Bienvenue sur OnEnAGros!, le forum qui commence à rigoler à partir de 6 !

Lisez la charte du forum avant de commencer à participer. Si vous êtes nouveau, une présentation est toujours appréciée afin de mieux se connaître !


OK, dans ce cas il faudra peut-être que je change deux-trois choses pour qu'on ne sache pas qu'il s'agit de parchemins.

----
Tout bien réfléchi je ne vais rien changer : si je ne dis pas qu'il s'agit de parchemins, le lecteur saura que Merlin va foirer. Alors que là, il y a une petite chance qu'il se demande comment il peut foirer la lecture d'un parchemin.

De toute façon, la suite de Kaamelott, y'a qu'Alexandre Astier qui peut la voir. Peut-être qu'elle est influençable en société, je ne sais pas, mais y'a que lui qui peut la voir.

(En attendant, réjouissons-nous : le nouvel Astérix vient de sortir !)


Mission souterraine

Tout cet épisode se déroule dans le noir. Au mieux on ne voit que quelques visages éclairés par des torches, et encore.

3 CORS

1. INT. SOUTERRAINS ‒ NOIR
Quelques visages de chevaliers (Arthur, Lancelot, Léodagan, Calogrenant et Perceval, accompagnés de Merlin) apparaissent dans le noir. Ils marchent prudemment derrière Calogrenant, qui tient une torche, et Merlin, qui lit une carte.

Merlin
Tiens, ça tourne à gauche maintenant.
Arthur (inquiet)
Pourquoi, ça devrait pas ?
Merlin
Sur la carte, ça tourne à droite.
Arthur
Quoi ?
Perceval
Ils ont peut-être fait des travaux. Elle date de quand, votre carte ?
Arthur
Ah non, la carte est fiable, c'est la Dame du Lac qui me l'a trouvée.
Lancelot
Merlin, vous êtes sûr d'avoir bien suivi notre trajet sur la carte ?
Merlin
Heu... Je vous avouerai que j'ai un doute.
Arthur
Et depuis quand vous avez un doute ?
Merlin
Heu... Depuis l'escalier en bois qu'on a dû grimper. Sur la carte ça descendait.
Lancelot
L'escalier en bois ? Mais c'était le premier obstacle du parcours !
Léodagan
Même pas fichu de lire une carte ! Mais vous êtes bon à quoi au juste ?
Calogrenant
Vous voulez dire qu'on est perdus depuis le début ?
Merlin (protestant)
Presque le début !

OUVERTURE

2. INT. SOUTERRAINS ‒ NOIR
La discussion se poursuit dans une obscurité presque complète. Calogrenant tient toujours sa torche.

Arthur
Mais enfin, quand j'ai demandé qui voulait s'occuper de la carte, vous vous êtes porté volontaire !
Merlin
Vous aviez dit : pour une fois, ce serait bien d'avoir un volontaire autre que Lancelot.
Arthur
Oui, mais un volontaire qui sait lire une carte ! C'est pour ça d'ailleurs que j'ai rembarré Perceval.
Perceval
Ouais, du coup je fais pas l'affaire. Je sais plus pourquoi, mais je sais que ça peut pas être moi.
Merlin
Mais moi je voulais vous faire plaisir !
Calogrenant
Donc on est perdu ?
Lancelot
C'est pas croyable ! Quand je pense que j'étais prêt à assumer cette tâche et que je vous ai laissé prendre ma place uniquement pour que vous puissiez redorer votre blason.
Léodagan
En même temps, quelle idée de s'encombrer d'un bon à rien...
Merlin
Alors là, attention ! Si j'ai bien voulu vous accompagner, c'est parce que j'ai sur moi un sort qui peut vous être utile. Surtout si vous vous perdez, d'ailleurs.
Lancelot
« vous vous » perdez ?
Arthur
Nan mais c'est vrai que Merlin peut nous être utile : il a sur lui un sort pour faire jaillir de ses doigts un rayon de lumière. Si on est vraiment perdu et qu'on tourne en rond, avec nos torches qui finiront par être brûlées, on sera bien content de bénéficier de ce sort.
Calogrenant (inquiet)
Et Merlin sait toujours le faire ?
Arthur
On a répété avant-hier, ça marche très bien. N'est-ce pas Perceval ?
Perceval
Ouais, j'y étais, c'était impressionnant : Merlin a prononcé une incantation, et hop ! un rayon de lumière à jailli de son indice gauche. Ou droit, je sais jamais. Mais ça change rien, hein !
Merlin
Et attention, un rayon conique, qui s'élargit vers l'avant. Parfait pour voir dans le noir !
Arthur
Je les ai rejoints quand ils l'ont essayé dans les oubliettes du château. La lumière est suffisamment forte, le sort est au point.
Léodagan
Et vous vous souvenez des paroles de l'incantation ?
Merlin
Pas besoin : c'est un parchemin magique, il suffit juste de le lire. Et au cas où vous vous inquiéteriez pour la durée de fonctionnement, j'en ai pris une dizaine dans ma besace.
Calogrenant
C'est sûr ?
Arthur
J'ai fouillé son sac juste avant de partir, c'est dedans. Rassurez-vous, toutes les précautions ont été prises.
Lancelot
Bon, et en attendant, qu'est-ce qu'on fait ?

3. INT. SOUTERRAINS ‒ NOIR
La troupe marche en suivant cette fois Lancelot tenant une torche.

Léodagan
Mais pourquoi on s'arrête pas ? On est perdus, on est perdus !
Lancelot
Oui mais là on est au milieu d'un couloir souterrain qui ressemble aux autres. Ce qu'il faut, c'est tomber sur une configuration qui sera reconnaissable sur la carte.
Arthur
Après tout, on n'est pas complètement perdus : il faut juste trouver où on est par rapport à la carte.
Calogrenant
N'empêche, il nous reste plus que deux torches.
Arthur
Raison de plus pour pas traîner !
Lancelot
Sire, on arrive à une salle ! C'est une salle ronde.

Les chevaliers entrent dans une salle ronde comportant un puits au milieu.

Arthur
Beau-père, vous la trouvez sur la carte ?
Léodagan
Mais apportez-moi de la lumière ! OK, je vois... Une salle ronde avec deux couloirs qui partent chacun dans une direction opposée, ça colle ?
Lancelot
Pour moi c'est bon.
Arthur
Attendez, avant d'être sûr il faut vérifier qu'il n'y a pas d'autres salles qui lui ressemblent. Beau-père, combien de salles coïncident avec la notre ?
Léodagan
J'en vois qu'une. Ronde, avec un puits au milieu, et les deux couloirs... Il y juste celle-ci, voyez.
Arthur (regardant la carte)
OK, je vois où on est. Dans ce cas, le mieux est d'aller direct à la salle du trésor, qui se trouve ici.
Calogrenant
On n'aura pas assez de torches ! Vous ne préférez pas rebrousser chemin ?
Arthur
Le trajet de retour serait encore plus long. De toute façon on a Merlin.
Léodagan
Mouais...
Arthur
Nan mais je vous dit qu'on a répété, il sait le faire, le sort.
Lancelot
OK, alors on continue. Seigneur Léodagan, vous me guidez avec la carte ?
Léodagan
Pas de souci.

4. INT. SOUTERRAINS ‒ NOIR
La troupe avance au bout d'un couloir et s'approche d'un passage étroit.

Léodagan (tenant la carte)
Voilà, c'est juste après le passage.
Arthur
La salle au trésor ?
Léodagan
Oui, regardez !
Lancelot
OK, j'entre d'abord pour vérifier que ce n'est pas piégé.
Arthur
Oui, la dame du Lac a dit que c'était inhabité mais c'est plus prudent.

Lancelot entre par l'étroit passage puis ressort un peu plus tard.

Arthur
Alors ?
Lancelot
Il n'y a pas de trésor !
Arthur
Comment ça ?
Lancelot
Ça ressemble pas à la carte. Seigneur Léodagan, décrivez-moi ce qu'indique la carte.
Léodagan
Ben, une grande salle carrée sans aucune issue.
Lancelot
Je suis entré dans une petite salle allongée, avec quatre issues de chaque côté. Et rien à l'intérieur.
Perceval
Je vous l'avais dit, ils ont dû faire des travaux.
Calogrenant
Je vous signale qu'on est en train de consumer la dernière torche.
Arthur
Mais qu'est-ce qui s'est passé ?
Léodagan (étudiant la carte qu'éclaire la toche de Calogrenant)
Ah, j'ai compris, c'est de ma faute, désolé !
Arthur
Qu'est-ce que vous avez fait ?
Léodagan
Rappelez-vous, on s'est calés sur l'unique salle ronde avec un puits au milieu. En fait je me suis trompé, il y en a deux autres pareilles sur la carte, là, sur les côtés. Vous l'aviez mal éclairée tout à l'heure. Du coup on n'est pas là où on croyait.
Arthur
Mais c'est pas vrai !
Léodagan
Je comprends mieux pourquoi notre couloir s'est incurvé sur la gauche et non la droite, je me disais aussi...
Merlin (rigolard)
Ah ah, et après on m'accuse de pas savoir lire les cartes !
Calogrenant
Il y a franchement pas de quoi rire.
Arthur
Ouais, là on est bel et bien perdus.
Lancelot
Sire, qu'est-ce qu'on fait ?
Perceval
On pourrait appeler les secours.
Léodagan
Comment ça ?
Perceval
Eh ben, l'un de nous retourne là-haut et avertit la garde qu'on est perdus en bas.
Calogrenant
Et comment il fera pour trouver son chemin, ahuri ?
Perceval
Ah ouais, j'y avais pas pensé.
Arthur
La seule solution, c'est de recommencer comme tout à l'heure : on avance au hasard jusqu'à ce qu'on tombe sur une configuration facilement reconnaissable sur la carte.
Lancelot
Et cette fois on examine bien la carte avant de conclure !
Léodagan
Oh, ça va... Vous aviez qu'à mieux l'éclairer, la carte !
Calogrenant
D'ailleurs à ce sujet, on va pas tarder à être dans le noir.
Merlin
Vous inquiétez pas, je lancerai un sort de lumière.

FERMETURE

5. INT. SOUTERRAINS ‒ NOIR
À présent le noir est complet.

Léodagan
Alors, vous nous le faites le sort de lumière ?
Merlin (fouillant dans son sac)
Minute, il faut que je retrouve un des parchemins. C'est pas facile, dans le noir, figurez-vous. Ah, j'en sens un... oui, c'est un parchemin !
Lancelot
Attendez... Rassurez-moi, vous allez pouvoir le lire dans le noir ?
Merlin
Ah ben non, il faut m'éclairer !

Merlin
Hé, c'est pas ma faute si vous avez pas pensé à garder un peu de lumière pour moi !


J'espère qu'on ne voit pas trop venir la chute. Peut-être que je n'aurais pas dû préciser que c'est un parchemin à lire ? Dites-moi si ça vous semblait évident. (J'ai précisé que c'était un parchemin à lire pour rassurer le lecteur, c'est-à-dire pour qu'il se dise : ça va sûrement foirer, mais je vois pas comment... Sans cette précision, le lecteur se dirait juste : oui ben ça va foirer.)

Tante Cryda a écrit :

En revanche j'ai vu sur le net qu'en ce moment y a une promo chez Aupré, donc ça existe encore, ce qui pourrait être considéré comme une bonne nouvelle. :fete:

Merci pour ton enquête ! Malheureusement il n'y a pas d'Auchan près de chez moi. En tout cas, ça veut dire que la recette n'est pas perdue (ou alors c'est de vieilles portions invendues qu'ils essaient de refourguer − c'est le principe des promotions...)

On peut le remplacer par du camembert. J'ai déjà eu l'occasion d'essayer (ou c'était peut-être du brie, je ne sais plus), c'est pas mal du tout.

Je reviens aux petits tracas du quotidien, le sujet d'origine qui se voulait plus léger que les graves problèmes que vous décrivez...

Depuis environ deux ou trois mois, je ne trouve plus de salade strasbourgeoise dans les rayons crudité des supermarché. J'ai essayé au moins Super U, Cora, Lidl, Leclerc : plus rien. La dernière fois que j'en avais trouvé, c'était l'été dernier au Super U en promotion. À croire que la promotion était due à l'arrêt prochain de la recette.

Que se passe-t-il ? Est-ce qu'on en trouve encore en Alsace ? Cette pénurie est-elle le début d'une crise de grande ampleur ?

Pareil, j'aime bien le personnage d'Angharad alors j'essaie de lui donner un petit coup de pouce, mais c'est pas facile...

Tiens, je profite que j'ai dépassé les cent pour poursuivre mes index dans un nouveau message, comme ça ça remontera ce sujet et ça donnera peut-être l'idée aux autres auteurs de faire eux aussi des index.

105 - Rendez-vous galant (22/11/2018, http://forum.onenagros.org/viewtopic.php?id=5349)
Une petite idée qui trottait dans ma tête depuis un bon moment. Je n'ai jamais réussi à faire quelque chose de super drôle, tant pis, je le poste. Dans ce sketch, on verra Angharad user d'initiatives pour tenter de faire progresser son idylle...

106 - Mission souterraine (03/12/2018, http://forum.onenagros.org/viewtopic.php?id=5350)
Voici une aventure classique : nos chevaliers s'avancent dans des souterrains à la recherche d'un mystérieux trésor.
(Je n'ai pas exploité le fait qu'Arthur a peur dans le noir parce que ça n'apportait rien. Du coup c'est peut-être incohérent par rapport à cette particularité.)

Ce sketch s'inscrit au tout début, au Livre I ou éventuellement II mais pas plus.


Rendez-vous galant

3 CORS

1. INT. CHAMBRE ROYALE ‒ MATIN
Tandis que le roi Arthur déjeûne au lit, la reine Guenièvre se fait coiffer par Angharad

Angharad (après une courte hésitation)
Heu... Est-ce que Madame m'autorise à poser une question à Monsieur ?
Guenièvre
Allez-y, oui.
Arthur
Ben ? Pourquoi vous me demandez pas à moi ? Je suis quand même le premier concerné !
Angharad
Je rappelle à Monsieur que je suis la suivante de Madame, pas de Monsieur.
Guenièvre
De son point de vue, vous êtes seulement le mari de sa patronne.
Angharad
Voilà.

Arthur est un peu vexé.

OUVERTURE

2. INT. CHAMBRE ROYALE ‒ MATIN
Arthur continue à déjeûner. Angharad l'interroge.

Angharad
Je voudrais d'abord assurer à Monsieur que je ne cherche pas à connaître des choses qui ne me regardent pas. S'il y a du secret-défense, je comprends très bien que vous ne désiriez pas m'en parler.
Arthur
Et c'est quoi, votre question ?
Guenièvre
Allez-y, lancez-vous, il ne va pas vous mordre !
Angharad
C'est que... J'ai peur que Monsieur ne puisse me répondre franchement.
Arthur (agacé)
Eh bien essayez !
Angharad
Est-ce que Monsieur a le droit de me dire si le seigneur Perceval est en mission secrète ?
Arthur
Non, il n'est pas en mission secrète.
Angharad
Mais s'il l'était, vous me répondreriez exactement la même chose.
Arthur
Heu... Oui, c'est possible, en effet. Mais là, il n'est pas en mission secrète.
Guenièvre
Allez, dites-lui franchement ! Elle ne le répètera à personne !
Angharad
Je promets à madame que je saurai respecter le secret d'état.
Arthur (agacé)
Nan mais... Premièrement, vos histoires avec Perceval ne m'intéressent pas. Et deuxièmement : non, il n'est pas en mission secrète.
Guenièvre
Mais pourquoi voulez-vous qu'il soit en mission secrète ?
Angharad
Eh bien, ça expliquerait son comportement.
Arthur (intrigué malgré lui)
Ah bon ?

3 INT. CHAMBRE ROYALE ‒ SUITE

Angharad
Ça fait plusieurs fois que le seigneur Perceval ne se rend pas à nos rendez-vous galants.
Guenièvre
Des rendez-vous galants ? C'est romantique...
Angharad
Ah oui. J'ai imaginé cela afin de permettre à notre idylle de progresser sur le plan émotionnel. Mais il s'agit de rendez-vous en tout bien tout honneur, attention !
Guenièvre
Mais quel rapport avec une mission secrète ? Il est peut-être juste malpoli.
Angharad
Le lendemain, lorsque je le croise, il fait comme s'il n'était même pas au courant ! Normalement, il aurait dû s'excuser ou trouver un prétexte... Même pas : il réagit comme s'il n'avait jamais entendu parler de notre rendez-vous galant. Comme s'il n'avait pas le droit de me dire pourquoi il n'est pas venu.
Guenièvre
C'est intriguant, en effet. (Se tournant vers Arthur) Vous en pensez quoi, vous ?
Arthur
J'en pense que ça ne m'intéresse pas !
Guenièvre
Vous êtes sûr que Perceval n'était pas en mission secrète ?
Angharad
Si monsieur pouvait me rassurer...
Arthur (s'emportant)
Mais non ! Jamais j'envoie Perceval en mission secrète ! Il faut être débile pour envoyer Perceval en mission secrète !
Guenièvre
Mais alors comment se fait-il ?
Arthur (calmé)
Le seigneur Perceval, comment vous le mettez au courant des rendez-vous ?
Angharad (souriante)
Grâce à une autre astuce que j'ai imaginée pour apporter plus de romantisme...
Guenièvre (souriante et intéressée)
Laquelle ?
Angharad
La nuit, lorsque je sais qu'il est couché, je glisse sous la porte de sa chambre un billet doux. C'est là que j'inscris la date du rendez-vous.
Arthur
Sauf que Perceval ne sait pas lire.
Angharad (interdite)
Quoi ?
Arthur
Le seigneur Perceval ne sait pas lire. Pas la peine de lui glisser des billets doux, il les lira jamais.
Angharad (refusant d'y croire)
Mais il est chevalier, et même ministre !
Arthur
Oui, mais il sait pas lire.
Guenièvre (pouffant de rire)
Alors ça c'est la meilleure ! Vous saviez même pas que Perceval ne sait pas lire !

Angharad, vexée, quitte la chambre.

4. INT. TAVERNE ‒ JOUR
Perceval et Karadoc boivent un coup à la taverne. Perceval sort de sa poche un bout de parchemin.

Karadoc
Vous en avez encore eu un ?
Perceval
Oui, c'est la sixième fois !
Karadoc
Et c'est toujours votre inconnu ?
Perceval
Toujours. Il glisse ça en douce sous ma porte, sans se montrer.
Karadoc
C'est louche !
Perceval
Évidemment que c'est louche ! S'il veut pas se montrer, c'est qu'il a quelque chose à cacher.
Karadoc
Et vous pensez que le message est codé ?
Perceval
C'est vrai que je sais pas lire, mais quand même, c'est écrit différemment, regardez. De toute façon, si le type a quelque chose à cacher, c'est forcément un message codé.
Karadoc
Montrez-le à Lancelot, il connaît le code.
Perceval
J'ose pas. Imaginez si ce machin vient d'un traître, ou d'un comploteur.
Karadoc
D'un comploteur ?
Perceval
Si c'était pas un comploteur, il se montrerait. Ça se trouve, ce message m'invite à rentrer dans le complot. Alors si jamais je le montre à Lancelot...
Karadoc
Vous avez qu'à faire pareil que le traître : attendez la nuit, vous glissez ce message sous la porte de la chambre de Lancelot, ainsi il saura pas que c'est vous.

5. INT. CHAMBRE ROYALE‒ MATIN
Le lendemain, nous retrouvons à nouveau le roi, la reine et sa suivante.

Angharad
Madame me permet-elle de dire à Monsieur qu'il faudrait qu'il arrête de me prendre pour une idiote ?
Arthur
Quoi ?
Angharad
Que Monsieur ne se fatigue pas, j'ai parfaitement compris ce qui s'est passé hier soir.
Guenièvre
Qu'est-ce qui s'est passé hier soir ?
Angharad
Eh bien hier soir, pour vérifier, je suis quand même venue au rendez-vous que j'avais fixé avec le seigneur Perceval.
Arthur (agacé)
Ah non, encore cette histoire !
Angharad
Ah mais j'ai bien compris que Monsieur n'en avait rien à battre et ferait tout pour me mettre des bâtons dans les roues.
Guenièvre (à Arthur)
Qu'est-ce que vous avez fait encore ?
Arthur
Mais absolument rien !
Angharad
Ben voyons. Je signale à Monsieur que je sais renconnaître une mauvaise blague quand j'en vois une.
Guenièvre
Vous ne pourriez pas être plus précise ? Il s'est passé quoi hier soir ?
Angharad
Eh bien il y avait quelqu'un à mon rendez-vous !
Guenièvre
Ah bon ? Le seigneur Perceval a fini par venir ?
Angharad
Pas vraiment, non. C'est le seigneur Lancelot qui s'est présenté à sa place.
Guenièvre
Ah tiens ?
Arthur
Comment ça Lancelot ?
Angharad
Que monsieur ne fasse pas l'étonné !
Arthur
Parce que c'est de ma faute ? Vous me reprochez quoi ?
Angharad
Le seigneur Perceval ne s'est pas rendu à mon rendez-vous, ce qui confirme qu'il ne sait pas lire. Monsieur était donc le seul à être au courant. Et comme je ne suis pas sans savoir que le seigneur Lancelot est comme un frère pour Monsieur, la seule explication est qu'il s'agit d'une très mauvaise blague.
Guenièvre (à Arthur, sévère)
C'est vrai ce qu'elle dit ?
Arthur
Mais pas du tout !
Angharad
Alors comment expliquez-vous la présence du seigneur Lancelot ? Je ne trouve pas très charitable de jouer avec les sentiments des domestiques. Je vous rappelle que sans moi, votre femme serait obligée de se coiffer toute seule, je vous laisse imaginer le résultat.
Guenièvre (encaissant)
Comment ?
Arthur
Encore une fois, je n'y suis pour rien. D'ailleurs je fais jamais de blagues, à personne, pas même à ma femme.
Angharad (à Guenièvre)
C'est vrai ?
Guenièvre (un peu déçue)
Je confirme : il ne m'a jamais fait de farces. On ne rigole pas toujours quand on est la reine, vous savez.
Angharad
Alors je prie Monsieur de m'excuser. Mais je ne comprends pas.

FERMETURE

6. INT. CHAMBRE ROYALE‒ SUITE

Guenièvre
Peut-être que le seigneur Lancelot voulait vous faire la cour ?
Angharad
Ah non ! Mon promis est le seigneur Perceval. Je ne veux pas d'un autre chevalier !
Arthur
N'empêche, ça lui ferait du bien à Lancelot de faire la cour à une dame du château. Même une domestique.
Angharad
Je ne suis pas ce genre de femme !
Arthur
Je sais. Et je crois qu'il n'est pas ce genre d'homme...
Angharad
De toute façon, quand il est entré, il s'attendait à trouver Madame.
Arthur (surpris)
Quoi ?
Angharad
Oui, il est entré dans le noir − j'avais éteint les torches pour plus d'intimité − et il a demandé Madame plusieurs fois.
Guenièvre
Comment ça ? Lancelot voudrait me faire la cour ? C'est flatteur.
Arthur (pouffant)
Houlà, n'ayez pas de faux espoirs !
Guenièvre (vexée)
Et pourquoi pas ? Je suis encore jeune et séduisante.

Arthur (se retenant de rire)
Je le connais, vous êtes pas du tout son genre !


Cette nuit avait eu lieu le choc entre deux favoris de la NFL (football américain) : Los Angeles et Kansas City, 9 victoires et 1 seule défaite chacun avant le match, et deux énormes attaques. Il paraît qu'avant le match, on s'attendait à du 50-50. Presque : finalement ça a fait 54-51 ! (C'est la première fois dans l'histoire de la NFL que deux équipes marquent au moins 50 points dans le même match). Je l'ai regardé en streaming, c'était un régal ! Ces deux équipes pourraient se retrouver au Super Bowl, j'en ai l'eau à la bouche...

Bothan : dans mon précédent message, je réagissais au fait que tu dises qu'on peut faire ce qu'on veut. J'ai pensé que tu voulais dire qu'on pouvait parler français comme on voulait. Non, il faut parler la même langue si on veut être compris. Après, oui, ça peut dépendre du contexte.

Bothan : j'estime qu'on ne peut pas faire ce qu'on veut lorsqu'on parle à un interlocuteur (ou lorsqu'on écrit pour un lecteur) parce que, afin que tout le monde se comprenne, il faut une langue de référence.

(De même qu'on n'est pas libre d'utiliser le « langage SMS » quand on tape un message.)

Liberty : c'est quoi PLS ? Wikipédia ne me sort rien qui colle à ton texte ( https://fr.wikipedia.org/wiki/PLS ). Du coup ça me rappelle que, pire que les anglicismes, il y a l'abus d'abréviations... (Oui, là c'était exprès, je sais...)

Rien ne justifie l'utilisation de mots anglais lorsqu'il existe déjà un mot français.

En 1214, à la bataille de la Roche-aux-Moines, le prince Louis a battu à plate couture le roi Jean qui voulait que ses sujets français l'appellent John.
En 1429, à Orléans, une lointaine ancêtre de Mireille Darc a chassé les Anglais d'Orléans : ils voulaient obliger la sentinelle à dire « stop, who is it ? »
En 1815, à Waterl'eau, les soldats français ont préféré se faire tuer plutôt que de dire leurs gros mots en anglais.
En 1921, au stade Pershing, l'équipe de France à fait plier le Onze anglais afin d'obtenir le droit de marquer des buts et non des goals.

Soyons dignes de nos ancêtres !

Ah OK, c'était le nom d'un type de gâteau précis, pas un gâteau de mariage en général, ce qui explique en effet que le nom en anglais soit resté.

Ah, enfin des gens qui râlent contre ce phénomène ridicule et grotesque ! Vous me faites plaisir ! Dans mes bras !

(Flammeche : chez moi on a toujours dit « gâteau de mariage ». Tu compliques un peu la traduction... ;) )

Je viens de regarder la bande annonce du prochain Astérix, effectivement c'est une histoire inédite. Et j'ai hâte de le voir ! Mais il faut attendre décembre...

Cet épisode se situe dans le Livre I, dont il faut avoir vu les épisodes pour comprendre certains éléments.


Saint Arthur

3 CORS

1. INT. SALLE DU TRÔNE ‒ JOUR
Arthur, Léodagan, Yvain et Gauvain entrent dans la salle du trône où les attend père Blaise, surpris.

Père Blaise (désignant Yvain et Gauvain)
Qu'est-ce qu'ils font ici, ces deux là ?
Arthur
Je les ai invités à la réunion comme observateurs.
Yvain (bougon)
Nous, on voulait pas venir, c'est père qui nous a forcés.
Gauvain
Faisons contre mauvaise fortune bon cœur.
Père Blaise
Mais pour quoi faire ?
Arthur
Yvain est l'héritier de Carmélide, Gauvain du royaume de Loth, ça fait partie de leur formation. Mais rassurez-vous, ils sont là seulement pour écouter.
Léodagan
On commence doucement, avec une réunion sans importance.
Père Blaise
Ah si, c'est important ! Ça concerne le prestige du roi et du royaume !

OUVERTURE

2. SALLE DU TRÔNE ‒ JOUR
La réunion commence.

Père Blaise
Comme vous le savez, l'ensemble de la Chrétienté vous surnomme Arthur le Juste.
Léodagan (rit sous cape)
Pfff...
Arthur
Oh, ça va !
Père Blaise
Sauf en Irlande...
Léodagan
Ah, y'en a qui sont moins cons ! Ils disent quoi, les Irlandais ? Arthur le Mou ?
Père Blaise
Arthur le Magnanime.
Arthur
Hé, j'aime bien aussi.
Père Blaise
Comme vous le savez aussi, je reviens d'un concile à Rome. À l'occasion de l'élection du nouveau pape, nous avons abordé de nombreux sujets concernant la Chrétienté. Eh bien les évèques et même le pape estiment que votre surnom ne convient pas à votre rôle.
Arthur
De quoi je me mêle ?
Père Blaise
Vous êtes le champion de la Chrétienté pour tout l'Occident. Le pape souhaiterait que vous soyez surnommé... Saint Arthur.
Léodagan
Je vois pas en quoi c'est mieux.
Gauvain
Mon oncle, ce serait en effet du plus bel... effet !
Yvain
Trop classe !
Arthur
Pas de commentaire ! Mais c'est vrai que ça sonne bien.
Père Blaise
Encore faut-il mériter ce surnom.
Arthur
Ah. Et que dois-je faire ?
Père Blaise
Il y a deux options. La première option... Je vous dis tout de suite, je m'y suis opposé formellement, hein. Je vous en parle juste au cas où. Donc, la permière option : le martyre.
Arthur
Mouais, vous pouvez préciser ?
Père Blaise
Par exemple, vous vous laissez capturer par des envahisseurs païens. Il faut qu'ils soient païens sinon ça compte pas ! Et là, ils vous crucifient. Ou bien ils vous brûlent vifs.
Gauvain
Vous voulez dire, avec du feu ? Mon oncle, n'acceptez pas !
Arthur
Rassurez-vous, c'est hors de question. Donc la deuxième option, allez-y.
Père Blaise
Vous accomplissez un miracle.
Arthur
Un miracle ? Genre... je marche sur l'eau, comme le Christ ?
Père Blaise
Voilà.
Arthur
Et quand j'ai retiré l'épée du rocher, c'était pas un miracle ?
Père Blaise
C'était un rite païen. Et surtout, il n'y a pas eu de témoins. Il faut des témoins, c'est important parce qu'après il y aura une enquête pour valider ou non le miracle.
Léodagan
C'est vrai que chez vous, la bureaucratie, c'est une institution...
Père Blaise
Non, je pensais plutôt à un truc comme... guérir des lépreux par imposition des mains.
Arthur
Ah non, la lèpre, c'est contagieux !
Léodagan
Mais, ce serait de la magie, alors ?
Père Blaise
Pas officiellement, mais on se ferait aider par Merlin.
Léodagan
Cet incapable ?
Arthur
N'empêche que la potion de polymorphie, elle a marché sur mon père. Hé, justement, ça compte pas comme miracle, quand mon père a pris l'apparence de Gorlais ?
Père Blaise
Nan mais c'est vous qui devez faire le miracle.
Arthur
Ah oui...
Léodagan (rigolard)
Saint Uther ! Ce gros con païen qui a couché avec toutes les bourgeoises de son royaume...
Père Blaise
Je vous en prie !
Arthur
Donc il faudrait demander à Merlin de fabriquer une sorte d'onguent magique que je me mettrais sur les mains, et qui guérirait ceux que je toucherais au front... On peut toujours lui demander s'il sait faire ça, ça n'avance à rien. Même si j'en doute...

3. INT. LABORATOIRE DE MERLIN ‒ JOUR
Arthur, Léodagan et père Blaise sont en discussion avec Merlin dans son laboratoire.

Merlin
Un onguent pour guérir les paralytiques ? Désolé, mais je sais pas faire ça.
Léodagan
J'en étais sûr !
Père Blaise
Et pour guérir les lépreux ?
Arthur
Ah non, je vous ai dit que je les ferai pas, les lépreux !
Merlin
En plus c'est contagieux !
Arthur
Mais au fait, père Blaise, il me semblait que vous ne croyiez pas à la magie.
Père Blaise
Bien sûr, la magie n'existe pas, il s'agit de tours de passe-passe. La potion de polymorphie, par exemple, il y a sûrement une explication. Mais ils sont forts !
Merlin
Ah non, c'est vraiment de la magie ! Pour les potions de guérison, j'avoue que c'est le plus souvent de la médecine, mais la magie existe.
Père Blaise
Nan mais je sais qu'il ne faut rien divulguer, rassurez-vous, je ferai semblant. Donc pour guérir les paralytiques, vous n'avez rien ?
Merlin
Si on a le droit aux tours de passe-passe, si, j'ai quelque chose.
Arthur
Ah bon ?
Merlin
Il faut un comparse qui joue le rôle du paralytique.
Père Blaise
Ah, c'est ça le truc ! (à Arthur et Léodagan :) Ils sont forts, hein !
Merlin
Attention, il faut choisir un bon comédien, et quelqu'un que les gens ne connaissent pas.
Père Blaise (enthousiaste)
Sire, je pense que ça pourrait marcher. Et j'avoue que j'ai hâte d'assister au miracle !

4. INT. SALLE DU TRÔNE ‒ JOUR
Arthur et père Blaise discutent avec le seigneur Dagonet.

Arthur
Donc c'est sûr, personne ne vous connaît au village ?
Dagonet
Ah ben non, j'y fous jamais les pieds !
Arthur
Même quand vous vous rendez à Kaamelott ?
Dagonet
Déjà, je m'y rends pas souvent. Et puis j'évite toujours le village. Je ne veux pas me mêler aux pécores, ils sont vulgaires, mal habillés et sentent mauvais.
Père Blaise
Et il paraît que vous savez jouer la comédie ?
Dagonet
Ah oui, j'adore le théâtre ! Et quand j'étais jeune, j'ai eu l'occasion d'en faire un peu.
Arthur
Ça vous dirait, le rôle d'un paralytique ?
Père Blaise
Voici le scénario : vous n'avez plus l'usage de vos jambes, vous vous déplacez dans une sorte de petit chariot à roulettes, et vous vous mêlez aux badauds. Ah oui, il faudra un effort.
Dagonet
Je pourrai être doublé ?
Père Blaise
Comment ça ?
Dagonet
D'accord, d'accord, je ferai les cascades moi même. Et ensuite ?
Père Blaise
Le roi se promène au village et vous rencontre...
Arthur
Je vous parle, genre : « pauvre hère, es-tu paralytique depuis longtemps ? »
Père Blaise
Et là, vous répondez...
Dagonet (surjouant)
Hélas, mon bon Sire, paralytique je suis depuis ma naissance. Que ne donnerai-je pour recouvrer l'usage de mes jambes !
Père Blaise (admiratif)
Excellent !
Arthur (tout aussi admiratif)
Vous nous avez bien caché vos talents !
Dagonet (pas peu fier)
Et encore, j'improvise.
Père Blaise
Eh bien gardez votre texte, c'est très bien !
Arthur
Bref, à ce moment là je vous touche le front avec la paume de ma main droite et...
Père Blaise
Et n'oubliez pas de prononcer une parole appropriée.
Arthur
Ah oui... « Par la volonté de Dieu, je te guéris. »
Père Blaise
Mouais... nan, ça ira.
Dagonet
Pas mal pour un novice !
Père Blaise
Et là, seigneur Dagonet, vous vous levez et vous remerciez le Ciel.
Dagonet (surjouant et s'emportant)
Miracle ! Hosanna ! L'usage de mes jambes j'ai retrouvé ! Grâces soient rendues au Seigneur tout puissant !
Arthur (regarde Père Blaise, satisfait)
Parfait !
Père Blaise
Ah, vous avez bien cerné le personnage.

5. SALLE DU TRÔNE ‒ JOUR
(Suite de la discussion.)

Dagonet
Et j'aurais quoi, comme costume ?
Père Blaise
Un costume de clodo, bien sûr.
Dagonet
Quoi ? Ah non !
Arthur
Mais enfin, c'est un rôle de clodo qu'on vous propose !
Dagonet
Et pourquoi je ne serais pas un mystérieux prince étranger ?
Père Blaise
Pour que le peuple soit admiratif, il faut un pauvre hère !
Dagonet
Je refuse de porter des hardes qui puent.
Arthur
On les lavera.
Père Blaise
Ah non, il faut que ça fasse vrai !
Dagonet
Et qui ne me mettent pas en valeur...
Arthur
Seigneur Dagonet, c'est un service que vous devez au royaume. Vous ne participez jamais aux batailles, alors pour une fois qu'on vous demande quelque chose !
Dagonet
Mais c'est pas de ma faute si je ne viens pas aux batailles, je suis surbooké !
Arthur (découragé)
Bon, tant pis, on laisse tomber.
Père Blaise
Mais, Sire, le seigneur Dagonet peut bien vous rendre ce service !
Arthur
S'il ne le sent pas...
Dagonet
Si je ne suis pas à l'aise dans mon costume, je jouerai mal.
Arthur
Et puis ça m'embête quand même un peu de tricher.
Père Blaise
En même temps, vous savez, la moitié des miracles, c'est bidon.
Arthur
Ah bon ?
Père Blaise
Nan mais ne le divulguez pas, hein !
Arthur
Sinon, seigneur Dagonet, que diriez-vous d'un rôle de chevalier d'ici une semaine ?
Dagonet (intéressé)
Ah, oui, je suis partant. Ce serait pour quand ?
Arthur
Vendredi prochain ? Ou samedi, si vous préférez.
Dagonet
Va pour samedi.
Père Blaise
De quoi vous parlez ?
Arthur
Je dois partir avec le seigneur Léodagan mater la rebellion d'un chef de clan. Samedi, ça me convient. Dagonet, vous jouerez le rôle d'un chevalier courageux. Avec votre talent, ça devrait bien se passer.
Dagonet
Mais... vous voulez m'emmener à une vraie opération militaire ? Ah mais non ! J'oubliais : samedi prochain j'ai conseil d'administration. Désolé.

FERMETURE

6. CHAMBRE D'YVAIN ‒ SOIR

Yvain
« Saint Yvain », ce serait quand même trop la classe !
Gauvain
Vous ne préférez pas « Yvain le chevalier au Lion » ?
Yvain
Mieux : « Saint Yvain le chevalier au Lion ! »
Gauvain
Ah oui, pas mal !
Yvain
Mais vous aussi vous pouvez le faire : « Gauvain le Saint pédestre »...
Gauvain
Ce serait en effet, heu... du plus bel effet ! Mais vous savez bien que nous ne sommes nullement doués pour la magie.
Yvain
Alors il y a la première option.
Gauvain
L'épreuve du feu ?
Yvain
Voilà !
Gauvain
Je crains que nous ne soyons pas plus doués pour l'épreuve du feu.
Yvain
Avec de l'entraînement, si on le fait progressivement, on peut y arriver. Comme le fakir, vous vous souvenez ?
Gauvain
Ah oui, le bougre était capable de marcher pieds nus sur des charbons ardents.
Yvain
C'est juste une question d'entraînement ! Mais il faut commencer doucement.
Gauvain
Par quoi allons-nous commencer ?

Yvain
Commençons par se brûler les poils des jambes avec une bougie.


(En fait il y a une incohérence : cet épisode est censé se dérouler la veille de l'épisode 50, or le fakir n'est rencontré que lors de l'épisode 60. Tant pis.)


Hérétique, au bûcher !

3 CORS

1 − INT. SALLE DU TRÔNE, JOUR

Arthur discute avec le Père Blaise et le Répurgateur. Tous trois sont assis à sa table de travail. Le Répurgateur semble somnoler.

Arthur
Mais pourquoi vous m'avez pas prévenu ?
Père Blaise (étonné)
Mais, Sire, je croyais que vous n'aimiez pas les exécutions.
Arthur (agacé)
Pas pour y assister, mais pour être au courant ! Je suis roi de Bretagne, j'ai le droit de savoir ce qui s'y passe.
Père Blaise
Je vous rappelle que votre règne concerne le temporel. L'exécution des hérétiques relève du spirituel et ne vous concerne pas.
Arthur
Oui, je sais bien, mais ce sont quand même des sujets de mon royaume que vous exécutez, j'ai besoin de le savoir.
Père Blaise
Des sujets, des sujets... de mauvais sujets : ce sont des hérétiques !
Répurgateur (se réveillant)
Hérétiques ! Au bûcher !

OUVERTURE

2 − INT. SALLE DU TRÔNE, SUITE DE LA DISCUSSION

Arthur
Et qu'est-ce qu'ils avaient fait, ceux-là ?
Père Blaise
Ils refusaient de croire aux sacrements.
Répurgateur
Péché ! Hérésie !
Arthur
Comment ça ?
Père Blaise
Ils disent que comme Dieu est tout puissant, il connaît d'avance notre destinée.
Arthur
Ça se tient.
Père Blaise (profondément choqué)
Mais enfin, Sire ! Si notre destin était prévu à l'avance, cela signifierait que les sacrements ne servent à rien.
Répurgateur
Sire, réfléchissez un peu, voyons !
Arthur
Donc ils ne croient pas aux sacrements.
Père Blaise
Voilà.
Arthur
Mais ils croient en Dieu ?
Père Blaise
Oui, oui.
Arthur
Et ils croient en Jésus notre sauveur ?
Père Blaise
Oui, aussi.
Répurgateur (déclamant)
Jésus, fils de Dieu, ressuscité d'entre les morts !
Arthur
Ça aussi ?
Père Blaise
Heu... oui.
Arthur
Et à la Vierge Marie ?
Répurgateur
Marie était vierge ! Elle n'a jamais forniqué, ne s'est jamais rabaissée dans le stupre et la luxure !
Père Blaise
Mais où voulez-vous en venir ?
Arthur
Eh bien : vos hérétiques, en fait ce sont des croyants à 99 %.
Père Blaise
Mais ils ne croient pas aux sacrements !
Arthur
Mais ils croient à tout le reste !
Père Blaise
Non, s'ils ne croient pas aux sacrements, ils sont hérétiques. Et les hérétiques...
Répurgateur
Au bûcher !
Père Blaise
Voilà.

3 − INT. SALLE DU TRÔNE, SUITE DE LA DISCUSSION

Arthur
Il y a deux ans, vous avez envoyé des missionnaires en Irlande, soi disant qu'il restait des païens. Vous ne les avez pas brûlés !
Père Blaise
Ah non, les Païens, on les convertit. Ce sont les hérétiques qu'on brûle.
Répurgateur
Au feu !
Arthur
Mais les païens ne croient même pas en Dieu, ni en la Vierge Marie, ni en Jésus fils de Dieu...
Père Blaise
C'est parce qu'ils n'ont pas été instruits.
Arthur
Ah. Donc les hérétiques, ce sont des types qui ont été instruits mais qui ont mal compris l'enseignement.
Père Blaise
Mal compris... Non, c'est plus grave.
Répurgateur
Au bûcher !
Arthur
Non, mal compris ! Vous faites vos messes en latin, comment voulez-vous que le peuple comprenne les subtilités de la religion ?
Répurgateur
Ils n'ont pas besoin de comprendre : les mots issus de la parole divine rentrent dans leur cerveau sans qu'ils s'en rendent compte.
Père Blaise
Voilà. En gros.
Arthur
Sauf que ça ne marche pas toujours, puisqu'il y a des gens qui comprennent de traviole. Et ce n'est pas leur faute.
Père Blaise
Ah si !
Répurgateur
C'est leur esprit qui est tordu par le mal, par le péché, la luxure, la dépravation... C'est pour ça qu'ils comprennent de travers !
Père Blaise (approuvant)
D'où châtiment.
Répurgateur
Cramage.

4 − INT. SALON PERSONNEL DU ROI, SOIR

Arthur et Lancelot discutent devant la cheminée.

Arthur
J'en ai marre, mais marre, de ces subtilités religieuses... Vous savez pourquoi ils ont été brûlés, les derniers hérétiques ?
Lancelot
Non.
Arthur
Parce qu'ils croient que les sacrements ne servent à rien.
Lancelot
Ah ouais, ça a dû vexer le clergé.
Arthur
Heureusement qu'ils ne s'occupent pas de la justice civile. Si vexer le clergé, ça vaut de mourir atrocement brûlé vif, qu'est-qu'ils réserveraient à un voleur...
Lancelot
Nan, mais c'est aussi parce que ça offense le Seigneur.
Arthur
Ça vexe Dieu ?
Lancelot
Ça l'offense.
Arthur
Mais qu'est-ce qu'ils en savent, que ça l'offense ? Dieu leur a parlé dans leur sommeil?
Lancelot
C'est le pape qui leur donne des instructions. Vous savez, le pape est l'intermédiaire de Dieu, il est infaillible.
Arthur
Ah bon ?
Lancelot
Vous n'écoutez pas la messe ? Pourtant vous comprenez le latin.
Arthur
J'avoue que j'ai tendance à m'y ennuyer... Donc le pape est infaillible ? Un peu facile...
Lancelot
Méfiez-vous, Sire : ne pas croire en l'infaillibilité du pape est pour eux une hérésie.

5 − INT. SALLE DU TRÔNE, JOUR

Nouvelle discussion entre Arthur, le père Blaise et le Répurgateur.

Arthur
Dites, je ne vous avais pas demandé de me tenir au courant, pour vos bûchers ?
Père Blaise
Excusez-moi, Sire, je n'y avais plus pensé.
Répurgateur
Sire, nous vous informons, père Blaise et moi, que douze hérétiques ont été brûlés. Mission accomplie !
Arthur
Oui, ben c'est un peu tard.
Père Blaise
Je sens que vous n'approuvez pas la façon dont nous luttons contre l'hérésie.
Arthur
Je trouve le châtiment complètement disporportionné.
Père Blaise
Comment ça ?
Arthur
Vos hérétiques, ils procédaient à des sacrifices humains ? Ils enlevaient des enfants ?
Père Blaise
Non, c'est juste que...
Arthur
Donc ils ne sont ni assassins, ni voleurs d'enfants, ni voleurs tout court d'ailleurs, ni mauvais payeurs, ni...
Père Blaise (choqué)
Ils refusaient de croire que l'ostie se transforme en le corps du Christ !
Répurgateur
Quelle infâmie ! Qu'on les cuise !
Arthur
Chez moi, un assassin, on le pend.
Répurgateur
On ne le brûle pas ?
Arthur
Non, on le pend. C'est les traîtres qu'on brûle. Et les voleurs, on les met en prison.
Répurgateur
On ne leur coupe pas la main ?
Arthur
Plus maintenant. Et ceux qui contredisent Dieu, vous les brûlez. Vous ne trouvez pas qu'il y a une incohérence quelque part ?
Père Blaise (choqué)
Mais ça n'a rien à voir ! Et puis l'hérésie n'est pas qu'une contradiction, elle offense Dieu, c'est d'une gravité inouïe !
Répurgateur
C'est le péché suprême !
Arthur
Excusez-moi, mais croire en tout sauf que l'ostie se transforme en le corps du Christ, ça me paraît plus relever de la contradiction que de l'offense. Moi, si je dis à un larbin de laver le sol et qu'il me contredit, prétendant l'avoir déjà fait, je l'envoie pas se faire brûler vif. Non, je prends une grosse voix et je dis, heu... je suis le roi, obéis ou il t'en cuira !
Répurgateur
À la brochette !
Arthur
Nan, mais au sens figuré...
Père Blaise (consterné)
Mais vous ne voyez pas que ça n'a rien à voir. Vous êtes roi de Bretagne, Dieu est le roi de l'Univers.
Répurgateur
Il est infiniment plus puissant que vous, Sire, alors un peu de respect !
Arthur
En quoi sa puissance justifie-t-elle une justice aussi cruelle ?
Répurgateur
Dieu ordonne, nous devons obéir.
Père Blaise
Exactement.

6 − INT. SALLE DU TRÔNE, SUITE DE LA DISCUSSION

Arthur
OK, vous me dites : c'est le pape qui vous donne des ordres, et il est infaillible. C'est bien ça ?
Père Blaise
J'ose espérer que vous ne faites pas partie de la secte qui ne croit pas en l'infaillibité du pape ?
Répurgateur
Hérétiques !
Arthur
Non, j'ai juste besoin d'être instruit, comme les païens. Je demande qu'on m'explique comment un vieillard qui perd la boule peut être infaillible.
Père Blaise
Sire !
Arthur
Ah si, je l'ai rencontré ! Il est presque centenaire, ne sait plus marcher, parle comme un gamin et se fait dessus.
Père Blaise
Peut-être, mais chaque fois qu'il parle au nom de Dieu, c'est comme si Dieu parlait à sa place.
Arthur
Il est possédé ?
Père Blaise
Mais non ! Disons qu'il trouve des forces en le saint esprit.
Arthur
Mouais.
Père Blaise
Sire, vous refusez de croire en son infaillibilité ?
Répurgateur
Attention ! Hérésie !
Arthur
Mais je voudrais bien y croire. Enfin, admettez que tout ça est complètement incohérent ! On brûle vif des types qui ne font de mal à personne juste parce qu'ils refusent de croire en des faits qui ne changent pas fondamentalement le message du Christ, lequel message est d'ailleurs contredit par la sévérité absurde d'un tel châtiment. Mais comme c'est le pape qui l'a dit, et qu'il est infaillible, pas de souci. Trop facile ! Au fait, qui a dit que le pape est infaillible ?
Père Blaise (conscient de la difficulté à justifier cela)
Heu... le pape.
Arthur
Ben voyons !
Père Blaise
Faites attention, Sire, vous êtes à deux doigts de l'hérésie.
Répurgateur
Hérétique, au bûcher !
Père Blaise
Ah non, pour un roi ce n'est pas le bûcher mais l'excommunication.
Répurgateur (confus)
Ah oui, autant pour moi.

7 − INT. SALLE DU TRÔNE, UN AUTRE JOUR

Le roi Arthur reçoit le père Blaise et le Répurgateur.

Arthur
Vous vouliez me voir ?
Père Blaise
Oui, pour vous prévenir que, heu...
Arthur
Quoi ? Encore un bûcher ?
Père Blaise
Non, c'est plus délicat... J'ai reçu une lettre du pape. Vous êtes excommunié.
Arthur
Quoi ?
Père Blaise
Je n'ai rien dit, Sire ! Mais le sujet de notre conversation de l'autre jour, où vous avez remis en cause l'autorité du pape, a fini par parvenir à ses oreilles.
Arthur
Mais qui m'a dénoncé, alors ? Vous, Répurgateur ?
Répurgateur
Hélas, Sire, tel était mon devoir ! Je suis le serviteur du Seigneur, je lui dois la vérité !
Père Blaise
Alors, tranquillisez-vous, il y a un moyen simple d'annuler l'excommunication.
Arthur
Dites-voir.
Père Blaise
Faites un pélerinage à Rome et humiliez-vous devant le pape. Il devrait passer l'éponge.
Répurgateur
Ou alors, combattez l'hérésie avec plus de zèle !
Père Blaise
Ah oui, ça aussi c'est bien.
Répurgateur
Deux à trois cents bûchers par mois ! Pas moins !
Arthur
Mais vous êtes malade !
Père Blaise
Ah, il faut ce qu'il faut...
Arthur
Et si je reste excommunié ?
Père Blaise
Le pape appellera l'ensemble de la chrétienté à la guerre sainte contre la Bretagne.

FERMETURE

8 − INT. SALLE DU TRÔNE, UN AUTRE JOUR

Père Blaise
Vous auriez pu me prévenir, pour le bûcher !
Arthur
Pourquoi ? Vous être arrivé trop tard ?
Père Blaise
Déjà. Et puis les hérétiques, ça concerne l'Église, quand même.
Arthur
Non mais là c'était pas un hérétique, c'était un traître. C'est du domaine du temporel.
Père Blaise
Ah oui, c'est vrai que les traîtres aussi, on les brûle. Il avait fait quoi ?
Arthur (citant le motif de condamnation)
A gravement mis en péril la paix du royaume en envoyant au pape de fausses accusations.
Père Blaise
Le Répurgateur ?

Arthur
Feu le Répurgateur.


(PS : je suis un membre zêlé de la secte de ceux qui écrivent "autant pour moi". Ne me cherchez pas de noises...)


Sus à la Bête !

3 CORS

1. INT. SALLE DE LA TABLE RONDE ‒ JOUR
La réunion se termine, le père Blaise a pris la parole.

Père Blaise
Depuis plusieurs semaines, ils sont assaillis par une Bête. Ils demandent des secours.
Léodagan
Un peu d'action, ça va nous faire du bien !
Arthur
Encore... Comme si j'avais que ça à faire !
Lancelot
Vous ne pouvez pas vous dérober, Sire !
Léodagan
Dites-vous que ça vous évitera la séance de doléances de demain.
Arthur
Tiens, c'est vrai... Seigneur Léodagan, vous me remplacerez pendant mon absence.
Lancelot (jaloux de l'honneur)
Sire, pourquoi lui ?
Arthur
Ah, vous préférez le faire ? Très bien.
Lancelot
Ce n'est pas ce que je voulais dire...

OUVERTURE

2. EXT. ENTRÉE DU VILLAGE ‒ JOUR
Arthur, Léodagan, Bohort, père Blaise et Merlin s'approchent à cheval d'un village.

Merlin
C'est bizarre, il y a personne.
Père Blaise
Les maisons sont intactes, vous êtes sûr qu'on est dans le bon village ?
Arthur
Ah oui, je sais quand même lire une carte !
Léodagan
Faut croire que non...
Père Blaise
Vous entendez ? Je crois qu'ils se sont tous réfugiés dans l'église.
Arthur
Bien, allons-y.
Bohort (apeuré)
Sire, qui nous dit que ce n'est pas un piège ? Nous ne savons même pas ce qu'il y a à l'intérieur !
Arthur
Vous préférez rester ?
Bohort
Ou alors vous y allez tous en éclaireur, et s'il n'y a pas de danger vous m'appelez.

3. INT. ÉGLISE DU VILLAGE ‒ JOUR
Les villageois se sont entassés à l'intérieur de l'église et, même, y vivent, ce qui explique le bazar. Il y a même des cochons qui circulent en liberté. Un villageois vient voir le curé.

Un villageois (au bord de la panique)
Père Arnold, je vous dis qu'il y a du bruit dehors !
Père Arnold
Gardez votre sang-froid, et que tout le monde se taise. Si c'est la Bête, elle finira par s'éloigner.

Un cochon grogne.

Un autre villageois (terrorisé)
Les animaux sentent le danger, c'est la Bête !

Soudain, on entend des coups : quelqu'un tape sur la porte. Tous les villageois paniquent, certains se signent, nombre d'entre eux s'agenouillent autour du curé dont ils semblent attendre un miracle. Les coups redoublent.

Père Blaise (de l'autre côté de la porte)
Ho ! Ouvrez ! Au nom du roi Arthur, ouvrez !
Un villageois
C'est un piège ! La Bête se fait passer pour des voyageurs.
Arthur (de l'autre côté de la porte)
Ici Arthur, roi de Bretagne, ouvrez où je défonce la porte !

Finalement le curé du village accepte qu'on ouvre la porte. Ce qui permet à Arthur, Léodagan, Père Blaise et Merlin d'entrer.

Arthur
Vous aviez raison Père Blaise, ce sont bien les villageois qui se sont réfugiés ici. (Fort, en direction de l'extérieur) Bohort ! Vous pouvez venir !
Bohort (au loin)
Vous êtes sûr ?
Arthur
Mais oui, il n'y a pas de danger !

4. INT. ÉGLISE DU VILLAGE ‒ JOUR

Arthur et ses compagnons, y compris Bohort, écoutent le récit du père Arnold.

Père Arnold
La Bête a surgi il y a quoi... trois semaines, pas plus.
Bohort
Mon dieu !
Père Arnold
Après avoir été plusieurs fois attaqués, nous avons décidé de nous réfugier dans l'église, sous la protection du Seigneur.
Père Blaise
Excellente initiative.
Léodagan
Et vous êtes coincé là-dedans depuis tout ce temps ?
Père Arnold
Depuis deux semaines, oui.
Arthur
Alors ça se trouve votre Bête est partie !
Père Anold
Non, nous avons un poste de surveillance sur le clocher et nous savons qu'elle rôde autour du village et peut s'y introduire à tout moment, de jour comme de nuit.
Bohort
Vous voulez dire que tout à l'heure, vous m'avez laissé seul au village alors que la Bête rôdait ? (Sur ce, Bohort s'évanouit. Merlin aide à le ranimer.)
Léodagan
Et c'est quoi comme bête ?
Père Arnold
Je ne sais pas, je ne connais pas le nom de toutes les créatures de Dieu et du Diable.
Arthur
En tout cas c'est pas un dragon, il n'a pas détruit les maisons.
Léodagan
Pourquoi, vous avez peur des dragons ?
Arthur
Je dis juste que c'est pas un dragon. Après, il faut avouer qu'on n'est pas équipé pour.
Léodagan
Un dragon, ça me fait pas peur.
Merlin
Si c'est un loup, je ne pourrai pas vous aider.
Léodagan
Ah bon ? Je croyais que les loups, c'était votre rayon ?
Merlin
J'ai pas le droit de faire quoi que ce soit qui nuise aux loups.
Arthur
Même un loup qui s'attaque aux gens ?
Merlin
S'il s'attaque à l'homme, c'est qu'il y a une raison.
Père Blaise
Mon père, vous avez dit qu'il attaquait les gens, c'est bien cela ?
Père Arnold
Le premier jour, il a agressé un enfant, le fils du charpentier.

Machinalement, le père Blaise se signe, les autres sont consternés par la nouvelle.

Père Arnold
Nan mais il n'est pas mort, il est juste blessé à la cheville. En tout cas, il a failli l'être.
Bohort (ranimé)
Sire, c'est intolérable ! Il faut partir immédiatement en chasse de ce monstre qui s'en prend aux pauvres petits enfants. Sus à la Bête !
Léodagan
Tiens, vous êtes devenu courageux, vous ?
Bohort
Heu, non mais... Ce que je disais, c'était pour vous encourager à combattre ce monstre. Moi, eh bien... Je resterai dans l'église pour... pour protéger les villageois !
Arthur
Bref, cette bête, ce serait un ogre, c'est ça ?

5. INT. ÉGLISE DU VILLAGE ‒ JOUR

Un des villageois surgit, descendant à la volée l'escalier du clocher.

Villageois
La Bête ! Elle est revenue !
Père Arnold (paniqué, s'apercevant que la porte d'entrée n'a pas été refermée depuis l'arrivée des chevaliers)
Mais fermez la porte, nom de dieu ! Qui l'a laissée ouverte ?
Arthur
Attendez, je veux voir ce monstre.

Arthur s'approche de la porte, scrute le village et ne voit rien.

Arthur
Vous êtes sûr qu'il y a un monstre ? Je ne vois rien.
Villageois
Juste devant vous, Sire ! Mais faites vite, elle pourrait attaquer !
Arthur
Devant moi ? La belette, là ?
Père Arnold
Voilà, une belette, c'est ça son nom !
Bohort (terrorisé)
Une... une belette ! (Sur ce il s'évanouit.)

Finalement les villageois ferment la porte.

Arthur
Mais me dites pas que vous m'avez dérangé pour une belette !
Père Arnold
Mais elle s'introduit la nuit, en douce, dans nos maisons, et vient nous mordiller les orteils !
Un villageois
Et puis elle perturbe l'élevage des poules !
Léodagan
Elle s'attaque aux poules ? C'est pas plutôt un renard ?
Le villageois
Nan, c'est les poules qui l'attaquent. C'est mauvais pour leur ponte.
Merlin
Sire, vous voulez que je m'en occupe ? Avec les belettes, je n'ai pas d'interdit particulier.

FERMETURE

4. EXT. CHEMIN DU RETOUR − JOUR

Arthur et ses compagnons chevauchent sur le chemin du retour.

Arthur
Me faire venir pour cette satanée bestiole ! Quand je pense à tout le travail qui m'attend à Kaamelott !
Léodagan
Bah, si la Bête avait été un véritable monstre, on aurait dû venir quand même, je vois pas ce que ça change.
Bohort
En tout cas, voilà cette bourgade débarrassée du fléau qui la terrorisait. Félicitation Merlin !
Merlin (fier, déclamant)
Merlin, enchanteur de Bretagne, vainqueur de la belette de Winchester !

Élias va en être vert de jalousie !


Hé oui, c'était juste un petit sketch à chute. Tout ça pour ça... (La prochaine fois il faudra que j'explique comment Élias a pourfendu le dragon des neiges grâce à sa potion de toute puissance. Ce sera moins passionnant.)

Si tu veux des commentaires, n'oublie pas de commenter les textes des autres !

(Mais j'ai bien aimé celui-ci. Je ne sais pas pourquoi je l'avais loupé, d'ailleurs. Il part un peu lentement, mais après, quel suspense ! J'ai bien aimé, notamment, le fait que pour une fois, ce n'est pas un coup d'Élias, et du coup il est bien embêté lui aussi. En tout cas tu as de bonnes idées et ça renouvelle bien les choses.)

Je pense qu'il faut voir le bon côté des choses. Si A. Astier s'était forcé à réaliser la suite de Kaamelott, il n'aurait pas fait Le domaine des dieux, ou pas L'exoconférence.

Peut-être que le mieux aurait été qu'il fasse une saison VII dans la foulée de la VI et ainsi en avoir terminé définitivement avec la série. Eh oui, il ne faut jamais remettre au lendemain etc.

Moi je n'y crois pas. Plus exactement, je suis plus impatient de voir son deuxième Astérix que de voir la suite de Kaamelott. Astérix, c'est du concret, tandis que Kaamelott, c'est plutôt du domaine du rêve.

En cas de match nul, l'Allemagne n'aurait pas été éliminée : elle pouvait encore se qualifier en battant la Corée du Sud et en espérant une défaite de la Suède contre le Mexique. Disons que sa qualification restait possible, mais qu'elle n'avait plus son destin entre les mains.

Pied de page des forums

Propulsé par FluxBB