à faire, fortifier notre camp !

Arthur : Et trouver plus d’hommes ! Pour l’instant, on ne fait pas le poids face à l’armée de Lancelot.

Calogrenant : Les miens sont postés au nord de la Calédonie pour bloquer les orcaniens.

Arthur : Ouais, manquerais plus qu’on se fasse déborder par le nord. Vous en avez combien ici, vous beau-père ?

Léodagan : A peine une centaine, les autres font respecter l’ordre en Carmélide ou surveillent le mur d’Hadrien.

Arthur : Mettons qu’on soit une centaine en nous comptant nous et ceux qu’on a récupéré hier. On va pas aller loin. Quelqu’un a des nouvelles de Merlin ?

Karadoc : Moi, la dernière fois qu’l’ai vu, Lancelot venait d’investiguer le château, il partait rejoindre ses loups, qui m’a dit.

Arthur : Et vous en avez pas vous, des hommes à Vannes ?

Karadoc : Ah ben non, Vannes, vous savez, c’est surtout du bouseux, y’a guère que moi pour prestiger !

.....

Kaamelott.
Lancelot en rage : Mais on le tenait ! J’avais Excalibur, il fallait le tuer tout de suite ! Mais quel con ! Mais quel con ! Un procès ? Tout ça pour paraitre juste, aux yeux de qui, on se le demande !

Gasselin : Mais vous mettez pas dans des états pareils, on les aura ces branquignoles, nos hommes patrouillent sans relâche.

Le Roi Loth : On les aura, on les aura ... Facile à dire. Qui nous dit qu’il ne s’est pas trouvé des alliés ? A Rome, par exemple ! J’ai envie d’ajouter, QUI QUAERIT, TANDEM INVENIRE. Ça veut ...

Lancelot : Faites chier avec vos citations débiles ! TROUVEZ-MOI ARTHUR !

.....

Le travail avance bien au camp maintenant fortifié de l’ours. C’est ainsi qu’ils ont décidé de le baptiser, le camp de l’Ours. Ils se réunissent à présent autour d’une table rectangulaire mais les règles de la table ronde s’y appliquent toujours.

Léodagan : Si vous le permettez, Sire, j’aurais un sujet euh ... délicat à aborder.

Arthur : Faites.

Léodagan : Vous vous souvenez de Lancelot dans son camp retranché, on nous a dit qu’il se sentait épié par un homme en noir ? Tout le monde disait qu’il tournait frapadingue. Eh ben, j’ai plusieurs rapports de mes hommes qui prétendent l’avoir aperçu ou senti, cet homme noir.

Arthur : Me dites pas que vous croyez aux fantômes ?

Léodagan : Fantôme, non mais un espion, un mage ou pire, un démon !

Arthur : On va doubler la garde.

Bohort : Si on dormait tous ensemble, cette nuit ?

.....

Dans les bois, aux abords du camp de l’Ours, Méléagant observe.

.....

A quelques lieues du camp de l’Ours, dans une grotte bien dissimulée à flanc de colline, un vieillard découpe de la viande.

Merlin : Pal ! Koc ! Bort !

Trois jeunes loups accourent à son appel, il leur lance leur pitance. Il sait qu’il devrait les laisser apprendre à se débrouiller seuls mais par les temps qui courent, la discrétion est de mise. Merlin n’ignore rien des évènements qui agitent le pays, bientôt, il devra agir mais il n’est pas encore prêt.

.....

Au camp de l’Ours, les chevaliers sont sur le départ. Accompagnés d’une vingtaine d’hommes, ils partent à la chasse aux hommes en blanc. Puisqu’ils sont en infériorité numérique, Arthur a décidé d’équilibrer un peu les débats. La petite troupe est à présent embusquée de chaque côté d’un chemin.

Arthur : Ce qu’il y a de bien avec leurs tenues de carnaval, c’est qu’on les voit arriver de loin. Merci Seigneur Lancelot.

Bohort : Moi, je trouve ça assez seyant. Ça change un peu du gris des armures. Nous devrions également recouvrir nos armures d’une étoffe jaune ou rouge avec quelques motifs ...

Léodagan : Quand on aura besoin de votre avis on vous fera signe !

Arthur : Non, non. Il y a de l’idée là dedans. De l’étoffe, oui mais plutôt vert sombre afin de mieux nous fondre dans le décor ! Bravo Seigneur Bohort. Pour notre prochaine sortie, nous serons presque invisibles.

Les cavaliers blancs arrivent, les deux troupes sont quasiment à nombre égal mais l’effet de surprise joue superbement son rôle et le combat est rapidement terminé. Quatre blessés, une vingtaine de prisonniers. Un seul refuse de rejoindre le camp des vainqueurs, Léodagan se charge de lui.
Dans les jours qui suivent, Arthur et ses hommes multiplient les guet-apens. L’armée de l’Ours grossit tandis que celle de Lancelot diminue d’autant. Le camouflage « Bohort » fait des merveilles.

Léodagan : Notre armée commence à avoir de l’allure, nous serons bientôt à forces égales avec l’autre con !

Arthur : Ne nous emballons pas. Si Loth et Galessin rameutent leurs troupes, espérons que les hommes de Calogrenant parviendront à les contenir. Vous feriez bien d’envoyer vos hommes postés au mur d’Hadrien les rejoindre dans le nord de la Calédonie.

Léodagan : Très bien, j’envoie un pigeon. Concernant l’homme noir, une dizaine de nos hommes a disparu. Certains affirment les avoir vus discuter avec une « silhouette sombre ».

Arthur : Il commence à m’emmerder celui-là, il va falloir que je m’en occupe personnellement !

Perceval arrivant essoufflé : Sire, Sire ! On l’a cerné !

Arthur : Qui ça ?

Perceval : L’homme noir, on le tient !

.....

Arthur face à Méléagant maintenu par des soldats.

Arthur : Mais, je vous connais ! Vous étiez mon guide !

Méléagant : Ravi de vous revoir Arthur Pendragon. Comment va la vie ? Toujours pas de descendance ?

Arthur se saisissant d’Excalibur : Je vais commencer par vous apprendre à vous adresser à un Roi !

Arthur lève son épée mais dans le même temps, Méléagant disparait.

Léodagan : C’est bien ce que je disais, c’est un démon !

.....

Non loin de là, dans sa grotte, un vieil homme se dit qu’il va lui falloir agir.

.....

Kaamelott.

Lancelot, l’air contrarié, seul dans la salle du trône.

Lancelot : Comment a-t-on pu en arriver là ? En quelques semaines Arthur a réuni une force quasiment équivalente à la mienne. Serait-il vraiment l’élu ?

Un rire le fait sursauter.

Méléagant : Mon pauvre Lancelot, vous êtes décidément risible. Arthur, l’élu ? Non, vraiment, vous me décevez !

Lancelot : Il y a de quoi se poser des questions, non ? Il était seul à ma merci et le voilà maintenant à la tête d’une armée ! Il doit y avoir de la magie là-dessous !

Méléagant : Justement, j’ai une bonne nouvelle. Le camp d’Arthur était protégé par un sort drôlement bien ficelé, vous ne pouviez pas le trouver. Mais vous me connaissez, aucun sort, si puissant soit-il, ne peut me résister éternellement. Envoyez vos hommes vers le nord, ils pourront le trouver à présent.

.....

Plus tard au camp de l’Ours.

Arthur : Je trouvais ça étrange aussi qu’ils ne nous trouvent pas. Ça a beau être des tanches, ça devait finir par arriver. Sommes-nous prêts à les recevoir ?

Léodagan : Ben ... ouais ! J’crois qu’on est parés, on a un bon stock de flèches, de la nourriture en réserve de quoi satisfaire cinq cents Karadoc pendant trois mois. Mon seul regret : Pas de catapulte !

Arthur : Mais fourrez-vous dans l’crâne une bonne fois pour toutes que la catapulte est une arme de siège ! Faites sonner l’alerte, j’veux tous les hommes à leur poste !

.....

L’armée de Lancelot encercle à présent le camp de l’Ours. Les archers se mettent en position.

Galessin : Vous voulez vraiment pas attendre de voir si mes hommes arrivent à transpercer la défense de Calogrenant ?

Lancelot : Si on attend encore, ils seront bientôt plus nombreux que nous et ce sont eux qui viendront assiéger Kaamelott !

Galessin : Quand même, si on avait deux ou trois catapultes ...

Lancelot : Arrêtez avec vos catapultes, vous me faites penser à cet abruti de Léodagan !
ARCHERS ! ENCOCHEZ ! ENBRASEZ LES FLECHES ! DECOCHEZ !

La volée de flèches enflammées grimpe dans le ciel venant de toutes parts. Le spectacle serait assez beau s’il n’était porteur de mort. Brusquement, les flèches semblent animées de leur propre volonté et se retournent vers l’armée de Lancelot créant la panique et semant la mort.

.....

Camp de l’Ours.

Arthur : Mais que c’est-il passé, une bourrasque ?

Léodagan : Drôlement bizarre cette bourrasque !

Une voix derrière eux : Si j’ai pu rendre service, c’était avec plaisir.

Arthur : Merlin ! C’est vous qui ... ?

Merlin : Oui, je vous suis depuis votre retour, j’ai jugé que c’était le moment d’intervenir.

Léodagan : Mon cher Merlin, je n’ai jamais été aussi heureux de vous voir.

Merlin : J’ai un cadeau pour vous, Sire. Je me suis permis de euh ... l’entreposer dans la tente du Seigneur Léodagan.

Léodagan : Mais, vous avez bien fait ! Allons voir ça. Ça serait pas une petite catapulte ?

.....

Dans la tente de Léodagan, Méléagant est assis à la table, immobile. Ses yeux semblent lancer des éclairs de rage.

Merlin : Voici mon cadeau, il n’est pas très beau mais je pense qu’il vous fait plaisir.

Arthur : L’homme noir, bravo Merlin ! Mais il n’est pas attaché ?

Merlin : Il se nomme Méléagant. Je l’ai paralysé, il peut, malgré tout, répondre à vos questions.

Arthur : Qui es-tu ?

Méléagant : Je suis la réponse, ou plutôt, j’étais la réponse.

Arthur : La réponse, quelle réponse ?

Méléagant : La réponse des dieux à tes offenses.

Arthur : Euh, déjà, vous me tutoyez pas ! Et puis je crois que les dieux m’ont à nouveau à la bonne, non ?

Méléagant : C’est pour ça : J’étais, la réponse. Maintenant, je ne suis plus rien, mes pouvoirs ont déclinés, c’est pour ça que l’autre guignol, là, a réussi à me capturer.

Léodagan : Bon, on y voit plus clair, qu’est-ce qu’on va faire de lui ?

Merlin : Il n’y a qu’une chose à faire, le renvoyer dans le néant en espérant que les dieux ne fassent plus jamais appel à lui. Je peux m’en charger.

Arthur : Merlin, il semblerait que vous ayez repris du poil de la bête depuis mon départ.

Merlin : Je suis retourné à la base, la nature, les loups ... Vous vous souvenez de la louve et de ses petits dont j’étais le parrain ? Elle a été tuée par des villageois, j’ai donc pris en charge l’éducation des louveteaux et je sentais mes pouvoirs revenir au fur et à mesure de leur croissance. Quand je vous disais que pour moi, les loups, c’est primordial !

Léodagan : C’est bien gentil tout ça mais on a une armée à nos portes !

Merlin : Ne vous inquiétez pas, je surveille tandis que nous parlons. La troupe de Lancelot est en déroute. Galessin et Lancelot, lui-même sont en fuite. Je crois bien qu’ils vont tenter de rejoindre l’Orcanie. Si vous le désirez, Kaamelott est à nous !

Arthur : Pour un peu, je partirais à leur poursuite et j’en profiterais pour envahir l’Orcanie. Mais non, soyons raisonnables et allons nous installer à Kaamelott. Beau-père, pouvez vous vous charger de faire revenir votre fille ? Il me tarde de la revoir.

Léodagan : Vraiment ? Décidément, les choses changent !

FIN.

REUNION EN SOUS-SOL.

Où l’on retrouve Fearmac

     Une chaleur étouffante pesait sur le royaume de Logres depuis déjà deux bonnes semaines. Chacun cherchait la fraîcheur où il pouvait, au bord de l’eau, à l’abri des arbres ou encore dans les caves. Cette canicule, inhabituelle pour la région, provoquait chez tous, une torpeur quasi-permanente. Toute la région tournait au ralenti et Kaamelott ne faisait pas exception. Une réunion de la table ronde étant programmée, les chevaliers ne pouvaient y déroger, cependant, devant la grogne générale, Arthur avait consenti à ce qu’exceptionnellement, la réunion se tienne dans les geôles où la chaleur avait un peu plus de mal à pénétrer.

ARTHUR
Bon, tout le monde est là ? Très bien ! Père Blaise, l’ordre du jour !

PERE BLAISE
En raison de circonstances … inhabituelles, le Roi Arthur a autorisé la délocalisation de la réunion ainsi que la levée de l’obligation de porter l’armure.

ARTHUR
De là à venir en liquette, Yvain ! Seigneur Léodagan, vous laissez faire ?!

LEODAGAN
Ah mais si y’a pas de règle contre ça, j’vois pas pourquoi il se gênerait !

ARTHUR
J’ai dis, armure pas obligatoire, soit, mais ça n’empêche pas de porter une tenue correcte !

PERCEVAL
Ouais ! Moi j’ai mis ma tenue de quand j’vais à la taverne ! C’est classe ou pas ?

LEODAGAN
C’est trop d’honneur, Seigneur Perceval !

VOIX OFF
« VOUS ALLEZ BIENTÔT FERMER VOS GUEULES ?! J’ESSAYE DE ROUPILLER, MOI ! FUMIERS !»

     Tous se tournent vers l’autre extrémité des geôles d’où semblait provenir la voix. Ils se précipitent et trouvent un prisonnier allongé dans sa cellule.

ARTHUR
Ah mais c’est vous ?! Vous êtes encore là ?! Comment déjà euh … .

FEARMAC
Fearmac !

ARTHUR
Oui, voilà, c’est ça !

FEARMAC
Ben oui, je sais qu’c’est ça ! Je sais comment j’m’appelle quand même !

ARTHUR
Bon alors, qu’est-ce qui va pas aujourd’hui ?

FEARMAC
J’ai pas crié assez fort ? Vous êtes sourdingue ?! JE VEUX QU’ON ME LAISSE ROUPILLER TRANQUILLE !

PERE BLAISE
Faites bien attention sur quel ton vous parlez au Roi, vous !

FEARMAC
Qu’est-ce que vous allez m’faire ? M’en remettre pour vingt ans ? J’m’en fous, j’suis bien ici, moi. TANT QU’IL Y A PAS TOUT UN TAS DE GUIGNOLS POUR M’EMPECHER DE DORMIR ! FUMIERS !

LEODAGAN
On va pas vous en remettre pour vingt ans mais plutôt vous conduire au bûcher !

FEARMAC
Par cette chaleur ?! Vous êtes pas bien, non ! (se tournant vers Arthur) Et puis vous,  je croyais que vous étiez pas comme votre père, ce fumier de Pendragon à pendre et à cramer à tout va !

ARTHUR (regardant Léodagan)
: De fait, un bûcher de c’temps là … j’le sens pas trop !

LEODAGAN
Oui, moi j’dis un bûcher … c’est pour causer, une pendaison ou un écartèlement, ça me va aussi !

PERCEVAL
Mais qu’est-ce qu’il a fait pour être enfermé si longtemps ?

FEARMAC
Ils m’ont oublié, ces cons là !

LEODAGAN
Ah non mais ça va bien, hein ! J’vais lui régler son compte à ce connard !

ARTHUR
Calmez-vous beau-père ! (s’adressant à Ferbach) Bon, on pourrait essayer de s’arranger, non ? On en a pour … Père Blaise, ça va durer combien notre petite réunion ?

PERE BLAISE
Oh moi, j’dirais une heure à tout casser !

ARTHUR
Voilà, une heure et on vous laisse tranquille, ça peut s’faire ?

FEARBAC
Ouais, bon …. Mais parlez pas trop fort, quand même… parce que, je veux bien être gentil mais y’a des limites, hein ! Alors, vous vous installez le plus loin possible et vous parlez à voix basse !

ARTHUR
Méfiez-vous quand même ! Faudrait pas m’pousser à bout

FEARMAC
Ouais mais non, excusez-moi ! A la longue, j’me sens comme chez moi, ici. Non mais j’sais bien qu’c’est vous l’patron … faites comme chez vous ! C’est depuis qu’on m’a coupé la jambe à cause de cette putain de gangrène, je deviens infréquentable !

ARTHUR
Ah ben oui ! Ah pardon, j’avais pas vu !

PERCEVAL
Ah si ! Moi j’avais vu ! J’pensais qu’il essayait de s’échapper par petits morceaux. J’te jette une jambe entre les barreaux après, une main et ainsi de suite jusqu’à c’qu’il soit sorti complètement !

FEARMAC (A voix basse à Arthur)
Euh, il est avec vous çui-là ? Vous pourriez pas me l’envoyer de temps en temps, pour me distraire un peu ?

(Noir, voix off)

ARTHUR
Désolé, j’en ai besoin pour ça aussi !
TSON !


Avec Perceval ou le père Blaise ? :lol:

Ben oui, Arthur retrouve sa place et Perceval sa taverne, tout est bien qui finit … pas trop mal ! :)

Sinon, un avis sur "La faute de Guenièvre" ?

Munchkin a écrit :

Au fait,une suite sera postée ici?


Non, pour "Le Roi Perceval" c'est fini.
En revanche, il y a déjà une nouvelle histoire "La faute de Guenièvre"

Merci, oui j'ai vu pour le double post mais je ne sais pas comment en supprimer un ! J'en ai gros !


 
La Faute de Guenièvre.

 
Où l'on soupçonne La Reine d'infidèlité

 

    La nuit est tombée sur Kaamelott, une silhouette encapuchonnée se faufile hors du labo de Merlin, en toute discrétion. Enfin presque, car, à la porte de son labo, Merlin s’écrie
     
MERLIN
A votre service ma Reine !   
     
Guenièvre
Mais taisez-vous, imbécile !   
     
MERLIN
Ben quoi ?! Qu’est-ce que j’ai fait encore ?!
    Ces cris ont attiré l’attention, une femme a observé toute la scène.
     
Musique générique

    Le lendemain matin, Ygerne déboule dans la salle du trône, Arthur la regarde entrer en soupirant et Léodagan s’attend au pire.

LEODAGAN
Ah non ! Vous allez pas r’commencer tous les deux avec vos trucs perso !

YGERNE
Si ! Mon fils, j’ai à vous parler !

ARTHUR
Encore une fête à Tintagel ? N’y comptez pas !

YGERNE
Rien à voir ! Il s’agit d’un problème grave mais je n’peux pas en parler tant que celui-là (montrant Léodagan) nous écoute !

LEODAGAN
Non mais dites donc, si c’est un problème lié à Kaamelott, Il m’semble que j’suis concerné !

YGERNE
C’est un problème qui concerne mon fils uniquement ! Alors, oust ! Du Balai !

LEODAGAN
: Non mais alors là ...

ARTHUR
Non mais beau-père, laissez tomber, j’la connais, quand elle est comme ça, rien ne peut l’arrêter !

     Une fois Léodagan parti, Ygerne s’approche du Roi.

YGERNE
Votre femme vous trompe !

ARTHUR
Guenièvre !?

YGERNE
Pourquoi, vous en avez d’autres ?!

ARTHUR
Non mais franchement, je ne vois pas Guenièvre me tromper, c’est n’importe quoi !

YGERNE
Je l’ai vue de mes yeux ! Avec le vieux débris qui foire tout c’qu’il fait !

ARTHUR
Merlin !? (Arthur éclate de rire) Non mais vous êtes givrée ?

YGERNE
J’vous dis que je les ai vus ! Elle le quittait discrètement hier soir, elle rasait les murs ! C’est pas une preuve ça ?

ARTHUR
Une preuve d’adultère, non ! Mais j’aimerais quand même bien savoir ce qu’ils magouillent ces deux-là !



     Le soir, Arthur et Guenièvre, au lit.

ARTHUR
Qu’est-ce que vous avez fait de beau, hier ?

GUENIEVRE
Oh vous savez, la routine. Les jardins, la broderie, rien de bien excitant. Pourquoi, ça vous intéresse, maintenant ?

ARTHUR
Et dans la soirée, rien d’intéressant, non plus ?

GUENIEVRE (L’air inquiet)
Ben non ... non plus.

ARTHUR
C’est pas c’qu’on m’a dit ! Vous êtes pas allée voir Merlin, peut-être ?!

GUENIEVRE
Beuuh ... je n’sais plus, moi ! Qu’est-ce que ça peut bien faire ?

ARTHUR
Vous ne savez plus si vous êtes allée voir Merlin, la nuit tombée, qui plus est ?!

GUENIEVRE (paniquée)
Méééé ! Quelle importance, de toute façon ?!

ARTHUR
Dites-moi pourquoi vous êtes allée le voir et je vous dirai si c’est important !

GUENIEVRE
Non ! Je vous dirai pas ! J’ai le droit à mon p’tit jardin secret, quand même !

ARTHUR
J’espère que vous avez pas l’intention de me faire prendre une potion par surprise, hein !?

GUENIEVRE
Rassurez-vous, c’est pas pour vous !

ARTHUR (rassuré)
C’est pour qui alors ?

GUENIEVRE
Zut !


     Lendemain matin, labo de Merlin.

ARTHUR
Merlin ! Ici tout de suite !

MERLIN
Oui, Sire, que puis-je pour votre service ?

ARTHUR
Qu’est-ce que vous avez fait à ma femme ?!

MERLIN
Pardon, Sire ?

ARTHUR
Ma femme, elle est venue vous voir, qu’est-ce qu’elle voulait ?

MERLIN
Euh, ça m’embête, j’ai promis.

ELIAS (arrivant du fond du labo)
Non ?! Il a réussi un truc ?!

MERLIN
J’ai rendu un service à la Reine mais j’ai promis de n’en parler à personne !

ARTHUR
C’était quoi ?!

ELIAS
Sûrement pas de la magie, sinon, ça aurait foiré !

ARTHUR
Bon, Merlin, dites-moi au moins qui ça concerne !

MERLIN
Comment ça ?

ARTHUR
Si elle vous a demandé une potion ou un sort, c’est bien destiné à quelqu’un, non ?

MERLIN
Ah mais non, c’est que pour elle !

ARTHUR
C’est pas dangereux ?

MERLIN
Mais non, pas du tout ! Vous inquiétez pas !

ARTHUR
Okay, je vous fais confiance mais j’aime pas bien ça !



     Nuit suivante, même endroit.

GUENIEVRE
Alors, vous avez réussi ?

MERLIN
Parfaitement, c’est fait !

GUENIVRE
Combien ?

MERLIN
Au moins six livres !

GUENIEVRE
Je peux goûter ?

MERLIN
Tenez, goûtez-moi ça.

GUENIEVRE
Mmmmmmh, délicieux !

(Noir, voix off)

MERLIN
Vous savez, la pâte d’amandes, c’est des amandes pilées, du sucre et des blancs d’œufs ! c’est pas bien sorcier !
TSON !

Félicitations pour la plaque :) Sinon, merci, j'ai posté un texte.

LE ROI PERCEVAL.

…..

Chapitre un : Le remplaçant.

     Réunion de la table ronde. L’ambiance est électrique, le Roi Arthur semble très énervé et chacun s’observe du coin de l’œil, afin de voir si le voisin sait ce qu’il se passe.

LE PERE BLAISE : Hum ! Alors, à l’ordre du jour …

ARTHUR : STOOOOOP ! On va se passer de l’ordre du jour, j’ai une annonce à faire !

LE PERE BLAISE : Ah ? Bon, très bien …si y’a plus de règles, maintenant …

ARTHUR : Non mais fermez-là, hein ! Me cherchez pas, J’ SUIS ASSEZ ENERVE COMME CA !

YVAIN : C’est en rapport avec le fait que j’suis pas v’nu à votre anniversaire ?

ARTHUR : De quoi ?!

YVAIN : Hier ! C’était votre anniversaire mais j’y suis pas allé !

ARTHUR : Mon anniversaire mais qu’est-ce que vous m’chantez ?

YVAIN : Non parce que je vous ferai un cadeau mais là, j’ai pas eu l’temps.

ARTHUR : FERMEZ-LA ! Mon anniversaire c’est dans six mois et puis, qu’est-ce qu’on en a à foutre, j’vous dis qu’j’ai une annonce à faire !

YVAIN : Parce que sinon, j’en ai des idées de cadeaux (VLAN ! Il s’arrête brutalement, son père vient de lui en coller une)

LEODAGAN : Excusez-moi mais c’est le seul moyen de l’arrêter, faites votre annonce !

YVAIN : Ah ouais d’accord, bonjour la pédagogie, pfff, trop dégoûté, quoi !

ARTHUR : Merci, seigneur Léodagan. Donc, voilà … j’en ai marre ! Marre de l’absence de résultats, marre de Kaamelott, MARRE DE VOS TRONCHES ! (Arthur ignore les murmures de protestation) Donc, j’ai décidé de prendre des vacances ! Après tout, j’vois pas pourquoi j’serais l’seul à pas pouvoir en prendre sous prétexte que je suis le Roi. Je vais me barrer quelques jours, peinard, en vous laissant les clés du bazar ! Sur ce, mes Seigneurs, amusez-vous bien, moi, j’me casse !

LEODAGAN : Non mais vous pouvez pas faire ça ! Comment voulez-vous que je gère tout, moi ?

ARTHUR : Vous vous sentez pas les épaules ?!

LEODAGAN : Ben c'est-à-dire …

ARTHUR : Très bien ! Vu que le Seigneur Lancelot n’est pas là et que vous chipotez ... Seigneur Perceval, c’est vous qui me remplacez !

PERCEVAL : Euh, ouais, d’accord ! Pourquoi faire ?

ARTHUR : C’est vous qui t’nez la baraque jusqu’à ce que je revienne !

PERCEVAL : Non, euh, désolé, je pige que dal !

ARTHUR : Moi, je pars en vacances, vous, vous êtes le Roi pendant ce temps là !

PERCEVAL : Ah ouais ! Okay ! (il tombe, évanoui)

…..

     Le lendemain matin, Arthur a quitté Kaamelott, nul ne l’a vu, nul ne sait où il est parti. Perceval et Karadoc s’apprêtent à aller à la taverne lorsque des cris se font entendre.

— Sire ! Sire !

PERCEVAL : Ah ! Le Roi est revenu ?

     Le maître d’armes arrive essoufflé : Vous ne m’entendiez pas ?

KARADOC : Ben si, le Roi est revenu ?

LE MAITRE D’ARMES : Pas que je sache, non !

PERCEVAL : Ben pourquoi vous criez « Sire, Sire » ?

LE MAITRE D’ARMES : Mais c’est vous que j’appelais, Sire !

PERCEVAL : Oh la la ! Je sens que ça va m’ faire mal au crâne, cette histoire !

LE MAITRE D’ARMES : Mais vous êtes le Roi par intérim, le régent, quoi ! Tout le monde va vous appeler Sire, Sire, faut vous y faire !

PERCEVAL : ET SI J’AI PAS ENVIE ? MOI, HEIN !?

LE MAITRE D’ARMES : C’est un ordre du Roi !

PERCEVAL : Ah non ! J’ai pas décidé ça, moi !

LE MAITRE D’ARMES : Non, pas vous, le Roi Arthur !

KARADOC : Ah ! Vous voyez bien qu’c’est pas lui le Roi !

LE MAITRE D’ARMES : QUAND LE ROI DIT QU’ VOUS ETES LE ROI, VOUS ETES LE ROI ! MERDE !

PERCEVAL : De quoi ?!

KARADOC : Soyez poli en présence du Roi, MERDE !

LE MAITRE D’ARMES : Veuillez me pardonner, Sire mais vous êtes attendu dans la salle du trône.

PERCEVAL : Bon, ben, allons-y, je sens bien qu’vous allez pas me lâcher le zizi tant qu’vous aurez pas eu c’que vous voulez !

.....

     La salle du trône, Léodagan, assis à sa place habituelle, la place du Roi restant vacante. Guethenoc et Roparzh font face au trône.

LEODAGAN : Ah ! Voilà le Roi, vous allez pouvoir vous arranger avec lui !

     Le maître d’armes guide Perceval jusqu’au trône.

GUETHENOC : De quoi ? Mais c’est pas le Roi, ça !

ROPARZH : Faudrait pas nous prendre pour des lapins d’six s’maines, hein ! Le roi, on l’connaît et c’est pas çui-là !

LEODAGAN : Le Roi est absent et le Seigneur Perceval le remplace. Oui, je sais, c’est du grand n’importe quoi mais c’est comme ça ! Alors, racontez-lui vos problèmes ou lui racontez pas, d’toute façon, c’est le seul Roi qu’vous aurez !

GUETHENOC : Bon, ben, tant pi, on va s’arranger de çui-là.

ROPARZH : Ouais mais il a intérêt à nous écouter bien comme il faut, sinon y’a des bourgeois qui vont sentir le roussi, moi j’vous l’dis !

LE MAITRE D’ARMES : Bon, ben allez-y ! Narrez-nous vos désidératas !

GUETHENOC : Hein ?! De quoi qui cause, lui ?

LEODAGAN : Dites nous, ce qui va pas ! Et magnez-vous un peu, on va pas passer la journée là-dessus !

ROPARZH : Bon, voilà M’sieur le Sire de remplacement, on est pas contents !

GUETHENOC : Ouais, c’est ça ! On est pas contents !

PERCEVAL : Mais qu’est-ce qu’on s’en fout qu’vous soyez pas contents ?! Moi non plus j’suis pas content !

GUETHENOC : Ben ! Vous êtes le Roi, même de remplacement, c’est quand même pas rien !

PERCEVAL : Et alors ?! Vous croyez que ça m’plaît ? J’ai pas d’mandé ça, moi ! J’préfère aller boire des coups à la taverne ! Et le Roi Arthur, vous croyez qu’il est content ?! Il doit s’occuper sans arrêt d’abrutis comme vous et moi ! Vous vous rendez compte de l’immenstruosité du machin ?!

ROPARZH : Euh, ben on voyait pas ça comme ça nous.

GUETHENOC : C’est vrai que dit comme ça, ça fait pas envie !

ROPARZH (regardant Guethenoc): Du coup ...

GUETHENOC : On va vous laisser, en vous souhaitant bon courage, hein !

ROPARZH : Tenez bon surtout !

     Les deux paysans sortent.

LEODAGAN : Alors là ! Seigneur Perceval, vous me laissez pantois !

(Noir, voix off)
PERCEVAL : Je vous le laisse si vous voulez, je sais pas c’que c’est !
TSON !

.....

Chapitre deux : La place du Roi.

.....

     Réunion de la table ronde.

LEODAGAN : Euh, non, vous asseyez pas là !

PERCEVAL : Ben, c’est ma place, vous voulez qu’on échange ?

LEODAGAN : Je vous rappelle que vous remplacez le Roi, votre place est à sa place !

PERCEVAL : La place de qui ?

LEODAGAN : DU ROI ! A la place du Roi !

PERCEVAL : Mais j’sais pas où il est, moi !

YVAIN : Moi j’maintiens qu’il est vexé parce que j’suis pas allé à son anniversaire !

PERE BLAISE : Attendez Seigneur Léodagan, je vais essayer ! Sire Perceval, installez-vous à la place que le Roi occupe habituellement à la table ronde.

PERCEVAL : J’veux bien mais ça va faire bizarre ! S’il revient et qu’il me voit là, ça va chauffer pour mes miches !

LEODAGAN : Mais pas du tout, c’est lui qui vous a nommé à sa place !

PERCEVAL : Ouais mais laquelle de place ?! Il en change tout le temps !

PERE BLAISE : Bon ! Asseyez-vous où on vous dit, qu’on puisse commencer !

PERCEVAL : Okay mais s’il débarque, j’lui dirai qu’c’est d’votre faute !

LEODAGAN : D’accord, on fait comme ça ! Père Blaise, l’ordre du jour !

PERE BLAISE : Ben, euh, c'est-à-dire, normalement c’est au Roi de lancer la séance !

LEODAGAN : Mais c’est pas possible, on est chez les dingues !

PERE BLAISE : J’suis désolé, il y a des règles à respecter ! Sire Perceval, voulez-vous lancer la séance ?

PERCEVAL : Faut que j’lance un truc ?

PERE BLAISE (soupirant) : S’il vous plaît, Sire, dites-moi « Père Blaise, l’ordre du jour »

PERCEVAL : Ah ? Euh, okay. Père Blaise, l’ordre du jour !

PERE BLAISE : Merci Sire. Donc, pour commencer, la nomination du Seigneur Perceval au poste de régent !

LEODAGAN : Non mais c’est pas vrai ! Ça fait deux jours qu’il est en poste, on est au courant ! On peut p’t’être passer à autre chose, non !

PERE BLAISE : Ah mais non, il faut officialiser la chose ! Par ordre du Roi Arthur, le Seigneur Perceval a été nommé au titre de régent le temps de son absence !

PERCEVAL : ENCORE ?!

YVAIN : Ça veut dire qu’il est double Roi ?

GAUVAIN : Ou RoiRoi ! Mais ça veut dire qu’il est plus gradé que mon oncle ?!

LEODAGAN : VOUS DEUX, FERMEZ-LA OU J’EN PRENDS UN POUR TAPER SUR L’AUTRE ! Bon, pour faire simple, une fois pour toutes, le Roi Arthur s’est absenté et c’est le Seigneur Perceval qui le remplace jusqu’à ce qu’il revienne ! C’est clair pour tout le monde ?!

PERCEVAL : Oh ben moi, j’ai pigé ! Quand on prend le temps de m’expliquer, j’suis pas plus con qu’un autre !

YVAIN (levant le doigt): Euh mais avec ma sœur, il le remplace aussi ?

PERE BLAISE : Non mais vous êtes pas bien, non ! Il le remplace pour les affaires d’état, c’est tout !

(Noir, voix off)
LEODAGAN : Quoique... y’a p’t’être une idée à creuser, là !
TSON !

.....

Chapitre trois : Complot sur l’oreiller.

.....

     Dame Séli et Léodagan au lit.

LEODAGAN : Il m’est venu une idée. Enfin ! C’est plutôt notre fils qui l’a eue.

DAME SELI : Yvain !? Ah ben, ça doit être quelque chose !

LEODAGAN : Effectivement, c’est assez ... osé ! Vous savez que le Seigneur Perceval remplace le Roi quelques jours ?

DAME SELI : Si je le sais ? Faudrait être sourde pour pas le savoir, tout le monde ne parle que de ça !

LEODAGAN : Alors, voilà ! S’il ne le remplaçait pas QUE pour les affaires courantes ?

DAME SELI : Je vous suis pas bien, vous voudriez le pousser à envahir l’Orcanie ?

LEODAGAN : Ah ben non ! Vous l’imaginer à la tête de l’armée ? Ça serait un beau bordel ! En revanche, il a peut être plus de compétences que ce mollasson d’Arthur dans un autre domaine !

DAME SELI : Non, décidément, je vois pas où vous voulez en venir !

LEODAGAN : Qu’est-ce qu’il arrive pas à faire Arthur ?

DAME SELI : A trouver le Graal ?

LEODAGAN : Ah mais vous en faites exprès ! Je vous parle d’un héritier !

DAME SELI : Oui, y’a ça aussi mais j’vois toujours pas le rapport !

LEODAGAN : Puisqu’Arthur l’a nommé remplaçant, il pourrait p’t’être le remplacer pour ça aussi ! Il peut pas être plus nul !

DAME SELI : Non mais vous êtes timbré ! Vous voulez mettre ce taré dans le lit de notre fille ?!

LEODAGAN : Et alors ?! Avec un peu d’chance, la v’là en cloque !

DAME SELI : D’toute façon, elle voudra jamais !

LEODAGAN : Oui, ben ça, j’en fais mon affaire ! On fait courir le bruit que le Roi va rentrer dans la nuit, on envoie l’autre con vers deux heures du mat, et hop ! Ni vu ni connu !

DAME SELI : Et lui ? Vous pensez qu’il sera d’accord ?!

LEODAGAN : Merde ! J’avais pas pensé à ça !

DAME SELI : Eh ouais ! C’est ça votre problème, vous échafaudez, vous échafaudez... mais au bout du compte... rien du tout !

LEODAGAN : Et si on lui bandait les yeux et qu’on lui dit que c’est pour faire une surprise à sa femme ?

DAME SELI : Perceval ?! Mais il a pas de femme !

LEODAGAN : Il doit bien avoir une maitresse ou une fiancée, non ? !

DAME SELI : Y’a bien une boniche, Angharad, mais j’suis pas sûr qu’ils aient fait quoi que ce soit ensemble !

LEODAGAN : Ah non mais alors, si c’est un mou d’la tige aussi, çui-là ! On est vraiment pas aidés, hein ?!

DAME SELI : Non mais je r’connais qu’y avait d’l’idée mais ça marchera jamais ! Et c’est Yvain qu’a eu cette idée là ?!

LEODAGAN : Enfin, lui, il a juste demandé devant toute la table ronde si Perceval remplaçait le Roi aussi auprès de sa sœur ! Alors, bien sûr, tous les autres... « Mais vous êtes pas bien ! » « C’est juste pour les affaires de l’état » et patati et patata ... mais moi, ça a percuté tout de suite !

DAME SELI : Ouais, enfin, l’héritier, c’est pas pour demain !

(Noir, voix off)
LEODAGAN : Ou alors, le Père Blaise, il m’a l’air bien vicelard, çui-là !

DAME SELI : Nan mais arrêtez d’réfléchir, j’vous assure, ça vaudra mieux !
TSON !

.....

Chapitre quatre : les Vacances d’Arthur.

…..

     Après avoir nommé Perceval régent, Arthur n’a pas perdu de temps, levé avant la fin de la nuit, il a silencieusement sorti son cheval de l’écurie et passé la grande porte devant deux gardes endormis. D’ordinaire, il aurait réprimandé les deux fautifs mais cette fois, il a privilégié la discrétion, il sera toujours temps de leur passer un savon à son retour. Lorsqu’il a jugé être assez loin de Kaamelott, il a enfourché sa monture et est parti au grand galop.

     Arthur est à présent au bord d’un lac, pas celui de la Dame du même nom mais un autre plus éloigné qu’il avait repéré lors d’une reconnaissance. Il installe son campement, la matinée est à présent bien avancée et l’endroit lui semble propice à ses projets : Méditation, repos, détente. Il a à peine terminé de s’installer qu’une voix le fait sursauter.

– On peut savoir ce que vous faites ?

     Avant même de se retourner, il sait que la rouquine vaporeuse l’a retrouvé.

ARTHUR : Mais merde ! C’est pas votre lac, celui-là ! Qu’est-ce que vous foutez là ?!

DAME DU LAC : J’vous ferai remarquer que j’apparais où je veux, quand je veux ! Heureusement parce qu’avec un gars comme vous, qu’a la bougeotte… .

ARTHUR : Vous pourriez pas me foutre la paix, de temps en temps, non ? Je suis venu là pour me reposer, oublier tous ces glandus qui me cassent les noix à longueur de temps ! C’est trop demander quelques jours de répit ?!

DAME DU LAC : Non, non, vous avez le droit … mais c’est dommage parce que pas loin d’ici, y’a une caverne qui contient un trésor. Alors, je m’étais dit, vu qu’il est déjà sur place, ça serait trop bête de pas lui en parler, hein ? Vous en dites quoi ?

ARTHUR : J’en dis que vous m’emmerdez ! Revenez dans trois jours, on verra si je suis d’attaque !

DAME DU LAC : D’accord, j’espère que vous s’rez plus poli, déjà ! (elle disparaît)

…..

     Les deux jours qui suivent, Arthur profite bien du calme, peut être même trop car il commence à s’ennuyer un peu. Cette fois encore, une voix le fait sursauter.

– Ah mais c’est not’ ancien Sire ! Mé qu’est-ce que vous faites là ?

ARTHUR : Guethenoc ?! Mais vous, qu’est-ce que vous foutez là !?

GUETHENOC : Oh ben moi, j’viens relever mes collets. Alors, ils vous ont foutu à la porte et ils vous ont même pas donné une p’tite baraque pour vos vieux jours ! C’est pas des manières ça, quand même !

ARTHUR : De quoi ?!

GUETHENOC : Remarquez, on a pas perdu au change, hein ! Parce que l’nouveau Sire, il est comme ça ! (levant son pouce)

ARTHUR : Mais qu’est-ce que vous racontez ? J’ai pris quelques jours pour me reposer mais je suis toujours le Roi !

GUETHENOC : Oh mais faut pas avoir honte, quand on a fait son temps, on a bien mérité de s’reposer !

ARTHUR : Non mais, vous me faites ch... . Euh, quand vous dites le nouveau, vous parlez du Seigneur Perceval ?

GUETHENOC : Oui ! C’est ça ! Un gars super, on se sent bien compris avec lui !

ARTHUR : J’espère que vous en avez bien profité parce que dans quelques jours, je reprends les commandes !

GUETHENOC : Ah ben si vous faites ça, va y’avoir du grabuge, pour une fois qu’on en tient un bien, on va pas l’lâcher !

ARTHUR : Ben voilà, les choses vont reprendre leur cours ! Bon, maintenant, ça va bien, cassez-vous !

GUETHENOC (s’en allant): Méfiez-vous, hein ! Méfiez-vous ! Et vive le Roi Perceval !

– Je croyais qu’il partirait jamais !

ARTHUR (sursautant une fois de plus) : Non mais prévenez avant d’apparaître comme ça, à chaque fois ça me fout l’angoisse ! Vous pourriez pas jouer de la corne ou faire sonner un carillon pour vous annoncer ?

DAME DU LAC : Et puis quoi encore, vous m’prenez pour un barde ?! Bon, vous êtes d’attaque pour la caverne ?

ARTHUR : Ouais, bon, okay, allons-y ! C’est loin ?

DAME DU LAC : A cheval ? Non j’pense pas ! J’dirais ... entre quinze et seize jours.

ARTHUR : QUOI !? Mais vous m’aviez dit qu’c’est juste à côté !

DAME DU LAC : Oui, bon, vous savez, moi, les distances... . Je me déplace instantanément alors j’me rends pas bien compte.

ARTHUR : Mais vous êtes pas bien ! Si je m’absente aussi longtemps, ça va être un beau foutoir à Kaamelott !

DAME DU LAC : Oh mais vous trouvez toujours une bonne raison pour pas faire les quêtes que j’vous indique ! Vous êtes pas gentil !

ARTHUR : Vous préfèreriez que je laisse Perceval gérer Kaamelott trente jours de plus ?!

DAME DU LAC : Ah ben non, quand même pas ! Mais vous irez quand même bientôt, hein ? Parce que le trésor ... .

Arthur : Oui, eh bien ?

DAME DU LAC : Le trésor, c’est un collier en or orné de six fabuleux diamants !

ARTHUR : Ouais ... ben non, j’irai pas !

DAME DU LAC : Quoi !? Mais pourquoi ?!

ARTHUR : Parce que c’est avec ça que j’ai payé Kaamelott ! Faudrait vous mettre à jour niveau quêtes, vous êtes pas ... top, top, hein !
     Dans le sous-bois, Guethenoc pas parti si loin, finalement, l’observe.
(Noir, voix off)
GUETHENOC : Ah, ben j’comprends mieux pourquoi ils l’ont viré ! Il est complètement zinzin, il parle tout seul !
TSON !

.....

Chapitre cinq : La Destitution.

…..

     Arthur entre dans la salle du trône, Perceval est assis à la place du Roi, Léodagan et Bohort de chaque côté.

ARTHUR : Bien le bonjour, seigneur Perceval, je viens vous libérer et reprendre mon trône !

LEODAGAN : Oui, euh … ça va pas être si simple !

ARTHUR : Comment ça ? J’vois pas c’qu’il y a de compliqué !

BOHORT : C'est-à-dire que le peuple s’est pris de sympathie pour le seigneur Perceval et voit en lui une sorte de … guide éclairé !

LEODAGAN : Y’en a même qui l’appellent le Magnifique ! Si, si ! J’vous jure !

PERCEVAL : Euh, j’suis pas mieux éclairé qu’les autres ! J’dois avoir trois chandelles dans ma chambre !

ARTHUR : Qu’est-ce que c’est qu’cette entourloupe, encore ? C’est vous, beau-père, qui manigancez tout ça !?

LEODAGAN : Ah mais j’y suis pour rien, moi ! C’est le peuple qui a parlé ! Comme je sais qu’vous êtes très attentif à son bien-être, il m’semble normal que vous cédiez la place à leur préféré ! Vous êtes pas d’accord ?

BOHORT : Il faut dire que Sire Perceval a fait preuve d’une grande sagesse !

ARTHUR : « Sire Perceval » ? Non mais vous êtes tous devenus marteau ! Seigneur Perceval, vous en dites quoi ?

PERCEVAL : Ça, j’saurais pas dire, les marteaux, j’m’en sers plus depuis qu’je m’suis aplati les doigts !

ARTHUR : Non mais pas ça ! Etre Roi, ça vous plaît ?

PERCEVAL : Bof ! C’est comme tout, on s’y fait à la longue ! Mais moi, j’préférais avant, quand j’allais à la taverne avec le Seigneur Karadoc !

LEODAGAN : Mais on s’en fout d’vos avis, c’est la volonté du peuple qui compte !

ARTHUR : Depuis quand vous êtes si proche du peuple, vous ?!

LEODAGAN : Ah mais à force de vous fréquenter, vous avez fini par déteindre sur moi ! Y’a du bon dans vos idées ! Attention ! Pas toutes, hein ! Mais en l’occurrence … .

ARTHUR : Oui ! En l’occurrence, ça vous arrange bien !

LEODAGAN : Ben ! De fait, c’est pas pour me déplaire.

ARTHUR : Bon ! On va arrêtez les conneries … . Seigneur Perceval, allez boire un coup avec le Seigneur Karadoc à la taverne ! Tenez, c’est moi qui régale !

PERCEVAL : Ouais ! Merci, Sire ! Vous v’nez avec nous ?

LEODAGAN : Attendez, attendez, attendez ! C’est pas tout ! Y’a une rumeur qui circule, comme quoi, vous seriez devenu fou !

ARTHUR : QUOI ?!

BOHORT : C’est vrai, Sire, je l’ai entendu dire, moi aussi !

LEODAGAN : D’ailleurs, on a un témoin ! Maître d’armes ! Faites entrer l’autre con, là !

MAITRE D’ARMES : Lequel ? Parce que ... c’est pas ça qui manque !

LEODAGAN : Le pécore !

     Le maître d’armes accompagne Guethenoc devant le trône au côté d’Arthur.

LEODAGAN : Bon, machin, racontez-nous c’que vous avez vu !

GUETHENOC : Ben, c’est pas compliqué, j’ai vu notre ancien Sire (désignant Arthur) çui-là, là, qui causait tout seul. Mais attention, hein, ça criait, ça s’agitait ... tiens ! On aurait dit moi avec Roparzh ! C’est vous dire si ... .
LEODAGAN : Oui, bon, ça va ! On a compris ! Donc, Seigneur Pendragon, qu’avez-vous à répondre ?

ARTHUR : Vous me gonflez, tous, quelque chose de monumental ! Je vous rappelle que la Dame du lac vient me voir régulièrement et qu’il n’y a que moi qui peux la voir ! C’était avec elle que je discutais !

LEODAGAN : Oh, oui, alors, elle a bon dos, celle-là, c’est pratique !

ARTHUR : Non, c’est pas pratique du tout ! A chaque fois, je passe pour un taré, je préfèrerais que tout le monde la voit !

LEODAGAN : Non mais moi, j’suis pas convaincu ! Et vous, Seigneur Bohort ?

BOHORT : C’est vrai que c’est un peu délicat.

PERCEVAL : Bon, on peut y aller à la taverne ?

LEODAGAN : Vous restez là, vous !

MAITRE D’ARMES : Attention à comment vous parlez au Roi, vous !

ARTHUR : Bon ! On a bien rigolé mais maintenant, ça suffit ! Le vous rappelle que si je suis le Roi, c’est parce que j’ai ça ! (il dégaine Excalibur) Donc, vous pouvez débattre pendant des jours si ça vous chante, ça changera rien au fait que c’est moi qui l’ai retirée du rocher !

LEODAGAN : Ah ouais, bon alors, la solution de facilité, tout d’suite ! C’est d’la triche votre truc, là !

BOHORT : Tout de même, c’est magnifique cette épée qui flamboie !

MAITRE D’ARMES : C’est vrai que ça en jette !

GUETHENOC : Qui c’est qui nous dit que ça l’ferait pas aussi avec le Sire Perceval, hein ?!

Silence dans la salle du trône ...
(Noir, voix off)
LEODAGAN : Ouais mais là, non, faut pas rêver non plus !
TSON !

.....

Chapitre six : La Taverne Des Deux Rois.

…..

     Après avoir récupéré son trône, Arthur a accepté d’accompagner Perceval et Karadoc à la taverne. Il se sent coupable d’avoir mis Perceval dans cette situation inconfortable et le moins qu’il puisse faire, c’est de lui faire plaisir. Les trois hommes s’assoient à la table habituelle des deux compères. Le tavernier s’empresse.

TAVERNIER : Ah mais c’est m’sieur Sire Perceval, ça f’sait un moment qu’on vous avait pas vu ! Heureusement qu’le seigneur Karadoc a mis les bouchées doubles !

KARADOC : C’est qu’il était occupé à diriger le pays, notre ami !

TAVERNIER : Justement, j’aurais bien aimé le voir ici plus souvent, question de prestige ! Le Roi chez moi, vous vous rendez compte ?! Ça en a d’la gueule !

PERCEVAL : Oui, ben j’suis là, maintenant ! Et en plus, j’vous ai amené le vrai !

TAVERNIER : Le vrai quoi ?

PERCEVAL : Le vrai Roi, regardez,  le Roi Arthur !

TAVERNIER (écarquillant les yeux) : Ah mais c’est-y Dieu possib’ ! Deux Rois dans ma taverne !

ARTHUR : Ouais, n’allez pas le crier trop fort, quand même ! On voudrait bien rester peinard !

TAVERNIER : Ah ! Euh, oui mais euh, c'est-à-dire que j’aurais bien voulu que tout le monde le sache … .

PERCEVAL : Vous faites comme le Roi vous dit ! Et puis apportez-nous des pichets et d’la charcutaille ! C’EST PAS FAUX !

KARADOC (à l’oreille de Perceval) : Pourquoi vous avez dit « c’est pas faux » là ? C’est un truc que vous avez dit que vous avez pas compris ?

PERCEVAL : Non, j’ai merdé ! J’me suis laissé emporter... j’suis trop content qu’le Roi soit là !

ARTHUR : Vous voyez, je pensais que j’avais pigé votre truc, là « c’est pas faux ». J’pensais qu’vous disiez ça quand vous compreniez pas un truc... mais là, j’dois avouer que j’m’y perds.

PERCEVAL : Nan mais c’est d’ma faute ! J’l’ai raté, çui-là !

     Il y a du remue-ménage à la porte de l’auberge.

TAVERNIER : Non, je vous dis ! Vous entrerez pas !

GUETHENOC : On veut voir le Roi !

TAVERNIER : Lequel ?! J’en ai deux ! Euh... non ! Y’a pas de roi ici ! Allez voir ailleurs !

ROPARZH : Le vrai Roi, le Roi Perceval !

GUETHENOC : Sinon, on fout l’feu à votre baraque !

ARTHUR : Seigneur Perceval, vous voulez pas aller leur dire que vous êtes plus le Roi et que j’ai repris les rênes ?

PERCEVAL : Ouais, ils commencent à m’énerver ces pécores, ça va finir par mal se mettre !

ARTHUR : Tout doux, quand même, ils vous aiment bien !

PERCEVAL (se dirigeant vers la porte) : Ouais, ben j’ai rien d’mandé, moi !

TAVERNIER : Sire, faites quelque chose, ils vont cramer ma taverne !

PERCEVAL : ARRETEZ DE M’APPELER SIRE ! (à Guethenoc et Roparzh) Bon, qu’est-ce que vous voulez, vous ?! Je suis pas le Roi, j’ai juste bouché un trou !

GUETHENOC : De quoi t’est-ce ?

ROPARZH : Vous êtes maçon maintenant ?

PERCEVAL : Ah non mais vraiment, vous comprenez jamais rien ! J’ai remplacé le Roi pendant qu’il était pas là, maintenant, il est revenu, c’est lui qui r’prend la Reine !

ROPARZH : Mais nous, on préfère quand c’est vous le Roi !

PERCEVAL : Mais on s’en fout de c’que vous préférez !

GUETHENOC : Révolte !

ARTHUR (arrivant à la porte) : Bon, écoutez, je suis le Roi, personne n’y peut rien vu que c’est moi qui ai retiré Excalibur. En revanche, je peux très bien nommer le Seigneur Perceval, ministre du monde paysan !

ROPARZH : Euh, ouais ? C'est-à-dire ?

ARTHUR : C’est lui qui s’occupera de vos problèmes !

GUETHENOC : Ah bon, alors, comme ça ... ça nous va !

GUETHENOC et ROPARZH : Vive le ministre Perceval ! (ils repartent)

PERCEVAL : Vous êtes sûr, Sire ?  Sinistre du monde paysan, je sais pas si je saurai ...

(Noir, voix off)
ARTHUR : Vous inquiétez pas, j’vous dirai quoi leur dire !

PERCEVAL : C’est bizarre, ça m’rassure pas plus que ça !
TSON !

FIN.

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Le Roi Perceval

Perceval remplace Arthur

Chapitre un : Le remplaçant.

     Réunion de la table ronde. L’ambiance est électrique, le Roi Arthur semble très énervé et chacun s’observe du coin de l’œil, afin de voir si le voisin sait ce qu’il se passe.

LE PERE BLAISE : Hum ! Alors, à l’ordre du jour …

ARTHUR : STOOOOOP ! On va se passer de l’ordre du jour, j’ai une annonce à faire !

LE PERE BLAISE : Ah ? Bon, très bien …si y’a plus de règles, maintenant …

ARTHUR : Non mais fermez-là, hein ! Me cherchez pas, J’ SUIS ASSEZ ENERVE COMME CA !

YVAIN : C’est en rapport avec le fait que j’suis pas v’nu à votre anniversaire ?

ARTHUR : De quoi ?!

YVAIN : Hier ! C’était votre anniversaire mais j’y suis pas allé !

ARTHUR : Mon anniversaire mais qu’est-ce que vous m’chantez ?

YVAIN : Non parce que je vous ferai un cadeau mais là, j’ai pas eu l’temps.

ARTHUR : FERMEZ-LA ! Mon anniversaire c’est dans six mois et puis, qu’est-ce qu’on en a à foutre, j’vous dis qu’j’ai une annonce à faire !

YVAIN : Parce que sinon, j’en ai des idées de cadeaux (VLAN ! Il s’arrête brutalement, son père vient de lui en coller une)

LEODAGAN : Excusez-moi mais c’est le seul moyen de l’arrêter, faites votre annonce !

YVAIN : Ah ouais d’accord, bonjour la pédagogie, pfff, trop dégoûté, quoi !

ARTHUR : Merci, seigneur Léodagan. Donc, voilà … j’en ai marre ! Marre de l’absence de résultats, marre de Kaamelott, MARRE DE VOS TRONCHES ! (Arthur ignore les murmures de protestation) Donc, j’ai décidé de prendre des vacances ! Après tout, j’vois pas pourquoi j’serais l’seul à pas pouvoir en prendre sous prétexte que je suis le Roi. Je vais me barrer quelques jours, peinard, en vous laissant les clés du bazar ! Sur ce, mes Seigneurs, amusez-vous bien, moi, j’me casse !

LEODAGAN : Non mais vous pouvez pas faire ça ! Comment voulez-vous que je gère tout, moi ?

ARTHUR : Vous vous sentez pas les épaules ?!

LEODAGAN : Ben c'est-à-dire …

ARTHUR : Très bien ! Vu que le Seigneur Lancelot n’est pas là et que vous chipotez ... Seigneur Perceval, c’est vous qui me remplacez !

PERCEVAL : Euh, ouais, d’accord ! Pourquoi faire ?

ARTHUR : C’est vous qui t’nez la baraque jusqu’à ce que je revienne !

PERCEVAL : Non, euh, désolé, je pige que dal !

ARTHUR : Moi, je pars en vacances, vous, vous êtes le Roi pendant ce temps là !

PERCEVAL : Ah ouais ! Okay ! (il tombe, évanoui)

…..

     Le lendemain matin, Arthur a quitté Kaamelott, nul ne l’a vu, nul ne sait où il est parti. Perceval et Karadoc s’apprêtent à aller à la taverne lorsque des cris se font entendre.

— Sire ! Sire !

PERCEVAL : Ah ! Le Roi est revenu ?

     Le maître d’armes arrive essoufflé : Vous ne m’entendiez pas ?

KARADOC : Ben si, le Roi est revenu ?

LE MAITRE D’ARMES : Pas que je sache, non !

PERCEVAL : Ben pourquoi vous criez « Sire, Sire » ?

LE MAITRE D’ARMES : Mais c’est vous que j’appelais, Sire !

PERCEVAL : Oh la la ! Je sens que ça va m’ faire mal au crâne, cette histoire !

LE MAITRE D’ARMES : Mais vous êtes le Roi par intérim, le régent, quoi ! Tout le monde va vous appeler Sire, Sire, faut vous y faire !

PERCEVAL : ET SI J’AI PAS ENVIE ? MOI, HEIN !?

LE MAITRE D’ARMES : C’est un ordre du Roi !

PERCEVAL : Ah non ! J’ai pas décidé ça, moi !

LE MAITRE D’ARMES : Non, pas vous, le Roi Arthur !

KARADOC : Ah ! Vous voyez bien qu’c’est pas lui le Roi !

LE MAITRE D’ARMES : QUAND LE ROI DIT QU’ VOUS ETES LE ROI, VOUS ETES LE ROI ! MERDE !

PERCEVAL : De quoi ?!

KARADOC : Soyez poli en présence du Roi, MERDE !

LE MAITRE D’ARMES : Veuillez me pardonner, Sire mais vous êtes attendu dans la salle du trône.

PERCEVAL : Bon, ben, allons-y, je sens bien qu’vous allez pas me lâcher le zizi tant qu’vous aurez pas eu c’que vous voulez !

.....

     La salle du trône, Léodagan, assis à sa place habituelle, la place du Roi restant vacante. Guethenoc et Roparzh font face au trône.

LEODAGAN : Ah ! Voilà le Roi, vous allez pouvoir vous arranger avec lui !

     Le maître d’armes guide Perceval jusqu’au trône.

GUETHENOC : De quoi ? Mais c’est pas le Roi, ça !

ROPARZH : Faudrait pas nous prendre pour des lapins d’six s’maines, hein ! Le roi, on l’connaît et c’est pas çui-là !

LEODAGAN : Le Roi est absent et le Seigneur Perceval le remplace. Oui, je sais, c’est du grand n’importe quoi mais c’est comme ça ! Alors, racontez-lui vos problèmes ou lui racontez pas, d’toute façon, c’est le seul Roi qu’vous aurez !

GUETHENOC : Bon, ben, tant pi, on va s’arranger de çui-là.

ROPARZH : Ouais mais il a intérêt à nous écouter bien comme il faut, sinon y’a des bourgeois qui vont sentir le roussi, moi j’vous l’dis !

LE MAITRE D’ARMES : Bon, ben allez-y ! Narrez-nous vos désidératas !

GUETHENOC : Hein ?! De quoi qui cause, lui ?

LEODAGAN : Dites nous, ce qui va pas ! Et magnez-vous un peu, on va pas passer la journée là-dessus !

ROPARZH : Bon, voilà M’sieur le Sire de remplacement, on est pas contents !

GUETHENOC : Ouais, c’est ça ! On est pas contents !

PERCEVAL : Mais qu’est-ce qu’on s’en fout qu’vous soyez pas contents ?! Moi non plus j’suis pas content !

GUETHENOC : Ben ! Vous êtes le Roi, même de remplacement, c’est quand même pas rien !

PERCEVAL : Et alors ?! Vous croyez que ça m’plaît ? J’ai pas d’mandé ça, moi ! J’préfère aller boire des coups à la taverne ! Et le Roi Arthur, vous croyez qu’il est content ?! Il doit s’occuper sans arrêt d’abrutis comme vous et moi ! Vous vous rendez compte de l’immenstruosité du machin ?!

ROPARZH : Euh, ben on voyait pas ça comme ça nous.

GUETHENOC : C’est vrai que dit comme ça, ça fait pas envie !

ROPARZH (regardant Guethenoc): Du coup ...

GUETHENOC : On va vous laisser, en vous souhaitant bon courage, hein !

ROPARZH : Tenez bon surtout !

     Les deux paysans sortent.

LEODAGAN : Alors là ! Seigneur Perceval, vous me laissez pantois !

(Noir, voix off)
PERCEVAL : Je vous le laisse si vous voulez, je sais pas c’que c’est !
TSON !

.....

Chapitre deux : La place du Roi.

.....

     Réunion de la table ronde.

LEODAGAN : Euh, non, vous asseyez pas là !

PERCEVAL : Ben, c’est ma place, vous voulez qu’on échange ?

LEODAGAN : Je vous rappelle que vous remplacez le Roi, votre place est à sa place !

PERCEVAL : La place de qui ?

LEODAGAN : DU ROI ! A la place du Roi !

PERCEVAL : Mais j’sais pas où il est, moi !

YVAIN : Moi j’maintiens qu’il est vexé parce que j’suis pas allé à son anniversaire !

PERE BLAISE : Attendez Seigneur Léodagan, je vais essayer ! Sire Perceval, installez-vous à la place que le Roi occupe habituellement à la table ronde.

PERCEVAL : J’veux bien mais ça va faire bizarre ! S’il revient et qu’il me voit là, ça va chauffer pour mes miches !

LEODAGAN : Mais pas du tout, c’est lui qui vous a nommé à sa place !

PERCEVAL : Ouais mais laquelle de place ?! Il en change tout le temps !

PERE BLAISE : Bon ! Asseyez-vous où on vous dit, qu’on puisse commencer !

PERCEVAL : Okay mais s’il débarque, j’lui dirai qu’c’est d’votre faute !

LEODAGAN : D’accord, on fait comme ça ! Père Blaise, l’ordre du jour !

PERE BLAISE : Ben, euh, c'est-à-dire, normalement c’est au Roi de lancer la séance !

LEODAGAN : Mais c’est pas possible, on est chez les dingues !

PERE BLAISE : J’suis désolé, il y a des règles à respecter ! Sire Perceval, voulez-vous lancer la séance ?

PERCEVAL : Faut que j’lance un truc ?

PERE BLAISE (soupirant) : S’il vous plaît, Sire, dites-moi « Père Blaise, l’ordre du jour »

PERCEVAL : Ah ? Euh, okay. Père Blaise, l’ordre du jour !

PERE BLAISE : Merci Sire. Donc, pour commencer, la nomination du Seigneur Perceval au poste de régent !

LEODAGAN : Non mais c’est pas vrai ! Ça fait deux jours qu’il est en poste, on est au courant ! On peut p’t’être passer à autre chose, non !

PERE BLAISE : Ah mais non, il faut officialiser la chose ! Par ordre du Roi Arthur, le Seigneur Perceval a été nommé au titre de régent le temps de son absence !

PERCEVAL : ENCORE ?!

YVAIN : Ça veut dire qu’il est double Roi ?

GAUVAIN : Ou RoiRoi ! Mais ça veut dire qu’il est plus gradé que mon oncle ?!

LEODAGAN : VOUS DEUX, FERMEZ-LA OU J’EN PRENDS UN POUR TAPER SUR L’AUTRE ! Bon, pour faire simple, une fois pour toutes, le Roi Arthur s’est absenté et c’est le Seigneur Perceval qui le remplace jusqu’à ce qu’il revienne ! C’est clair pour tout le monde ?!

PERCEVAL : Oh ben moi, j’ai pigé ! Quand on prend le temps de m’expliquer, j’suis pas plus con qu’un autre !

YVAIN (levant le doigt): Euh mais avec ma sœur, il le remplace aussi ?

PERE BLAISE : Non mais vous êtes pas bien, non ! Il le remplace pour les affaires d’état, c’est tout !

(Noir, voix off)
LEODAGAN : Quoique... y’a p’t’être une idée à creuser, là !
TSON !

.....

Chapitre trois : Complot sur l’oreiller.

.....

     Dame Séli et Léodagan au lit.

LEODAGAN : Il m’est venu une idée. Enfin ! C’est plutôt notre fils qui l’a eue.

DAME SELI : Yvain !? Ah ben, ça doit être quelque chose !

LEODAGAN : Effectivement, c’est assez ... osé ! Vous savez que le Seigneur Perceval remplace le Roi quelques jours ?

DAME SELI : Si je le sais ? Faudrait être sourde pour pas le savoir, tout le monde ne parle que de ça !

LEODAGAN : Alors, voilà ! S’il ne le remplaçait pas QUE pour les affaires courantes ?

DAME SELI : Je vous suis pas bien, vous voudriez le pousser à envahir l’Orcanie ?

LEODAGAN : Ah ben non ! Vous l’imaginer à la tête de l’armée ? Ça serait un beau bordel ! En revanche, il a peut être plus de compétences que ce mollasson d’Arthur dans un autre domaine !

DAME SELI : Non, décidément, je vois pas où vous voulez en venir !

LEODAGAN : Qu’est-ce qu’il arrive pas à faire Arthur ?

DAME SELI : A trouver le Graal ?

LEODAGAN : Ah mais vous en faites exprès ! Je vous parle d’un héritier !

DAME SELI : Oui, y’a ça aussi mais j’vois toujours pas le rapport !

LEODAGAN : Puisqu’Arthur l’a nommé remplaçant, il pourrait p’t’être le remplacer pour ça aussi ! Il peut pas être plus nul !

DAME SELI : Non mais vous êtes timbré ! Vous voulez mettre ce taré dans le lit de notre fille ?!

LEODAGAN : Et alors ?! Avec un peu d’chance, la v’là en cloque !

DAME SELI : D’toute façon, elle voudra jamais !

LEODAGAN : Oui, ben ça, j’en fais mon affaire ! On fait courir le bruit que le Roi va rentrer dans la nuit, on envoie l’autre con vers deux heures du mat, et hop ! Ni vu ni connu !

DAME SELI : Et lui ? Vous pensez qu’il sera d’accord ?!

LEODAGAN : Merde ! J’avais pas pensé à ça !

DAME SELI : Eh ouais ! C’est ça votre problème, vous échafaudez, vous échafaudez... mais au bout du compte... rien du tout !

LEODAGAN : Et si on lui bandait les yeux et qu’on lui dit que c’est pour faire une surprise à sa femme ?

DAME SELI : Perceval ?! Mais il a pas de femme !

LEODAGAN : Il doit bien avoir une maitresse ou une fiancée, non ? !

DAME SELI : Y’a bien une boniche, Angharad, mais j’suis pas sûr qu’ils aient fait quoi que ce soit ensemble !

LEODAGAN : Ah non mais alors, si c’est un mou d’la tige aussi, çui-là ! On est vraiment pas aidés, hein ?!

DAME SELI : Non mais je r’connais qu’y avait d’l’idée mais ça marchera jamais ! Et c’est Yvain qu’a eu cette idée là ?!

LEODAGAN : Enfin, lui, il a juste demandé devant toute la table ronde si Perceval remplaçait le Roi aussi auprès de sa sœur ! Alors, bien sûr, tous les autres... « Mais vous êtes pas bien ! » « C’est juste pour les affaires de l’état » et patati et patata ... mais moi, ça a percuté tout de suite !

DAME SELI : Ouais, enfin, l’héritier, c’est pas pour demain !

(Noir, voix off)
LEODAGAN : Ou alors, le Père Blaise, il m’a l’air bien vicelard, çui-là !

DAME SELI : Nan mais arrêtez d’réfléchir, j’vous assure, ça vaudra mieux !
TSON !

.....

Chapitre quatre : les Vacances d’Arthur.

…..

     Après avoir nommé Perceval régent, Arthur n’a pas perdu de temps, levé avant la fin de la nuit, il a silencieusement sorti son cheval de l’écurie et passé la grande porte devant deux gardes endormis. D’ordinaire, il aurait réprimandé les deux fautifs mais cette fois, il a privilégié la discrétion, il sera toujours temps de leur passer un savon à son retour. Lorsqu’il a jugé être assez loin de Kaamelott, il a enfourché sa monture et est parti au grand galop.

     Arthur est à présent au bord d’un lac, pas celui de la Dame du même nom mais un autre plus éloigné qu’il avait repéré lors d’une reconnaissance. Il installe son campement, la matinée est à présent bien avancée et l’endroit lui semble propice à ses projets : Méditation, repos, détente. Il a à peine terminé de s’installer qu’une voix le fait sursauter.

– On peut savoir ce que vous faites ?

     Avant même de se retourner, il sait que la rouquine vaporeuse l’a retrouvé.

ARTHUR : Mais merde ! C’est pas votre lac, celui-là ! Qu’est-ce que vous foutez là ?!

DAME DU LAC : J’vous ferai remarquer que j’apparais où je veux, quand je veux ! Heureusement parce qu’avec un gars comme vous, qu’a la bougeotte… .

ARTHUR : Vous pourriez pas me foutre la paix, de temps en temps, non ? Je suis venu là pour me reposer, oublier tous ces glandus qui me cassent les noix à longueur de temps ! C’est trop demander quelques jours de répit ?!

DAME DU LAC : Non, non, vous avez le droit … mais c’est dommage parce que pas loin d’ici, y’a une caverne qui contient un trésor. Alors, je m’étais dit, vu qu’il est déjà sur place, ça serait trop bête de pas lui en parler, hein ? Vous en dites quoi ?

ARTHUR : J’en dis que vous m’emmerdez ! Revenez dans trois jours, on verra si je suis d’attaque !

DAME DU LAC : D’accord, j’espère que vous s’rez plus poli, déjà ! (elle disparaît)

…..

     Les deux jours qui suivent, Arthur profite bien du calme, peut être même trop car il commence à s’ennuyer un peu. Cette fois encore, une voix le fait sursauter.

– Ah mais c’est not’ ancien Sire ! Mé qu’est-ce que vous faites là ?

ARTHUR : Guethenoc ?! Mais vous, qu’est-ce que vous foutez là !?

GUETHENOC : Oh ben moi, j’viens relever mes collets. Alors, ils vous ont foutu à la porte et ils vous ont même pas donné une p’tite baraque pour vos vieux jours ! C’est pas des manières ça, quand même !

ARTHUR : De quoi ?!

GUETHENOC : Remarquez, on a pas perdu au change, hein ! Parce que l’nouveau Sire, il est comme ça ! (levant son pouce)

ARTHUR : Mais qu’est-ce que vous racontez ? J’ai pris quelques jours pour me reposer mais je suis toujours le Roi !

GUETHENOC : Oh mais faut pas avoir honte, quand on a fait son temps, on a bien mérité de s’reposer !

ARTHUR : Non mais, vous me faites ch... . Euh, quand vous dites le nouveau, vous parlez du Seigneur Perceval ?

GUETHENOC : Oui ! C’est ça ! Un gars super, on se sent bien compris avec lui !

ARTHUR : J’espère que vous en avez bien profité parce que dans quelques jours, je reprends les commandes !

GUETHENOC : Ah ben si vous faites ça, va y’avoir du grabuge, pour une fois qu’on en tient un bien, on va pas l’lâcher !

ARTHUR : Ben voilà, les choses vont reprendre leur cours ! Bon, maintenant, ça va bien, cassez-vous !

GUETHENOC (s’en allant): Méfiez-vous, hein ! Méfiez-vous ! Et vive le Roi Perceval !

– Je croyais qu’il partirait jamais !

ARTHUR (sursautant une fois de plus) : Non mais prévenez avant d’apparaître comme ça, à chaque fois ça me fout l’angoisse ! Vous pourriez pas jouer de la corne ou faire sonner un carillon pour vous annoncer ?

DAME DU LAC : Et puis quoi encore, vous m’prenez pour un barde ?! Bon, vous êtes d’attaque pour la caverne ?

ARTHUR : Ouais, bon, okay, allons-y ! C’est loin ?

DAME DU LAC : A cheval ? Non j’pense pas ! J’dirais ... entre quinze et seize jours.

ARTHUR : QUOI !? Mais vous m’aviez dit qu’c’est juste à côté !

DAME DU LAC : Oui, bon, vous savez, moi, les distances... . Je me déplace instantanément alors j’me rends pas bien compte.

ARTHUR : Mais vous êtes pas bien ! Si je m’absente aussi longtemps, ça va être un beau foutoir à Kaamelott !

DAME DU LAC : Oh mais vous trouvez toujours une bonne raison pour pas faire les quêtes que j’vous indique ! Vous êtes pas gentil !

ARTHUR : Vous préfèreriez que je laisse Perceval gérer Kaamelott trente jours de plus ?!

DAME DU LAC : Ah ben non, quand même pas ! Mais vous irez quand même bientôt, hein ? Parce que le trésor ... .

Arthur : Oui, eh bien ?

DAME DU LAC : Le trésor, c’est un collier en or orné de six fabuleux diamants !

ARTHUR : Ouais ... ben non, j’irai pas !

DAME DU LAC : Quoi !? Mais pourquoi ?!

ARTHUR : Parce que c’est avec ça que j’ai payé Kaamelott ! Faudrait vous mettre à jour niveau quêtes, vous êtes pas ... top, top, hein !
     Dans le sous-bois, Guethenoc pas parti si loin, finalement, l’observe.
(Noir, voix off)
GUETHENOC : Ah, ben j’comprends mieux pourquoi ils l’ont viré ! Il est complètement zinzin, il parle tout seul !
TSON !

.....

Chapitre cinq : La Destitution.

…..

     Arthur entre dans la salle du trône, Perceval est assis à la place du Roi, Léodagan et Bohort de chaque côté.

ARTHUR : Bien le bonjour, seigneur Perceval, je viens vous libérer et reprendre mon trône !

LEODAGAN : Oui, euh … ça va pas être si simple !

ARTHUR : Comment ça ? J’vois pas c’qu’il y a de compliqué !

BOHORT : C'est-à-dire que le peuple s’est pris de sympathie pour le seigneur Perceval et voit en lui une sorte de … guide éclairé !

LEODAGAN : Y’en a même qui l’appellent le Magnifique ! Si, si ! J’vous jure !

PERCEVAL : Euh, j’suis pas mieux éclairé qu’les autres ! J’dois avoir trois chandelles dans ma chambre !

ARTHUR : Qu’est-ce que c’est qu’cette entourloupe, encore ? C’est vous, beau-père, qui manigancez tout ça !?

LEODAGAN : Ah mais j’y suis pour rien, moi ! C’est le peuple qui a parlé ! Comme je sais qu’vous êtes très attentif à son bien-être, il m’semble normal que vous cédiez la place à leur préféré ! Vous êtes pas d’accord ?

BOHORT : Il faut dire que Sire Perceval a fait preuve d’une grande sagesse !

ARTHUR : « Sire Perceval » ? Non mais vous êtes tous devenus marteau ! Seigneur Perceval, vous en dites quoi ?

PERCEVAL : Ça, j’saurais pas dire, les marteaux, j’m’en sers plus depuis qu’je m’suis aplati les doigts !

ARTHUR : Non mais pas ça ! Etre Roi, ça vous plaît ?

PERCEVAL : Bof ! C’est comme tout, on s’y fait à la longue ! Mais moi, j’préférais avant, quand j’allais à la taverne avec le Seigneur Karadoc !

LEODAGAN : Mais on s’en fout d’vos avis, c’est la volonté du peuple qui compte !

ARTHUR : Depuis quand vous êtes si proche du peuple, vous ?!

LEODAGAN : Ah mais à force de vous fréquenter, vous avez fini par déteindre sur moi ! Y’a du bon dans vos idées ! Attention ! Pas toutes, hein ! Mais en l’occurrence … .

ARTHUR : Oui ! En l’occurrence, ça vous arrange bien !

LEODAGAN : Ben ! De fait, c’est pas pour me déplaire.

ARTHUR : Bon ! On va arrêtez les conneries … . Seigneur Perceval, allez boire un coup avec le Seigneur Karadoc à la taverne ! Tenez, c’est moi qui régale !

PERCEVAL : Ouais ! Merci, Sire ! Vous v’nez avec nous ?

LEODAGAN : Attendez, attendez, attendez ! C’est pas tout ! Y’a une rumeur qui circule, comme quoi, vous seriez devenu fou !

ARTHUR : QUOI ?!

BOHORT : C’est vrai, Sire, je l’ai entendu dire, moi aussi !

LEODAGAN : D’ailleurs, on a un témoin ! Maître d’armes ! Faites entrer l’autre con, là !

MAITRE D’ARMES : Lequel ? Parce que ... c’est pas ça qui manque !

LEODAGAN : Le pécore !

     Le maître d’armes accompagne Guethenoc devant le trône au côté d’Arthur.

LEODAGAN : Bon, machin, racontez-nous c’que vous avez vu !

GUETHENOC : Ben, c’est pas compliqué, j’ai vu notre ancien Sire (désignant Arthur) çui-là, là, qui causait tout seul. Mais attention, hein, ça criait, ça s’agitait ... tiens ! On aurait dit moi avec Roparzh ! C’est vous dire si ... .
LEODAGAN : Oui, bon, ça va ! On a compris ! Donc, Seigneur Pendragon, qu’avez-vous à répondre ?

ARTHUR : Vous me gonflez, tous, quelque chose de monumental ! Je vous rappelle que la Dame du lac vient me voir régulièrement et qu’il n’y a que moi qui peux la voir ! C’était avec elle que je discutais !

LEODAGAN : Oh, oui, alors, elle a bon dos, celle-là, c’est pratique !

ARTHUR : Non, c’est pas pratique du tout ! A chaque fois, je passe pour un taré, je préfèrerais que tout le monde la voit !

LEODAGAN : Non mais moi, j’suis pas convaincu ! Et vous, Seigneur Bohort ?

BOHORT : C’est vrai que c’est un peu délicat.

PERCEVAL : Bon, on peut y aller à la taverne ?

LEODAGAN : Vous restez là, vous !

MAITRE D’ARMES : Attention à comment vous parlez au Roi, vous !

ARTHUR : Bon ! On a bien rigolé mais maintenant, ça suffit ! Le vous rappelle que si je suis le Roi, c’est parce que j’ai ça ! (il dégaine Excalibur) Donc, vous pouvez débattre pendant des jours si ça vous chante, ça changera rien au fait que c’est moi qui l’ai retirée du rocher !

LEODAGAN : Ah ouais, bon alors, la solution de facilité, tout d’suite ! C’est d’la triche votre truc, là !

BOHORT : Tout de même, c’est magnifique cette épée qui flamboie !

MAITRE D’ARMES : C’est vrai que ça en jette !

GUETHENOC : Qui c’est qui nous dit que ça l’ferait pas aussi avec le Sire Perceval, hein ?!

Silence dans la salle du trône ...
(Noir, voix off)
LEODAGAN : Ouais mais là, non, faut pas rêver non plus !
TSON !

.....

Chapitre six : La Taverne Des Deux Rois.

…..

     Après avoir récupéré son trône, Arthur a accepté d’accompagner Perceval et Karadoc à la taverne. Il se sent coupable d’avoir mis Perceval dans cette situation inconfortable et le moins qu’il puisse faire, c’est de lui faire plaisir. Les trois hommes s’assoient à la table habituelle des deux compères. Le tavernier s’empresse.

TAVERNIER : Ah mais c’est m’sieur Sire Perceval, ça f’sait un moment qu’on vous avait pas vu ! Heureusement qu’le seigneur Karadoc a mis les bouchées doubles !

KARADOC : C’est qu’il était occupé à diriger le pays, notre ami !

TAVERNIER : Justement, j’aurais bien aimé le voir ici plus souvent, question de prestige ! Le Roi chez moi, vous vous rendez compte ?! Ça en a d’la gueule !

PERCEVAL : Oui, ben j’suis là, maintenant ! Et en plus, j’vous ai amené le vrai !

TAVERNIER : Le vrai quoi ?

PERCEVAL : Le vrai Roi, regardez,  le Roi Arthur !

TAVERNIER (écarquillant les yeux) : Ah mais c’est-y Dieu possib’ ! Deux Rois dans ma taverne !

ARTHUR : Ouais, n’allez pas le crier trop fort, quand même ! On voudrait bien rester peinard !

TAVERNIER : Ah ! Euh, oui mais euh, c'est-à-dire que j’aurais bien voulu que tout le monde le sache … .

PERCEVAL : Vous faites comme le Roi vous dit ! Et puis apportez-nous des pichets et d’la charcutaille ! C’EST PAS FAUX !

KARADOC (à l’oreille de Perceval) : Pourquoi vous avez dit « c’est pas faux » là ? C’est un truc que vous avez dit que vous avez pas compris ?

PERCEVAL : Non, j’ai merdé ! J’me suis laissé emporter... j’suis trop content qu’le Roi soit là !

ARTHUR : Vous voyez, je pensais que j’avais pigé votre truc, là « c’est pas faux ». J’pensais qu’vous disiez ça quand vous compreniez pas un truc... mais là, j’dois avouer que j’m’y perds.

PERCEVAL : Nan mais c’est d’ma faute ! J’l’ai raté, çui-là !

     Il y a du remue-ménage à la porte de l’auberge.

TAVERNIER : Non, je vous dis ! Vous entrerez pas !

GUETHENOC : On veut voir le Roi !

TAVERNIER : Lequel ?! J’en ai deux ! Euh... non ! Y’a pas de roi ici ! Allez voir ailleurs !

ROPARZH : Le vrai Roi, le Roi Perceval !

GUETHENOC : Sinon, on fout l’feu à votre baraque !

ARTHUR : Seigneur Perceval, vous voulez pas aller leur dire que vous êtes plus le Roi et que j’ai repris les rênes ?

PERCEVAL : Ouais, ils commencent à m’énerver ces pécores, ça va finir par mal se mettre !

ARTHUR : Tout doux, quand même, ils vous aiment bien !

PERCEVAL (se dirigeant vers la porte) : Ouais, ben j’ai rien d’mandé, moi !

TAVERNIER : Sire, faites quelque chose, ils vont cramer ma taverne !

PERCEVAL : ARRETEZ DE M’APPELER SIRE ! (à Guethenoc et Roparzh) Bon, qu’est-ce que vous voulez, vous ?! Je suis pas le Roi, j’ai juste bouché un trou !

GUETHENOC : De quoi t’est-ce ?

ROPARZH : Vous êtes maçon maintenant ?

PERCEVAL : Ah non mais vraiment, vous comprenez jamais rien ! J’ai remplacé le Roi pendant qu’il était pas là, maintenant, il est revenu, c’est lui qui r’prend la Reine !

ROPARZH : Mais nous, on préfère quand c’est vous le Roi !

PERCEVAL : Mais on s’en fout de c’que vous préférez !

GUETHENOC : Révolte !

ARTHUR (arrivant à la porte) : Bon, écoutez, je suis le Roi, personne n’y peut rien vu que c’est moi qui ai retiré Excalibur. En revanche, je peux très bien nommer le Seigneur Perceval, ministre du monde paysan !

ROPARZH : Euh, ouais ? C'est-à-dire ?

ARTHUR : C’est lui qui s’occupera de vos problèmes !

GUETHENOC : Ah bon, alors, comme ça ... ça nous va !

GUETHENOC et ROPARZH : Vive le ministre Perceval ! (ils repartent)

PERCEVAL : Vous êtes sûr, Sire ?  Sinistre du monde paysan, je sais pas si je saurai ...

(Noir, voix off)
ARTHUR : Vous inquiétez pas, j’vous dirai quoi leur dire !

PERCEVAL : C’est bizarre, ça m’rassure pas plus que ça !
TSON !

FIN.


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