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bibicocci a écrit :

Bravo!j'ai bien aimé moi aussi!

Merci :)

Agloval a écrit :

Génial ! Fabuleux !
Je ne passe plus beaucoup ici ces derniers temps (pour cause de boulot loin de chez moi), mais je ne regrette pas de m'être forcé. Les idées sont excellentes, en particulier j'ai adoré quand Astier se prend pour De Funès. Tout se tient, c'est cohérent, et l'idée de départ est parfaitement exploitée. Et puis c'est plutôt original et inattendu.

Merci, ça fait plaisir :)

KAAMELOTT (C’est pas gagné)

   Deux acteurs attablés dans un bar de Lyon.

    JEAN-CHRISTOPHE HEMBERT : Alors, ça y est, c’est pour de bon cette fois ?
    FRANCK PITIOT : Ben ouais, on dirait bien ... Il s’est décidé notre bon Arth ... Alexandre !
    JEAN-CHRISTOPHE HEMBERT : Y a un paquet de monde qui l’attend ce film !
    FRANCK PITIOT : Ouais, c’est rien de le dire ! Il parait qu’il y a même des groupes Facebook qui parlaient que de ça, c’est dingue ! Mais sinon, vous savez de quoi ça va parler ?
    JEAN-CHRISTOPHE HEMBERT : Ben non, vous savez comment il est Alexandre ... .

   Lionnel Astier entre.

    LIONNEL ASTIER : Ben voilà, j’étais sûr de vous trouver ici ! Vous savez qu’on décolle dans une heure ?!
    FRANCK PITIOT : Comment vous voulez dire ?
    JEAN-CHRISTOPHE HEMBERT : Vous refaites votre tapisserie ?
    LIONNEL ASTIER : On prend l’avion pour aller tourner à l’étranger ! Le film de mon fils, Alexandre, ça vous dit quelque chose ?!
    JEAN-CHRISTOPHE HEMBERT : C’est pas votre gendre, Alexandre ?
    FRANCK PITIOT : Vous savez de quoi il parle ce film, au fait ?
    LIONNEL ASTIER : Mais c’est KAAMELOTT ! Bande de débiles !

(Noir, voix off)

    FRANCK PITIOT : C’est bizarre ... ça me rappelle une série dans laquelle j’ai joué quand j’étais jeune ... .
    JEAN-CHRISTOPHE HEMBERT : Ah ouais ?! Vous en avez fait de ces trucs, vous !

TSON !

KAAMELOTT (Ca avance bien) 2

Dans l’avion.

    ALEXANDRE ASTIER : Bon ! Voilà ... merci à tous d’être là à l’heure ....  merci Papa d’avoir ramené les deux ... interprètes    que nous attendions !
    LIONNEL ASTIER : Oh ben, c’était pas trop difficile, au bistrot, comme d’hab !
    FRANCK PITIOT : Au moins, avec nous y’a pas de surprise ... fidèles au poste !
    JOËLLE SEVILLA : Bon ! On va pouvoir y aller ?!
    ALEXANDRE ASTIER : Et Simon, il est où ?
    LIONNEL ASTIER : Oh ben là, on a pas pris de risque ... il est attaché dans la soute !
    JEAN-CHRISTOPHE HEMBERT : Haché dans la soupe ?! Mais c’est dégueulasse !
    ALEXANDRE ASTIER (tenant un calepin et un stylo) : Bon, alors ... Lionnel, Joëlle, Franck, Jean-Christophe, Simon ... Jacques ... JACQUES ! IL EST LA ?!
    JACQUES CHAMBON : Hein quoi ?! Qu’est-ce qui se passe ?
    ALEXANDRE ASTIER : Ben vous entendez pas que je fais l’appel ?!
    JACQUES CHAMBON : Excusez-moi, je f’sais un p’tit somme.
    LIONNEL ASTIER : Faudrait mieux dire à l’hôtesse d’arrêter de lui servir du sky !
    JACQUES CHAMBON : Ben quoi ?! J’aime pas l’avion, moi !
    ALEXANDRE ASTIER : Bon, je reprends ... Jacques, donc il est à moitié là ... Aurélien ... AURÉLIEN !
    JOËLLE SEVILLA : Ben, c’est vrai, j’l’ai pas vu !
    ALEXANDRE ASTIER : Alors, vous attachez “Yvain” dans la soute mais “Gauvain”, rien à cirer ?!
    JEAN-CHRISTOPHE HEMBERT : Yvain aussi ?! Mais vous êtes des monstres !
    JOËLLE SEVILLA : Oh Hé ! Simon, c’est le nôtre, pour l’autre, vous vous démerdez !
    AURÉLIEN PORTEHAUT : Ça y est, ça y est, je suis là !
    ALEXANDRE ASTIER : Ah ben quand même ! Qu’est-ce que vous foutiez ?!
    AURÉLIEN PORTEHAUT : Je suis venu en mode “Petit pédestre” histoire de me remettre dans le heu ... du coup, j’ai pris du retard.
    ALEXANDRE ASTIER : Bon, cette fois, tout le monde est là !
    ANNE GIROUARD : Vous êtes sûr ? Parce que moi, personne m’a rien demandé. Je suis arrivée la première, j’ai fait des sourires à tout le monde, y’en a pas un qui m’a calculée !

(Noir voix off)

    JEAN-CHRISTOPHE HEMBERT : Ouais, ben ... estimez vous heureuse de pas finir hachée dans la soupe !

TSON !


KAAMELOTT (Le tournage, enfin ... peut-être)


Sur les lieux du tournage, Franck Pitiot se dirige vers une grande caravane. Il arrive devant la porte où est inscrit en lettres d’or :

                                        ALEXANDRE ASTIER   PRODUCTEUR                                             
                                      AUTEUR   SCÉNARISTE   RÉALISATEUR     
                                         COMPOSITEUR  MUSICIEN  ACTEUR

Il frappe.

    ALEXANDRE ASTIER : Ouais ! Qu’est-ce que c’est ?!
    FRANCK PITIOT : C’est moi !
    ALEXANDRE ASTIER : Connais pas !
    FRANCK PITIOT : Mais si ! C’est Franck !

Alexandre ouvre la porte.

    ALEXANDRE ASTIER : Ah ben, oui ! Forcément, c’est vous !
    FRANCK PITIOT : Pourquoi “forcément” ?
    ALEXANDRE ASTIER : Non, c’est vrai, j’avais une chance sur deux !
    FRANCK PITIOT : Désolé, je pige que dalle.
    ALEXANDRE ASTIER : C’est pas grave, entrez. Alors, qu’est-ce qu’il vous arrive ?
    FRANCK PITIOT : J’ai réfléchi ... .
    ALEXANDRE ASTIER : Ah merde !
    FRANCK PITIOT : Pardon ?
    ALEXANDRE ASTIER : Non, rien, continuez.
    FRANCK PITIOT : Ouais, alors, Jean-Christophe et moi ... .
    ALEXANDRE ASTIER : Qu’est-ce que je disais, une chance sur deux !
    FRANCK PITIOT : Comment ?
    ALEXANDRE ASTIER : Faites pas attention, roulez, roulez !
    FRANCK PITIOT : Alors, Jean-Christophe et moi, on trouve qu’on devrait échanger nos rôles.
    ALEXANDRE ASTIER : C’est-à-dire ?
    FRANCK PITIOT : Ben lui, il ferait Gerceval et moi, Kradoc. C’est plus logique !
    ALEXANDRE ASTIER : Oh putain ! Hum ! Alors, euh ... je vais essayer d’être clair. Vous savez quel film on tourne, là ?
    FRANCK PITIOT : Ben oui ! Kaamelott ! Quand même, pour qui vous me prenez ?
    ALEXANDRE ASTIER : Voilà, donc Kaamelott, c’est la suite de ?... De ? De ? ... C’EST LA SUITE DE LA SÉRIE, MERDE !
    FRANCK PITIOT : Ah donc, y’avait bien une série ?! J’suis pas fou, quand même ! Et c’était quoi le titre ?
    ALEXANDRE ASTIER : Mais Kaamelott, évidemment !
    FRANCK PITIOT : Ah d’accord ! Ils se sont pas fait chier pour le titre les gars, c’est carrément le même ! Alors, c’est okay pour échanger les rôles ?
    ALEXANDRE ASTIER : Mais bien sûr que non, vous reprenez les rôles que vous aviez dans la série !
    FRANCK PITIOT : Ah ouais, alors, je joue Gerceval ?
    ALEXANDRE ASTIER : Perceval !
    FRANCK PITIOT : Oui ? ... Ah oui ! Ça y est ! Le seigneur Perceval, ça me revient !
    ALEXANDRE ASTIER : Ah ben, c’est pas dommage !
    FRANCK PITIOT : Ah ouais ... le chevalier un peu à l’ouest ... .

(Noir, voix off)

    FRANCK PITIOT : Cool, j’aime bien les rôles de composition !

TSON !

KAAMELOTT (Si, si, ça bosse !)

    ALEXANDRE ASTIER : Bon, alors, dans cette scène, Karadoc et Kadoc vont voir Merlin pour lui demander une potion de ... mais ! Il est où Brice ?!
    JEAN-CHRISTOPHE HEMBERT : Il nous prépare des ribs pour le déjeuner.
    ALEXANDRE ASTIER : Mais il est à peine huit heures !
    JEAN-CHRISTOPHE HEMBERT : Ben ouais mais faut faire la sauce, faut que ça marine un minimum quand même ! C’est un métier, cuistot !
    ALEXANDRE ASTIER : Oui mais moi, je l’ai embauché comme acteur, pas comme cuistot !
    JEAN-CHRISTOPHE HEMBERT : Avouez que ça serait dommage de se passer de ses talents de cuisinier. La bouffe, c’est important pour le moral des troupes !
    ALEXANDRE ASTIER : Ouais, mais non, c’est pas comme ça qu’on va avancer, on a un film à faire ... MERDE !
    BRICE FOURNIER : C’est bon, c’est bon, je suis là ! J’ai mis la viande à mariner, y’aura plus qu’à cuire à midi.
    ARTHUR : Mais qu’est-ce que vous avez besoin d’vous occuper de la cuisine, vous ? J’ai embauché un gars pour ça !
    BRICE FOURNIER : Ben ! C’est Jean-Christophe qui m’a dit que c’était à votre demande !
    JEAN-CHRISTOPHE HEMBERT : Nan mais j’ai dit ça pour rendre service parce que votre gars, là, il est cuistot comme moi j’suis danseuse étoile !
    ALEXANDRE ASTIER : Oh ! Qu’on soit bien d’accord, on est là pour faire un film, pas pour s’en foutre plein la lampe ! Alors, Brice, il est acteur et puis c’est tout !
    JEAN-CHRISTOPHE HEMBERT : Bon, ben ... juste pour ce midi,  il a déjà tout préparé ... on va pas gâcher quand même !
    ALEXANDRE ASTIER : Okay mais juste pour ce midi, on est bien d’accord Brice ?
    BRICE FOURNIER : Oh ben moi, c’est comme vous voulez, jouer la comédie ou faire la cuisine, j’adore ça !

    ***

   Après la matinée de tournage, acteurs et techniciens sont réunis autour de la table. Brice fait griller ses ribs.

    JEAN-CHRISTOPHE HEMBERT : Vous trouvez pas que ça Chambon ?

(Noir, voix off)

    JACQUES CHAMBON : Ça fait trois fois que vous me la servez, celle-là, ça va peut-être aller, maintenant ?

TSON !


KAAMELOTT (Ca tourne ! Même si c’est pas très rond)

    AUDREY FLEUROT : Je crois qu’on va avoir un problème.
    ALEXANDRE ASTIER : Quel genre ?
    AUDREY FLEUROT : Je sais pas trop comment vous dire ça mais ... j’y arrive plus !
    ALEXANDRE ASTIER : C’est-à-dire que ... comment, heu .. hum ! Vous pourriez préciser, parce que là, je vois pas bien ... .
    AUDREY FLEUROT : Ah mais faites pas l’innocent, vous savez très bien !
    ALEXANDRE ASTIER : Ah mais non, je vous assure que je comprends pas un broc de ce que vous bavez !
    AUDREY FLEUROT : Sérieux ? Vous allez m’obliger à le dire ?!
    ALEXANDRE ASTIER :  Ben euh, comment dire ... si vous voulez que je comprenne ce qu’il vous arrive, un moment, il va falloir que des mots sortent de votre bouche pour parvenir jusqu’à mes oreilles, voyez ?
    AUDREY FLEUROT : Me parlez pas comme à une attardée, j’ai horreur de ça !
    ALEXANDRE ASTIER :  Ben oui mais vous avouerez que vous m’aidez pas des masses sur ce coup-là.
    AUDREY FLEUROT : Ben voilà ... j’arrive plus à me déplacer !
    ALEXANDRE ASTIER : Excusez-moi mais je vous ai vue arriver et vous vous déplacez très bien. J’irai même jusqu’à dire, gracieusement. Alors ? Qu’est-ce que vous en ... de ... hein ?
    AUDREY FLEUROT : Mais vous pigez rien mon p’tit bonhomme ! J’arrive plus à me déplacer comme avant... hop ! Le temps d’un claquement de doigt et j’étais arrivée ! Je pensais que ça allait revenir tout seul mais non, rien ! Vous avez attendu trop longtemps, j’ai perdu mes pouvoirs !
    ALEXANDRE ASTIER : Non mais vous déconnez là ?!
    AUDREY FLEUROT : Ah ben non, je plaisanterais pas avec ça ! Vous allez me virer, hein ? C’est ça ?
    ALEXANDRE ASTIER : J’y crois pas ! Mais vous avez jamais eu aucun pouvoir, c’était des truquages ! C’est la magie du cinéma mais pas de la magie tout court ! Qu’est-ce qu’il se passe sur ce tournage ? J’ai l’impression que tous mes comédiens se font bouffer par leur personnage !

Jacques Chambon arrive.

    JACQUES CHAMBON : Tiens mais c’est la Dame du Lac ! Ça faisait un bail, ça roule ?
    AUDREY FLEUROT : Merlin ! Dites-lui, vous, que c’était pas du flanc nos pouvoirs ... Ah merde ! Si, vous, c’est vrai, c’était du flanc.
    ALEXANDRE ASTIER : Elle pense qu’elle avait vraiment des pouvoir dans la série ! Vous imaginez ?
    JACQUES CHAMBON : Ah ! N’importe quoi ! Elle est bonne pour le psy, la rouquine !
    ALEXANDRE ASTIER : Vous pourriez être un peu moins brutal, quand même, Jacques !
    JACQUES CHAMBON : Moins brutal ?! Alors qu’elle vient de dire que mes pouvoirs à moi, c’était du flanc ! J’ai fait une potion de polymorphie pour Uther Pendragon, moi, Madame Dulac !
    AUDREY FLEUROT : Ah ! Je l’attendais, celle-là ! Mais qu’est-ce que vous avez fait depuis, mon pauvre ami ? Rien, nada, que tchi !

Audrey et Jacques en viennent aux mains, Alexandre s’interpose.

    ALEXANDRE ASTIER : Non mais je rêve, vous êtes complètement givrés, tous les deux ! Vous êtes des ACTEURS ! Vous êtes pas vraiment Merlin et la Dame du Lac, ça y est ? Ça percute là-dedans ?
    JACQUES CHAMBON : Euh ... oui ... bien sûr ... .
    AUDREY FLEUROT : Évidemment, on ... on répétait, en quelques sortes.
    ALEXANDRE ASTIER : Ouais ... je préfère ça. Allez vous reposer en attendant qu’on vous appelle.

Les deux acteurs s’éloignent.
(Noir, voix off)

    AUDREY FLEUROT : Enchanteur de mes deux !
    JACQUES CHAMBON : Fiente de mogriave !

TSON !

KAAMELOTT (Ca cause, ça cause ... .)

Réunion de la tab ... merde ! Réunion de travail.

    ALEXANDRE ASTIER : Bon, alors, si j’ai organisé cette réunion un peu dans l’urgence, je dois bien l’admettre, c’est que j’ai remarqué des choses étranges depuis le début du tournage. Il semblerait que certains acteurs soient, comment dire ... “habités” par leur personnage. Alors, c’est pas grave, grave mais, ça peut vite devenir chiant, chiant ! Est-ce que certains d’entre vous ont remarqué des attitudes bizarres chez leurs petits camarades de jeu ? Genre, quelqu’un qui confond la réalité et la fiction.
    FRANCK PITIOT : Ouais moi !
    ALEXANDRE ASTIER : Oui, on vous écoute, Franck, qu’avez-vous noté d’inhabituel ?
    FRANCK PITIOT : Ben, comme vous avez dit, là ... le seigneur Karadoc, il confond la virilité et la miction !
    ALEXANDRE ASTIER : Seigneur Karadoc ?! Jean-Christophe, vous voulez dire ?
    FRANCK PITIOT : Ben ouais, c’est pareil !
    ALEXANDRE ASTIER : Ben non, justement ! Tout le problème est là !
    JEAN-CHRISTOPHE HEMBERT : Et je peux savoir ce que vous me reprochez exactement , messire Perceval ?
    ALEXANDRE ASTIER : ARRÊTEZ-MOI CA TOUT DE SUITE ! C’est pas Perceval, c’est Franck et lui, c’est pas Karadoc, c’est Jean-Christophe ! Putain ! Faut vous l’dire comment ?!
    JACQUES CHAMBON : Non mais vous inquiétez pas, ça me l’a fait aussi au départ mais maintenant, ça va.
    ALEXANDRE ASTIER : Ah ouais, vous vous prenez plus pour Merlin ? Bon, y’a de l’espoir alors.
    JACQUES CHAMBON : Comment ça ?
    ALEXANDRE ASTIER : C’est bon maintenant, vous savez que vous êtes acteur et que vous jouez le rôle de Merlin ? Ça s’est arrangé avec Audrey après notre discussion ?
    JACQUES CHAMBON :   Quand vous êtes parti, je me suis dit : Je vais me promener ? Je vais pas me promener ? Finalement j'ai décidé de me beurrer la gueule.
    ALEXANDRE ASTIER : DE QUOI ?!
    AUDREY FLEUROT : Mais insistez pas, c’est un nul !
    JACQUES CHAMBON : Pourquoi, vous avez retrouvé vos pouvoirs, vous, peut-être ?!
    JEAN-CHRISTOPHE HEMBERT : Alors ?! Vous allez me le dire ce que vous me reprochez seigneur Perceuval Deu Gaaalles ?!
    LIONNEL ASTIER : Ah non mais si ça continue comme ça moi, je rentre en Carmélide !
    JOËLLE SEVILLA : Arrêtez de dire n’importe quoi ! Tant qu’y a pas d’héritier, on reste ici !
     ALAIN CHABAT : Alors, si je peux me permettre, un sourire est souvent la réponse au vilain courroux.
    GERALDINE NAKACHE : Oh mais taisez-vous, vous ! Vous allez encore nous refiler la honte !
    ALEXANDRE ASTIER : TAISEZ-VOUS TOUS, BANDE DE DÉGÉNÉRÉS !
    FRANCK PITIOT : Taisez-vous bande de Glanduuuuuus ! Le roi va parler !

(Silence dans l’assemblée)

    FRANCK PITIOT : Allez-y, Sire, on vous écoute.
    ALEXANDRE ASTIER : Euh, oui ... alors, euh, écoutez, je crois que la journée a été difficile pour tout le monde, alors, je propose qu’on aille tous se coucher. On y verra plus clair demain.
    ANNE GIROUARD : Du coup, vous les laissez dans cet état là ? A pas savoir qui ils sont, vous êtes inconscient ou quoi ? Il faut appeler le SAMU !
    ALEXANDRE ASTIER : Vous croyez ? Mais non. Je suis vanné, je vais au pieu, on verra ça demain !

(Noir, voix off)

    ANNE GIROUARD : Et naturellement, vous dormez avec une de vos maîtresses ?!

TSON !


KAAMELOTT (On reprend, parce que ... bon !)

   Le lendemain matin, tout le monde a la gueule de bois mais personne ne se souvient avoir bu. Alexandre prend conscience de la gravité de la situation et prévient les autorités sanitaires. Une heure plus tard, les lieux de tournage, acteurs et techniciens sont en quarantaine. La panique commence à gagner tout ce petit monde.

    ALEXANDRE ASTIER : Bon, écoutez-moi ! Ça semble impressionnant, comme ça, mais c’est juste une petite vérification de routine. Surtout, ne paniquez pas !
    NICOLAS GABION (hystérique) : PARCE QUE VOUS PENSEZ QU’ON PANIQUE, LA ?! Y’A AUCUNE RAISON ! POURQUOI VOULEZ-VOUS QU’ON PANIQUE ? HEIN ? HEIN ?! ON A DES RAISONS DE PANIQUER ?! DITES-LE NOUS MAIS DITES-LE NOUS OU TAISEZ-VOUS A JAMAIS ! Oh non, nous allons tous mourir !
    ANNE GIROUARD : Moi, j’avais juste dit, le SAMU. Mais Monsieur Astier, naturellement, c’est pas assez bien pour lui ! Il lui faut tout le bataclan à Monsieur Alexandre Astier ! Il lui faut du spectacle, des figurants, des victimes pourquoi pas !
    ALEXANDRE ASTIER : Euh ... ça va peut-être aller, là ?
    ANNE GIROUARD : Oui, je me suis un peu emballée mais ... ça soulage.

Un homme en combinaison blanche et masque s’approche d’eux.

    Bonjour, je suis le Docteur Machin.
    ALEXANDRE ASTIER : Alors, Docteur, c’est grave ?
    DOCTEUR MACHIN : Alors là ! J’en sais rien. Vous savez, la médecine, c’est pas une science exacte !
    ANNE GIROUARD : Mais comment ça ?
    DOCTEUR MACHIN : Non, je plaisante, c’était une référence à la série. Je suis un grand fan.
    ALEXANDRE ASTIER : Alors, qu’est-ce qui se passe ?
    DOCTEUR MACHIN : Ah, en revanche, c’est vrai que j’en sais rien. On a fait des prélèvements, maintenant, faut les envoyer au labo.
    ANNE GIROUARD : Et on saura dans combien de temps ?
    DOCTEUR MACHIN : Une fois arrivés au labos ... en une ou deux heures, ça devrait être torché !
    ALEXANDRE ASTIER : Ben qu’est-ce que vous attendez pour apporter tout ça au labo ?
    DOCTEUR MACHIN : Mon chauffeur. Ah, ben c’est lui, là bas ! Hé ! Machin !
    ANNE GIROUARD : Il est de votre famille ?
    DOCTEUR MACHIN : Non, pourquoi ? Je le connais pas ! Vous êtes bizarre dans le cinéma, hein !

    ***

Trois heures plus tard, le Docteur Machin est de retour.

    ALEXANDRE ASTIER : Vous aviez pas dit, deux heures max ?!
    DOCTEUR MACHIN : Ouais, non, en fait, ça a pris un quart d’heure. Je ne cesse de m’extasier devant les progrès de la science !
    ALEXANDRE ASTIER : Mais pourquoi vous arrivez seulement maintenant ?!
    DOCTEUR MACHIN : Ah ben, on a cassé la croûte, quand même ! Même si je m’appelle Machin, je ne suis pas une machine ! (Rire)
    ANNE GIROUARD : Mais vous auriez pu nous téléphoner au moins ! On se fait un sang d’encre, nous, ici !
    DOCTEUR MACHIN : Ah ouais merde ! J’y ai pas pensé. Désolé. Bon, toujours est-il qu’on a rien trouvé ! Enfin, rien de grave ... des petits rhumes, quelques MST ... que du tout-venant !
    ALEXANDRE ASTIER : Vous me donnerez les noms, quand même, qu’on les prévienne.
    DOCTEUR MACHIN : Ah ben les gars, ils le savent déjà, hein ! Quand on a le nez qui coule, c’est qu’on a un rhume.
    ALEXANDRE ASTIER : Non mais les autres ! Ceux qu’on des ... .
    DOCTEUR MACHIN : Les MST ?! Ah non, c’était pour déconner, ça ! Vous avez pas trop le sens de l’humour, vous, ou je me goure ?

    ***

Les équipes médicales sont parties, Alexandre réunit tous les acteurs.

    ALEXANDRE ASTIER : Alors, les gars ... .
    AUDREY FLEUROT : Et les filles !
    ALEXANDRE ASTIER : Pfffff, alors, messieurs dames, bonne nouvelle, personne n’est malade ! Je voudrais, malgré tout, faire une petite vérification. Jacques ! Vous pouvez approcher ?
    JACQUES CHAMBON : Pourquoi moi ? J’ai rien dit !
    ALEXANDRE ASTIER : Non mais c’est pas une punition, calmez-vous. Bon, dites-moi votre nom.
    JACQUES CHAMBON : Bon, ben ... Jacques Chambon.
    ALEXANDRE ASTIER : Profession ?
    JACQUES CHAMBON : Ben, acteur !
    ALEXANDRE ASTIER : Très bien, merci. Franck !
    FRANCK PITIOT : Ouais ?
    ALEXANDRE ASTIER : Votre nom ?
    FRANCK PITIOT : Ah merde ! J’avais révisé pourtant ! Non, j’déconne, Franck Pitiot, acteur !
    ALEXANDRE ASTIER : Bon ! On dirait que tout est revenu à la normale. Alors, on reprend, parce que bon !

(Noir, voix off)

    AUDREY FLEUROT : C’est bien joli, tout ça, mais ça me dit pas comment je vais me téléporter, moi !

TSON !


KAAMELOTT (Ca continue ... )

   Trois jours après la quarantaine, le travail a bien avancé, deux scènes importantes sont en boîte et une troisième en cours de tournage.

    ALEXANDRE ASTIER : Bon les gars ... .
    AUDREY FLEUROT : Et les filles !
    ALEXANDRE ASTIER : (Soupire) Donc, les gars ET les filles, on termine la scène, là et demain, on dégage pour aller tourner en plein air. Ça va faire du bien à tout le monde. Allez ! Jean-Christophe, Franck et Nicolas, sur le plateau !
    FRANCK PITIOT : Attendez ! Y’a un gars qui veut vous parler, il parait que vous le connaissez.
    AUDREY FLEUROT : C’est qui çui-là ?
    ALEXANDRE ASTIER : Sa tête me dit quelque chose ... .
    Bonjour, c’est moi !
    ALEXANDRE ASTIER : Euh oui, votre visage ne m’est pas inconnu mais ... .
    Machin, Docteur Machin !
    ALEXANDRE ASTIER : Ah oui, okay ! Qu’est-ce qui se passe ? Vous avez trouvé quelque chose, finalement ?
    DOCTEUR MACHIN : En dehors des MST ? (Rire) Non, non, rassurez-vous, je ne suis pas là pour ça.
    AUDREY FLEUROT : QUOI ?! Y’en a qu’ont des MST dans le groupe ?!
    ALEXANDRE ASTIER : Mais non, chut ! C’était juste une mauvaise blague ! Allez pas alarmer tout le monde.
    DOCTEUR MACHIN : Mauvaise, mauvaise, c’est vous qui le dites ! A part vous, tout le monde a rigolé !
    ALEXANDRE ASTIER : je ne crois pas, non. Mais bon, qu’est-ce que vous voulez ?
    DOCTEUR MACHIN : Trois fois rien, juste un rôle dans le film.
    ALEXANDRE ASTIER : Ouais ... alors, est-ce que vous m’avez vu prendre la température ou la tension de mes acteurs ?
    AUDREY FLEUROT : Ou actrices !
    DOCTEUR MACHIN : Ben non mais je vois pas le rapport.
    ALEXANDRE ASTIER : Le rapport, c’est chacun son métier, pour les rôles, j’ai des comédiens !
    AUDREY FLEUROT : Et comédiennes !
    DOCTEUR MACHIN : Non mais, elle vous emmerde tout le temps comme ça, celle-là ?!
    AUDREY FLEUROT : Tu sais ce qu’elle te dit, celle-là ? (Elle lui colle une bonne baffe)
    ALEXANDRE ASTIER : Ah ben voilà ! Ils sont gentils les comédiens ... et comédiennes, mais faut pas trop les chercher !
    DOCTEUR MACHIN : J’voudrais pas dire mais elle a pas l’air dans son état normal. Il serait préférable que je l’examine.
    AUDREY FLEUROT : Approchez pas ou j’vous en colle une autre !
    ALEXANDRE ASTIER : N’insistez pas, ou ça va mal se mettre !
    DOCTEUR MACHIN : Okay ! Et une figuration ? Hein ?! Juste une figuration mais avec un gros plan, quand même !
    ALEXANDRE ASTIER : Pfffff, okay. Ici, on en a pas besoin mais soyez demain au château de Murol, je vous trouverai bien un p’tit truc.
    DOCTEUR MACHIN : Ah mais je peux pas quitter la ville, moi ! je suis de garde !
    AUDREY FLEUROT : Ah mais c’est très bien, ça ! On va vous prêter un costume, comme ça vous pourrez monter la garde devant votre cabinet ! Vous serez tout choupinet !
    DOCTEUR MACHIN : Ben ouais, pourquoi pas ? Ça va faire marrer mes patients !
    JEAN-CHRISTOPHE HEMBERT : Bon on tourne ou quoi ? On va encore bouffer à pas d’heure !
    ALEXANDRE ASTIER : Mais vous passez votre temps à bouffer du saucisson dans cette scène, me dites pas que vous avez faim !
    JEAN-CHRISTOPHE HEMBERT : Collez-vous dans l’crâne que le cinéma, c’est pas la réalité, alors, je mange mais c’est pas pareil !
    DOCTEUR MACHIN : Et celui-là, il mériterait pas d’être examiné aussi ?
    JEAN-CHRISTOPHE HEMBERT : Mais je vais très bien,moi. Tant qu’on mange à l’heure !
    ALEXANDRE ASTIER : Non mais il a raison, faut qu’on termine ! Allez ! Tout le monde en place !
    NICOLAS GABION : je peux vous demander un truc ?
    ALEXANDRE ASTIER : Oh ben, allons-y, on est plus à ça près.
    NICOLAS GABION : Je, enfin, Bohort dit : Partez devant, je vous rejoins dès que j’aurai retrouvé mon épée.
    ALEXANDRE ASTIER : Ouais et alors ?
    NICOLAS GABION : Ben je tiens mon épée à la main depuis le début de la scène !
    ALEXANDRE ASTIER : Ben c’est ça qu’est drôle !
    NICOLAS GABION : Donc, vous trouvez drôle de me faire passer pour un couard ?!
    ALEXANDRE ASTIER : Mais c’est pas vous, c’est votre personnage !
    NICOLAS GABION : Peut-être ! Mais j’aimerais bien avoir le beau rôle une fois de temps en temps !
    ALEXANDRE ASTIER : Bon écoutez, on fait celui-là, tel quel et, plus tard, j’essayerai de vous pondre un truc où vous truciderez tout un régiment de méchants ! Ça vous va comme ça ?
    NICOLAS GABION (aux anges) : Tout un régiment ? C’est peut-être exagéré ... une dizaine pour commencer, ça serait déjà pas mal.
    ALEXANDRE ASTIER : Ben voilà, vendu ! Allez, on y va !
    LIONNEL ASTIER : Excuse-moi fiston ! Comme on a plus rien à tourner, nous, on part devant, direct à l’hôtel à Murol. J’ai les arpions qui nagent dans l’jus, j’ai besoin d’une bonne douche !
    ALEXANDRE ASTIER : Ah ouais, effectivement ... comme dirait Karadoc, ça englobe un peu !

(Noir, voix off)

    FRANCK PITIOT :   Et les pieds, on peut dire que c'est plutôt une bonne chose, ou une mauvaise chose ?

TSON !


KAAMELOTT (Y’a comme un malaise ...)

   Murol :
L’équipe du film s’est installée au pied du château où des yourtes ont été montées.

    PERCEVAL : Vous pouvez répéter ? J’ai rien bité, moi !
    ROI BURGONDE : RRIENBITEMOA ! Rrienbitémoi ? Où il est Arthour ? COUIIILLERRE !
    KARADOC : Mais il est où l’inter-machin, là ?!
    ROI BURGONDE : PAS BESOIN INTERRPRRETE POURR PARRLER LANGAGE A VOUS ! Leu pommier fleuri seu reufléteu dans l’eau dou lac ... . AH !
    PERCEVAL : Déjà qu’on a du mal à tout piger avec ceux d’ici, j’vous raconte pas avec çui-là !
    KARADOC : Et pourquoi que c’est pas le Roi qui s’en occupe ?! Il parle latin, lui !
    PERCEVAL : Nan mais j’crois pas qu’ils viennent de Rome, ceux-là !
    KARADOC : Quel rapport avec le latin ?
    PERCEVAL : Ouais, non, j’dis des conneries ... mais c’est l’autre qui m’embrouille aussi avec ses histoires de pommiers !
    ALEXANDRE ASTIER : COUPEZ ! Bravo c’était excellent ! Enfin, c’était très bien ! C’était bien, pas mal, quoi ! Quoique Jean-Christophe c’était ... couçi-couça. En fait, c’était pas mauvais, c’était TRÈS mauvais ! On recommence !
    ANNE GIROUARD : Vous vous prenez pour Louis de Funès ou quoi ?!
    ALEXANDRE ASTIER : De quoi ?! Comment ça ?
    ANNE GIROUARD : On aurait dit le passage de la grande vadrouille quand il dirige l’orchestre.
    ALEXANDRE ASTIER : Mais n’importe quoi, qu’est-ce que vous ... allez ! Circulez ! Foutez-moi l’camp ou j’te tape !
    ANNE GIROUARD : Non mais vous êtes givré mon p’tit bonhomme, faut vous faire soigner, hein !

Pendant ce temps, Perceval a sorti son épée.

    KARADOC : Ben, qu’est-ce que vous foutez ?
    PERCEVAL : Le Roi a dit de le couper c’est un très mauvais !
    KARADOC (sortant également son épée) : Vous êtes sûr ?

Ils se dirigent tous les deux d’un air menaçant vers Guillaume Briat, le Roi Burgonde.

    GUILLAUME BRIAT : Euh, les gars, qu’est-ce que vous faites ? C’est pas dans le scénario, ça !
    PERCEVAL : Comme par hasard, il parle la langue maintenant !
    KARADOC : Ouais ! J’aime pas très très ça !
    GUILLAUME BRIAT : Non mais les gars, faites pas les cons, ça coupe quand même un peu vos épées de cinéma, là !
    ALEXANDRE ASTIER : FRANCK ET JEAN-CHRISTOPHE ! Qu’est-ce que vous foutez là ?! On a dit qu’on refaisait une prise !
    PERCEVAL : Ah mais vous venez de dire de le couper ! Faudrait savoir !
    KARADOC : Ouais ! On pourrait pas faire une pause, plutôt ? J’vais encore rater un casse-dalle, moi !
    ANNE GIROUARD : Ah la vache ! C’est reparti encore pire qu’avant ! Il a rien foutu le Docteur Machin, c’est un vrai charlatan celui-là !
    GUILLAUME BRIAT : ARTHOURR ! PAS COUPER BURRGONDE POURR RREPRRISE !
    ANNE GIROUARD : Ben voilà ! Qu’est-ce que je disais, pire qu’avant ! Tout le monde est atteint !
    ALEXANDRE ASTIER : Ah non, pas tout le monde ! Pas moi !

(Noir, voix off)

    ALEXANDRE ASTIER : Hein ? Ma biche !

TSON !


KAAMELOTT (Ça pue duc mais violent)


Anne Girouard et Audrey Fleurot font une pause café à l’écart du groupe.

    ANNE GIROUARD : Ça commence à vraiment m’inquiéter cette ambiance sur le tournage ... tous ces acteurs qui se prennent pour leur personnage voire, carrément quelqu’un d’autre.
    AUDREY FLEUROT : M’en parlez pas, ça me met une angoisse ... mais, c’est qui qui se prend pour quelqu’un d’autre ?
    ANNE GIROUARD : Vous avez pas remarqué ?! Alexandre se prend pour Louis de Funès !
    AUDREY FLEUROT : Ah merde ! Depuis quand ?
    ANNE GIROUARD : Ben hier, je crois.
    AUDREY FLEUROT : C’est emmerdant, c’est un peu lui le chef, quand même.
    ANNE GIROUARD : UN PEU ?! Mais c’est lui qui fait tout ! Le scénario, la musique, tout, tout ! Il nous donne même les dialogues au dernier moment, vous voyez mieux le problème ?!
    AUDREY FLEUROT : Ah ouais, ça craint... quoique ... être dirigée par Louis de Funès ... ça le fait grave, quand même !
    ANNE GIROUARD : MAIS C’EST PAS LOUIS DE FUNES ! C’EST JUSTE UN RÉALISATEUR SCHIZOPHRÈNE !
    AUDREY FLEUROT : Mais vous énervez pas comme ça, peut-être que Merlin pourra faire quelque chose.
    ANNE GIROUARD : Ah mais vous aussi en fait ! Vous êtes atteinte !
    AUDREY FLEUROT (riant) : Mais non, je plaisante !

(Noir, voix off)

    AUDREY FLEUROT : C’est à Elias qu’il faut demander !

TSON !


KAAMELOTT (Comme un vent de folie)

Audrey Fleurot parcoure les lieux de tournage avec frénésie.

    AUDREY FLEUROT : Dites-moi, vous ! Vous avez vu Elias ?!
    TECHNICIEN : Elias, euh, c’est-à-dire ? Bruno, vous voulez dire ?
    AUDREY FLEUROT : Mais non, connard ! (Elle lui file une beigne)
    TECHNICIEN : Mais euh ! Ça va pas bien ?!
    AUDREY FLEUROT : Elias de Kelliwic'h ! Le fourbe !
    TECHNICIEN : Ben ouais, c’est ça ! Bruno Fontaine ! Mais non, il est pas là, il est même pas dans le casting !
    AUDREY FLEUROT : Comment ça “pas dans le casting” ? Qu’est que vous racontez mon pauvre ami ?! “Pas dans le château” vous voulez dire ?
    TECHNICIEN : Euh, je vous dis plus rien, moi ... allez demander au chef !
    AUDREY FLEUROT : Ouais, bonne idée ... il est où Louis ?
    TECHNICIEN : Louis ?! Écoutez j’ai du boulot, moi, je vous laisse.
    AUDREY FLEUROT : Revenez ici tout de suite, sale petit ... .
    JACQUES CHAMBON : Ben Madame Dulac, on pique sa crise ?
    AUDREY FLEUROT : Ah ben, pour une fois, vous tombez bien, vous ! Il est où votre collègue ?
    JACQUES CHAMBON : Qui ? Le fourbe ?! Mais j’en sais rien, j’en ai pas la garde !
    AUDREY FLEUROT : Décidément, vous êtes vraiment bon à rien... jamais !
    JACQUES CHAMBON : Ben ... si je suis jamais bon à rien, c’est que je suis toujours bon en tout, faut être logique ! Qu’est-ce qu’il vous fallait ?
    AUDREY FLEUROT : Un enchanteur en état de marche ! Autrement dit, pas vous !

Anne Girouard les rejoint essoufflée.

    ANNE GIROUARD : Mais Audrey, qu’est-ce que vous faites ?!
    AUDREY FLEUROT : Ah vous revoilà vous ! Vous avez trouvé Louis ?
    ANNE GIROUARD : Louis ... de Funès ?
    AUDREY FLEUROT : Mais évidemment ! Que vous êtes gourde, ma pauvre fille !
    JACQUES CHAMBON : Tiens ! C’est bizarre, ça.
    AUDREY FLEUROT : QUOI ! Qu’est-ce qu’il y a de bizarre, vieux machin inutile ?!
    JACQUES CHAMBON : Comment que ça se fait que la reine arrive à vous voir ?
    AUDREY FLEUROT : Tiens oui ! Comment ça se fait ?!
    ANNE GIROUARD : Mes pauvres amis, je suis désolée mais vous n’allez pas bien du tout.
    JACQUES CHAMBON : J’me sens très bien, moi ! J’suis au top de ma forme, j’pourrais vaporiser une dizaine d’Elias en un claquement de doigts !
    AUDREY FLEUROT : On va demander à Louis qui est malade ici !

    ***

Anne, Audrey et Jacques finissent par trouver Alexandre.

    ALEXANDRE ASTIER : Bon, qu’est-ce qu’il vous arrive à vous trois ?
    ANNE GIROUARD : Ça dépend, vous êtes qui ?
    AUDREY FLEUROT : Mais vous voyez bien que c’est le roi, ça tourne pas rond chez vous !
    ALEXANDRE ASTIER : Qu’est-ce que vous racontez, vous ? Quel roi ?!
    AUDREY FLEUROT : Vous êtes le roi Arthur et moi, la Dame du Lac !
    ALEXANDRE ASTIER : Tu mens, tu mens, elle me ment !  Je suis Louis de Funès ! Tout le monde le sait, ça !
    AUDREY FLEUROT : Oh, ta gueule !
    ALEXANDRE ASTIER : Mais je ne te permets pas de me vouvoyer... Enfin je ne me permets pas de te tutoyer !
    ANNE GIROUARD : STOOOOOOP ! Ça suffit ! Vous, vous êtes Alexandre, vous Audrey et vous Jacques et vous êtes tous des acteurs ! On va se calmer et reprendre nos esprits, sans ça, le film, il ne sortira jamais !
    ALEXANDRE ASTIER : Ben ouais, c’est vrai ... c’est vous qui avez raison ... qu’est-ce qu’il nous arrive ?
    AUDREY FLEUROT : La vache ! J’ai l’impression de sortir d’un rêve ... .
    JACQUES CHAMBON : Moi pareil, ça fout la trouille ces conneries.
    ALEXANDRE ASTIER : Ça peut pas continuer comme ça, il nous faut de l’aide.
    ANNE GIROUARD : Pas le docteur Machin en tous cas, il est trop nul !
    ALEXANDRE ASTIER : C’est pas un médecin qu’il nous faut, c’est un enquêteur ... je crois qu’on nous drogue ! Je connais un détective privé, je vais l’appeler.

(Noir, voix off)

    JACQUES CHAMBON : Putain, il est fort ce con !

TSON !


KAAMELOTT (L’enquête du G.R.A.A.L)

Les Estables.
   L’équipe de sécurité habituelle a été doublée depuis qu’Alexandre soupçonne une action malveillante.

    VIGILE : Sire !
    ALEXANDRE ASTIER : Ah non ! Vous allez pas vous y mettre, vous aussi ?!
    VIGILE : Désolé ! J’avais trop envie ... depuis le temps que je regarde Kaamelott. Monsieur Astier, on a trouvé une SDF qui traînait dans le périmètre sécurisé. Elle prétend que vous l’avez autorisée à rester.

   Une femme à l’âge indéfini, petite, les cheveux sales en bataille et recouverte d’une vieille couverture se tient à son côté, les yeux baissés.

    ALEXANDRE ASTIER : Ah oui, c’est vrai. Elle vit dans le coin à l’année, on va quand même pas la déloger. On s’est mis d’accord, elle peut rester si elle se fait discrète et qu’elle ne gène pas le tournage.
    VIGILE : A vos ordres Si ... Monsieur Astier.
    ANNE GIROUARD : Ça a l’air plus calme depuis quelques temps, vous avez contacté votre détective ?
    ALEXANDRE ASTIER : Ouais, ouais, c’est fait. Il doit être sur le coup, normalement.
    ANNE GIROUARD : Il doit ? Normalement ?! Ah ben, y’a pas de doute, ça rassure !
    ALEXANDRE ASTIER : Nan mais il travaille seul, sans rendre de compte avant d’avoir conclu. De toute façon, on a doublé la sécu, alors ... . Bon, sur ce, faut que j’aille retirer l’épée, moi !
    ANNE GIROUARD : QUOI ?! Ça vous reprend ?!
    ALEXANDRE ASTIER : De quoi ?! Ah ! Non, faut que j’aille tourner la scène où Arthur retire l’épée ... ça vous va mieux ?
    ANNE GIROUARD : Ah bah, je veux mon n’veu ! Vous m’avez foutu une angoisse, là !
    ELIE SEMOUN : C’est dingue cette histoire, quand même ! On pourrait presque faire un thriller à partir du tournage de Kaamelott ... imaginez un tueur qui rôde parmi les acteurs et les techniciens ... un détective privé genre Columbo ... .
    ALEXANDRE ASTIER : Bon alors, d’un, y’a pas eu de mort, donc, pas de tueur ... de deux, Columbo, c’est pas un privé !
    ELIE SEMOUN : Nan mais on s’en fout d’ça ... ça serait pas un reportage et puis Columbo, c’est juste pour le look du gars débraillé avec le cigarillo et tout ... (Il s’aperçoit qu’Alexandre le regarde d’un air fatigué) non ? Vraiment ? Vous c’est Kaamelott, Kaamelott, hein ? Vous préférez rester dans votre petit confort !
    ALEXANDRE ASTIER : Ben ouais, ça fera jamais que dix ans que les fans attendent ça, je me suis battu pour les droits, j’ai mis des années à réunir l’oseille, je suis allé chercher des acteurs dans toute la France, j’ai fait construire des décors de ouf, j’ai expliqué encore et encore ce que c’est Kaamelott, en plaisantant pour que personne ne s’ennuie ... alors, ce sera pas un thriller mais je veux pas qu’on dise que je suis resté dans mon p’tit confort parce que c’est pas vrai !
    ELIE SEMOUN : J’ai envie de dire, un sentiment distingué est un sentiment bien habillé ... et là-dessus, je vous laisse parce que je sais plus quoi dire.
    ANNE GIROUARD : Il est pas trop fut-fut lui, ou je me goure ?
    Je peux déjà vous faire un premier rapport.

   Alexandre et Anne se retournent vers la voix qui vient de les interrompre. La petite SDF est là, devant eux, un sourire en coin et la tête fièrement levée.

    ALEXANDRE ASTIER : Ah non ! On était d’accord, vous restez à l’écart du tournage !
    PETITE SDF : T’emballe pas, Alex, c’est moi “Chère Loque” !
    ALEXANDRE ASTIER : Sherlock ?! Mais non, Sherlock est un homme !
    PETITE SDF : Chère Loque est une société de détectives privés dont la principale caractéristique est de se faire passer pour des sans-abris afin d’observer sans être vus. On sait bien, malheureusement, que dans la société actuelle le plus grand nombre évite de regarder la misère en face.
    ANNE GIROUARD : Quand même, je trouve ces procédés ... .
    CHÈRE LOQUE : Avant de me faire la morale, sachez qu’une part non négligeable de nos bénéfices va en aide aux sans-abris et que presque la moitié de mes collègues, comme moi-même, vient de la rue.
    ALEXANDRE ASTIER : Okay, alors, qu’avez vous découvert ?
    CHÈRE LOQUE : Vous aviez raison, on cherche à vous nuire et j’ai trouvé comment. J’ai découvert de petites bonbonnes disséminées un peu partout dans le périmètre. Je les ai récupérées et je les ai fait analyser. Elle contiennent un gaz très spécial que j’ai malicieusement baptisé G.R.A.A.L. : Gaz Rétro-Amnésique Anti-Lucidité. Je vous la fait courte, ça annihile la personnalité de l’individu qui le respire, celle-ci est automatiquement remplacée, par une sorte d’auto-protection du cerveau par une autre personnalité importante pour cette personne. Le personnage vient remplacer l’acteur.
    ANNE GIROUARD : Mais qui ?! Qui nous en veut à ce point ?!
    CHÈRE LOQUE : C’est ce qu’il me reste à découvrir. Les bonbonnes peuvent être déclenchées à distance, ça simplifie pas la tâche mais je l’aurai, ne vous en faites pas !
    ANNE GIROUARD : Faites vite, s’il vous plaît ! Ça m’angoisse toutes ces histoires !

Franck Pitiot arrive en courant.

    FRANCK PITIOT : Bon, faudrait aller retirer l’épée, hein ! Les gars commencent à se les geler là-bas !
    ALEXANDRE ASTIER : D’accord, allons-y ... qu’Arthur redevienne enfin un héros !
    ANNE GIROUARD : Mais ne devenez pas TROP Arthur, quand même !

(Noir, voix off)

    FRANCK PITIOT : Vous inquiétez pas, ça va gazer !

TSON !


KAAMELOTT (Car c’était lui !)

Lieu : Inconnu.
   Le film a bien avancé depuis Murol, plus de trouble de la personnalité, chacun sait qui il est et ce qu’il a à faire. L’équipe est en plein tournage.

    ARTHUR : Perceval venez là, je vous dis !
    PERCEVAL : Ouais mais vous dites “là” mais vous faites pas voir où !
    ARTHUR : Mais quand je dis “là”, c’est où je suis, évidement !
    PERCEVAL : Mais je peux pas v’nir “là” si vous y êtes déjà !
    ARTHUR : Ah mais vous changerez jamais vous, hein ?! Venez à côté de moi !
    PERCEVAL : Ah ben là, c’est clair ! Vous voyez quand vous voul ... (Perceval se tait en avisant le regard d’Arthur) Ouais, euh ... bon, je suis là et maintenant, qu’est-ce qu’on fait de beau ?
    ARTHUR (pointant le doigt) : Vous voyez le pécore là-bas ?
    PERCEVAL : Non.
    ARTHUR : Mais si, sous l’arbre ... près du buisson de houx.
    PERCEVAL : C’est pas pour vous embêter mais des arbres et des buissons, y’a que ça à porte vue !
    ARTHUR : Porte vue ? A perte de vue !
    PERCEVAL : Ouais ... comme vous dites, on en a tout l’tour du ventre !
    ARTHUR : Mais suivez mon doigt !

Tout comme l’imbécile de Lao-Tseu, Perceval regarde le doigt d’Arthur.

    ARTHUR : Ah non mais vous en faites exprès, c’est pas possible !
    LEODAGAN : Qu’est-ce qui se passe ici ?
    ARTHUR : Mais c’est le seigneur Perceval, il me tape sur les nerfs à force de rien comprendre !
     PERCEVAL : Non mais c’est chaud aussi, des arbres et des buissons, y’a que ça par ici !
    LEODAGAN : Je peux savoir de quoi vous ... .
    ARTHUR (agrippant Léodagan par l’épaule et pointant une nouvelle fois du doigt) : Vous voyez le pécore là-bas ?
    LEODAGAN : Non !
    PERCEVAL : Ah !
    ARTHUR : Vous déconnez là ?! Mais regardez bien, sous le grand arbre ... .
    LEODAGAN : Le plus grand ?
    ARTHUR : Oui, euh non, c’est pas le plus grand mais pas le plus petit non plus ... c’est un de ceux entre les deux !
    LEODAGAN : Ah ben dites donc, avec des indications pareilles, on peut pas en vouloir au seigneur Perceval, hein ! Moi non plus, je vois rien !
    ARTHUR : Mais enfin, c’est pas compliqué ! Le plus grand arbre, là, vous le voyez ?
    LEODAGAN : Ben ouais.
    PERCEVAL : Non.
    ARTHUR (soupire) : Ben, vous partez de celui-là et vous comptez une dizaine d’arbres vers la gauche ... eh ben, juste sous celui-là, y’a un pécore quand même !
    LEODAGAN : Si vous le dites ... .
    ARTHUR : Mais si ! Il a un chapeau noir et une liquette blanche, c’est bien simple, on ne voit que ça !
    LEODAGAN : Bon écoutez, on le voit pas votre bouseux, je peux savoir en quoi c’est important ?!
    ARTHUR : Nan mais ... j’ai jamais dit que c’était important. Et puis c’est pas à vous que je voulais le faire voir, c’est au seigneur Perceval !
    LEODAGAN : Ah parce que lui, il a le droit de le voir et pas moi ?!
    PERCEVAL : Je vais peut-être vous laisser, moi.
    LEODAGAN : Restez-là, vous ! (Puis regardant Arthur) Alors ?
    ARTHUR : Mais c’est pas une question de droit, c’est juste que c’est plus rigolo si c’est à lui que je le fais voir, c’est tout !
    LEODAGAN : Vous voulez dire que j’ai pas d’humour ?
    ARTHUR : Ben ... sur certaines choses ... .
    LEODAGAN : Ben expliquez-moi, on verra bien si je rigole ou pas !
    ARTHUR : Non mais, oubliez ça, faut le voir, ça s’explique pas !
    PERCEVAL : Et comme on voit pas ... du coup ... c’est pas drôle ... ou moins drôle. Mais c’est rigolo quand même, hein !
    LEODAGAN : Non mais je suis désolé, on bougera pas de là avant que vous vous soyez expliqué !
    ARTHUR : Oh et puis merde ! Je trouvais qu’il ... vous ressemble (grand sourire) avec sa tignasse, sa tronche pas aimable ... ben vous voyez, ça vous fait pas rire !
    LEODAGAN : Effectivement, je confirme !
    PERCEVAL : Ah mais c’était ça ?! Je croyais que c’était le seigneur Léodagan, moi ! Je risquais pas de voir le pécore, du coup !
    ALEXANDRE ASTIER : COUPEZ ! Cette fois, c’est bon, on la tient !
    LIONNEL ASTIER : Ouais, je crois qu’on était bien dans le ton.
    FRANCK PITIOT : On a bien fait une dizaine de prises et j’ai toujours pas vu le pécore, moi !

(Rires)

    ***

   A quelques kilomètres de là.
   Elias s’affaire dans son labo avec agitation. Il prend une fiole, la repose, il en prend une autre, en verse la moitié dans une coupe, il y ajoute une poudre mystérieuse.

    ELIAS : Ah vous m’avez piqué mes joujoux, vous allez voir ce que vous allez voir !
   -Arrêtez ce que vous faites immédiatement !

   Elias sursaute et se retourne, une sorcière lui fait face. Petite, le visage noir, les yeux globuleux et les cheveux en bataille.

    ELIAS : Que me veux-tu sorcière ? Sais-tu bien à qui tu as affaire ? Elias de Kelliwic’h,  grand Enchanteur du Nord, meneur des loups de Calédonie, pourfendeur du dragon des neiges,  concepteur de la potion de toute pui ... .
    SORCIÈRE : Ouais, bon, abrège ! Je suis venu t’arrêter !
    ELIAS : Mais qui es-tu ?!
    SORCIÈRE : Chère Loque, détective privé !

   Elle lui projette alors du gaz lacrymo en plein visage, Elias hurle et s’écroule. Chère Loque fait le tour de labo et jugeant qu’il n’y a plus de danger, retire son masque à gaz.

    CHÈRE LOQUE : Bruno Fontaine, t’es dans la merde !

    ***

   Chère Loque a convoqué tous les acteurs dans une grande salle. Bruno Fontaine est attaché sur une chaise au centre de l’assemblée.

    CHÈRE LOQUE : Voici donc celui qui vous a causé tous ces ennuis depuis le début, Bruno Fontaine.
    ANNE GIROUARD : Bruno, mais pourquoi ?!
    BRUNO FONTAINE : Non mais je voulais pas que ça prenne ces proportions, au début, c’était juste une blague.
    ALEXANDRE ASTIER : Vous parlez d’une blague ! On aurait pu avoir des blessés, voire pire !
    CHÈRE LOQUE : Je crois qu’il s’est fait prendre à son propre piège.
    BRUNO FONTAINE : Ouais, c’est tout à fait ça. Je l’avais quand même mauvaise de pas faire partie du film, j’ai voulu fabriquer un gaz hilarant histoire de mettre un peu la pagaille.
    LIONNEL ASTIER : Pourquoi, vous êtes chimiste vous ?!
    BRUNO FONTAINE : Pas vraiment mais j’ai eu la panoplie du petit chimiste pour mes six ans.
    AUDREY FLEUROT : Ah ben ouais, il a suivi le même cursus que le docteur Machin, on dirait !
    BRUNO FONTAINE : Ben ouais, je me suis planté et plus j’en fabriquais, plus j’en respirais et j’ai fini par me prendre pour Elias en permanence. Je suis désolé.
    CHÈRE LOQUE (à Alexandre) : Qu’est-ce que vous faites ? Vous voulez porter plainte ?

   Tous les acteurs se regardent d’un air gêné.

    ANNE GIROUARD : On est pas obligés de mêler la police à ça !
    ALEXANDRE ASTIER : Ouais, non, vous allez arrêter vos conneries Bruno ?
    BRUNO FONTAINE : Ah ben ouais, c’est sûr ! Maintenant que j’ai retrouvé mes esprits, je touche plus à la chimie, promis !
    ALEXANDRE ASTIER : Non mais, chimie ou pas, vous nous mettez plus de bâtons dans les roues ?!
    BRUNO FONTAINE : Promis, juré, craché ! (Joignant le geste à la parole)
    JOËLLE SEVILLA : Oh ! Faites gaffe où vous glaviotez, vous !
    ALEXANDRE ASTIER : Bon, on va en rester là. Chère Loque, bon boulot ! Combien je vous dois ?
    CHÈRE LOQUE : Y’a bien une vingtaine de sans-abri dans le coin qui auraient rien contre une figuration, vous voyez ce que je veux dire ?
    ALEXANDRE ASTIER : Absolument, c’est comme si c’était fait !

   Le tournage a depuis, repris son cours normal et les choses avancent bien. Malgré tout, si le film ne sort qu’en 2021, faudra pas leur en vouloir, il y a des circonstances atténuantes.
(Noir, voix off)

    LOUIS DE FUNES : Il est bien ce petit Alexandre, il sait reconnaître les talents quand il les croise ... enfin, surtout le mien !

TSON !

Y a matière à un véritable épisode, là. Bravo !

Bon, est-ce que je ferme mon "C'est long !" pour ouvrir un "C'était long, quand même !" ? :rolleyes:

Un peu de douceur dans ce monde de brutes ! :)

PERCEVAL IN LOVE


I) LE COUPLE IDEAL

***

   Arthur et Perceval en mode détente assis sous l’arbre du roi.

PERCEVAL : Nan mais moi, j’crois qui faut que j’me trouve une femme !

ARTHUR : Ah ouais, ça m’semble une bonne idée, ça !

PERCEVAL : Avec Angharad c’était bien parti et puis pffft ! Elle s’est barrée comme ça du jour à la veille.

ARTHUR : Au lendemain ! On dit, du jour au lendemain.

PERCEVAL : Ah bon ? Vous êtes sûr ? Ça change rien, je l’avais pas vue ni la veille ni le lendemain.

ARTHUR : Bon, je vais pas vous mentir, ça me chagrine pas trop qu’elle soit partie, je pouvais pas la saquer ! De toute manière, vous étiez pas allés bien loin tous les deux ?

PERCEVAL : Une fois, on est allés jusqu’au village, quand même !
ARTHUR : Non mais pas ça ... vous avez pas fait grand-chose ensemble, euh ... des choses qu’on fait en privé ... à deux... enfin, la plupart du temps ... et qu’on porte pas beaucoup de vêtements ... .

PERCEVAL : Ah ouais ! J’vois c’que vous voulez dire... ouais mais non, on est jamais allés se baigner. Pourquoi, ça aurait pu aider, vous croyez ?

ARTHUR : Non mais sans déconner, vous savez bien ce que font un homme et une femme qui s’apprécient ?!
PERCEVAL : Ah ouais, les choses du sexe vous voulez dire ? Non mais y’a des filles pour ça, avec Angharad, je voulais attendre qu’on soit mariés !

ARTHUR : Résultat, elle s’est barrée !

PERCEVAL : Ouais, c’est pour ça, faudrait que je m’en trouve une autre, quelque chose de sérieux quoi ! Qu’on soit un couple uni, comme, par exemple ... le seigneur Léodagan et Dame Séli !

ARTHUR : DE QUOI ?!

PERCEVAL : Ben ouais, quand même, quand on les voit ensemble, ça fait envie !

ARTHUR : Mais ils sont toujours à se balancer des fions !

PERCEVAL : Ben ouais, justement, ils sont très complices !

ARTHUR : Ah bah, dites donc ! C’est vraiment pas le couple que j’aurais choisi en exemple ! Et la reine et moi, vous en pensez quoi ?

PERCEVAL : Je peux vous parler en toute frange ?

ARTHUR : En toute franchise ? Oui, allez-y !

PERCEVAL : Ben, la reine, ça va, je crois qu’elle vous aime, vous, en revanche, vous avez pas l’air heureux. (Silence pesant) Mais je peux me gourer, hein ! Je suis qu’un con, vous savez bien !

ARTHUR : Non, non, bien au contraire, vous êtes très perspicace.

PERCEVAL : Ça, j’peux pas vous dire ... je sais pas c’que ça veut dire.

ARTHUR : Que vous êtes bien moins con que c’qu’on pourrait croire !

PERCEVAL : Sinon, vous auriez une femme à me conseiller ?

(Noir, voix off)
ARTHUR : J’vais réfléchir mais avant d’en trouver une à votre hauteur ...vous méritez une perle !
TSON !



***


II) LA QUETE DE PERCEVAL

***

Perceval et Karadoc à la taverne.

KARADOC : Vous cherchez toujours une femme ? Vous voulez la mienne ?

PERCEVAL : Non mais ça va pas bien ?! Jamais je ne toucherai ... .

KARADOC : La femme d’un ami ? Ouais, je vous comprends.

PERCEVAL : Ouais, aussi mais moi j’allais dire : Une mocheté pareille ! Mais pourquoi ? Vous en voulez plus d’la vôtre ?

KARADOC : C’est pas ça, non mais vous êtes mon ami et je vois bien que ça va pas. Ça vous travaille cette histoire de femme.

PERCEVAL : Ouais, c’est vrai mais le roi a dit qu’il allait réfléchir à une femme pour moi. Une perle, qu’il a dit !

KARADOC : C’est quoi ça ? C’est un peuple, les Perles ?

PERCEVAL : Non, j’crois qu’c’est un prénom.

KARADOC : Ah bon ?! Il veut vous trouver une femme qui s’appelle Perle ? C’est bizarre, non ? Je savais pas que le prénom avait tellement d’importance.

PERCEVAL : Moi non plus mais si c’est le roi qui le dit ! Et puis, Perle de Galles, ça sonne bien, je trouve.

KARADOC : Ouais c’est vrai... tandis que la mienne ... Mevanwi de Vannes ... y’a trop de « v » ! J’avais jamais remarqué ... il est fort le roi quand même !

PERCEVAL: C’est pour ça ... il peut me désigner n’importe laquelle, je la prends les yeux fermés ! J’ai une confiance à l’aveuglette en lui !

KARADOC : A l’aveuglette ?

PERCEVAL : Ouais, ça veut dire, euh ... que j’lui fais confiance comme à un aveugle !

KARADOC : Ça, c’est drôle, moi, j’leur fais pas confiance du tout à ces gars-là qui vous r’gardent jamais en face !

PERCEVAL : Ouais ! Non, mais j’me suis p’t’être gouré en fait ! C’qui compte, c’est que j’fais confiance au roi ... les histoires d’aveuglette, on s’en tape, c’est juste pour faire joli !

KARADOC : Ouais ... c’est joli en chanson ...

PERCEVAL : En chanson ?

KARADOC : Mais si, vous savez bien : Mon petit oiseau, a pris sa volée A pris sa, à l’aveuglette, a pris sa, à l’aveuglette, a pris sa ... .

PERCEVAL : Veuglée ?

(Noir, voix off)
KARADOC : Ouais, c’est ça ! Vous êtes fort en chanson, vous !
TSON !


***




III) PERCEVAL CONTE FLEURETTE


***


   Labo de Merlin, l’enchanteur discute avec la reine Guenièvre lorsque Perceval entre.

MERLIN : Voilà ma reine, deux livres de pâte d’amande, premier choix.

GUENIEVRE : Merci Mer... . Ah, seigneur Perceval ! Comment allez-vous ? (rougissante et camouflant le sac de pâte d’amande derrière son dos)

PERCEVAL : A pieds, le plus souvent mais des fois, à cheval... mais finissez avec Merlin, je vais attendre.

GUENIEVRE : Je passais juste dire bonjour ... .

MERLIN : Qu’est-ce que je peux pour vous seigneur Perceval ?

PERCEVAL : Il me faudrait une potion ou un sort pour trouver une femme.

MERLIN : C’est-à-dire ?

PERCEVAL : Une femme, vous savez c’que c’est ?! J’en veux une !

MERLIN : Pour quoi faire ?

GUENIEVRE : Enfin, Merlin, je crois que c’est clair ... le seigneur Perceval voudrait se marier ... c’est bien ça ?

PERCEVAL : Ah ben ouais, carrément ! C’était bien parti avec Angharad mais elle s’est barrée, du coup, c’est moins pratique. Le roi a dit qu’il m’en trouverait une ... une perle qu’il a dit mais je crois qu’il a autre chose à faire. Donc, il me faudrait une potion pour trouver une femme qui s’appelle Perle.

GUENIEVRE : Je pense que le roi voulait dire qu’il vous faut une femme hors du commun, une femme parfaite, c’est ça qu’on appelle une perle !

PERCEVAL : Ah bon ? Mais moi, il me faut juste une femme normale ... pas besoin qu’elle soit « mordue comme un » ou « pas refaite ».

MERLIN : De toute façon, j’ai pas de potion pour ça, faudra vous débrouiller tout seul, comme tout le monde !

PERCEVAL : Ah merde ! Comment j’vais faire, moi ?

GUENIEVRE : Ne vous inquiétez pas, je vais vous aider, moi ! C’est bien le diable si je ne vous trouve pas une femme parmi les donzelles du château.

PERCEVAL : Vous croyez ? Mais c’est pas toutes des maîtresses du roi ?

GUENIEVRE : Ah ben non, quand même pas ! Enfin j’espère ... .

***

   Le lendemain, la reine n’a pas chômé et Perceval a rendez-vous dans les jardins avec une certaine Arzela, lointaine cousine de la reine, elle-même. Assis sur un banc, les deux jeunes gens sont plutôt embarrassés et regardent chacun droit devant eux, évitant soigneusement le regard de l’autre. Finalement, Perceval finit par trouver le courage d’engager la conversation.

PERCEVAL : Il fait beau, hein ?!

ARZELA : Oui, c’est vrai.

PERCEVAL : Alors, comme ça, vous êtes de la famille de la reine ?

ARZELA : Il parait, oui. Je ne la connaissais même pas avant de venir à Kaamelott. C’est mon père, lorsqu’il a appris qu’elle avait épousé le roi, il m’a envoyée ici.

PERCEVAL : Ah, la famille ... c’est pas toujours euh ... .

ARZELA : Facile ?

PERCEVAL : OUAIS ! C’est ça ! Vous êtes douée, vous !

ARZELA : Ah bon ? Comment ça ?

PERCEVAL : Vous avez terminé ma phrase, j’aime bien ça !

ARZELA : Vous croyez que c’est bon signe ?

PERCEVAL : Ah ben ouais, carrément ! J’ai un peu de mal à trouver mes mots, parfois. Vous allez vite vous en rendre compte, si on commence à se fréquenter !

ARZELA : Vous me trouvez jolie ?

PERCEVAL : Ouais, ouais, ça va.

ARZELA : Ça va ?!

PERCEVAL : Oui, ça va bien et vous ?

ARZELA : Je crois que je commence à voir ce que vous vouliez dire tout à l’heure ... à propos des mots.

PERCEVAL : Ah ouais ? J’ai dit des conneries ?

ARZELA : Non, pas vraiment ... Il faut que je m’habitue.

PERCEVAL : Ça veut dire que vous voulez bien qu’on se revoie ?

ARZELA : Oui, bien sûr. Vous avez l’air gentil.

PERCEVAL : Vous aussi, je vous trouve très ... .

ARZELA : Là, je ne peux pas vous aider, je risquerais d’être ... .

PERCEVAL : Ah, vous aussi vous ... .

ARZELA (amusée): Oui, c’est peut être contagieux.

(Noir, voix off)
PERCEVAL : Contagieux ... c’est pas quand on peut compter les trucs d’un seul coup d’œil ?
TSON !


***




IV) ARZELA


***

   Arzela et Perceval se promènent dans la campagne non loin du château. Les choses avancent bien si l’on considère que se tenir la main est le comble de l’érotisme.

PERCEVAL : Vous aimez les balades ?

ARZELA : Les balades avec un ou deux « L » ?

PERCEVAL : Euh … vous aimez les promenades ?

ARZELA : Avec un seul, alors ! Oui, j’aime les balades mais ça dépend avec qui… avec vous, j’aime bien. J’aime aussi les ballades, la poésie … vous connaissez des poèmes ?

PERCEVAL : Ah ouais, y’en a un de chez moi que j’aime bien ! (Perceval met alors une main sur son cœur, tend l’autre bras, ferme les yeux et déclame)
Ô toi, soleil de mon cœur,
Ah comme je t’imagine,
De la rose sembles la sœur
Et du laurier, la frangine … .

ARZELA : Ah ? … Tiens ! C’est original.

PERCEVAL (poursuivant sa poésie sans remarquer l’étonnement d’Arzela) :
J’y mettrai toute mon ardeur,
Mais toi belle gourgandine … .

ARZELA : Vous êtes sûr que … .

PERCEVAL : Sois-en sûre viendra l’heure,
Où dure sera ma … .

ARZELA : NON ! Ce n’est pas à ce genre de poésie que je pensais !

PERCEVAL : Ah bon ? Vous aimez pas ?! Quand on était gamins à Caerdydd, on la récitait tout le temps !

ARZELA : Ce n’est pourtant pas destiné aux enfants !

   Une voix vient alors interrompre leur échange.

– AH ! Ben vous êtes là ! Depuis c’matin que j’vous cherche !

PERCEVAL : Seigneur Karadoc ! Je me promenais avec Damoiselle Arzela.

KARADOC : C’est pas une raison pour en oublier de manger, ça ! Vous avez failli me couper l’appétit avec vos conneries ! Allez, venez ! C’est bientôt midi, vous allez pas rater celui-là aussi !

PERCEVAL : Euh ... oui, vous avez faim Arzela ?

ARZELA : Ma foi ... oui, j’ai comme un petit creux.

KARADOC : Mais vous allez pas l’amener ?! Est-ce que j’ai déjà amené ma femme à nos casse-croûtes, moi ?!

PERCEVAL : C’est pas pareil ! D’abord, c’est pas ma femme ! Et puis, au moins ... c’est pas une mocheté !

ARZELA : Seigneur Perceval ! On ne dit pas ce genre de choses ! C’est très ... malvenu !

PERCEVAL : On voit bien qu’vous la connaissez pas ! Un vrai laideron et puis ... je l’aime pas !

ARZELA : Mais si, je la connais ! Elle est très belle et très gentille !

KARADOC : Ouais ... non ... faut pas exagérer non plus. Elle est ... comme elle est ! Bon, on y va ?! Faut qu’je mange ou j’fais un malaise ! (Puis s’adressant à Arzela) Venez aussi, tant pis !

ARZELA : Je ne saurais refuser une si galante invitation ... .

(Noir, voix off)
PERCEVAL : Belle et gentille ?! ... Seigneur Karadoc, vous en avez qu’une de femme ?
TSON !


***





V) PRESENTATION


***


   Le roi Arthur s’est levé tôt, de bonne humeur (fait suffisamment rare pour être signalé) et est sorti pour une promenade dans les jardins. Il est légèrement contrarié lorsqu’il constate qu’il n’est pas seul et qu’un couple évolue gracieusement parmi les fleurs. En réalisant qu’il s’agit de Perceval, sa bonne humeur revient et Arthur les rejoint.

ARTHUR : Seigneur Perceval ! Vous êtes bien matinal aujourd’hui ... (avisant Arzela, l’œil concupiscent, petit sourire en coin) euh ... je ne crois pas connaître mademoiselle ... c’est ... votre amie ?

PERCEVAL : Ouais, on peut dire ça j’crois (regardant Arzela) hein ?

ARZELA (faisant la révérence au roi): Sire, je suis Arzela, une cousine de la reine.

ARTHUR (son sourire disparaissant à cette nouvelle): Ah! C’est quand même bizarre que je vous ai pas encore croisée.

ARZELA : Je suis arrivée depuis peu et j’essaye de me faire discrète.

ARTHUR : Et pourquoi donc ? Venez donc déjeuner à ma table ce midi, tous les deux, on en profitera pour vous présenter.

PERCEVAL : Ah mais moi j’connais tout le monde... au moins de vue, pour les noms ... c’est plus ...

ARZELA : Approximatif ?

PERCEVAL : Ouais ! Ca doit être ça !

ARTHUR : Mais tout le monde vous connait, vous ! C’est pour la présenter elle !

PERCEVAL : Ah ouais, j’me disais aussi ... du coup, j’viens quand même ?


***

   A cette occasion, Arthur a bien fait les choses, la table du roi est ornée de ses plus beaux atours et le repas devrait être à la hauteur. Autour de la table: Guenièvre, Arthur, Perceval, Arzela, Karadoc, Mevanwi, Léodagan et Dame Séli.

LEODAGAN : Vous attendez l’Pape ou quoi ? C’est quoi ces fanfreluches ?!

ARTHUR : Vous allez pas vous plaindre que je vous reçoive en y mettant les formes ?! D’habitude vous êtes toujours à vous plaindre de ci de mi ... voilà ! Aujourd’hui je mets l’paquet et vous êtes encore pas content !

LEODAGAN : Oh mais si, on est contents ... .

SELI : Mais on trouve ça bizarre, c’est tout ! ARTHUR : Ouais ben ... si’ ça vous convient pas, vous êtes pas obligés de rester ! KARADOC : Moi, j’attends de voir ... c’est pas parce que la table est belle que la bouffe est à la hauteur !

MEVANWI : Je vous en prie, taisez-vous !

KARADOC : Ben quoi ?! J’ai pas raison Seigneur Perceval ?

PERCEVAL : Un peu, ouais ! Comme on dit “Table bien dressée, euh ... repas à gerber !”

GUENIEVRE : Ah bon, on dit ça ?

ARTHUR : Mais non, y’a que lui qui dit ça ! Bon ! Si je vous ai invités ce midi, c’est principalement pour vous présenter Damoiselle Arzela, la euh ... comment dire ... la fiancée ? C’est un peu tôt, peut être ? ... l’amie ... oui, voilà ! L’amie du seigneur Perceval et ... cousine de la reine.

LEODAGAN : De quoi ?! Elle est d’la famille celle-ci ?! Regardant Séli) Vous la connaissez vous ?

SELI : Jamais vue ! Mais ça veut rien dire, hein ! Y’a tellement d’pécores éparpillés de votre côté !

GUENIEVRE : C’est la fille du seigneur Boren !

LEODAGAN : Ah bah, vous aviez raison... des pécores !

GUENIEVRE : Je vous fais remarquer que nous même, il n’y a pas si longtemps ... .

SELI : Oui, bon, ça va ! (puis à Arthur) Ca veut dire que vous comptez faire entrer çui-là (montrant Perceval) dans la famille ?

ARTHUR : En quoi ça vous dérangerait ?

LEODAGAN : Vous trouvez pas qu’on a assez de crétins comme ça dans la famille ?! Entre Yvain et lui, je sais pas lequel est le plus débile !

ARTHUR : Mais y’a pas deux secondes, vous la connaissiez même pas ! Qu’est-ce que ça peut bien vous faire à la fin ?!

SELI : C’est une question d’principes ! Vous allez pas nous refourguer tous les débilos dont vous savez pas quoi faire !

GUENIEVRE : Ah mais s’ils ont envie de se marier, j’vois pas bien c’qui pourrait les en empêcher ! C’est vrai quoi ... .

LEODAGAN : Vous, on vous d’mande pas votre avis ! (puis à Arthur) Heureusement que l’ogre de Vannes (désignant Karadoc) est déjà marié, sinon, j’suis sûr que vous auriez trouvé une tante ou une arrière grand-mère de ma famille à lui proposer ! Nan mais vous croyez qu’on vous voit pas venir avec vos petits arrangements, là ?!

ARTHUR : Non mais vous voyez des complots partout, hein ?! J’les ai rencontrés pour la première fois ce matin, dans les jardins ! Qu’est-ce que vous voulez que je trame comme complot ?

PERCEVAL : Euh,non ! Nous, on s’était déjà vus avant, Sire !

ARZELA (lui prenant le bras) : Il veut dire, nous deux, ensemble.

PERCEVAL : Ah ouais, alors ... euh ... ben non, on s’connait pas ! C’est mieux, là ?

MEVANWI : Mais ... tout le monde s’agite ... mais ont-ils seulement manifesté le désir de se marier ?

KARADOC : Ah vous, commencez pas à tout embrouiller !

PERCEVAL : C’est vrai ! De quoi elle se mêle la gourdasse ?!

ARTHUR : Non mais, elle a pas tort, vous comptez vous marier ou pas ?

PERCEVAL : Avec la gourdasse ?!

ARTHUR : Mais non, avec Arzela !

PERCEVAL (regardant Arzela): Ben, je sais pas, on en a pas encore parlé.

ARTHUR : Eh ben, voilà ! Inutile de s’énerver pour rien. Faites entrer les plats !

(Noir, voix off)
KARADOC : Ah quand même ! Même si c’est d’la merde ... j’ai faim, moi !
TSON !


***




VI ) LA FIN DU REVE


***


   Karadoc en train de bâfrer à la taverne s’arrête subitement en constatant que Perceval ne mange pas et semble perdu, les yeux dans le vague.


KARADOC : Ça va pas seigneur Perceval, votre lard manque de gras ?

PERCEVAL : ... .

KARADOC : Hé ! Vous êtes malade ou quoi ?!

PERCEVAL : De quoi ? Euh, non, j’crois pas ... enfin, j’en sais rien.

KARADOC : Vous êtes tout bizarre depuis quelques jours ... ben, dites-moi c’qui va pas !

PERCEVAL : Je sais pas, j’ai des papillons devant les yeux, j’arrive pas à me concentrer ... .

KARADOC : Ouais, ben ça ... c’est pas trop notre truc, non plus !

PERCEVAL : ... et je pense à elle tout le temps.

KARADOC : Qui ça ?

PERCEVAL : Ben Arzela ... j’crois que je suis amoureux.

KARADOC : Oh mon pauvre vieux ! Y’a rien d’pire que cette saloperie là ! Les femmes, j’veux bien, on en a besoin ... pour les gosses, tout ça. Mais amoureux ! C’est rien que des emmerdes ! Qu’est-ce qui vous a pris d’vous lancer là-dedans ?!

PERCEVAL : Mais j’ai rien fait ! C’est venu tout seul. Dès qu’elle est pas là, elle me manque et quand je suis avec elle, j’ai peur qu’elle parte !

KARADOC : Bref, vous êtes foutu ! Quand elle est pas là, vous êtes triste et quand elle est là, vous êtes pas bien non plus ... que des emmerdes, je vous dis !

PERCEVAL : J’préfère quand même quand elle est là ! Mais je l’ai plus revue depuis le repas chez le roi et ça commence à me vriller le ciboulot.

KARADOC : Buvez un coup, rien de tel pour remettre les idées en place ! Ah ! Quand on parle du clou ! La v’là !

   Effectivement, Arzela vient d’entrer dans l’auberge et vient vers eux, Perceval se lève.

ARZELA : Je peux vous parler seigneur Perceval ?

PERCEVAL : Ben ouais, carrément, j’vous écoute.

ARZELA : Non mais en privé, je veux dire ... allons dehors, vous voulez bien ?

PERCEVAL : C’est parti mon ... ouais, euh, allons-y !

   Ils sortent, il pleut mais ni l’un ni l’autre ne semble s’en apercevoir. Ils se font face et la mine fermée d’Arzela ne présage rien de bon. Perceval attend, son cœur semblant battre le rappel des troupes. Arzela se décide enfin à parler.


ARZELA : Je suis désolée de ne plus vous avoir fait signe depuis le déjeuner chez le roi mais le seigneur Léodagan et Dame Séli m’en ont empêchée.

PERCEVAL : QUOI !? Mais pourquoi ?

ARZELA : C’est délicat ... je ne sais pour quelle raison, ils ne veulent pas de vous dans la famille. Ils ont prévenu mon père qui m’a ordonné de rentrer en Carmélide.

   Les larmes commencent à couler sur le visage d’Arzela, Perceval la prend dans ses bras.


PERCEVAL : C’est normal, c’est d’ma faute ... ils veulent pas d’un con dans leur famille, je comprends.

ARZELA : Mais non ! Arrêtez de vous dénigrer ainsi ... vous êtes le plus gentil, le plus noble de tous les chevaliers que j’ai rencontré ! Adieu mon gentil chevalier.

PERCEVAL : Adieu ma douce Arzela.

   Perceval pleure à son tour. Karadoc sort de la taverne.

KARADOC : Alors ?! J’vous avais bien dit de pas vous inquiéter !


***


   Rentrant de la taverne, Perceval croise le roi et Léodagan dans la cour du château.

LEODAGAN : Ah ! Seigneur Perceval, quoi de neuf ?

PERCEVAL : Merde ! (Il s’engouffre dans le château)

ARTHUR : Qu’est-ce que vous avec encore fait, Beau-père ?

LEODAGAN : MOI ?! Mais rien ... enfin, j’crois pas, j’en fais tellement aussi ... .
(Noir, voix off)
LEODAGAN : Mais ... « merde » ... c’est une réplique à moi, ça !
TSON !


***



VII) LE VOYAGE

   Perceval pénètre dans la salle du trône et se plante devant le roi d’un air décidé.

PERCEVAL : Sire !

ARTHUR (absorbé par la lecture d’un parchemin): Oui seigneur Perceval, qu’est-ce que je peux faire pour vous ?

PERCEVAL : Est-ce que vous avez besoin de moi en ce moment ?

ARTHUR (levant les yeux) : Pas plus que d’habitude, non.

PERCEVAL : J’peux partir alors ? j’aurais besoin de quelques jours pour moi.

ARTHUR : Pour aller où ? Vous allez pas faire de connerie, j’espère ?!

PERCEVAL : Ca, j’peux pas vous dire, quand j’fais une connerie, j’le sais jamais à l’avance.

ARTHUR (pensif) : Ouais ... vous partez avec le seigneur Karadoc, je suppose ?

PERCEVAL : Non, non, tout seul.

ARTHUR : De toute façon, c’est pas lui qui vous empêcherait de faire une connerie. Okay, allez-y, vous êtes majeur après tout ... .

PERCEVAL : Merci Sire !

ARTHUR : Et si vous faites des actions d’éclat ... souvenez-vous de votre nom ... Per-ce-val-le-Ga-llois !


***


   Trente minute plus tard, Perceval est en route vers la Carmélide, il aimerait se lancer au galop mais son cheval étant, à la fois malade et blessé, il avance à un train de sénateur. Il progresse malgré tout mais son cheval rend l’âme au soir du premier jour de voyage, il est là, tout penaud devant le cadavre de l’animal, la nuit commence à tomber. Un peu plus loin sur la route un feu de camp prend vie, un phare le guidant dans les ténèbres. En approchant, il distingue une silhouette accroupie alimentant le feu. C’est un vieux ! Décidément, le sort s’acharne.

LE VIEUX : Asseyez-vous, étranger, profitez de la chaleur de mon feu.

PERCEVAL : Merci, c’est pas d’refus !

LE VIEUX : Et tenez, ici vous avez des noisettes et des pommes ... servez-vous.

PERCEVAL : J’crois qu’vous êtes le vieux le plus sympa que j’ai rencontré !

   Brusquement, le vieux plonge son regard dans le sien et Perceval se sent comme engourdi.

LE VIEUX : Que fais-tu, Perceval, où va-tu ? Ton destin n’est pas en Carmélide ! Ton destin est près du roi, de l’enfant de Lancelot à venir et de Bohort ! Oublie cette femme, l’amour et la paternité ne sont pas pour toi, ton destin est plus grand que cela ... dors et demain, va rejoindre ton roi !

   Perceval s’endort immédiatement et le lendemain matin, ses idées ne sont pas claires, il se souvient vaguement du feu, du vieux et de ses mots étranges. Il regarde autour de lui, les traces du feu sont bien là, il n’a pas rêvé. Il se lève, ramasse une pomme qui traînait par terre et reprend sa route vers la Carmélide. C’est pas un vieux qui va lui donner des ordres !
   Au soir du deuxième jour, il tombe dans un fossé, épuisé, il y passe toute la nuit. Dès le lever du soleil, il reprend sa marche. Il n’a rien mangé mais le souvenir du sourire d’Arzela vaut bien le plus roboratif des repas. La pluie commence à tomber, une pluie froide, méchante, ses vêtements sont trempés en quelques minutes. Il y a une grange en ruine au bord de la route, il pourrait s’y abriter mais l’idée ne lui traverse même pas l’esprit ... avancer, encore et toujours. Au soir de cette troisième journée, il s’écroule au milieu de la route, tous ses muscles sont tétanisés, il sombre dans l’inconscience.
Il se réveille sur une paillasse, un feu crépite non loin de lui, un peu plus loin, un homme, une femme et un enfant sont attablés et mangent ce qui lui semble être de la soupe. Son ventre émet alors un tel borborygme que l’homme le regarde.

LE PAYSAN : Venez nous rejoindre, seigneur. Il n’y a que de la soupe mais elle est bonne !

   Perceval se lève difficilement, chaque parcelle de son corps invente sa propre douleur, péniblement, il s’assoit avec eux

PERCEVAL : Vous m’avez trouvé où ?

LE PAYSAN : Oh, à peine à deux lieues d’ici, on vous a cru mort ! C’est le p’tit qu’a vu que vous respiriez encore on vous a chargé sur la charrette et roule ma poule !

PERCEVAL : Ca fait longtemps ?

LE PAYSAN : Ben, c’était hier soir !

PERCEVAL : J’ai dormi un jour entier ?!

LE PAYSAN : On dirait bien, mon gars ! Pardon ! Messire.

PERCEVAL : Il faut que je reparte !

LE PAYSAN : Mais la nuit est tombée, vous allez vous perdre !

   Soudain la pièce s’obscurcit, plus trace de feu, il ne distingue plus l’homme et la femme, seul, le visage pâle de l’enfant est encore visible, ses yeux le fixent et le même engourdissement qu’il y a deux nuits, le paralyse.

L’ENFANT : Que fais-tu Perceval ? Quelque part, le Graal t’attend mais pas en Carmélide. Là-bas, tu ne trouveras que tristesse et désolation. Dors ... et retourne auprès de ton roi !

   Comme la fois précédente, Perceval a dormi toute la nuit et se réveille à l’aube. Les paysans sont là, inquiets. Leur fils, habituellement le premier levé, dort encore et ils ne parviennent pas à le réveiller. Perceval va voir mais l’enfant semble dormir paisiblement.

PERCEVAL : Je pense qu’il avait besoin d’un long sommeil, c’est normal à son âge, tout ira bien. Vous m’avez bien dit que vous avez une charrette ? Un cheval aussi ?

LE PAYSAN : Non, juste un âne.

PERCEVAL (sortant sa bourse) : Vous me les vendez ?

LE PAYSAN (regardant la bourse bien remplie avec les yeux exorbités): Messire ... bien sûr ... tout pour vous être agréable !

   Perceval reprend la route dans cet équipage peu glorieux pour un chevalier, direction : Carmélide. C’est pas un gamin qui va faire la loi, non ?
Un peu plus loin sur la route, il croise un chevalier à cheval.

PERCEVAL : Chevalier ! C’est loin encore, la Carmélide ?

LE CHEVALIER : Qui es-tu, vil manant, pour oser m’adresser la parole ?!

PERCEVAL : Je suis Perceval de Galles, chevalier de la table ronde ! Et vous ?

LE CHEVALIER : Mes excuses, chevalier ... mais cet équipage et votre mise ... jamais je n’aurais deviné ... je suis Galehaut, seigneur des îles lointaines. Êtes-vous en quête pour la table ronde ?

PERCEVAL : Non, je suis en quête de ma bien aimée ... alors, la Carmélide ?

LE CHEVALIER : C’est aussi une noble quête, quant à la Carmélide, vous y êtes déjà ! Avez-vous trouvé le Graal ?

PERCEVAL : Non, pas encore ... mais ça avance bien.

LE CHEVALIER : Ne devriez-vous pas vous consacrer au Graal, avant de penser à l’amour ?

PERCEVAL : Oh ! Vous allez pas vous y mettre, vous aussi ! Il parait que je trouverai le Graal avec le seigneur Bohort et le fils de Lancelot ! Le seigneur Lancelot, il a pas encore de femme, alors, vous voyez, j’ai un peu de temps devant moi !

LE CHEVALIER : Si vous le dites ... bonne chance, seigneur Perceval.


***


   Perceval se réveille en sursaut, un cahot plus violent que les autres qui jusque là, avaient plutôt tendance à le bercer. Il arrête son âne et regarde autour de lui ... qu’a dit le garçon, déjà ? Tristesse et désolation, au moins sur ce point, il avait raison. Un paysage rugueux, fait de roche et de terre dure, très peu de végétation mais, en face de lui ... la mer. Alors, c’est comment déjà ? Aller au nord ... il faut avoir le soleil couchant du côté où je porte mon épée ... voilà, en avant Kara, c’est ainsi qu’il a baptisé son âne. Si proche du but, il décide de ne pas dormir et de voyager de nuit. A l’aube, il est en vue de Bédingran. Il doit maintenant, trouver un village au sud de la ville ... alors, le sud... avoir le soleil levant encore du côté où je porte mon épée ... c’est vraiment bizarre ces histoires de nord et de sud... .
Perceval arrive enfin au but, le village de Carouen, le village d’Arzela. Il laisse son attelage et avance discrètement sur la petite colline surplombant le village, il a là, un poste d’observation idéal. Les heures passent, des paysans s’activent autour de la plus grande ferme qu’il pense être la demeure du seigneur Boren. Perceval lutte contre la fatigue, ses yeux se brouillent, il croit voir Arzela partout mais cette fois, oui ! C’est bien elle qui se dirige vers une fermette un peu à l’écart du village. Toute sa fatigue oubliée, Perceval court à corps perdu vers sa bien-aimée. Il parvient à la rejoindre à quelques coudées de la fermette. Arzela pousse un cri de surprise mais personne ne semble l’avoir entendu.

ARZELA : Seigneur Perceval ! Mais ... que faites-vous là ?!

PERCEVAL : Je suis venu vous chercher, vous me manquez, je pense à vous tout le temps ... je vous aime !

   Arzela vient se blottir dans ses bras et pleure à chaudes larmes tout en riant.

ARZELA : Vous êtes fou ! C’est impossible, mon père vous tuerait s’il savait ! Il m’a promise à un riche fermier du village voisin, nous devons nous marier dans trois jours.

PERCEVAL : Mais qu’est-ce qu’on s’en fout ? Venez avec moi, allons sur le continent. J’ai un peu d’argent, on va s’installer en Aquitaine ou ailleurs, comme vous voudrez ... .

ARZELA : C’est impossible, seigneur Perceval, mon devoir est d’obéir à mon père et le vôtre est de trouver le Graal.

PERCEVAL : Oh non, pas vous ! J’en ai rien à faire du Graal ! On sait même pas c’que c’est !

ARZELA : Ne dites pas ça, si quelqu’un peut le trouver, c’est bien vous. Mais je ne vous laisserai pas repartir sans nous offrir à nous même le cadeau que nous méritons.

   Arzela lui prend la main et l’entraîne vers une grange. C’est une découverte pour tous les deux, Arzela qui était vierge et Perceval qui n’avait jusqu’alors connu que des relations tarifées.

PERCEVAL : Ouah ! je ne savais pas que ça pouvait être si ... .

ARZELA : Fusionnel ?

PERCEVAL : Ouais, c’est pas f ... non, en fait, je sais pas c’que ça veut dire.

ARZELA : Que nous ne faisions plus qu’un !

PERCEVAL : Ouais ! C’est ça ! C’était mortel !

ARZELA : Je dois rentrer à présent et vous aussi !

PERCEVAL : Mais, votre mari, il verra que vous n’êtes plus ... .

ARZELA (riant) : Il ne verra rien du tout, il pourrait être mon grand-père ! Je doute qu’il soit encore capable de faire quoique ce soit avec une femme. Il me veut comme un bijou qu’il pourra exposer à ces invités. Au moins, grâce à vous, j’aurai connu les plaisirs de l’amour. Partez maintenant, rentrez à Kaamelott et trouvez le Graal, partez avant qu’on vous surprenne et qu’on vous fasse du mal.

***


   Le voyage du retour, Perceval l’a fait comme un automate, ses pensées exclusivement tournées vers son amour perdu. A peine arrivé à Kaamelott, le roi le convoque.

ARTHUR : Alors, seigneur Perceval, que rapportez-vous de votre périple ?

PERCEVAL : Rien, juste des souvenirs.



FIN

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Bon, on est d'accord, c'est pas une œuvre d'art ... s'il y a des infographistes parmi vous, les conseils sont les bienvenus.

Vous faites feu de tous bois dans celle-ci ! Mais tout est bien qui finit bien, je pouvais pas le saquer ce répurgateur !

?type=3&theaterAh ben zut ! l'image n'apparaît pas ! Quelqu'un a une solution ?

Voilà une quête qui méritait d'être racontée ! Excellent !

Le père Blaise au clair de la lune, très poétique ! Heureusement qu'on peut compter sur Léo :)

A chaque fois que je poste un texte un peu long, lorsque je le valide, on me signale une erreur alors qu'en fait, le texte est bien passé.
C'est pour ça que le 1er "Le roi Perceval" est posté deux fois et je n'ai pas réussi à supprimer une des deux versions. Y'a une raison ?

L’OMBRE DU DRAGON.

Chapitre un.

     L’homme avance d’un pas régulier, son pas n’a pas changé de rythme depuis son départ, il y a plus de cent jours. Il avance les yeux fermés, la réflexion du soleil sur la neige lui étant devenue insupportable il arrive aux pieds des Highlands, plus précisément du mont Beinn Nibheis. Très grand et de forte corpulence, l’homme est vêtu d’une cape noire avec capuche recouverte de fourrure mais vu de la position de Korkho, c’est juste un point noir sur une surface immaculée. L’homme ouvre enfin les yeux, l’ascension l’exige et la neige est moins présente sur la paroi, sans s’autoriser le moindre repos, il entame l’ascension. Korkho s’agite, il sent que l’inconnu vient pour lui. L’homme a estimé son ascension à cinq jours, la pluie glacée et le vent puissant qui viennent de s’abattre sur lui ne changent en rien son allure. Korkho tire sur sa chaîne, une fois de plus même si les milliers de fois précédentes ce fut en vain, l’homme qui arrive lui procure une angoisse à présent, alors que lorsqu’il l’a découvert pour la première fois, il pensait s’en faire un diner digne de se nom. Pourquoi paniquer ? Que pourrait bien faire un homme seul et sans arme contre moi ? Mais non, il ne parvient pas à se rassurer, il sait, au plus profond de lui que l’homme sera son maître et même s’il enrage à cette idée, inéluctabilité de son futur lui empli le cœur. Il hurle son impuissance. Plus bas, l’homme sourit.

......

     Dans la salle du trône de Kaamelott, l’ambiance est détendue autant que faire se peut. Le roi a convoqué  ses chevaliers afin de les récompenser de leurs quêtes abouties.

PERCEVAL (à l’entrée) : Vous êtes sûr que je peux entrer ? J’y suis jamais allé, moi !

ARTHUR : Allé où ?

PERCEVAL : Ben ... à Bouti !

ARTHUR : Non mais les quêtes abouties, c’est celles qui vont jusqu’au bout ! Les quêtes terminées, quoi !

PERCEVAL : Ah, d’accord ! Les quequêtes, quoi ! (le rire de Perceval s’éteint progressivement au vu de la réaction du roi) Nan mais, j’disais ça ... faites pas attention !

ARTHUR : Parfois, vous me désespérez, Perceval ! C’est pas contre vous, hein ! Mais vous sortez tellement d’énormités, que ... je sais plus ! Pourtant, j’vous aime bien... mais ... faites un effort, s’il vous plaît !

PERCEVAL : PROMIS ! Je vous parlerai plus du tout !

ARTHUR : Nan mais c’est pas ça que j’vous demande ! Je vous demande juste de réfléchir avant de parler, ça peut se faire ça, non ?

PERCEVAL : Euh, je sais pas trop ... combien de temps ?

ARTHUR : MAIS TOUJOURS ! Oh, non, et puis vous me faites chier ! Démerdez-vous !

......

     Sur le mont Beinn Nibheis, l’homme noir atteint le sommet, il fait face à Korkho et éclate de rire. Le dragon  essaye de s’éloigner mais sa chaîne le maintient en place. Son regard croise celui de l’homme noir, il capitule.

















Chapitre deux.


     L’homme face au dragon semble bien petit pourtant, aucun doute n’est possible, c’est lui le maître. Il sort une clé de son barda et délivre le dragon de ses chaînes, grimpe sur son corps et s’installe sur son cou, tel un cavalier. A présent, sa route sera plus simple et plus rapide. Korkho prend son envol.

.....

     A Kaamelott, dans le labo des enchanteurs, Merlin et Elias se disputent comme bien souvent lorsque Merlin se tait brusquement et semble comme  à l’écoute de quelque chose qui échappe totalement à Elias. Sans plus d’explication, il quitte le labo et se rend directement à la salle du trône où le roi reçoit le peuple en séance de doléances. Il entre d’un pas décidé dans la salle, passe devant Guethenoc et Roparzh en train de s’invectiver et va directement parler au roi.

MERLIN : Sire, j’ai à vous parler, c’est urgent !

ARTHUR : Vous voyez bien que je suis en doléances, Merlin ! Revenez plus tard !

MERLIN : Je ne peux pas attendre, je dois partir tout de suite !

ARTHUR : Mais qu’il y a-t-il de si urgent ? Un loup blessé ?!

MERLIN : Non, il s’agit d’une toute autre créature que j’avais capturée il y a très longtemps ... et on vient de la délivrer !

ARTHUR : Quand vous dites créature, c’est ... ?

MERLIN : Un dragon, le plus puissant jamais vu sur nos terres !

ARTHUR : UN DRAGON !? Mais euh... comment ... qui ... où ?

MERLIN : Dans les Highlands en Calédonie mais il est déjà en mouvement.

ARTHUR : Qu’est-ce que vous comptez faire ? Vous vous sentez à la hauteur ?!

MERLIN : Peu importent mes états d’âme, c’est mon devoir, je n’ai pas le choix !

ARTHUR : Vous voulez des hommes ? Emmenez Elias, au moins !

MERLIN : Non ! Je dois le faire seul et puis, il vous faut quand même un enchanteur à Kaamelott même si c’est pas le meilleur !

ARTHUR : Merlin, je dois bien avouer que vous m’impressionnez ! Sachez que tous mes vœux de réussite vous accompagnent !

     Arthur à a peine terminé sa phrase que Merlin est déjà parti. Il quitte Kaamelott à pieds, direction, le nord, dès qu’il entre dans la forêt, à l’abri des regards, il se métamorphose en loup et entame une folle course vers la Calédonie.

.....

     Le voyage de l’homme chevauchant Korkho à été bref, il s’est posé en Orcanie, de nuit, dans un endroit désertique et depuis, il attend. Une voix se fait entendre dans son dos.

– Mon ange déchu préféré ! Tu as fait bon voyage, Lucifer ?

– Méléagant ! Si tu avais mené à bien ta mission, je n’aurais pas été obligé de venir en personne !

– Je suis limité dans mes moyens d’action, la persuasion, la tromperie ... on ne peut pas tout réussir avec de si petits pouvoirs !

– Peut-être pas tout ...  mais rien ! C’est de l’incompétence !

     Méléagant préfère se taire, Lucifer a haussé le ton et d’ordinaire, ça ne présage rien de bon.

.....

     Dans la forêt de Carmélide, un loup blanc et puissant poursuit sa course vers le nord sans relâche.














Chapitre trois.


Attablé à la taverne, Karadoc ripaille tandis qu’assis en face de lui, Perceval l’observe en se mordillant les lèvres. Sentant son regard, Karadoc s’interrompt.

– Mais vous mangez pas vous ? Ça va pas ?

– Si ça va ... enfin, je sais pas trop ! Vous avez pas envie de voyager un peu ?

– Voyager, où ça ? Pour quoi faire, j’suis bien ici, moi !

– Mais on fait jamais rien à part venir ici, vous en avez pas marre ?! s’irrite Perceval.

– Ben, jusqu’ici, ça vous allait plutôt de venir à la taverne ! Vous, vous mijotez un truc dans votre caboche ! Nan mais si un cerveau comme vous me dit qu’on doit voyager, moi, ni une ni deux, je vous suis !

– Ben alors, je vous le dis ! Il faut qu’on parte et tout de suite ! Il faut que je passe à Kaamelott me chercher un arc et on y va !

– Un arc ?! Mais vous savez pas comment ça marche !

– Si, je sais ! Je suis pas doué, c’est tout ! Mais je sais qu’il m’en faut un, allez, grouillez-vous, on a déjà perdu trop de temps !

.....

     Méléagant et Lucifer discutent dans le noir depuis des heures, ce genre de créature n’a pas besoin de sommeil. Korkho, en revanche, dort depuis longtemps lorsque subitement il ouvre un œil et se met à gronder sourdement ce qui alerte immédiatement les deux autres. Lucifer se dresse et scrute les ténèbres autour d’eux.

– Korkho a senti quelque chose ... je crois qu’on nous observe !

– J’ai cru déceler de la magie il y a un instant mais c’était très faible et fugace !

– Décidemment, t’en rates pas une ! Il fallait me le dire immédiatement, crétin !

     Méléagant se sent subitement défaillir, ses forces le quittent, son esprit se brouille, il tombe à genoux, Lucifer, un rictus déformant ses lèvres, le regarde fixement.

– Je devrais te renvoyer dans le néant, tu ne me sers à rien ! Fais encore une erreur et je t’efface pour de bon !

     Il relâche enfin son emprise sur Méléagant et grimpe sur le dragon en reprenant sa forme originelle. Ce sont à présent, deux monstres ailés qui survolent le périmètre à la recherche de l’intrus.

     A quelques coudées de là, un loup blanc, accompagné de neuf congénères rameutés non loin d’ici, regarde le couple démoniaque prendre de la hauteur. Lucifer ! Le porteur de lumière, Merlin ne s’attendait pas à ça. La tâche sera encore plus rude que prévu !

.....

     Perceval est occupé dans la salle d’arme de Kaamelott à se trouver un arc tandis que Karadoc est parti préparer ses affaires ainsi que des casse-croutes pour la route. Il ne sait quelle arme choisir son expérience en la matière étant très limitée.

– Vous cherchez quelque chose seigneur Perceval ?

     La voix a fait sursauter Perceval mais il a immédiatement reconnu le roi. Il se retourne face à lui et à Bohort qui l’accompagne.

– Oui, Sire, je voudrais un arc mais je ne sais pas lequel choisir.

– Un arc mais pour quoi faire ?! Vous risqueriez de vous blesser ou  de tuer quelqu’un par accident !

– Sire ! Je dois partir en mission immédiatement et il me faut un arc ! Aidez-moi,  s’il-vous-plaît !

– C’est quoi votre mission ? Vous pensez tout de même pas que je vais vous laisser partir comme ça ?!

– Sire, c’est important ! implore Perceval.

     Arthur est étonné de la détermination de Perceval, il ne se souvient pas l’avoir déjà vu si sûr de lui.

– Très bien, seigneur Perceval, prenez celui-ci, il est fait pour vous. Vous partez seul ?

– Non, le seigneur Karadoc m’accompagne.

– Je peux vous demander un service ? Emmenez le seigneur Bohort avec vous, il a besoin de s’aguerrir un peu !

     Bohort qui ne s’attendait pas à cela, devient tout rouge.

– Mais Sire ! Qu’est-ce qui ... pourquoi vous ... je ne crois pas que ...

     Arthur ne l’écoute pas et s’adresse à Perceval.

– Si vous l’emmenez avec vous, je vous laisse partir, je vous donne l’arc  et ... et ? ... Je vous donne les flèches qui vont avec !

– Ah oui, merde ! Les flèches !

.....

     Une heure plus tard, trois cavaliers quittent Kaamelott, direction, plein nord. Passant devant la taverne, Karadoc interroge.

– On s’arrête pas casser la croûte ?

– Pas cette fois, seigneur Karadoc ! Pas cette fois ! répond Perceval, le regard perdu vers le nord.

.....


Chapitre quatre.


     Lucifer a retrouvé une apparence plus humaine, ses recherches ont été vaines et sa colère envers Méléagant s’est réveillée.

– A force de me mettre en colère, tu me fais faire des conneries ! Ma métamorphose aurait pu me faire repérer en haut lieu, je ferais mieux de me débarrasser de toi.

     Méléagant tente de détourner la conversation.

– Pourquoi n’allons-nous pas directement détruire Kaamelott avec Korkho ? Plus vite ça sera fait, moins tu auras de risques de te faire découvrir !

– Korkho n’est pas prêt ! Voilà presque cinq cents ans que Merlin l’a emprisonné sur le Beinn Nibheis, depuis il a dû se contenter de dévorer quelques misérables bestioles qui passaient à sa portée et cela n’a pas suffit à entretenir son feu. Il doit aller se ressourcer à l’Àrd-Na-Said au sud-est, ce petit volcan réveillera son feu ... j’y pense, c’est peut être Merlin qui nous observait, il aura placé un sort d’avertissement sur l’entrave de Korkho !

– Merlin ?! C’est un incapable, s’esclaffe Méléagant.

– Et tu t’y connais, bon à rien ! Allez ! Grimpe sur Korkho, nous partons, direction sud-est de la Calédonie.

.....

     Les trois chevaliers de Kaamelott arrivent au mur d’Hadrien, frontière entre la Carmélide et la Calédonie. Perceval est resté silencieux pendant presque tout le périple contrairement à ses deux compagnons qui n’arrêtent pas de se plaindre, Karadoc du manque de gras et Bohort de tout le reste, l’inconfort, l’ignorance de leur mission et l’absence d’une troupe en armes. Perceval stoppe son cheval et fait signe aux deux autres d’en faire autant. Il reste immobile, la main levée, semblant attendre un signe. Après de longues minutes, il parle enfin.

– Nous allons camper ici.

– Quoi ! Mais y’a rien ici, rien qu’un mur ! On va rien trouver à manger ! s’indigne Karadoc.

– De plus, je trouve que nous serions dangereusement exposés si quelques malandrins venaient à nous surprendre, ajoute Bohort.

     Perceval n’a rien entendu et descend de cheval.

– Installez le campement, je dois vérifier quelque chose, dit-il avant de s’éloigner de l’autre côté du mur.

     Karadoc et Bohort, étonnés mais respectueux de sa nouvelle attitude, lui obéissent. Une heure plus tard, Perceval revient.

– Nous sommes près du but ! Demain sera un grand jour !

– Pourquoi ? demande Karadoc.

– Je ne sais pas pourquoi mais je sais que ça sera un grand jour !

     Quelques minutes plus tard, Perceval dort paisiblement, les deux autres sont nerveux mais finissent par trouver le sommeil.

.....

     A peine une lieue plus au nord, trois créatures maléfiques se posent à proximité d’Àrd-Na-Said.  Le volcan n’est pas actif pour l’instant mais Lucifer fait confiance à Korkho pour trouver la roche en fusion, ils doivent juste lui indiquer la bonne direction. Toutefois, cela semble compliqué la nuit pour le dragon qui, de plus, doit se reposer. Lucifer décide d’attendre le lever du jour.

.....

     Au campement des chevaliers, seul les ronflements de Karadoc rompent le silence jusqu’à ce qu’un cri retentisse. C’est Karadoc, réveillé en sursaut.

– SEIGNEUR PERCEVAL ! NOUS SOMMES ATTAQUES !

.....

     
Chapitre  5.

.....

     Au campement des chevaliers, le cri de Karadoc a réveillé Perceval, il essaye de distinguer Karadoc dans la nuit, le feu en étant presque à sa fin.

– Qu’est-ce qu’il vous arrive seigneur Karadoc ?

– MAIS REGARDEZ ! Y’A DES LOUPS PARTOUT, VOUS EN AVEZ UN COUCHE A COTE DE VOUS !

      Sans s’énerver, Perceval regarde et effectivement, un loup blanc est couché à son côté tandis que d’autres parcourent leur campement.

– Ah oui, tiens ! Bonjour Merlin !

– NON MAIS ÇA VA PAS BIEN, C’EST UN LOUP, JE VOUS DIS ! panique Karadoc.

     Merlin se transforme alors sous les yeux ébahis de Bohort et Karadoc.

– Seigneur Perceval, j’aimerais bien savoir comment vous m’avez reconnu !

– Mais vous êtes chiants, tous, à me poser cette question, comment ! Est-ce que je sais, moi ?! Je sais ! C’est déjà pas mal !

– Effectivement, c’est ce qui compte. Je suis très heureux de vous avoir trouvés ici. Où alliez vous comme ça ?

– Ça, on aimerait bien le savoir ! s’exclament Bohort et Karadoc.

– Je croyais que c’était vous, Merlin, qui m’aviez guidé jusqu’ici !

– Pas du tout, je comptais régler ça tout seul mais à présent, je suis bien content d’avoir de l’aide. Il faudrait partir maintenant, le jour ne va pas tarder à se lever et nous avons presque une lieue à parcourir.

– Pour aller où ? demande Karadoc.

– Empêcher un dragon de retrouver son feu et de semer la terreur chez nous !

– Rien que ça ? murmure Bohort sur le point de s’évanouir.

– Un grand jour que je vous avais dit ! dit Perceval avec un sourire.

.....

     La petite troupe composée de trois chevaliers, un enchanteur et neuf loups arrive au volcan au point du jour. Dissimulés dans les feuillages, ils observent Méléagant et Lucifer guider Korkho vers le haut de l’Àrd-Na-Said. D’un mot, Merlin envoie les loups attaquer le trio infernal espérant leur interdire l’accès au feu du volcan. Les loups arrivent rapidement et encerclent le dragon et ses guides, pourtant, si Korkho n’a plus de flammes, il n’est pas inoffensif pour autant et il égorge deux loups avec ses griffes. Les autres reculent à bonne distance et montrent les crocs, Merlin et les trois chevaliers profitent de la diversion pour s’approcher du volcan. Merlin avise l’arc de Perceval.

– Ça serait peut-être le moment d’utiliser votre arc, non ? Une flèche dans l’œil du dragon, ça pourrait aider !

– Ben ... j’vais essayer mais je promets rien !

     Il encoche une flèche, prend son temps pour viser et tire, la flèche s’envole ... dans les nuages.

– Ah merde ! j’crois que j’ai pas fermé le bon œil !

– Essayez encore ! L’encourage Merlin.

     Cette fois, Perceval rate encore le dragon mais touche l’épaule de Lucifer ce qui a pour effet immédiat d’attirer son attention. Lucifer entre en rage en voyant Merlin et les trois chevaliers, il tend son bras en les pointant de l’index et un faisceau de feu se dirige vers eux. Merlin lance un sort pour les protéger mais la magie de Lucifer est trop forte et ils tombent tous les quatre en arrière.

– C’est malin, vous l’avez énervé ! s’écrie Bohort.

     Un autre loup est mort mais les six restants continuent d’harceler le dragon. Lucifer hésite à enfourcher Korkho pour aller exterminer les quatre d’en bas mais il considère finalement qu’il est plus important de lui rendre son feu et avance vers le cratère tout en tuant un autre loup.

     Perceval, les voyant avancer, prend une autre flèche et tire, celle-ci, Méléagant l’attrape d’une main en riant. Lucifer et Korkho s’approchent dangereusement du bord du cratère, Perceval tente un autre tir et atteint Lucifer entre les omoplates, celui-ci se retourne, arrache la flèche et leur lance un nouveau faisceau de feu. Merlin et les chevaliers l’évitent de justesse en plongeant sur le côté. Perceval se relève et reprend une flèche qui, cette fois, atteint son but, l’œil de Korkho. Le dragon pousse un hurlement qui s’arrête brutalement, sa tête vient de tomber. Arthur, Excalibur à la main, Léodagan et Lancelot apparaissent alors et font face à Lucifer et Méléagant.

– Bon, cette fois, je crois que c’est raté pour la discrétion, déplore Lucifer.

– Vous voulez tâter d’Excalibur ? lui demande Arthur.

– Je pourrais te réduire en poussière, toi et ton cure-dents si l’envie me prenait. Tu ignores qui je suis !

– Déjà, moi, on me tutoie pas et qui vous êtes, j’en ai rien à cirer !

– Je n’ai pas le temps de discuter avec toi, vermisseau ! Je vais avoir des comptes à rendre en haut lieu ! répond Lucifer avant de disparaitre.

   Voyant cela, Méléagant disparait à son tour.

.....

     Les loups restants sont partis rejoindre leurs montagnes après avoir reçu les remerciements de Merlin, ensuite, la petite troupe a pris le chemin de Kaamelott. Perceval est curieux.

– Sire, comment avez-vous pu être là ?

– Je vous l’avais dit, vous pensiez tout de même pas que j’allais vous laisser partir seul ou presque, à l’aventure comme ça ? J’ai alerté les seigneurs Léodagan et Lancelot et on vous a suivi de près !

– Heureusement ! Vous nous avez sauvés ! Contre Lucifer, on avait aucune chance !

– Vous voulez dire que le gars, là-haut, c’était Lucifer, LE Lucifer ?! Heureusement que je l’ai pas su avant !

– Ben pourquoi ?

– J’crois que j’aurais moins fait le mariole, face à lui.

FIN.

MECREANT !!!! :) Non, sans dec, c'est très bien vu. Tout coule bien comme dans un véritable épisode. Château !

Très très bon, tout à fait dans le ton des personnages. J'ai un petit faible pour la bouderie de Kay :)

Bine vu le retour de Jacca. "Silence le mort !" Excellent !  ... s'cusez-moi c'est sous l'coup du ...

Merci, je ne vais pas manquer se lire les autres textes.

Sivouplé, sivouplé ... un p'tit commentaire, sivouplééééé :)

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