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Chevalier
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Bonjour à tous !

Après validation par mon bêta-reader attitré (merci Clément ! :) ), j'ai l'honneur de vous proposer un petit scénario de mon cru, en profitant de l'occasion pour inaugurer la millième discussion de ce forum. Que demander de plus ! :)

Ce texte se situe après le livre V, en partant du principe que Lancelot a sauvé Arthur (ce qui paraît assez logique) mais aussi qu'Arthur a finalement retiré Excalibur du rocher et est par conséquent redevenu roi de Bretagne. (Oui, je sais, je pousse peut-être un peu, mais je voulais voir ce que ça pouvait donner).

N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez, en bien ou en mal... et bonne lecture !


                                                                Un dîner presque parfait

Trois cors

Dans les couloirs du château. Léodagan donne un message à Arthur, qui le lit avec surprise.

ARTHUR : Eh ben, il manque pas de toupet celui-là…
LEODAGAN : Faut admettre que c’est plutôt osé.
Arthur réfléchit un instant.
ARTHUR : Très bien, beau-père, allez préparer vos bagages. On part en voyage.
LEODAGAN : « On » ? Qui ça « on » ?
ARTHUR : Nous tous : moi, vous, votre femme, votre fils et votre fille. Ma femme, donc.
LEODAGAN  (surpris) : Mais il ne nous a pas invités !
ARTHUR : Ah parce que vous croyez que je vais lui demander son avis ? C’est comme ça et pas autrement ! Et s’il est pas content, tant pis pour lui, il n’avait qu’à pas comploter contre moi.
LEODAGAN  (ironique) : Alors vous, il faut pas vous provoquer, hein ! Vous réagissez vraiment au quart de tour.
Arthur lui lance un regard blasé.

Générique

Arthur, Guenièvre, Léodagan, Séli et Yvain sont en carriole. Arthur et Guenièvre sont assis côte à côte, les autres en face. Personne n’a l’air très joyeux.

ARTHUR (les regardant à tour de rôle) : Mais qu’est-ce que vous avez, tous, à faire la tronche ? Les voyages c’est aussi chiant que les repas avec vous !
LEODAGAN  (mécontent) : Il y a que je vois pas l’intérêt de traverser tout le pays pour aller rendre visite à un connard que j’ai jamais pu blairer.
ARTHUR : Mais c’est de la politique, ça !
LEODAGAN : Ben justement, du point de vue politique, vous auriez dû le faire mettre à mort ce fumier. Je vois pas pourquoi je dois me farcir un déjeuner avec lui.
ARTHUR (d’abord calme puis élevant la voix au fur et à mesure) : D’abord parce que le roi Loth a officiellement manifesté le désir de se réconcilier avec moi en m’invitant à sa table, et ensuite parce que si je devais faire mettre à mort les connards que je peux pas blairer au lieu de manger avec eux, je passerais pas mes repas avec vous !
GUENIEVRE : Mais pourquoi vous avez absolument tenu à ce qu’on vienne avec vous ? Vous auriez pu y aller tout seul, et en plus on n’était même pas invités !
SELI : C’est vrai que des idées comme ça, vous pourriez vous les garder.
ARTHUR : Ça va bien maintenant, je vous ai dit que c’était politique ! Loth a presque détruit le royaume de Logres en organisant un coup d’état pour prendre le pouvoir, j’ai quand même le droit de le faire chier moi aussi en invitant qui je veux chez lui !
LEODAGAN (cynique) : C’est sûr que comme vengeance, il va la sentir passer celle-là… Vous voulez pas qu’on fasse venir un barde en plus ? Parce que là, moi je vous le dis, à tous les coups il se barre en courant !
YVAIN : Ah mais on va jouer de la musique en fait ? Parce que j’ai pas pris d’instruments, moi…

Transition

Dans la cour d’un château. Suivi par Galessin, le roi Loth vient accueillir ses invités qui descendent de carriole. Il commence par Arthur.

LOTH : Ah, seigneur Arthur… Je suis content que vous ayez pu venir.
ARTHUR : Appelez-moi « sire ».
LOTH : Ah oui, désolé. Mais je constate que vous êtes venus accompagné !
Il se tourne vers Léodagan, Séli, Yvain et Guenièvre qui se tiennent un peu à l’écart.
LOTH : C’est toujours un plaisir de recevoir la reine, surtout en ces temps troublés où l’autorité fait figure de bastion protecteur contre les envahisseurs barbares et sanguinaires qui menacent notre liberté, et que… (Il s’interrompt sur un geste impatient d’Arthur). Oui. Bref. Par contre, je ne me rappelle pas vous avoir entendu dire que vous ameniez aussi toute votre belle-famille…
LEODAGAN (revêche) : Vous inquiétez pas, pour nous aussi c’est une surprise.
SELI (d’un air aussi aimable que son mari) : Plus on est de fous, plus on rit.
YVAIN : Par contre, je suis désolé, j’ai oublié mon oud à Kaamelott.
Silence. Tous se regardent, d’un air désespéré ou interloqué.
GALESSIN (faussement enthousiaste) : Bon, on va peut-être pouvoir passer à table.
LOTH : Oui, si vous voulez bien me suivre…
GUENIEVRE : Oui, passez devant, parce que je ne sais pas si je pourrais retrouver le chemin, moi…
ARTHUR (étonné) : Ben, vous êtes déjà venue ici vous ?!
GUENIEVRE : Oui, une ou deux fois, quand j’étais… Vous savez bien.
ARTHUR : Non, je sais pas, non.
GUENIEVRE (gênée) : Quand j’étais avec Lancelot.
ARTHUR : Quoi ?
GALESSIN : Non, mais Lancelot s’est invité ici quelquefois en abusant honteusement de l’hospitalité du roi Loth. On n’arrivait pas à le mettre dehors.
Gros plan sur le visage crispé d’Arthur.
LEODAGAN : Je sens qu’on va passer une bonne soirée.

Transition

À l’intérieur du château. Tous les personnages sont en train de manger autour d’une grande table. Gauvain les a rejoints. Personne ne parle.

LOTH (d’un air docte) : Arboles deducant, et semper meat viri sed etiam non peculi.
Personne ne réagit, ils gardent tous les yeux sur leur assiette.
LOTH : Ah mais vous vous en foutez en fait ? Vous ne me demandez même plus ce que ça veut dire ?
Toujours aucune réaction. Gros plans successifs sur les visages des convives, blasés et ennuyés. Finalement, Galessin se dévoue.
GALESSIN : A mon avis, à force de sortir des phrases qui ne veulent rien dire, ils ont dû finir par piger le truc.
LOTH : Mais qui a dit que ça ne voulait rien dire ?
ARTHUR (sceptique) : Ça veut dire quelque chose ?
LOTH : Là en l’occurrence, non. Mais ça aurait pu !
LEODAGAN : Ah ben ça valait le coup de venir !
GAUVAIN (réjoui) : Eh bien moi, je suis ravi de vous voir mon oncle. Je craignais que vous ne fussiez quelque peu contrarié.
ARTHUR : Contrarié ? Par quoi ?
GAUVAIN : Je n’en sais rien, je vous croyais en froid avec l’Orcanie. Et comme vous ne voulez plus que j’habite à Kaamelott depuis plusieurs mois…
YVAIN : Vous nous avez sournoisement obligés à quitter nos chambres. J’ai dû dormir dehors et j’ai attrapé un rhume !
ARTHUR : Mais attendez, vous avez monté un clan autonome, je vous ai donné votre propre territoire ! Vous allez pas vous plaindre !
GAUVAIN : Mais mon oncle, je ne me plains pas, puisque je suis ravi…
LOTH : Dites-moi, seigneur Arthur, je me demandais…
ARTHUR (interrompant) : Appelez-moi « sire » !
LOTH : C’est vrai, désolé. Ça a du mal à rentrer. J’ai pris l’habitude, vous comprenez.
ARTHUR : Vous prenez vite les mauvaises habitudes, seigneur Loth, méfiez-vous. Parce que les bonnes, par contre, c’est pas encore ça.
LOTH : Qu’est-ce que vous voulez, je suis comme ça ; je m’adapte plus vite à certaines choses.
LEODAGAN : Et au fait d’être un trou du cul, vous vous adaptez ou pas ?

Générique

Même endroit, mêmes personnages. Le ton est monté, Léodagan est de plus en plus énervé.

LOTH : Attendez, si c’est pour m’insulter, c’était vraiment pas la peine de venir.
LEODAGAN : Mais je le dis depuis tout à l’heure moi : c’était pas la peine de venir !
GALESSIN : Oui, d’ailleurs on se demande bien ce que vous faites là.
LEODAGAN : Je suis venu vous coller mon pied dans les noix !
GUENIEVRE : Père, je vous en prie…
LEODAGAN : Vous, on ne vous a pas demandé l’heure qu’il est !
ARTHUR (dépité) : Je croyais qu’on était venus pour rétablir la paix, pas pour se balancer des fions. On a même amené un cadeau, et tout.
YVAIN : C’est vrai que d’habitude, pour se balancer des fions, on reste à Kaamelott. On fait pas un voyage d’une journée en carriole.
GALESSIN (étonné) : Vous avez amené un cadeau ?
SELI : Parfaitement !

Dans le noir :
SELI : Une tarte aux abricots que j'ai faite moi-même !

Semi-Croustillant
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Hou là! Vraiment très sympa! J'aime beaucoup le

ARTHUR (d’abord calme puis élevant la voix au fur et à mesure) : D’abord parce que le roi Loth a officiellement manifesté le désir de se réconcilier avec moi en m’invitant à sa table, et ensuite parce que si je devais faire mettre à mort les connards que je peux pas blairer au lieu de manger avec eux, je passerais pas mes repas avec vous !

Chevalier
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mdr Séli qui amène le dessert, ça c'est de la vengeance :lol:

Très bonne fic sinon! Y'aura une suite ou pas?

Scribe et archiviste officiel
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  Ce message a été posté par une personne qui n’est plus inscrite aujourd’hui.

Ahhhh, super épisode. J'ai littéralement éclaté de rire quand j'ai lu : "Et au fait d’être un trou du cul, vous vous adaptez ou pas ?"

LA phrase qu'aurait sorti Léodagan ! Le scénario se termine en apothéose par un bon paquet de répliques vraiment marrantes et de situations bien utilisées !

Bravoo ^^ Ca m'a fait plaisir de lire ça !

Chevalier Feuletonniste
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Ah oui, un scénario bien marrant ! J'aime bien quand Loth est énervé sous prétexte que sa phrase aurait pu dire quelque chose (là en occurence, non, mais...) Et on imagine bien les personnages juste en les lisant, les dialogues sont vraiment typiques ! :)

Maintenant, la critique : la chute me paraît moins bonne que le reste. L'idée est excellente mais je trouve que ça arrive brusquement à la fin. Je ne sais pas si c'est possible de mieux l'exploiter ? Là comme ça en y réfléchissant vite fait, j'imagine : Arthur explique qu'en gage de paix, il amène un "cadeau" (référence à la jatte...), et alors Séli présente sa tarte. Bon, c'était juste pour dire quelque chose...

Chef de Clan
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Arthur chez Loth, très bonne idée! Je l'aime bien ;) .

Chevalier
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Merci à tous pour vos commentaires ! C'est très gentil et ça fait plaisir. :D

@ Agloval : Tu as peut-être raison pour la chute, elle arrive un peu trop vite... Je l'ai donc modifiée en fonction de ta critique, j'espère que ça convient mieux maintenant. :)

Semi-Croustillant
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Bonne modif! Il est nickel bravo!!

Scribe et archiviste officiel
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  Ce message a été posté par une personne qui n’est plus inscrite aujourd’hui.

Très bon ! J'aime bien les "appelez moi "sire" " et la réplique de Loth "Là en l’occurrence, non. Mais ça aurait pu !" est vraiment excellente !

Une petite question : pourquoi ne pas avoir inclus Anna ? Le repas aurait pu être encore plus parfait ^^

Croustillant
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Alors là, vraiment chapeau. Je le trouve juste par-fait:

Déjà, c'est ni trop court ni trop long, c'est la longueur parfaite.

Les répliques sont très conformes à ceux qui les prononcent et font très souvent mouche comme:" LEODAGAN  (ironique) : Alors vous, il faut pas vous provoquer, hein ! Vous réagissez vraiment au quart de tour."

Au niveau de l'intrigue, il y a aussi à dire. Parce que même si l'idée d'un repas où tout le monde se fout sur la gueule n'est pas forcément innovante, on se retrouve avec de supers personnages que tu fais interagir à la perfection et en plus on retrouve le contexte du livre IV et V qui est très riche.

Donc, pour résumer: un scénario sa mère bien la race de sa grand mère.

Chevalier
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Merci à vous deux ! Je suis contente de voir que ce scénario est apprécié. :)

Lexx : Excuse-moi, je n'ai pas répondu à ta question : je n'avais pas prévu au départ de faire une suite, mais finalement, pourquoi pas, on verra s'il y a matière...

Part de clafoutis : En effet, l'absence d'Anna est intentionnelle. Ce n'est pas que je n'aime pas le personnage, au contraire, mais je ne me sens pas très à l'aise avec elle et je ne me voyais pas la faire intervenir dans mon texte. Je ne la cerne pas assez, je n'aurais pas su quoi lui faire dire. Par contre, je devrais peut-être trouver une raison logique à son absence pour que le lecteur ne s'en étonne pas... ?

Chef de Clan
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Je lis rarement des scénarios d'ici, mais j'ai vraiment adoré celui la ! Félicitation :)

Scribe et archiviste officiel
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  Ce message a été posté par une personne qui n’est plus inscrite aujourd’hui.

Je comprends tout à fait la non présence d'Anna, elle est même assez logique en fait. Mais j'aurais bien vu Loth y faire référence à un moment avec un petit "heureusement que ma salope de femme n'est pas là car sinon... oh excusez moi Seigneur Arthur", puis Arthur rajouter "oh mais y'a pas de mal... En revanche pour ce qui est de ne pas m'appeler "Sire"..."

Chevalier
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Part a écrit :

Je comprends tout à fait la non présence d'Anna, elle est même assez logique en fait. Mais j'aurais bien vu Loth y faire référence à un moment avec un petit "heureusement que ma salope de femme n'est pas là car sinon... oh excusez moi Seigneur Arthur", puis Arthur rajouter "oh mais y'a pas de mal... En revanche pour ce qui est de ne pas m'appeler "Sire"..."

C'est bien trouvé, j'aime bien l'idée (j'avoue que j'y avais pensé, à "ma garce de femme"), mais je n'arrive pas à le caser. Je ne sais pas où l'insérer dans le texte ni comment l'amener. Ce sera pour le prochain ! :)

NocK a écrit :

Je lis rarement des scénarios d'ici, mais j'ai vraiment adoré celui la !

C'est d'autant plus flatteur alors ! :) Merci beaucoup.

Scribe et archiviste officiel
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  Ce message a été posté par une personne qui n’est plus inscrite aujourd’hui.

C'est merveilleux l'empoisonnement assuré avec la tarte de Séli surtout si c'est avec la technique de conservation des abricots de Merlin.

Arthur est un peu vicieux sur ce coup là : je vous décapite pas mais je vous tue à coup de pâtisserie :D

Chevalier
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Merci d'avoir lu mon texte Caelia ! :) C'est vrai que je me suis bien amusée à l'écrire.

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