Bienvenue sur OnEnAGros!, le forum qui ne confond pas un clafoutis et une part de clafoutis !

Lisez la charte du forum avant de commencer à participer. Si vous êtes nouveau, une présentation est toujours appréciée afin de mieux se connaître !


Chevalier Feuletonniste
En ligne

LES CHEVALIERS DE KAAMELOTT - 15 ANS AVANT

Dans tout ce qui suit, les personnages ont leur look du Livre VI sauf mention contraire.

Épisode 1 : la Promise

La scène se joue à l'intérieur d'une sorte de grande et belle chaumière. À l'intérieur est préparé un banquet (on mange sur des tréteaux. Deux hommes richements habillés, entourés de leurs épouses, sont assis à la place d'honneur. Mevanwi, très jeune, est à côté d'eux. Un cuisinier, reconnaissable à sa toque, sert les plateaux de victuaille, aidé d'un jeune chevelu encore assez svelte, Karadoc. L'un des deux hommes est le seigneur de Vannes - haute et prestigieuse noblesse dont l'ascension remonte à un mariage avec une nièce de Jules César en personne - et l'autre est le vieux duc d'Aquitaine - le père de celui qui interviendra dans le Livre V.

Vieux duc d'Aquitaine - Mon cher ami, ce repas est délicieux ! Holà, cuisinier ! Qu'est-ce donc que ceci ?
Cuisinier - Que m'sieur l'sire duc me pardonne, mais en fait je n'sais pas trop...
Seigneur de Vannes - Il se fait que mon bon cuisinier a un fils particulièrement doué.
Vieux duc - Et où est-il, le bougre, que je l'interroge ?

Karadoc est en train de servir Mevanwi

Mevanwi - Karadoc ! Karadoc ! On vous appelle !
Karadoc - Heu... où ça ?
Mevanwi - Allez, allez ! Pfff... On n'est pas aidé avec les domestiques de nos jours, n'est-ce pas mère ?
Karadoc - Bien, bien, j'y vais...
Mevanwi - J'y vais qui ?
Karadoc - J'y vais, gente demoiselle.

Karadoc se présente au vieux duc

Vieux duc - Dites-moi, petit marmiton, qu'est-ce donc que ceci ?
Karadoc - Eh ben, heu... seigneur vicomte, heu... ?
Seigneur de Vannes - Sire duc !
Vieux duc - Mais peu importe... Ah, saurais-je un jour ce que contient mon assiette ?
Karadoc - Sire duc, il s'agit d'un ragoût de chevreuil aux pleurotes.
Vieux duc - Mais encore ?
Karadoc - Le chevreuil a une chair plus tendre et délicate que les viandes traditionnellement traitées en ragoût ou en sauce. Cet avantage lui permet donc d'être admirablement bien associé aux parfums spécifiques d'humus de ces champignons. Pour apporter une connotation rustique j'ai choisi de placer la viande dans une marinade cuite pendant 24 h. La viande ne s'imprègne pas de la marinade, ni ne s'attendrit davantage, en revanche le vin se charge en arômes qui donnent à la sauce terminée une saveur très typée. [NdlA : issu du site chefsimon.com]
Femme du duc - C'est pas faux !
Karadoc - Comment ça ?
Femme du seigneur de Vannes ( sur un ton sévère ) - Et si nous parlions de choses sérieuses !
Seigneur de Vannes - Oui, oui, nous avons le temps, le repas est loin d'être fini.
Femme du seigneur de Vannes ( sur un ton sévère ) - Ce n'est certes pas en se bafrant que nous résoudrons nos problèmes de haute politique.
Mevanwi - Bien dit, mère !
Seigneur de Vannes ( sur le même ton qu'A. Chabat quand il parle à sa femme ) - Je suis désolé de me comporter poliment avec un fort aimable invité et de le laisser profiter d'un repas qui, quoique vous puissiez en dire, est à la hauteur de l'événement.
Vieux duc - C'est joliment répondu, mon cher ami !
Femme du seigneur de Vannes ( ironique ) - Alors continuez à faire des courbettes à ce domestique mal dégrossi ! Tiens, une idée : adoubez-le pour le remercier pour le rata aux champignons !
Mevanwi - Pfff ! (mdr lol)
Karadoc ( se contenant difficilement ) - Le... rata aux champignons !
Mevanwi - Karadoc !
Cuisinier ( pour calmer son fils ) - Karadoc, retourne en cuisine préparer ton dessert. Tu verras : ça va mettre tout le monde d'accord.
Mevanwi - Je vous trouve bien présomptueux, "petit marmiton" !
Karadoc - Si ces dames n'aiment pas mon dessert, je rends mon tablier.
Cuisinier - M'sieurs-dames, veuillez pardonner mon fils pour son insolence...
Femme du seigneur de Vannes - De mon temps, les domestiques savaient se tenir à leur place.
Seigneur de Vannes - Mais il est pardonné ! J'ai hâte de goûter son dessert !
Vieux duc - Les desserts aussi... ?
Seigneur de Vannes - C'est un artiste de la table ! Vous allez voir ça !
Cuisinier - Mon seigneur est trop bon !
Femme du seigneur de Vannes - Oui, eh bien votre seigneur vous dit d'aller voir à l'étable si on y est !
Mevanwi - Et toc !

Transition - un peu plus tard...

Femme du duc - Et vous appelez ça comment ?
Karadoc - Un clafoutis aux pommes. Mais c'est tout simple, hein.
Seigneur de Vannes - Sauf qu'il n'y a que vous qui savez le rendre aussi délicieux.
Vieux duc - Mmmhhh, oui, quel délice ! Il est fort en pommes, ce jeune bougre !
Karadoc - C'est parce que j'ajoute un peu de vin de Gaunes [NdlA : sur le site chefsimon.com, ils parlent d'ajouter du vin de Calvados]. Figurez-vous que...
Femme du seigneur de Vannes - Bouclez-la et laissez-nous manger ! Allez, retournez à vos fourneaux ! Ils ne savent plus se tenir à leur place, les jeunes, de nos jours !
Mevanwi - C'est ce que je dis toujours, mère !
Vieux duc - Est-ce que cela vous plaît, gente demoiselle ?
Mevanwi - Mmmouuuiii, pas mal... Mère, est-ce que ça fait grossir ?
Femme du seigneur de Vannes - Sûrement !
Mevanwi - Alors ça ne me plaît pas ! Karadoc !
Karadoc - Oui ?
Mevanwi - Oui qui ?
Karadoc - Oui gente demoiselle.
Mevanwi - Je n'aime pas votre dessert, vous pouvez rendre votre tablier.
Seigneur de Vannes - Mais, ma fille, vous n'y pensez pas ? Ce jeune domestique est indispensable à...
Mevanwi - Père, vous préférez la domesticaille à votre propre fille ?
Karadoc ( au seigneur de Vannes ) - Seigneur, je vous en conjure, donnez-moi une deuxième chance ! Une crême caramélisée à la vergeoise ! Nan : des crêpes en pannequets !
Mevanwi - Pfff, ça fait grossir.
Femme du seigneur de Vannes - Sinon, pour en revenir aux choses plus importantes... Dites, les hommes, je vous signale que ça fait trois heures que vous bouffez sans trève. Il serait temps d'aborder la question qui fâche...
Seigneur de Vannes - C'est justement parce qu'elle fâche que, par politesse, j'attends la fin de ce délicieux repas pour en parler.
Vieux duc - Et je vous en sais gré, mon vieil ami.
Seigneur de Vannes - Je vous re-sert un verre ?
Vieux duc - Oui, merci !
Femme du seigneur de Vannes - Nous avons des domestiques pour cela !
Seigneur de Vannes - Ooh, ma mie, vous m'ennuyez...
Mevanwi - Karadoc ! Le duc d'Aquitaine a soif !

Karadoc sert le vieux duc

Seigneur de Vannes - En tout cas, merci pour ce bon vin d'Aquitaine !
Vieux duc - Vous voyez, nous aussi nous cultivons de bonnes choses.
Femme du seigneur de Vannes - Encore en train de parler popotte... Et le mariage ?
Mevanwi - Les fiançailles, mère !

On frappe à la porte. Trois coups sonores. Tout le monde se tait. Mevanwi se recroqueville. Le seigneur de Vannes se lève, sa femme le regarde durement, alors il s'assoit et se souvient qu'il a des domestiques.

Seigneur de Vannes - Heu... qu'on ouvre la porte. Non : d'abord, qu'on aille s'enquerrir du visiteur !

Tout le monde se regarde.

Femme du seigneur de Vannes - Ogier, allez voir qui c'est, et n'ouvrez que s'il n'est pas armé !

Un serviteur s'exécute. Il s'approche de la porte, l'entr'ouvre et parle. On voit qu'il pleut dehors, mais on ne voit pas qui a frappé.

Ogier - Ma dame, est-ce qu'un bâton est considéré comme une arme ?
Femme du seigneur de Vannes - Prenez son bâton et examinez-le. S'il n'a rien d'autre, faites-le entrer.

Le domestique ouvre la porte en grand. On voit qu'il pleut à verse. Une sorte de vagabond barbu entre. Il est trempé. À mesure que la pièce l'éclaire, on le reconnaît peu à peu : Merlin.

Femme du seigneur de Vannes - Un mendiant !
Merlin - Houlà, non, vous faîtes erreur ma petite dame !
Femme du seigneur de Vannes ( excédée ) - Silence !
Vieux duc - Nous pourrions recueillir ce pauvre hère et lui donner quelque victuaille.
Ogier - Son bâton a l'air normal, puis-je lui rendre ?
Femme du seigneur de Vannes - Rendez-lui. Et vous, qui êtes-vous ?
Merlin - Un druide ! ( phrase prononcée sur le ton de celui qui attend une réaction de surprise, genre : hé ouais, je suis un druide, ça vous la coupe ? )
Femme du seigneur de Vannes - Oui, un vagabond, c'est bien ce qu'on disait. Dehors.
Seigneur de Vannes - Voyons, ma mie, accordons-lui l'hospitalité, il pleut à verse.
Merlin - Je suis venu...
Femme du seigneur de Vannes - Silence. Vous parlerez quand vous y serez invité.
Merlin - Je suis venu au nom du roi de Bretagne, je vous ferai dire !
Vieux duc - Uther Pendragon ? Mais il est mort, aux dernières nouvelles, non ?
Mevanwi - Pfff... (lol, ptdr)
Merlin - Non, son fils. ( Toujours sur le ton de celui qui attend une réaction de surprise. )
Femme du seigneur de Vannes - Ça suffit, expliquez-vous !
Seigneur de Vannes - Ben oui mais vous ne le laissez pas parler !
Femme du seigneur de Vannes - Dites-donc, vous êtes de quel côté ?
Seigneur de Vannes - Je veux juste écouter ce que ce monsieur a à dire.
Femme du vieux duc - Mais, vous ne seriez pas Merlin, dès fois ?
Merlin - Tout juste ! ( sur le ton de "c'est bon, vous avez compris qui je suis, hein ?" )
Femme du vieux duc - Je croyais que vous étiez enchanteur, pas druide.
Seigneur de Vannes - Vous auriez pu le dire plus tôt : ici, les druides, c'est considéré comme du clodo, mais les enchanteurs, non, on respecte, parce qu'on a entendu parler de l'enchanteur Merlin, justement.
Femme du seigneur de Vannes - Et qui c'est ça, l'enchanteur Merlin ?
Seigneur de Vannes - Eh ben, c'est un genre de magicien qui a accompli des exploits et vaincu des fléaux, tout ça.
Merlin - J'ai vaincu la bête de Winchester !
Femme du seigneur de Vannes - La quoi ?
Merlin - La bête de Winchester. Parfaitement !
Seigneur de Vannes - Très bien, alors venez nous rejoindre, cher enchanteur. Mangez, et ensuite vous nous expliquerez ce qui vous amène en ces lieux !
Merlin - Ah, c'est pas de refus !
Mevanwi - Mais, il est tout mouillé et il pue ! Qu'il se lave d'abord !
Merlin - Nan mais c'est pas de ma faute, la grotte que j'avais trouvée pour m'abriter était occupée par un ours, alors j'ai dû continuer...
Femme du seigneur de Vannes - Et qu'est-ce qui vous empêchait d'occire l'ours ?
Merlin - Eh bien sachez, médême la comtesse, que je ne tue pas les animaux pour mon petit confort personnel ! Je respecte la vie sauvage, parfaitement !

Transition - un peu plus tard...

Seigneur de Vannes - Alors, cher ami enchanteur, et si vous nous disiez ce qui vous amène ici ?
Merlin - Le gâteau est délicieux !
Vieux duc - C'est un petit cuistot d'ici qui fait ça. Ça s'appelle un clafoutis.
Karadoc ( qui passait dans le coin ) - Une part de clafoutis ! Le clafoutis, c'est ça ( il montre un plat avec un clafoutis pas encore entamé ). Dans votre assiette c'est une part. Rien à voir.
Merlin - Ah OK ! Je m'en souviendrai...
Femme du seigneur de Vannes - Et notre affaire ?
Seigneur de Vannes - Attendez, nous avons un enchanteur à notre table, ce n'est quand même pas tous les jours !
Vieux duc - Et un enchanteur d'une politesse exquise ! Car j'ai ouï dire qu'ils n'étaient pas tous ainsi : il paraît que dans le nord de la Bretagne, il y a...
Femme du seigneur de Vannes - C'est pas compliqué : si le sujet du jour n'est pas abordé avant la sieste, j'assassine le duc dans son sommeil.
Vieux duc - Heu... que voulez-vous dire ? Si vous m'assassinez, est-ce que ça ne risque pas de jeter un froid entre nos deux pays - du moins sur un strict plan diplomatique ?
Femme du vieux duc - Si elle vous tue, c'est la guerre.
Femme du seigneur de Vannes - Et si ça ne suffit pas, je tue madame la duchesse. Ou alors - ou alors ! - nous parlons de choses sérieuses.
Merlin - Encore plus sérieuse que ce que j'ai à dire ?
Femme du seigneur de Vannes - Vous, le tueur à la Winchester, vous mangez et vous la fermez !
Seigneur de Vannes - Bien, bien, vous avez raison ma mie, le repas touche à sa fin, parlons du mariage.
Mevanwi - Des fiançailles !
Femme du seigneur de Vannes - Allez-y ma fille, exposez vos griefs à monsieur le duc.
Mevanwi - Voilà : je refuse de me fiancer avec votre fils s'il n'est pas chevalier.
Femme du seigneur de Vannes - Ma fille a parfaitement raison ! Notre nom est associé à la noblesse d'épée. Seul un chevalier accompli peut épouser une fille de Vannes.
Mevanwi - Fiancer ! Épouser, on verra...
Vieux duc - Donc ce que vous êtes en train de dire, c'est juste que, au prétexte que mon fils n'est pas chevalier, il n'a pas le droit d'épouser... ni même de se fiancer, avec votre charmante fille ici présente ?
Mevanwi - Voilà.
Femme du vieux duc - Alors ça c'est fort ! Et les dix mille pièces d'or que nous vous avons promises ?
Femme du seigneur de Vannes - C'est une question d'honneur.
Mevanwi - Et je vaux bien plus que ça !
Vieux duc - Que faire, cher ami ? Je connais mon fils, le métier des armes ne l'intéresse pas.
Seigneur de Vannes - J'ai bien peur que devant l'intransigeance de ma femme, nous devions annuler cette alliance si prometteuse.
Femme du vieux duc - D'un autre côté, ça nous économise dix mille pièces d'or...
Vieux duc - Mais enfin, et notre fils, qui se faisait une joie d'épouser la plus belle fille de la Bretagne continentale ? Sensible comme il est, la nouvelle risque de le choquer.
Femme du vieux duc - Comme il ne l'a jamais vue, le choc sera atténué.
Vieux duc - Certes certes, mais...
Mevanwi ( lentement, comme s'adressant à un débile )- Je ne me fiancerai qu'à un chevalier accompli.

Transition - un peu plus tard...

Femme du vieux duc - Mais, ce fils caché de Pendragon, il ne doit pas retirer Excalibur du rocher s'il veut être reconnu roi de Bretagne ?
Merlin - Il l'a déjà fait, mais je lui ai demandé de la remettre en attendant. Il était encore enfant.
Seigneur de Vannes - Est-il célibataire ? Serait-il intéressé par des fiançailles avec ma fille ?
Mevanwi - Il est chevalier ?
Femme du seigneur de Vannes - La possession d'Excalibur lui donne de droit le titre de chevalier.
Mevanwi - Dans ce cas, mère, le problème est résolu.
Merlin - Nan mais c'est pas possible, il est déjà fiancé. Enfin, c'est compliqué... croyez-moi, c'est pas possible.
Mevanwi - Dommage...
Merlin - Mais c'est pas ça le sujet. Le futur roi de Bretagne souhaite s'entourer de chevaliers...
Femme du vieux duc - Encore ? Chevalier, c'est vraiment le truc à la mode...
Merlin - Il ne les choisira pas en fonction de leur naissance mais de leurs exploits.
Femme du seigneur de Vannes - Comment ça ?
Merlin - Eh bien toute personne... heu... ( Merlin regarde rapidement la paume de sa main où il écrit une anti-sèche ) Toute personne, de la plus humble à la plus noble, qui se sera distinguée par un acte de haute bravoure, pourra siéger au côté du roi de Bretagne en tant que chevalier d'un ordre, heu... dont on n'a pas encore choisi le nom (j'avais pensé à l'ordre de la jarretière, mais il n'a pas aimé, on verra...)
Karadoc ( qui servait un pichet de vin à Merlin ) - Ça veut dire que, même moi, je peux tenter ma chance ?
Mevanwi - Pffff... (mdr, lolol)
Merlin - Oui, si vous réussissez une quête, genre exterminer un fléau, vous pourrez vous assoir à ses côtés comme chevalier de Bretagne.
Karadoc - Alors je rends mon tablier. Plutôt que de nourrir des analphabètes culinaires, je préfère être le chevalier d'un roi compréhensible !
Femme du seigneur de Vannes - Heu, il nous a pas insultées, là ?
Seigneur de Vannes - Vous croyez ? De toute façon il a rendu son tablier, alors on ne va pas le foutre dehors.
Merlin - Il est maintenait pour ainsi dire stagiaire chez le roi Arthur, donc sous sa protection.
Karadoc - Dans ce cas j'en profite pour dire ce que je pense à madame la chieuse de service ( il regarde la femme du seigneur de Vannes ) : vous allez voir ce que le petit marmiton va devenir ! Chevalier du roi, parfaitement ! Et quand je serai assis à ses côtés, je lui demanderai la main de votre fille, et vous n'aurez pas le droit de la lui refuser.
Seigneur de Vannes - C'est vrai : si je le reconnais comme mon suzerain, je devrais me soumettre.
Vieux duc - Mais... si notre jeune ami devient chevalier, il pourra effectivement épouser votre fille... et tout s'arrange ! Non ? ( La femme du seigneur de Vannes le regarde avec fureur et il comprend qu'il vient de dire une belle connerie... )

Noir

Vieux duc - Nan mais j'disais ça, c'était une blague pour mettre de l'ambiance, hein...

FIN.

Épisode 2 : les deux Preux

C'est le soir. Il pleut. Le maître d'arme tire son cheval par la bride et l'emmène vers une grotte. Il n'a pas son look du Livre VI, je l'ai relooké : cheveux longs et moustache longue et pointue. Il porte une plume à son chapeau, et une épée à sa ceinture. Il rentre dans la grotte.

Voix de Lancelot - Qui est là ? C'est occupé !
Maître d'arme - Occupé par qui ?
Voix de Lancelot - Répondez d'abord !
Maître d'arme - Mon rang m'autorise à exiger prompte réponse !
Voix de Lancelot - J'ai posé la question avant vous !
Maître d'arme - Ça compte pas !

Lancelot sort de l'obscurité et dévisage le maître d'arme.

Lancelot - Je m'appelle Lancelot du Lac. Je suis un homme de haute noblesse, en quête d'aventure. Et vous ? Vous êtes chevalier ?
Maître d'arme - Hé non... En fait, je bluffais, je ne suis pas noble. Mais j'ai réalisé maints exploits et faits d'arme et je suis expert en techniques de combat. On m'appelle ( il réfléchit )... le Cavalier Courage.
Lancelot - Dans ce cas, je vous considère comme mon égal. Venez partager mon repas. C'est de la viande d'ours. La bête habitait la grotte mais je lui ai fait son affaire.
Maître d'arme - Vous êtes très urbain mais je dois, hélas, refuser votre aimable invitation, ayant déjà mangé ce matin.

Transition - un peu plus tard...

Maître d'arme - Et que pensez-vous de ce mystérieux homme à la barbe noire ?
Lancelot - Merlin ? Il paraît que c'est un magicien très puissant. Il serait le fils d'un démon et d'une pucelle. À ce qu'on dit.
Maître d'arme - Vous y croyez ?
Lancelot - Oui ! Je respecte la magie et je crains sa puissance.
Maître d'arme - Et quelle quête avez-vous choisie ?
Lancelot - Je ne sais pas encore. Je veux accomplir quelque chose de grand, afin de prouver au fils de Pendragon ma valeur et ainsi faire partie de l'élite de ses chevaliers.
Maître d'arme - Vous avez de l'ambition !
Lancelot - Et vous ? Même si vous n'êtes pas d'extraction bourgeoise, vous pouvez accéder à la condition de chevalier, si j'ai compris ce qu'a dit Merlin.
Maître d'arme - Tout à fait, et c'est pourquoi je me suis lancé dans cette aventure. Mais comme vous, je n'ai pas trouvé d'exploit à réaliser.
Lancelot - J'aimerais trouver un dragon, mais ils sont rares par les temps qui courent.
Maître d'arme - Un dragon ? Vous n'avez pas peur de son souffle ?
Lancelot - Je n'ai peur de rien !

Transition - Le Soleil se lève. Il fait beau. Le maître d'arme fait une petite gymnastique matinale. Son épée est posée contre un rocher.

Lancelot - Ah, je vois que vous êtes matinal !
Maître d'arme - Toujours : je me lève aux aurores depuis que j'ai perdu ma première dent de lait. C'est le secret de ma forme.
Lancelot - Dites-moi, je vois que vous possédez une belle lame hispanique. Puis-je la regarder de près ?
Maître d'arme - Faites donc !
Lancelot - La garde est courte. C'est pour une meilleure efficacité dans les mouvements tournants, n'est-ce pas ?
Maître d'arme - Évidemment. L'astuce m'a été enseignée par un vieux soldat gaulois.
Lancelot - Et le tranchant est particulièrement aiguisé. On voit que vous savez l'entretenir. Je n'aimerais pas être à la place de vos ennemis ! ( rires )
Maître d'arme - C'est drôle mais... j'ai eu le loisir d'inspecter votre épée, moin aussi, pendant que vous dormiez.
Lancelot - Et alors ?
Maître d'arme - Le fer est grec, n'est-ce pas ?
Lancelot - Oui, c'est une épée qui m'a été léguée par mon père, et il l'avait obtenue là-bas.
Maître d'arme - Vous avez choisi une garde longue, c'est pour combattre à deux mains, je suppose ? D'ailleurs vous n'avez pas de bouclier. Seriez-vous un adepte des techniques romaines ?
Lancelot - En effet.
Maître d'arme - Tiens donc, c'est rare en Bretagne.
Lancelot - Les Romains ont beaucoup à nous apprendre.
Maître d'arme - J'ai fait un stage chez eux, dans ma jeunesse. Mais je n'aime pas leurs théories sur la tactique appliquée. Ils sont trop dogmatiques.
Lancelot - Ils sous-estiment l'usage du cheval.
Maître d'arme - Oui, c'est le moins qu'on puisse dire !
Lancelot - Mais ils savent manier l'épée.
Maître d'arme - Leur connaissances sont quand même très empiriques.
Lancelot - Il faut mélanger leurs techniques avec celles des experts celtes, bien entendu.
Maître d'arme - Oui, comme pour la botte du Deux-en-trois.
Lancelot - Exactement : le Deux-en-trois à la romaine, c'est bateau, mais si on y ajoute un pas chassé synchronisé...
Maître d'arme - ...on obtient un Doublé-Inversé d'Esquive, bien plus subtil.
Lancelot ( qui va chercher son cheval ) - Bon, on ne va pas parler boutique toute la journée... Est-ce que vous accepteriez de faire un petit bout de chemin avec moi ?
Maître d'arme - Et si nous faisions équipe ?
Lancelot - Je préfère accomplir ma quête seul. Mais en attendant de trouver quel exploit nous allons réaliser, faisons route ensemble !
Maître d'arme - Ah, je me réjouis d'avoir rencontré un homme tel que vous.
Lancelot - Lorsque nous serons chevaliers à la cour du fils de Pendragon, nous ferons probablement souvent équipe.
Maître d'arme - C'est évident !

Transition - Le soir. Lancelot et le maître d'arme descendent de cheval et installent un campement.

Maître d'arme - Vous ne voulez pas chevaucher encore une petite heure, il y a un village juste devant ?
Lancelot - Je préfère camper à l'écart des gens. Mais si ça ne vous convient pas...
Maître d'arme - Au contraire ! Dormir sous les étoiles et manger quelques baies sauvages, c'est une vie qui me convient mieux que vivre entre quatre murs.
Lancelot - Nous avons beaucoup de points communs !
Maître d'arme - Il nous reste une bonne heure avant la tombée de la nuit et... il me vient une idée : que diriez-vous si nous combattions l'un contre l'autre ?
Lancelot - Bonne idée ! Le perdant aura un gage, heu... il devra chercher le bois pour le feu.
Maître d'arme - Duel selon les règles galloises ?
Lancelot - Comme vous voulez. ( Il sort son épée .)
Maître d'arme - Alors je suis prêt. En garde, Lancelot duschnock !
Lancelot - Hein ?

Lancelot est surpris, du coup le maître d'arme en profite pour cogner son épée et la faire tomber.

Maître d'arme - Alors, Lancelot dugenou, pas foutu de contrer une attaque de rien du tout ?
Lancelot - Si, si, mais...
Maître d'arme - Allez, petite pédale, essayez de me frapper !
Lancelot - Mais vous êtes marteau ?
Maître d'arme - Ha, ha, le petit Lancelot n'est donc qu'un puceau qui pisse dans son froc !

Lancelot s'énerve et frappe lourdement le maître d'arme, qui esquive facilement.

Maître d'arme - Alors, la pupute, c'est ça qu'on appelle frapper ?

Lancelot refrappe en vain.

Maître d'arme - Hé, le damoiseau, c'est une chevalier que le roi cherche, pas un mignon qui se tripote le zizi !
Lancelot - Vous êtes complètement malade !
Maître d'arme - Alors, petite bite, on sait pas se servir d'une épée ?
Lancelot - Ça suffit ! Je ne sais pas ce qui vous arrive mais sachez que je suis outré par vos ma... Hé ! Ça fait mal !
Maître d'arme - Oh, j'ai fait mal à la petite pucelle, je suis désolé ! Et toc !
Lancelot - Aïeeuuuh !
Maître d'arme - Alors, ma mignonne, on a peur du sang, on demande grâce ?

Cette fois, Lancelot est terriblement énervé et le duel ressemble à un vrai duel à mort. Finalement, Lancelot finit par faire valser l'épée du maître d'arme.

Maître d'arme - Wahou ! Ça, c'était un combat !
Lancelot - Nous n'avons plus rien à nous dire. Au-revoir.

Lancelot monte sur son cheval et s'éloigne en maugréant.

Lancelot - Vous êtes complètement fou !
Maître d'arme - Hé, qu'est-ce qui vous arrive ? Seigneur Lancelot ! Ah, ça, je ne comprends pas, quelle mouche vous a piqué ?
Lancelot - Vous savez très bien pourquoi je m'en vais. Adieu !
Maître d'arme - Vous croyez que je vous ai laissé gagner ?

Le maître d'arme reste seul.

Noir

Voix de Lancelot, au loin ( criant fort pour que le maître d'arme l'entende ) - Un type qui ne mange que des graines, j'aurais dû me méfier !

FIN

Épisode 3 : Frère Blaise

La scène se passe à l'intérieur d'un palais austère. Il y a un trône avec, assis, un vieillard plus ou moins sénile : le pape. Le père Blaise est à genoux devant lui (avec son look du Livre VI). Un homme au visage sévère, le père Fuetar, est debout à côté du trône du pape.

Père Fuetar - Ecce homo.
Pape - Hein ?
Père Fuetar - Voici l'homme.
Pape ( bas ) - Père Fuetar, vous savez bien que le latin littéraire, ce n'est pas notre truc. Vous voulez que nous passions pour un gros débile ?
Père Fuetar ( bas ) - Excusez-moi votre Sainteté. C'est l'habitude, de par ma fonction de professeur au séminaire...
Pape - Ouais, ça va, et alors ? C'est qui, lui ?
Père Fuetar - Eh bien, l'homme que nous cherchions.
Pape - Lui ? Qu'a-t-il fait ?
Père Fuetar - On l'a retrouvé ivre mort à l'orgie organisée chez les Moretus.
Pape - Qu'est-ce qu'il foutait là-bas ?
Père Fuetar - Vu qu'on l'a trouvé à poil, on se doute que...
Blaise - Votre Sainteté, ce ne sont...
Père Fuetar - Silence, frère Blaise !
Pape - Frère Blaise ?
Père Fuetar - C'est un jeune moine planqué aux archives chez le père Galimar.
Pape - Dites-nous, frère Blaise, que foutiez-vous à cette orgie ?
Blaise - Mais rien, votre Sainteté ! C'est un...
Père Fuetar - Silence ! Il ment, votre Sainteté, c'est évident. C'est un moine défroqué qui ne mérite que l'infâmie d'un exil dans quelque contrée païenne. Voilà pourquoi je l'ai choisi pour cette mission.
Pape - Frère Blaise, à titre de... comment on dit ? ah ouais : de châtiment, nous vous envoyons en exil en Lusitanie afin de convertir les päiens à la vraie Foi. Car tel est notre bon plaisir.
Blaise ( horrifié ) - La Lusitanie ?
Père Fuetar - Eh oui, mon petit père, ça vous apprendra.
Blaise - Mais ce sont des barbares impossible à convertir, c'est perdu d'avance !
Pape - Vous manquez de foi ?
Blaise - La Lusitanie ! Et pourquoi pas la Bretagne ! Votre Sainteté, je préfère la prison.
Père Fuetar - Tiens, oui, la Bretagne, je n'y avais pas pensé.
Pape - La Bretagne ? C'est où ça, père Fuetar ?
Blaise - Nan mais je disais ça comme ça !
Père Fuetar - Silence ! Votre Sainteté, la Bretagne est une île paîenne au-delà de la Gaule.
Pape - Au-delà de la Gaule ? Pffff... Ben mon vieux, le seigneur a créé un monde bien vaste.
Père Fuetar - C'est un pays de dragons et de serpents géants. Ses habitants honorent de faux dieux. On m'a notamment parlé d'un culte de l'ours très puissant...
Pape - Ah ouais, comme contrée merdique, c'est encore mieux que la Lusitanie. C'est bien, père Fuetar, notez-le : le frère Blaise est donc envoyé en mission officielle chez les païens de Bretagne afin de les convertir.
Blaise - Mais c'est un complot ! Une machination !
Père Fuetar - Silence, vil pêcheur !
Pape - J'oublais : car tel est notre bon plaisir. Notez-le, père Fuetar, nous aimons bien cette formule.

Deux gardes emmènent le frère Blaise, livide

Blaise - Père Fuetar, je me vengerai ! Je colporterai des histoires pour salir votre nom !
Père Fuetar - C'est ça, c'est ça !
Pape - Sans rire, dites-nous ce qui s'est passé vraiment. Il a fait quoi ?
Père Fuetar - Lui ?
Pape - Ben oui, lui, pas le petit Jésus !
Père Fuetar - Ah mais rien du tout. Vous m'avez demandé de trouver un pigeon, je vous en trouve un.
Pape - Et il venu tout seul chez les Moretus ? Hé, il faut faire partie du gratin pour rentrer à leurs orgies, nous le savons bien ( clin d'oeil ).
Père Fuetar - Un homme à moi l'a invité à boire. Il a peu trafiqué le vin pour le rendre ivre mort. Ensuite, on l'a amené dans cet état à l'orgie et on l'a un peu déshabillé, pour le scandale.
Pape - Et combien vous avez payé le père Moretus pour qu'il vous laisse monter votre machin.
Père Fuetar - Heu... une certaine somme, en effet. Mais rassurez-vous, elle a été prise sur la caisse publique.
Pape - Nous en sommes fort bien... heu... Comment on dit ?
Père Fuetar - Fort aise ?
Pape - Voilà, fort aise. Et qu'est-ce qu'il va lui arriver en Bretagne ?
Père Fuetar - Ben, la routine : martyre. Ce qui nous permettra d'écrire quelques pages supplémentaires honorant votre sainte action en faveur de la vraie Foi.
Pape - Ouais, la sainte action, tout ça, nous nous en foutons comme de l'an trente-trois. Ce qui est important, c'est de raconter son martyre. Un martyre de plus, ça attire les pécores dans nos églises, surtout si on peut fabriquer une relique, et c'est ça qui rapporte du blé.

Transition - Blaise est plus ou moins debout, appuyé à la rambarde d'un bateau, et vient de finir de vomir. Une silhouette s'approche. C'est Merlin.

Merlin - Alors, ça va pas mieux ?
Blaise - C'est pire...
Merlin - Aïe... Forcément, j'avais pas de clou de girofle sous la main. Quand on met pas exactement les ingrédients qu'y faut, dès fois ça marche pas.
Blaise - Ouais mais là, c'est vraiment pire ! ( il se penche à nouveau et on devine qu'il vomit, même si on ne voit pas )
Voix d'Arturus - Merlin ?
Merlin ( à Blaise ) - Venez, je vais vous présenter à un ami. Vous allez voir, c'est pas n'importe qui, vous n'allez pas regretter le voyage !

Arturus rejoint les deux autres

Arturus - Heu... bonjour, c'est le mal de mer ?
Merlin - Au début oui, mais là je crois que ça vient de moi.
Arturus - Comment ça ?
Merlin - Nan mais c'est pas ma faute, il me manquait les clous de girofle.

Blaise finit par se redresser. Il est clairement mal en point...

Merlin - Alors voilà, je vous fais les présentations. Lui, c'est le frère Blaise, un jeune prêtre qui se rend comme nous en Bretagne. Il m'a parlé d'un projet qui pourrait vous intéresser. Et lui, c'est le roi de Bretagne. Enfin, presque.
Arturus - Ah, eh bien... enchanté. Et c'est quoi ce projet ?
Blaise - Mmmmhhhhh ( il se penche précipitamment pour re-vomir ).

Transition - Un peu plus tard... Arturus, Merlin et Blaise sont assis dans un bateau. Bref, ils discutent, Blaise va mieux.

Merlin - Le frère Blaise a été envoyé par le pape pour convertir la Bretagne à la foi chrétienne.
Arturus - Et ça n'a pas l'air de vous inquiéter plus que ça ?
Merlin - Ben quoi ?
Arturus - Vous n'êtes pas, heu... païen ?
Merlin - Païen ?
Blaise - Si vous êtes pas chrétien, vous êtes païen. Automatiquement.
Merlin ( rêveur ) - Ah ouais ? ( il semble considérer ça comme un titre ou un compliment... )
Arturus - Donc logiquement, le frère Blaise va devoir vous convertir. N'est-ce pas ?
Blaise - Tout à fait.
Merlin - Ah bon ? J'avais pas compris ça, moi.
Arturus - Mais, en quoi la conversion de la Bretagne à la foi chrétienne me concerne ? À part que ça va foutre un gros bordel ?
Merlin - Écoutez, vous allez voir, c'est drôlement fort.
Blaise - Si vous, roi Arturus, vous convertissez à la foi chrétienne...
Arturus - Ah parce que moi aussi ? C'est pas seulement mes sujets ?
Blaise - Justement, non ! Je reprends : si vous, roi Arturus, vous convertissez à la foi chrétienne, ça encouragera votre peuple à se convertir à son tour. Votre seule conversion va faire tache d'huile.
Merlin - Ça, c'est le truc que j'ai pas compris. Mais c'est pas tout, vous allez voir...
Arturus - Ben oui, parce que là je vois pas bien...
Blaise - En vous convertissant, vous vous assurez l'appui du pape.
Arturus - Du quoi ?
Blaise - Eh ben, le pape ! Le représentant de Jésus sur Terre ! Je vous signale que Rome est une terre chrétienne depuis au moins Constantin le Grand !
Arturus - Oh, ça va, parlez-moi sur un autre ton ! Oui, je sais, Rome est une terre chrétienne tout ça, mais vous savez bien que ça n'a pris que chez la noblesse.
Blaise - Eh ben, vous êtes roi, vous êtes noble !
Merlin - C'est plus compliqué...
Arturus - Attendez... Je me convertis à la foi chrétienne, d'accord, et en retour j'ai l'appui du pape. Bien, et j'y gagne quoi ?
Blaise - Le pape est la plus haute autorité de l'Occident. Vous savez bien que l'empereur ne compte plus.
Arturus - C'est vrai, c'est vrai...
Blaise - De plus en plus de rois, mêmes barbares, se convertissent à la vraie Foi. Dans quelques siècles, tout l'Occident sera chrétien, bientôt le monde entier. En vous convertissant, vous entrez dans la légende.
Merlin - Voilà : c'est fort, hein ? La légende ! Moi, j'y aurais jamais pensé.
Arturus - Mouais... si à l'avenir tout le monde est chrétien...
Blaise - Vous laisserez dans l'histoire le souvenir d'un roi qui fut le précurseur de la vraie Foi.
Arturus - Pourquoi pas, c'est tentant...
Blaise - "Tentant" ? Je ne suis pas en train de vous vendre un cheval ou un esclave, je suis en train de vous aider à devenir l'un des plus grands rois de l'Occident.
Arturus - Ben oui, mais moi, je ne vois toujours pas la raison qui va me convaincre.
Merlin - Ça ne vous fait pas rêver, l'idée d'appartenir à la légende ?
Arturus - Si, si... Mais par exemple, pour mes idées de justice, qu'est-ce que la religion chrétienne va apporter ? Si j'en juge par ce qui se passe à Rome, que dalle.
Blaise - Ah, vous voulez parler d'éthique ? Des valeurs du christianisme ? Aaaaah d'accord ! Alors là, ça va vite se faire : Jésus défend les faibles et les opprimés. Les pauvres seront assis à la droite de Dieu. Tous les hommes sont égaux devant le Seigneur.
Arturus ( aux marins ) - Oh, demi-tour ! On rentre à Rome ! ( à Blaise ) Frère Blaise, il me faut un entretien avec le pape.

Nous sommes de nouveau dans le palais du pape. Arturus est en tenue de dux bellorum et il est accompagné de Blaise et Merlin.

Pape - Qui c'est, çui là ?
Blaise - Votre Sainteté, c'est le futur roi de Bretagne.
Pape - Ah bon ? Alors pourquoi l'avons-nous rencontré il y a six mois à l'orgie de dame Aconia ?
Père Fuetar - Bonne question, votre Sainteté. Alors, frère Blaise ?
Merlin - Nan mais c'est inutile de se disputer, c'est...
Père Fuetar - Toi, le païen, tu la boucles !
Arturus - Dehors.
Père Fuetar - Comment ?
Arturus - Vous, dehors. Je suis Arturus, dux bellorum de Bretagne au nom de l'empereur, qui est un ami personnel, et je suis également fils d'Uther Pendragon et, à ce titre, roi de Logres et de toute la Bretagne - y compris continentale. Donc vous, le sous-fifre, dehors.
Pape ( à Fuetar ) - Nous vous donnons votre vacance... votre congé... Bref, faites ce qu'il vous dit. Car tel est son bon plaisir.

Le père Fuetar s'éclipse de mauvaise grâce, Blaise lui tire la langue.

Pape - Bien. Heu... et que nous vaut l'honneur de cette visite ?
Arturus - Le père Blaise, ici présent...
Pape - Père Blaise ?
Arturus - Oui, compte tenu de son rôle essentiel dans la conversion de toute la Bretagne - y compris continentale - il est évident que vous le nommerez chef de l'église chrétienne de Bretagne. Donc, le père Blaise, ici présent, m'a entretenu de votre projet de convertir la Bretagne à la foi chrétienne grâce à ma conversion personnelle, me valant en retour l'appui de l'Église.
Pape - Pfffou... nous n'avons rien compris.
Blaise - Votre Sainteté, si le roi Arturus se convertit, c'est tout ses sujets qui vont se convertir.
Merlin - C'est comme une tache d'encre. D'huile.
Pape - Vous voulez dire que... que vous avez réussi votre mission ?
Arturus - Ce n'est pas encore fait, mais j'accepte de me convertir.
Pape - Fouyouyouye... Nous sommes baba ! Mais alors, qu'est-ce que vous attendez de nous ?
Arturus - Premièrement, vous devez me baptiser.
Pape - Ah ouais ! Ça, nous savons encore faire. Ensuite ?
Arturus - Deuxièmement, le père Blaise m'a parlé d'une coutume typiquement chrétienne : les rois chrétiens portent une, heu... couronne. J'ai besoin de cet objet afin que le père Blaise puisse me couronner dans les règles dès que je serai prêt.
Pape - Mouais, nous pouvons vous trouver ça.
Blaise - J'avais pensé aussi à une sainte ampoule, j'ai lu ça je ne sais plus où...
Arturus - Nan mais on ne va pas compliquer... Troisièmement, il nous faut un recueil des lois chrétiennes.
Pape - Ah bon ? Pour quoi faire ?
Arturus - Mais... je compte gouverner en suivant les préceptes de Jésus !
Pape - Ah ? C'est original... Nous voulons bien vous aider, mais nous vous mettons en garde : la religion, c'est comme la branlette, faut pas en abuser. Père Blaise, vous emmènerez le dux bellorum visiter nos archives, puis vous copierez les rouleaux qui lui seront nécessaires.
Arturus - Merci votre Sainteté.

Plus tard... Les autres sont partis, le père Fuetar est revenu

Pape - Un fou ! Il veut appliquer les préceptes de Jésus pour en faire des lois.
Père Fuetar - Quoi, les histoires des humbles qui seront secourus par les puissants et tout ça ?
Pape - Nous ne savons pas exactement, Père Fuetar, mais ça craint...
Père Fuetar - Mais c'est pas fait pour ça ! Et pour le coup du martyr, alors ?
Pape - Ben, à notre avis, va falloir remettre ça à une prochaine fois.
Père Fuetar - Mouais. J'aurais peut-être dû en choisir un autre, de pigeon...

Noir

Père Fuetar - Vous pensez qu'il peut vraiment salir mon nom ?
Pape - Ah ça, quand on s'appelle Père Fuetar, y'a du potentiel...

FIN

(J'ai réfléchi à d'autres épisodes mais je ne vous promets rien.)

Chevalier
Hors ligne

Wow. J'étais un peu sceptique en lisant le début. Y avait beaucoup de personnages inconnus et j'étais un peu largué mais petit à petit, tout s'est emboîté et le résultat est splendide. J'ai particulièrement bien aimé les références aux autres saisons :

Agloval a écrit :

Karadoc - Le chevreuil a une chair plus tendre et délicate que les viandes traditionnellement traitées en ragoût ou en sauce. Cet avantage lui permet donc d'être admirablement bien associé aux parfums spécifiques d'humus de ces champignons. Pour apporter une connotation rustique j'ai choisi de placer la viande dans une marinade cuite pendant 24 h. La viande ne s'imprègne pas de la marinade, ni ne s'attendrit davantage, en revanche le vin se charge en arômes qui donnent à la sauce terminée une saveur très typée. [NdlA : issu du site chefsimon.com]
Femme du duc - C'est pas faux !

Agloval a écrit :

Vieux duc - Mmmhhh, oui, quel délice ! Il est fort en pommes, ce jeune bougre !

Agloval a écrit :

Karadoc (qui passait dans le coin) - Une part de clafoutis ! Le clafoutis, c'est ça (il montre un plat avec un clafoutis pas encore entamé). Dans votre assiette c'est une part. Rien à voir.
Merlin - Ah OK ! Je m'en souviendrai...

Vraiment bien emmenées celles-là.

Sinon, la relation entre le seigneur de Vannes et sa femme me rappelle beaucoup celle entre le duc d'Aquitaine (du Livre V) et sa femme, toujours en train de se pouiller (et le seigneur en mode désamorçage).

Et enfin, ce qui m'a vraiment fait triper c'est ça :

Agloval a écrit :

Mevanwi - Pfff... (lol, ptdr)

Agloval a écrit :

Mevanwi - Pffff... (mdr, lolol)

Complètement débile donc complètement bien. :D

Chevalier Feuletonniste
En ligne

Merci pour tes commentaires ! Je ne sais pas tu as vu, mais pendant que tu lisais, j'ai ajouté deux autres épisodes (ils sont moins drôles, mais j'en ai besoin pour la suite).

Sinon, la relation entre le seigneur de Vannes et sa femme me rappelle beaucoup celle entre le duc d'Aquitaine (du Livre V) et sa femme

Dans mon esprit :
- la femme du seigneur de Vannes est autoritaire ;
- Mevanwi profite de l'autorité de sa mère pour se la jouer (« bien dit, mère ») ;
- le seigneur de Vannes est effectivement assez proche du duc d'Aquitaine (A. Chabat) ;
- le vieux duc d'Aquitaine aussi vu que c'est le père de celui qu'on connaît ==> du coup le seigneur de Vannes et le vieux duc s'entendent très bien et se font des politesses qui exaspèrent la mère de Mevanwi.

J'espère que c'était clair dans l'épisode...

Sinon, pour les petites allusions aux précédentes saisons, il en reste... (de mémoire, au moins une).

Chevalier Feuletonniste
En ligne

Je voulais absolument tout finir pour avant ce soir, histoire de ne pas être influencé. Donc voici tout le reste, en bloc. Sauf que c'est incomplet, mais je n'aurais pas le temps. Je préfère tout envoyer d'un coup, comme ça j'en suis débarrassé...

-------------------------------------------------------------

ÉPISODE 4 : LE FLÉAU

À la taverne. Karadoc et Perceval sont à table.

Karadoc - Et vous venez d'où ?
Perceval - Je suis gaulois. De Caerdydd.
Karadoc - Ah... Et vous aussi vous avez rencontré Merlin ?
Perceval - Le barbu ? Ouais ! Et j'ai décidé de partir à l'aventure.
Karadoc - Moi pareil. Et ça va pas trainer !
Perceval - Vous êtes déjà sur le coup ?
Karadoc - Pas encore, mais j'ai défini mes objections.
Perceval - Comment ça ?
Karadoc - Je vais vous expliquer. J'ai fait un petit bout de chemin avec Merlin, et il m'a conseillé de m'attaquer au Dragon des Îles.
Perceval - Pas très original...
Karadoc - C'est exactement ce que je me suis dit. Si on lui court tous après, on va se marcher sur les pieds. Et puis, pour se distinguer de la masse, il faut quelque chose de vraiment utile.
Perceval - C'est pas utile, de tuer un dragon ?
Karadoc - Il vit sur une île où il est le seul habitant, ça dérange franchement pas grand monde.
Perceval - Ah ouais. Le barbu, il m'a plutôt dit de m'attaquer à un fléau. Un fléau, ça veut dire : quelque chose qui gêne les gens. Sauf que du coup, il m'a conseillé le Dragon des Îles.
Karadoc - Oui, mais non, c'est trop commun. Justement, j'ai une meilleure idée. Voilà l'objection : trouver un fléau, mais un vrai, un qui gêne plein de gens, pas comme le dragon qui vit peinard sur son île.
Perceval - Et vous en connaissez, des fléaux ?
Karadoc - Pas besoin, il suffit de demander aux gens, justement.
Perceval - Les gens... les pécores ?
Karadoc - Ne le sous-estimez pas ! Sans les pécores, les rois et les bourgeois, ils meurent de faim. C'est obligé, c'est les pécores qui leur font à bouffer. Je sais de quoi je parle, j'ai travaillé dans le milieu avant de changer de vie.
Perceval - Donc, si les pécores sont emmerdés à cause d'un fléau...
Karadoc - ... au final, ça emmerde le roi.
Perceval - Ça veut dire que si on supprime le fléau...
Karadoc - ... on sauve le royaume !
Perceval - Ah ouais, carrément... Ça m'intéresserait drôlement d'y participer.
Karadoc - On peut faire équipe, à deux on sera encore plus fort.
Perceval - À condition que ce soit transitoire. Bon, et ensuite ?
Karadoc - Les pécores, y'en a plein la salle. Ils sont tous ici ! Y'a qu'à leur demander.

Transition - Karadoc et Perceval sont debout sur une table de la taverne. Une vingtaine de pécores écoutent.

Karadoc - Nous ne sommes pas des mendiants. Nous ne voulons pas d'argent. Nous sommes ici au nom du roi afin de vous débarasser d'un fléau.
Perceval - Ouais, un truc qui vous gêne dans la vie de tous les jours !
Un pécore - Comment ça ? Expliquez-vous ?
Karadoc - Par exemple, le monsieur, là, à qui il manque une jambe. Eh bien sa jambe en moins, ça le gêne dans la vie de tous les jours, c'est un fléau.
L'unijambiste - Et vous allez me faire repousser ma jambe ?
Karadoc - En fait non, c'était un mauvais exemple. Repousser une jambe, c'est un miracle, c'est réservé à la religion.
Perceval - Ouais, faudrait pas qu'on ait des ennuis avec eux. Nous, c'est plutôt les dragons, tout ça... De la bestiole, quoi.
Karadoc - Ou des plantes.
Perceval - Des plantes ?
Karadoc - Ben oui, les plantes aussi sont des êtres vivants, donc on a le droit de les tuer.
Perceval - Voilà : si vous avez une bestiole ou une plante qui vous gêne...
Un pécore - Des milliers de rats qui bouffent nos récoltes, ça compte ?
Karadoc - Très bon exemple ! Une meute de rats, c'est un fléau.
Perceval ( à Karadoc ) - On est équipés, pour les rats ?
Karadoc - Nan mais c'est un exemple, hein !
Guéthenoc - Ben moi j'en ai un, de fléau, un qui pue et qui refoule. Même qu'il est juste à côté de moi !
Roparzh - Ah non, vous allez pas recommencer, sinon vous voyez ma main ? J'ai du mal à la maîtriser mais si je la lâche dans votre gueule...
Guéthenoc - Essayez pour voir... ( on sépare Guéthenoc et Roparzh )
Karadoc - Non, non, vous n'avez pas compris. Le fléau, ça peut pas être un être humain. On ne peut pas tuer un être humain, ce n'est pas cavaliesque.
Perceval ( à Karadoc ) - On fait quoi ? Parce que les rats, c'est chaud...

Pendant ce temps, plusieurs paysans qui parlaient ensemble semblent s'être mis d'accord.

Un pécore - Heu, m'sieur sire, on a un fléau, mais on n'est pas sûr que vous pouvez nous débarrasser de ça.
Karadoc - De quoi s'agit-il ?

Transition - Karadoc et Perceval, qui sont à pieds, entrent dans un village.

Karadoc - Il faut qu'on interroge quelqu'un.
Perceval - Un vieux ! Les vieux, ça sait plein de choses. C'est logique : ça vit plus longtemps.
Karadoc - Vous croyez ?
Perceval - Un vieux de cinquante ans, par exemple, s'il s'était pas arrété de compter depuis la naissance, eh ben il en serait à un milliard cinq cents soixante dix sept millions huit cents quatre vingt mille.
Karadoc - Sauf que souvent, les vieux perdent la mémoire.
Perceval - Aïe, vous avez raison. Comment on peut savoir ?
Karadoc - Il faudrait trouver une question...
Perceval - On lui demande son nom : s'il s'en souvient plus, c'est qu'il perd la mémoire.
Karadoc - Ouais, ça marche !

Transition - Karadoc et Perceval discutent avec un vieux.

Le vieux - J'm'appelle Gabrou, pourquoi ?
Perceval - Mais est-ce que vous vous souvenez de votre nom ?
Le vieux - J'viens de vous le dire !
Karadoc - N'embrouillez pas et répondez à mon collègue.
Le vieux - Ben... Gabrou.
Perceval ( soulagé ) - C'est bon, on va pouvoir avancer.
Karadoc - Est-ce que vous vous souvenez s'il y a eu par ici ( bas )des giboulées ?
Le vieux - Ah ouais, le mois dernier.
Perceval - Où ça exactement ?
Le vieux - Ben, partout. Ça venait de l'ouest.
Karadoc - Hein ?
Perceval - Soyez précis !
Le vieux - De là-bas. Et puis c'est passé ici, et ça a continué par là.
Karadoc - À votre avis, on a tous nos renseignements ?
Perceval - Je sais pas... qu'est-ce qu'il faudrait savoir d'autre...
Karadoc - Dites-nous : est-ce que des chevaliers ont pris en chasse les giboulées ?
Perceval - Ah ouais, bonne question !
Le vieux - Ben non !

Transition - Karadoc et Perceval campent.

Karadoc - Faisons le point.
Perceval - Faire le point de quoi, on sait même pas ce que c'est, ces giboulées ?
Karadoc - Justement, c'est un fléau mystérieux ! Alors si on réussit à en débarrasser la Bretagne, le roi nous devra une fière lampée.
Perceval - Ça, pour être mystérieux...
Karadoc - Le plus important : les chevaliers évitent de s'y frotter.
Perceval - Ouais. Donc on n'aura pas de concurrence.
Karadoc - Ensuite : c'est venu de là, c'est passé au village de tout à l'heure, et c'est parti par l'autre côté.
Perceval - Et apparemment, ça n'a terrorisé personne. Le vieux avait pas l'air d'avoir les jetons.
Karadoc - C'est parce que les gens ne savent pas ce que c'est, alors forcément, ils ne voient pas le danger.
Perceval - Ah ouais, c'est un peu comme les fantômes.
Karadoc - Vous trouvez ? Pourtant les gens ont peur des fantômes, non ?
Perceval - Ah bon ? Pas moi.
Karadoc - Autre indice : ça gêne surtout les paysans, à cause des récoltes, tout ça.
Perceval - Ah ouais, ça c'est important.
Karadoc - Primordial !
Perceval - Donc... les giboulées, c'est des machins qui s'attaquent aux champs.
Karadoc - Fabriquons un piège !

Transition - Karadoc et Perceval sont debouts à côté d'une vache qui est attachée par une corde. Ils sont seuls au milieu d'un champ.

Perceval - Donc, on est d'accord : on reste à l'écart pour ne pas effrayer les giboulées...
Karadoc - ... et dès qu'elle s'attaquent à la vache, on leur tombe dessus.
Perceval - Ouais, mais est-ce qu'il faut crier ?
Karadoc - Seulement au dernier moment. Il ne faut pas qu'elles nous voient arriver.
Perceval - Tremblez, giboulées, Karadoc de Vannes et Provençal le Gaulois vont vous anéantir !
Karadoc - Chuuut... On sait jamais, il y en a peut-être pas loin.

Transition - Karadoc et Perceval marchent ensemble.

Perceval - C'est la dernière fois que je rends service aux pécores.
Karadoc - Nan mais il faut pas trop leur en vouloir, ils ont perdu une vache.
Perceval - Mais c'était pas de notre faute, c'est un loup qui l'a bouffée.
Karadoc - On aurait peut-être dû tuer le loup.
Perceval - Hein ? Un bestiau de cent-dix livres ! Avec des crocs de deux pouces !
Karadoc - On avait nos épées...
Perceval - Nan, c'était même cent-vingt livres ! À vue de naseau, hein.
Karadoc - Ce qui les a mis en rogne, surtout, c'est que dans tout ça on n'a pas réussi à avoir les giboulées.
Perceval - Avec tout le boucan qu'a fait le loup, sûr qu'elles sont parties sans demander leur reste.
Karadoc - Elles pourraient revenir...
Perceval - Regardez ! Devant nous, le barbu !
Karadoc - Merlin !
Perceval - Venez, on va lui demander conseil. Merlin ! On a besoin de renseignements pour une nouvelle quête !

Noir

Karadoc - Ouais, la première elle est peut-être un peu limite pour faire chevalier !

FIN

ÉPISODE 5 : LA VRAIE FOI

Je n'ai pas eu le temps de le rédiger.

Dans cet épisode, le père Blaise débute. Comme son église n'est pas encore construite, il débute à la taverne. Il essaie d'expliquer aux pécores la Vraie Foi. Au passage, il rencontre Perceval et Karadoc qui cherchent toujours un exploit à accomplir. Merlin leur a parlé du dragon des Îles, mais ça manque d'originalité. Le père Blaise leur propose d'éradiquer le culte de l'Ours, une secte de fanatiques dangereux.

Karadoc - Mais, ce culte de l'ours, c'est un fléau ?
Perceval - Ouais, parce que Merlin, il a bien dit "un fléau" !
Père Blaise - Bien entendu que c'est un fléau ! Ce culte pervertit les âmes des brebis égarées et les envoie brûler en enfer.
Karadoc - Et ça gêne, ça ?
Perceval - Parce que attention, il faut que ça gêne, sinon ça compte pas.

Noir

Perceval - Remarquez, un truc qui brûle tout le temps, si on peut pas l'éteindre, à mon avis ça compte.

FIN

ÉPISODE 6 : LE SAUVETAGE

À la cour du roi Loth. Galessin et Loth sont attablés.

Galessin - Sire, je peux vous poser une question ?
Loth ( las ) - Ça dépend de la question.
Galessin - Je voulais savoir s'il serait considéré comme désobligeant que je participe à la quête de Merlin.
Loth - Non. Celle là, vous ne pouvez pas la poser.
Galessin - Comment ça ?
Loth - Vous me demandez si vous pouvez poser une question. Eh bien cette question là, non. Elle est chiante et en plus ma réponse ne changera rien.
Galessin - Ah ?
Loth - Vous voulez participer à la quête machin tout ça, c'est bien ça ?
Galessin - Sauf si vous considérez ça comme désobligeant.
Loth - Ce que je considère comme désobligeant, c'est que vous me cassez les pieds avec une question dont la réponse ne vous intéresse pas.
Galessin - Mais si !
Loth - Écoutez, je vais être clair : faites ce que vous voulez, je m'en fous ! Du moment que vous ne me demandez pas de participer avec vous, hein...
Dagonnet ( on ne l'avait pas vu, il était emmitouflé au coin du feu ) - Sire, est-ce que je peux l'accompagner ?
Loth - Mais oui, allez-y tous les deux, ça vous fera prendre l'air. (Et vous m'en pomperez moins.)
Dagonnet - Ah, merci !
Galessin - Sauf que je comptais partir tout seul.
Loth - Eh ben vous serez tout seul, mais avec Dagonnet.

Transition - Dagonnet et Galessin sont à cheval et traversent un bois.

Dagonnet - Pourquoi vous me faites la tête ?
Galessin - Vous savez très bien pourquoi.
Dagonnet - C'est le roi qui m'a dit de vous accompagner.
Galessin - Parce que vous lui avez demandé.
Dagonnet - Je croyais que ça vous ferait plaisir.
Galessin - Ce qui me ferait plaisir, c'est de ne plus vous entendre !
Dagonnet - Ah ? Vous aimez le silence ? Moi je préfère quand on parle...
Galessin - Vous la bouclez, oui ? Comment voulez-vous qu'on écoute ce qui se passe ? Si des brigands s'approchent, j'aimerais bien le savoir.
Dagonnet - Vous préférez entendre les brigands que m'entendre ? C'est pas très gentil.
Galessin - Chuteuuuhh !

Transition - Lancelot, à cheval, s'approche d'un petit bois. On entend des cris. « Au secours ». C'est une voix de femme. Lancelot met aussitôt son cheval au galop.

Lancelot ( dégaînant son épée et criant ) - J'arrive gente dame ! Lancelot vient vous sauver !

Il saute au-dessus d'une rivière, rentre dans la forêt, et galope vers les cris - qui se sont tus. Il croise trois clodos qui courent en sens opposé, puis stoppe son cheval devant un chariot. Une jeune fille est assise, les mains devant les yeux, et commence à retirer ses mains. Galessin est debout à côté d'elle, son épée à la main. La demoiselle n'est autre qu'Angharad (jeune). Lancelot descend, menaçant.

Lancelot - Halte là ! Si vous touchez un seul cheveux de cette noble damoiselle, je vous expédie dans l'autre monde !
Galessin - Attendez, vous vous trompez...
Lancelot - Éloignez-vous d'elle, sinistre crapule !
Galessin - Hola, il faut vous décoincer, mec. Je suis son sauveur. Les trois brigands qui l'attaquaient, vous avez dû les croiser en arrivant.
Lancelot - Comment ça ?
Galessin - Si vous êtes venu sauver mademoiselle, il fallait être un peu plus rapide.
Lancelot - Mademoiselle, est-il vrai que... ?
Angharad - Ben oui, il est arrivé juste avant vous. Mais c'est gentil de votre part, hein.

Lancelot remet son épée à sa ceinture et semble hésiter

Galessin - Dites, seigneur, heu...
Lancelot - Lancelot. Lancelot du Lac.
Galessin - Seigneur Lancelot. Vous pourriez pas me rendre un service ? Disons que... il y a peut-être des gens qui s'inquiètent pour la demoiselle. Alors là où vous allez, dites-leur que Galessin d'Orcanie l'a sauvée d'une bande de féroces brigands. Vous vous souviendrez ? Galessin d'Orcanie.
Lancelot - Ouais, bon, ça va.

Lancelot monte sur son cheval et repart. Dagonnet surgit. Il porte quelques fleurs.

Galessin ( criant ) - Galessin d'Orcanie !
Dagonnet ( criant ) - Et le seigneur Dagonnet ! ( à Galessin ) Qui c'était ?
Galessin - Mais... d'où vous sortez, vous ? Vous auriez pu m'aider, au moins !
Dagonnet - Oh, ça va, vous aviez pas besoin de moi.
Galessin - J'étais seul contre trois !
Angharad - En même temps, ce jeune homme a raison, il a suffi que vous brandissiez votre épée pour que les trois minables déguerpissent.
Dagonnet - Et puis je croyais que vous vouliez être seul.
Galessin - Quand il faut se battre, vous me laissez seul, mais quand il s'agit de me casser les burnes vous êtes là...
Dagonnet - Vous êtes toujours de mauvaise humeur. Mais faites donc contre mauvaise journée bon coeur. Tiens, moi, j'ai profité du soleil pour cueillir quelques fleurs. Puis-je vous en offrif, mademoiselle ?
Angharad - Ah, c'est gentil.
Dagonnet - Je vous les offre avec plaisir.
Angharad - Merci.
Galessin - Mais sinon, il y avait quelqu'un avec vous ? Vous n'étiez pas sans escorte.
Angharad - Le type qui s'est sauvé juste avant votre arrivée, c'est mon cocher. Il faudra aller le chercher.
Galessin - Juste un cocher ? Même pas une petite troupe pour vous protéger ? Vous semblez pourtant être une dame de qualité.
Angharad - Attention, les apparences sont peut-être plus flatteuse que la réalité. Je m'appelle Angharad. Je me rends à Kaamelott où je suis destinée à devenir la première suivante de la reine. Vous voyez, c'est pas rien. Mais... je ne suis pas bourgeoise, j'en conviens.
Galessin - Et merde. On a sauvé une bonniche.
Angharad - Attendez : la première suivante de la reine . Quand même.
Dagonnet - N'empêche, elle est drôlement jolie.
Angharad - Merci de le remarquer.
Galessin - C'est pas la question : sauver une bonniche, c'est pas prestigieux.
Angharad - Je crois que vous avez pas compris : la Première suivante de la Reine .
Dagonnet - Qu'est-ce qu'on fait alors ?
Galessin - Faut trouver mieux.
Dagonnet - Et si on trouve pas mieux ?
Angharad - Mieux ? Je sais pas ce qu'il vous faut. C'est bien simple, au-dessus de moi, il y a plus personne. À part des bourges. Et attention, souvent, les suivantes finissent par épouser des seigneurs du château. Dans quelques années, vous verrez si je suis pas prestigieuse !

Noir

Angharad - Hé, vous allez où ? Ramenez-moi mon cocher, au moins !

FIN

ÉPISODE 7 : LES IDOLÂTRES

Celui-là, je n'ai même pas le plan. Karadoc et Perceval, grâce à leurs délires habituels et un gros coup de chance, démantèlent le culte de l'Ours et en chassent les idôlatres. L'un d'eux est Hervé de Rinel, qui ne savait même pas ce qu'il faisait avec eux. La père Blaise n'a pas vu ce qui s'est passé, mais lorsqu'il apprend que c'est réussi, il les félicite.

ÉPISODE 8 : LANCELOT ET LE DRAGON

Lancelot, épuisé, les vêtements déchirés, sale, ensanglanté, est assis sur un rocher au bord de la mer. Il y a des traces de brûlé un peu partout.

Lancelot - J'en ai marre, je comprends rien. Je zigouille le monstre, et il disparaît en se décomposant...

S'adressant au ciel :

Lancelot - Ça vous fait marrer, les dieux, hein ? J'ai besoin d'apporter une preuve de mes exploits, et à chaque fois vous me l'enlevez ! Le monstre du lac calédonien, je ne l'ai peut-être pas décapité ? Mais comme par hasard une baleine est arrivée et a embarqué la tête. Une baleine dans un lac de Calédonie, vous vous foutez pas de moi ! Et l'égorgeur des monts d'orient ? Je l'arrête, je le livre au seigneur local enchaîné dans une cage, et il s'évade la nuit d'après, et comme par hasard plus personne ne se souvient de ce qui s'est passé. Ben voyons ! Et ça fait trois semaines que ça dure !

Transition - La scène se déroule chez Léodagan. Arturus, Merlin et le père Blaise mangent avec Léodagan et Goustan.

Arturus - Comment ça il n'y a plus de dragon ?
Merlin - C'est comme je vous dis. À ce qu'il paraît - et je tiens mes informations des loups du coin, le Dragon des Îles a disparu.
Léodagan - Eh ben, c'est quoi le problème ?
Merlin - Disons que j'ai envoyé pas mal de jeunes stagiaires...
Lédagan - Jeunes quoi ?
Arturus - C'est comme ça que Merlin appelle tous ceux qui partent à la quête pour devenir chevaliers.
Merlin - J'en ai envoyé pas mal tenter de nous débarrasser du dragon. Ça fait cent-cinquante ans qu'il occupait son île. Et là, d'un coup, pffut : disparu !
Arturus - Et c'est normal ? C'est pas un coup fourré ?
Merlin - Nan nan, pas d'inquiétude. Vous savez, les dragons, c'est toujours comme ça : ça arrive d'on ne sait où, et au bout d'un certain temps ça y repart. Mais là, pas de bol, avec tous les stagiaires... enfin, les... les aventuriers qui sont partis à sa recherche. Ça va faire perdre du temps.
Léodagan - Moi, je serais aventurier, je n'oserais pas me mesurer à une telle bête...
Goustan - Vous avez les miquettes ?
Léodagan - Parce que vous, vous avez déjà tué du dragon ?
Merlin - Et puis attention, hein, le Dragon des Îles, c'était le plus grand de cette moitié du monde.
Arturus - Bon, ben les jeunes aventuriers trouveront autre chose.
Léodagan - Sinon tant pis, vous vous contenterez de nous. D'ailleurs je ne comprends vraiment pas votre idée de demander aux glandus de Bretagne de partir en quête.
Goustan - De mon temps, les glandus, on les foutait en tôle. Mais vous, les jeunes, vous allez en faire des héros. Quelle misère !
Arturus - Et sinon, il y a quoi ?
Merlin - On a trois chevaliers qui ont démantelé le culte de l'Ours.
Père Blaise - Je les ai rencontrés l'autre jour. Des jeunes très bien. C'est moi qui leur avait proposé cette mission. ( sourire de fierté )
Arturus - Ah, donc ça marche, pas besoin du dragon. Comment se nomment-ils ?
Père Blaise - Karadoc de Vannes, Hervé de Rinel, et le troisième, j'ai pas compris.
Merlin - On a aussi un jeune seigneur de Bretagne continentale, il a nettoyé toute la Bretagne de ses brigands.
Léodagan - Hein ?
Merlin - Oui, il n'y a plus de brigands en Bretagne. Enfin, pour le moment, après tout, ça peut revenir.
Léodagan - Ah, j'ai eu peur. Avec tout le matos que je me suis commandé pour les torturer...
Arturus - Il s'appelle comment, ce jeune seigneur ?
Merlin - Bohort de Gaunes. Son père était déjà au service du votre.
Arturus - Ah, bien...
Merlin - On a aussi un Cavalier Courage, une sorte de justicier qui a chassé tous les brigands du sud de la Bretagne.
Arturus - Je croyais qu'il n'en restait plus ?
Merlin - Tiens, oui, c'est vrai...
Goustan - Les brigands, c'est comme les mauvaises herbes, ça repousse toujours.
Léodagan - Moi, les mauvaises herbes, je les brûle.
Goustan - Pareil. J'veux dire, pour les brigands.
Merlin - Ah, j'en ai deux autres, tiens... encore avec des brigands.
Arturus - Et ils ont fait quoi, eux aussi ont nettoyé la Bretagne de ses brigands ?
Merlin - Ils ont sauvé une noble dame qui avait été capturée par toute une bande de brigands.
Arturus - Eh bien ça prend forme ! Père Blaise, vous les inviterez tous au couronnement.

Transition - Arturus est installé sous une grande tente, assis. Excalibur est plantée par terre, bien en évidence. (D'ailleurs la caméra commence par un gros plan sur Excalibur avant d'élargir sur la tente.) Merlin entre, suivi de Lancelot.

Merlin - Encore un jeune aventurier...
Arturus - Faites-le entrer.
Lancelot - Sire, je suis le seigneur Lancelot du Lac, je viens me ranger à vos côtés.
Arturus - Avez-vous accompli une quête ?
Lancelot - Oui, mais...
Arturus - Mais quoi ?
Lancelot - Je n'ai pas réuni de preuves.
Merlin - Ah ben oui mais ça va pas ! Je vous ai pourtant bien dit : il faut pouvoir prouver que vous avez réussi. Sinon ça compte pas.
Arturus - Dites toujours.
Lancelot - J'ai tué le Dragon des Îles.
Merlin - Ah ah ! Il va falloir trouver autre chose, mon petit bonhomme : le Dragon des Îles, il est parti la semaine dernière.
Lancelot - Mais justement ! C'est moi qui l'ai tué !
Arturus - Et vous n'avez pas emporté sa dépouille, ou une partie ?
Lancelot - Elle s'est décomposée !
Merlin - Impossible. Un dragon ne se décompose pas.
Lancelot - Mais puisque je vous dis la vérité !
Arturus - Merlin, vous êtes sûr que c'est impossible ?
Merlin - Les seuls dragons qui se décomposent, ce sont les Grands-Dragons. Pour vous dire : ça fait dix mille ans qu'on n'en a pas vus. Ils viennent du plan démonique. Les dieux m'auraient prévenu, vous pensez ! Un Grand-Dragon, j'aurais pas conseillé un truc pareil aux petits jeunes stagiaires...
Lancelot - Alors j'ai fait quoi, à votre avis ? Et puis, si j'avais inventé tout ça, comment j'aurais pu savoir que les dragons peuvent se décomposer, hein ?
Arturus - Il n'a pas tort...
Lancelot - Merci, Sire.
Arturus - Mais... il va falloir enquêter.
Voix du maître d'arme - Puis-je entrer, Sire ?
Lancelot - Oh non...
Arturus - Ah, Cavalier Courage, venez !
Maître d'arme - Sire, je vous présente mes plus humbles hommages. Ainsi qu'à vous, Enchanteur de Bretagne. Ami Lancelot, nous sommes donc toujours fâchés ?
Lancelot - Sire, excusez-moi, je ne supporterai pas une d'être une deuxième fois insulté...

Lancelot quitte la tente.

Arturus - Vous le connaissez ? Qu'est-ce qu'il lui prend ?
Maître d'arme - Je ne sais pas trop... Nous avions sympathisé, et nous nous sommes battus en duel - pour rire, mais c'était un duel assez engagé je dois dire. Eh bien il a cru que j'ai fait exprès de perdre ! C'est un homme très susceptible mais très valeureux.
Merlin - Il paraît que les grands chevaliers sont souvent comme ça...
Arturus - Ah ? Mais sinon, vous vouliez me dire quoi ?
Maître d'arme - Que j'ai réfléchi. Sire, je ne suis pas fait pour être chevalier. Je ne suis pas d'extraction bourgeoise.
Arturus - Ça n'a aucune importance. Ce qui compte, c'est votre valeur.
Maître d'arme - Mais c'est trop de responsabilités. Il paraît qu'il faudra vous aider au gouvernement, tout ça... Moi, je sais faire une chose : combattre. Je connais la théorie et la pratique, et je ne connais qu'un seul homme capable de me vaincre. C'est ça, mon rayon. Mais s'il faut vous aider à faire tourner le royaume, je préfère donner ma démission. Attention : je souhaite vous être fidèle jusqu'à la fin de mes jours. Mais comme combattant, pas dans un bureau. Voilà, c'est dit, merci, au-revoir.
Arturus - Attendez, qui est-ce, le seul homme capable de vous vaincre ?
Maître d'arme - Mais... celui qui vient de sortir, là.
Arturus - Lancelot ?
Maître d'arme - Voilà. Mais comme il ne veut plus me voir...
Arturus - Ça vous dirait, un poste de maître d'arme ?
Maître d'arme - De quoi ?
Arturus - Votre rôle serait d'enseigner les techniques de combat aux jeunes chevaliers, et bien sûr à moi-même. Et puis de temps en temps, vous pourriez participer aux batailles si ça vous chante.
Maître d'arme - Mais je serais dispensé du gouvernement ?
Arturus - Voilà.
Maître d'arme - Parce que moi, je veux bien rendre service, mais en fonction de mes compétences.
Arturus - Très bien, c'est réglé. Merlin, allez chercher Lancelot. Vous, restez.

Transition - un peu plus tard...

Arturus - Seigneur Lancelot, le Cavalier Courage vous cède sa place.
Lancelot - Me cède sa... ?
Arturus - Il estime que vous êtes plus digne que lui d'être chevalier. C'est bien ça ?
Maître d'arme - Je confirme. En plus, pour ce qui est du gouv...
Arturus - C'est bon, c'est bon ! Vous ferez donc partie de l'équipe.
Lancelot - Alors vous me croyez ?
Arturus - Pour le dragon ? Heu... oui. Oui, ça tient debout. Je crois surtout que vous êtes un chevalier humble. Vous avez tué ce dragon non pas pour votre gloire personnelle, mais par désintéressement. C'est pour ça que vous n'avez pas pensé à ramener une preuve. Ce sont des chevaliers comme vous qu'il me faut.
Maître d'arme - Et au combat, c'est une pointure. Dès qu'on le titille un peu...
Merlin - Comment ça ?
Maître d'arme - Vous allez voir.

Transition - un peu plus tard...

Merlin - Vous croyez qu'il a vraiment tué le dragon ?
Arturus - Il était sincère, j'en mettrais ma main au feu.
Merlin - En tout cas, c'est dommage que vous ayez accepté la démission du Cavalier Courage.
Arturus - Ah, pourquoi ?
Merlin - Ils avaient l'air de bien s'entendre tous les deux.
Arturus - Vous plaisantez, ils ont failli se tuer !
Merlin - Nan mais en Bretagne, ce genre de petit duel pour rire, c'est une marque d'amitié virile.

Noir

Arturus - C'est viril de se traiter de petite pucelle ?

FIN

ÉPISODE 9 : LE ROI ARTHUR

Léodagan et Calogrenant accompagnent Arturus, tous très bien habillés, et le mènent à une grande construction en bois : une sorte de maison à plusieurs étages entourée d'une palissade. Une croix en bois a été plantée devant l'une des portes d'entrée.

Arturus - Mais... qu'est-ce que c'est que ça ? Vous ne m'aviez pas parlé d'un château ?
Léodagan - Oh, ça va... Je sais bien qu'en Gaule vous avez dû voir des monuments romains, mais chez nous, on fait tout en bois.
Arturus - Bon, bon... N'empêche, tout ce bois, ça doit vite brûler, non ?
Léodagan - Ben oui, forcément. Mais c'est pas grave, on reconstruit, on a plein de forêts autour !
Calogreant - En Calédonie, ça commence à manquer, les forêts, alors que de la pierraille, on n'a que ça partout. Du coup, quelques constructions en pierre, je ne serais pas contre.
Arturus - Ah !
Léodagan - Ouais, mais ici on n'est pas en Calédonie, on n'a pas de montagnes. De toute façon, où est le problème ? Mieux : c'est un avatange.
Arturus - Un avantage ?
Léodagan - Ben oui : un bâtiment qui crame, c'est joli, surtout la nuit. Je dirais même : c'est festif. Comme un bûcher. Et ensuite, on reconstruit, on rénove. Par exemple, la ville que vous avez traversée en venant...
Arturus - Une ville ? Où ça ?
Léodagan - Londinium !
Arturus - Ah, la petite bourgade avec la cinquantaine de maisons serrées à l'intérieur d'une palissade à peine plus grosse que..., OK, une ville. Et ?
Léodagan - Eh ben, pas plus tard qu'il y a cinq ans, tout a cramé. Du coup, ils ont tout reconstruit, mais en plus spacieux.
Arturus - Spacieux ?
Léodagan - Ouais, avec des rues plus larges, des places, etc. pour des question de sécurité.
Arturus - Vous voulez dire qu'avant, les rues étaient encore plus étroites ?
Calogreant - Ça fait déjà cinq ans, Londinium ?
Léodagan - Ben oui, c'était l'année où on était tous en guerre contre Ketchatar, vous vous souvenez ?
Calogreant - Nan mais je disais ça : cinq ans, c'est une belle moyenne. À mon avis, faudra pas s'étonner si ça re-crame bientôt.
Léodagan - Sauf si le... mon beau-fils nous met de la pierre.
Arturus - Je commencerais bien par ce... château, tiens. Vous l'appelez comment ?
Léodagan - Kaamelott.
Arturus ( rêveur ) - N'empêche, il est bien situé

Arturus rentre. À l'intérieur il y a une grande salle et une centaine de personnes dont, au premier rang, les futurs chevaliers et Merlin. Un télespectateur attentif notera que Loth est absent. Le père Blaise est debout devant une table en bois sur laquelle est posée une nappe blanche. Tout le monde se lève à l'entrée d'Arturus, qui se signe d'abord. Calogrenant s'assoit au premier rang, Léodagan rejoint sa femme et, après quelques palabres, part dans une pièce au fond.

La suite de la scène est sans parole. Sur fond de musique liturgique (la musique du film), des images plus ou moins fixes au bord flouté se juxtaposent. (C'est pour ne pas rentrer dans les détails.)
- On voit Léodagan revenir de la pièce du fond en tenant à la main une Guenièvre étonnée et ravie, vêtue d'une robe blanche.
- Une autre image montre le père Blaise préchant devant le public.
- Puis Arturus et Guenièvre échangent les bagues, devant Merlin et Séli qui servent de témoins.
- Image suivante : le père Blaise leur pose une question et ils répondent (sans doute oui).
- Ensuite : Arturus embrasse Guenièvre sur les lèvres. Guenièvre se débat et semble fâchée. Léodagan et Séli sont choqués.

Ensuite la musique change et devient plus martiale (il existe une musique de Haydn qui irait bien, je ne sais plus son titre, genre "messe du couronnement"). Les images plus ou moins fixes continuent à se succéder :

- Arturus s'agenouille devant le père Blaise qui pose un diadème sur sa tête.
- Arturus se signe et reste à genoux.
- Le roi Arthur se lève au moment où la musique est la plus martiale. Tout le monde se lève.
- La foule acclame le nouveau roi.

Puis la musique cesse et un écran noir relativement long s'installe. Nouvelle scène : nous sommes toujours dans la même salle, mais il n'y a plus que les chevaliers assis dans la salle. Le roi Arthur entre dans la salle et se place debout devant l'autel. Tout le monde se lève.

Roi Arthur - Asseyez-vous. Je suis venu vous accueillir et vous expliquer les grandes lignes de votre mission.
Léodagan ( à Calogrenant ) - Il commence bizarrement, son petit discours.
Calogreant - Chuuut...
Roi Arthur - Tout d'abord, je voudrais vous féliciter. Vous avez accompli des exploits remarquables, dignes d'être chantés pour plusieurs siècles. C'est pour cette raison seule que vous êtes admis à siéger à mes côtés. Comme vous l'avait expliqué Merlin l'Enchanteur, je souhaite que la valeur individuelle prime sur la naissance.
Perceval ( à Karadoc ) - J'ai rien compris mais c'est classe !
Karadoc - Chuuut...
Roi Arthur - Vous êtes désormais les membres d'un ordre de chevalerie - dont on n'a pas encore trouvé de nom mais ça viendra - qui se distingue pour trois raisons. Premièrement, comme je l'ai dit, par le fait que ses membres sont des hommes de valeur issus de toutes les couches sociales. De même, vous venez de toute la Bretagne - y compris continentale. Notre ordre est ouvert à tous les Bretons de coeur, de courage et de droiture.
Perceval - Plus c'est classe, moins je comprends.
Roi Arthur - Deuxièmement, vous représentez un idéal chevaleresque. Ça signifie que vous devrez en permanence vous conformer à cet idéal. Même dans votre vie privée. En effet, le monde entier vous regardera. Soyez dignes de votre destinée. Soyez des chevaliers sans tache.

Karadoc, qui mangeait un beignet, s'interrompt et s'essuie discrètement la chemise.

Perceval - Vous comprenez ?
Karadoc - Je crois qu'il veut qu'on se tienne bien à table, pas manger la bouche pleine, pas les coudes sur la table, pas les doigts dans le nez, tout ça.
Roi Arthur - Quel est cet idéal chevaleresque ?
Léodagan ( à Calogrenant ) - Mais qu'est-ce qu'on s'en fout !
Calogreant - Chez moi, les discours, c'est pas compliqué : on dit que les voisins nous ont traités de petites pédales, que demain matin on va se venger, et on finit par tous secouer nos armes en hurlant.
Léodagan - Pareil.
Roi Arthur - Les chevaliers de notre ordre n'agissent jamais pour eux, mais dans l'intérêt des plus démunis. Comme le Christ, vous vous appropierez une part de leurs souffrances pour mieux les en soulager. Ainsi, vous ne lutterez pas par routine ou par zèle ; vous lutterez contre les cause d'une souffrance partagée. Ce pour quoi vous serez incorruptibles.
Karadoc ( qui mange toujours son beignet ) - 'est 'haud.
Perceval - Hein ?
Karadoc - C'est chaud.
Perceval - Méga-chaud. Sur cinquante-huit mots, il y en a trente-six que je ne connais pas...
Roi Arthur - Pour résumer, vous ne devrez jamais douter de la nécessité de vous trouvez du côté des opprimés.
Léodagan ( à Calogrenant ) - C'est marrant, j'ai une phrase un peu comme ça...

Lancelot lève la main

Roi Arthur - Seigneur Lancelot ?
Lancelot - Y aura-t-il une hiérarchie dans notre ordre ?
Roi Arthur - C'est une excellente question et je vous remercie de l'avoir posée. Non, il n'y aura aucune hiérarchie. Vous serez tous égaux les uns envers les autres. Et tous solidaires. Vous ferez souvent équipe ensemble, et les équipes changeront. Moi, votre roi, je suis également chevalier, et en tant que chevalier je ne serai pas votre supérieur. Nous formerons une équipe soudée engagée dans un but commun. Ce sera notre grandeur.
Léodagan ( à Calogrenant ) - Où est-ce qu'il a trouvé des idées pareilles ce gamin ?
Calogreant - Je sais pas, j'écoute plus. Vous me direz quand il faudra sauter en l'air en secouant les armes, hein ?
Roi Arthur - Troisièmement, nous formons un ordre de chevalerie chrétien. Nous sommes au service de Dieu. C'est pourquoi je vous demanderai de vous baptiser dans le courant de l'année. Ça ne presse pas, de toute façon il vous faudra d'abord recevoir un enseignement de la part du père Blaise. Mais souvenez-vous : le baptême fait partie de vos devoirs. Il est de votre responsabilité de vous entretenir régulièrement avec le père Blaise à ce sujet.
Léodagan ( à Calogrenant ) - Je suis pas sûr que c'est le genre de discours qui finit par des hurlements de guerre...
Roi Arthur - Cela étant dit, j'ai à présent deux nouvelles à vous annoncer. Vous serez adoubés la semaine prochaine. Comme la cérémonie se doit d'être solennelle, il n'y aura pas plus de deux adoubements par jour. Je placarderai un parchemin au mur de cette salle indiquant le calendrier des adoubements. Pour information, voici les dates :
   * Lundi prochain : le roi Arthur.
   * Mardi prochain : les seigneurs Calogrenant et Léodagan.
   * Mercredi prochain : les seigneurs Lancelot et Galessin.
   * Jeudi prochain : les seigneurs Bohort et Karadoc.
   * Vendredi prochain : les seigneurs Perceval et Dagonnet.
   * Samedi prochain : le seigneur Hervé.

Perceval ( à Karadoc ) - Vous croyez que ça nous concerne ?
Karadoc - Ben oui, il a dit nos noms.
Perceval - Mais j'ai rien compris. Les dates, ça change tout le temps.
Karadoc - Faites comme moi : demandez à celui qui a la même date que vous. Moi, c'est Bohort, et vous ?
Perceval - Je sais pas, j'ai pas retenu.
Roi Arthur - Et je termine par la nouvelle la plus importante. ( pause solennelle ) Messieurs, j'ai l'honneur de vous annoncer que nous sommes tous conviés à la quête du Graal.
Karadoc - Ouais !!!!
Perceval - Bravo !!! Youhouuuuuu !
Calogrenant ( voit Karadoc et Perceval s'énerver, du coup il se met à secouer son arme en criant ) - Houraaah !

Les autres regardent puis se mettent à applaudir timidement.

Léodagan ( à Calogrenant ) - Je crois que c'est pas fini.
Calogreant - Ah bon ? Ben, pourquoi les deux là ont applaudi ?
Roi Arthur ( décontenancé ) - Attendez au moins que je vous explique ce qu'est la quête du Graal...
Perceval ( à Karadoc ) - Vous voyez, il a pas dit "fête".
Karadoc - Vous croyez qu'on a gaffé ?
Perceval - Mieux vaut se taire, sinon on va passer pour des ploucs.
Karadoc - Dommage, la fête du gras, ça m'aurait bien plu.
Roi Arthur - Je suis roi par la grâce de cette épée ( il brandit Excalibur ). C'est une épée magique qui ne reconnaît que moi. La magie nous servira, et elle nous vient des dieux - qui sont en fait, d'après le père Blaise, plusieurs manifestations du Dieu Unique, mais on verra... Bref, les dieux s'adressent à moi par l'intermédiaire du Grand Enchanteur du Royaume ( signe de tête vers Merlin ) mais aussi par l'intermédiaire d'une, heu... personne... enfin, pas vraiment... comment dire... d'une sorte de personne que y'a que moi qui peut la voir.
Bohort ( à Perceval ) - Que veut dire le roi ?
Perceval - Je sais pas, depuis je début je pige rien.
Roi Arthur - Cette envoyée des dieux, qui se nomme la dame du Lac, m'a indiqué que les dieux nous ont choisi pour chercher le Graal. Cette quête est destinée à sauver la civilisation. Elle est la préoccupation la plus importante de notre vie.

Lancelot lève la main

Roi Arthur - Seigneur Lancelot ?
Lancelot - Sire, j'ai dû en entendre parler mais je ne suis pas sûr, heu... Pouvez-vous nous décrire ce... Graal ?
Roi Arthur - Les dieux ne m'ont pas encore donné tous les détails, disons que c'est une sorte d'objet plus ou moins symbolique lié au Christ. Nous devons le trouver pour sauver la civilisation.
Calogrenant ( à Léodagan ) - Je crois qu'en fait, il ne va pas nous annoncer une guerre. On ne va massacrer personne, juste chercher quelque chose.
Léodagan - Qu'est-ce que c'est que cette tisane ? On est des chevaliers ou le service des objets trouvés ?
Lancelot - Et y aura-t-il une récompense pour le premier d'entre nous qui trouvera ce... Graal ?
Roi Arthur - Encore une excellente question. Non, il n'y aura pas de récompense particulière. Seigneur Lancelot, nuos savons tous que vous avez tué un dragon non pas pour la gloire mais pour débarrasser le peuple d'un fléau qui saccageait ses terres. C'est cet état d'esprit qui doit nous inspirer. Nous ne cherchons pas le Graal pour notre gloire personnelle, mais pour apporter au Monde la lumière du Christ.
Léodagan ( à Calogrenant ) - Qu'est-ce qu'on fait, on laisse tomber ? Après tout, l'adoubement, c'est seulement la semaine prochaine.
Calogreant - Vous pouvez pas, vous avez marié votre fille. Moi, par contre...
Léodagan - Vous allez vous défiler sans moi ?
Calogreant - Nan, je reste quand même. Il y a des choses qui me plaisent.
Léodagan - Ah bon ?
Calogreant - Construire dans de la pierre, je veux voir ça. Je me dis qu'avec lui, on pourra avoir des routes pavées en Calédonie.
Léodagan - N'importe quoi !
Roi Arthur - Bien, je vous laisse le temps de bien réfléchir à tout ça. Nous nous retrouverons tous ensemble pour le premier adoubement.

Transition - Arthur et Merlin sont assis dans une petite pièce.

Arthur - Mais qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Vous n'allez pas foutre le camp maintenant ?
Merlin - Mon rôle était de vous conduire sur le trône. C'est fait, maintenant c'est à vous de jouer, vous êtes assez grand.
Arthur - Mais jamais je ne m'en sortirai sans vous !
Merlin - Vous avez la dame du Lac pour communiquer avec les dieux, et une dizaine de chevaliers exceptionnels pour vous seconder. Je vois pas ce qui vous manque. Tiens, le blond, heu... Lancelot. Vous allez le prendre comme votre bras droit, n'est-ce pas ?
Arthur - J'ai bien aimé sa façon de poser les questions que les autres se posent... Non, officiellement, je ne peux pas, puisque tous les chevaliers sont égaux. Et puis Léodagan, d'un point de vue diplomatique, pourrait avoir son mot à dire... S'il vous plaît, Merlin, j'ai besoin de vous. S'il vous plaît !
Merlin - Quand je dis non, c'est non. Voyez avec vos chevaliers.
Arthur - Je ne suis rien à côté d'eux. Vous avez vu ce qu'ils ont fait ? On en a deux qui ont demantelé le culte de l'ours, un qui a débarrassé toute la Bretagne de ses brigands. Et Lancelot : il a tué un dragon, et en plus sans le dire à personne, sans s'en vanter. Quelle grandeur d'âme ! Je ne suis rien à côté d'eux !
Merlin - Si je reste, j'aurais droit à un labo ?

On entend un bruit. Arthur et Merlin se retournent. C'est Perceval. Le générique commence à défiler.

Perceval - Excusez-moi, Sire, heu... J'étais venu parce que j'ai rien pigé à votre discours... Mais j'osais pas rentrer... et du coup j'ai tout entendu... Sire, faut pas dire ça. C'est nous qui sommes rien à côté de vous. Vous savez, le culte de l'ours, c'était surtout un gros coup de bol. Nan, vous avez plus de grandeur que nous. Et vous savez pourquoi ? Parce que sans vous, Sire, on serait tous restés chez nous ; sans vous, on aurait encore le nez dans notre merde.

FIN

Chevalier
Hors ligne

Quel boulot Agloval ! Chapeau ! Pour l'instant je n'ai lu que le premier, mais il est très réussi. (Il faut prendre le temps de s'habituer aux nouveaux persos, mais après c'est super). Mevanwi est excellente, ainsi que les références aux autres saisons (la part de clafoutis ! :) ). J'ai éclaté de rire ici :

Agloval a écrit :

Femme du seigneur de Vannes - Vous, le tueur à la Winchester, vous mangez et vous la fermez !

Merci pour ce bon moment ! Je lirai les suivants dès que j'aurai le temps.

EDIT : Je viens de lire les épisodes 2 et 3, et je les trouve toujours aussi bons ! Les graines du maitre d'armes, père Blaise et sa légende, le père Fuetar... J'aime tout ! :) Encore bravo. Avec mention spéciale pour les répliques qui font mouche, parce que c'est pas ça qui manque !

Chevalier
Hors ligne

J'ai finiiiiiii !! \o/

Ca m'a pris du temps mais je regrette pas. Que c'est bien emmené. Je suis bluffé, c'est incroyablement bien. Seul l'épisode avec Lancelot et le maître d'armes était en dessous des autres mais pour le reste... Splendide.

J'ai particulièrement aimé le pape :

Agloval a écrit :

Pape - Fouyouyouye... Nous sommes baba ! Mais alors, qu'est-ce que vous attendez de nous ?

Agloval a écrit :

Pape - Ah ? C'est original... Nous voulons bien vous aider, mais nous vous mettons en garde : la religion, c'est comme la branlette, faut pas en abuser.

La grande classe. xD


Le dernier épisode est grandiose, notamment grâce à Calogrenant :

Agloval a écrit :

Roi Arthur - Quel est cet idéal chevaleresque ?
Léodagan (à Calogrenant) - Mais qu'est-ce qu'on s'en fout !
Calogreant - Chez moi, les discours, c'est pas compliqué : on dit que les voisins nous ont traités de petites pédales, que demain matin on va se venger, et on finit par tous secouer nos armes en hurlant.
Léodagan - Pareil.

Agloval a écrit :

Léodagan (à Calogrenant) - Où est-ce qu'il a trouvé des idées pareilles ce gamin ?
Calogreant - Je sais pas, j'écoute plus. Vous me direz quand il faudra sauter en l'air en secouant les armes, hein ?

La référence suivante m'a bien plu aussi :

Agloval a écrit :

Roi Arthur - Pour résumer, vous ne devrez jamais douter de la nécessité de vous trouvez du côté des opprimés.
Léodagan (à Calogrenant) - C'est marrant, j'ai une phrase un peu comme ça...

En vrac :

Agloval a écrit :

Karadoc - Dommage, la fête du gras, ça m'aurait bien plu.

Agloval a écrit :

Léodagan - Qu'est-ce que c'est que cette tisane ? On est des chevaliers ou le service des objets trouvés ?

Et enfin, l'apothéose pour le final avec un Perceval touchant :

Agloval a écrit :

Perceval - Excusez-moi, Sire, heu... J'étais venu parce que j'ai rien pigé à votre discours... Mais j'osais pas rentrer... et du coup j'ai tout entendu... Sire, faut pas dire ça. C'est nous qui sommes rien à côté de vous. Vous savez, le culte de l'ours, c'était surtout un gros coup de bol. Nan, vous avez plus de grandeur que nous. Et vous savez pourquoi ? Parce que sans vous, Sire, on serait tous restés chez nous ; sans vous, on aurait encore le nez dans notre merde.

Pour conclure, un grand bravo à toi Agloval, ces épisodes font partie de ce qui a été le mieux écrit sur ce forum.

Chevalier Feuletonniste
En ligne

Nemesia, Boucot : merci à vous ! En fait, je trouve que c'est le 1er qui est le meilleur (j'ai pris le temps de bien le fignoler) et j'avais peur  que vous soyiez déçu par la suite, d'autant qu'à part le dernier (que j'avais rédigé en premier), les autres ont été écrits un peu rapidement à mon goût...

Chevalier
Hors ligne

ça y est, j'ai enfin pu finir la lecture de tes scénarios Agloval ! Et je suis complètement bluffée.

Episode 4 : La rencontre Karadoc/Perceval, excellente ! ça aurait tout à fait pu se passer comme ça dans la série (d'ailleurs ça s'en rapproche), et je les trouve simplement géniaux. Quand ils cherchent quelle quête effectuer... C'est tout à fait eux ! :) D'ailleurs je ne peux même pas citer ma réplique préférée, il y en a trop.

Episode 5 : Ce fut bref mais intense ! D'accord, il n'est pas rédigé, mais l'idée est là et bien là. Elle est vraiment bonne ! J'imagine bien le père Blaise se servir des deux abrutis pour défendre ses propres intérêts, ça marche bien. J'espère que tu prendras le temps de rédiger cet épisode un jour, parce que j'aimerais voir le résultat !

Episode 6 : Enfin un Lancelot comme je l'aime ! Chevaleresque mais pas altruiste... pas de doute, c'est bien lui ! Et devancé par Galessin en plus, mon chouchou : que demander de plus ?! Ah si, peut-être des répliques mortelles... Ben non, il y en a :

Galessin - Sauf que je comptais partir tout seul.
Loth - Eh ben vous serez tout seul, mais avec Dagonnet.

Là je dis bravo ! :) Idem pour Loth et Angharad (qui pense déjà à son futur mari) : j'ai l'impression de les voir.

Episode 7 : L'idée est sympa, surtout pour Hervé de Rinel en fanatique qui ne comprend même pas ce qu'il fait là. Pareil que pour le 5 : j'espère que tu auras le temps de développer plus tard. Je demande à voir.

Episode 8 : Peut-être un peu moins rythmé que les autres, mais c'est normal, il faut bien recruter du monde... Il n'empêche que c'est toujours intéressant de voir les choses prendre forme (en l'occurrence le gouvernement, avec la nomination des chevaliers), et que tu nous gratifies encore de quelques répliques particulièrement efficaces :

Léodagan - Moi, les mauvaises herbes, je les brûle.
Goustan - Pareil. J'veux dire, pour les brigands.

Merci ! :) Et j'ai carrément éclaté de rire à la fin, qui présage bien des combats futurs :

Arturus - C'est viril de se traiter de petite pucelle ?

Episode 9 : J'ai adoré. La référence au Christ (que l'on retrouvera dans le dernier épisode de la série, bravo !), tous les clins d'oeil aux autres livres (le bois qui risque de brûler, le chevalier du côté des opprimés...), c'est vraiment bien ficelé ! J'ai ri à la gaffe de Perceval et Karadoc qui font pousser des hurlements à Calogrenant, et à cette réplique brillante de Léodagan :

Léodagan - Qu'est-ce que c'est que cette tisane ? On est des chevaliers ou le service des objets trouvés ?

Quant à la fin, que dire... Enfin un Perceval qu'on peut reconnaitre et aimer ! Il est peut-être un peu trop intelligent et lucide à mon goût, mais après tout, ça lui arrive parfois de se montrer sous cet angle, et c'est bien le seul à pouvoir réconforter le roi de toute façon. J'aime sa façon d'aborder le problème et de formuler toute l'admiration et la reconnaissance qu'il commence à éprouver pour son roi. Un roi à qui il doit tout et à qui il restera loyal jusqu'au bout...

Alors voilà, pour conclure, il ne me reste plus qu'à dire : chapeau pour tout ce travail Agloval, c'est énorme ! :)

Scribe et archiviste officiel
Hors ligne

  Ce message a été posté par une personne qui n’est plus inscrite aujourd’hui.

Tout simplement excellent et le petit clin d'oeil à l'adoubement oublié de Percy j'ai adoré !!

Devant un tel talent j'en reste comme deux ronds de flan dans une tarte aux mytrilles ^^

Chevalier Feuletonniste
En ligne

Merci pour vos avis, ça fait très plaisir ! :)

Pied de page des forums

Propulsé par FluxBB