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Chevalier Feuletonniste
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Voici un sketch désopilant dont l'idée m'est venue dimanche. Je crois que j'ai rarement écrit quelque chose d'aussi drôle. Bon, je vous laisse juger...

Requiescat In Pace

Cet épisode se passe après le Livre V. On suppose que Lancelot et Arthur se sont rabibochés.

Acte I - Chapelle du château.

Un somptueux cercueil est posé au milieu de la salle, devant l'autel. Arthur y est allongé, tenant une lourde épée couchée en croix sur lui. Le père Blaise est debout devant l'autel. Les chevaliers (en armures de parade) et les dames de la cour (voilées de noir) sont assis sur les bancs des premiers rangs, tandis que les autres personnages secondaires sont assis derrière. Tous sont là, sauf les comploteurs (Loth et compagnie) et Berlewen. Guenièvre est en larmes.

PÈRE BLAISE - Pour finir cette messe d'actions de grâce, chantons ensemble une dernière prière.

Le Père Blaise fait signe de se lever ; tous se lèvent.

PÈRE BLAISE - In Paradisum deducant te Angeli ; in tuo adventu suscipiant te Martyres, et perducant te in civitatem sanctam Jerusalem. Chorus Angelorum te suscipiat, et cum Lazaro quondam paupere, aeternam habeas requiem.
TOUS - ( répètent le chant )
PÈRE BLAISE - Amen. À présent, vous pouvez rendre un dernière hommage au défunt avant la mise en terre. Merci de bien vouloir déposer vos dons dans cette corbeille. ( Gros plan sur Léodagan qui fait une grimace. )

Dans la scène suivante, aucune parole n'est échangée, sinon quelques mots de réconfort dits tout bas et qu'on n'entend pas (on voit juste les lèvres remuer).

Guenièvre s'avance la première. Le Père Blaise lui remontre comment on fait un signe de croix. Guenièvre se signe, puis fond en larmes. Elle reste près du cercueil. Séli et Léodagan suivent, se signent rapidement, puis disent un mot de réconfort à Guenièvre. Séli est émue, Léodagan pousse Yvain qui grimace. Viennent ensuite Ygerne et Cryda, au visage sévère, mais on devine qu'Ygerne se force à rester stoïque. Ygerne se signe devant le corps d'Arthur, puis essaie de parler à Guenièvre, mais rien ne sort. Elle finit par s'effondrer en larmes dans les bras de Guenièvre, un peu gênée. Lancelot s'agenouille devant le corps d'Arthur et prie longuement et de façon ostentatoire (étant le meilleur des chevaliers, il se croit obligé d'en faire plus que les autres).

La procession continue : Calogrant, Gauvain (pleurant comme un bébé), Bohort (livide), Hervé (qui s'emmèle en voulant faire le signe de croix), et ainsi de suite. Puis Karadoc et Mevanwi, qui est troublée (elle devrait être heureuse mais, à sa surprise, ne l'est pas). Puis Perceval, qui détache son épée et la pose au pied du cercueil, devant les pots de fleurs). Merlin bouscule Élias pour passer devant lui. Élias allait se rebeller mais Perceval le retient du bras. Élias fait sa tête habituelle et ne semble pas spécialement affecté, alors que Merlin a l'air perdu.

Viennent ensuite les pécores. Notons que Guéthenoc est plutôt bien habillé, il a même les cheveux peignés. Il dépose une fleur dans le cercueil d'Arthur et laisse tomber une larme. Les derniers de la procession sont les clodos du château. La dernière est la Dame du Lac, qui pleure comme une fontaine.

Les chevaliers soulèvent alors le cercueil et toute la procession quitte l'église. Le Père Blaise attend que tout le monde soit parti, et une fois que c'est fait, s'empresse de regarder dans la corbeille. Il fait une grimace.

Acte II - La salle de réception.

Fin du banquet qui a suivi l'enterrement. Les chevaliers boivent un dernier verre en souvenir de feu le roi Arthur. Karadoc sauce une assiette avec son doigt. Si on est observateur, on remarquera que Perceval n'est pas présent.

LANCELOT - Nessa, servez-nous un dernier verre ! Un dernier verre pour rendre hommage à notre roi !
NESSA - Voilà sire !
LANCELOT - Chevalier !
LÉODAGAN - Laissez. Un jour pareil, c'est normal qu'elle soit à la masse.
KARADOC - D'où vient ce vin, il est délicieux !
LÉODAGAN - Des caves du roi. On s'est dit que ça lui aurait fait plaisir qu'on trinque à son souvenir avec son meilleur vin.
KARADOC - Nan mais, je voulais dire de quel cépage ? On dirait un vin d'Aquitaine.
LÉODAGAN - Ah, ouais, peut-être, je sais pas.
BOHORT ( à Nessa ) - Non, merci, je n'en veux plus.
LANCELOT - Ça ne va pas, seigneur Bohort ? Il faut vous ressaisir ! Que penserait-il s'il vous voyait ?
BOHORT - Jamais plus je ne boirais de vin. Ça me rappellerait notre bon roi...
LANCELOT ( à Léodagan ) - Et comment va la reine ? Je voudrais la réconforter mais, évidemment, ce serait déplacé.
LÉODAGAN - Ma femme est avec elle. Mais elle a du mal à encaisser, la petite. Pourtant, il lui en a fait voir !
LANCELOT - Oui, je n'ai jamais compris. Plus il la rabaissait, plus elle l'aimait.
CALOGRENANT - Certaines femmes sont comme ça.
LÉODAGAN - Ben pas la mienne !
LANCELOT - Il avait plein de maîtresses, mais il ne l'a jamais touchée, il paraît.
LÉODAGAN - Je confirme ! On n'a jamais pu lui faire rentrer dans le crâne que c'était un geste politique. Regardez, moi, c'est pareil avec ma femme, vous pensez. Mais j'ai pris sur moi et je lui ai fait deux lardons.
KARADOC - Moi c'est pareil. Ma femme, elle est chiante comme c'est pas permis, mais il me faut des enfants, question de prestige, alors j'ai... et pourtant j'aime pas le faire !
LANCELOT - Il faut quand même avouer qu'en dehors de la façon dont il traitait la reine, le roi était un exemple pour nous tous.
LÉODAGAN - Ça c'est vrai. Un grand chef de guerre, un politicien habile, un meneur d'homme...
CALOGRENANT - Question politique, il était très moderne. Un peu trop, peut-être.
LÉODAGAN - Ah, vous pensez à ses idées sur la torture ou la justice ?
LANCELOT - C'était de bonnes idées, incontestablement, mais il aurait fallu attendre, le peuple n'était pas prêt.
LÉODAGAN - Je lui ai toujours dit, mais il n'écoutait pas.
KARADOC - Moi j'osais rien dire, c'était un coup à se faire engueuler.
CALOGRENANT - C'est vrai qu'il n'en faisait souvent qu'à sa tête.
LANCELOT - Oui, c'est dommage qu'il n'écoutait pas ses bras droits.
LÉODAGAN - Ah, ça, on lui a laissé trop de pouvoir, ça lui est monté à la tête !
KARADOC - Moi, c'est le vin qui m'est monté à la tête... Je crois que je vais vous quitter.
BOHORT - Ne vomissez pas ici ! Les nappes sont neuves, on les a commandées à un artisan réputé de Lugdunum.
LANCELOT - Les conseils qu'il aurait dû écouter, c'est tout ce qui concerne la stratégie.
LÉODAGAN - Ah oui ! J'ai passé vingt ans à lui mendier des tours de guet, et encore aujourd'hui il en manque.
CALOGRENANT - Vingt ans ? Pourtant, des tours de guet, c'est indispensable pour défendre une île. On serait à Rome, il y a moyen de faire autrement, mais quand on est entouré par la mer...
LANCELOT - Justement, Arthur est resté trop longtemps à Rome.
LÉODAGAN - Et puis il était trop naïf. Par exemple : il refusait de placer des tourelles au nord et à l'ouest sous prétexte que c'est la frontière de royaumes alliés : l'Irlande et l'Orcanie. Ben l'Orcanie, comme alliés, on fait mieux !
CALOGRENANT - Ça, c'est le résultat d'une politique défensive. On est celtes, on est fait pour envahir, pour attaquer, pour piller. Défendre, c'est romain. Il n'a pas su s'adapter à notre mentalité.
LANCELOT - C'est vrai que si on avait attaqué les Saxons en premier... Mais non, il fallait toujours attendre d'être agressé. Soi disant qu'il ne faut jamais être le premier qui verse le sang.
LÉODAGAN - Vous me faites penser... C'est Guenièvre qui m'a raconté ça : il a peur du sang ! Enfin, je crois.
LANCELOT - Ah, ben ça explique pourquoi il ne prenait aucun risque militaire.
CALOGRENANT - Et sa phobie de la torture.
LÉODAGAN - C'est dommage qu'il ait voulu diriger les opérations militaires. Comme administrateur, il était à la hauteur. Mais Dux Bellorum, il n'avait pas l'étoffe.
CALOGRENANT - C'était un mou.
LÉODAGAN - Ah ! Je l'ai toujours dit ! Mais on ne m'écoute pas.
BOHORT - Quand même, vous exagérez !
LÉODAGAN - Ah ben vous, forcément, la guerre, c'est pas trop votre spécialité... Mais par exemple, dites-nous ce que vous pensez d'Arthur dans les domaines où vous vous y connaissez ?
BOHORT - Je n'ai pas le coeur à critiquer le roi.
LÉODAGAN - Critiquer ? Ah ! Ça prouve que vous avez des griefs !
BOHORT - Il faut avouer que le roi faisait preuve d'assez mauvais goût pour ce qui concerne la décoration des ouvrages militaires.
LÉODAGAN - Pareil ! Une fois, il a refusé la construction d'un deuxième donjon.
BOHORT - Et puis... La table ronde, c'était une bonne idée au départ, mais vous avez vu les traces de doigt ? Irrécupérable !
LÉODAGAN - La table ronde, c'est vraiment la plus grosse connerie de son règne.
CALOGRENANT - Oh, vous exagérez, ça partait d'une bonne idée : réunir la fine fleur de la chevalerie...
LÉODAGAN - La fine fleur ?
CALOGRENANT - Au départ, c'était une bonne idée. Mais après...
LÉODAGAN - Nan, croyez-moi, on reparlera peut-être d'Arthur dans plusieurs siècles, mais la Table Ronde, tout le monde aura oublié !

Acte III - Salle de la Table Ronde.

Sont présents : Léodagan, Calogrenant, Lancelot, Bohort, Karadoc, Hervé, Yvain. La place d'Arthur est vide. Le père Blaise est debout à son pupitre.

LÉODAGAN ( debout, lit un discours ) - La mort a arraché de nos rangs le roi Arthur fils de Pendragon dit Arthur le Juste. Les ennemis de la Bretagne escomptaient le désarroi dans les rangs de la chevalerie, la discorde au sein de sa direction, des hésitations dans sa politique intérieure et étrangère. Mais tous ces calculs ont été sans lendemain.

(un peu plus tard)

LÉODAGAN - Que ceux qui sont pour lèvent la main.

Léodagan, Calogrenant, Lancelot, Bohort, Hervé lèvent la main. Léodagan jette un regard mauvais en direcion d'Yvain, qui lève la main.

LÉODAGAN - Seigneur Karadoc, vous ne votez pas ?
KARADOC - Ah, excusez-moi, je pensais à un magret de canard, ça m'a distrait.

Il lève la main.

LÉODAGAN - Bien ! À l'unanimité, me voilà désigné régent provisoire. Abordons la première question : comment désigner le roi ?
CALOGRENANT - Arthur n'a pas eu le temps de désigner d'héritier, c'est ça ?
LÉODAGAN, moqueur - C'est surtout qu'il n'a pas eu le temps d'en faire...
LANCELOT - Le roi de Bretagne est celui qui portera Excalibur !
BOHORT - Encore faudrait-il la retrouver !
LÉODAGAN - Personne n'a d'idée sur l'endroit où il rangeait son épée ?
CALOGRENANT - Il faudrait interroger une des boniches.
LANCELOT - C'est Nessa qui faisait le ménage chez lui.
CALOGRENANT - Ah, zut...
HERVÉ - Mais... pourquoi on avait levé la main ?
KARADOC - Pour une motion de censure, je crois.
BOHORT - Quand bien même nous retrouverions Excalibur, ça ne nous dit pas qui va être désigné roi de Bretagne...
LÉODAGAN - Je propose la règle suivante : le premier qui retrouve Excalibur devient roi de Bretagne.
LANCELOT - Pas mal ! Une sorte de quête...
CALOGRENANT - J'accepte si j'ai votre parole d'honneur qu'il n'y aura pas d'entourloupette.
LÉODAGAN - Bonjour la confiance !
CALOGRENANT - Justement... Que chacun prête serment, sur son honneur.
TOUS ( main sur le coeur ) - Je jure sur mon honneur que je reconnaîtrai comme incontestable et absolu souverain de Bretagne quiconque trouvera Excalibur.
BOHORT - Et je suppose que vous allez tous chercher l'épée ?
LANCELOT - Nous sommes trois candidats légitimes !
BOHORT - Dans ce cas, nous serons quatre ! Il est temps qu'un roi civilisé règne enfin. Arthur a échoué en cela, mais je veillerai à écarter les sanguinaires du pouvoir.
LÉODAGAN, ironique - En les faisant exécuter ?
BOHORT, décontenancé - Heu...
LANCELOT - Est-ce que c'est tout ?
LÉODAGAN - Non, j'aimerais aborder un deuxième problème. Comme vous le savez, Arthur, malgré ses bonnes intentions, a échoué. Le Graal n'a pas été retrouvé.
CALOGRENANT - Ah parce que vous comptez nous obliger à...
LÉODAGAN - Non, justement ! Je voulais savoir si vous étiez d'accord pour renoncer à cette quête absurde.
CALOGERNANT - Bien entendu.
PÈRE BLAISE - Alors ça, c'est une bonne nouvelle ! Est-ce que ça veut dire que je ne suis plus obligé de rédiger les comptes-rendus ?
LÉODAGAN - Oui, laissez tomber ça. De toute façon, qui les lisait ?
KARADOC - Pas moi !
LANCELOT - Je ne renoncerai pas à la quête du Graal. Mais j'approuve votre décision. Cette quête ne peut être qu'une quête personnelle. Nul besoin d'y méler tous les chevaliers.
LÉODAGAN - Très bien. Mainteant, il faut décider des réformes.
CALOGRENANT - Les réformes ?
LANCELOT - Le régent a raison, il faut tourner la page.
LÉODAGAN - Disons qu'on va garder tout ce qui était positif, et qu'on jette tout ce qui était négatif.
LANCELOT - Commençons par le positif. Heu... Quelqu'un a une idée ?
BOHORT ( lève le doigt ) - Excusez-moi, mais je voudrais commencer par le négatif. Construire un château au milieu des marais, dans une région exposée aux vents et aux tempêtes de neige, c'était une très mauvaise idée. Je propose qu'on abandonne Kaamelott. Trouvons un autre site.
CALOGRENANT - Il faut reprendre une politique d'expansion territoriale. C'est le seul moyen d'augmenter nos richesses, donc de s'assurer la fidélité des chevaliers.
LANCELOT - Et raser l'Orcanie ! Ces traîtres doivent être rayés de la carte.
BOHORT ( lève le doigt ) - Et si nous envahissions l'Andalousie ?

(un peu plus tard)

LÉODAGAN ( debout, lis un discours ) - Quand nous analysons l'état de la fédération des royaumes de Bretagne, il est douteux que soit exacte et puisse nous aider la politique définie par le roi Arthur dans sa conduite du royaume.
CALOGRENANT - Alors qu'est-ce qu'on fait ?
LÉODAGAN - En finir avec l'idôlatrie du roi Arthur. Frappe de nouvelles pièces de monnaie à l'effigie de Pendragon. Rétablissement de la torture. Hausse des taxes. Annulation de la contribution financière de chaque royaume à la fédération ( Calogrenant hoche la tête pour approuver ). Construction d'engins de sièges modernes. Annulation des traités d'alliance avec les peuples voisins. Déclaration de guerre à l'empire romain pour ne pas être les derniers à profiter de sa décomposition (prévoir un débarquement dans le sud de l'Hispanie ( Bohort sourit )).

ACTE IV - Cour du château.

Guenièvre marche dans la cour du château. Elle s'avance vers la tombe du roi Arthur. Là, Perceval prie après avoir déposé une gerbe de fleurs. Il est habillé en paysan.

GUENIÈVRE - Vous êtes encore là, vous ? Dites-donc, il faudrait maintenant vous reprendre un peu ! Même moi j'ai fini par accepter le deuil.
PERCEVAL - Ma reine, j'ai voué ma vie au roi Arthur.
GUENIÈVRE - Pourquoi vous n'êtes pas avec vos copains, à la table ronde ?
PERCEVAL - Arthur est mort, je ne suis plus chevalier.
GUENIÈVRE - Eh ben mon pauvre vieux... Vous voulez que je vous envoie ma mère ? Elle m'a remis les points sur les i et ça m'a bien remonté.
PERCEVAL - Les quoi ?
GUENIÈVRE - Ah, c'est vrai que vous ne connaissez pas l'alphabet. Mais enfin, comment se fait-il que vous soyiez si attaché à Arthur ? Il ne vous méprisait pas un petit peu, non ?
PERCEVAL - Je l'aimais !
GUENIÈVRE - Même quand il se moquait de vous ? Parce que moi, j'aime autant vous dire que j'en ai bavé. D'ailleurs c'est en m'expliquant tout ça que ma mère m'a remonté le moral. Au lieu de pleurnicher, qu'elle m'a dit, vous feriez mieux d'être soulagée. Et elle a ajouté : ne soyez pas cruche, inutile de pleurer un homme qui ne vous aimait pas.
PERCEVAL - J'ai passé des années à faire conneries sur conneries, et il m'a toujours pardonné. Il était comme un père pour moi. Il a donné un sens à ma vie. Je n'étais rien et il a fait de moi un chevalier. J'étais un gros faisan et il m'a accueilli comme un ami.
GUENIÈVRE - Ah bon, il a fait tout ça ?
PERCEVAL - Je prie une dernière fois. Ensuite je rentre chez moi au Pays de Galles.
GUENIÈVRE - Mais qu'est-ce que vous allez devenir ? Chevalier errant ?
PERCEVAL - Je vais aider mon oncle à garder les cochons, comme quand j'étais jeune, avant de rencontrer le roi. Nan mais en fait c'est pas pareil, parce que maintenant j'ai reçu la lumière. Je connais pas les mots pour expliquer, mais c'est pas pareil. Ce sera jamais plus pareil.

Perceval réfléchit puis poursuit !

PERCEVAL - Suivez-moi, je dois vous montrer quelque chose.

Perceval entraîne Guenièvre jusqu'à une vieille remise. Elle le suit en faisant la grimace. Perceval pousse un tas de cageots qui étaient posés contre le mur, ce qui découvre une cache. Il tend la main et en ressort Excalibur (flamboyante, forcément).

PERCEVAL - La nuit où il est mort, j'étais auprès de lui, et au lieu de le réconforter, comme un con je lui ai demandé si c'est moi la personne qu'il aimait le plus. Quand il m'a dit non, j'étais vexé. Mais il m'a dit : c'est la reine que j'aime le plus, parce qu'elle a toujours été à mes côtés. Et il a ajouté : mais je lui ai jamais dit que je l'aime, du coup je suis aussi con que vous avec Angharad.
GUENIÈVRE - Ça alors !
PERCEVAL - Il a regretté de mourir si loin de vous. Il a dit que les plus gros faisans, c'est ceux qui déclarent des guerres, parce que des milliers d'hommes meurent loin de leurs femmes et de leurs enfants.
GUENIÈVRE ( ne dit rien )
PERCEVAL - Prenez l'épée, c'est maintenant vous la reine de Bretagne. Adieu !

(Générique)

Guenièvre accepte l'épée (qui s'"éteint", forcément) puis regarde Perceval qui s'en va à pied (il a récupéré un sac à dos dans la remise). Une fois Perceval au loin, elle réfléchit et parle toute seule, en regardant Excalibur :

GUENIÈVRE - Je suis la reine de Bretagne... Guenièvre... heu... la Juste ? Non, c'est déjà pris... Guenièvre... la Miséricordieuse.

Excalibur s'allume alors d'une lumière blanche surnaturelle.

FIN

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NdA: Pour info, le discours de Léodagan, ce sont des extraits à peine modifiés du 20è congrès du P.C., celui où l'on a renié Staline juste après sa mort...

Chevalier
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Eh bah c'est joyeux tout ça XD

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J'ai beaucoup aimé ce scenario ;)

Ca change un peu de d'habitude, c'est bien pensé et bien écrit.
Certes un peu triste mais ça fait parti de Kaamelott !
Et c'est le plus dur à écrire, alors bravo ;)

Croustillant
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Alors  là, c'est un sujet qu'il fallait oser aborder et tu l'as magnifiquement fait. La partie sans paroles de l'acte I est très drôle (enfin...). En tous cas, on l'imagine très bien et on retrouve très bien les personnages même sans qu'ils parlent.
Sinon, de traiter Bohort, Lancelot et Calogrenant comme des c*****ds (Léodagan aussi mais c'est déjà acquis), c'était aussi à oser.
Et puis, la fin est magnifique bien sûr: et même avec des phrases inhabituellement longues et bien construites, j'ai trouvé Perceval très vrai (peut-être plus que quand il fait juste le con). Et puis Guenièvre, que, au vu de tes autres scénarii, tu aimes beaucoup je crois, est elle aussi remarquable (enfin, surtout Arthur qui dit qu'il l'aime plus que tout en fait!).
Par contre, le fait qu'elle devienne reine, c'est en rapport avec les dynasties anglaises d'après ou pas?

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Je saurais pas dire mieux que les autres. C'est inhabituel, ça aurait pu être casse-gueule, mais tu t'en sors hyper bien. J'ai beaucoup aimé la fin, je m'y attendais pas, j'aurai pensé que Léodagan prenne Excalibur (d'une manière pas très honnête, comme à son habitude ^^).
En tout cas, bravo!

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Le scénario est émouvant est beau ! La fin est superbe et on retrouve un épisode très triste. Seul bémol. Il y'a une grosse phase de critique du roi et finalement, à la fin tout le monde s'en fout. Au départ, tout le monde est triste et à la fin tout le monde le critique. J'aurais fait l'inverse. Je serais passé de la critique aux mots doux pour refaire transparaitre le personnage noble d'Arthur (même si y'a le passage où Arthur avoue qu'il aime la reine).

C'est le seul bémol que j'appliquerai. Bravo d'avoir osé !

Chevalier Feuletonniste
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Merci pour vos remarques ! :)

Provençal a écrit :

le fait qu'elle devienne reine, c'est en rapport avec les dynasties anglaises d'après ou pas?

Hola, tu compliques tout... C'est parce que, dans la façon dont je perçois les personnages, c'est Guenièvre qui est la plus à même de poursuivre l'oeuvre d'Arthur. Disons que si j'étais les Dieux, c'est elle que j'élirais.

Michihiro a écrit :

J'aurais fait l'inverse. Je serais passé de la critique aux mots doux pour refaire transparaitre le personnage noble d'Arthur.

Ce n'était pas mon but ; mon but était de me moquer des retournements de veste qui suivent la mort d'un grand homme, de l'hypocrisie de ceux qui le pleurent publiquement mais pas en privé. D'ailleurs la phase de critique vient progressivement. À la fin, je ne dirai pas que tout le monde s'en fout, je dirai surtout que tout le monde anéantit tout le boulot d'Arthur (l'alliance avec les Romains, la paix, la prospérité, etc.) D'ailleurs la noblesse d'Arthur transparaît peut-être par contraste avec la bassesse des autres, non ?

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Au contraire de Michihiro, je trouve très pertinent d'avoir développé l'histoire dans ce sens là.
D'abord parce qu'on retrouve les trois temps : Tristesse - Critique - Tristesse, sinon ça aurait plongé toute la fin dans le pathos.
Et puis surtout parce que ça correspond vraiment aux personnages ! Ok il le regretteraient cinq minutes mais ils ne se priveraient pas pour le démolir après.
Alors que les esprits purs comme Perceval et Guenièvre sont à l'opposé.

Donc pour moi c'est parfait comme ça ;)

Croustillant
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Agloval a écrit :

Ce n'était pas mon but ; mon but était de me moquer des retournements de veste qui suivent la mort d'un grand homme, de l'hypocrisie de ceux qui le pleurent publiquement mais pas en privé. D'ailleurs la phase de critique vient progressivement. À la fin, je ne dirai pas que tout le monde s'en fout, je dirai surtout que tout le monde anéantit tout le boulot d'Arthur (l'alliance avec les Romains, la paix, la prospérité, etc.) D'ailleurs la noblesse d'Arthur transparaît peut-être par contraste avec la bassesse des autres, non ?

Oui, enfin, (juste pour Kaamelott hein!) je repense à l'épisode Always où tout le château pense que Perceval est mort. Et ben là, Léodagan est sincèrement triste. Alors s'il est pour Perceval, pour Arthur! Non parce que même s'il ne peut pas le blairer, je pense qu'au fond il l'aime bien (en tous cas, il s'est attaché à lui).
Après je comprend très bien que tu veuilles dénoncer les "retournements de veste qui suivent la mort d'un grand homme".

Chevalier
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Très bon scénario Agloval ! J'ai beaucoup aimé l'acte I, que j'ai trouvé très triste et très beau. La fin aussi est bien trouvée, avec le rôle de Guenièvre et le départ de Perceval...
Par contre, comme Michihiro, j'ai moins aimé le passage où tout le monde démolit Arthur, parce que je pense que finalement ils l'aiment bien et qu'ils n'iraient pas jusque-là. Mais bon, à part ça, c'est un texte émouvant et original ! Il fallait oser, et tu as bien relevé le défi. Bravo ! :)

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Ouaiiiiiiii ! Merci Nemesia de pas me laisser tout seul dans ma réflexion :p

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C'est un texte superbe, très triste mais qui juste au bon moment révèle la sensibilité et l'humour de Kaamelott.

MAIS J'VEUX PAS QU'ARTHUR Y MEURT OUINNNNNNNNNN

(non,non c'est bon je vais me reprendre).

Scribe et archiviste officiel
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J'ai adoré!!! J'avais l'impression de voir et d'entendre les personnages évoluer!! Tu as vraiment bien capté l'esprit et le ton et en plus tu ne lâches pas de grossièretés toutes les deux secondes, ce qui prouve qu'on peut faire rire avec un langage tout à fait normal!! Et cette histoire d'aveu, ça me plaît vraiment juste parce que Guenièvre le mérite . Merci!!!

Chevalier Feuletonniste
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Merci Dame de Coeur pour ton commentaire ! Oui, il fallait un peu réhabiliter Guenièvre... :)

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