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Bien ! Ce n'est pas sans un certain pincement au coeur que je vous annonce que ce scénario marque la fin de mon cycle post-livre VI. En espérant qu'il vous plaise autant qu'il m'a plu de l'écrire et que vous serez parfois agréablement (ou même désagréablement) surpris. Merci pour vos commentaires sur les précédents volets qui m'ont motivé. Parce que c'est à la fois une grosse pression mais un réel plaisir de se dire qu'on écrit pour des gens qui attendent impatiemment de voir le résultat ^^. Merci encore et bonne lecture.


PROLOGUE

Île de Bretagne, sur la route entre le Llyonesse et la Carmélide, une diligence cahote à toute vitesse, exécute d'impressionnants dérapages contrôlés, et décolle du sol à chaque chaos de la route. Au détour d'un bosquet apparaissent neuf cavaliers vêtus de blanc qui chevauchent à sa poursuite, l'arme au poing. Le cocher, pratiquement debout, fait claquer ses rênes comme un dément pour pousser l'attelage en avant, et jette de fréquents coups d'oeil par-dessus son épaule.

COCHER (à ses chevaux) - Plus vite ! Plus vite !

A l'intérieur du véhicule, Guenièvre est terrorisée, un chevalier et un guerrier picte couvert de tatouages bleus, sont installés en face d'elle, aux aguets. La reine de Bretagne sert contre elle un étui à cartes.

CHEVALIER (inquiet) - Ils se rapprochent !

Sans dire un mot, le Picte attrape son arc et son carquois, et se redresse. Il passe la tête par une trappe sur le toit de la diligence et finit par se mettre en position de tir. Le voyant faire, certains cavaliers sortent de sous leur cape une petite arbalète de poing. Le guerrier bande son arc et tire une flèche adroite qui vient se ficher dans la poitrine d'un des assaillants qui est jeté à bas de sa selle. Un de ses camarades riposte immédiatement, mais le carreau rate le Picte qui, lui, fait mouche et l'envoie, avec son cheval, dans le fossé. Cependant un autre cavalier blanc tire sur l'homme bleu et le tue sur le coup. Le cadavre du Picte s'effondre dans la diligence sous les regards horrifiés du chevalier et de Guenièvre.

GUENIEVRE (se plaquant les mains sur la bouche) - Oh mon Dieu !

Les cavaliers, plus légers, finissent par rattraper la diligence et l'encerclent. Les carreaux d'arbalètes pleuvent. Le chevalier pousse Guenièvre vers le fond de la carriole si violemment que l'étui lui échappe des mains et roule sur le sol. Elle tend la main pour le récupérer.

CHEVALIER - Baissez-vous mada...!

Un projectile en travers de la gorge l'empêche de poursuivre sa phrase et il tombe à son tour. Guenièvre reste pétrifiée de peur. A l'extérieur, un cavalier arrive au niveau du cocher et se fait accueillir à coups de gourdin. Mais le brave homme finit par succomber d'un coup d'épée dans le flan par un autre assaillant qui s'empresse de bondir de son destrier et de prendre la place du conducteur. Il fait ralentir l'attelage jusqu'à ce que la diligence soit complètement arrêtée. Guenièvre, toujours allongée sur le sol, tremble de la tête au pied, elle entend des voix menaçantes, et les bruits de lourdes bottes qui heurtent la terre ferme. Soudain la porte s'ouvre et on la tire par les pieds. La pauvre reine se retrouve le nez dans la boue, des rires moqueurs retentissent.

CHEF (calme) - Relevez cette catin.

Les rires cessent immédiatement et les hommes survivants prennent Guenièvre par les bras et la remettent sur pieds sans ménagement. Vexée, et humiliée, la jeune femme les repousse sèchement, sa robe blanche couverte de boue. Elle tient l'étui dans une main, le chef le remarque.

CHEF - Amenez-moi ça !

GUENIEVRE (pendant qu'on lui prend son bien) - Vous n'avez pas le droit de faire ça ! Je suis la fille du roi de Carmélide ! J'exige le respect dû à mon rang !

CHEF (recevant l'étui) - Vous êtes également une rebelle et une criminelle recherchée pour espionnage. Alors vous serez gentille de pas nous sortir tout le tremblement diplomatique, altesse.

Satisfait de lui, le chef ouvre l'étui et y plonge la main. La stupeur se lit sur son visage, il retire vivement sa main et regarde à l'intérieur, le cylindre de cuir ne contient pas de carte. Le chef fustige Guenièvre du regard et jette l'étui au sol, il dégaine son épée et place la pointe juste sous son menton.

CHEF (les dents serrées) - Où sont les plans ?!

GUENIEVRE (fière) - Je préfère mourir plutôt que de vous dire où ils sont. Alors allez-y ! Utilisez votre machin là ! Faîtes la moi fermer !

Le chef donne un terrible coup de poing à Guenièvre qui s'écroule, inconsciente. Le chef se reprend et rengaine son arme. Il fait signe à ses hommes.

CHEF - Refoutez-la dans la carriole. On la ramène au château. Le seigneur Lancelot voudra l'interroger personnellement.

Les soldats s'exécutent et très vite, le cortège reprend la route, mais dans le sens inverse.


GENERIQUE

Acte I

Rome, dans une ruelle insalubres de la cité. Flavius marche d'un pas tranquille pour rejoindre la Villa Aconia. Il remarque qu'il est suivi par un homme, il presse le pas en espérant le semer et regarde derrière son épaule. Il se heurte sur le torse puissant d'un colosse et tombe sur ses fesses. Un autre individu, plus petits que les deux autres, se plante devant lui, il lui fait un grand sourire.

ERASTES (ironique) - Tiens, tiens. Regardez ce qui nous tombe entre les pattes ! Ce bon p'tit Flavius.

TIMON (à Erastès) - Mais patron. Y nous tombe pas dans les pattes. Vu qu'on le suit depuis tout à l'heure.

ERASTES (sans le regardez) - Ta gueule !

FLAVIUS (mal à l'aise) - Erastès ! Comment ça va ? Justement je te cherchais et...

ERASTES (le coupant) - La ferme ! Te fous pas de ma gueule Flavius ! Ça fait une semaine que t'aurais dû payer le blé que tu me dois.

FLAVIUS - Je... je sais. Mais ne t'inquiète pas, je vais trouver un moyen...

Flavius essaye de sourire, en espérant que cela apaise Erastès.

ERASTES (à Timon) - Qu'est-ce que t'en penses Timon ?

TIMON (menaçant) - Je pense qu'on devrait le saigner à blanc patron. Pendant qu'on le tient.

Il commence à s'approcher de Flavius, un poignard à la main. Mais Erastès l'arrête.

ERASTES - Je te demandais ça pour la forme, Timon. J'en ai rien à taper de ce que tu penses.

TIMON (réfléchit) - Ah...

ERASTES (se penchant sur Flavius) - Et comment tu comptes me payer, marchand d'épices ? T'es un joueur invétéré. Si t'avais les moyens t'aurais déjà réglé ton ardoise.

Flavius ne répond rien, ses espoirs s'envolant tout d'un coup, il se relève néanmoins sous le regard inquisiteur d'Erastès. Le gangster le frappe d'un revers de la main. Timon lui envoie un coup de poing dans le ventre, et le colosse lui cogne sur la tête comme un marteau. Le marchand tombe à genoux. Mais au moment où Erastès s'approche pour le frapper de nouveau, Flavius proteste d'un geste de la main.

FLAVIUS - J'ai... une information très précieuse. Si tu te débrouilles bien tu pourrais la marchander pour dix fois plus que ce que je te dois. Peut être même cent fois plus.

ERASTES (intéressé) - Une information ?

TIMON (à Erastès) - Mais pourquoi vous l'écoutez, patron ? Il va essayer de vous entuber.

Erastès fustige son homme de main du regard. Il le gifle.

ERASTES - Qu'est-ce que je t'ai dit ? Je m'en tamponne de ce que tu peux penser ! T'es content de toi ? Tu veux me foutre la honte c'est ça ?

TIMON (apeuré) - Mais... mais non, patron !

ERASTES - Alors tu la boucle. C'est clair ça non ?

Timon acquiesse en silence. Erastès se tourne de nouveau vers Flavius.

ERASTES - Bon tu le chies ton tuyau ou faut t'aider à pousser ?

FLAVIUS - Le roi de Bretagne.

ERASTES - Quoi le roi de Bretagne ?

FLAVIUS - Je sais où il se planque.

ERASTES (agacé) - Mais qu'est-ce que j'en ai à foutre de ton roi de Bretagne ? Je sais même pas où c'est la Bretagne !

FLAVIUS - Il est en exil ! Il s'est réfugié ici, à Rome ! Et chez lui, il paraît qu'on aimerait bien le retrouver. Alors...

Flavius sourit en voyant que l'idée fait son chemin dans l'esprit retors d'Erastès.

ERASTES - Bon. Alors mettons que je sois intéressé. Il est où ton roi de Bretagne ?

FLAVIUS - Hé hé. Tu crois que je vais te le dire comme ça ? Prends pas Flavius pour plus con qu'il est.

ERASTES - Et bah quoi ?!

FLAVIUS - Laisse moi deux jours, et t'auras un roi à négocier contre un sacré paquet de pognon.

Erastès réfléchit un moment, puis il sourit et pose sa main sur l'épaule de Flavius.

ERASTES - T'es un p'tit futé. D'accord. T'as deux jours, pas plus. (se rapproche et lui murmure à l'oreille) Mais si t'essaye de me la faire à l'envers, je m'occuperais de ta femme et de tes gosses.

Erastès fait un signe au colosse qui sort une orange de son dos et l'écrase dans sa main gigantesque. Flavius déglutit et s'en va au petit trot sans demander son reste. Erastès s'approche de Timon.

ERASTES - Suis-le. Vois où il habite. Le roi de Bretagne doit y être aussi.

Timon s'exécute et commence à suivre discrètement le marchand d'épices.

Acte II

Au petit matin, sur une lande nue et froide de la Calédonie se dresse une armée. Des hommes portant kilts, épées, haches et lances, et aux visages couverts de peintures de guerre bleues la composent. Les étendards claquent au vent. Un brouillard argenté plane sur la plaine, un brouillard si épais qu'il semble sorti tout droit de l'Autre Monde. Assis sur son cheval, parmi ses cavaliers, Calogrenant scrute l'horizon barré avec anxiété. Arrive un messager au galop.

MESSAGER (à bout de souffle) - Mon roi !... Ils... Ils arrivent !

CALOGRENANT (conservant son calme) - Combien ils sont ?

MESSAGER (hésitant) - Bah euh... je sais pas trop.

CALOGRENANT - Non mais à vue de nez ? Combien y'en avait ?

MESSAGER - Ben c'est à dire...

Le cavalier est interrompu par la sonnerie d'un cor qui retentit de l'autre côté de la colline faisant face à l'armée du roi de Calédonie. Le martelage de la terre par des milliers de bottes au pas cadencé résonne dans la vallée. Tambours et trompettes se joignent au vacarme qui ne fait qu'augmenter d'instant en instant. Les Calédoniens sont nerveux et quelque peu effrayés. Le brouillard finit par se dissiper lentement et laisse place à une immense marée humaine blanche. Ordonnée, structurée, et disciplinée, l'armée se déploie sur la colline.

MESSAGER (terrorisé) -... beaucoup... mon roi.

CALOGRENANT (à son armée avec autorité) - Tenez vos positions !

Les hommes s'agitent, les chevaux remuent nerveusement. Alors que Calogrenant a du mal à contrôler sa monture, une petite ambassade dévale la colline adverse. Le roi de Calédonie reconnaît le seigneur Lancelot à sa tête. Il lance à son tour son cheval en avant, accompagné de quelques hommes, et va à la rencontre de son ennemi. La tension règne entre les deux hommes, rancoeur et haine commune les nourrissent mutuellement. Pendant ils ne disent rien, ils s'observent et se jaugent. Le héraut de Lancelot, qui porte son étendard, s'avance.

HERAUT (solennel) - Monseigneur, sire Lancelot du Lac, chevalier et souverain-maître légitime du royaume de Logres exige une entrevue.

CALOGRENANT - Non.

HERAUT (destabilisé) - Comment ça non ?

CALOGRENANT - Non, le seigneur Lancelot n'est pas le maître légitime du royaume de Logres. Puisque c'est Arthur le roi légitime désigné par les dieux.

HERAUT - Mais... euh... quoi ?

CALOGRENANT (à Lancelot) - Et pis y me semble que le seigneur Lancelot il est assez grand pour parler tout seul. Non ?

LANCELOT (conservant son calme) - Vous êtes pathétique.

CALOGRENANT (piqué au vif) - Pardon ?!

LANCELOT - Vous croyez être de taille à m'affrontez. C'est risible. Je peux vous balayer comme une mouche sur ma main. Alors épargnez vous cette peine et déposez les armes.

CALOGRENANT - Oh vous inquiétez pas pour ça, c'est peut être bien dans votre cul que je vais les déposer les armes. Ça fera comme un bouquet de fleurs !

LANCELOT (réfléchit) - Alors rendez-vous au coeur de la mêlée.

CALOGRENANT - Pas de problème.

Les deux adversaires se jettent un dernier regard entendu et retournent dans leurs armées respectives. Calogrenant donne quelques ordres et met son casque, l'affrontement est inévitable. Mais quelque chose trouble Calogrenant qui lève lentement les yeux vers le ciel, comme poussé par une volonté autre que la sienne. Une silhouette informe se dessine à travers les nuages. Long corps de reptile pourvu d'ailes, planant majestueusement dans les cieux, un dragon. La bête pousse un rugissement que seul le roi de Calédonie peut entendre, son regard se perd dans l'oeil vif et acéré de la créature qui finit par s'éclipser. Calogrenant revient à lui comme s'il sortait d'un rêve.

CALOGRENANT (murmurant) - Pendragon...

Et sans rien ajouter de plus, il pousse son cheval en avant et se place face à son armée.

CALOGRENANT (à son armée) - Tenez bon ! Ne tremblez pas ! Montrez à ces peignes-culs ce qu'est le courage calédonien ! Regardez les ! Tout beaux dans leurs petits habits tout propres, tout blancs ! Ils vous font peur ?! Et bien à moi non ! Je n'ai pas peur ! Parce que je sais pourquoi je me bats ! Je sais pourqui je risque ma vie aujourd'hui ! (levant son épée) Pour Arthur !

ARMEE (à l'unisson et les armes levées) - Pour Arthur !

CALOGRENANT (faisant tournoyer son épée au dessus de sa tête) - Pour Arthur ! Pour le Roi !

ARMEE (scandant) - VIVE LE ROI ARTHUR ! LONGUE VIE AU ROI ARTHUR !

CALOGRENANT (tournant son cheval) - Battez-vous pour lui ! Battez-vous pour la Calédonie ! Battez-vous pour la Bretagne ! Chargeeeeez !!!

Le sol tremble sous les bottes et les sabots. Poussé par leur courage et leur combativité les Calédoniens passent à l'attaque comme un seul homme. Chargeant bien loin en tête, Calogrenant exulte de rage. Dans le camp de Lancelot, les archers se tiennent près. Les Calédoniens se rapprochent. Lancelot lève son bras. Les archers bandent leurs arcs. L'attaque est imminente, Calogrenant prépare son coup d'épée, prêt à frapper le premier soldat à portée, il hurle. Lancelot baisse vivement son bras, conservant une expression d'inquiétante indifférence sur le visage. Le ciel se retrouve obscurci par une terrifiante volée de flèches.

Acte III

Dans une forêt sinistre, en dehors de toute réalité, Merlin, Enchanteur de Bretagne, se fraye un chemin à travers des barrières de ronces acérées et des arbres nus et tordus. Sa robe grise se déchire par endroit. Après un véritable parcours du combattant, il débouche sur une clairière sordide. Le sol est jonché de mauvaises herbes, de flaques d'eau nauséabondes, de boues et de tourbes, et de restes humains en proie aux assauts répétés d'une horde d'énormes rats. Au centre de la clairière trône un rocher couvert de symboles celtiques, une épée y est fichée. Ressemblant fortement à Excalibur, à la seule différent que sa lame est noire. Le lierre recouvre l'arme. Merlin s'approche d'un pas prudent. Un ricanement sonore retentit et se répercute en un écho interminable. Apparaît alors, de derrière la pierre, Méléagant.

MELEAGANT - Vous en avez mis du temps !

MERLIN - De quoi ?

MELEAGANT (narquois) - Bah malin comme vous êtes ! Je pensais que vous vous seriez radiné ici depuis belle lurette.

MERLIN - Figurez-vous qu'on fait pas tout ce qu'on veut dans la vie !

MELEAGANT - Ah mais j'oubliais ! Le grand Merlin voit tout. Il n'a donc pas besoin de se déplacer à tout bout de champ.

MERLIN - Bon la barbe ! (menaçant Méléagant du doigt) J'suis venu vous dire que vous aviez dépassé les bornes cette fois !

MELEAGANT (faussement intimidé) - Oh, oh non ! J'aurais fait ça ?

MERLIN - Déjà vous aviez eu de la chance avec Uther ! Mais cette fois les dieux vous feront pas de cadeau je peux vous le dire. Vous vous en tirerez pas aussi facilement avec Arthur !

MELEAGANT (retrouvant son sérieux) - Les dieux ? Il y a bien longtemps que j'ai quitté le service de cette bande de ringards, mon pauvre ami. Vous avez toujours un cran de retard. J'en sers d'autres dorénavant.

Méléagant tourne le dos à Merlin et pose sa main sur la garde de l'épée fichée dans la pierre.

MELEAGANT (pensif) - Vous savez ce que ça signifie ?

MERLIN - J'en ai une petite idée. (se ravisant) Enfin non, pas du tout non.

MELEAGANT (souriant) - Je m'en doutais, je l'avoue. Ça signifie que vous vous battez pour une cause perdue d'avance. Vous, le curton, la Fillette du Lac, et tous les chevaliers. Il n'y a plus d'espoir. (s'écartant et montrant l'épée noire de la main) Regardez par vous-même ! Arthur est loin ! Et il ne reviendra pas !

Merlin se perd dans ses pensées, les paroles de l'Homme en noir s'insinuant dans son esprit comme du poison dans ses veines. Il se demande si cette être maléfique dit la vérité. Le doute s'empare du druide.

MELEAGANT - Vous savez ce qu'il vous reste à faire. Vous ne pouvez plus rien ici. Vous auriez pu tout arranger il y a des années mais la nullité crasse que vous traînez comme un boulet vous en a empêché. Aujourd'hui c'est moi qui mène la danse.

MERLIN (pour lui) - Et où je vais aller moi ?

MELEAGANT (sautant nonchalamment sur la pierre) - J'vous fais confiance, vous arriverez à trouver. Il y a d'autres mondes vous savez...

La Réponse semble se désintéresser de Merlin, comme si la conversation était terminée. Le druide commence à tourner les talons, la tête baissée, vaincu. Mais il se ravise, il sert les poings et fait de nouveau face à Méléagant.

MERLIN (déterminé) - Non. J'vous laisserai pas faire.

MELEAGANT (tournant la tête) - Quoi ?

MERLIN - Je suis Merlin, Enchanteur de Bretagne ! Et on me connaît aussi sous le nom de Coco l'Asticot, mais ça passons. J'suis le fils d'un démon et j'ai presque 900 piges ! Je peux faire apparaître une pluie de pierres, foudroyer mes ennemis ! Et quand vous avez foutu la merde y'a 35 ans, j'ai rétabli la barre en prenant Arthur sous ma protection et en m'arrangeant pour qu'il puisse devenir roi de Bretagne ! Vous croyez vraiment que vous m'impressionnez ? Alors si vous voulez mener la danse môssieur Méléagant, va falloir compter avec moi ! Parce que maintenant Merlin il est colère ! Et merde !

MELEAGANT - Comme vous voudrez...

Méléagant exécute un geste vif de la main en direction de Merlin. Le druide ne peut plus bouger, ses membres se tétanisent. Il sent une chaleur oppressante remonter le long de son corps. Et soudain ses yeux se mettent à brûler. Merlin hurle de douleur et rejette la tête en arrière. L'instant d'après, le père Blaise et la Dame du Lac, terrorisés, agrippe Merlin, adossé contre un arbre, qui porte les mains à ses yeux carbonisés et à demi-fondus. Malgré la douleur encore présente, Merlin essaye de reprendre le dessus et souffle. La forêt sinistre a disparu pour laisser place à une clairière ensoleillée.

DAME DU LAC (horrifiée, les mains à la bouche) - Vos... vos yeux !

MERLIN (tremblant) -... J'ai échoué.

Acte IV

Pays de Galles, sur un sentier cerné par les bois, une colonne d'une vingtaine d'homme en blanc chevauche au petit trot. Tapis dans les buissons, des ombres se déplacent silencieusement et épient la compagnie d'armes. L'éclaireur de la colonne se doute de quelque chose et lève vivement le bras, les cavaliers s'arrêtent. Le chef fait remonter son destrier au niveau de celui de l'éclaireur. Ils regardent alentour.

CHEF - Qu'est-ce qui y'a ?

CAVALIER (dramatique) - Ecoutez. C'est trop calme...

Soudain, des projectiles fusent des buissons. Des petites bourses de tissus viennent s'écraser sur certains cavaliers qui hurlent de douleur et se frottent les yeux.

CHEF (tournant la tête vers ses hommes) - Vous foutez quoi derrière ?! Y vous arrive quoi ?!

CAVALIER 1 - Ah mes yeux ! Ça pique !

CAVALIER 2 - On dirait... du sable ! Du sable mi-fin !

Surgit alors Karadoc, en mode camouflage édulcoré ou intempestif, qui se plante devant les chevaux de tête. Effrayés, les bêtes se cabrent en arrière, jetant à bas de selle leurs cavaliers respectifs, pour finir par s'enfuir. Alors que le chef rampe au sol pour essayer de se relever, Karadoc l'assomme d'un coup de fenouil derrière la tête. Les hommes de Lancelot mettent pied à terre pour certains, Perceval arrive en courant vers l'un d'eux le bras levé. Le soldat attaqué essaye de se protéger en tendant la hampe de sa lance en travers. Mais du tranchant de la main, le chevalier gallois brise la lance en deux, laissant le soldat tout penaud. Un autre homme en blanc s'approche de lui en courant, l'épée à la main, Karadoc le repère.

KARADOC (à Perceval) - Derrière vous ! Faîtes gaffe !

Perceval se retourne à temps pour esquiver le coup d'épée. Le soldat récidive, Perceval esquive de nouveau. La confusion et la panique s'empare de la colonne, certains cavaliers prennent même la fuite. Pendant ce temps, Perceval continue d'esquiver les puissants coups assenés par son adversaire qui commencent à s'essouffler. Karadoc s'approche alors de lui et lui pète une cruche sur la tête. Le chef de la bande retrouve ses esprits et voit ses hommes s'enfuir. Il leur court après en trébuchant.

CHEF (furieux et désemparé) - Revenez là ! Sales lâches !

Il tourne la tête vers Perceval et Karadoc qui s'approchent de lui, son visage s'éclaire. Il les reconnaît.

CHEF - Vous !?

Il rampe pour leur échapper, mais il se heurte aux jambes massives de Kadoc qui lui aussi a revêtu un camouflage, caca cette fois. Kadoc le regarde de haut.

KADOC - Il est où Kadoc ? Il est bien caché !

Et sans rien ajouter Kadoc frappe le chef des hommes en blanc qui sombre une fois de plus dans l'inconscience. Quand il ouvre de nouveau les yeux, il est ligoté à un arbre face au joyeux trio, apparemment satisfait de leur victoire. Perceval s'avance et lui jette de l'eau à la figure.

PERCEVAL - Ça va ? Tu te réveille ?

CHEF - Vous me paierez ça ! Attendez que je me sorte de là !

KARADOC - Oh tu te calmes oui ?! Parles plus poliment.

KADOC - Tu causes poli ! Sinon papy y va se fâcher !

Le chef rumine en jetant des regards noirs à ses ennemis. Perceval se poste juste en face de lui et s'accroupi, son visage est étrangement sérieux.

PERCEVAL - Tes potes vont pas tarder à se ramener avec les renforts. Donc avant qu'on se tire on a un p'tit message à transposer à Lancelot.

CHEF - Transmettre.

PERCEVAL (surpris) - De quoi ?

CHEF - Vous avez dit transposer. C'est transmettre qu'il faut dire. Elle veut rien dire votre phrase là.

PERCEVAL (à Karadoc) - Y ferait pas le bourrin lui ?

KARADOC - Vous voulez qu'on le défonce ?

CHEF - Bon c'est quoi votre message ?!

Perceval retrouve son sérieux. Il plante son regard bleu intense dans celui du chef impuissant.

PERCEVAL - Tu vas lui dire ça.... (rapproche son visage de celui du chef) On en a gros !

Acte V

Rome, Villa Aconia, Arthur se repose sur le lit. Il a bien meilleure mine. Mais une dispute dans le péristyle le tire de sa méditation. Il se lève et va voir ce qu'il se passe. A l'entrée, il voit Tullia en train de hurler sur Flavius. Lucius et Clementia, tristes et effrayés, remarque Arthur et se précipite pour se cacher derrière lui.

TULLIA (furieuse) - Mais comment est-ce que tu as pu faire ça ?!

FLAVIUS - Il le fallait ! J'avais pas le choix.  T'aurais voulu quoi hein ?!

TULLIA - Ce que j'aurais voulu ?! Ah ! Ce que j'aurais voulu c'est un mari qui ne passe pas toutes ses soirées à boire et à faire des paris stupides !

ARTHUR - Euh dîtes ! Vous me racontez ce qui se passe ? Parce que j'étais en train de me reposer en fait.

Tullia et Flavius se regarde, pris au dépourvu par l'arrivée d'Arthur. Mais avant qu'ils ne puissent se justifier, Venec entre à toute vitesse, apparemment très pressé.

VENEC - Sire, sire !

ARTHUR (à Venec) - Ah bah enfin ! Des semaines que j'ai pas de nouvelles !

VENEC - Sire, c'est la merde !

ARTHUR - Quoi la merde ?

VENEC (désignant la sortie) - Bah y'a toute une bande de loustics qui se ramène par ici. C'est le genre pas câlin si vous voyez ce que je veux dire.

ARTHUR - Non pas vraiment.

VENEC - Des types dans mon genre mais moins sympa.

ARTHUR - Ah. (se tournant vers Flavius et Tullia) Vous savez quelque chose là-dessus ?

Flavius et Tullia restent sans voix.

ERASTES - On dérange pas j'espère !

Arthur et ses compagnons font volte face pour voir Erastès, glaive à la main, entrer dans la villa accompagné de Timon, du colosse, et d'une demi-douzaine d'hommes de mains armés de gourdins et de dagues.

ERASTES - Sinon vous nous dîtes hein !

ARTHUR - Vous êtes qui au juste ?

ERASTES - Ah oui désolé. Il faut dire que je suis tellement connu ici que j'oublies souvent de me présenter. Erastès Fulmen, à votre service altesse.

Arthur est abasourdi. Il regarde directement Venec qui hausse les épaules pour montrer son innocence.

ERASTES (à Flavius) - Je tiens à te remercier mon cher Flavius. Finalement tu as tenu ta parole. Je pense que tu ne m'en voudras pas d'avoir pris un peu d'avance et de ne pas avoir attendu que tu me livres sa majesté toi-même.

Erastès sourit. Arthur tourne vivement la tête vers Flavius.

ARTHUR - Flavius ?

La marchand d'épices baisse la tête, mort de honte.

VENEC - Pour une fois que c'est pas moi.

ERASTES - Silence !

FLAVIUS (à Arthur) - C'est le jeu. C'est plus fort que moi. J'avais pas le choix. Je devais penser à ma famille, Erastès menaçait de leur faire du mal si je trouvais pas un moyen de payer ma dette. Alors...

ARTHUR - Alors vous avez décidé de me vendre.

ERASTES (à Timon) - Pour un peu ça me filerai la larme à l'oeil cette affaire.

Erastès et ses hommes se mettent à ricaner.

ERASTES (à Arthur) - Bon maintenant y'a deux options. Soit vous venez avec nous sans faire le mariole, soit vous décidez de jouer les héros et on vous dérouille la tronche.

Arthur regarde mystérieusement Venec pendant un moment. Puis il passe en revue la bande de truands et acquiesce en silence. Erastès et Timon s'approche de lui et commence à lui ligoter les mains.

ERASTES - Jolies cicatrices.

ARTHUR - Conneries de jeunesse.

ERASTES (ironique) - Intéressant. (à Flavius) Bien, je considère ta dette payée. Mais si j'étais toi je foutrai le camp de Rome le plus vite possible. Parce que la prochaine fois que je te vois, ta famille et toi vous êtes morts.

Et Erastès et sa bande quitte la villa en emmenant Arthur avec eux qui jette un dernier regard à Venec et la famille. La porte se referme sur son dernier regard.

EPILOGUE

Pays de Galles, Perceval, Karadoc, et Kadoc, prennent un dîner frugal, du moins du point de vue de Karadoc. Leur feu de camp crépite et leur apporte une douce chaleur réconfortante.

KARADOC - Vous trouvez pas qu'on y est allé un peu fort ?

PERCEVAL - Comment ça ?

KARADOC - Bah "On en a gros" c'était quand même assez violent.

PERCEVAL - On le dit tout le temps à Arthur. Je vois pas ce qu'il y a de violent. En plus c'est vrai qu'on en a gros.

KARADOC - Ouais mais avec Arthur c'est pas pareil. Là y'a le contexte.

PERCEVAL - Le contexte ? Comment vous voulez dire ?

Karadoc mâche un bout de saucisson d'un air songeur.

KARADOC - Ouais non c'est pourri.

Noir

KADOC - Tatan elle a dit faut pas taper.

FIN

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Tout bonnement...excellent. Voire parfait en fait. Tout y est...l'univers de Kaamelott, les répliques, les idées, les techniques de combats, la tristesse des derniers livres, un scénario qui tiens la route, l'utilisation des personnages divers de Kaamelott et j'en passe...
Je ne sais que dire hormis bravo et merci ! Vraiment bluffant !! 
Mon scénario préféré...sans aucun conteste ^^

Bravo Astyron :)

Chevalier Feuletonniste
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Super ! Super ! Et super ! C'est bien écrit, c'est dramatique quand il faut, c'est drôle à d'autres moments.

Il y a juste la chute qui n'est pas à la hauteur, je trouve. D'ailleurs je ne comprends pas bien la fin. Quand tu dis que c'est la fin du post-cycle, tu veux dire que tu n'as pas envie de poursuivre, ou bien que tu considères que c'est vraiment la fin ? Parce que logiquement, ce n'est pas fini, il me semble.

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C'est la fin de mon cycle post-livre VI.

Donc il n'y aura pas de suite à ce scénario. Je vous laisse avec ce cliffhanger ^^

Chef de Clan
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ARG t'es cruel Astyron... Ça fait mal de savoir qu'y aura rien après ! C'est trop fort !! Oô Trop bon, honnêtement... Et pis le "On en a gros"... J'me suis marré... Et j'ai même eu des frissons quand j'ai lu les "POUR ARTHUR !!" De Calogrenant... Bravo... Tout simplement, bravo.

Scribe et archiviste officiel
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Ça fait du bien d'avoir une petite suite à Kaamelott *laisse couler une petite larme*...mais tu peu pas nous laisser comme ça, sans fin, c'est trop cruel (je suis d'accord avec toi Sourissime) !!

Je n'ai pas très bien compris ce qu'est l'épée noir (c'est dans la légende ou pas ?) et à quoi elle servait (enfaite,j'ai pas comprit du tout ><)

Tu a très bien écrit, j'était à fond dedans, bravo, j'ai rien à dire... à si : écrit encore la suite s'iiillll teee plaaaiiiiiiittt !!!

Semi-Croustillant
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EXCELLENT! Franchement, j'avais l'impression de lire un script de AA lui-même. T'es très fidèle à l'univers Kaamelott, les dialogues sont bien écrits, le scénario est bon... Bref, pas grand chose à dire, en fait ^^

C'est vrai que le "Pour Arthur !" de Calogrenant fout des frissons ^^

Scribe et archiviste officiel
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Et bien cette épée noire se trouve dans le "monde" de Méléagant issue de mon imagination. Il s'agit donc d'un pendant négatif à la vraie Excalibur qui pourrait être exploitée dans une suite. Mais vu que y'en aura pas tant pis lol.

Chevalier à la Subrogation
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exellant dommage qu'il n'y ai pas de suite parceque la c'est presque du pur AA mais bon seul hique je trouve sa dommage de terminer par un cliffenger , on reste un peu sur notre fin enfin bon sinn tres bone plume

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