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Cher Conteur Fantôme,

J'accepte de bon cœur de vous aider à faire transiter les fonds, j'ai de la place dans le coffre de mon Kangoo et un peu de temps dans la semaine (mais pas trop le week-end). Par contre, ayant un salaire modeste mais décent, je ne souhaite pas recevoir les 10 % que vous êtes prêt à m'offrir en dédommagement. Pour moi, un sourire est le meilleur des dédommagements. Vous n'avez donc pas besoin de mes coordonnées bancaires.

Quand puis-je passer avec mon Kangoo ?

Ah oui, l'Ain aussi, je ne connais pas. Il faudra rattacher l'Ain à la Pïcardie...

Aujourd'hui j'ai appris... que les habitants de l'Oise s'appellent les Isariens. J'aurais jamais deviné !

Ce qui est marrant, c'est que j'ai vérifié : ça ne me le fait que pour la Picardie, comme une sorte de malédiction géographique (je ne sais pas comment on appelle les habitants de la Somme ou de l'Aisne ‒ un de ces jours je chercherai, en attendant je les appellerai Picards).

Djokaire : voilà, belle conclusion ! :D

Tante Cryda : merci pour le lien, c'est à lire. Et je comprends tes craintes car, en effet, c'est parfois très subtil. Je me souviens que tu avais fait des remarques intéressantes à ce sujet dans une ancienne discussion (le problème des personnes âgées qui sont obligées d'utiliser l'informatique alors qu'elles ne le maîtrisent pas du tout).

Aujourd'hui je suis de très bonne humeur. En effet, je viens de recevoir un mail des impôts m'informant que j'ai droit à un remboursement de 158,40 €. Quelle joiie !

Tiens, ils font de sacrés fautes d'orthographe aux impôts, comme c'est bizarre : « Veuillez accéder à votre dossier personnel est mettre à jour vos coordonnée bancaires pour que votre remboursement soit effectué dans les plus brefs délais et vous nous permettez dans les 3 jours ouvrables pour traiter votre situation. »

Comme je suis patriote et que l'endettement de mon pays bien aimé me navre, j'ai décidé de faire cadeau des 158,40 € au Trésor public en ne les réclamant pas. Ainsi je contribuerai au redressement économique de la France.

Comme homme d'affaire il n'a pas connu que des succès...

D'après ce que j'ai compris, aujourd'hui il est retraité. Comment ça non ? Il passe son temps sur Twitter !

J'ouvre un nouveau sujet parce que ce que je voulais dire n'est pas assez grave pour aller dans « J'en ai gros ! ». Le titre permettra éventuellement de le réutiliser pour parler de vos mésaventures à vous aussi.

Hier, je suis allé faire des courses au Super U du coin. J'ai acheté une boîte de biscuits d'apéritifs appelée « coffret snacks » de la marque Super U. Dedans, il y a des « soufflés cacahuètes », des « boules fromage », des « boules tomate » et des « croquants goût bacon », tout ça à l'huile de tournesol et au maïs de France (je recopie ce qui est écrit sur la boîte). J'aime bien ces machins là, c'est pour grignoter devant la télé par exemple. En tout cas j'ai l'habitude d'en manger.

Eh ben ceux que j'ai achetés d'hier, ils sentent la pisse.

C'est infect. Je ne comprends pas.

Je ne crois pas que ça vienne de moi : j'aime bien ces biscuits d'apéritifs, je sais quel goût ça a normalement. Et j'ai essayé les quatre types : tous sentent la pisse. Ce serait une nouvelle recette ? Ou c'est le maïs de France qui pue ? (Que celui qui a uriné dans le champ de maïs se dénonce !)

J'ai presque envie de retourner au magasin... Mais j'aurais l'air malin s'ils trouvent ça bon. À la place, j'en parle ici : ça soulage. Et puis ça permet de prendre ce tracas avec un poil d'humour. (Et on ne sait jamais, peut-être que certains d'entre vous comptaient faire des courses au Super U de leur coin et s'apprêtaient à acheter des biscuits d'apéritifs...)

Merci pour le lien, ça rappelle bien les choses (et ça donne envie de revoir le premier film) !

J'ai déjà entendu dire du bien de ce film. Par contre, il paraît qu'il faut avoir déjà vu le premier pour comprendre la suite. Est-ce vrai ? (Oui, je l'ai déjà vu, mais je ne m'en souviens plus du tout.)

PS : le premier Blade runner, je n'appelle pas ça de la S.F. à l'ancienne, juste de la bonne S.F. (malheureusement rare au cinéma, qui confond trop souvent S.F. et effets spéciaux de m'as-tu vu + scènes de combats débiles...)

Hé, mais tout ça me fait penser aux derniers Ig-nobel ! Vous ne le savez peut-être pas, mais cette année un Français a remporté l'Ig-nobel de physique en démontrant que les chats sont à la fois solides et liquides :
‒ C'est quoi l'Ig-nobel : https://fr.wikipedia.org/wiki/Prix_Ig-Nobel
‒ Les résultats du Ig-nobel 2017 : https://actualite.housseniawriting.com/ … meme_temps
‒ L'article de recherche (page 16) : http://www.rheology.org/sor/publication … 014Jul.pdf

De ce que j'ai lu, le message de GinAA correspond à ce qu'ont dit les Américains pour justifier leur choix. Mais ça m'a l'air plus compliqué. Il me semble qu'il s'agissait d'abolir la peine de mort dans des contextes discriminatoires : pour des raisons de race, de sexe, de religion, de sexualité...

Par exemple sur le site de France TV ( http://www.francetvinfo.fr/monde/usa/le … 02710.html ) :

« Le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU a adopté, vendredi 29 septembre, par 27 voix pour 13 contre et 7 abstentions, une résolution (pdf en anglais) condamnant l'usage injustifié de la peine de mort à l'encontre des femmes, des personnes handicapées, sur des critères ethniques ou pour homosexualité. [...] C'est la première fois qu'une telle résolution fait explicitement mention de l'homosexualité. Le texte, qui n'appelle pas à mettre fin à la peine de mort, demande aux pays signataires de s'assurer que la peine capitale n'est pas utilisée de manière discriminatoire. »

C'est moi qui ai ajouté le soulignement, qui contredit la version de GinAA (« Ils ont voté contre une résolution visant, à terme, à abolir la peine de mort tout court »). Mais GinAA a raison, je crois, de signaler que ce texte ne concernait pas que les homosexuels.

Bothan parlait sûrement de mon intervention de la page précédente. La chute, c'était « pensez à souffler sur votre soupe ». C'est parce que, lorsque la soupe est trop chaude, on souffle dessus. Quand j'étais enfant, mes parents le disaient toujours : « attention, la soupe est chaude, il faut souffler », et peut-être que les parents de Bothan lui ont fait le coup aussi. Une soupe, c'est un plat traditionnel consistant à mettre des légumes en vrac dans de l'eau chaude, avec par ci par là des croûtons de pain (dans le doute, on les met dans la soupe). C'était l'aliment de base de nos aïeux. Et comme on la faisait chauffer, ben elle était chaude. Chaude, ça veut dire que ses molécules sont très agitées, ce qui augmente l'énergie interne, qu'on appelle la chaleur. C'est le feu sous le plat qui contribue à agiter les molécules. Le feu est une sorte de plasma, c'est-à-dire ni un solide, ni un liquide, ni un gaz (*). Un gaz, c'est un truc qu'on obtient à l'aide d'un médaillon, le médaillon d'éther je crois. Voilà, je crois que l'explication est complète.

(À noter que la réponse de Bothan ci-dessous a probablement été postée avant que je ne modifie ce message qui, à l'origine, ne comportait que la première phrase (ensuite je me suis dit : mais est-ce que c'est ça, que Coco n'a pas compris ? Ça se trouve, il ne connaît pas l'astuce de souffler sur la soupe, ou il n'a jamais mangé de soupe ‒ c'est un plat de vieux, donc un plat mystérieux ‒ ou il n'a pas de notions très avancées de thermodynamique ? D'où les autres phrases, et du coup on comprend sans doute mal la réponse de Bothan).)

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(*) La soupe est une sorte d'antiplasma car elle est à la fois liquide (on la sert à la louche) et solide (on dit « mange ta soupe »). Il y a même des gens que ça fait péter, ce qui révèle sa structure gazeuse.

Quand tu travailleras avec les enfants, tu auras le droit de les toucher, genre tenir la main ou essuyer le chocolat sur la figure ? Et de les appeler par des diminutifs déplacés (« ma puce », « mon chéri »...) ?

Aujourd'hui j'ai appris... que dans le département du Doubs, il y a un patelin qui s'appelle Doubs (dans la banlieue de Pontarlier) et un autre qui s'appelle Saône (dans la banlieue de Besançon). Quel manque d'imagination chez ces francs-comtois ! ;)

Hier soir, en lisant un livre sur l'histoire de la Mésopotamie Antique, j'en ai appris une bien bonne. Bon c'est juste une anecdote, mais ça m'a fait rire, et je trouve que l'incident est assez « kaamelottien » (drôle et un peu absurde) aussi je vous en fait profiter...

Ça se passe entre la chute de l'empire de Sargon et l'avénement de Babylone, il y a un peu moins de quatre mille ans. À cette époque la Mésopotamie est divisée en un petit nombre de royaumes. Dans l'un d'eux (le royaume d'Isin ‒ c'est au sud de la Mésopotamie), il y a une drôle de coutume. Le roi consulte régulièrement des devins qui lui donnent de bons ou de mauvais présages. Un bon présage, ça veut dire que les dieux sont de son côté. Mais un mauvais présage peut indiquer qu'il a offensé les dieux, ou quelque chose comme ça. Si les présages sont vraiment mauvais, le roi craint un châtiment des dieux. Alors il se fait remplacer par un « substitut » (ou « bouc-émissaire »), un type lambda qu'on place sur le trône, un peu comme un sosie (mais pas forcément ressemblant). Ainsi, si les dieux veulent châtier le roi, c'est sur le « substitut » que ça tombera. Mais, bien sûr, le roi continue à être le roi (c'est juste qu'il ne se montre pas en public). Au bout d'un certain temps, si le « substitut » n'a pas reçu de malédiction, c'est que les dieux ont dû oublier, et le roi peut reprendre sa place sur le trône. Pour fêter ça, on exécute le « substitut »  couic !

Bref, un jour le roi Erra-imitti consulte les présages, et là, ça pue du cul. Grave. Donc il se fait remplacer. Un jardinier est désigné comme bouc-émissaire et se retrouve sur le trône d'Erra-imitti. Bon, vous savez ce qui va arriver à ce pauvre bougre, n'est-ce pas ? D'ailleurs peut-être que lui même ne le savait pas ? Il a dû se demander ce qu'il faisait là... « Oh, c'est allé très vite... »

Eh ben pas du tout ! Je cite le bouquin (un livre d'histoire, hein, sérieux et tout, avec plusieurs dizaines de pages de références bibliographiques) :

« Erra-imitti mourut dans son palais en avalant une soupe trop chaude. »

Sans blague ! Comme la première femme du duc d'Aquitaine (quasiment) ! Apparemment les dieux ne se sont pas laissés tromper. Mais le pire est à venir :

« Enlil-bâni [le jardinier], qui occupait le trône, ne le rendit pas et devint ainsi souverain. »

Et on apprend ensuite qu'il a régné 24 ans, et que son règne lui a valu d'avoir droit à deux hymnes (c'est le dernier des rois d'Isin à être honoré par au moins un hymne) et, même, qu'il a ensuite été déifié (comme certains rois, genre Sargon).

Voilà. Ça date d'il y a près de quatre mille ans, mais ça mérite de ne pas être oublié : pensez à souffler sur votre soupe.

Ah, ça alors ! ;)

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Cette nuit, il m'est arrivé un truc assez original.

D'abord, je fais un rêve où on apprend qu'il y a une nouvelle loi sur les salaires : désormais, le salaire horaire légal ne sera dû que lorsqu'on travaille avec intensité. Si le travail perd de l'intensité, on sera moins bien payé. Par exemple (je m'en souviens, c'est l'exemple qu'on m'a expliqué), un routier sera payé à son salaire horaire officiel lorsqu'il conduira en ville, mais sur les autoroutes, où la conduite est moins intense, son salaire sera réduit. Et ça touchait tout le monde, moi y compris. C'est d'ailleurs en arrivant au boulot qu'on me l'a expliqué. Je me souviens que le local n'était pas réel : il y avait une sorte de couloir circulaire en contrebas entourant une série de guichets, et mon chef étant dans l'un de ces guichets.

Ensuite, je me suis réveillé, et je me disais : ouf !

Puis je me suis rendormi. Cette fois, j'ai rêvé qu'on me mettait à la porte. C'est le chef qui me l'annonçait, et de nouveau c'était depuis un des guichets de la pièce circulaire. Comme si j'avais rêvé la suite, ce qui ne m'est jamais arrivé il me semble.

(Et ouf aussi au réveil, bien sûr...)

Le dernier rêve dont je me souviens (la nuit d'avant-hier à hier), je conduisais une voiture. Mais depuis la banquette arrière. Je ne sais plus comment je faisais, mais j'étais installé derrière et ce n'était pas pratique pour la visibilité, même en me mettant au milieu.

À un moment donné, en bas d'une descente, les gendarmes arrêtaient les voitures. Or je n'avais pas de bons freins, du coup j'ai eu peur de ne pas arriver à freiner suffisamment rapidement pour m'arrêter à l'endroit indiqué par le gendarme. Si je ne suis toujours pas à l'arrêt en bas, ils vont croire que je refuse de m'arrêter. Mais heureusement, coup de bol, j'ai pu m'arrêter de justesse au bon endroit. J'avais d'ailleurs peur de ne pas arriver à immobiliser la voiture car il restait encore un bout de descente. Eh bien le contrôle, c'était un contrôle des freins : ils voulaient voir si mes freins marchaient, et c'était OK, j'ai pu repartir, ouf ! Toujours en conduisant la voiture depuis la banquette arrière.

Conteur Fantôme a écrit :

de mon côté, petit rêve de voyage temporel !

Ah, un rêve de science-fiction ! :) On voit vraiment de tout dans nos rêves...

c'est qu'il y a en effet toujours un endroit toujours une disette (je prend l'exemple des problèmes frumentaires car ils sont révélateurs de la misère je pense) quelque part, mais qu'en parallèle il y a plein d'autres endroits où les gens vivent convenablement

Ah oui, bonne remarque ! Les guerres entre seigneurs étaient continuelles, mais si on se pose dans une région donnée, pas forcément. De même pour les disettes. Mais je persiste à penser que, globalement, la misère l'emportait. Disons la misère ordinaire. Pour étudier ça, il faudrait connaître en détail le régime alimentaire des gens, je pense que ce serait un bon critère.

(Je pense par exemple à la pellagre qui, aux 18è et 19è siècle (ce n'est pas le Moyen-Âge, je sais), touchait une grande partie de la population italienne, qui n'est pas une maladie due à la disette ou la famine, mais juste à une alimentation trop pauvre ‒ à la misère. On connaît cette maladie parce qu'on l'a observée récemment, mais je soupçonne qu'autrefois, quand les rendements agricoles étaient moins bons, quand on ne connaissait pas les produits américains, ce genre de mal concernait une bonne partie de la population. L'analyse sur les tableaux de Le Nain, qui datent du temps de Louis XIII (oui, toujours pas le Moyen-Âge, mais comme je le disais précédemment, j'y mets tout l'Ancien régime, c'est pareil...), confirme mes soupçons.)

ce n'était ni la période uniquement remplie de misère et d'atrocité décrites par les hommes de la renaissance

... lesquels n'ont pas de leçon à donner sur ce point, d'ailleurs !

Comment tu sais qu'il s'agit de portrait de paysans normaux et représentatifs de l'ensemble de la population de l'époque ?

Je fais confiance aux auteurs du livre qui utilisent ces exemples pour illustrer la condition des serfs et des paysans.

Si j'avais voulu faire le noble qui s'adresse à un manant, j'aurais parlé en ancien français.

J'aurais préféré... ;)

Là où j'ai du mal c'est dans ton opposition frontale entre le peuple et la noblesse (alors qu'il y avait énormément de nuances au sein des ordres) et dans le fait que j'ai l'impression que tu dépeins les nobles comme des méchants tout ce qu'il y a de plus cliché,

Non, non. Je me suis mếlé à la conversation parce que je ne suis pas d'accord avec la phrase « faut arrêter de voir le Moyen Age comme une période synonyme de misère généralisée ». De ce que j'ai lu, c'était la misère (c'est-à-dire que la majorité des gens avaient juste de quoi se nourrir et encore). Après, si on analyse cette misère, elle est liée à la structure sociale de l'Ancien Régime, avec les trois ordres et tout, mais je sais que certains nobles étaient pauvres (miséreux ? peut-être).

(Concernant Robespierre, la petite phrase en question date d'avant 1789. Quand il était jeune, il était avocat, et c'était fait remarquer en prenant souvent la défense du petit peuple. Ça l'a amené à réfléchir sur ses misères. Donc ce n'est pas parce qu'il est hostile à l'aristocratie qu'il dit ça, c'est plutôt parce qu'il a côtoyé le bas peuple qu'il a fini par avoir certaines convictions.)

(En tout cas j'aime bien ce genre de débat, et débattre avec un spécialiste de l'histoire lorraine, moi qui suis lorrain, et qui n'adhère pas à la légende noire de Robespierre, moi qui ai découvert la « vérité » sur ce personnage complexe il y a seulement quelques années, ça me fait plaisir ! Mais je sais que je n'y connais pas grand chose...)

Tante Cryda a écrit :

Aucun seigneur, je pense, ne prenait son pied à voir crever ceux qui le maintenaient en haut de l'échelle sociale.

À l'époque et jusqu'en 1789, la haute société considérait qu'il était nécessaire pour la paix sociale que les miséreux soient misérables. Sinon, si jamais on les sortait de leur misère, ils risquaient de se rendre compte de l'injustice sociale et pourraient se révolter.

Et puis les disettes, pestes et choléras s'ils touchaient plus largement le peuple, faisaient aussi crever les nobles.

Pas d'accord. Les maladies affectent surtout les gens faibles, donc moins les nobles que les paysans. Et pour les disettes, c'était uniquement un problème de pauvreté : la disette sévissait lorsque les prix augmentaient, les paysans n'ayant alors plus les moyens d'acheter à manger. Pour les grandes famines, ça dépend : celle de 1709 n'a pas touché la haute noblesse qui, au contraire, spéculait sur les prix du blé pour le faire monter. Concernant celles de la guerre de Cent Ans, je soupçonne que les nobles avaient les moyens de se procurer à manger plus facilement que les paysans, mais je n'ai rien lu de précis à ce sujet. Mais n'oublions pas que la noblesse de l'époque se nourrissait en grande partie de gibier, qui leur était réservé (en cas de famine, il y a toujours la chasse, ce qui est interdit aux paysans).

Le commerce international avec livraison en 48h existait assez peu

Sous 48h, non, mais le commerce international existait bel et bien. Il ne profitait qu'à une élite, bien sûr.

si ta région crevait de faim, ben toi aussi, tout plein de pognon que tu sois.

Je n'y crois pas. Ou alors pour la noblesse pauvre. Mais "pauvre", c'est par rapport aux autres nobles.

En fait, parmi les diverses calamités de cette époque, il me semble que celle où la noblesse est à égalité, c'est la mortalité infantile.

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Daisuke a écrit :

en dehors de disettes ponctuelles, notamment en période de soudure – les conditions de vie était décente, au regard des normes de l'époque (parce que faut aussi faire gaffe à ne pas juger les faits passés au regard de nos propres valeurs).

Pourtant on a reconnu des carences alimentaires sur les portraits de paysans « normaux » (au 17è siècle, mais ça ne change rien). « Décente au regard des normes de l'époque », ce n'est peut-être pas décente.

ne me faite pas croire que pendant les Trente Glorieuse y avait plus un seul S.D.F.

Beaucoup beaucoup moins que, quotidiennement, au Moyen-Âge.

Déjà, prendre un chef de file du mouvement révolutionnaire comme référence c'est limite, le bougre a tout intérêt de discréditer l'ancien régime et d'entretenir cette image des nobles qui maintiennent le peuple dans la pauvreté pour l'asservir.

Une seule chose compte : disait-il la vérité ou pas ? (Si on exclut du débat ceux qui ont réfléchi à la misère humaine, on n'est pas prêt de voir le progrès social...)

C'est un peu comme si je prenais comme référence un grand du parti nazi pour justifier les « exactions » de l'armée allemande pendant la Seconde Guerre mondiale

Je ne veux pas pourrir le débat (mais c'est toi qui a commencé), mais cette comparaison est stupide et me met en colère. Bon, mettons que ça arrive à tout le monde d'écrire des conneries et oublions.

Je veux le titre du livre et de son auteur.

Je veux ? On dirait un noble qui s'adresse à un manant... ;) Le monde et son histoire, tome 1, Maurice Meuleau et Luce Pietri, éditions Bouquins.

Je n'ai pas retrouvé la page avec le tableau des rendements (plus de 1000 pages, et puis c'est peut-être dans le tome 2 maintenant que j'y pense) mais, en feuilletant par hasard, je suis tombé sur la page qui parle du servage. Voici un témoignage (13è siècle) : « Or il y a trois jours qu'il m'advint un grand malheur, que je perdis le meilleur de mes bœufs, Rouget, le meilleur de ma charrue ; et je vais le cherchant et je n'ai mangé ni bu depuis trois jours passés ; et je n'ose aller à la ville, on me mettrait en prison, car je n'ai de quoi le payer ; de tout l'avoir du monde, je n'ai pas plus de bien que ce que vous voyez sur mon corps. J'avais une malheureuse mère, elle n'avait pas plus de bien qu'un mauvais petit matelas, et on le lui a retiré de dessous le dos  et elle gît à même la paille et j'en ai beaucoup plus de peine que de moi. »

Ce témoignage est là pour illustrer la condition des serfs donc décrit une situation normale, pas extraordinaire.

À la page suivante, le chapitre est intitulé « Misères de la condition paysanne ». Voici ce que raconte Guillaume de Jumièges, témoin d'une « révolte » en Normandie (11è siècle). En fait, il s'agit juste de revendications (*) : les paysans ont nommé des délégués pour aller voir le duc et faire part de leurs revendications. Le duc, mécontent, leur envoie le comte Raoul et ses hommes : « Ceux-ci, exécutant sans hésitation les ordres donnés, s'emparèrent aussitôt des délégués ainsi que de quelques autres et, après leur avoir coupé mains et pieds, ils renvoyèrent ces hommes devenus bons à rien aux leurs. »

(*) Ils demandent à pouvoir « exploiter les forêts et les eaux » (on sait qu'il leur était interdit de chasser et qu'il fallait payer pour utiliser le moulin du seigneur).

Tout ça, c'est le quotidien de la condition paysanne. Et à une période (11è et 13è siècle) plutôt faste (on parle souvent de renaissance médiévale pour le 11è siècle).

Oh mais c'est plus le Moyen Age ça.

J'ai généralisé le Moyen-Âge à tout l'Ancien régime parce que ce sont les mêmes structures sociales en gros, donc les mêmes origines de la misère. Et j'ai mis la guerre de Trente Ans dans les guerres de religion parce que ça l'est pour certains pays d'Europe ‒ mais en effet pas la France. Ce qui est vrai, c'est que toutes ces guerres presque continuelles sont une des causes de la misère chronique. Oui, il n'est pas pertinent d'évaluer la misère au 20ème siècle d'après la période 40-45 puisque l'essentiel du 20è siècle est une période de paix sur notre territoire, mais ça l'est à plusieurs périodes de l'Ancien Régime : le siècle de la guerre de Cent Ans, la période des guerres de religion, mais aussi une bonne partie du Moyen-Âge (en gros le milieu) avec les petites guerres continuelles entre seigneurs.

Je viens me mêler de la conversation... (Tout ce qui suit n'est que mon avis, je ne fais que m'exprimer.)

Daisuke a écrit :

D'abord faut arrêter de voir le Moyen Age comme une période synonyme de misère généralisée

C'est pourtant le cas, et ce jusque 1789 au moins. Robespierre avait dit une belle phrase à ce sujet : les Français vivent dans une telle misère qu'ils ne peuvent même pas avoir la force de réfléchir aux causes de cette misère ‒ une phrase de ce genre. Un célèbre peintre (Le Nain ? ‒ je viens de vérifier : c'est bien Le Nain, et en fait ce sont trois frères) a peint les paysans de son époque. Les tableaux ont été examinés par des médecins contemporains qui en ont déduit toutes sortes de carences alimentaires. Les Français (et pareil en Europe) moyens souffraient de la faim. Pas tout le temps, mais souvent : une petite disette par ci par là. Leur faiblesse les rendait très vulnérables aux maladies, d'où les vagues répétées de peste (le mot ne qualifie pas une maladie précise mais toutes sortes de maladies contagieuses). J'ai un livre d'histoire qui indique (dans un des chapitres) les rendements agricoles en France au début du Moyen-Âge (genre du temps de Charlemagne, par là) : ils ont baissé par rapport à l'époque romaine. Je sais qu'à Paris, la nuit, il ne fallait surtout pas être dehors à cause des innombrables miséreux qui vivaient dans la rue et qui, la nuit, quand personne ne les regardait, assassinaient pour manger. Et cette insécurité a duré très longtemps, genre jusque Louis XIII ou quelque chose comme ça. Dans toutes les villes il y avait un grand nombre de mendiants, mais pas assez de charité pour les faire survivre.

Avant 1789, deux périodes ont été particulièrement atroces pour le peuple : la guerre de Cent Ans (qui a duré un peu plus), et les guerres de religion, notamment la guerre de Trente Ans qui a fait des ravages dans le Nord-Est. Lors de la guerre de Cent Ans, les paysans lorrains quittaient leurs villages où rien ne poussait : ils formaient de longues colonnes de piétons mourant de faim en marchant. Les loups les suivaient et se servaient. Quant à la guerre de Cent Ans, c'est la seule période où la population français a nettement baissé (“grâce” aussi à la peste, c'est vrai). Et puis il y a les famines chroniques du temps de Louis XIII (Richelieu, tiens) et Louis XIV, notamment celle de 1709-1710 où, pendant que les riches seigneurs spéculaient sur le prix du blé, le petit peuple en était réduit à manger de l'herbe. Sur le million de morts, beaucoup sont morts par pourrissement intérieur à cause de l'herbe. Bon, ce n'était pas toujours la famine, mais pendant des siècles, les paysans avaient tout juste de quoi se nourrir, sauf si les prix augmentaient. Et là, aïe (par exemple la disette qui a précédé 1789 vient de l'augmentation des prix : que les prix doublent et les gens n'ont plus de quoi suffisamment manger).

Et puis on pourrait parler de la justice. Thomas More a bien montré, dans la préface de son Utopie comment l'entretien de la misère du peuple mène à condamner des gens qui volent pour survivre. Il a une très belle phrase : « vous faites des lois pour avoir la possibilité de tuer de pauvres gens », une phrase de ce genre.

Mais bon, ce n'est pas la seule période. En fait, quasiment toutes les civilisations, à toutes les époques, du moins à partir de la création des premiers États (Mésopotamie, Égypte), ont laissé la majorité de la population dans une grande misère. Notre époque est une heureuse exception (merci 1789 !).


L'héritier d'Arthur

3 CORS

1. INT. SALLE À MANGER ‒ JOUR
Dame Séli et la reine Guenièvre discutent en prenant leur petit-déjeûner.

Séli
Et l'héritier ? Toujours pas en route je suppose ?
Guenièvre
Non, et je peux vous dire que c'est pas de ma faute.
Séli
Je sais bien que ça vient de lui. Mais c'est quand même incroyable. Tous les hommes sont plus ou moins des obsédés sexuels, sauf lui !
Guenièvre
Ah si, avec ses maîtresses ça y va !
Séli
Ah oui, ses maîtresses... Mais pourquoi pas vous ? En plus vous êtes belle, presque autant que moi.
Guenièvre
Ah bon ? En tout cas je fais des efforts : je m'apprête, je me maquille, je me fais coiffer par ma bonniche...
Séli
Elle s'y connaît ?
Guenièvre
Elle est très compétente !
Séli
C'est laquelle ? La petite rousse qui baisse toujours la tête ?
Guenièvre
Non, plutôt grande, un peu blondasse, et pas du tout le genre à baisser la tête.
Séli
Ah oui, la chieuse !

OUVERTURE

2. INT. SALLE DE LA TABLE RONDE ‒ JOUR
Les chevaliers sont en réunion : le roi Arthur, Léodagan, Calogrenant, Galessin, Lancelot, Bohort, Perceval et Karadoc. Le père Blaise annonce l'ordre du jour.

Père Blaise
Le seigneur Bohort souhaite aborder un sujet, heu... (lisant ses notes) « capital pour l'avenir du royaume ».
Bohort (content de lui)
Tout à fait.
Léodagan (ironique)
Capital pour le royaume ? Attendez, laissez-moi deviner : Le festival des vieux chariots ? La fête des belle-mères ? La fête du slip ?
Bohort (vexé)
Il ne s'agit pas d'une fête. De toute façon nous en avions déjà organisée une il y a deux semaines, et avec un certain succès je dois le dire.
Karadoc
Ah oui ! La fête du fromage, c'est à refaire tous les ans.
Bohort (ayant retrouvé son sourire)
C'est prévu, rassurez-vous. Mais aujourd'hui, je souhaite aborder un problème d'une importance vitale pour le royaume.
Arthur
Allez-y, tout le monde vous écoute, n'est-ce pas beau-père ?
Léodagan
Oui, oui...
Bohort (solennel)
Il s'agit du problème... de l'héritier.
Arthur
Oh non !
Lancelot
Pourtant c'est un vrai problème, Sire !
Arthur
Oui, mais j'ai déjà dit que j'ai pas envie d'en parler. C'est des histoires de famille...
Calogrenant
Ça concerne aussi le destin du royaume !
Léodagan
Vous ne voulez pas en parler... C'est à cause des rumeurs, c'est ça ?
Arthur (avec agressivité)
Des rumeurs ? Quelle rumeurs ?
Calogrenant
Vous savez bien, Sire... C'est gênant mais...
Karadoc ( Calogrenant)
Vous parlez des rumeurs sur sa virilité ?
Perceval
Ah bon ?
Arthur
Quoi ?
Léodagan
Forcément, vous n'avez pas d'enfants, ça fait jaser.
Arthur (hors de lui)
Et vous y croyez ?
Calogrenant
Pas nous, mais le peuple.
Père Blaise
Alors moi, j'avais entendu parler d'une rumeur de malédiction, comme quoi Merlin aurait foiré un sort à la naissance du roi...
Arthur
Alors vous, la ferme !
Lancelot
Sire, ce ne sont que des rumeurs. Mais elles traduisent le désarroi du peuple.
Bohort
Et c'est justement l'intérêt de mon intervention, si on me laisse encore parler : j'ai une solution.
Arthur
À la propagation des rumeurs ?
Perceval
À l'impuissance du roi ?
Bohort
Mais non, au problème de l'hé-ri-tier !
Arthur
Je vous préviens, si vous me parlez de potion de virilité ou de philtre d'amour, je quitte la pièce.
Bohort
Sire, voyons, je suis sérieux !
Perceval (à Karadoc)
Pourquoi pas la potion de virilité ? Merlin ne sait pas la faire ?
Arthur (pointant du doigt Perceval)
Vous, dehors ! J'ai dit dehors !

3. INT. SALLE DE LA TABLE RONDE ‒ JOUR
La réunion se poursuit sans Perceval. Le silence est revenu.

Arthur
Allez-y, Bohort.
Bohort
Vous vous souvenez qu'il a existé, jusqu'à il y a une trentaine d'années, un royaume de Cornouaille ?
Léodagan
Oui, c'est même Uther Pendragon qui l'avait anéanti.
Calogrenant
Exact. Son roi avait comploté contre Pendragon, la réaction a été sans nuance.
Bohort
Est-ce que vous vous souvenez du dernier roi de Cornouaille ? Sires Léodagan et Calogrenant, vous l'avez peut-être connu ?
Léodagan
Oui, je vois bien qui c'est.
Calogrenant
Ah ? Comment il s'appelait, déjà ?
Léodagan
Je ne sais plus, mais souvenez-vous : un type hargneux, toujours en train de gueuler, un vrai connard.
Calogrenant
Ah oui, le connard !
Bohort
Eh bien figurez-vous qu'il n'était pas le fils de son prédécesseur.
Léodagan
Son prédécesseur ?
Calogrenant
On ne l'a pas connu, mais j'ai vu son portrait au palais d'Uther Pendragon : gros, suffisant, nul au combat. Comment il s'appelait ?
Lancelot
Peu importe, c'était un parfait crétin.
Léodagan
Ah oui, le crétin !
Arthur
Et donc ce n'était pas le père du dernier roi ?
Bohort
Non, c'était son oncle. N'ayant pas d'enfant, il a nommé comme successeur son neveu.
Arthur
Donc, votre idée serait de désigner mon neveu comme héritier.
Bohort
Ça s'est déjà fait : en Cornouaille.
Calogrenant
J'ai une objection, Sire.
Arthur
Laquelle ?
Calogrenant
Vous n'avez pas de neveu.
Arthur
Mais si !
Lancelot
Le fils du roi Loth !
Calogrenant
Le roi Arthur est le frère de Loth ?
Lancelot
Son demi-frère. Enfin, le demi-frère de sa demi-sœur.
Calogrenant
Sa demi-sœur ?
Lancelot
Mais oui : une femme petite et sèche, avec un regard d'assassin.
Léodagan
Une vraie salope !
Calogrenant
Ah oui, la salope ! Et c'est la demi-sœur du roi ?
Lancelot
Mais oui, puisqu'ils ont la même mère.
Arthur
Oh, ça suffit, ne parlez pas de ma mère, je ne veux pas savoir comment vous la surnommez !

4. INT. SALLE DE LA TABLE RONDE ‒ JOUR
La réunion se poursuit.

Père Blaise
Juridiquement, ce n'est pas valable.
Bohort
Pourquoi ça ? Le royaume de Cornouaille fait partie de la fédération, donc nous pouvons adopter ses lois.
Père Blaise
Il faisait partie. Mais Pendragon l'a démantelé.
Lancelot
Oui, mais la Cornouaille est toujours à nous.
Père Blaise
Non, ce qui est toujours à nous, ce sont une dizaine de duchés et baronnies qui ont été créées par dessus. Et dans lesquelles on ne nomme par héritier un neveu.
Calogrenant
Et si on changeait la loi ? C'est possible en convocant tous les royaumes et clans fédérés, non ?
Père Blaise
Là oui.
Léodagan
Vous allez quand même pas convoquer tout le tralala juste pour désigner Gauvain héritier ?
Bohort
Ça résoudrait le problème de l'héritier.
Léodagan
Eh bien moi, j'ai une autre idée ! Vous connaissez tous le roi burgonde ?
Calogrenant
Heu, rappelez-moi...
Lancelot
Un gros type qui pue et qui pète, toujours à se bâfrer en récitant des poèmes à base de rots.
Calogrenant
Ah oui, le dégueu.
Léodagan
Eh bien c'est le beau-frère de son prédécesseur.
Bohort
Ah bon ?
Léodagan
Parfaitement : il a épousé la femme du roi, et juste après (c'était pendant la cérémonie) il a égorgé le roi.
Arthur
Ah oui mais c'est pas un héritage !
Père Blaise
La succession par assassinat n'est pas reconnue par nos lois !
Lancelot
De toute façon, c'est en Burgondie, pas chez nous.
Léodagan
Parce que la Cornouaille, c'est chez nous, peut-être ? Un royaume qui n'existe plus !
Arthur
Sauf que je n'ai pas de beau-frère, donc la question est réglée.
Léodagan
Et Yvain ?
Arthur
Ah merde, je l'oublie toujours, celui-là.
Lancelot (à Léodagan)
Si Yvain assassine le roi, j'assassine toute sa famille, vous compris.
Père Blaise
Sans compter que les coutumes burgondes n'ont rien à voir avec nos lois civilisées.
Léodagan
Pourtant, Uther Pendragon a assassiné son prédécesseur. Je dis ça, je dis rien.
Père Blaise
Son prédécesseur, c'était Vortigern, un usurpateur !
Calogrenant
N'empêche que c'était son prédécesseur, il a raison.
Lancelot
Quoi ? Mais vous êtes tous devenus fous !
Karadoc
Mettons qu'Yvain assassine le roi. En quoi ça règle la question de l'héritier : il n'a pas d'enfant. Enfin, je crois pas.
Arthur (lassé de ce débat sans intérêt pour lui)
Voilà !
Léodagan
Mais Gauvain non plus, je dis ça...

FERMETURE

5. INT. SALLE À MANGER ‒ SOIR
Arthur et Léodagan dînent ensemble, sans leurs femmes.

Léodagan
Vous allez quand même pas nommer Gauvain héritier de Bretagne ?
Arthur
Mais non ! À vrai dire je m'en fous...
Léodagan
Gauvain, quoi ! Vous l'imaginez, roi ?
Arthur (piqué au vif)
Et pourquoi pas ?
Léodagan
Mais il est complètement... je veux dire... il est jeune et inexpérimenté !
Arthur
Parce que vous me voyez mourir cette année ?
Léodagan
Non, mais...
Arthur
Je suis pas encore au bout du chemin. Ça se trouve, je mourrais dans trente ans, et alors Gauvain aura votre âge. C'est encore trop jeune ?
Léodagan
Mais il est débile !
Arthur
Eh bien ça ira très bien avec les autres : le connard, le crétin, le dégueu, le taré.
Léodagan
Le taré ? C'est qui, lui ?
Arthur
Ah, j'ai oublié son nom. Vous savez bien...

Arthur
... le successeur de Goustan.


Si on parle de films vus avec un autre moyen que le cinéma, j'ai un eu coup de cœur récemment : Problemos. C'est plein d'idées ‒ et de bonnes idées ‒, plein de répliques-choc. Le début du film fait penser à Les babas cools (un vieux film avec Ch. Clavier et M.-A. Chazel), mais ça va bien plus loin, c'est plus féroce, et même un peu politique. Cette petite société isolée et idéaliste est une sorte de résumé des travers de l'humanité. Et puis la fin, géniale, transcende le film et lui donne une autre dimension (il devient en quelque sorte une fable). C'est un film qui a d'ailleurs des points communs avec Kaamelott : l'importance des dialogues, les personnages très particuliers (et très drôles) (*), les acteurs pour la plupart peu connus mais excellents, l'humour bien distillé... Si je votais pour les César 2017, je voterais pour Youssef Hajdi et Blanche Gardin.

Pour moi c'est le film de l'année.

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(*) Je n'arrive pas à trouver les mots pour décrire cette particularité. Dans Kaamelott, les personnages sont très diversifiés et très typés : un Léodagan, on le reconnaît de loin et il est unique, pareil pour un Perceval, un Merlin ou un Yvain. Il y a aussi cette diversité, ce typage (mais pas le même !), dans Problemos : l'intégriste, le chaman, la femen, le gentil génie, le gentil naïf, l'enfant...

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