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L'épisode qui suit se déroule entre la fin du livre VI et la future trilogie cinématographique.


PROLOGUE

Devant les cendres encore fumantes de la Table Ronde, Lancelot contemple son oeuvre. Autour, ses hommes en blanc s'activent, sellent les chevaux, et prennent les armes. Se déplaçant au milieu d'eux sans qu'ils le voient Méléagant se place aux côtés de son disciple.

LANCELOT (calme) - C'est fait. On ne peut plus faire marche arrière.

MELEAGANT (plongeant son regard dans les braises) - On ? Non... VOUS ne pouvez plus faire marche arrière. La destinée est en marche. Lentement mais sûrement, elle reprend ses droits sur l'Île de Bretagne. Les incapables seront jugés, et le Graal sera bientôt entre vos mains.

LANCELOT (tournant légèrement la tête vers Méléagant) - Et Arthur dans tout ça ? Vous savez où il est ?

MELEAGANT (un sourire au coin des lèvres) - Lui ? Ne vous en souciez pas. Il est déjà loin... très loin.

LANCELOT (interloqué et se tournant complètement face à Méléagant) - Ne pas m'en souciez ? Mais vous vous rendez compte de ce que vous dîtes ? C'est Arthur ! S'il n'est pas mort il reste une menace pour ce que nous entreprenons !

MELEAGANT (sévère) - Auriez-vous peur d'un mort-vivant ? (se radoucissant) Alors conservez votre sang-froid et acquittez vous de votre tâche. Et vous verrez que vous aurez eu raison de suivre mes conseils.

Voulant d'abord répondre Lancelot se ravise, et s'en va rejoindre ses hommes. Il monte à cheval et part au galop avec sa troupe. Méléagant reste impassible, il rit.

MELEAGANT (à lui-même) - Tout se passe comme je l'avais prévu...


GENERIQUE

Acte I

Dans une grotte à la tombée de la nuit, Gauvain tente de se réchauffer auprès d'un maigre feu de brindilles. Une ombre se dressent soudain à l'entrée de la petite caverne, le jeune chevalier s'empare d'un bâton prêt au combat.

GAUVAIN (apeuré) - Qui va là ?! Je vous préviens je n'hésiterai pas à me défendre avec la férocité d'une belette !

Le seigneur Bohort est finalement éclairé par la légère lumière. Il porte un tas de fagots et une bûche.

BOHORT (rassurant) - Mais non, c'est moi. Ne vous inquiétez pas.

GAUVAIN - Vous m'avez flanqué une de ses trouilles ! J'ai cru qu'il s'agissait des hommes en blanc qui revenaient me prendre.

BOHORT (pour lui-même, amusé) - C'est bien la première fois que je fais peur à quelqu'un.

Il dépose son maigre butin sur le sol et retire la neige de sa cape. Gauvain s'empresse de raviver le feu avec le nouveau combustible.

GAUVAIN - Vous n'avez rien trouvé à manger ?

BOHORT - Hélas, j'ai bien peur que l'hiver ne nous laisse que très peu de choses. A part des fruits de saisons peut être.

GAUVAIN - Je meurs de faim...

BOHORT - Moi aussi.

Pendant un moment, ils ne disent rien, assis côte à côte, ils se laissent détendre par la chaleur du feu. Gauvain renifle brusquement.

GAUVAIN (triste) - Seigneur Bohort, à quoi vous pensez ?

BOHORT (mélancolique, ne détachant pas son regard de l'âtre) - A ma femme...

GAUVAIN - Moi je me fais du soucis pour le seigneur Yvain.

BOHORT (souriant à Gauvain) - Ne vous en faîtes pas. Je suis sûr qu'il va bien. Il est en sécurité en Carmélide.

GAUVAIN (regardant au dehors, les larmes aux yeux) - Comment on en est arrivé là ?

BOHORT - Je ne sais pas.

GAUVAIN (essayant de contenir ses larmes) - Et mon oncle ? Où est-il ? Il va nous tirer de ce mauvais pas vous croyez ?

BOHORT (ne sachant pas quoi dire) - Je ne sais pas. Je l'espère oui.

GAUVAIN (pleurant) - C'est un cauchemar. C'est pas possible qu'une chose pareille arrive. Mes parents, mes amis... tout d'un coup tout paraît si fragile. Qu'est-ce que nous allons faire ?

Le jeune chevalier anéanti, se réfugie contre le seigneur Bohort qui ne semble pas habitué à recueillir les pleurs d'autrui. Il passe nerveusement son bras sur les épaules de Gauvain et le secoue doucement. Bohort commence à défaillir, mais il se reprend, et ses traits se durcissent, il relève la tête.

BOHORT - Allons courage compagnon ! Il ne faut pas désespérer ! Nous irons vers le sud et nous prendrons un bateau en secret pour rejoindre mon frère, Lionel, à Gaunes. Et de là nous nous organiserons. Alors essuyez vos larmes et dormez, vous avez besoin de repos.

Rassuré, Gauvain s'allonge fébrilement et sombre vite dans le sommeil, sous le regard paternel du seigneur Bohort. Le lendemain, les deux chevaliers arrivent sommet d'une petite colline et au loin, ils voient la mer qui les sépare du continent, du salut.

Acte II

En Carmélide, Léodagan fulmine contre un plat de charcuterie, pendant que Séli prépare les bagages à la hâte, vraisemblablement paniquée.

LEODAGAN (ruminant en mâchant un bout de saucisson) - Le fumier... Je trouve pas d'autres mots. Fumier, c'est ça.

SELI (fermant une malle) - Oh ! Au lieu de passer votre temps à insulter le monde, ça vous ferait un corps au pied de me filer un coup de main pour les bagages ?

Entre Goustan le Cruel, en armes des pieds à la tête. Suivi d'Yvain le Chevalier au Lion, lui aussi armé jusqu'aux dents et étrangement enjoué.

GOUSTAN - Les bagages ? Vous comptez vous tirer en douce devant cette bande de trous d'uc' ?!

LEODAGAN (ne faisant pas attention aux discussions autour de lui) - La petite salope de blondinet. Ah pour ça il s'est bien foutu de nos gueules avec ses airs de petit chevalier propre sur lui.

SELI (hystérique) - Parfaitement ! On prend tout le pognon qu'on a mis de côté et on met les bouts ! Avec un peu de chance on évitera de pourrir dans des geôles miteuses, ou pire de se faire trancher le gosier par Lancelot.

GOUSTAN - Et ben vous faîtes ce que vous voulez, mais moi je reste ici ! C'est la terre de mes ancêtres, j'y suis né, j'y crèverais ! Et ce sera sûrement pas dans mon plumard !

SELI (remarquant Yvain) - Et vous qu'est-ce que vous glandouillez avec ces saloperies ? Vous comptez tout de même pas vous battre vous aussi ?

YVAIN (sûr de lui) - Mère c'est décidé ! Je ne laisserais pas la Carmélide entre les mains d'un prestidigitateur ! Je reste avec papy Goustan !

GOUSTAN (fier et tapant sur l'épaule d'Yvain) - Ah voila ! Heureusement que j'ai encore mon petit-fils sur qui compter ! (se tournant vers Léodagan et Séli) Pas comme vous autres limaces !

Léodagan explose de rage d'un coup et renverse la table où il prenait son déjeuner. Sous les regards pleins de stupeur du reste de la famille.

LEODAGAN - MEEEEEEERDE ! J'suis roi de Carmélide moi ! Non mais il se prend pour qui pour pouvoir m'éliminer comme un traîne la grolle ?! Obligé de me tirer en douce de mon propre château ! Les dieux nous l'ont bien mis dans l'os cette fois !

GOUSTAN (à Léodagan) - Ah parce que vous voulez vous barrer vous aussi ?

LEODAGAN (à Goustan) - Qu'est-ce que vous voulez faire d'autre père ? Lancelot c'est pas un câlin ! Y serait bien capable de nous dépioter par les doigts de pieds rien que parce qu'on a adressé la parole à Arthur !

SELI (à Goustan) - Pour une fois qu'il ouvre pas la bouche pour dire une connerie vous pourriez l'écouter !

GOUSTAN (regardant Léodagan puis Séli) - Ah bah d'accord. Je vous remercie de m'avoir ouvert les yeux, je me suis enfin aperçu que mon fils était devenu une fiotte. Et ça par votre faute !

LEODAGAN (enfilant un manteau) - Toute façon c'est décidé ! On file d'ici et on prend le bateau pour l'Irlande !

Guenièvre entre brusquement, droite et déterminée.

GUENIEVRE (sûre d'elle) - On reste.

Tous les regards se tournent vers la jeune femme.

SELI (interloquée) - De quoi ?

GUENIEVRE - J'ai décidé que nous restions en Carmélide.

LEODAGAN - Vous avez picolé ou quoi ?

GUENIEVRE - Père, c'est ainsi. Lancelot a peut être les pleins pouvoirs mais étant la femme d'Arthur je suis encore votre reine et je vous ordonne de rester ici. Personne ne s'en va.

Un silence de plomb s'installe dans la salle, l'auditoire reste subjugué par la naissance de la nouvelle Guenièvre.

Acte III

Alors que la taverne est fouillée de fond en comble, Perceval, Karadoc et Kadoc, regardent les hommes en blanc à l'extérieur, cachés derrière une pile de tonneaux. Kadoc mange un saucisson.

PERCEVAL (chuchotant) - Vous savez qui c'est ces tarés ?

KARADOC - Non. Mais en tout cas y foutent un sacré merdier.

KADOC - Comme chez tata ?

KARADOC - Y parait que c'est des gars qui bossent pour Lancelot.

PERCEVAL - Pour Lancelot ? Mais lui et le roi ils se sont pas rabibochés ?

KARADOC - Bah faut croire que non.

Alors que les deux chevaliers discutent, un des hommes en blanc les aperçoit et fait signe à ses acolytes. Perceval le remarque à son tour.

PERCEVAL (paniqué) - Merde y nous ont vu ! Qu'est-ce qu'on fait ?

KARADOC - Comment ça qu'est-ce qu'on fait ?

KADOC - On fait des flans !

Les hommes de Lancelot dégainent leurs épées en s'approchant de la cachette.

HOMME EN BLANC (menaçant) - Hey ! Sortez de là les mains derrière la tête !

PERCEVAL (à Karadoc) - Vous avez pas une idée ?

KARADOC (le regard dans le vide) - Ben...

PERCEVAL - On pourrait leur jeter de la p'tite caillasse ! Mais on a que de la paille, c'est pourri !

KADOC - Kadoc y donne la paille aux lapins et la caillasse c'est pour les poulettes.

Alors que Perceval et Karadoc se regarde entre eux, les hommes en blanc les attrapent et les sortent de leur cachette manu militari. Il les amène au centre d'un cercle d'autres sbires. Le chef s'avance vers le trio. Kadoc mâche toujours son saucisson.

CHEF (à ses hommes) - Tiens, tiens. Il semblerait qu'on ait réussi à mettre la main sur les fameux chevaliers Perceval et Karadoc !

KARADOC (à Perceval) - On est fameux nous maintenant ?

PERCEVAL (réfléchit puis à Karadoc) - Ils ont dû entendre parler d'une de nos techniques de combat.

KARADOC - Aaaah...

CHEF (agacé) - Suffit ! Vous déposez vos armes et vous nous suivez. On vous amène au seigneur Lancelot.

Perceval et Karadoc débouclent leurs ceintures et les laissent tomber sur l'herbe. Kadoc ne bouche pas et continue de manger.

CHEF (à Kadoc) - Le sauciflard, tu le tombes aussi !

Kadoc n'obéit pas, il continue de manger sans prendre conscience du danger.

CHEF - Oh tu m'entends espèce de débile ? Quand je te dis tu tombes, tu tombes !

Le chef des hommes en blanc donne une gifle à Kadoc et donne un coup au saucisson qui tombe au sol. Kadoc regarde son repas par terre, puis il relève les yeux, pleins de rage. Karadoc va pour le calmer, mais il est coupé par son frère.

KADOC (tout rouge, foudroyant le chef du regard) - SAUCISSOOOOOOON ! GENTIL SAUCISSOOOOOON !

Kadoc fout une avoine au chef qui s'écroule au sol, assommé, sous le regard terrifié de ses hommes. Profitant de l'effet de surprise, Perceval prend ses jambes à son coup. Suivi de Karadoc qui attrape son frère par le bras.

KARADOC - Venez faut se tirer !

Et le trio s'enfuit dans l'obscurité de la nuit vers l'orée de la fôret proche, poursuivi par les hommes de Lancelot.


EPILOGUE

A Rome, à la Villa Aconia délabré, Arthur mange une miche de pain, assis contre le mur de l'atrium, il regarde l'eau du bassin. Soudain la porte de la maison s'ouvre, laissant apparaître un homme pauvre suivi d'une femme et de deux enfants, une fille, et un garçon. Arthur tourne la tête vers eux, à la vue des enfants, il s'empresse de remettre son bandage au poignet. La famille ne le remarque pas dans un premier temps, ils posent leurs affaires. Puis ils le voient et sursautent.

FLAVIUS (gêné) - Oh désolé ! On ne savait pas qu'il y aurait déjà quelqu'un. On va s'en aller.

La famille commence à remballer.

ARTHUR - Non, non mais c'est bon. Vous pouvez rester.

FLAVIUS - Ah. Merci, c'est très gentil. Je m'appelle Flavius. Voici ma femme, Tullia, et mes enfants, Lucius, et Clementia.

La petite tribu s'installe donc complètement sous le regard d'Arthur.

ARTHUR - Vous avez faim ?

Flavius se retourne et regarde la miche de pain avec envie.

FLAVIUS - Et bien, oui on a toujours plus ou moins faim ces temps-ci. Mais, ma femme et moi on va laisser notre part aux enfants.

Cachés dans les jupes de leur mère, Lucius et Clementia regarde suspicieusement Arthur en train de rompre un gros morceau de pain en deux parts égales. Puis il les tend devant lui à l'adresse des enfants qui malgré leur timidité, et poussés par leur mère et la faim, s'approchent doucement. Ils finissent par prendre le pain, Arthur leur sourit, et ils déguerpissent sur leurs petites jambes pour se réfugier une nouvel fois derrière leur mère.

TULLIA (sévère) - Qu'est-ce qu'on dit les enfants ?

LUCIUS/CLEMENTIA (timidement entre deux bouchées) - Merci...

Flavius caresse la tête de ses enfants et sourit à Arthur, il semble plus détendu.

FLAVIUS - Et vous ? C'est quoi votre nom ?

ARTHUR (réfléchit) - Arthur.

FLAVIUS - Et vous venez d'où Arthur ?

ARTHUR - De très loin.

FLAVIUS - Et vous pensez que vous y retournerez un jour ?

ARTHUR (pensif) - Je sais pas.

NOIR

ARTHUR - Je l'espère oui.

FIN

Scribe et archiviste officiel
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Moi j'aime bien

Chevalier Feuletonniste
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Ooouauuuuuuaaaaiiiis ! Déjà un scénario post-Livre VI ! Zut, tu m'as coiffé au poteau car j'en ai commencé un... :)

En plus il y a plein de bonnes idées. J'aime bien, notamment, Kadoc qui se sert de sa force. On savait qu'il était plus costaud qu'il n'y paraît, il y a un épisode où il s'entraîne avec le maître d'arme qui le montre, mais là, pour une fois, c'est utile.

Dans l'adversité, Bohort est obligé de se comporter en vrai chevalier, et c'est tout à fait cohérent : d'accord c'est une chochotte, mais il a Gauvain sous sa responsabilité, du coup il faut se forcer. C'est toujours comme ça dans la vie, de toute façon.

Yvain, je ne sais pas trop ce qui lui prend, peut-être qu'il n'a pas saisi la situation... ? Par contre, pour Guenièvre, c'est assez logique : depuis la dépression d'Arthur elle a pris une nouvelle dimension. Là, tu lui fait franchir une nouvelle marche : là voilà vraiment royale !

Tout ça appelle une suite, non ? Ou même tout un livre... :)

Croustillant
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Ah ben j'ai bien fait de le lire celui-là.
On y trouve vraiment les deux registres du livre VI: le pathétique (je pense à la scène avec Bohort: Bohort très interessant d'ailleurs et qui me plaît bien) et un humour très bien dosé avec par exemple:

"KARADOC (à Perceval) - On est fameux nous maintenant ?
PERCEVAL (réfléchit puis à Karadoc) - Ils ont dû entendre parler d'une de nos techniques de combat."

Scribe et archiviste officiel
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Très sympa ce scénario !
Tout tient la route, les personnages ont très très bien évolué et comme Agloval, j'attends une suite !
Bravo pour ce scénario, et concocte nous une belle suite ! :)

Scribe et archiviste officiel
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Merci, merci !

Je n'avais pas écrit ça dans l'optique de faire une suite. Mais si on me le demande bah je vais voir ça.

Chevalier
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Bien joué Astyron ! J'ai bien aimé ton texte, plein d'émotions et de surprises. L'intro avec Méléagant est très réussie, de même que le personnage de Bohort, mais je n'ai pas accroché à Gauvain quand il s'effondre :

Astyron a écrit :

GAUVAIN (pleurant) - C'est un cauchemar. C'est pas possible qu'une chose pareille arrive. Mes parents, mes amis... tout d'un coup tout paraît si fragile. Qu'est-ce que nous allons faire ?

Je ne l'imagine pas parler comme ça, c'est trop subtil pour lui... Même s'il a toutes les raisons du monde de pleurer ! La nouvelle Guenièvre est impressionnante (je voudrais bien savoir si Léodagan lui obéit finalement :) ), et la fin très émouvante.

Bravo !

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