Bienvenue sur OnEnAGros!, le forum qui met sa p’tite griffe. !

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Repas du midi à Kaamelott, le roi, son épouse, Yvain, Léodagan et Séli sont attablés.

    SÉLI : Dites donc, ma fille, y m’semble que la moindre des choses, ça serait d’arriver à l’heure !
  GUENIÈVRE : Je suis désolée, mère, je ne retrouvais plus mon collier.
    ARTHUR : Nan mais, vous en faites pas, le protocole dit bien que les invités du roi doivent attendre le roi ET la reine avant de commencer. Vous devriez même pas être assis avant la reine, selon l’étiquette !
    LÉODAGAN : Ouais ben, l’étiquette, vous savez où j’me la colle !
    YVAIN : J’ai jamais su ce que c’était, l’étiquette, moi !
    LÉODAGAN : C’est pas grave, c’est des conneries !
    ARTHUR : Méfiez-vous parce que c’est le genre de connerie qui peut vous rev’nir en pleine tronche, un de ces quatre !

    ***

    MAÎTRE D’ARMES : Sire ! Veuillez me pardonner de vous interrompre mais le ton monte parmi les bouseux.
    ARTHUR : Qu’est-ce qu’ils nous veulent encore ces cons là ?!
    LÉODAGAN : Dites ! Vous pourriez avoir un peu de respect pour la condition paysanne !
    ARTHUR : C’est vous qui me dites ça ?! Vous manquez pas de souffle, vous qui traitez les paysans comme des moins que rien !
    LÉODAGAN : Oui mais moi, c’est normal, c’est venant d’vous que j’trouve ça inadmissible ! C’est vous le champion de la politique progressiste ou pas ?!
    ARTHUR : Non mais pour qui vous...
    MAÎTRE D’ARMES : VEUILLEZ ME PARDONNER À NOUVEAU ! Mais pour une fois, ils n’en ont pas contre vous mais s’invectivent les uns les autres. Seulement, cette fois, j’ai l’impression que ça va dégénérer.
    ARTHUR : Et merde ! Il va falloir y aller avant que les esprits s’échauffent.
    YVAIN : Et esprit échauffé, craint l’eau froide !
    ARTHUR : Qu’est-ce que vous racontez vous ?!
    YVAIN : C’est pas ça qu’on dit ? Qu’est-ce qui craint l’eau froide, alors ?

Arthur se saisit d’une cruche et lui la verse sur la tête. Yvain reste les bras ballants, les yeux écarquillés.

    ARTHUR : Ah bah, manifestement, c’est pas vous. Alors vous allez faire la même chose à tous les hommes du château, jusqu’à ce que vous trouviez celui qui craint l’eau froide. A votre place, je commencerais par votre père !
    LÉODAGAN : Essayez un peu, j’vous déshérite !
    SÉLI : Vous savez bien que c’est pas possible !
    LÉODAGAN : Ah oui merde ! C’est vrai que c’est déjà fait... pas grave, j’vous envoie aux galères !
    SÉLI : Mais arrêtez de dire des conneries et allez plutôt calmer ces pécores, votre gendre est déjà parti !
    LÉODAGAN : Ouais, ben, c’est les siens de pégus, il peut bien ouvrir la route !
    YVAIN : Où c’est que je vais remplir ma cruche, moi ?

    ***

Au village, c’est la pagaille. Deux clans s’affrontent, celui de Guethenoc contre celui de Roparzh.

    GUETHENOC : NON MAIS VOUS ÊTES MABOULE OU BIEN ?! VOUS AVEZ RASÉ MA BARAQUE !
    ROPARZH : AH C’ÉTAIT VOT’ BARAQUE ? SCUSEZ-MOI, J’AI CRU QU’ C’ÉTAIT UN TAS D’ BOUSE ! ÇA Y R’SSEMBLAIT ET ÇA SENTAIT PAREIL ! 

Ils en viennent aux mains lorsqu’ Arthur arrive avec le Maître d’armes accompagné de quelques soldats et Léodagan, à la traîne.

    ARTHUR : OH !  Qu’est-ce qui se passe ici ?!

Les deux paysans et leurs clans respectifs n’ont même pas remarqué l’arrivée du roi.

    GUETHENOC : J’VAIS TOUT VOUS-Y  PULVÉRISER VOT’ BICOQUE, MOI ! AVEC TOUT C’QUI Y A AUTOUR, LES BÊTES, LES CHAMPS, TOUT ! VOUS-Y R’TROUVEREZ PAS VOS P’TITS !
    ROPARZH : MES P’TITS QUOI ? J’EN AI PAS ALORS VOUS PARLEZ SI J’M’EN FOUS BIEN D’VOS MENACES !
    ARTHUR : STOOOOP ! ÇA SUFFIT ! FERMEZ VOS GUEUUUUULES !

Cette fois, tout le monde se fige.

    ARTHUR : Qu’est-ce qui peut bien vous passer dans la cafetière pour en arriver là ?!
    GUETHENOC : C’est lui Sire, il m’a rasé ma magnifique ferme !
    ROPARZH : Magnifique ?! Mais ça ressemblait à rien et ça empestait tout l’voisinage !
    ARTHUR : Oh ?! Vous lui avez rasé sa baraque ?! Mais vous êtes taré !
    ROPARZH : Mais M’sieur Sire, il avait chié d’vant ma porte !
    MAÎTRE D’ARMES : Et vous ne trouvez pas votre riposte quelque peu... disproportionnée ?
    ROPARZH : Hein ?! De quoi qui cause, lui ?
    ARTHUR : Entre chier d’vant une porte et raser une baraque, y a une marge, non ?!
    ROPARZH : Oué, j’me suis p’têt laissé dépasser par la colère mais c’est tous les jours qui y a queq’chose avec çui-là, au bout d’un moment, j’ai craqué !
    GUETHENOC : Comment ça, tous les jours ?! Y a pas de voisin plus aimab’ que moi !
    ARTHUR : Vous avez pas chié devant sa porte ?
    GUETHENOC : Euh... si mais, des fois, ça vous prend, ça peut pu attendre, c’est tombé devant sa porte, j’y peux rien, moi, c’est, comme qui dirait, un hasard malheureux !
    LÉODAGAN : Nan mais y s’foutent de nos tronches en plus, cette fois, pas de détail, c’est les galères !
    ARTHUR : Pour les deux ?
    LÉODAGAN : On va pas commencer à tergiverser, depuis l’temps qu’ils nous tapent sur le système, ces deux-là !
    ROPARZH : Non mais c’est rien, j’vais l’y aider à retaper sa belle ferme, à mon ami Guethenoc, hein ?
    GUETHENOC : Mais oui, tout à fait, on va trouver un terrain d’entente, hein ?
    LÉODAGAN : Non mais vous laissez pas avoir, hein ! Dans deux jours, ils auront r’mis ça, ces cons là !
    ARTHUR : Bon, alors, voilà c’qui va se passer. Roparzh, vous accueillez Guethenoc et sa famille chez vous, le temps que vous mettrez, tous les deux à reconstruire sa ferme.
    LÉODAGAN : Et voilà, j’en était sûr ! Vous gouvernez vraiment comme une gonzesse !
    MAÎTRE D’ARMES : SIRE ! Dois-je occire le seigneur Léodagan pour cet affront ?!
    ARTHUR : Laissez, je m’en occuperai plus tard.
    LÉODAGAN : Qu’est-ce que j’disais ? Une gonzesse !
    ROPARZH : C’est promis, Sire, on fera tout comme vous avez dit !
    GUETHENOC : Oui, d’accord, juste, si on pouvait dormir dehors, quand même, parce que chez lui, ça sent pas la rose !
    ARTHUR : Ah commencez pas, hein ! Soit, vous faites ce que je dis, soit, c’est les galères, compris ?!

Les deux paysans, bras sur l’épaule de l’autre et faisant des courbettes au roi.

    GUETHENOC : On a compris M’sieur vot’ Sire, c’est promis !
    ROPARZH : Merci vot’Sire bien aimé !
    ARTHUR : C’est votre dernière chance, alors, la gâchez pas !
    LÉODAGAN : Dans deux jours, ils auront foutu l’feu à la région ! Vous leur ferez les gros yeux si c’est l’cas ?

    ***

Kaamelott, cour du château. Léodagan, trempé court après Yvain.

    LÉODAGAN : Rev’nez-là ou j’vous tue !

(Noir, voix off)

    YVAIN : SIRE ! SIRE ! ÇA Y EST, J’AI TROUVÉ CELUI QUI CRAINT L’EAU FROIDE !

TSON !

Repas du midi, Léodagan, Séli, Guenièvre et Arthur sont attablés.

    ARTHUR : Non, beau-père ! Ni scorpion ni catapulte ni quoi que ce soit, c’est non ! Y a plus un rond !
    LÉODAGAN : Non mais c’est un monde ça ! Y a que moi à être préoccupé par la défense du pays ?!
    MAITRE D’ARMES : Sire ! Veuillez me pardonnez mais vous avez de la visite !
    ARTHUR : Ah ?! Mais j’attends personne, moi !
    MAITRE D’ARMES : Ce sont le Duc et la Duchesse d’Aquitaine !
    LÉODAGAN : Qu’est-ce qu’ils viennent foutre ici, ces cons là ?!
    VOIX du DUC : Avant que vous alliez plus loin, j’aimerais vous faire savoir que nous sommes là.
    ARTHUR (jetant un regard méchant à Léodagan) : Duc ?! Mais entrez, je vous en prie ! (il se lève et va à leur rencontre) Mais qu’est-ce que…  c’était prévu ?
    LE DUC : Non, du tout ! C’est une simple visite de courtoisie.
    LA DUCHESSE (regardant Léodagan): Ouais, ben, la courtoisie, elle en a déjà pris un coup dans l’aile !
    ARTHUR : Mais venez vous asseoir, vous avez mangé ?
    LE DUC : Non, ma foi, nous n’avons pas eu l’opportunité de nous restaurer.
    LA DUCHESSE : En bref, on crève la dalle, quoi !

Arthur fait dresser des couverts supplémentaires et tout le monde ripaille.

    ARTHUR : Mais sinon… euh…
    LE DUC : Oui ?
    ARTHUR : Visite de courtoisie, bon d’accord, mais y a bien une raison…
    LE DUC : En fait, je vais vous dire, c’est la p’tite (montrant sa  femme) qu’a voulu revenir. La première fois, soi-disant qu’elle avait pas eu l’temps de visiter et patati et patata…
    LA DUCHESSE :  Faites-moi passer pour une péronnelle aussi ! Mais c’est vrai, Sire, j’aimerais tellement mieux vous connaître… enfin, Kaamelott, quoi !
    LE DUC : Je me suis peut être avancé mais je lui ai dit que vous ne verriez certainement pas d’inconvénient à lui faire visiter le château !
    ARTHUR : Euh, non, bien sûr… pourquoi pas ? Vous avez terminé ? Nous y allons ?
    LA DUCHESSE (avec un grand sourire) : Volontiers, Sire !
    ARTHUR : Duc, vous venez également ?
    LA DUCHESSE :  Ah non, non, il vient pas, lui !
    LE DUC : De fait, si c’est possible, j’aimerais me reposer.

    ***

Arthur et la Duchesse partent donc pour la visite en commençant par les remparts.

    ARTHUR : Vous avez ici, une très belle vue sur le royaume de Logres !
    LA DUCHESSE (se collant à lui) : C’est vrai, c’est très beau mais il fait un peu froid, non ?

Arthur est un peu gêné mais pas insensible au charme de la Duchesse, il la prend dans ses bras.

    ARTHUR : Et comme ça, vous avez moins froid ?
    LA DUCHESSE : C’est beaucoup mieux ! Pourrions-nous redescendre, visiter… l’étage des chambres ?
    ARTHUR : Vos désirs…

Il n’a pas le temps de finir sa phrase que déjà, elle l’embrasse à pleine bouche. Ils redescendent et entrent dans la première chambre libre qu’ils trouvent.

    ***

Après une bonne heure d’exercice physique, les deux amants se reposent lorsqu’on frappe à la porte. Arthur fait signe à la Duchesse de se taire, se pare d’un drap et va ouvrir.

    LE DUC : Veuillez pardonner mon indélicatesse mais je me reposais dans la chambre voisine et j’ai cru entendre que mon épouse est avec vous.
    ARTHUR : Ben, c’est-à-dire que… pfff… enfin… je sais pas si…
    LE DUC : Non, mais ça peut attendre si vous en avez encore besoin.
    ARTHUR : Non, non, entrez, je vous en prie !

La Duchesse s’est à peu près rhabillée durant ce bref échange.

    LE DUC : Ma chère, je voulais vous dire que nous allons devoir écourter notre séjour, des affaires urgentes me rappellent en Aquitaine.
    LA DUCHESSE : Vous êtes vraiment un rabat-joie ! Pour une fois que je suis… que nous sommes accueillis avec les égards dus à notre rang… naturellement, vous vous arrangez pour tout gâcher !
    ARTHUR : Mon cher Duc, je suis vraiment confus… si vous exigiez réparation, je comprendrais !
    LA DUC : Mais pas du tout, qu’allez-vous chercher là ! Nous sommes très satisfaits de votre accueil !
    ARTHUR : Quand même, j’ai honte de…

(Noir, voix off)

    LE DUC : Je vous remercie de vous être occupé de la p’tite… pourtant, vous, vous n’êtes pas obligé !


TSON !

Le chevalier Perceval est de retour de son Pays de Galles natal après cinq jours de voyage. Les deux premiers à cheval et les trois derniers à pieds, son cheval, à la fois, boiteux et malade ayant rendu l’âme. Il arrive sale et fatigué à Kaamelott., il est tellement fatigué qu’il a bien du mal à grimper les escaliers jusqu’à la chambre d’Angharad, il entre et tombe à genoux, épuisé.

    PERCEVAL : Angharad, s’il vous plaît, voulez-vous bien m’épousseter ?
    ANGHARAD (Avec un grand sourire qui s’éteint brusquement): Vous épou ... sseter ?! Vous êtes sûr ?
    PERCEVAL : Ben ouais, je suis tout crado, vous voulez pas me donner un coup de votre bidule, là ?
    ANGHARAD : Mon plumeau ? Tenez, faites-le vous même ! Moi qui croyais que vous veniez demander ... .
    PERCEVAL : Ouais, je sais. Vous avez cru que j’venais vous emmerder, c’est ça ?
    ANGHARAD : Mais pas du tout ! J’ai cru que...
    PERCEVAL : Ah non, ouais ! Vous avez cru que j’étais un peu cavalier mais mon canasson est tombé raide en cours de route, du coup, j’ai pensé à vous.
    ANGHARAD : Votre cheval crève et vous pensez à moi ?! Charmant !
    PERCEVAL : Ben ouais, je m’suis dit, autant aller voir une professionnelle.
    ANGHARAD : Une prof... ?! Mais pour qui vous me prenez au juste ?!
    PERCEVAL : Ben, pour la bonniche de la reine, pourquoi, c’est pas ça ?
    ANGHARAD : Ah si, si ! Vous faites bien de me le rappeler, j’ai failli oublier !
    PERCEVAL : Ben j’ai bien fait de passer, vous auriez pu vous faire engueuler !
    ANGHARAD : Vous feriez mieux d’aller prendre un bain, le plumeau, ça va pas suffire, là !
    PERCEVAL : Ouais mais là, j’ai carrément la flemme.
    ANGHARAD : Venez avec moi, je vais vous aider.
    PERCEVAL : Vous êtes trop bonne !
    ANGHARAD : Oui, ça y est, j’ai bien compris maintenant !

    ***

   Dans la salle de bain du château, Angharad frotte énergiquement Perceval avec une éponge.

    ANGHARAD : Vous ne m’avez pas laissé parler tout à l’heure mais j’ai cru que vous veniez...
    PERCEVAL : Ouais je sais...
    ANGHARAD : Ah mais fermez-la ! Vous allez me laisser parler ou quoi ?!
    PERCEVAL : Euh, ben ouais, allez-y.
    ANGHARAD (Énervée) : Donc ! Tout à l’heure, j’ai cru que vous veniez demander ma main !
    PERCEVAL : Ouais mais non, vous en avez besoin dans votre boulot, moi, je voulais juste un coup d’main !
    ANGHARAD : Mais vous êtes complètement con, en fait ! J’ai cru que vous veniez me demander de vous épouser... pas de vous épousseter !
    PERCEVAL : Ah ouais, putain, la gaffe ! J’vois ce que vous voulez dire.
    ANGHARAD : Et alors, c’est tout ce que ça vous inspire ?!
    PERCEVAL : Ouais, non, je demanderais pas mieux mais le roi peut pas vous sacquer !
    ANGHARAD : Et alors ? C’est pas lui qui m’épouse !
    PERCEVAL : Nan mais déjà que je l’énerve à chaque fois que j’ouvre la bouche, si j’ai une femme qu’il aime pas, on est pas sorti d’la bouse !
    ANGHARAD : Donc, c’est décidé, on se mariera jamais ?!
    PERCEVAL : On peut attendre de voir si un jour, il vous trouve pas chiante.

   Angharad lâche l’éponge, se relève et quitte la pièce en claquant la porte. Nul à Kaamelott, ne la reverra.

    PERCEVAL : Ben quoi, qu’est-ce que j’ai dit ?! Rev’nez, j’suis plein d’savon !

    ***

Dans la cour du château.

    ARTHUR : Nan mais vous en t’nez une couche, hein ! Je vous avais dit de faire comme vous vouliez ! C’est pas parce qu’elle m’agace que vous pouviez pas l’épouser, y a que vous que ça regarde ça ! Et elle est partie... partie ?
    PERCEVAL : Ah ben ouais, là, vu comment qu’elle a claqué la porte...
    ARTHUR : Et vous avez pas couru après ?!
    PERCEVAL : Ben non, j’étais tout nu et plein de savon !
    ARTHUR : Ouais, euh, j’préfère pas savoir pourquoi.
    PERCEVAL : Et la reine, elle va pas être énervée d’avoir perdu sa boniche à cause de moi ?
    ARTHUR : Oh, vous savez, les boniches, c’est pas ça qui manque.

(Noir, voix off)

    PERCEVAL : Vous m’direz si vous aimez bien la nouvelle ?

TSON !

Info : Pour ceux qui l’ignoreraient encore,  Vanessa Guedj, l’actrice qui interprétait Angharad a quitté la série après s’être engueulée avec A.A. Commentaire de l’intéressé : Je me suis fritté avec l’actrice.

Quatre chevaliers à pieds, perdus sur un chemin en rase campagne.

    LEODAGAN : C’était vraiment une idée de merde !
    ARTHUR : Vous en aviez une meilleure, peut-être ?!
    KARADOC : Nan, moi j’trouve pas, ça a marché, c’était pas si con que ça !
    ARTHUR : Trop aimable.
    PERCEVAL : Ben ouais, même moi, j’y aurais pas pensé !
    LEODAGAN : Depuis quand vous êtes experts en connerie, vous ?!
    ARTHUR : Ah si, si ! Vous trouverez pas meilleurs que ces deux-là, dans ce domaine, j’vous assure !
    LEODAGAN : Ouais, c’est vrai... j’suis con !
    PERCEVAL : Merci Sire. Ça me touche ce que vous avez dit.
    KARADOC : Ouais, moi aussi. C’est beau d’être reconnu pour ses capacités... ou sa contenance ? Je sais jamais comment on dit.
    ARTHUR : Ça nous dit pas où sont passés nos chevaux, ça !
    LEODAGAN : Si vous aviez pas eu cette idée de merde, on serait dessus à l’heure qu’il est !
    ARTHUR : Ou on serait morts, plutôt !
    PERCEVAL : C’est vrai que si le roi avait pas fait peur aux chevaux pour qu’ils foncent sur les Vikings, on était mal barrés ! Sinon les chevaux...
    LEODAGAN : Mais ils étaient qu’une dizaine, on aurait pu les avoir sans ça ! Maintenant, faut qu’on rentre à Kaamelott à pinces ! Vous êtes sûr qu’on va dans la bonne direction, au moins ? Manquerait plus qu’on s’paume !
    ARTHUR : Ben, suffit de se baser sur le soleil, y a pas trop à s’tromper, non ?
    LEODAGAN : Ouais, j’sais bien mais moi, quand j’ai mal aux pieds, j’peux plus réfléchir !
    ARTHUR : Et bien sûr, si vous avez mal aux pieds, c’est d’ma faute ! Vous allez pas m’lâcher avec les chevaux, hein !
    LEODAGAN : Vous avez fait une connerie, vous avez fait une connerie ! C’était pas la première ni la dernière. Alors, je sais, je devrais avoir l’habitude... mais une connerie de cette envergure, quand même !
    PERCEVAL : Si on f’sait un jeu au lieu de s’engueuler ?
    LEODAGAN : Un jeu ?!  Nan mais on a passé l’âge, vous croyez pas non ?!
    ARTHUR : Pourquoi, vous avez mieux à faire ? Le temps passera plus vite... et vous oublierez peut-être vos pieds. A quoi vous pensez, seigneur Perceval ?
    PERCEVAL : Oh ben, c’est pas le choix qui manque, y en a tout un épouvantail !
    ARTHUR : Un épou... tout un éventail !
    PERCEVAL : Ouais. Par exemple, on peut jouer au premier qui voit un truc qu’on décide avant.
    ARTHUR : Quel genre de...
    KARADOC : Un dragon ! Le premier qui voit un dragon a gagné !
    LEODAGAN : Ah ben ouais, les dragons de rase campagne, c’est bien connu, y en a à tous les coins de... ah ben non, y a pas de coin non plus !
    ARTHUR : Non, faut choisir un truc qu’on a une chance de voir, quand même.
    PERCEVAL : Un caillou ?
    LEODAGAN : Mais des cailloux y en a partout ! On marche dessus, ah non mais vraiment hein !
    KARADOC : Un cheval !
    ARTHUR : Allez ! Pourquoi pas, le premier qui voit un cheval a gagné !
    PERCEVAL : Ça compte si c’est un des nôtres ?
    ARTHUR : Ben ouais, pourquoi pas ?
    PERCEVAL : Et si j’en vois quatre d’un coup, j’ai gagné quatre fois ?
    ARTHUR : Mais si vous voulez, qu’est-ce qu’on s’en fout à la fin !
    PERCEVAL : Non, parce que les nôtres, ça fait bien une heure qu’ils nous suivent à cinquante pieds derrière !
    LEODAGAN : Mais c’est vrai en plus ! Vous pouviez pas le dire plus tôt ?!
    ARTHUR : Ah non mais vous êtes vraiment...
    PERCEVAL : Vous arrêtiez pas d’vous engueuler à cause des chevaux, j’me suis dit que c’était pas le moment de remettre ça sur le tapis.

(Noir, voix off)

    PERCEVAL :  Sinon, j’ai gagné ou pas ?

TSON !

LES BRÈVES 1 - Le goût du vin


L’auberge.
•    PERCEVAL : Vous trouvez pas que le pinard a un drôle de goût ?
•    KARADOC : Non, il est comme d’habitude.
•    PERCEVAL : C’est bizarre, je lui trouve un goût... acre ou âpre, je sais pas trop.
•    KARADOC : Ça, c’est parce que vous lavez pas votre godet avant de vous servir !
•    PERCEVAL : Comment ça ?
•    KARADOC : Ben moi à chaque fois, avant de me servir, je crache dans mon godet et je nettoie avec mon doigt... je touille bien, j’essuie avec un bout de ma liquette, comme ça, le godet il est nickel.
•    PERCEVAL : Mais il fait pas la vaisselle le tavernier ?!
•    KARADOC : Si, une fois par mois, alors selon qu’on est en début ou en fin de mois... ça frelate plus ou moins.
•    PERCEVAL : Y’a pas à dire, vous êtes un champion de la ripaille, vous !
(Noir, voix off)
•    KARADOC : Ah ça ! Question hygiène des chicots et de la vaisselle, je suis intraitable !
TSON !

LES BRÈVES 2 - Passe d’armes

Dans la cour du château.
•    MAÎTRE D’ARMES : Alors, vous êtes prêt, Sire ?
•    ARTHUR : Prêt, prêt... je suis là, c’est déjà pas mal !
•    MAÎTRE D’ARMES : Ah mais mettez-y du vôtre sinon, c’est pas la peine !
•    ARTHUR : Ah ben voilà, on a qu’à dire ça ! C’est pas la peine !
•    MAÎTRE D’ARMES : SIRE ! Il faut vous maintenir en forme sinon vous allez devenir une petite lopette bonne à rien !
•    ARTHUR : Non mais, ça va pas bien oui ?! Attention, hein !
•    MAÎTRE D’ARMES : En garde, espèce de vieille catin rachitique !
•    ARTHUR : Nan mais n’insistez pas, ça marche plus vos insultes, là. Je vais me recoucher, moi.
Arthur tourne le dos et s’en va, le Maître d’armes lui met son pied au cul.
•    ARTHUR : Alors là, c’est une atteinte à ma personne royale ! A LA GARDE !
•    MAÎTRE D’ARMES : AH ! Il vous faut de l’aide pour me corriger ? C’est bien ce que je pensais... vous n’êtes qu’un pleutre !
•    ARTHUR : Vous, vous êtes mort !
Arthur se précipite sur le Maître d’armes.

***
Labo de Merlin, Arthur et le Maître d’armes, couverts d’hématomes, se font soigner par le druide.
•    MERLIN : Mais qu’est-ce qui vous est arrivé ? Vous êtes tombés sur des Huns ?
•    ARTHUR : Nan, nan, chuste chur un connard !
(Noir, voix off)
•    MAÎTRE D’ARMES : Attenchion, hein ! Moi, au moins, chuis pas une ‘tite chouineuse !
TSON !

LES BRÈVES 3 - Douceur matinale

Kaamelott, chambre de Léodagan et Séli.
•    LÉODAGAN : Vous faites quoi ce matin ?
•    SÉLI : Qu’est-ce que ça peut bien vous foutre ?!
•    LÉODAGAN : Oh mais ça va ! C’était juste pour causer ! Ça s’arrange pas niveau caractère, hein !
•    SÉLI : Ben quoi, ça fait vingt ans qu’on marche comme ça, j’vois pas pourquoi faudrait changer maintenant !
•    LÉODAGAN : Eh ben moi, je trouve, qu’un peu d’amabilité, de temps en temps, ça aurait un effet... reposant.
•    SÉLI : Ouais, ben on est pas là pour se reposer mais pour se remplir les poches tant qu’on peut encore !
•    LÉODAGAN : Ça vous fatigue pas, vous, de toujours être à cran, toujours à l’affut...
•    SÉLI : J’ai pas l’temps d’être fatiguée, moi ! C’est bon pour les lourdauds dans vot’ genre !
•    LÉODAGAN : Le lourdaud, il va vous renvoyer chez les Pictes, vous m’donnerez des nouvelles du pays !
•    SÉLI : Tout de suite, des menaces ! Ce matin, j’ai deux ou trois loufiats à mettre au pas, puisque vous voulez tout savoir !
•    LÉODAGAN : Ben voilà, c’est quand même pas compliqué d’être un peu civilisé.
(Noir, voix off)
•    SÉLI : Civilisé ? Non mais, évitez les grossièretés, on a une réputation à tenir, quand même !
TSON !

LES BRÈVES 4 - Les jumelles à la loupe

Kaamelott, chambre royale.
•    GUENIÈVRE : Ça fait longtemps que j’ai pas vu les jumelles.
•    ARTHUR : Ouais, et ?
•    GUENIÈVRE : Ben rien, je me demandais si vous les aviez pas répudiées.
•    ARTHUR : RÉPUDIÉES ?! Ça va pas bien, non ?! Pourquoi je ferais ça ?
•    GUENIÈVRE : Mais j’en sais rien, moi ! Peut-être qu’elles vous plaisent plus, qu’est-ce que j’en sais, moi !
•    ARTHUR : Ben justement, vous en savez rien, alors, essayez pas d’échafauder des hypothèses improbables !
•    GUENIÈVRE : Alors, elles sont où ?
•    ARTHUR : Mais c’est pas vrai ! Qu’est-ce que ça peut bien vous faire, à la fin ?!
•    GUENIÈVRE : Mais je les aime bien, moi. Elles sont gentilles, on discute parfois... surtout Aziliz... non mais Tumet aussi... allez, dites-moi, qu’est-ce que vous en avez fait ?
•    ARTHUR : Mais qu’est-ce que vous voulez que j’en fasse, elles sont pas dans ma poche, non ?!
•    GUENIÈVRE : Alors elles sont où ?!
•    ARTHUR : Ah merde ! Elles sont parties voir leur père, là ! Vous êtes bien avancée !
•    GUENIÈVRE : Ben... pourquoi vous m’avez pas dit ça tout de suite ?
•    ARTHUR : Mais parce que... j’ai pas envie de discuter de mes maîtresses avec vous !
•    GUENIÈVRE : De toute façon, quel que soit le sujet, vous voulez JAMAIS discuter avec moi !
(Noir, voix off)
•    ARTHUR : C’est pas vrai, ça !... Vous avez pas fait tailler les rosiers récemment ?
TSON !

LES BRÈVES 5 - L’œil du guet

Tour de guet, quelque part sur la côte.
•    YVAIN : C’est trop chiant les tours de guet, si encore on pouvait dormir !
•    GAUVAIN : Mais nous pouvons mais chacun notre tour, en altérité.
•    YVAIN : Bonjour l’ambiance, guetter tout seul pendant que l’autre roupille. C’est hyper fractionnel !
•    GAUVAIN : Ne pourrions-nous pas dormir en même temps mais que d’un œil ?
•    YVAIN : Comment ça ? Comme les perdrix ?
•    GAUVAIN : Quelles perdrix ?!
•    YVAIN : Non mais y’avait un soldat, l’autre fois, il disait qu’il avait un œil de perdrix... j’avais beau le regarder en face, j’ai rien remarqué !
•    GAUVAIN : Que tout cela est étrange... moi j’ai entendu mon oncle dire que le seigneur Calogrenant a un œil de Lynx, ben, comme vous, j’ai rien vu de bizarre.
•    YVAIN : Je crois bien qu’on nous promène dans la bouillie d’avoine ! Ne serions-nous point le sujet de quolibets de toutes sortes ?! Peu me chaut les réprimandes, si le courroux me prend, j’irai occire ces vils... nan mais j’vais pas réussir à la terminer cette phrase.
•    GAUVAIN : Voilà qui est bien dommage, tout ceci était fort prometteur !
•    YVAIN : Vous croyez ? Nan mais déjà “peu me chaut” je suis pas bien sûr... . De quoi qu’on causait déjà ?
•    GAUVAIN : Des yeux des lynx et des perdrix. Je pense à une chose... et si certains d’entre eux avaient un œil supplémentaire ?
•    YVAIN : Non mais ça se verrait tout de suite !
•    GAUVAIN : Pas forcément... imaginez que le seigneur Calogrenant ait avalé un œil de lynx et que c’est cet œil qui monte la garde pendant que lui, il dort tranquillement !
•    YVAIN : La vache ! C’est sûrement ça ! Trop fort !
•    GAUVAIN : Qu’est-ce qu’on attend ? Allons chasser un lynx ou une perdrix ! (Levant la main pour un check)
•    YVAIN : Ah ouais mais non, c’est pas possible !
•    GAUVAIN : Mais pourquoi ?!
(Noir, voix off)
•    YVAIN : On est nuls à la chasse.
TSON !

LES BRÈVES 6 - La question

Arthur et Perceval déjeunent en tête-à-tête.

    ARTHUR : Vous êtes pas très bavard ce midi.
    PERCEVAL : C’est parce que, j’ai un truc qui me trotte dans la tête, là... ça me travaille. J’peux vous poser une question ?
    ARTHUR : Ouais euh... non, je préfère pas !
    PERCEVAL : Ben pourquoi ?
    ARTHUR : Parce que je vais encore rien piger, ça va prendre des plombes et au bout du compte, j’aurai pas pigé un broc à votre question et vous aurez pas votre réponse... alors, non !
    PERCEVAL : Nan mais c’est tout con, là ! Même vous, vous allez comprendre !
    ARTHUR : Ah bah, si vous vous  abaissez à mon niveau, j’ai peut-être une chance.
    PERCEVAL : C’est bon, je peux y aller ?
    ARTHUR : Faites !
    PERCEVAL : Fête ? C’est ça votre réponse ?!
    ARTHUR : Mais bien sûr que non, vous avez même pas posé votre question !
    PERCEVAL : La vache, même une question comme ça, c’est compliquééééé !
    ARTHUR : MAIS QUELLE QUESTION, VOUS M’EN AVEZ PAS POSE !!!
    PERCEVAL : MAIS SI, J’VOUS AI DEMANDÉ : C’EST BON, J’PEUX Y ALLER ?!
    ARTHUR : Ah c’était ça votre question ? Vous voulez y aller ?
    PERCEVAL : Ben oui, pourquoi, c’était pas clair ?
    ARTHUR : Ah bah si, finalement.
    PERCEVAL : Alors ?

(Noir, voix off)

    ARTHUR : Faites.

TSON !

LES BRÈVES 7 - Le modérateur

Sur le champ de bataille.

    ARTHUR : Alors, comment on fait ?
    LÉODAGAN : Moi, j’vois qu’une solution, on leur rentre dedans franco ! On mise tout sur l’effet de surprise !
    ARTHUR : Ouais, j’crois qu’on a pas le choix, allons les étriper !
    BOHORT : Non mais vous vous entendez parler ? Les étriper ! Mais ce sont des êtres humains, comme nous. Ils ont des papas, des mamans, des enfants, peut-être ! Vous n’êtes que des barbares !
    ARTHUR : Non mais Bohort,  qu’est-ce que vous croyez qu’ils nous feront, si on les laisse faire, hein ?!
    BOHORT : Mais peut-être rien du tout ou mieux, peut-être des câlins, des bisous ... que savons-nous de ces gens, finalement ?
    LÉODAGAN : Qu’ils viennent de raser toute une région, ils ont tué tous les hommes, violé les femmes et pris les enfants comme esclaves !
    BOHORT : Oh oui, des on-dit ! C’est facile de dire du mal des gens !
    ARTHUR : Bon, seigneur Bohort, je vous propose un truc, vous allez les voir, vous discutez un peu, vous voyez s’ils vous font des câlins et des bisous et puis, vous revenez nous dire. Ça vous va comme ça ?
    BOHORT : Moi ?! Mais euh ... d’un autre côté, on ne sait pas grand chose sur ces envahisseurs. Vous avez certainement raison, allez leur péter la gueule !
    LÉODAGAN : C’est sûr, hein ? Pas de regrets pour les bisous ?
    ARTHUR : Ou les câlins ?

(Noir, voix off)

    BOHORT : ALLEZ LES ÉTRIPER CES ORDURES !

TSON !

LES BRÈVES 8 - Labo d’enfer

Labo des enchanteurs.

    MERLIN : Je n’ai pas de leçon à recevoir de vous Môssieur Elias de Kelliwic’h !
    ELIAS : Ça vous ferait pourtant le plus grand bien mais vous êtes trop borné pour apprendre quoi que ce soit de qui que ce soit ! Même votre mère, je suis sûr qu’elle a renoncé à vous apprendre à marcher, je sais pas comment vous avez fait !
    MERLIN : Laissez ma mère où elle est ! On a dit qu’on s’attaquait pas au privé !
    ELIAS : J’ai jamais dit ça, moi !
    MERLIN : Ouais mais non, c’est dégueulasse, ça peut blesser les gens...
    ELIAS : Ben justement, d’où l’intérêt !
    MERLIN : Vous êtes vraiment...  hein !
    ELIAS : Ça veut rien dire, ça ! “Vous êtes vraiment hein” ça veut rien dire du tout ! On peut même pas s’engueuler correctement avec vous, tellement vous êtes nul !
    MERLIN : Je suis le fils d’un démon et d’une pucelle, alors, c’est sûr ... les scènes de ménage, c’était vite réglé ! J’ai pas eu d’exemple pour m’apprendre à bien m’engueuler, c’est pas d’ma faute !
    ELIAS : Mais rien n’est jamais de votre faute ! Même quand vous foutez le feu au labo, vous trouvez le moyen d’accuser la marmite !
    MERLIN : N”empêche que cette marmite, elle avait jamais pu me saquer !
    ELIAS : Mais vous êtes un grand malade, hein ! Allez vous faire faire une mise-en-plis ou allez vous faire des crêpes mais je veux plus vous avoir dans les pattes !... Qu’est-ce que je dis, moi ? Les crêpes, vous sauriez pas les faire !
    MERLIN : Si, je fais des crêpes Môssieur je-sais-tout ! Même qu’elles sont excellentes !
    ELIAS : Eh ben, allez-y alors et c’est pas la peine de m’en rapporter !
    MERLIN : Non ! J’ai pas envie, je préfère rester là !
    ELIAS : Tout pour faire chier son monde, c’est ça votre spécialité, en fait ?! Qu’est-ce que vous avez besoin de rester là ? Vous faites rien et vous apprenez rien ! Vous pouvez très bien ne rien faire ailleurs !
    MERLIN : C’est MON labo ! J’ai bien l’droit d’y être, non ?!
    ELIAS : C’est le labo de Kaamelott ! Oh et puis, foutez l’camp ou je vous transforme en chaise, au moins, vous servirez à quelque chose !
    MERLIN : Vous feriez pas ça ?!
    ELIAS : J’vais m’gêner, tiens !
    MERLIN : Bon, d’accord, je vais faire des crêpes.

(Noir, voix off)

    MERLIN : Vous êtes sûr que vous en voulez pas ? Elles sont vraiment très bonnes.

TSON !

LES BRÈVES 9 - Mystère

   Chambre royale, Guenièvre se fait coiffer par Angharad. Dame Séli entre.

    SÉLI : Ma fille, j’ai à vous parler !
    GUENIÈVRE : Oh ben allez-y, Mère, je vous écoute.
    SÉLI : Nan mais faites sortir celle-là, je veux vous parler en privé !
    ANGHARAD : Quand vous dites “Celle-là”, je suppose que c’est moi ?
    GUENIÈVRE : Ah mais vous pouvez y aller, hein ! C’est ma boniche, elle comprend rien de toute façon !
    ANGHARAD (vexée) : Madame est trop bonne...
    GUENIÈVRE : Ah ben non, c’est vous la bonne ! Vous avez vu, Mère ? J’ai fait un jeu de mots !
    SÉLI (D’un air sinistre) : Oui c’était tordant, on peut parler sérieusement maintenant qu’on a bien ri ?!
    GUENIÈVRE : Allez-y, je me concentre.
    SÉLI : Je voudrais savoir si... l’autre, là, votre époux...
    GUENIÈVRE : Oui, eh bien, quoi ?
    SÉLI : Je voudrais savoir s’il fait bien tout ce qu’il faut pour avoir un héritier !
    ANGHARAD : Ah ! Madame veut savoir si Monsieur est bien dur de la tige !
    SÉLI : Non mais dites donc ! On vous a sonnée, vous ?!
    ANGHARAD : D’après les bruits de couloirs, Monsieur répond parfaitement aux attentes de ses maîtresses !
    SÉLI : Non mais vous allez la fermer, oui ?! J’croyais que vous aviez dit qu’elle comprenait rien !
    GUENIÈVRE : Laissez-nous, Angharad, vous voyez bien que nous parlons de choses qui ne regardent que moi !
    ANGHARAD : Moi, j’crois que j’en connais bien plus que Madame là-dessus mais c’est comme Madame voudra. (Elle sort)
    SÉLI : Pour qui elle se prend, celle-là ?!
    GUENIÈVRE : C’est vrai qu’elle a un peu tendance à se mêler de tout mais elle n’a pas tort, elle en sait certainement plus que moi !
    SÉLI : M’enfin, c’est pas elle qui couche avec le roi, que je sache !
    GUENIÈVRE : Je crois pas, non. Quoi que... vu l’appétit du roi, ça ne m’étonnerait qu’à moitié !
    SÉLI : Mais alors, pourquoi vous tombez pas en cloque ?!

(Noir, voix off)

    GUENIÈVRE : Ça... mystère !

TSON !

LES BRÈVES 10 - Écoutez bien !


    ARTHUR : Bon, alors, vous avez bien tout compris ?
    KARADOC : Euh...
    PERCEVAL :  C’est à partir de “écoutez” après, j’ai décroché un peu.
    KARADOC : Ouais, moi aussi...  “écoutez bien”, voilà, c’est à partir de là !
    PERCEVAL : Ah ouais, c’était “écoutez bien” ! Vous avez une sacrée mémoire, vous !
    ARTHUR : Mais c’est pas vrai ! Ça fait UNE HEURE que je vous explique et vous avez retenu que les deux premiers mots ?!
    PERCEVAL : Ben deux, c’est déjà pas mal.
    KARADOC : J’aurais pas dit autant, moi !
    ARTHUR : Ah non mais vous êtes vraiment...
    KARADOC : En progrès ?
    ARTHUR : Non ! C’est pas le mot qui me venait, non !
    PERCEVAL : “En progrès” ça fait deux mots !
    KARADOC : Encore ! On est abonnés à deux mots, nous ! Qu’est-ce que vous comptez vite, quand même !
    ARTHUR : MERDE ! Vous me faites chier, hein ! Vous servez à rien, autant parler à des cailloux !
    PERCEVAL : On est désolés, Sire mais c’est un peu de votre faute.
    ARTHUR : DE QUOI ?! C’est d’ma faute si vous êtes cons comme des balais ?!
    PERCEVAL : Quand vous nous avez appelés, vous avez dit “Venez là, j’ai deux mots à vous dire”

(Noir, voix off)

    KARADOC : Bah voilà ! On était pas prêts pour le reste !

TSON !

LES BRÈVES 11 - LOTHERIE

Orcanie, château du roi Loth.

    LOTH : Ma chère, vous êtes très en beauté ce soir.
    ANNA : Si vous espérez me faire changer d’avis avec des compliments, c’est que vous êtes encore plus con que je ne pensais !
    LOTH : Et toc ! J’admire votre sens de l’efficacité ! Pas de blabla ni de détours... PAF !  Direct dans la tronche ! Ars Longa Ced lex, non, parce que là...
    ANNA : Là, quoi ?! C’est un soupçon d’esquisse de début de révolte que vous essayez de bafouiller, là ?
    LOTH : Révolte ! Tout de suite les mots qui fâchent ... non, j’exprime simplement mon ressenti profond, mon désarroi devant tant de méchanceté. Car, au fond, je ne suis qu’un homme amoureux, pauvre petite chose ballotée au gré des flots de votre volonté. Alors, j’ai envie de dire...
    ANNA : Stop.
    LOTH : Comment ?
    ANNA : J’ai dit stop. Ajoutez un mot de plus et vous allez me mettre en colère. Alors, moi, ça m’est parfaitement égal mais si vous dites un mot de plus, je lance cette pièce... pile, je vous en colle une, face, je vous tue.
    LOTH :...

(Noir, voix off)

    ANNA : Bonne décision.

TSON !

LES BRÈVES 12 - SI JOSEPH D’ARIMATHIE...

A l’auberge.

    PERCEVAL : Qu’est-ce qu’on est cons, quand même !
    KARADOC : Ben, pourquoi vous dites ça ?
    PERCEVAL : Tout à l’heure, le gars qui nous a demandé si on était de la table ronde...
    KARADOC : Ouais, eh ben ?
    PERCEVAL : On lui a dit non pour qu’il nous laisse bouffer peinards... mais si ça s’trouve, c’était important et on est passé à côté d’une occase de prestiger !
    KARADOC : Ah ouais, la vache ! Si ça s’trouve, le gars, il avait trouvé l’Graal et il cherchait quelqu’un à qui le donner !
    PERCEVAL : Ou alors, c’était Joseph d’Arimathie, lui-même et on l’a même pas reconnu, MERDE !
    KARADOC : Pourquoi, vous le connaissez vous, Joseph d’Arimathie ? C’est un pote à vous ?
    PERCEVAL : Ah non non, j’le connais pas moi ! Vous pensez, c’est pas du genre à trinquer avec des gars comme nous ... c’est dans le Graal qu’il buvait, lui !
    KARADOC : Vous croyez ? J’espère qu’il aime le bon vin, sinon, ça va puer la vinasse quand on finira par le trouver. On pourrait peut-être le trouver comme ça d’ailleurs... à l’odeur !
    PERCEVAL : Et où c’est qu’on planque un truc qui sent la vinasse ?!
    PERCEVAL et KARADOC : A la taverne !

(Noir, voix off)

    PERCEVAL : La vache, depuis le début on est au bon endroit... dites, on est pas des génies ?!

TSON !

Chapitre 1 : Prémices.

   Cela faisait maintenant trois jours et trois nuits que la pluie tombait sans interruption sur le royaume, comme si cela ne suffisait pas, voilà que l’orage entrait dans la partie. Au beau milieu de la nuit, Arthur contemplait la nature en colère du haut des remparts. Les yeux rivés au sud, indifférent au vent et à la pluie qui battaient son visage, il attendait. Les éléments déchaînés, la forteresse et l’homme ne formaient qu’un tout, un sentiment de plénitude l’envahissait lorsque ... .

— Vous allez attraper la mort à rester dehors de ce temps là !

   Arthur ferma les yeux, la voix stridente de son épouse venait de briser un lien sacré, une communion comme il n’en avait plus ressentie depuis son départ de Rome. Prenant sur lui, il se retourna pour faire face à Guenièvre.

— Vous avez le don pour me pourrir mes moments de méditation. Pourquoi vous ne dormez pas ?

— C’est l’orage qui m’a réveillée, vous savez bien que ça me fait peur ! Vous n’étiez pas là...

— Et vous avez deviné que j’étais sur les remparts ? S’étonna Arthur.

— J’ai pas deviné, j’ai aperçu furtivement votre silhouette prendre l’escalier.

— Et il vous a fallu tout ce temps pour monter ? Ça fait bien deux heures que je suis là !

— Mais c’est impossible ! J’étais à peine à quelques pieds derrière vous. Je vous ai appelé, vous ne m’avez pas répondu... mais bon, j’ai l’habitude.

— Ce n’était pas moi ! rétorqua-t-il, quelque peu agacé.

— Traitez-moi de folle tant que vous y êtes ! Vous avez vu quelqu’un d’autre monter ici ?

— A part vous, personne n’est venu me déranger !

   Un coup de tonnerre très proche les fit sursauter.

— Allez, venez vous coucher, s’il vous plaît, j’ai encore plus peur maintenant si quelqu’un rôde dans le château, supplia Guenièvre.

— Très bien, allons-y, soupira Arthur.

   En descendant l’escalier abrupt, Arthur, saisi d’une étrange sensation, se retourna brusquement et crut voir fugitivement une forme humaine se détacher devant l’ouverture donnant sur l’orage à présent à son paroxysme. Il n’en dit rien à Guenièvre, la jugeant déjà suffisamment effrayée.

***

   Quelques heures plus tard, Arthur se réveilla en sursaut dans son lit, il avait senti Guenièvre lui prendre la main. Il s’apprêtait à le lui reprocher lorsqu’il se rendit compte qu’elle lui tournait le dos et dormait en produisant un petit ronflement régulier. Une angoisse le saisit alors, qui m’a pris la main ? Il se leva rapidement, alluma une chandelle et examina la chambre dans tous ses recoins, rien. Il sortit dans le couloir, fit quelques pas à gauche puis de l’autre côté, toujours rien. Regagnant sa chambre, il s’arrêta net et fut parcouru d’un frisson glacé en découvrant, sur le mur juste en face de la porte, une grande inscription qu’on aurait dite tracée à la craie. Il n’avait pas pu la manquer en sortant de la chambre, d’un autre côté, personne n’avait pu l’inscrire tandis qu’il inspectait le couloir, sans être vu; Alors ?
   Le sens du texte et la langue choisie le choquaient presqu’autant que la manière dont il était apparu. « DUX BELLORUM HOMICIDA » Chef de guerre meurtrier. Quel meurtre et pourquoi en latin ? Les personnes parlant et sachant écrire le latin à Kaamelott se comptaient sur les doigts d’une main : Le père Blaise et lui, point. Il n’imaginait pas le père Blaise capable de se genre de plaisanterie, alors qui ?
   Arthur retourna se coucher mais ne parvint pas à s’endormir. L’aube le trouva épuisé et dans le même état de questionnement.

***

   Il en vint presque à oublier ce qu’il attendait depuis plusieurs jours, la visite d’une vieille connaissance... Verinus, dont la missive était plutôt succincte : « Mon cher Arturus... j’ai appris ton accession au trône de Bretagne ...envie de te revoir ... bon vieux temps et patati et patata. »
   En voilà un rapport avec le latin, Verinus ! Et s’il était déjà là ? S’il s’était introduit discrètement dans le château... mais non, pourquoi prévenir de son arrivée dans ce cas ? Et pourquoi m’en vouloir, c’est lui qui avait trahi.
   Toute la matinée, Arthur est aux aguets, il attend un signe, une explication mais en vain. Il s’installe sur son trône et attend, un fantôme, Verinus, autre chose ?

— Sire ! (Lancelot vient d’entrer)

— Ouais, quoi ?

— Votre invité, là, machin, il vient d’arriver !

— Verinus ?! Vous l’avez vu débarquer ?

—  Ben oui, j’ai vu le navire accoster et votre ami en descendre.

— Ami, c’est vite dit ! Où est-il ?

— Il attend votre autorisation pour entr...

— Eh ben, mon Général, je vois qu’on a pas arrêté de gravir les échelons... Roi du bordel, ici ! Bravo, ça a de la gueule ! Tu as bien mené ta barque mon petit Arturus ! Moi, j’ai un peu merdé à Rome... du coup, je viens voir si y’aurait pas moyen de...

***


Chapitre 2 : Verinus


   Verinus entra dans la salle du trône se comportant comme chez lui sous l’œil réprobateur de Lancelot. Verinus avança jusqu’au roi et lui mit la main sur l’épaule.

— Sacré Arturus, t’as toujours su tirer ton épingle du jeu toi, hein ?

   S’en était trop pour Lancelot qui intervint.

— Veuillez lâcher le roi et arrêtez de le tutoyer, sinon…
— Mais c’est qu’il mordrait ce petit sacripant ! Sachez mon bon ami, que je connais Arturus depuis un bail et que nous sommes de bons camarades !
— Ça reste à prouver, ça ! Intervint Arthur, à votre place, Verinus, je ferais ce que dit le seigneur Lancelot.
— Ben quoi, s’étonna Verinus, on est plus copains ? Après tout ce qu’on a traversé ensemble ?!
— Justement, il me semble bien me souvenir que vous nous avez trahis !
— Ah oui mais ça, j’avais prévenu, je supporte pas la douleur, on me casse un ongle et je déballe tout ce que je sais, j’vous l’avais dit, ça !
— C’est vrai que vous l’aviez dit… bref, qu’est-ce qui vous amène ici, la lettre n’était pas très claire.
— Ben après ton… votre départ, je me suis un peu diversifié, les citrons ça rapportait pas des masses alors, j’ai fait un peu de trafic, contrebande, tout ça… ça marchait bien, je me suis fait du blé, j’avais ma petit bicoque et tout ça mais dernièrement, la milice urbaine a tout découvert et j’ai eu de la chance de pouvoir m’échapper ! Mais… pour aller où ? C’est là que j’ai pensé à t… vous ! Vous auriez pas un petit boulot pour un petit gars débrouillard comme moi ?
— Quel genre de boulot ? Les citrons, ça pousse pas des masses par chez nous.
— Ah mais non, un boulot à ma hauteur quand même, je sais pas, moi, vous avez pas besoin d’un assistant ?
— Non, j’ai tout ce qu’il me faut et ce sont des chevaliers, contrairement à vous.
— Bon, ben, je sais pas… espion ! Ça pourrait le faire ça, non ?
— je vais y réfléchir, en attendant, je vous offre l’hospitalité pour quelques jours.
— Merci bien mon seigneur, dit Verinus en faisant une courbette.
— Venez avec moi, j’ai un truc à vous faire voir.

   Arthur l’emmena alors devant la porte de sa chambre afin de lui montrer l’inscription sur le mur et d’observer sa réaction. Lorsqu’ils arrivèrent sur place, plus aucune trace de phrase en latin.

— C’est pas possible, il y avait une inscription latine, ici même, elle a disparu.
— Ah euh, et alors, c’est grave ?
— J’en sais rien … ça disait « Dux Bellorum Homicida »
— La vache, ça rigole pas par chez vous ! C’est vous qu’on accuse de meurtre ?
— Je suppose, oui mais je ne vois pas du tout à quoi cela fait référence. Le seul que j’ai assassiné, il était déjà mort, c’est même vous qui avez crié à sa place !

***

   La nuit suivante, Arthur la passa dans la chambre de Demetra, une fois encore, il se réveilla en sursaut, quelqu’un lui avait pris fermement la main et Demetra dormait. Une fois de plus, il inspecta la chambre mais sans plus de résultat. Pas d’inscription dans le couloir, cette fois.
Dans la matinée, il décida d’en parler à Merlin et se rendit à son labo, Verinus le suivait comme son ombre. Elias était là aussi, Arthur considéra que ses chances d’obtenir des réponses valables augmentaient.

— Voilà, j’ai besoin de vos lumières, je crois qu’il y a un fantôme à Kaamelott.
— Comment ça ? répondit Merlin.
— Qu’est-ce qui vous fait dire ça ? L’interrogea Elias.
— On me prend la main pendant mon sommeil, ça fait deux fois déjà, alors que l’autre personne avec qui je dors est endormie.
— Peut être qu’elle fait semblant, suggéra Merlin.
— Et c’est tout ? Demanda Elias.
— Non, j’ai également découvert une inscription en latin devant la porte de ma chambre alors qu’il n’y avait rien quelques secondes plus tôt.
— Et ça disait quoi, on peut savoir ? Insista Elias
— Dux Bellorum Homicida.
— Chef de guerre meurtrier, traduisit Elias.
— Tiens ! Vous parlez latin, vous ? Lui demanda Arthur, soupçonneux.
— Ah ben dans ma partie, c’est préférable ! Je connais une dizaine de langues.
— Frimeur, chuchota Merlin.
— Bon, vous pouvez faire quelque chose ou pas ?! S’énerva Arthur.
— Je vais tenter un sort, ça se passe toujours au même endroit ? Demanda Elias.
— Ben non, la première fois, c’était dans ma chambre et la deuxième, dans celle de Demetra.
— Ah zut ! Ça complique les choses, ça.
— Ah bon, pourquoi ? Demanda Arthur.
— S’il se déplace, c’est qu’il est puissant ! Assura Elias.

   Ils se rendirent tout de même dans la chambre royale, Elias fit une incantation et ils attendirent. Quelques minutes plus tard, une forme blanche apparaissait devant eux, vaguement féminine, elle poussa un cri de rage et disparut aussitôt.

— Cette fois, nous sommes fixés, c’est bien un fantôme, soupira Arthur.
— Finalement, je ne pense pas que je vais profiter de votre hospitalité, déclara Verinus d’une petite voix. Les fantômes, très peu pour moi !
— Je crois que c’est une femme… vous avez assassiné une femme, Sire Arthur ? Demanda Elias le sourcil levé.
— Jamais ! Ni une femme ni un homme, tous ceux que j’ai tué, c’était au combat !
— Cet esprit ne semble pas de cet avis, il faudrait comprendre pourquoi, dit Elias.
— Les fantômes, c’est vraiment de la saloperie ! Intervint Merlin. J’en ai connu un qui hantait un château abandonné mais bon, comme y avait personne, il a fini par faire une dépression.

   A cet instant, Karadoc arriva à la porte.

— C’est vous qu’avez écrit un truc sur le mur de la salle du trône ? Demanda-t-il à Arthur.

***

Chapitre 3 : L’aveu


   Arthur, les deux enchanteurs, Verinus et Karadoc dévalèrent les escaliers pour se rendre dans la salle du trône. Le spectacle qui les y attendait dépassait l’imagination. L’inscription sur le mur derrière le trône, en lettres de trois pieds de haut : « DUX BELLORUM HOMICIDA » le « HOMICIDA » se répétant à l’infini et couvrant également tous les autres murs de la salle. Curieusement, ce n’est pas cela qui attirait leur regard mais le trône qui flottait à dix pieds du sol en tournoyant.

— Ah ouais, y’avait ça aussi, j’vous avais pas dit ! Crut bon d’expliquer Karadoc.

— Ah non mais je comprends, ironisa Arthur. Ça se voit à peine !
   Le spectacle dura encore quelques instants puis le trône retomba brutalement au milieu de sa salle tandis que les écritures des murs disparaissaient.

— Ah ouais, y a pas à dire, elle est puissante ! Constata Elias sentencieusement.

— Oui, euh... c’est des tours de magicien débutant, ça ! A la portée de n’importe qui, s’indigna Merlin.

— Ben pourquoi vous le faites jamais ? S’étonna Karadoc, je trouve ça classe, moi !

— BON ! Revenons aux choses sérieuses, comment on s’en débarrasse ?! Explosa Arthur.

— Ça va pas être une mince affaire, répliqua Elias. Il faudrait connaître son histoire pour savoir ce qu’elle veut. Vraiment, Sire, aucune idée de son identité ?

— Des femmes, j’en ai connu quelques-unes durant mes années romaines mais une seule qui ait vraiment compté et ce n’est pas elle, vous pouvez en être sûr !

— Et puis merde ! Je sais qui c’est…

   Tous se retournèrent alors vers Verinus qui venait de faire cette révélation, attendant la suite.

— J’ai pas quitté Rome à cause de la milice… on m’a obligé à venir ici.

— Et puis ? Va-s-y, continue Verinus ! Ordonna Arthur, retrouvant, malgré lui, le tutoiement.

— Je vous ai dit que je m’étais acheté une bicoque, en fait, c’était l’ancienne piaule de Licinia. Je l’ai eue pour presque rien, vu qu’il y avait eu un massacre là-dedans.

— Un massacre ?! Qui ?! Tu vas parler à la fin !

— Procyon, c’est Procyon qui a tué… Licinia, Manilius et Julia.

— TAIS-TOI VERINUS, VERRUE, VERMINE, VERMISSEAU !

   La voix venue de nulle part fit hérisser les poils de tous. A la fois féminine, rauque et grinçante, elle avait de quoi glacer le sang. Elias fut le plus prompt à réagir.

— Dis-nous ce que tu veux, esprit maléfique !

   Le rire qui suivit les obligea à se boucher les oreilles tant il était puissant et dérangeant.

— Voilà, voilà ce que je subis depuis des semaines, dit Verinus au bord des larmes.

— Qui est-ce ? Demanda doucement Arthur.

— C’est Julia, ton ex !

— Mon ex ?! On a couché une fois ensemble, ça c’est arrêté là. Et pourquoi elle ne dit plus rien maintenant, elle te laisse parler.

— Quand elle a des coups de colère comme ça, en général, je suis peinard quelques temps, ça doit la fatiguer. Enfin, bref, elle nous considère tous les deux responsables de sa mort. Toi, parce que tu l’as laissée tomber et moi…

— Oui ? Toi, va-s-y, qu’est-ce que tu as fait encore ?

— Ben, comme d’hab, j’ai trahi.

— C’est toi qui a donné l’adresse à Procyon ?!

— Mais oui mais c’était la même que la première fois ! Ils auraient dû y penser tous seuls mais non, il a fallu qu’ils remettent ça à me torturer et pourquoi ? Pour que je leur redonne exactement la même info que la première fois ! C’est quand même pas des flèches, hein ? Vous avouerez !

— Je comprends qu’elle t’en veuille mais moi ? Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter le titre d’assassin ?

— Mais si tu l’avais emmenée avec toi, elle serait toujours en vie ! Et puis, c’est toi qu’elle voulait, moi j’étais… le deuxième choix.

   Arthur alla se placer près du trône couché au centre de la salle et, regardant vers le plafond, interpella l’esprit.

— Julia, est-ce que tu m’entends ?

— M’entends-tu, ça sonnerait mieux, lui glissa merlin.

— Non mais elle a dû aller se coucher, là. J’vous ai dit, quand elle gueule comme ça, après, c’est le calme plat.

   Pourtant une petite voix se fit entendre, rien à voir avec la furie précédente.

— Oui, je t’entends Arturus.

— Tu penses vraiment que je suis responsable de ton meurtre ?

— Tu aurais pu m’emmener avec toi, faire de moi ta reine.

— Même si je l’avais voulu, c’était impossible ! Je devais épouser la fille du roi de Carmélide, c’est… la politique.

— La politique, elle a bon dos ! S’exclama le spectre, sa voix redevenant plus forte. Et Aconia, tu ne l’as pas épousée, peut-être ?! Je vais te pourrir la vie mon petit Arturus, je vais t’apprendre à m’humilier !

   Le trône se mit à trembler et à s’élever lentement. Elias s’avança près d’Arthur et lança un sort. Dès qu’il eut fini, le trône retomba et un silence pesant s’installa. Il fallu un peu de temps à Arthur pour retrouver ses esprits et interroger Elias.

— Qu’est-ce que vous avez fait exactement ?

— Je l’ai aidée à passer de l’autre côté, pour de bon, cette fois. Il fallait en profiter avant qu’elle retrouve toute sa force.

— Juste quand j’allais le faire ! Protesta Merlin. Mais évidemment y en a que pour Môssieur Elias !

— Merlin, s’il vous plaît… soupira Arthur. Vous avez bien fait, Elias. Je ne sais pas ce que je serais devenu sans vous. Verinus, que vas-tu faire maintenant que tu en es débarrassé ?

— Je vais rentrer à Rome, le climat de ton royaume ne me convient pas trop.

— Essaye d’éviter les problèmes et la milice urbaine, surtout.

— Compte sur moi… merci… Sire Arthur.

— Moi, j’ai rien compris mais les trucs qui volent, tout ça, j’ai bien aimé ! conclut Karadoc.

***


Prologue, épilogue : Ce que Verinus n’a pas dit.


   Rome, le Ghetto, quinze ans avant Kaamelott, l’emplacement du vendeur de citrons, Verinus.

— Manilius et Arturus sont de retour, il parait ! Ils sont craignos ces fripons, ils vont se faire...

— Tu crois qu’un général pourrait épouser une fille comme moi ?

— Julia ! T’es encore sur Arturus, toi ! Il est passé à autre chose, laisse tomber. Et franchement, tu crois que c’est sympa pour moi, ma biquette ?!

— M’appelle pas comme ça, je t’ai déjà dit !

— Ben moi, je trouve que j’ai gagné le droit de t’appeler comme ça, je te trouve de la bouffe, je te trouve où dormir... qu‘est-ce que tu ferais si tu m’avais pas, hein ?!

— J’en trouverais un autre, c’est pas les gars comme toi qui manquent ! Rétorque Julia, agacée.

— Et paf ! Prends-toi ça dans la tronche, mon petit Verinus ! Ah ma biquette, c’est pas la gentillesse qui t’étouffe !

— Tu m’énerves, je vais chez Licinia !

— Ben voyons ! Avec un peu de chance, tu croiseras un Dux Bellorum ! Hurle Verinus tandis que Julia s’éloigne.

   Quelques instants plus tard, une main s’abat sur son épaule, en se retournant, il découvre Aulus Milonius Procyon le toisant avec un sourire cruel.

— Mais c’est ma p’tite pute de balance préférée, viens avec moi, Glaucia veut te parler !

— Ah ouais, d’accord mais là, ça tombe mal... dis-lui que je passerai le voir en fin de soirée.

   Pour toute réponse, Procyon l’agrippe par la nuque et l’entraîne avec lui.

***

   Au cours de l’interrogatoire qui suit, Glaucia posant les questions et Procyon les appuyant avec ses poings, Verinus trahit ses amis pour la seconde fois.

— Tu vas aller attendre Arturus chez sa femme, dit Glaucia à Procyon.
— Et ?
— Et... à ton avis ?!
— Y a plusieurs options.
— La pire, j’te parle de la pire !

   Procyon se rend chez Licinia, l’égorge et à l’arrivée de Julia, retient celle-ci sous la menace de son pugio. A l’arrivée de Manilius, il oblige Julia à lui dire d’entrer et le poignarde immédiatement. Las d’attendre Arturus, il égorge également Julia avant de partir.

***

   Verinus ne comprend pas pourquoi il est encore vivant, ils l’ont laissé partir ! Ils ont probablement jugé qu’il pourrait encore être utile, pourtant, lorsque Procyon est rentré, Glaucia n’a pas eu l’air très satisfait de son rapport. Il en vient à espérer que ses amis sont indemnes mais en arrivant devant chez Licinia, la milice urbaine est là, les soldats sont partout dans le bâtiment. Verinus interroge un badaud qui lui apprend qu’un massacre a eu lieu et que deux femmes et un homme sont morts. Julia, Licinia et... Arturus ou Manilius ?
   Il passe la nuit sous son étalage de citrons, une nuit agitée, pleine de bruit et de fureur. Le visage de Julia revenant sans cesse le hanter. Dès l’aube, il retourne chez Licinia, cette fois, les lieux sont déserts. Il monte et entre dans le logement en désordre, des taches de sang maculent le sol, le lit et les quelques pauvres meubles. Verinus s’écroule et hurle sa douleur.
— Il est bien temps de pleurer pauvre minable !
   Verinus cesse ses pleurs et regarde autour de lui, qui a parlé ? Il lui a semblé reconnaître cette voix mais il sait que c’est impossible. Malgré tout, il ne peut empêcher un espoir fou de l’envahir.
— Julia ? C’est toi ma biquette ?
— NE M’APPELLE PAS COMME ÇA TRAITRE !
   La puissance de la voix a projeté Verinus au sol, il se relève péniblement, tremblant de tous ses membres. Il ne comprend pas et croit devenir fou.
— Julia, où es tu ma biq... chérie ?
— Je suis morte, connard ! Tu devrais le savoir, c’est toi qui en es responsable. Je suis bloquée ici depuis mais j’ai l’impression que tu pourrais m’aider à me déplacer... je sens une sorte de point d’accroche avec toi. Tu vas acheter ce gourbi !
— Mais comment, j’ai pas un rond ?!
— DÉMERDE-TOI ! Tu me dois bien ça, c’est comme si tu m’avais tuée toi-même, comme si tu avais toi-même plongé la lame dans mon cou ! Vole, fais de la contrebande, débrouille-toi mais achète-le !
— Qui est mort avec Licinia et toi, Arturus ou Manilius ?
— C’est Manilius malheureusement mais le tour d’Arturus va venir... mais pour ça, tu dois trouver de l’argent, d’abord pour ici, ensuite pour payer un voyage en bateau pour la Bretagne ! Va et obéis !

   Verinus est à genoux, la voix de Julia résonnant encore dans sa tête. Il ne voit pas comment ne pas lui obéir. En sortant dans la rue, un homme l’interpelle.
— Qu’est-ce que tu faisais là-dedans, toi ? Mais, je te reconnais, tu es souvent venu ici !
— Oui, c’était des amis.
— Mon pauvre gars, nous voilà bien tous les deux, toi sans amis et moi avec un logement invendable !
— Laisse-moi un peu de temps et je te le rachète, répond Verinus.
— Tu as combien sur toi ? S’empresse le propriétaire.
— Pas assez, loin de là ... neuf deniers et pas un seul solidus.
— Marché conclu ! Je ne veux plus voir cet endroit... neuf deniers et il est à toi !
— Tope-là camarade ! S’écrie Verinus.

***

   Quelques jours plus tard, Verinus a pris contact avec les brigands du coin, ils sont méfiant mais Verinus tient bon, insiste et propose des entourloupes qui les séduisent. L’importation de raisins de Corinthe auxquels on ajoute une bonne part de figues étant la plus rentable*. Il ne tarde pas à se remplir les poches mais Julia n’est jamais satisfaite et lui mène la vie dure. Elle est de plus en plus forte et le suit partout. Il est bien une accroche pour elle, il ne s’en plaint pas, il pense l’avoir mérité.
   Vient le jour où il a assez amassé pour payer le voyage en Bretagne. Julia lui dicte une missive destinée à Arthur : Mon cher Arthur ... j’ai appris ton ascension... hâte de te revoir ... le bon vieux temps, etc.

***

   La suite, vous la connaissez.


   A son retour à Rome, Verinus, débarrassé de Julia par Elias, rentre « chez lui ». Le logement est toujours aussi sale et en désordre mais, épuisé, il s’effondre sur le lit et s’endort. El pleine nuit une voix le réveille.
— Verinus, contrairement à ce qu’a dit l’autre con d’Elias, je ne suis pas passée de l’autre côté, je suis juste limitée à cet endroit mais avec ton aide...
   Verinus ne répond pas, il se lève, descend les marches, allume une torche et met le feu au bâtiment.

— Adieu, ma biquette.

FIN





(*) Véridique, d’où l’expression : Mi figue, mi raisin.

Fin du repas de midi à Kaamelott.

LÉODAGAN : Vous faites quoi c’t’après-midi ?
ARTHUR : Pourquoi, vous avez besoin de moi ?
LÉODAGAN : Besoin... non, enfin si ! Oh mais vous êtes toujours obligé de poser des questions chiantes, comme ça ?!
ARTHUR : De quoi ?! Mais j’vous ai juste demandé si vous avez besoin de moi !
LÉODAGAN : Et vous r’commencez ! Vous pouvez pas vous en empêcher, hein ! C’est formidable, quand même, ce besoin de tout ramener à vous.
ARTHUR : Ah mais vous m’emmerdez ! Qu’est-ce que j’en ai à cirer, moi ? Débrouillez-vous tout seul, alors !
LÉODAGAN : Nan mais si, j’vais avoir besoin d’vous.
ARTHUR : La vache ! Vous êtes tordu pour demander de l’aide, vous !
LÉODAGAN : Et il remet ça ! “Demander de l’aide”, tout de suite !
ARTHUR : Ben quoi, c’est pas un coup d’main que vous voulez ?
LÉODAGAN : Si ! Mais... vous êtes pas obligé d’en faire tout un plat !
ARTHUR : Oh non mais allez pêcher la truite et foutez-moi la paix !
***
LÉODAGAN : Non mais, vous énervez pas comme ça... est-ce que je m’énerve, moi ?
ARTHUR : Bon, vous allez le cracher votre truc ?!
LÉODAGAN : Ben voilà, j’aurais besoin de vous pour... causer à mon père.
ARTHUR : De quoi ?! A Goustan... le cruel ?
LÉODAGAN : Ben ouais, j’en ai pas trente-six, de pères !
ARTHUR : Mais pourquoi moi ?
LÉODAGAN : Ben parce que... vous savez mettre les formes, embobiner les gens, mine de rien, enfin bref, vous êtes...
ARTHUR : Diplomate ?
LÉODAGAN : Voilà ! C’est le mot... ou roublard, aussi.
ARTHUR : Et qu’est-ce qu’il faudrait lui baver au cruel ?
LÉODAGAN : Ben, c’est un peu compliqué... vous savez qu’il m’a laissé sa place sur le trône pour qu’on puisse attaquer les Romains...
ARTHUR : Tout en conservant le pognon qu’ils lui ont filé pour pas attaquer, oui, j’suis au courant.
LÉODAGAN : Ah ? Vous en savez plus que je pensais ! Enfin bref, il m’a laissé le pouvoir mais ces derniers temps... comment dire...
ARTHUR : Il a tendance à vouloir le reprendre ?
LÉODAGAN : Comment qu’vous savez ça, vous ?!
ARTHUR : Je savais pas mais vous venez de me le confirmer.
LÉODAGAN : Ouais, du coup, faudrait lui parler pour... lui expliquer...
ARTHUR : Oui, c’est bon, j’ai compris. Vous voulez que je le remette à sa place parce que vous avez la trouille de papounet !
LÉODAGAN : Non mais dites, hé ! C’est pas que j’ai la trouille ! C’est juste que... je sais pas bien mettre les formes, vous saisissez la nuance ?
***
Arthur, Léodagan et Goustan se promènent dans les jardins.

GOUSTAN : C’est mignon toutes ces fleurs, ces p’tits oiseaux, ça colle bien avec votre façon de gouverner... comme une femme !
LÉODAGAN : Et encore, vous savez pas tout, c’est lui-même qui choisit chaque plante, chaque arbuste, un vrai p’tit jardinier !
Le père et le fils éclatent de rire tandis qu’Arthur prend son mal en patience.
ARTHUR : Dites, si vous préférez que je vous laisse en famille, dites-le, j’ai pas que ça à foutre, moi !
LÉODAGAN : Oh mais ça va ! On peut bien plaisanter un peu, non ?
GOUSTAN : Ah mais elle est chafouine, la petite jardinière ?!
ARTHUR : Ouais, bon ! Ça va bien maintenant, j’me casse !
Il fait demi-tour d’un pas décidé, Léodagan le rattrape.

LÉODAGAN (A voix basse) : Non mais oh, vous avez promis de lui parler !
ARTHUR : Ouais, mais j’avais pas prévu d’en prendre plein la tronche et vous, vous en rajoutez en plus, démerdez-vous !
LÉODAGAN : Mais vous savez bien comment il est... c’est pas méchant.
ARTHUR : Ah ouais ? Vraiment ? Ça saute pas aux yeux, là !
LÉODAGAN : Allez, revenez, vous lui dites ses quatre vérités et puis c’est marre !
ARTHUR : Okay, dernière chance, à la prochaine insulte, je me barre !
Ils rejoignent Goustan, occupé à pisser sur la glycine.

ARTHUR : Ben ouais, soulagez-vous, ça aime le fumier ces plantes là !
GOUSTAN : C’est pas que j’avais vraiment besoin mais c’était trop tentant.
ARTHUR : J’ai cru comprendre que vous étiez revenu aux affaires ?
GOUSTAN : Qu’est-ce que vous voulez, j’suis un homme d’action, moi, les plantes et les papillons, c’est pas mon truc ! Vu que mon fils est toujours avec vous, je règne à nouveau !
ARTHUR : Je ne sais pas si vous êtes au fait de l’administration romaine ?
GOUSTAN : Pas du tout ! Et ça me va très bien comme ça !
ARTHUR : Alors, la société romaine fonctionne sur la base des contrats. C’est ce qui est le plus important pour eux, les contrats.
GOUSTAN : Mais j’en ai rien à cirer que j’vous dis !
ARTHUR : A mon avis, c’est un tort, il faut toujours bien connaître son ennemi. S’ils ont fermé leurs mouilles bien que vous les ayez attaqués malgré la rançon, c’est parce que vous les avez roulés dans la farine, d’une certaine manière, vous avez respecté le contrat puisque c’est votre fils et pas vous qui est à la tête du royaume.
GOUSTAN : J’en ai marre de vos bavardages, allons casser la croûte plutôt !
LÉODAGAN : Si, si, père ! Vous devriez écouter !
ARTHUR : Est-ce que vous connaissez les quaestores mobili ?
GOUSTAN : Mais j’y connais rien, j’vous dis ! Vous êtes sourdingue ou quoi ?!
ARTHUR : Les quaestores mobili ou questeurs mobiles sont chargés de la vérification des contrats et de leur validité. y en a une bonne dizaine en Bretagne actuellement.
GOUSTAN : Comment qu’vous savez ça, vous ?!
ARTHUR : Parce que moi, je connais mes ennemis ! Donc, si un de ces questeurs se rend compte que vous êtes toujours au pouvoir, le contrat sera rompu. Conclusion, soit vous remboursez...
GOUSTAN : Je rembourse mes couilles oui !
ARTHUR : Soit, ils vont revenir ici avec l’armée et ça, je peux pas le permettre !
GOUSTAN : L’armée ?! Pour une petite rançon de rien du tout ?!
ARTHUR : J’vous ai dit, c’est la base de leur société, un seul contrat non respecté et non puni, tout s’écroule.
GOUSTAN : Bon, ben... le p’tit se débrouille pas si mal, finalement, hein ? J’vais lui laisser les rênes et me retirer à la campagne... c’est pas si mal, le jardinage, après tout.
LÉODAGAN : Voilà ! Le roi Arthur vous donnera des conseils !
***
Un peu plus tard après le départ de Goustan.

LÉODAGAN : Vous vous êtes bien foutu d’ma tronche, hein !
ARTHUR : C’est possible, ça dépend, à propos de quoi ?
LÉODAGAN : Les questeurs, vous saviez depuis longtemps qu’ils surveillaient mon père de près ?!
ARTHUR : Alors, les questeurs, ils quittent pas Rome et les questeurs mobiles, ça existe pas !
LÉODAGAN : Alors vous, vous êtes sacrément...
(Noir, voix off)
ARTHUR : Diplomate ?
TSON !

Bien vu le plan de Lancelot :)
Sinon, il va avoir lieu ce bal ou pas ?

Agloval a écrit :

Ouah, c'est plein de bonnes idées ! Effectivement, le coup du « Le roi Merlin », c'est excellent ! Très bonne idée de mettre Fearmac avec Attila ! (Après tout, poukwoipa ?) C'est vrai qu'Attila est un personnage qui a un sacré potentiel et ça faot plaisir de le voir en pleine forme.

Un petit chipotage à propos de « elle s’est faite enlever ». Il me semble qu'on dit « elle s’est fait enlever » car le vrai sujet n'est pas elle mais les Huns.Je le signale parce que c'est une règle qui me semble très mal connue. (Voir par exemple https://wirtschaftssprachen.hslu.ch/fra … r-passive/ .)

Après réflexion, je suis d'accord. C'est compliqué la langue française, non ? :)
Je corrige de ce pas !

Forenpom a écrit :

Très marrant.
De très bonnes répliques de Perceval sur les deux huns .
Par contre c'est qui Fearmac? C'est censé être celui qui était joue par  Bernard Le Coq?

Oui, c'est tout à fait ça... FUMIEEEER ! :)

levieux a écrit :

Merci. Je me marre bien à chaque fois, j'en perd mon râtelier.
Celle la, fallait la faire

LANCELOT : Bricoler ? BRICOLER ?! MAIS C’EST POUR LE ROI, MERLIN !

La marmaille habituelle n'est pas très bavarde en ce moment. Pas beaucoup de commentaires.

Ah merci, je pensais qu'elle était passé inaperçue :)

L’ENLÈVEMENT

Arthur et Perceval déjeunent en tête à tête.

    PERCEVAL : J’me pose une question ... .
    ARTHUR : Vous voyez, c’est marrant qu’vous disiez ça, parce que vous dites “j’me pose une question” alors qu’en fait, c’est à moi qu’vous allez la poser.
    PERCEVAL : Non mais j’me la pose à moi d’abord, comme j’suis con, je sais pas répondre et c’est seulement après, que je vous la pose.
    ARTHUR : Ouais, ça semble logique ... j’vous écoute.
    PERCEVAL : Ben voilà, les histoires de Graal, tout ça...
    ARTHUR : Ouais ben ?
    PERCEVAL : On est bien d’accord qu’on le trouvera jamais, c’est juste un truc pour nous occuper.
    ARTHUR : QUOI ?! Mais vous êtes marteau ! Bien sûr que si on va le trouver ! Qu’est-ce qui vous fait croire que c’est du flan ?!
    PERCEVAL : Du flan ? Non, mais j’ai pas dit ça...
    ARTHUR : Nan mais qu’est-ce qui vous fait croire que c’est juste pour vous occuper ?
    PERCEVAL : Ben c’est ça ma question, en fait : Si vous cherchez vraiment le Graal, pourquoi vous avez pas pris que des gars comme les seigneurs Lancelot ou Léodagan au lieu de bras-cassés comme... ben, tous les autres !
    ARTHUR (Yeux rivés sur Perceval, bouche bée) : Euh... alors euh... c’est une bonne question... à vrai dire, euh... j’en sais rien ! On a cherché au début, dans tout le royaume, hein ! Ceux qui se sont présentés ben... ils sont là ! J’vous cache pas que j’aurais préféré avoir une dizaine de Lancelot mais voilà, y en a qu’un. Alors, je fais avec ce que j’ai.
    PERCEVAL : Ouais, c’est pas d’bol quand même ! Avoir une mission qu’a d’la gueule, comme ça et tomber sur des connards comme nous !
    ARTHUR : Ouais, vous-y allez fort quand même, “connards”, faut pas non plus exagérer. C’est vrai que sur certains aspects, vous avez du mal à suivre mais je sens bien que vous faites des efforts. Ça va finir par payer... un jour.
    PERCEVAL : Ouais, vous dites ça pour pas être désopilant !
    ARTHUR (se marrant) : Désobligeant... là, par exemple, vous voyez, ben vous venez de me remonter le moral d’un seul coup ! Je crois que vous y êtes pour beaucoup si je ne deviens pas dépressif. Non, moi j’vous dis, on le trouvera ce Graal et peut être même que ce sera vous !
    PERCEVAL : Dégressif ou pas, moi, je serais vous, eh ben... je miserais plutôt sur le seigneur Lancelot.
    ARTHUR : Mais vous, lui ou un autre, peu importe... il faut juste que chacun fasse de son mieux et on y arrivera !

   Lancelot entre brusquement dans la pièce.

    LANCELOT : SIRE ! C’est une catastrophe, la reine...
    ARTHUR : Ben quoi, la reine ?
    LANCELOT : C’est terrible, elle...
    ARTHUR : Non mais vous allez accoucher, oui ?! Qu’est-ce qu’elle a, la reine ?!
    LANCELOT : Elle a été enlevée !
    ARTHUR : QUOI ?! Mais par qui ?
    LANCELOT : Les Huns !
    ARTHUR : Mais ils étaient combien ces Huns ?
    LANCELOT : Attila et un Hun !
    ARTHUR : Deux quoi ! A deux, ils ont réussi à enlever la reine ?!
    LANCELOT : C’est-à-dire que les gardes surveillent les mouvements de troupes, d’escouades mais là, deux... ils se sont pas méfiés !
    ARTHUR : Mais vous, vous étiez où ?
    LANCELOT : C’est-à-dire que je... je... je cueillais des fleurs.
    ARTHUR : Ah bravo ! Le seigneur Perceval me disait encore à l’instant dans quelle haute estime il vous tient... (s’adressant à Perceval) vous voyez comme il est beau, le héros ?! Messire Lancelot cueille des fleurs tandis que la reine se fait enlever, non mais je rêve !
    PERCEVAL : J’ai dit ça, moi ?
    LANCELOT : Ce n’est pas une excuse mais les fleurs étaient pour elle.
    ARTHUR : Ah bon, ben alors, tout va bien ! RASSEMBLEZ-MOI TOUT LE MONDE, ON VA LA CHERCHER ! C’est pas qu’j’y tienne plus que ça mais c’est une question de principe !
    PERCEVAL : Quand vous dites un un, c’est par rapport à quoi ? Parce que ça me fait penser à une façon de compter les points dans un jeu de chez moi...

    ***

   Lancelot a rassemblé les chevaliers dans la cour, les commentaires vont bon train.

    LÉODAGAN : Non mais j’vous jure, elle nous rapportera que des emmerdes, celle-là !
    ARTHUR : Oui, euh, beau-père, elle s’est fait enlever, c’est quand même pas de sa faute !
    LÉODAGAN : Mais elle avait besoin de demander à l’autre joli cœur, là, d’aller lui cueillir des fleurs ?
    ARTHUR : Mais on s’en fout de ça ! Ce qui compte maintenant, c’est de la récupérer rapidement. (Aux autres chevaliers) Alors, une patrouille les a repérés ?!
    LANCELOT : Hélas non, Sire. Aucune trace. A croire qu’ils se sont envolés !
    ARTHUR : J’t’en foutrais d’l’envolé, moi ! MERLIN !
    MERLIN : Oui, Sire ?
    ARTHUR : Vous sauriez faire un sort de... euh... "retrouvage" ?
    MERLIN : Retrouvage ?! C’est-à-dire ?
    ARTHUR : Ben pour retrouver quelqu’un, quoi ! La reine a disparu, vous pouvez faire quelque chose ou pas ?!
    MERLIN : Prrrt ! Ça, j’sais pas trop... j’peux p’t’être essayer de bricoler un sort.
    LANCELOT : Bricoler ? BRICOLER ?! MAIS C’EST POUR LE ROI, MERLIN !
    MERLIN : Oui, oh, ça va ! Si Elias était là, vous seriez même pas venus me voir, alors...  (Se tournant vers Arthur) Vous auriez quelque chose lui appartenant ?
    ARTHUR : Ah bah non, qu’est-ce que vous voulez que...
    LANCELOT : Moi j’ai ! Un ruban, tenez Merlin.

   Tout le monde regarde Lancelot d’un air soupçonneux.

    LANCELOT : Non mais c’était pour attacher les fleurs, faire un bouquet, quoi.
    MERLIN : Ça devrait faire l’affaire. (Il tient le ruban entre deux doigts, lève le bras et le lâche, une petite brise le fait virevolter sur quatre ou cinq mètres avant de venir le déposer juste devant Arthur) Voilà, elle devrait être là.
    ARTHUR : Vous êtes vraiment un escroc, hein ! Je sais pas ce qui m’retient de vous...
    MERLIN : Oui, bon, ça va ! C’est pas une science exacte, non plus ! C’est de la magie.
    LÉODAGAN : Ça c’était de la magie ? C’est du foutage de gueule, oui !

   C’est alors qu’une voix vient interrompre tout ce beau monde.

    GUENIÈVRE : Ça fait plaisir de voir avec quelle ardeur vous venez à mon secours !
    ARTHUR : Ah ben vous voilà, vous !
    GUENIÈVRE : C’est pas grâce à vous, ça c’est certain !
    LANCELOT : Mais que s’est-il passé ma reine ?
    GUENIÈVRE : Ils m’ont entrainée dans la forêt jusqu’à un endroit où ils avaient caché des chevaux, on est parti à cheval mais je ne sais pas si c’est l’odeur des peaux de bêtes ou je ne sais quoi mais j’ai commencé à avoir des haut-le-cœur. Il se sont mis à crier “femme pas monter cheval, elle voumit, elle voumit”, ils m’ont fait descendre et ils sont partis au galop. J’aurais préféré que des chevaliers en armure viennent me délivrer et punir ces brigands mais que nenni ! C’est pas comme si j’en avais toute une flopée à la maison, des chevaliers !

(Noir, voix off)

    PERCEVAL : Y a deux Huns, qui sont venus, ils sont repartis à trois et y en a un d’eux trois, qu’est revenu ! C’est classe ou pas ?!

TSON !

ÉPILOGUE

   Guenièvre et Arthur viennent de se coucher.

    ARTHUR : Ouais, bon, on a merdé sur ce coup-là... enfin, c’est surtout Lancelot qui a merdé !
    GUENIÈVRE : Ah, bien sûr, c’est JAMAIS de votre faute !
    ARTHUR : Mais enfin, c’est quand même lui qui vous a laissé toute seule !
    GUENIÈVRE : Peut-être ! Mais lui, c’est ni mon mari, ni le roi ! Quand je pense que vous étiez tous là à bavarder tranquillement alors que je rentrais à pieds en traversant la forêt !
    ARTHUR : Mais on cherchait un moyen de vous retrouver... j’ai envoyé des patrouilles, j’ai demandé un sort à Merlin... et puis merde, ça vous aura certainement pas fait de mal de prendre l’air !
    GUENIÈVRE : Et je peux savoir ce que ça veut dire exactement, ça ?!
    ARTHUR : Euh... qu’est-ce que vous avez pas compris ?
    GUENIÈVRE : J’en sais rien, je suis fatiguée... j’aurais voulu vous voir pourfendre ces terribles deux et que vous me rameniez à Kaamelott sur votre cheval...
    ARTHUR : C’est des Huns pas des deux !
    GUENIÈVRE : JE SAIS ! Mais ça m’énerve de les appeler comme ça quand ils sont plusieurs, j’ai le droit, non ? Ils vont pas venir se plaindre ?!
    ARTHUR : Ah bah non, je pense pas, vu comment vous les avez fait fuir !
    GUENIÈVRE : Ben, vous allez pas me le reprocher, en plus ?!
    ARTHUR : Ah mais non ! Bien au contraire, je songe à vous nommer chevalier de la table ronde, j’en connais plus d’un qui fait dans son froc devant Attila !
    GUENIÈVRE (ravie) : C’est vrai ?
    ARTHUR (levant les yeux au ciel) : Bien sûr que non, vous avez déjà vu une femme chevalier ?
    GUENIÈVRE : Non...  mais il serait peut-être temps d’y penser ! Avec des femmes, il y a belle lurette qu’on l’aurait trouvé, votre Graal !
    ARTHUR : C’est ça ouais, en attendant... bonne nuit ! (Il souffle la chandelle)
    GUENIÈVRE : AH NON ! RALLUMEZ, J’AI PEUR !
    ARTHUR : Quoi... mais peur de quoi ?
    GUENIÈVRE : Et s’ils revenaient me chercher ?

(Noir, voix off)

    ARTHUR : Rassurez-vous, ils sont cons mais ils sont pas fous !

TSON !


LE FLEAU D’ARTHUR

   Arthur traverse la cour du château lorsqu’il aperçoit Perceval et Karadoc.

    ARTHUR : Hé ho, vous deux !
    PERCEVAL : Oui, Sire ?
    ARTHUR : Réunion de la table ronde, tout de suite !
    KARADOC : Mais c’est qu’on allait casser la croûte à la taverne...
    ARTHUR : Vous allez à la table ronde, sur le champ !

    Aucun des deux ne bouge.

    ARTHUR : Vous attendez quoi ?
    PERCEVAL : La table ronde ?
    KARADOC : Sur quel champ ?
    PERCEVAL : Elle est plus dans le château ?

   Arthur, hors de lui, les attrape au col et les emmène à la table ronde non sans quelques coups de pieds bien placés sur le chemin.

    ***

    A la table ronde, chacun a retrouvé sa place. Karadoc et Perceval se tortillant sur leur siège, les coups de pied d’Arthur, se rappelant à leurs souvenirs.

    ARTHUR : Bon, tout le monde est au courant de l’enlèvement de la reine ?
    YVAIN : Encore ?! Mais elle en fait exprès ou quoi ?
    GAUVAIN : La loi des séries...
    LÉODAGAN : Vous deux, soit vous la fermez tout de suite, soit j’vous en colle une !
    ARTHUR : Alors, pour ceux qui auraient dormi pendant deux jours et ça ne m’étonnerait qu’à moitié, la reine a été enlevée par Attila et a réussi à s’échapper par ses propres moyens.
    YVAIN : Ah mais c’est pour ça, c’était le même... (Il n’a pas le temps de finir sa phrase que son père lui en a collé une) Mais euh !
    ARTHUR : Il n’en demeure pas moins qu’il est intolérable qu’Attila se balade impunément sur notre territoire et s’en prenne à la population. J’ai donc décidé que nous allions le pourchasser et le faire prisonnier !
    BOHORT : ATTILA ?! Mais vous êtes taré ! (Il s’arrête brusquement, réalisant ce qu’il vient de dire)... ment courageux, carrément courageux !
    ARTHUR : Ouais... il vous en faudra aussi du courage parce que vous venez avec nous !
    BOHORT : Moi ?! Mais c’est-à-dire que j’ai un emploi du temps démentiel ces temps-ci...
    ARTHUR : Oui, alors, vous allez vous arranger avec votre emploi du temps, vous venez, point !
    BOHORT : Que dieu ait pitié de nous, nous allons à une mort certaine.
    ARTHUR : Ça va bien, seigneur Bohort, ils ne sont que deux, à chaque fois ils sont deux, alors, au bout d’un moment, j’ai bien l’impression qu’ils vivent sur leur réputation. A nous d’y mettre un terme.
    LANCELOT : Bien dit, Sire ! J’ai hâte de rosser ce barbare !
    LÉODAGAN (dans sa barbe) : Lèche-cul.
    LANCELOT : Qu’avez-vous dit, Seigneur Léodagan ?
    LÉODAGAN : J’ai dit “lèche-cul”, pourquoi, ça vous défrise, le blondinet ?!
    LANCELOT (se levant) : Vous allez m’en rendre compte, seigneur Léodagan !
    ARTHUR : RASSEYEZ-VOUS ! Ça suffit les gamineries ! Allez tous vous préparer, nous partons dans une heure !
    YVAIN : Moi, j’dis rien, j’me prends une baffe, les autres, là, ils se lancent des fions et c’est normal... trop dégouté, quoi !

    ***

   La troupe des chevaliers de Kaamelott a rapidement retrouvé la trace d’Attila et les deux Huns sont à présent cernés. Arthur se présente devant Attila.

    ARTHUR : Attila ! Vous avez...
    LANCELOT : Tutoyez-le, plutôt.
    PERCEVAL : Ouais, c’est un barbare, oubliez pas !
    ARTHUR : Ah oui, c’est vrai... il me gonfle, celui-là ! Hum, Attila ! Tu as essayé d’enlever la reine !
    ATTILA : ET ALO’ ! POUKWAPA ?!
    ARTHUR : Ben parce que... ça se fait pas, déjà et puis vous êtes pas chez vous, ici, vous pouvez pas faire tout ce que vous voulez !
    ATTILA : POUKWAPA ?!
    ARTHUR : Ça y est, j’en ai marre ! Il parle vraiment la langue, celui-là, ou quoi ?!
    LANCELOT : Euh, je crois oui, enfin, il me semble.
    ARTHUR : Bon, Attila, soit tu quittes la Bretagne, soit je te fais prisonnier !
    ATTILA : ARRHHH ! SI TOU M’ENFE’ME, C’EST LA GUEWE ! JE FAIS TOUT C’AMER ICI !
    ARTHUR : Oui, ben ici, on est en pleine cambrousse, alors, j’en ai plus ou moins rien à cirer. Mais c’est pas le problème, tu t’en vas ou pas ?!
    BOHORT : Quand même, c’est une jolie campagne...
    ATTILA : JE VEUX DE L’O’ !
    BOHORT : Mais donnez-lui votre or, qu’on s’en sorte vivants ! Il est encore temps, Sire !
    LÉODAGAN : Ça y est, il recommence ! L’or, il est à nous et on vous le donne pas, vu ?
    ATTILA : ET POUKWAPA ?!
    ARTHUR : Oh, merde ! Ça commence à bien faire, choppez-le, on le ramène à Kaamelott !
    LANCELOT : Et l’autre, qu’est-ce qu’on en fait ?
    ARTHUR : Ramenez-le aussi, ça lui fera de la compagnie.

   Les chevaliers se saisissent alors des deux Huns et prennent le chemin du retour.

    PERCEVAL : J’aime bien les promenades en campagne, comme ça, ça ravigote.
    KARADOC : Ouais, m’enfin, moi, je trouve que ça creuse, surtout !

(Noir, voix off)

    BOHORT : Finalement, c’était pas si compliqué. Le fléau de dieu, quand j’y pense...
    PERCEVAL : L’œuf les hauts de  ? En tous cas, ça fait deux Huns de moins !

TSON !


LE FLEAU DES GEÔLES

Arthur et Guenièvre s'apprêtent à souffler la chandelle pour dormir lorsque retentit un cri atroce.

    - AAAAARRRRHHHH !
    GUENIÈVRE : Mais qu’est-ce que c’est que ça ?! C’est horrible !
    ARTHUR : C’est rien, dormez !
    GUENIÈVRE : Mais comment voulez-vous que je dorme alors qu’une bête hurle dans le château ?
    ARTHUR : C’est pas une bête.
    GUENIÈVRE : Mais qu’est-ce que c’est alors ? Un démon ?!
    ARTHUR : Ouais... on pourrait dire ça, ouais, une sorte de démon... y’en a deux même !
    - ARRRRRRHHHHH !
    GUENIÈVRE : Mais c’est pas possible, vous allez rien faire ?!
    ARTHUR : Si ! J’vais dormir.
    GUENIÈVRE : Ça, n’y comptez pas mon p’tit vieux !
    ARTHUR : Mon p’tit...
    GUENIÈVRE : Ne détournez pas la conversation ! Qu’est-ce que c’est que ces cris et comment allez-vous les faire cesser ?!
    ARTHUR : Ah non mais quand vous avez une idée dans la tête, vous !
    GUENIÈVRE : C’est pas une idée, c’est des cris horribles !
    ARTHUR : Bon ! Vous vous souvenez des deux Huns qui vous ont enlevée ?
    GUENIÈVRE : Ah bah oui, quand même, je suis pas près d’oublier ça !
    ARTHUR : Ben on les a capturés, ils sont dans les geôles et on dirait qu’ils aiment pas ça.
    - ARRRRRHHHH !
    - FUMIERS !
    GUENIÈVRE : Ah ! Ils parlent bien la langue, quand même !
    ARTHUR (se levant) : Oui mais non, ça, c’est autre chose !
    GUENIÈVRE : Vous y allez finalement ? Vous y seriez allé quand je vous ai dit, ça serait déjà réglé !
    ARTHUR : Alors vous, mettez-la en veilleuse ou je vous envoie les rejoindre !

   BOM BOM BOM ! (on frappe à la porte)

    MAÎTRE D’ARMES : SIRE !
    LÉODAGAN : Ouvrez, ça urge !

   BOM BOM BOM !

    ARTHUR : Oui, bon ça va, j’arrive ! (Il ouvre) Qu’est-ce que vous voulez ?
    LÉODAGAN : Comment ça qu’est-ce qu’on veut ?! Vous entendez pas ce bordel ?!
    ARTHUR : Oui, ben, justement, j’y allais !
    LÉODAGAN : Ah bon ! Donc dans cinq minutes, c’est fini ? On peut retourner se coucher ?
    ARTHUR : Ben non, puisque vous êtes debout, vous allez venir avec moi.
    LÉODAGAN : C’est-à-dire qu’il faudrait que j’aille rassurer ma femme...
    ARTHUR : Rassurer Dame Séli, vous vous foutez de moi ? Vous auriez mieux fait de l’amener, c’est peut-être la seule capable de faire peur à Attila ! Allez, on y va !

    ***

   En approchant des geôles, les cris deviennent carrément insoutenables.

    - ARRRRRHHHHHHH !
    - FUMIERS !
    ARTHUR : Oh, hé ! Vous allez vous calmer là dedans ?!
    FEARMAC : C’EST D’VOTRE FAUTE ! FALLAIT PAS METTRE CES DEUX-LA A COTE, ILS ARRETENT PAS DE GUEULER ! FUMIEEEERS !
    ATTILA : AAAARRRRHHH  ! ON VA TOUT C’AMER !
    FEARMAC : FUMIEEEEERS !
    ARTHUR (A Attila) : Bon, qu’est-ce que vous voulez ?
    ATTILA  (Les deux Huns se regardent hésitants) : ON VEUT DES FEMMES, DOU VIN ET DES VICTOUAILLES !
    FEARMAC : Oh les autres ! Où ils se croient, eux ?! Vous aurez rien du tout et vous allez fermer vos gueules ! FUMIEEEERS !
    ATTILA : POUKWAPA  ?!
    LÉODAGAN : Mais de quoi il se mêle l’autre, là ?!
    FEARMAC : Ah, ben ! J’suis un peu chez moi, ici... depuis l’temps !
    ARTHUR (A Attila) : Parce que vous êtes prisonniers et que pour vous c’est bouillie d’avoine et de l’eau.
    ATTILA : AAARRRRRH !
    FEARMAC : FUMIIIEEERS !
    MAÎTRE D’ARMES : Il semblerait que nous soyons dans une impasse !
    LÉODAGAN : C’est bien, vous faites avancer les choses, vous ! Moi, j’dis, on les crame et puis c’est marre !
    ARTHUR : Ah ben oui, vous, évidemment !
    DAME SELI (déboulant comme une furie) : BON ALORS, C’EST BIENTÔT FINI LA RIGOLADE ? !
    ATTILA : AAARRRRRHHH !
    FEARMAC : FUMIEEERS !
    DAME SELI : VOUS ALLEZ LA FERMER BANDE DE GLANDUS ! SI J’ENTENDS ENCORE UN BRUIT VENANT D’ICI, JE CRAME LES GEÔLES AVEC VOUS DEDANS, C’EST CLAIR ?!

    Les trois prisonniers se recroquevillent au fond de leur cellule, les yeux baissés.

    DAME SELI : Ben voilà, c’était pas bien compliqué, quand même !

(Noir, voix off)

    ARTHUR (A Léodagan) : Ah ouais, y’a pas à dire, vous l’avez bien rassurée !

TSON !


ATTILA’s Back !

Arthur assis sur son trône flanqué de Léodagan et Bohort.

    ARTHUR : Maître d’armes !
    MAÎTRE D’ARMES : Oui, Sire ?
    ARTHUR : Allez m’chercher les autres cons, là !
    MAÎTRE D’ARMES : Euh... les seigneurs Perceval et Karadoc, Sire ?
    ARTHUR : Mais non ! Les... ah merde ! Ça m’échappe ! (Se tournant vers Léodagan) Comment qu’on les appelle déjà ?
    LÉODAGAN : Les Huns !
    ARTHUR : Voilà ! Allez m’chercher les deux Huns !
    MAÎTRE D’ARMES : Je suis désolé Sire mais pourriez-vous être un peu plus précis ?
    BOHORT : Le roi voudrait que vous alliez chercher Attila et son petit camarade.
    MAÎTRE D’ARMES : Ah oui, les Huns ! Dans les geôles ?! Ah ben, fallait l’dire tout d’suite ! J’y vais. (Il sort)
    ARTHUR : Non mais oh ! Ça va bien, oui ?! Ça fait une plombe que je lui demande !
    LÉODAGAN : Faut admettre que vous étiez pas très clair.
    ARTHUR : De quoi ?!
    BOHORT : Il est de fait que je vous ai connu plus précis.
    ARTHUR : Oh ! Quand j’aurai besoin de vos avis, je vous l’ferai savoir !
    LÉODAGAN : Mais vous êtes d’une humeur massacrante aujourd’hui ! Ça promet, la négociation !
    ARTHUR : Je suis de très bonne humeur et je vous emmerde !

    ***

Quelques minutes plus tard, Attila et son acolyte sont amenés devant le trône.

    BOHORT (Avec un grand sourire) : Alors ? Attila, Atti-pas-là ?

Tout le monde le regarde d’un air consterné.

    BOHORT : Je... je pensais détendre l’atmosphère...
    ARTHUR : (Levant les yeux au ciel) : Hum ! Bon, après ce préambule pour le moins... (regardant Léodagan)
    LÉODAGAN : Ah mais démerdez-vous avec votre préambule ! C’est déjà assez chiant comme ça, j’vais pas vous mâcher le boulot, non ?!
    ATTILA : Ah Ah Ah ! ATTILA, ATTI-PAS-LA ! Oui, oui, t’ès bon, t’ès t’ès bon ! (pointant Bohort du doigt) Loui t’ès ‘igolo ! Je veux loui dans mon équipeuh !
    ARTHUR : Nan mais c’est hors de question !
    ATTILA : POUKWAPA ?!
    LÉODAGAN : Ça y est, c’est reparti ! On en a pour des plombes !
    ARTHUR : Parce que c’est mon Bohort à moi, vous avez qu’à vous en trouver un ! Bon ! On peut passer aux choses sérieuses ?
    ATTILA : POUKWAPA !
    LÉODAGAN : Pffffff ! J’sais pas pourquoi, ça me stresse à chaque fois qu’il fait ça.
    ARTHUR : Alors, voilà... j’ai une proposition à vous faire...
    LÉODAGAN (A tue-tête) : POUKWAPAAAA !

Tout le monde le regarde de la même manière que Bohort un peu plus tôt.

    LÉODAGAN : Ben quoi ? J’ai bien l’droit d’essayer, non ? C’est vrai que ça soulage... je sais pas comment vous dire...
    ARTHUR : Oui, bon, ça va peut-être aller, là ? Donc, je disais, j’ai une proposition à vous faire...
    BOHORT : Dites-lui “tu” plutôt.
    ARTHUR : Oh putain ! J’en ai marre mais j’en ai marre... alors, j’ai une proposition à TE faire, Attila... acceptes-tu de quitter le pays si je te libère ?
    ATTILA : NON ! JE VEUX ‘ESTER A KAAMELOTTEUH !
    ARTHUR : QUOI ?!
    LÉODAGAN : V’là autre chose !
    BOHORT : Remarquez, comme je dis toujours... la Bretagne, ça vous gagne !
    ARTHUR : Mais pourquoi ne voul... ne veux-tu pas rentrer chez toi ?
    ATTILA : J’AI MON AMI ICI !
    ARTHUR : Non mais ton ami, on le libère aussi, bien entendu.
    ATTILA : PAS CEULOUI-LA, L’AUT’ !
    ARTHUR : Ah bon ?! On a un troisième Hun ?
    LÉODAGAN : Vous voyez vous êtes pas clair !
    ATTILA : JE VEUX MON AMI FEA’MAC
    ARTHUR : Le terroriste ?! Mais que veux-tu en faire ?
    ATTILA : FEA’MAC ‘IGOLO AUSSI ! FUMIEEEEEEER ! AH AH AH !
    ARTHUR : MAÎTRE D’ARMES !
    MAÎTRE D’ARMES : Oui, Sire ?
    ARTHUR : Allez me chercher le fumier des geôles.
    MAÎTRE D’ARMES : Ah ! Là, je vois très bien qui c’est, j’y vais de suite !
    LÉODAGAN (à Arthur) : Vous voyez quand vous voulez.

    ***

Fearmac est amené devant le roi.

    FEARMAC : Qu’est-ce que vous allez faire de moi ? FUMIEEEEER !
    ATTILA : FUMIEEEER ! HA HA HA !
    ARTHUR : Oh la vache, ils sont faits pour s’entendre ces deux-là ! On va rien faire de vous, on va vous libérer.
    FEARMAC : Ah bon ?! Mais de quel droit ?!
    ARTHUR : Du droit que je suis le roi et que je fais ce que je veux !
    FEARMAC : Ouais, c’est pas faux... mais vous êtes sûr ? je peux très bien recommencer à foutre le bordel, j’vous préviens !
    ARTHUR : Ouais ? Ben ça, c’est pas bien grave parce que vous partez avec l’autre guignol, là. Si vous voulez jouer les terroristes chez les Huns, ça me dérange pas, au contraire.
    FEARMAC : Avec mon poteau Attila ? Ce FUMIEEEEEER !
    ATTILA : FUMIEEER ! HA HA HA !
    FEARMAC : Sire, vous ne pouviez pas me faire plus plaisir !
    ARTHUR : Ah ben voilà, tout le monde est content. Alors Attila, c’est promis, plus de raids en Bretagne ?
    ATTILA : C’EST P’OMIS ! JE LE JU’E !
    FEARMAC : Sire, vous n’avez pas idée, Attila, c’est un homme si raffiné, si cultivé... bref, civilisé, quoi !
    ARTHUR : Ben, j’pense bien ! Allez, bonne route !

(Noir, voix off)

    LÉODAGAN : Remarquez ... au bout d’un moment ... j’crois bien qu’ils vont me manquer, ces cons là.

TSON !

bibicocci a écrit :

Bravo!j'ai bien aimé moi aussi!

Merci :)

Agloval a écrit :

Génial ! Fabuleux !
Je ne passe plus beaucoup ici ces derniers temps (pour cause de boulot loin de chez moi), mais je ne regrette pas de m'être forcé. Les idées sont excellentes, en particulier j'ai adoré quand Astier se prend pour De Funès. Tout se tient, c'est cohérent, et l'idée de départ est parfaitement exploitée. Et puis c'est plutôt original et inattendu.

Merci, ça fait plaisir :)

KAAMELOTT (C’est pas gagné)

   Deux acteurs attablés dans un bar de Lyon.

    JEAN-CHRISTOPHE HEMBERT : Alors, ça y est, c’est pour de bon cette fois ?
    FRANCK PITIOT : Ben ouais, on dirait bien ... Il s’est décidé notre bon Arth ... Alexandre !
    JEAN-CHRISTOPHE HEMBERT : Y a un paquet de monde qui l’attend ce film !
    FRANCK PITIOT : Ouais, c’est rien de le dire ! Il parait qu’il y a même des groupes Facebook qui parlaient que de ça, c’est dingue ! Mais sinon, vous savez de quoi ça va parler ?
    JEAN-CHRISTOPHE HEMBERT : Ben non, vous savez comment il est Alexandre ... .

   Lionnel Astier entre.

    LIONNEL ASTIER : Ben voilà, j’étais sûr de vous trouver ici ! Vous savez qu’on décolle dans une heure ?!
    FRANCK PITIOT : Comment vous voulez dire ?
    JEAN-CHRISTOPHE HEMBERT : Vous refaites votre tapisserie ?
    LIONNEL ASTIER : On prend l’avion pour aller tourner à l’étranger ! Le film de mon fils, Alexandre, ça vous dit quelque chose ?!
    JEAN-CHRISTOPHE HEMBERT : C’est pas votre gendre, Alexandre ?
    FRANCK PITIOT : Vous savez de quoi il parle ce film, au fait ?
    LIONNEL ASTIER : Mais c’est KAAMELOTT ! Bande de débiles !

(Noir, voix off)

    FRANCK PITIOT : C’est bizarre ... ça me rappelle une série dans laquelle j’ai joué quand j’étais jeune ... .
    JEAN-CHRISTOPHE HEMBERT : Ah ouais ?! Vous en avez fait de ces trucs, vous !

TSON !

KAAMELOTT (Ca avance bien) 2

Dans l’avion.

    ALEXANDRE ASTIER : Bon ! Voilà ... merci à tous d’être là à l’heure ....  merci Papa d’avoir ramené les deux ... interprètes    que nous attendions !
    LIONNEL ASTIER : Oh ben, c’était pas trop difficile, au bistrot, comme d’hab !
    FRANCK PITIOT : Au moins, avec nous y’a pas de surprise ... fidèles au poste !
    JOËLLE SEVILLA : Bon ! On va pouvoir y aller ?!
    ALEXANDRE ASTIER : Et Simon, il est où ?
    LIONNEL ASTIER : Oh ben là, on a pas pris de risque ... il est attaché dans la soute !
    JEAN-CHRISTOPHE HEMBERT : Haché dans la soupe ?! Mais c’est dégueulasse !
    ALEXANDRE ASTIER (tenant un calepin et un stylo) : Bon, alors ... Lionnel, Joëlle, Franck, Jean-Christophe, Simon ... Jacques ... JACQUES ! IL EST LA ?!
    JACQUES CHAMBON : Hein quoi ?! Qu’est-ce qui se passe ?
    ALEXANDRE ASTIER : Ben vous entendez pas que je fais l’appel ?!
    JACQUES CHAMBON : Excusez-moi, je f’sais un p’tit somme.
    LIONNEL ASTIER : Faudrait mieux dire à l’hôtesse d’arrêter de lui servir du sky !
    JACQUES CHAMBON : Ben quoi ?! J’aime pas l’avion, moi !
    ALEXANDRE ASTIER : Bon, je reprends ... Jacques, donc il est à moitié là ... Aurélien ... AURÉLIEN !
    JOËLLE SEVILLA : Ben, c’est vrai, j’l’ai pas vu !
    ALEXANDRE ASTIER : Alors, vous attachez “Yvain” dans la soute mais “Gauvain”, rien à cirer ?!
    JEAN-CHRISTOPHE HEMBERT : Yvain aussi ?! Mais vous êtes des monstres !
    JOËLLE SEVILLA : Oh Hé ! Simon, c’est le nôtre, pour l’autre, vous vous démerdez !
    AURÉLIEN PORTEHAUT : Ça y est, ça y est, je suis là !
    ALEXANDRE ASTIER : Ah ben quand même ! Qu’est-ce que vous foutiez ?!
    AURÉLIEN PORTEHAUT : Je suis venu en mode “Petit pédestre” histoire de me remettre dans le heu ... du coup, j’ai pris du retard.
    ALEXANDRE ASTIER : Bon, cette fois, tout le monde est là !
    ANNE GIROUARD : Vous êtes sûr ? Parce que moi, personne m’a rien demandé. Je suis arrivée la première, j’ai fait des sourires à tout le monde, y’en a pas un qui m’a calculée !

(Noir voix off)

    JEAN-CHRISTOPHE HEMBERT : Ouais, ben ... estimez vous heureuse de pas finir hachée dans la soupe !

TSON !


KAAMELOTT (Le tournage, enfin ... peut-être)


Sur les lieux du tournage, Franck Pitiot se dirige vers une grande caravane. Il arrive devant la porte où est inscrit en lettres d’or :

                                        ALEXANDRE ASTIER   PRODUCTEUR                                             
                                      AUTEUR   SCÉNARISTE   RÉALISATEUR     
                                         COMPOSITEUR  MUSICIEN  ACTEUR

Il frappe.

    ALEXANDRE ASTIER : Ouais ! Qu’est-ce que c’est ?!
    FRANCK PITIOT : C’est moi !
    ALEXANDRE ASTIER : Connais pas !
    FRANCK PITIOT : Mais si ! C’est Franck !

Alexandre ouvre la porte.

    ALEXANDRE ASTIER : Ah ben, oui ! Forcément, c’est vous !
    FRANCK PITIOT : Pourquoi “forcément” ?
    ALEXANDRE ASTIER : Non, c’est vrai, j’avais une chance sur deux !
    FRANCK PITIOT : Désolé, je pige que dalle.
    ALEXANDRE ASTIER : C’est pas grave, entrez. Alors, qu’est-ce qu’il vous arrive ?
    FRANCK PITIOT : J’ai réfléchi ... .
    ALEXANDRE ASTIER : Ah merde !
    FRANCK PITIOT : Pardon ?
    ALEXANDRE ASTIER : Non, rien, continuez.
    FRANCK PITIOT : Ouais, alors, Jean-Christophe et moi ... .
    ALEXANDRE ASTIER : Qu’est-ce que je disais, une chance sur deux !
    FRANCK PITIOT : Comment ?
    ALEXANDRE ASTIER : Faites pas attention, roulez, roulez !
    FRANCK PITIOT : Alors, Jean-Christophe et moi, on trouve qu’on devrait échanger nos rôles.
    ALEXANDRE ASTIER : C’est-à-dire ?
    FRANCK PITIOT : Ben lui, il ferait Gerceval et moi, Kradoc. C’est plus logique !
    ALEXANDRE ASTIER : Oh putain ! Hum ! Alors, euh ... je vais essayer d’être clair. Vous savez quel film on tourne, là ?
    FRANCK PITIOT : Ben oui ! Kaamelott ! Quand même, pour qui vous me prenez ?
    ALEXANDRE ASTIER : Voilà, donc Kaamelott, c’est la suite de ?... De ? De ? ... C’EST LA SUITE DE LA SÉRIE, MERDE !
    FRANCK PITIOT : Ah donc, y’avait bien une série ?! J’suis pas fou, quand même ! Et c’était quoi le titre ?
    ALEXANDRE ASTIER : Mais Kaamelott, évidemment !
    FRANCK PITIOT : Ah d’accord ! Ils se sont pas fait chier pour le titre les gars, c’est carrément le même ! Alors, c’est okay pour échanger les rôles ?
    ALEXANDRE ASTIER : Mais bien sûr que non, vous reprenez les rôles que vous aviez dans la série !
    FRANCK PITIOT : Ah ouais, alors, je joue Gerceval ?
    ALEXANDRE ASTIER : Perceval !
    FRANCK PITIOT : Oui ? ... Ah oui ! Ça y est ! Le seigneur Perceval, ça me revient !
    ALEXANDRE ASTIER : Ah ben, c’est pas dommage !
    FRANCK PITIOT : Ah ouais ... le chevalier un peu à l’ouest ... .

(Noir, voix off)

    FRANCK PITIOT : Cool, j’aime bien les rôles de composition !

TSON !

KAAMELOTT (Si, si, ça bosse !)

    ALEXANDRE ASTIER : Bon, alors, dans cette scène, Karadoc et Kadoc vont voir Merlin pour lui demander une potion de ... mais ! Il est où Brice ?!
    JEAN-CHRISTOPHE HEMBERT : Il nous prépare des ribs pour le déjeuner.
    ALEXANDRE ASTIER : Mais il est à peine huit heures !
    JEAN-CHRISTOPHE HEMBERT : Ben ouais mais faut faire la sauce, faut que ça marine un minimum quand même ! C’est un métier, cuistot !
    ALEXANDRE ASTIER : Oui mais moi, je l’ai embauché comme acteur, pas comme cuistot !
    JEAN-CHRISTOPHE HEMBERT : Avouez que ça serait dommage de se passer de ses talents de cuisinier. La bouffe, c’est important pour le moral des troupes !
    ALEXANDRE ASTIER : Ouais, mais non, c’est pas comme ça qu’on va avancer, on a un film à faire ... MERDE !
    BRICE FOURNIER : C’est bon, c’est bon, je suis là ! J’ai mis la viande à mariner, y’aura plus qu’à cuire à midi.
    ARTHUR : Mais qu’est-ce que vous avez besoin d’vous occuper de la cuisine, vous ? J’ai embauché un gars pour ça !
    BRICE FOURNIER : Ben ! C’est Jean-Christophe qui m’a dit que c’était à votre demande !
    JEAN-CHRISTOPHE HEMBERT : Nan mais j’ai dit ça pour rendre service parce que votre gars, là, il est cuistot comme moi j’suis danseuse étoile !
    ALEXANDRE ASTIER : Oh ! Qu’on soit bien d’accord, on est là pour faire un film, pas pour s’en foutre plein la lampe ! Alors, Brice, il est acteur et puis c’est tout !
    JEAN-CHRISTOPHE HEMBERT : Bon, ben ... juste pour ce midi,  il a déjà tout préparé ... on va pas gâcher quand même !
    ALEXANDRE ASTIER : Okay mais juste pour ce midi, on est bien d’accord Brice ?
    BRICE FOURNIER : Oh ben moi, c’est comme vous voulez, jouer la comédie ou faire la cuisine, j’adore ça !

    ***

   Après la matinée de tournage, acteurs et techniciens sont réunis autour de la table. Brice fait griller ses ribs.

    JEAN-CHRISTOPHE HEMBERT : Vous trouvez pas que ça Chambon ?

(Noir, voix off)

    JACQUES CHAMBON : Ça fait trois fois que vous me la servez, celle-là, ça va peut-être aller, maintenant ?

TSON !


KAAMELOTT (Ca tourne ! Même si c’est pas très rond)

    AUDREY FLEUROT : Je crois qu’on va avoir un problème.
    ALEXANDRE ASTIER : Quel genre ?
    AUDREY FLEUROT : Je sais pas trop comment vous dire ça mais ... j’y arrive plus !
    ALEXANDRE ASTIER : C’est-à-dire que ... comment, heu .. hum ! Vous pourriez préciser, parce que là, je vois pas bien ... .
    AUDREY FLEUROT : Ah mais faites pas l’innocent, vous savez très bien !
    ALEXANDRE ASTIER : Ah mais non, je vous assure que je comprends pas un broc de ce que vous bavez !
    AUDREY FLEUROT : Sérieux ? Vous allez m’obliger à le dire ?!
    ALEXANDRE ASTIER :  Ben euh, comment dire ... si vous voulez que je comprenne ce qu’il vous arrive, un moment, il va falloir que des mots sortent de votre bouche pour parvenir jusqu’à mes oreilles, voyez ?
    AUDREY FLEUROT : Me parlez pas comme à une attardée, j’ai horreur de ça !
    ALEXANDRE ASTIER :  Ben oui mais vous avouerez que vous m’aidez pas des masses sur ce coup-là.
    AUDREY FLEUROT : Ben voilà ... j’arrive plus à me déplacer !
    ALEXANDRE ASTIER : Excusez-moi mais je vous ai vue arriver et vous vous déplacez très bien. J’irai même jusqu’à dire, gracieusement. Alors ? Qu’est-ce que vous en ... de ... hein ?
    AUDREY FLEUROT : Mais vous pigez rien mon p’tit bonhomme ! J’arrive plus à me déplacer comme avant... hop ! Le temps d’un claquement de doigt et j’étais arrivée ! Je pensais que ça allait revenir tout seul mais non, rien ! Vous avez attendu trop longtemps, j’ai perdu mes pouvoirs !
    ALEXANDRE ASTIER : Non mais vous déconnez là ?!
    AUDREY FLEUROT : Ah ben non, je plaisanterais pas avec ça ! Vous allez me virer, hein ? C’est ça ?
    ALEXANDRE ASTIER : J’y crois pas ! Mais vous avez jamais eu aucun pouvoir, c’était des truquages ! C’est la magie du cinéma mais pas de la magie tout court ! Qu’est-ce qu’il se passe sur ce tournage ? J’ai l’impression que tous mes comédiens se font bouffer par leur personnage !

Jacques Chambon arrive.

    JACQUES CHAMBON : Tiens mais c’est la Dame du Lac ! Ça faisait un bail, ça roule ?
    AUDREY FLEUROT : Merlin ! Dites-lui, vous, que c’était pas du flanc nos pouvoirs ... Ah merde ! Si, vous, c’est vrai, c’était du flanc.
    ALEXANDRE ASTIER : Elle pense qu’elle avait vraiment des pouvoir dans la série ! Vous imaginez ?
    JACQUES CHAMBON : Ah ! N’importe quoi ! Elle est bonne pour le psy, la rouquine !
    ALEXANDRE ASTIER : Vous pourriez être un peu moins brutal, quand même, Jacques !
    JACQUES CHAMBON : Moins brutal ?! Alors qu’elle vient de dire que mes pouvoirs à moi, c’était du flanc ! J’ai fait une potion de polymorphie pour Uther Pendragon, moi, Madame Dulac !
    AUDREY FLEUROT : Ah ! Je l’attendais, celle-là ! Mais qu’est-ce que vous avez fait depuis, mon pauvre ami ? Rien, nada, que tchi !

Audrey et Jacques en viennent aux mains, Alexandre s’interpose.

    ALEXANDRE ASTIER : Non mais je rêve, vous êtes complètement givrés, tous les deux ! Vous êtes des ACTEURS ! Vous êtes pas vraiment Merlin et la Dame du Lac, ça y est ? Ça percute là-dedans ?
    JACQUES CHAMBON : Euh ... oui ... bien sûr ... .
    AUDREY FLEUROT : Évidemment, on ... on répétait, en quelques sortes.
    ALEXANDRE ASTIER : Ouais ... je préfère ça. Allez vous reposer en attendant qu’on vous appelle.

Les deux acteurs s’éloignent.
(Noir, voix off)

    AUDREY FLEUROT : Enchanteur de mes deux !
    JACQUES CHAMBON : Fiente de mogriave !

TSON !

KAAMELOTT (Ca cause, ça cause ... .)

Réunion de la tab ... merde ! Réunion de travail.

    ALEXANDRE ASTIER : Bon, alors, si j’ai organisé cette réunion un peu dans l’urgence, je dois bien l’admettre, c’est que j’ai remarqué des choses étranges depuis le début du tournage. Il semblerait que certains acteurs soient, comment dire ... “habités” par leur personnage. Alors, c’est pas grave, grave mais, ça peut vite devenir chiant, chiant ! Est-ce que certains d’entre vous ont remarqué des attitudes bizarres chez leurs petits camarades de jeu ? Genre, quelqu’un qui confond la réalité et la fiction.
    FRANCK PITIOT : Ouais moi !
    ALEXANDRE ASTIER : Oui, on vous écoute, Franck, qu’avez-vous noté d’inhabituel ?
    FRANCK PITIOT : Ben, comme vous avez dit, là ... le seigneur Karadoc, il confond la virilité et la miction !
    ALEXANDRE ASTIER : Seigneur Karadoc ?! Jean-Christophe, vous voulez dire ?
    FRANCK PITIOT : Ben ouais, c’est pareil !
    ALEXANDRE ASTIER : Ben non, justement ! Tout le problème est là !
    JEAN-CHRISTOPHE HEMBERT : Et je peux savoir ce que vous me reprochez exactement , messire Perceval ?
    ALEXANDRE ASTIER : ARRÊTEZ-MOI CA TOUT DE SUITE ! C’est pas Perceval, c’est Franck et lui, c’est pas Karadoc, c’est Jean-Christophe ! Putain ! Faut vous l’dire comment ?!
    JACQUES CHAMBON : Non mais vous inquiétez pas, ça me l’a fait aussi au départ mais maintenant, ça va.
    ALEXANDRE ASTIER : Ah ouais, vous vous prenez plus pour Merlin ? Bon, y’a de l’espoir alors.
    JACQUES CHAMBON : Comment ça ?
    ALEXANDRE ASTIER : C’est bon maintenant, vous savez que vous êtes acteur et que vous jouez le rôle de Merlin ? Ça s’est arrangé avec Audrey après notre discussion ?
    JACQUES CHAMBON :   Quand vous êtes parti, je me suis dit : Je vais me promener ? Je vais pas me promener ? Finalement j'ai décidé de me beurrer la gueule.
    ALEXANDRE ASTIER : DE QUOI ?!
    AUDREY FLEUROT : Mais insistez pas, c’est un nul !
    JACQUES CHAMBON : Pourquoi, vous avez retrouvé vos pouvoirs, vous, peut-être ?!
    JEAN-CHRISTOPHE HEMBERT : Alors ?! Vous allez me le dire ce que vous me reprochez seigneur Perceuval Deu Gaaalles ?!
    LIONNEL ASTIER : Ah non mais si ça continue comme ça moi, je rentre en Carmélide !
    JOËLLE SEVILLA : Arrêtez de dire n’importe quoi ! Tant qu’y a pas d’héritier, on reste ici !
     ALAIN CHABAT : Alors, si je peux me permettre, un sourire est souvent la réponse au vilain courroux.
    GERALDINE NAKACHE : Oh mais taisez-vous, vous ! Vous allez encore nous refiler la honte !
    ALEXANDRE ASTIER : TAISEZ-VOUS TOUS, BANDE DE DÉGÉNÉRÉS !
    FRANCK PITIOT : Taisez-vous bande de Glanduuuuuus ! Le roi va parler !

(Silence dans l’assemblée)

    FRANCK PITIOT : Allez-y, Sire, on vous écoute.
    ALEXANDRE ASTIER : Euh, oui ... alors, euh, écoutez, je crois que la journée a été difficile pour tout le monde, alors, je propose qu’on aille tous se coucher. On y verra plus clair demain.
    ANNE GIROUARD : Du coup, vous les laissez dans cet état là ? A pas savoir qui ils sont, vous êtes inconscient ou quoi ? Il faut appeler le SAMU !
    ALEXANDRE ASTIER : Vous croyez ? Mais non. Je suis vanné, je vais au pieu, on verra ça demain !

(Noir, voix off)

    ANNE GIROUARD : Et naturellement, vous dormez avec une de vos maîtresses ?!

TSON !


KAAMELOTT (On reprend, parce que ... bon !)

   Le lendemain matin, tout le monde a la gueule de bois mais personne ne se souvient avoir bu. Alexandre prend conscience de la gravité de la situation et prévient les autorités sanitaires. Une heure plus tard, les lieux de tournage, acteurs et techniciens sont en quarantaine. La panique commence à gagner tout ce petit monde.

    ALEXANDRE ASTIER : Bon, écoutez-moi ! Ça semble impressionnant, comme ça, mais c’est juste une petite vérification de routine. Surtout, ne paniquez pas !
    NICOLAS GABION (hystérique) : PARCE QUE VOUS PENSEZ QU’ON PANIQUE, LA ?! Y’A AUCUNE RAISON ! POURQUOI VOULEZ-VOUS QU’ON PANIQUE ? HEIN ? HEIN ?! ON A DES RAISONS DE PANIQUER ?! DITES-LE NOUS MAIS DITES-LE NOUS OU TAISEZ-VOUS A JAMAIS ! Oh non, nous allons tous mourir !
    ANNE GIROUARD : Moi, j’avais juste dit, le SAMU. Mais Monsieur Astier, naturellement, c’est pas assez bien pour lui ! Il lui faut tout le bataclan à Monsieur Alexandre Astier ! Il lui faut du spectacle, des figurants, des victimes pourquoi pas !
    ALEXANDRE ASTIER : Euh ... ça va peut-être aller, là ?
    ANNE GIROUARD : Oui, je me suis un peu emballée mais ... ça soulage.

Un homme en combinaison blanche et masque s’approche d’eux.

    Bonjour, je suis le Docteur Machin.
    ALEXANDRE ASTIER : Alors, Docteur, c’est grave ?
    DOCTEUR MACHIN : Alors là ! J’en sais rien. Vous savez, la médecine, c’est pas une science exacte !
    ANNE GIROUARD : Mais comment ça ?
    DOCTEUR MACHIN : Non, je plaisante, c’était une référence à la série. Je suis un grand fan.
    ALEXANDRE ASTIER : Alors, qu’est-ce qui se passe ?
    DOCTEUR MACHIN : Ah, en revanche, c’est vrai que j’en sais rien. On a fait des prélèvements, maintenant, faut les envoyer au labo.
    ANNE GIROUARD : Et on saura dans combien de temps ?
    DOCTEUR MACHIN : Une fois arrivés au labos ... en une ou deux heures, ça devrait être torché !
    ALEXANDRE ASTIER : Ben qu’est-ce que vous attendez pour apporter tout ça au labo ?
    DOCTEUR MACHIN : Mon chauffeur. Ah, ben c’est lui, là bas ! Hé ! Machin !
    ANNE GIROUARD : Il est de votre famille ?
    DOCTEUR MACHIN : Non, pourquoi ? Je le connais pas ! Vous êtes bizarre dans le cinéma, hein !

    ***

Trois heures plus tard, le Docteur Machin est de retour.

    ALEXANDRE ASTIER : Vous aviez pas dit, deux heures max ?!
    DOCTEUR MACHIN : Ouais, non, en fait, ça a pris un quart d’heure. Je ne cesse de m’extasier devant les progrès de la science !
    ALEXANDRE ASTIER : Mais pourquoi vous arrivez seulement maintenant ?!
    DOCTEUR MACHIN : Ah ben, on a cassé la croûte, quand même ! Même si je m’appelle Machin, je ne suis pas une machine ! (Rire)
    ANNE GIROUARD : Mais vous auriez pu nous téléphoner au moins ! On se fait un sang d’encre, nous, ici !
    DOCTEUR MACHIN : Ah ouais merde ! J’y ai pas pensé. Désolé. Bon, toujours est-il qu’on a rien trouvé ! Enfin, rien de grave ... des petits rhumes, quelques MST ... que du tout-venant !
    ALEXANDRE ASTIER : Vous me donnerez les noms, quand même, qu’on les prévienne.
    DOCTEUR MACHIN : Ah ben les gars, ils le savent déjà, hein ! Quand on a le nez qui coule, c’est qu’on a un rhume.
    ALEXANDRE ASTIER : Non mais les autres ! Ceux qu’on des ... .
    DOCTEUR MACHIN : Les MST ?! Ah non, c’était pour déconner, ça ! Vous avez pas trop le sens de l’humour, vous, ou je me goure ?

    ***

Les équipes médicales sont parties, Alexandre réunit tous les acteurs.

    ALEXANDRE ASTIER : Alors, les gars ... .
    AUDREY FLEUROT : Et les filles !
    ALEXANDRE ASTIER : Pfffff, alors, messieurs dames, bonne nouvelle, personne n’est malade ! Je voudrais, malgré tout, faire une petite vérification. Jacques ! Vous pouvez approcher ?
    JACQUES CHAMBON : Pourquoi moi ? J’ai rien dit !
    ALEXANDRE ASTIER : Non mais c’est pas une punition, calmez-vous. Bon, dites-moi votre nom.
    JACQUES CHAMBON : Bon, ben ... Jacques Chambon.
    ALEXANDRE ASTIER : Profession ?
    JACQUES CHAMBON : Ben, acteur !
    ALEXANDRE ASTIER : Très bien, merci. Franck !
    FRANCK PITIOT : Ouais ?
    ALEXANDRE ASTIER : Votre nom ?
    FRANCK PITIOT : Ah merde ! J’avais révisé pourtant ! Non, j’déconne, Franck Pitiot, acteur !
    ALEXANDRE ASTIER : Bon ! On dirait que tout est revenu à la normale. Alors, on reprend, parce que bon !

(Noir, voix off)

    AUDREY FLEUROT : C’est bien joli, tout ça, mais ça me dit pas comment je vais me téléporter, moi !

TSON !


KAAMELOTT (Ca continue ... )

   Trois jours après la quarantaine, le travail a bien avancé, deux scènes importantes sont en boîte et une troisième en cours de tournage.

    ALEXANDRE ASTIER : Bon les gars ... .
    AUDREY FLEUROT : Et les filles !
    ALEXANDRE ASTIER : (Soupire) Donc, les gars ET les filles, on termine la scène, là et demain, on dégage pour aller tourner en plein air. Ça va faire du bien à tout le monde. Allez ! Jean-Christophe, Franck et Nicolas, sur le plateau !
    FRANCK PITIOT : Attendez ! Y’a un gars qui veut vous parler, il parait que vous le connaissez.
    AUDREY FLEUROT : C’est qui çui-là ?
    ALEXANDRE ASTIER : Sa tête me dit quelque chose ... .
    Bonjour, c’est moi !
    ALEXANDRE ASTIER : Euh oui, votre visage ne m’est pas inconnu mais ... .
    Machin, Docteur Machin !
    ALEXANDRE ASTIER : Ah oui, okay ! Qu’est-ce qui se passe ? Vous avez trouvé quelque chose, finalement ?
    DOCTEUR MACHIN : En dehors des MST ? (Rire) Non, non, rassurez-vous, je ne suis pas là pour ça.
    AUDREY FLEUROT : QUOI ?! Y’en a qu’ont des MST dans le groupe ?!
    ALEXANDRE ASTIER : Mais non, chut ! C’était juste une mauvaise blague ! Allez pas alarmer tout le monde.
    DOCTEUR MACHIN : Mauvaise, mauvaise, c’est vous qui le dites ! A part vous, tout le monde a rigolé !
    ALEXANDRE ASTIER : je ne crois pas, non. Mais bon, qu’est-ce que vous voulez ?
    DOCTEUR MACHIN : Trois fois rien, juste un rôle dans le film.
    ALEXANDRE ASTIER : Ouais ... alors, est-ce que vous m’avez vu prendre la température ou la tension de mes acteurs ?
    AUDREY FLEUROT : Ou actrices !
    DOCTEUR MACHIN : Ben non mais je vois pas le rapport.
    ALEXANDRE ASTIER : Le rapport, c’est chacun son métier, pour les rôles, j’ai des comédiens !
    AUDREY FLEUROT : Et comédiennes !
    DOCTEUR MACHIN : Non mais, elle vous emmerde tout le temps comme ça, celle-là ?!
    AUDREY FLEUROT : Tu sais ce qu’elle te dit, celle-là ? (Elle lui colle une bonne baffe)
    ALEXANDRE ASTIER : Ah ben voilà ! Ils sont gentils les comédiens ... et comédiennes, mais faut pas trop les chercher !
    DOCTEUR MACHIN : J’voudrais pas dire mais elle a pas l’air dans son état normal. Il serait préférable que je l’examine.
    AUDREY FLEUROT : Approchez pas ou j’vous en colle une autre !
    ALEXANDRE ASTIER : N’insistez pas, ou ça va mal se mettre !
    DOCTEUR MACHIN : Okay ! Et une figuration ? Hein ?! Juste une figuration mais avec un gros plan, quand même !
    ALEXANDRE ASTIER : Pfffff, okay. Ici, on en a pas besoin mais soyez demain au château de Murol, je vous trouverai bien un p’tit truc.
    DOCTEUR MACHIN : Ah mais je peux pas quitter la ville, moi ! je suis de garde !
    AUDREY FLEUROT : Ah mais c’est très bien, ça ! On va vous prêter un costume, comme ça vous pourrez monter la garde devant votre cabinet ! Vous serez tout choupinet !
    DOCTEUR MACHIN : Ben ouais, pourquoi pas ? Ça va faire marrer mes patients !
    JEAN-CHRISTOPHE HEMBERT : Bon on tourne ou quoi ? On va encore bouffer à pas d’heure !
    ALEXANDRE ASTIER : Mais vous passez votre temps à bouffer du saucisson dans cette scène, me dites pas que vous avez faim !
    JEAN-CHRISTOPHE HEMBERT : Collez-vous dans l’crâne que le cinéma, c’est pas la réalité, alors, je mange mais c’est pas pareil !
    DOCTEUR MACHIN : Et celui-là, il mériterait pas d’être examiné aussi ?
    JEAN-CHRISTOPHE HEMBERT : Mais je vais très bien,moi. Tant qu’on mange à l’heure !
    ALEXANDRE ASTIER : Non mais il a raison, faut qu’on termine ! Allez ! Tout le monde en place !
    NICOLAS GABION : je peux vous demander un truc ?
    ALEXANDRE ASTIER : Oh ben, allons-y, on est plus à ça près.
    NICOLAS GABION : Je, enfin, Bohort dit : Partez devant, je vous rejoins dès que j’aurai retrouvé mon épée.
    ALEXANDRE ASTIER : Ouais et alors ?
    NICOLAS GABION : Ben je tiens mon épée à la main depuis le début de la scène !
    ALEXANDRE ASTIER : Ben c’est ça qu’est drôle !
    NICOLAS GABION : Donc, vous trouvez drôle de me faire passer pour un couard ?!
    ALEXANDRE ASTIER : Mais c’est pas vous, c’est votre personnage !
    NICOLAS GABION : Peut-être ! Mais j’aimerais bien avoir le beau rôle une fois de temps en temps !
    ALEXANDRE ASTIER : Bon écoutez, on fait celui-là, tel quel et, plus tard, j’essayerai de vous pondre un truc où vous truciderez tout un régiment de méchants ! Ça vous va comme ça ?
    NICOLAS GABION (aux anges) : Tout un régiment ? C’est peut-être exagéré ... une dizaine pour commencer, ça serait déjà pas mal.
    ALEXANDRE ASTIER : Ben voilà, vendu ! Allez, on y va !
    LIONNEL ASTIER : Excuse-moi fiston ! Comme on a plus rien à tourner, nous, on part devant, direct à l’hôtel à Murol. J’ai les arpions qui nagent dans l’jus, j’ai besoin d’une bonne douche !
    ALEXANDRE ASTIER : Ah ouais, effectivement ... comme dirait Karadoc, ça englobe un peu !

(Noir, voix off)

    FRANCK PITIOT :   Et les pieds, on peut dire que c'est plutôt une bonne chose, ou une mauvaise chose ?

TSON !


KAAMELOTT (Y’a comme un malaise ...)

   Murol :
L’équipe du film s’est installée au pied du château où des yourtes ont été montées.

    PERCEVAL : Vous pouvez répéter ? J’ai rien bité, moi !
    ROI BURGONDE : RRIENBITEMOA ! Rrienbitémoi ? Où il est Arthour ? COUIIILLERRE !
    KARADOC : Mais il est où l’inter-machin, là ?!
    ROI BURGONDE : PAS BESOIN INTERRPRRETE POURR PARRLER LANGAGE A VOUS ! Leu pommier fleuri seu reufléteu dans l’eau dou lac ... . AH !
    PERCEVAL : Déjà qu’on a du mal à tout piger avec ceux d’ici, j’vous raconte pas avec çui-là !
    KARADOC : Et pourquoi que c’est pas le Roi qui s’en occupe ?! Il parle latin, lui !
    PERCEVAL : Nan mais j’crois pas qu’ils viennent de Rome, ceux-là !
    KARADOC : Quel rapport avec le latin ?
    PERCEVAL : Ouais, non, j’dis des conneries ... mais c’est l’autre qui m’embrouille aussi avec ses histoires de pommiers !
    ALEXANDRE ASTIER : COUPEZ ! Bravo c’était excellent ! Enfin, c’était très bien ! C’était bien, pas mal, quoi ! Quoique Jean-Christophe c’était ... couçi-couça. En fait, c’était pas mauvais, c’était TRÈS mauvais ! On recommence !
    ANNE GIROUARD : Vous vous prenez pour Louis de Funès ou quoi ?!
    ALEXANDRE ASTIER : De quoi ?! Comment ça ?
    ANNE GIROUARD : On aurait dit le passage de la grande vadrouille quand il dirige l’orchestre.
    ALEXANDRE ASTIER : Mais n’importe quoi, qu’est-ce que vous ... allez ! Circulez ! Foutez-moi l’camp ou j’te tape !
    ANNE GIROUARD : Non mais vous êtes givré mon p’tit bonhomme, faut vous faire soigner, hein !

Pendant ce temps, Perceval a sorti son épée.

    KARADOC : Ben, qu’est-ce que vous foutez ?
    PERCEVAL : Le Roi a dit de le couper c’est un très mauvais !
    KARADOC (sortant également son épée) : Vous êtes sûr ?

Ils se dirigent tous les deux d’un air menaçant vers Guillaume Briat, le Roi Burgonde.

    GUILLAUME BRIAT : Euh, les gars, qu’est-ce que vous faites ? C’est pas dans le scénario, ça !
    PERCEVAL : Comme par hasard, il parle la langue maintenant !
    KARADOC : Ouais ! J’aime pas très très ça !
    GUILLAUME BRIAT : Non mais les gars, faites pas les cons, ça coupe quand même un peu vos épées de cinéma, là !
    ALEXANDRE ASTIER : FRANCK ET JEAN-CHRISTOPHE ! Qu’est-ce que vous foutez là ?! On a dit qu’on refaisait une prise !
    PERCEVAL : Ah mais vous venez de dire de le couper ! Faudrait savoir !
    KARADOC : Ouais ! On pourrait pas faire une pause, plutôt ? J’vais encore rater un casse-dalle, moi !
    ANNE GIROUARD : Ah la vache ! C’est reparti encore pire qu’avant ! Il a rien foutu le Docteur Machin, c’est un vrai charlatan celui-là !
    GUILLAUME BRIAT : ARTHOURR ! PAS COUPER BURRGONDE POURR RREPRRISE !
    ANNE GIROUARD : Ben voilà ! Qu’est-ce que je disais, pire qu’avant ! Tout le monde est atteint !
    ALEXANDRE ASTIER : Ah non, pas tout le monde ! Pas moi !

(Noir, voix off)

    ALEXANDRE ASTIER : Hein ? Ma biche !

TSON !


KAAMELOTT (Ça pue duc mais violent)


Anne Girouard et Audrey Fleurot font une pause café à l’écart du groupe.

    ANNE GIROUARD : Ça commence à vraiment m’inquiéter cette ambiance sur le tournage ... tous ces acteurs qui se prennent pour leur personnage voire, carrément quelqu’un d’autre.
    AUDREY FLEUROT : M’en parlez pas, ça me met une angoisse ... mais, c’est qui qui se prend pour quelqu’un d’autre ?
    ANNE GIROUARD : Vous avez pas remarqué ?! Alexandre se prend pour Louis de Funès !
    AUDREY FLEUROT : Ah merde ! Depuis quand ?
    ANNE GIROUARD : Ben hier, je crois.
    AUDREY FLEUROT : C’est emmerdant, c’est un peu lui le chef, quand même.
    ANNE GIROUARD : UN PEU ?! Mais c’est lui qui fait tout ! Le scénario, la musique, tout, tout ! Il nous donne même les dialogues au dernier moment, vous voyez mieux le problème ?!
    AUDREY FLEUROT : Ah ouais, ça craint... quoique ... être dirigée par Louis de Funès ... ça le fait grave, quand même !
    ANNE GIROUARD : MAIS C’EST PAS LOUIS DE FUNES ! C’EST JUSTE UN RÉALISATEUR SCHIZOPHRÈNE !
    AUDREY FLEUROT : Mais vous énervez pas comme ça, peut-être que Merlin pourra faire quelque chose.
    ANNE GIROUARD : Ah mais vous aussi en fait ! Vous êtes atteinte !
    AUDREY FLEUROT (riant) : Mais non, je plaisante !

(Noir, voix off)

    AUDREY FLEUROT : C’est à Elias qu’il faut demander !

TSON !


KAAMELOTT (Comme un vent de folie)

Audrey Fleurot parcoure les lieux de tournage avec frénésie.

    AUDREY FLEUROT : Dites-moi, vous ! Vous avez vu Elias ?!
    TECHNICIEN : Elias, euh, c’est-à-dire ? Bruno, vous voulez dire ?
    AUDREY FLEUROT : Mais non, connard ! (Elle lui file une beigne)
    TECHNICIEN : Mais euh ! Ça va pas bien ?!
    AUDREY FLEUROT : Elias de Kelliwic'h ! Le fourbe !
    TECHNICIEN : Ben ouais, c’est ça ! Bruno Fontaine ! Mais non, il est pas là, il est même pas dans le casting !
    AUDREY FLEUROT : Comment ça “pas dans le casting” ? Qu’est que vous racontez mon pauvre ami ?! “Pas dans le château” vous voulez dire ?
    TECHNICIEN : Euh, je vous dis plus rien, moi ... allez demander au chef !
    AUDREY FLEUROT : Ouais, bonne idée ... il est où Louis ?
    TECHNICIEN : Louis ?! Écoutez j’ai du boulot, moi, je vous laisse.
    AUDREY FLEUROT : Revenez ici tout de suite, sale petit ... .
    JACQUES CHAMBON : Ben Madame Dulac, on pique sa crise ?
    AUDREY FLEUROT : Ah ben, pour une fois, vous tombez bien, vous ! Il est où votre collègue ?
    JACQUES CHAMBON : Qui ? Le fourbe ?! Mais j’en sais rien, j’en ai pas la garde !
    AUDREY FLEUROT : Décidément, vous êtes vraiment bon à rien... jamais !
    JACQUES CHAMBON : Ben ... si je suis jamais bon à rien, c’est que je suis toujours bon en tout, faut être logique ! Qu’est-ce qu’il vous fallait ?
    AUDREY FLEUROT : Un enchanteur en état de marche ! Autrement dit, pas vous !

Anne Girouard les rejoint essoufflée.

    ANNE GIROUARD : Mais Audrey, qu’est-ce que vous faites ?!
    AUDREY FLEUROT : Ah vous revoilà vous ! Vous avez trouvé Louis ?
    ANNE GIROUARD : Louis ... de Funès ?
    AUDREY FLEUROT : Mais évidemment ! Que vous êtes gourde, ma pauvre fille !
    JACQUES CHAMBON : Tiens ! C’est bizarre, ça.
    AUDREY FLEUROT : QUOI ! Qu’est-ce qu’il y a de bizarre, vieux machin inutile ?!
    JACQUES CHAMBON : Comment que ça se fait que la reine arrive à vous voir ?
    AUDREY FLEUROT : Tiens oui ! Comment ça se fait ?!
    ANNE GIROUARD : Mes pauvres amis, je suis désolée mais vous n’allez pas bien du tout.
    JACQUES CHAMBON : J’me sens très bien, moi ! J’suis au top de ma forme, j’pourrais vaporiser une dizaine d’Elias en un claquement de doigts !
    AUDREY FLEUROT : On va demander à Louis qui est malade ici !

    ***

Anne, Audrey et Jacques finissent par trouver Alexandre.

    ALEXANDRE ASTIER : Bon, qu’est-ce qu’il vous arrive à vous trois ?
    ANNE GIROUARD : Ça dépend, vous êtes qui ?
    AUDREY FLEUROT : Mais vous voyez bien que c’est le roi, ça tourne pas rond chez vous !
    ALEXANDRE ASTIER : Qu’est-ce que vous racontez, vous ? Quel roi ?!
    AUDREY FLEUROT : Vous êtes le roi Arthur et moi, la Dame du Lac !
    ALEXANDRE ASTIER : Tu mens, tu mens, elle me ment !  Je suis Louis de Funès ! Tout le monde le sait, ça !
    AUDREY FLEUROT : Oh, ta gueule !
    ALEXANDRE ASTIER : Mais je ne te permets pas de me vouvoyer... Enfin je ne me permets pas de te tutoyer !
    ANNE GIROUARD : STOOOOOOP ! Ça suffit ! Vous, vous êtes Alexandre, vous Audrey et vous Jacques et vous êtes tous des acteurs ! On va se calmer et reprendre nos esprits, sans ça, le film, il ne sortira jamais !
    ALEXANDRE ASTIER : Ben ouais, c’est vrai ... c’est vous qui avez raison ... qu’est-ce qu’il nous arrive ?
    AUDREY FLEUROT : La vache ! J’ai l’impression de sortir d’un rêve ... .
    JACQUES CHAMBON : Moi pareil, ça fout la trouille ces conneries.
    ALEXANDRE ASTIER : Ça peut pas continuer comme ça, il nous faut de l’aide.
    ANNE GIROUARD : Pas le docteur Machin en tous cas, il est trop nul !
    ALEXANDRE ASTIER : C’est pas un médecin qu’il nous faut, c’est un enquêteur ... je crois qu’on nous drogue ! Je connais un détective privé, je vais l’appeler.

(Noir, voix off)

    JACQUES CHAMBON : Putain, il est fort ce con !

TSON !


KAAMELOTT (L’enquête du G.R.A.A.L)

Les Estables.
   L’équipe de sécurité habituelle a été doublée depuis qu’Alexandre soupçonne une action malveillante.

    VIGILE : Sire !
    ALEXANDRE ASTIER : Ah non ! Vous allez pas vous y mettre, vous aussi ?!
    VIGILE : Désolé ! J’avais trop envie ... depuis le temps que je regarde Kaamelott. Monsieur Astier, on a trouvé une SDF qui traînait dans le périmètre sécurisé. Elle prétend que vous l’avez autorisée à rester.

   Une femme à l’âge indéfini, petite, les cheveux sales en bataille et recouverte d’une vieille couverture se tient à son côté, les yeux baissés.

    ALEXANDRE ASTIER : Ah oui, c’est vrai. Elle vit dans le coin à l’année, on va quand même pas la déloger. On s’est mis d’accord, elle peut rester si elle se fait discrète et qu’elle ne gène pas le tournage.
    VIGILE : A vos ordres Si ... Monsieur Astier.
    ANNE GIROUARD : Ça a l’air plus calme depuis quelques temps, vous avez contacté votre détective ?
    ALEXANDRE ASTIER : Ouais, ouais, c’est fait. Il doit être sur le coup, normalement.
    ANNE GIROUARD : Il doit ? Normalement ?! Ah ben, y’a pas de doute, ça rassure !
    ALEXANDRE ASTIER : Nan mais il travaille seul, sans rendre de compte avant d’avoir conclu. De toute façon, on a doublé la sécu, alors ... . Bon, sur ce, faut que j’aille retirer l’épée, moi !
    ANNE GIROUARD : QUOI ?! Ça vous reprend ?!
    ALEXANDRE ASTIER : De quoi ?! Ah ! Non, faut que j’aille tourner la scène où Arthur retire l’épée ... ça vous va mieux ?
    ANNE GIROUARD : Ah bah, je veux mon n’veu ! Vous m’avez foutu une angoisse, là !
    ELIE SEMOUN : C’est dingue cette histoire, quand même ! On pourrait presque faire un thriller à partir du tournage de Kaamelott ... imaginez un tueur qui rôde parmi les acteurs et les techniciens ... un détective privé genre Columbo ... .
    ALEXANDRE ASTIER : Bon alors, d’un, y’a pas eu de mort, donc, pas de tueur ... de deux, Columbo, c’est pas un privé !
    ELIE SEMOUN : Nan mais on s’en fout d’ça ... ça serait pas un reportage et puis Columbo, c’est juste pour le look du gars débraillé avec le cigarillo et tout ... (Il s’aperçoit qu’Alexandre le regarde d’un air fatigué) non ? Vraiment ? Vous c’est Kaamelott, Kaamelott, hein ? Vous préférez rester dans votre petit confort !
    ALEXANDRE ASTIER : Ben ouais, ça fera jamais que dix ans que les fans attendent ça, je me suis battu pour les droits, j’ai mis des années à réunir l’oseille, je suis allé chercher des acteurs dans toute la France, j’ai fait construire des décors de ouf, j’ai expliqué encore et encore ce que c’est Kaamelott, en plaisantant pour que personne ne s’ennuie ... alors, ce sera pas un thriller mais je veux pas qu’on dise que je suis resté dans mon p’tit confort parce que c’est pas vrai !
    ELIE SEMOUN : J’ai envie de dire, un sentiment distingué est un sentiment bien habillé ... et là-dessus, je vous laisse parce que je sais plus quoi dire.
    ANNE GIROUARD : Il est pas trop fut-fut lui, ou je me goure ?
    Je peux déjà vous faire un premier rapport.

   Alexandre et Anne se retournent vers la voix qui vient de les interrompre. La petite SDF est là, devant eux, un sourire en coin et la tête fièrement levée.

    ALEXANDRE ASTIER : Ah non ! On était d’accord, vous restez à l’écart du tournage !
    PETITE SDF : T’emballe pas, Alex, c’est moi “Chère Loque” !
    ALEXANDRE ASTIER : Sherlock ?! Mais non, Sherlock est un homme !
    PETITE SDF : Chère Loque est une société de détectives privés dont la principale caractéristique est de se faire passer pour des sans-abris afin d’observer sans être vus. On sait bien, malheureusement, que dans la société actuelle le plus grand nombre évite de regarder la misère en face.
    ANNE GIROUARD : Quand même, je trouve ces procédés ... .
    CHÈRE LOQUE : Avant de me faire la morale, sachez qu’une part non négligeable de nos bénéfices va en aide aux sans-abris et que presque la moitié de mes collègues, comme moi-même, vient de la rue.
    ALEXANDRE ASTIER : Okay, alors, qu’avez vous découvert ?
    CHÈRE LOQUE : Vous aviez raison, on cherche à vous nuire et j’ai trouvé comment. J’ai découvert de petites bonbonnes disséminées un peu partout dans le périmètre. Je les ai récupérées et je les ai fait analyser. Elle contiennent un gaz très spécial que j’ai malicieusement baptisé G.R.A.A.L. : Gaz Rétro-Amnésique Anti-Lucidité. Je vous la fait courte, ça annihile la personnalité de l’individu qui le respire, celle-ci est automatiquement remplacée, par une sorte d’auto-protection du cerveau par une autre personnalité importante pour cette personne. Le personnage vient remplacer l’acteur.
    ANNE GIROUARD : Mais qui ?! Qui nous en veut à ce point ?!
    CHÈRE LOQUE : C’est ce qu’il me reste à découvrir. Les bonbonnes peuvent être déclenchées à distance, ça simplifie pas la tâche mais je l’aurai, ne vous en faites pas !
    ANNE GIROUARD : Faites vite, s’il vous plaît ! Ça m’angoisse toutes ces histoires !

Franck Pitiot arrive en courant.

    FRANCK PITIOT : Bon, faudrait aller retirer l’épée, hein ! Les gars commencent à se les geler là-bas !
    ALEXANDRE ASTIER : D’accord, allons-y ... qu’Arthur redevienne enfin un héros !
    ANNE GIROUARD : Mais ne devenez pas TROP Arthur, quand même !

(Noir, voix off)

    FRANCK PITIOT : Vous inquiétez pas, ça va gazer !

TSON !


KAAMELOTT (Car c’était lui !)

Lieu : Inconnu.
   Le film a bien avancé depuis Murol, plus de trouble de la personnalité, chacun sait qui il est et ce qu’il a à faire. L’équipe est en plein tournage.

    ARTHUR : Perceval venez là, je vous dis !
    PERCEVAL : Ouais mais vous dites “là” mais vous faites pas voir où !
    ARTHUR : Mais quand je dis “là”, c’est où je suis, évidement !
    PERCEVAL : Mais je peux pas v’nir “là” si vous y êtes déjà !
    ARTHUR : Ah mais vous changerez jamais vous, hein ?! Venez à côté de moi !
    PERCEVAL : Ah ben là, c’est clair ! Vous voyez quand vous voul ... (Perceval se tait en avisant le regard d’Arthur) Ouais, euh ... bon, je suis là et maintenant, qu’est-ce qu’on fait de beau ?
    ARTHUR (pointant le doigt) : Vous voyez le pécore là-bas ?
    PERCEVAL : Non.
    ARTHUR : Mais si, sous l’arbre ... près du buisson de houx.
    PERCEVAL : C’est pas pour vous embêter mais des arbres et des buissons, y’a que ça à porte vue !
    ARTHUR : Porte vue ? A perte de vue !
    PERCEVAL : Ouais ... comme vous dites, on en a tout l’tour du ventre !
    ARTHUR : Mais suivez mon doigt !

Tout comme l’imbécile de Lao-Tseu, Perceval regarde le doigt d’Arthur.

    ARTHUR : Ah non mais vous en faites exprès, c’est pas possible !
    LEODAGAN : Qu’est-ce qui se passe ici ?
    ARTHUR : Mais c’est le seigneur Perceval, il me tape sur les nerfs à force de rien comprendre !
     PERCEVAL : Non mais c’est chaud aussi, des arbres et des buissons, y’a que ça par ici !
    LEODAGAN : Je peux savoir de quoi vous ... .
    ARTHUR (agrippant Léodagan par l’épaule et pointant une nouvelle fois du doigt) : Vous voyez le pécore là-bas ?
    LEODAGAN : Non !
    PERCEVAL : Ah !
    ARTHUR : Vous déconnez là ?! Mais regardez bien, sous le grand arbre ... .
    LEODAGAN : Le plus grand ?
    ARTHUR : Oui, euh non, c’est pas le plus grand mais pas le plus petit non plus ... c’est un de ceux entre les deux !
    LEODAGAN : Ah ben dites donc, avec des indications pareilles, on peut pas en vouloir au seigneur Perceval, hein ! Moi non plus, je vois rien !
    ARTHUR : Mais enfin, c’est pas compliqué ! Le plus grand arbre, là, vous le voyez ?
    LEODAGAN : Ben ouais.
    PERCEVAL : Non.
    ARTHUR (soupire) : Ben, vous partez de celui-là et vous comptez une dizaine d’arbres vers la gauche ... eh ben, juste sous celui-là, y’a un pécore quand même !
    LEODAGAN : Si vous le dites ... .
    ARTHUR : Mais si ! Il a un chapeau noir et une liquette blanche, c’est bien simple, on ne voit que ça !
    LEODAGAN : Bon écoutez, on le voit pas votre bouseux, je peux savoir en quoi c’est important ?!
    ARTHUR : Nan mais ... j’ai jamais dit que c’était important. Et puis c’est pas à vous que je voulais le faire voir, c’est au seigneur Perceval !
    LEODAGAN : Ah parce que lui, il a le droit de le voir et pas moi ?!
    PERCEVAL : Je vais peut-être vous laisser, moi.
    LEODAGAN : Restez-là, vous ! (Puis regardant Arthur) Alors ?
    ARTHUR : Mais c’est pas une question de droit, c’est juste que c’est plus rigolo si c’est à lui que je le fais voir, c’est tout !
    LEODAGAN : Vous voulez dire que j’ai pas d’humour ?
    ARTHUR : Ben ... sur certaines choses ... .
    LEODAGAN : Ben expliquez-moi, on verra bien si je rigole ou pas !
    ARTHUR : Non mais, oubliez ça, faut le voir, ça s’explique pas !
    PERCEVAL : Et comme on voit pas ... du coup ... c’est pas drôle ... ou moins drôle. Mais c’est rigolo quand même, hein !
    LEODAGAN : Non mais je suis désolé, on bougera pas de là avant que vous vous soyez expliqué !
    ARTHUR : Oh et puis merde ! Je trouvais qu’il ... vous ressemble (grand sourire) avec sa tignasse, sa tronche pas aimable ... ben vous voyez, ça vous fait pas rire !
    LEODAGAN : Effectivement, je confirme !
    PERCEVAL : Ah mais c’était ça ?! Je croyais que c’était le seigneur Léodagan, moi ! Je risquais pas de voir le pécore, du coup !
    ALEXANDRE ASTIER : COUPEZ ! Cette fois, c’est bon, on la tient !
    LIONNEL ASTIER : Ouais, je crois qu’on était bien dans le ton.
    FRANCK PITIOT : On a bien fait une dizaine de prises et j’ai toujours pas vu le pécore, moi !

(Rires)

    ***

   A quelques kilomètres de là.
   Elias s’affaire dans son labo avec agitation. Il prend une fiole, la repose, il en prend une autre, en verse la moitié dans une coupe, il y ajoute une poudre mystérieuse.

    ELIAS : Ah vous m’avez piqué mes joujoux, vous allez voir ce que vous allez voir !
   -Arrêtez ce que vous faites immédiatement !

   Elias sursaute et se retourne, une sorcière lui fait face. Petite, le visage noir, les yeux globuleux et les cheveux en bataille.

    ELIAS : Que me veux-tu sorcière ? Sais-tu bien à qui tu as affaire ? Elias de Kelliwic’h,  grand Enchanteur du Nord, meneur des loups de Calédonie, pourfendeur du dragon des neiges,  concepteur de la potion de toute pui ... .
    SORCIÈRE : Ouais, bon, abrège ! Je suis venu t’arrêter !
    ELIAS : Mais qui es-tu ?!
    SORCIÈRE : Chère Loque, détective privé !

   Elle lui projette alors du gaz lacrymo en plein visage, Elias hurle et s’écroule. Chère Loque fait le tour de labo et jugeant qu’il n’y a plus de danger, retire son masque à gaz.

    CHÈRE LOQUE : Bruno Fontaine, t’es dans la merde !

    ***

   Chère Loque a convoqué tous les acteurs dans une grande salle. Bruno Fontaine est attaché sur une chaise au centre de l’assemblée.

    CHÈRE LOQUE : Voici donc celui qui vous a causé tous ces ennuis depuis le début, Bruno Fontaine.
    ANNE GIROUARD : Bruno, mais pourquoi ?!
    BRUNO FONTAINE : Non mais je voulais pas que ça prenne ces proportions, au début, c’était juste une blague.
    ALEXANDRE ASTIER : Vous parlez d’une blague ! On aurait pu avoir des blessés, voire pire !
    CHÈRE LOQUE : Je crois qu’il s’est fait prendre à son propre piège.
    BRUNO FONTAINE : Ouais, c’est tout à fait ça. Je l’avais quand même mauvaise de pas faire partie du film, j’ai voulu fabriquer un gaz hilarant histoire de mettre un peu la pagaille.
    LIONNEL ASTIER : Pourquoi, vous êtes chimiste vous ?!
    BRUNO FONTAINE : Pas vraiment mais j’ai eu la panoplie du petit chimiste pour mes six ans.
    AUDREY FLEUROT : Ah ben ouais, il a suivi le même cursus que le docteur Machin, on dirait !
    BRUNO FONTAINE : Ben ouais, je me suis planté et plus j’en fabriquais, plus j’en respirais et j’ai fini par me prendre pour Elias en permanence. Je suis désolé.
    CHÈRE LOQUE (à Alexandre) : Qu’est-ce que vous faites ? Vous voulez porter plainte ?

   Tous les acteurs se regardent d’un air gêné.

    ANNE GIROUARD : On est pas obligés de mêler la police à ça !
    ALEXANDRE ASTIER : Ouais, non, vous allez arrêter vos conneries Bruno ?
    BRUNO FONTAINE : Ah ben ouais, c’est sûr ! Maintenant que j’ai retrouvé mes esprits, je touche plus à la chimie, promis !
    ALEXANDRE ASTIER : Non mais, chimie ou pas, vous nous mettez plus de bâtons dans les roues ?!
    BRUNO FONTAINE : Promis, juré, craché ! (Joignant le geste à la parole)
    JOËLLE SEVILLA : Oh ! Faites gaffe où vous glaviotez, vous !
    ALEXANDRE ASTIER : Bon, on va en rester là. Chère Loque, bon boulot ! Combien je vous dois ?
    CHÈRE LOQUE : Y’a bien une vingtaine de sans-abri dans le coin qui auraient rien contre une figuration, vous voyez ce que je veux dire ?
    ALEXANDRE ASTIER : Absolument, c’est comme si c’était fait !

   Le tournage a depuis, repris son cours normal et les choses avancent bien. Malgré tout, si le film ne sort qu’en 2021, faudra pas leur en vouloir, il y a des circonstances atténuantes.
(Noir, voix off)

    LOUIS DE FUNES : Il est bien ce petit Alexandre, il sait reconnaître les talents quand il les croise ... enfin, surtout le mien !

TSON !

Y a matière à un véritable épisode, là. Bravo !

Bon, est-ce que je ferme mon "C'est long !" pour ouvrir un "C'était long, quand même !" ? :rolleyes:

Un peu de douceur dans ce monde de brutes ! :)

PERCEVAL IN LOVE


I) LE COUPLE IDEAL

***

   Arthur et Perceval en mode détente assis sous l’arbre du roi.

PERCEVAL : Nan mais moi, j’crois qui faut que j’me trouve une femme !

ARTHUR : Ah ouais, ça m’semble une bonne idée, ça !

PERCEVAL : Avec Angharad c’était bien parti et puis pffft ! Elle s’est barrée comme ça du jour à la veille.

ARTHUR : Au lendemain ! On dit, du jour au lendemain.

PERCEVAL : Ah bon ? Vous êtes sûr ? Ça change rien, je l’avais pas vue ni la veille ni le lendemain.

ARTHUR : Bon, je vais pas vous mentir, ça me chagrine pas trop qu’elle soit partie, je pouvais pas la saquer ! De toute manière, vous étiez pas allés bien loin tous les deux ?

PERCEVAL : Une fois, on est allés jusqu’au village, quand même !
ARTHUR : Non mais pas ça ... vous avez pas fait grand-chose ensemble, euh ... des choses qu’on fait en privé ... à deux... enfin, la plupart du temps ... et qu’on porte pas beaucoup de vêtements ... .

PERCEVAL : Ah ouais ! J’vois c’que vous voulez dire... ouais mais non, on est jamais allés se baigner. Pourquoi, ça aurait pu aider, vous croyez ?

ARTHUR : Non mais sans déconner, vous savez bien ce que font un homme et une femme qui s’apprécient ?!
PERCEVAL : Ah ouais, les choses du sexe vous voulez dire ? Non mais y’a des filles pour ça, avec Angharad, je voulais attendre qu’on soit mariés !

ARTHUR : Résultat, elle s’est barrée !

PERCEVAL : Ouais, c’est pour ça, faudrait que je m’en trouve une autre, quelque chose de sérieux quoi ! Qu’on soit un couple uni, comme, par exemple ... le seigneur Léodagan et Dame Séli !

ARTHUR : DE QUOI ?!

PERCEVAL : Ben ouais, quand même, quand on les voit ensemble, ça fait envie !

ARTHUR : Mais ils sont toujours à se balancer des fions !

PERCEVAL : Ben ouais, justement, ils sont très complices !

ARTHUR : Ah bah, dites donc ! C’est vraiment pas le couple que j’aurais choisi en exemple ! Et la reine et moi, vous en pensez quoi ?

PERCEVAL : Je peux vous parler en toute frange ?

ARTHUR : En toute franchise ? Oui, allez-y !

PERCEVAL : Ben, la reine, ça va, je crois qu’elle vous aime, vous, en revanche, vous avez pas l’air heureux. (Silence pesant) Mais je peux me gourer, hein ! Je suis qu’un con, vous savez bien !

ARTHUR : Non, non, bien au contraire, vous êtes très perspicace.

PERCEVAL : Ça, j’peux pas vous dire ... je sais pas c’que ça veut dire.

ARTHUR : Que vous êtes bien moins con que c’qu’on pourrait croire !

PERCEVAL : Sinon, vous auriez une femme à me conseiller ?

(Noir, voix off)
ARTHUR : J’vais réfléchir mais avant d’en trouver une à votre hauteur ...vous méritez une perle !
TSON !



***


II) LA QUETE DE PERCEVAL

***

Perceval et Karadoc à la taverne.

KARADOC : Vous cherchez toujours une femme ? Vous voulez la mienne ?

PERCEVAL : Non mais ça va pas bien ?! Jamais je ne toucherai ... .

KARADOC : La femme d’un ami ? Ouais, je vous comprends.

PERCEVAL : Ouais, aussi mais moi j’allais dire : Une mocheté pareille ! Mais pourquoi ? Vous en voulez plus d’la vôtre ?

KARADOC : C’est pas ça, non mais vous êtes mon ami et je vois bien que ça va pas. Ça vous travaille cette histoire de femme.

PERCEVAL : Ouais, c’est vrai mais le roi a dit qu’il allait réfléchir à une femme pour moi. Une perle, qu’il a dit !

KARADOC : C’est quoi ça ? C’est un peuple, les Perles ?

PERCEVAL : Non, j’crois qu’c’est un prénom.

KARADOC : Ah bon ?! Il veut vous trouver une femme qui s’appelle Perle ? C’est bizarre, non ? Je savais pas que le prénom avait tellement d’importance.

PERCEVAL : Moi non plus mais si c’est le roi qui le dit ! Et puis, Perle de Galles, ça sonne bien, je trouve.

KARADOC : Ouais c’est vrai... tandis que la mienne ... Mevanwi de Vannes ... y’a trop de « v » ! J’avais jamais remarqué ... il est fort le roi quand même !

PERCEVAL: C’est pour ça ... il peut me désigner n’importe laquelle, je la prends les yeux fermés ! J’ai une confiance à l’aveuglette en lui !

KARADOC : A l’aveuglette ?

PERCEVAL : Ouais, ça veut dire, euh ... que j’lui fais confiance comme à un aveugle !

KARADOC : Ça, c’est drôle, moi, j’leur fais pas confiance du tout à ces gars-là qui vous r’gardent jamais en face !

PERCEVAL : Ouais ! Non, mais j’me suis p’t’être gouré en fait ! C’qui compte, c’est que j’fais confiance au roi ... les histoires d’aveuglette, on s’en tape, c’est juste pour faire joli !

KARADOC : Ouais ... c’est joli en chanson ...

PERCEVAL : En chanson ?

KARADOC : Mais si, vous savez bien : Mon petit oiseau, a pris sa volée A pris sa, à l’aveuglette, a pris sa, à l’aveuglette, a pris sa ... .

PERCEVAL : Veuglée ?

(Noir, voix off)
KARADOC : Ouais, c’est ça ! Vous êtes fort en chanson, vous !
TSON !


***




III) PERCEVAL CONTE FLEURETTE


***


   Labo de Merlin, l’enchanteur discute avec la reine Guenièvre lorsque Perceval entre.

MERLIN : Voilà ma reine, deux livres de pâte d’amande, premier choix.

GUENIEVRE : Merci Mer... . Ah, seigneur Perceval ! Comment allez-vous ? (rougissante et camouflant le sac de pâte d’amande derrière son dos)

PERCEVAL : A pieds, le plus souvent mais des fois, à cheval... mais finissez avec Merlin, je vais attendre.

GUENIEVRE : Je passais juste dire bonjour ... .

MERLIN : Qu’est-ce que je peux pour vous seigneur Perceval ?

PERCEVAL : Il me faudrait une potion ou un sort pour trouver une femme.

MERLIN : C’est-à-dire ?

PERCEVAL : Une femme, vous savez c’que c’est ?! J’en veux une !

MERLIN : Pour quoi faire ?

GUENIEVRE : Enfin, Merlin, je crois que c’est clair ... le seigneur Perceval voudrait se marier ... c’est bien ça ?

PERCEVAL : Ah ben ouais, carrément ! C’était bien parti avec Angharad mais elle s’est barrée, du coup, c’est moins pratique. Le roi a dit qu’il m’en trouverait une ... une perle qu’il a dit mais je crois qu’il a autre chose à faire. Donc, il me faudrait une potion pour trouver une femme qui s’appelle Perle.

GUENIEVRE : Je pense que le roi voulait dire qu’il vous faut une femme hors du commun, une femme parfaite, c’est ça qu’on appelle une perle !

PERCEVAL : Ah bon ? Mais moi, il me faut juste une femme normale ... pas besoin qu’elle soit « mordue comme un » ou « pas refaite ».

MERLIN : De toute façon, j’ai pas de potion pour ça, faudra vous débrouiller tout seul, comme tout le monde !

PERCEVAL : Ah merde ! Comment j’vais faire, moi ?

GUENIEVRE : Ne vous inquiétez pas, je vais vous aider, moi ! C’est bien le diable si je ne vous trouve pas une femme parmi les donzelles du château.

PERCEVAL : Vous croyez ? Mais c’est pas toutes des maîtresses du roi ?

GUENIEVRE : Ah ben non, quand même pas ! Enfin j’espère ... .

***

   Le lendemain, la reine n’a pas chômé et Perceval a rendez-vous dans les jardins avec une certaine Arzela, lointaine cousine de la reine, elle-même. Assis sur un banc, les deux jeunes gens sont plutôt embarrassés et regardent chacun droit devant eux, évitant soigneusement le regard de l’autre. Finalement, Perceval finit par trouver le courage d’engager la conversation.

PERCEVAL : Il fait beau, hein ?!

ARZELA : Oui, c’est vrai.

PERCEVAL : Alors, comme ça, vous êtes de la famille de la reine ?

ARZELA : Il parait, oui. Je ne la connaissais même pas avant de venir à Kaamelott. C’est mon père, lorsqu’il a appris qu’elle avait épousé le roi, il m’a envoyée ici.

PERCEVAL : Ah, la famille ... c’est pas toujours euh ... .

ARZELA : Facile ?

PERCEVAL : OUAIS ! C’est ça ! Vous êtes douée, vous !

ARZELA : Ah bon ? Comment ça ?

PERCEVAL : Vous avez terminé ma phrase, j’aime bien ça !

ARZELA : Vous croyez que c’est bon signe ?

PERCEVAL : Ah ben ouais, carrément ! J’ai un peu de mal à trouver mes mots, parfois. Vous allez vite vous en rendre compte, si on commence à se fréquenter !

ARZELA : Vous me trouvez jolie ?

PERCEVAL : Ouais, ouais, ça va.

ARZELA : Ça va ?!

PERCEVAL : Oui, ça va bien et vous ?

ARZELA : Je crois que je commence à voir ce que vous vouliez dire tout à l’heure ... à propos des mots.

PERCEVAL : Ah ouais ? J’ai dit des conneries ?

ARZELA : Non, pas vraiment ... Il faut que je m’habitue.

PERCEVAL : Ça veut dire que vous voulez bien qu’on se revoie ?

ARZELA : Oui, bien sûr. Vous avez l’air gentil.

PERCEVAL : Vous aussi, je vous trouve très ... .

ARZELA : Là, je ne peux pas vous aider, je risquerais d’être ... .

PERCEVAL : Ah, vous aussi vous ... .

ARZELA (amusée): Oui, c’est peut être contagieux.

(Noir, voix off)
PERCEVAL : Contagieux ... c’est pas quand on peut compter les trucs d’un seul coup d’œil ?
TSON !


***




IV) ARZELA


***

   Arzela et Perceval se promènent dans la campagne non loin du château. Les choses avancent bien si l’on considère que se tenir la main est le comble de l’érotisme.

PERCEVAL : Vous aimez les balades ?

ARZELA : Les balades avec un ou deux « L » ?

PERCEVAL : Euh … vous aimez les promenades ?

ARZELA : Avec un seul, alors ! Oui, j’aime les balades mais ça dépend avec qui… avec vous, j’aime bien. J’aime aussi les ballades, la poésie … vous connaissez des poèmes ?

PERCEVAL : Ah ouais, y’en a un de chez moi que j’aime bien ! (Perceval met alors une main sur son cœur, tend l’autre bras, ferme les yeux et déclame)
Ô toi, soleil de mon cœur,
Ah comme je t’imagine,
De la rose sembles la sœur
Et du laurier, la frangine … .

ARZELA : Ah ? … Tiens ! C’est original.

PERCEVAL (poursuivant sa poésie sans remarquer l’étonnement d’Arzela) :
J’y mettrai toute mon ardeur,
Mais toi belle gourgandine … .

ARZELA : Vous êtes sûr que … .

PERCEVAL : Sois-en sûre viendra l’heure,
Où dure sera ma … .

ARZELA : NON ! Ce n’est pas à ce genre de poésie que je pensais !

PERCEVAL : Ah bon ? Vous aimez pas ?! Quand on était gamins à Caerdydd, on la récitait tout le temps !

ARZELA : Ce n’est pourtant pas destiné aux enfants !

   Une voix vient alors interrompre leur échange.

– AH ! Ben vous êtes là ! Depuis c’matin que j’vous cherche !

PERCEVAL : Seigneur Karadoc ! Je me promenais avec Damoiselle Arzela.

KARADOC : C’est pas une raison pour en oublier de manger, ça ! Vous avez failli me couper l’appétit avec vos conneries ! Allez, venez ! C’est bientôt midi, vous allez pas rater celui-là aussi !

PERCEVAL : Euh ... oui, vous avez faim Arzela ?

ARZELA : Ma foi ... oui, j’ai comme un petit creux.

KARADOC : Mais vous allez pas l’amener ?! Est-ce que j’ai déjà amené ma femme à nos casse-croûtes, moi ?!

PERCEVAL : C’est pas pareil ! D’abord, c’est pas ma femme ! Et puis, au moins ... c’est pas une mocheté !

ARZELA : Seigneur Perceval ! On ne dit pas ce genre de choses ! C’est très ... malvenu !

PERCEVAL : On voit bien qu’vous la connaissez pas ! Un vrai laideron et puis ... je l’aime pas !

ARZELA : Mais si, je la connais ! Elle est très belle et très gentille !

KARADOC : Ouais ... non ... faut pas exagérer non plus. Elle est ... comme elle est ! Bon, on y va ?! Faut qu’je mange ou j’fais un malaise ! (Puis s’adressant à Arzela) Venez aussi, tant pis !

ARZELA : Je ne saurais refuser une si galante invitation ... .

(Noir, voix off)
PERCEVAL : Belle et gentille ?! ... Seigneur Karadoc, vous en avez qu’une de femme ?
TSON !


***





V) PRESENTATION


***


   Le roi Arthur s’est levé tôt, de bonne humeur (fait suffisamment rare pour être signalé) et est sorti pour une promenade dans les jardins. Il est légèrement contrarié lorsqu’il constate qu’il n’est pas seul et qu’un couple évolue gracieusement parmi les fleurs. En réalisant qu’il s’agit de Perceval, sa bonne humeur revient et Arthur les rejoint.

ARTHUR : Seigneur Perceval ! Vous êtes bien matinal aujourd’hui ... (avisant Arzela, l’œil concupiscent, petit sourire en coin) euh ... je ne crois pas connaître mademoiselle ... c’est ... votre amie ?

PERCEVAL : Ouais, on peut dire ça j’crois (regardant Arzela) hein ?

ARZELA (faisant la révérence au roi): Sire, je suis Arzela, une cousine de la reine.

ARTHUR (son sourire disparaissant à cette nouvelle): Ah! C’est quand même bizarre que je vous ai pas encore croisée.

ARZELA : Je suis arrivée depuis peu et j’essaye de me faire discrète.

ARTHUR : Et pourquoi donc ? Venez donc déjeuner à ma table ce midi, tous les deux, on en profitera pour vous présenter.

PERCEVAL : Ah mais moi j’connais tout le monde... au moins de vue, pour les noms ... c’est plus ...

ARZELA : Approximatif ?

PERCEVAL : Ouais ! Ca doit être ça !

ARTHUR : Mais tout le monde vous connait, vous ! C’est pour la présenter elle !

PERCEVAL : Ah ouais, j’me disais aussi ... du coup, j’viens quand même ?


***

   A cette occasion, Arthur a bien fait les choses, la table du roi est ornée de ses plus beaux atours et le repas devrait être à la hauteur. Autour de la table: Guenièvre, Arthur, Perceval, Arzela, Karadoc, Mevanwi, Léodagan et Dame Séli.

LEODAGAN : Vous attendez l’Pape ou quoi ? C’est quoi ces fanfreluches ?!

ARTHUR : Vous allez pas vous plaindre que je vous reçoive en y mettant les formes ?! D’habitude vous êtes toujours à vous plaindre de ci de mi ... voilà ! Aujourd’hui je mets l’paquet et vous êtes encore pas content !

LEODAGAN : Oh mais si, on est contents ... .

SELI : Mais on trouve ça bizarre, c’est tout ! ARTHUR : Ouais ben ... si’ ça vous convient pas, vous êtes pas obligés de rester ! KARADOC : Moi, j’attends de voir ... c’est pas parce que la table est belle que la bouffe est à la hauteur !

MEVANWI : Je vous en prie, taisez-vous !

KARADOC : Ben quoi ?! J’ai pas raison Seigneur Perceval ?

PERCEVAL : Un peu, ouais ! Comme on dit “Table bien dressée, euh ... repas à gerber !”

GUENIEVRE : Ah bon, on dit ça ?

ARTHUR : Mais non, y’a que lui qui dit ça ! Bon ! Si je vous ai invités ce midi, c’est principalement pour vous présenter Damoiselle Arzela, la euh ... comment dire ... la fiancée ? C’est un peu tôt, peut être ? ... l’amie ... oui, voilà ! L’amie du seigneur Perceval et ... cousine de la reine.

LEODAGAN : De quoi ?! Elle est d’la famille celle-ci ?! Regardant Séli) Vous la connaissez vous ?

SELI : Jamais vue ! Mais ça veut rien dire, hein ! Y’a tellement d’pécores éparpillés de votre côté !

GUENIEVRE : C’est la fille du seigneur Boren !

LEODAGAN : Ah bah, vous aviez raison... des pécores !

GUENIEVRE : Je vous fais remarquer que nous même, il n’y a pas si longtemps ... .

SELI : Oui, bon, ça va ! (puis à Arthur) Ca veut dire que vous comptez faire entrer çui-là (montrant Perceval) dans la famille ?

ARTHUR : En quoi ça vous dérangerait ?

LEODAGAN : Vous trouvez pas qu’on a assez de crétins comme ça dans la famille ?! Entre Yvain et lui, je sais pas lequel est le plus débile !

ARTHUR : Mais y’a pas deux secondes, vous la connaissiez même pas ! Qu’est-ce que ça peut bien vous faire à la fin ?!

SELI : C’est une question d’principes ! Vous allez pas nous refourguer tous les débilos dont vous savez pas quoi faire !

GUENIEVRE : Ah mais s’ils ont envie de se marier, j’vois pas bien c’qui pourrait les en empêcher ! C’est vrai quoi ... .

LEODAGAN : Vous, on vous d’mande pas votre avis ! (puis à Arthur) Heureusement que l’ogre de Vannes (désignant Karadoc) est déjà marié, sinon, j’suis sûr que vous auriez trouvé une tante ou une arrière grand-mère de ma famille à lui proposer ! Nan mais vous croyez qu’on vous voit pas venir avec vos petits arrangements, là ?!

ARTHUR : Non mais vous voyez des complots partout, hein ?! J’les ai rencontrés pour la première fois ce matin, dans les jardins ! Qu’est-ce que vous voulez que je trame comme complot ?

PERCEVAL : Euh,non ! Nous, on s’était déjà vus avant, Sire !

ARZELA (lui prenant le bras) : Il veut dire, nous deux, ensemble.

PERCEVAL : Ah ouais, alors ... euh ... ben non, on s’connait pas ! C’est mieux, là ?

MEVANWI : Mais ... tout le monde s’agite ... mais ont-ils seulement manifesté le désir de se marier ?

KARADOC : Ah vous, commencez pas à tout embrouiller !

PERCEVAL : C’est vrai ! De quoi elle se mêle la gourdasse ?!

ARTHUR : Non mais, elle a pas tort, vous comptez vous marier ou pas ?

PERCEVAL : Avec la gourdasse ?!

ARTHUR : Mais non, avec Arzela !

PERCEVAL (regardant Arzela): Ben, je sais pas, on en a pas encore parlé.

ARTHUR : Eh ben, voilà ! Inutile de s’énerver pour rien. Faites entrer les plats !

(Noir, voix off)
KARADOC : Ah quand même ! Même si c’est d’la merde ... j’ai faim, moi !
TSON !


***




VI ) LA FIN DU REVE


***


   Karadoc en train de bâfrer à la taverne s’arrête subitement en constatant que Perceval ne mange pas et semble perdu, les yeux dans le vague.


KARADOC : Ça va pas seigneur Perceval, votre lard manque de gras ?

PERCEVAL : ... .

KARADOC : Hé ! Vous êtes malade ou quoi ?!

PERCEVAL : De quoi ? Euh, non, j’crois pas ... enfin, j’en sais rien.

KARADOC : Vous êtes tout bizarre depuis quelques jours ... ben, dites-moi c’qui va pas !

PERCEVAL : Je sais pas, j’ai des papillons devant les yeux, j’arrive pas à me concentrer ... .

KARADOC : Ouais, ben ça ... c’est pas trop notre truc, non plus !

PERCEVAL : ... et je pense à elle tout le temps.

KARADOC : Qui ça ?

PERCEVAL : Ben Arzela ... j’crois que je suis amoureux.

KARADOC : Oh mon pauvre vieux ! Y’a rien d’pire que cette saloperie là ! Les femmes, j’veux bien, on en a besoin ... pour les gosses, tout ça. Mais amoureux ! C’est rien que des emmerdes ! Qu’est-ce qui vous a pris d’vous lancer là-dedans ?!

PERCEVAL : Mais j’ai rien fait ! C’est venu tout seul. Dès qu’elle est pas là, elle me manque et quand je suis avec elle, j’ai peur qu’elle parte !

KARADOC : Bref, vous êtes foutu ! Quand elle est pas là, vous êtes triste et quand elle est là, vous êtes pas bien non plus ... que des emmerdes, je vous dis !

PERCEVAL : J’préfère quand même quand elle est là ! Mais je l’ai plus revue depuis le repas chez le roi et ça commence à me vriller le ciboulot.

KARADOC : Buvez un coup, rien de tel pour remettre les idées en place ! Ah ! Quand on parle du clou ! La v’là !

   Effectivement, Arzela vient d’entrer dans l’auberge et vient vers eux, Perceval se lève.

ARZELA : Je peux vous parler seigneur Perceval ?

PERCEVAL : Ben ouais, carrément, j’vous écoute.

ARZELA : Non mais en privé, je veux dire ... allons dehors, vous voulez bien ?

PERCEVAL : C’est parti mon ... ouais, euh, allons-y !

   Ils sortent, il pleut mais ni l’un ni l’autre ne semble s’en apercevoir. Ils se font face et la mine fermée d’Arzela ne présage rien de bon. Perceval attend, son cœur semblant battre le rappel des troupes. Arzela se décide enfin à parler.


ARZELA : Je suis désolée de ne plus vous avoir fait signe depuis le déjeuner chez le roi mais le seigneur Léodagan et Dame Séli m’en ont empêchée.

PERCEVAL : QUOI !? Mais pourquoi ?

ARZELA : C’est délicat ... je ne sais pour quelle raison, ils ne veulent pas de vous dans la famille. Ils ont prévenu mon père qui m’a ordonné de rentrer en Carmélide.

   Les larmes commencent à couler sur le visage d’Arzela, Perceval la prend dans ses bras.


PERCEVAL : C’est normal, c’est d’ma faute ... ils veulent pas d’un con dans leur famille, je comprends.

ARZELA : Mais non ! Arrêtez de vous dénigrer ainsi ... vous êtes le plus gentil, le plus noble de tous les chevaliers que j’ai rencontré ! Adieu mon gentil chevalier.

PERCEVAL : Adieu ma douce Arzela.

   Perceval pleure à son tour. Karadoc sort de la taverne.

KARADOC : Alors ?! J’vous avais bien dit de pas vous inquiéter !


***


   Rentrant de la taverne, Perceval croise le roi et Léodagan dans la cour du château.

LEODAGAN : Ah ! Seigneur Perceval, quoi de neuf ?

PERCEVAL : Merde ! (Il s’engouffre dans le château)

ARTHUR : Qu’est-ce que vous avec encore fait, Beau-père ?

LEODAGAN : MOI ?! Mais rien ... enfin, j’crois pas, j’en fais tellement aussi ... .
(Noir, voix off)
LEODAGAN : Mais ... « merde » ... c’est une réplique à moi, ça !
TSON !


***



VII) LE VOYAGE

   Perceval pénètre dans la salle du trône et se plante devant le roi d’un air décidé.

PERCEVAL : Sire !

ARTHUR (absorbé par la lecture d’un parchemin): Oui seigneur Perceval, qu’est-ce que je peux faire pour vous ?

PERCEVAL : Est-ce que vous avez besoin de moi en ce moment ?

ARTHUR (levant les yeux) : Pas plus que d’habitude, non.

PERCEVAL : J’peux partir alors ? j’aurais besoin de quelques jours pour moi.

ARTHUR : Pour aller où ? Vous allez pas faire de connerie, j’espère ?!

PERCEVAL : Ca, j’peux pas vous dire, quand j’fais une connerie, j’le sais jamais à l’avance.

ARTHUR (pensif) : Ouais ... vous partez avec le seigneur Karadoc, je suppose ?

PERCEVAL : Non, non, tout seul.

ARTHUR : De toute façon, c’est pas lui qui vous empêcherait de faire une connerie. Okay, allez-y, vous êtes majeur après tout ... .

PERCEVAL : Merci Sire !

ARTHUR : Et si vous faites des actions d’éclat ... souvenez-vous de votre nom ... Per-ce-val-le-Ga-llois !


***


   Trente minute plus tard, Perceval est en route vers la Carmélide, il aimerait se lancer au galop mais son cheval étant, à la fois malade et blessé, il avance à un train de sénateur. Il progresse malgré tout mais son cheval rend l’âme au soir du premier jour de voyage, il est là, tout penaud devant le cadavre de l’animal, la nuit commence à tomber. Un peu plus loin sur la route un feu de camp prend vie, un phare le guidant dans les ténèbres. En approchant, il distingue une silhouette accroupie alimentant le feu. C’est un vieux ! Décidément, le sort s’acharne.

LE VIEUX : Asseyez-vous, étranger, profitez de la chaleur de mon feu.

PERCEVAL : Merci, c’est pas d’refus !

LE VIEUX : Et tenez, ici vous avez des noisettes et des pommes ... servez-vous.

PERCEVAL : J’crois qu’vous êtes le vieux le plus sympa que j’ai rencontré !

   Brusquement, le vieux plonge son regard dans le sien et Perceval se sent comme engourdi.

LE VIEUX : Que fais-tu, Perceval, où va-tu ? Ton destin n’est pas en Carmélide ! Ton destin est près du roi, de l’enfant de Lancelot à venir et de Bohort ! Oublie cette femme, l’amour et la paternité ne sont pas pour toi, ton destin est plus grand que cela ... dors et demain, va rejoindre ton roi !

   Perceval s’endort immédiatement et le lendemain matin, ses idées ne sont pas claires, il se souvient vaguement du feu, du vieux et de ses mots étranges. Il regarde autour de lui, les traces du feu sont bien là, il n’a pas rêvé. Il se lève, ramasse une pomme qui traînait par terre et reprend sa route vers la Carmélide. C’est pas un vieux qui va lui donner des ordres !
   Au soir du deuxième jour, il tombe dans un fossé, épuisé, il y passe toute la nuit. Dès le lever du soleil, il reprend sa marche. Il n’a rien mangé mais le souvenir du sourire d’Arzela vaut bien le plus roboratif des repas. La pluie commence à tomber, une pluie froide, méchante, ses vêtements sont trempés en quelques minutes. Il y a une grange en ruine au bord de la route, il pourrait s’y abriter mais l’idée ne lui traverse même pas l’esprit ... avancer, encore et toujours. Au soir de cette troisième journée, il s’écroule au milieu de la route, tous ses muscles sont tétanisés, il sombre dans l’inconscience.
Il se réveille sur une paillasse, un feu crépite non loin de lui, un peu plus loin, un homme, une femme et un enfant sont attablés et mangent ce qui lui semble être de la soupe. Son ventre émet alors un tel borborygme que l’homme le regarde.

LE PAYSAN : Venez nous rejoindre, seigneur. Il n’y a que de la soupe mais elle est bonne !

   Perceval se lève difficilement, chaque parcelle de son corps invente sa propre douleur, péniblement, il s’assoit avec eux

PERCEVAL : Vous m’avez trouvé où ?

LE PAYSAN : Oh, à peine à deux lieues d’ici, on vous a cru mort ! C’est le p’tit qu’a vu que vous respiriez encore on vous a chargé sur la charrette et roule ma poule !

PERCEVAL : Ca fait longtemps ?

LE PAYSAN : Ben, c’était hier soir !

PERCEVAL : J’ai dormi un jour entier ?!

LE PAYSAN : On dirait bien, mon gars ! Pardon ! Messire.

PERCEVAL : Il faut que je reparte !

LE PAYSAN : Mais la nuit est tombée, vous allez vous perdre !

   Soudain la pièce s’obscurcit, plus trace de feu, il ne distingue plus l’homme et la femme, seul, le visage pâle de l’enfant est encore visible, ses yeux le fixent et le même engourdissement qu’il y a deux nuits, le paralyse.

L’ENFANT : Que fais-tu Perceval ? Quelque part, le Graal t’attend mais pas en Carmélide. Là-bas, tu ne trouveras que tristesse et désolation. Dors ... et retourne auprès de ton roi !

   Comme la fois précédente, Perceval a dormi toute la nuit et se réveille à l’aube. Les paysans sont là, inquiets. Leur fils, habituellement le premier levé, dort encore et ils ne parviennent pas à le réveiller. Perceval va voir mais l’enfant semble dormir paisiblement.

PERCEVAL : Je pense qu’il avait besoin d’un long sommeil, c’est normal à son âge, tout ira bien. Vous m’avez bien dit que vous avez une charrette ? Un cheval aussi ?

LE PAYSAN : Non, juste un âne.

PERCEVAL (sortant sa bourse) : Vous me les vendez ?

LE PAYSAN (regardant la bourse bien remplie avec les yeux exorbités): Messire ... bien sûr ... tout pour vous être agréable !

   Perceval reprend la route dans cet équipage peu glorieux pour un chevalier, direction : Carmélide. C’est pas un gamin qui va faire la loi, non ?
Un peu plus loin sur la route, il croise un chevalier à cheval.

PERCEVAL : Chevalier ! C’est loin encore, la Carmélide ?

LE CHEVALIER : Qui es-tu, vil manant, pour oser m’adresser la parole ?!

PERCEVAL : Je suis Perceval de Galles, chevalier de la table ronde ! Et vous ?

LE CHEVALIER : Mes excuses, chevalier ... mais cet équipage et votre mise ... jamais je n’aurais deviné ... je suis Galehaut, seigneur des îles lointaines. Êtes-vous en quête pour la table ronde ?

PERCEVAL : Non, je suis en quête de ma bien aimée ... alors, la Carmélide ?

LE CHEVALIER : C’est aussi une noble quête, quant à la Carmélide, vous y êtes déjà ! Avez-vous trouvé le Graal ?

PERCEVAL : Non, pas encore ... mais ça avance bien.

LE CHEVALIER : Ne devriez-vous pas vous consacrer au Graal, avant de penser à l’amour ?

PERCEVAL : Oh ! Vous allez pas vous y mettre, vous aussi ! Il parait que je trouverai le Graal avec le seigneur Bohort et le fils de Lancelot ! Le seigneur Lancelot, il a pas encore de femme, alors, vous voyez, j’ai un peu de temps devant moi !

LE CHEVALIER : Si vous le dites ... bonne chance, seigneur Perceval.


***


   Perceval se réveille en sursaut, un cahot plus violent que les autres qui jusque là, avaient plutôt tendance à le bercer. Il arrête son âne et regarde autour de lui ... qu’a dit le garçon, déjà ? Tristesse et désolation, au moins sur ce point, il avait raison. Un paysage rugueux, fait de roche et de terre dure, très peu de végétation mais, en face de lui ... la mer. Alors, c’est comment déjà ? Aller au nord ... il faut avoir le soleil couchant du côté où je porte mon épée ... voilà, en avant Kara, c’est ainsi qu’il a baptisé son âne. Si proche du but, il décide de ne pas dormir et de voyager de nuit. A l’aube, il est en vue de Bédingran. Il doit maintenant, trouver un village au sud de la ville ... alors, le sud... avoir le soleil levant encore du côté où je porte mon épée ... c’est vraiment bizarre ces histoires de nord et de sud... .
Perceval arrive enfin au but, le village de Carouen, le village d’Arzela. Il laisse son attelage et avance discrètement sur la petite colline surplombant le village, il a là, un poste d’observation idéal. Les heures passent, des paysans s’activent autour de la plus grande ferme qu’il pense être la demeure du seigneur Boren. Perceval lutte contre la fatigue, ses yeux se brouillent, il croit voir Arzela partout mais cette fois, oui ! C’est bien elle qui se dirige vers une fermette un peu à l’écart du village. Toute sa fatigue oubliée, Perceval court à corps perdu vers sa bien-aimée. Il parvient à la rejoindre à quelques coudées de la fermette. Arzela pousse un cri de surprise mais personne ne semble l’avoir entendu.

ARZELA : Seigneur Perceval ! Mais ... que faites-vous là ?!

PERCEVAL : Je suis venu vous chercher, vous me manquez, je pense à vous tout le temps ... je vous aime !

   Arzela vient se blottir dans ses bras et pleure à chaudes larmes tout en riant.

ARZELA : Vous êtes fou ! C’est impossible, mon père vous tuerait s’il savait ! Il m’a promise à un riche fermier du village voisin, nous devons nous marier dans trois jours.

PERCEVAL : Mais qu’est-ce qu’on s’en fout ? Venez avec moi, allons sur le continent. J’ai un peu d’argent, on va s’installer en Aquitaine ou ailleurs, comme vous voudrez ... .

ARZELA : C’est impossible, seigneur Perceval, mon devoir est d’obéir à mon père et le vôtre est de trouver le Graal.

PERCEVAL : Oh non, pas vous ! J’en ai rien à faire du Graal ! On sait même pas c’que c’est !

ARZELA : Ne dites pas ça, si quelqu’un peut le trouver, c’est bien vous. Mais je ne vous laisserai pas repartir sans nous offrir à nous même le cadeau que nous méritons.

   Arzela lui prend la main et l’entraîne vers une grange. C’est une découverte pour tous les deux, Arzela qui était vierge et Perceval qui n’avait jusqu’alors connu que des relations tarifées.

PERCEVAL : Ouah ! je ne savais pas que ça pouvait être si ... .

ARZELA : Fusionnel ?

PERCEVAL : Ouais, c’est pas f ... non, en fait, je sais pas c’que ça veut dire.

ARZELA : Que nous ne faisions plus qu’un !

PERCEVAL : Ouais ! C’est ça ! C’était mortel !

ARZELA : Je dois rentrer à présent et vous aussi !

PERCEVAL : Mais, votre mari, il verra que vous n’êtes plus ... .

ARZELA (riant) : Il ne verra rien du tout, il pourrait être mon grand-père ! Je doute qu’il soit encore capable de faire quoique ce soit avec une femme. Il me veut comme un bijou qu’il pourra exposer à ces invités. Au moins, grâce à vous, j’aurai connu les plaisirs de l’amour. Partez maintenant, rentrez à Kaamelott et trouvez le Graal, partez avant qu’on vous surprenne et qu’on vous fasse du mal.

***


   Le voyage du retour, Perceval l’a fait comme un automate, ses pensées exclusivement tournées vers son amour perdu. A peine arrivé à Kaamelott, le roi le convoque.

ARTHUR : Alors, seigneur Perceval, que rapportez-vous de votre périple ?

PERCEVAL : Rien, juste des souvenirs.



FIN

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Bon, on est d'accord, c'est pas une œuvre d'art ... s'il y a des infographistes parmi vous, les conseils sont les bienvenus.

Vous faites feu de tous bois dans celle-ci ! Mais tout est bien qui finit bien, je pouvais pas le saquer ce répurgateur !

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