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Chevalière Nebulis Causa
Hors ligne

Je vous livre ici mon troisième scénario.
J'espère qu'il vous divertira, car il n'a aucune autre vocation.
Bien entendu, n'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé. Si lors de votre lecture vous tombez sur des fautes qui auraient échappées à ma vigilance, vous pouvez me les signaler par MP pour que je les corrige.

Bonne lecture
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Salle de cours du Maître d’Armes.
Sont présents le Maître d’Armes ainsi qu’une quinzaine d’apprentis chevaliers dont Yvain et Gauvain.

Le Maître d’armes fouille les piles de parchemins sur son bureau l’air un peu embarrassé.

MAITRE D’ARMES pour lui-même - J’ai du les oublier quelque part, mais où ?.. puis à l’intention de ses étudiants Bien ! Nous allons aborder aujourd’hui l’étude des grandes batailles ayant opposées des armées aux effectifs déséquilibrés remportées par l’armée en infériorité numérique.

Yvain lève la main

MAITRE D’ARMES - Seigneur Yvain.

YVAIN - Par « déséquilibrés », vous voulez dire qu’ils étaient fous ou bien qu’ils tombaient tout le temps.

MAITRE D’ARMES prend une grande inspiration pour contenir son agacement - Je veux dire que l’effectif d’une des deux armées est très largement supérieur à l’autre. Donc, est-ce que l’un d’entre vous peut me citer le nom d’une bataille dans cette configuration ?

A ce moment là, le roi Arthur fait son entrée dans la salle de classe
Les élèves se lèvent pour saluer son entrée, sauf Yvain et Gauvain. Arthur leur lance un regard noir qui les fait immédiatement se lever.

MAITRE D’ARMES – Sire ! Quel honneur de vous voir dans ma classe. Puis-je savoir à quoi nous devons se plaisir ?

Artur, le visage fermé, tapote du doigt sur une chemise en cuir calée sous son bras.

MAITRE D’ARMES – Mes copies ! Je les cherchais justement, mes élèves auraient été très déçus que je ne puisse les corriger. Il tend la main pour les récupérer. C’est très aimable à vous de me les rapporter.

ARTHUR -  Parce que vous croyez que j’ai traversé la moitié du château juste pour ça. J’ai autre chose à faire que de jouer les coursiers figurez-vous !

MAITRE D’ARMES étonné - Y-a-t-il un problème Sire ?

ARTHUR brandit la chemise contenant les copies – Vous avez lu ces machins ?

MAITRE D’ARMES – Pas encore. Je comptais justement le faire hier soir mais comme je les avais égarées...

Le roi se tourne vers les élèves toujours debouts et leur fait signe de s'assoir

ARTHUR - Est-ce que l’un de vous peut me dire pourquoi il est ici ?... il désigne du doigt l’un des élèves Vous là !

ELEVE N°1 - Au fait moi, au départ, je me destiné à reprendre la boulangerie de mon père, mais pour draguer les filles c'était pas  top.  Alors je me suis réorienté vers la chevalerie, qui … Un morceau de craie lancé par le roi atterri sur la tête de l'élève.

ARTHUR désigne un autre élève – Vous ! Et faites gaffe à ce que vous allez dire…

ELEVE N°2 très hésitant   - Pour apprendre le noble métier de chevalier afin de servir le Royaume de Logre et son Roi ?

GAUVAIN prend la parole sans y être invité – Mon oncle, n’est-il pas paradoxal que le Seigneur Yvain et moi-même soyons ici ?

ARTHUR – Pas du tout…

GAUVAIN – Mais mon Oncle, je vous rappelle que nous sommes déjà chevaliers et que conséquemment nous n'avons pas besoin de suivre cette formation.

ARTHUR – Alors primo, vous et l’autre gogol à la table ronde, si j’avais pu m’en passer, croyez moi, je l’aurais fait, mais diplomatiquement parlant je peux pas me le permettre. Deuxio, compte tenu de vos résultats, je la ramènerais pas si j'étais vous. Et tertio, s'il y en a encore un qui prend la parole sans y être invité, il prend mon pied au cul. C’est clair ?

GAUVAIN – Aussi limpide qu'un rocher dans l'eau.

Arthur fronce les sourcils atterré.

ARTHUR – Donc comme l’a rappelé votre petit camarade, vous êtes ici pour apprendre à devenir chevalier et je peux vous assurer que pour la très grande majorité d’entre vous, ben c’est pas gagné !

MAITRE D’ARMES – Sire, n’êtes vous pas un peu dure avec eux ? Ils sont certes inexpérimentés, mais ne sont-ils pas là pour apprendre ?

Arthur sort un parchemin de la serviette de cuir et le tend au Maitre d’Armes. Celui-ci se met à le parcourir son visage se décomposant au fur et à mesure de sa lecture.  

MAITRE D’ARMES –  En effet Sire, je ne peux pas vous contredire sur ce coup là.

Artur récupère le feuillet le parcourt du regard et lève les yeux au ciel

ARTHUR – C’est illisible… On se demande avec quoi on a écrit là-dessus. La queue d'une vache ou une rognure d’ongle ? J’sais pas, mais certainement pas avec une plume ! A la question : « Un détachement d’une cinquantaine d’hommes est envoyé dans une zone ou l’on sais que des troupes ennemies sont susceptibles de se trouver. Qu’elle est la première chose que doit faire le chef du détachement ? »  l'auteur de ce torchon  à répondu  « Il faut qu’un éclaireur soit envoyé afin de sécuriser la zone ».

MAITRE D'ARMES -  La réponse manque en effet d'un un peu de développement, mais elle est correcte.

ARTHUR – La réponse peut-être mais l’orthographe et la grammaire, excusez moi, mais si je ne lisais pas à voix haute, ben j’aurais rien capté :
« Il faut » : faut  F.O.
« qu’un » :  k apostrophe 1
« néclereur » : personnellement je sais pas ce que c’est que cette bête le néclereur.
« soit envoyé afin » : A, plus loin faim F. A. I. M.  « de sécuriser la zone »
Je sais que vous n’êtes pas là pour devenir scribe, mais faites un effort bordel ! On va pas réinventer la grammaire et l’orthographe sous prétexte que c’est trop dur. Et puis si on continu comme ça on va revenir à la tradition orale, parce que c’est pas possible… C’est la fin d’une civilisation à coup sure cette histoire.
Je passe sur les tâches de bouffe, l’écriture de goret…Faut soigner la présentation les gars ! Vous êtes sensés représenter la future élite de la Bretagne ! Pas un clan merdique de trois pelés et un tondu au fond d’une cabane en rondins et bouse de vache.

MAITRE D’ARMES – Sinon mis à part un problème de présentation et des progrès dans la syntaxe, qui je vous le concède ne doivent pas être pris à la légère, il n’y a pas de quoi s’alarmer ? 

ARTHUR – Ah mais non ! Là c’était que le hors d’œuvre, parce que le reste est gratiné. Il cherche dans la chemise un autre parchemin puis lis : « Donnez le nom de deux armes contondantes qui peuvent être utilisées  lors d'un combat »…« Un fenouil et un pichet de vin » et entre parenthèses « rouge de préférence, comme ça l’adversaire sera déstabilisé par les tâches sur ses vêtements, surtout s’il est très bien habillé »

MAITRE D'ARMES se saisissant vivement de la feuille - Mais qu’est-ce que c’est que cette réponse à la con ?

ARTHUR – C’est justement la question que je me pose. Qu’est-ce que vous leur apprenez  ?  Je sais bien que je suis généralement pas aidé, mais vous je vous faisais un minimum confiance.

MAITRE D'ARMES – Et bien dans ce cours, nous avions abordé l'utilisation des masses et autres armes de la même famille, mais croyez moi Sire, il n'était pas question de pichet et encore moins de fenouil.

Gauvain lève timidement la main. Arthur lui fait signe de parler .

GAUVAIN : Mon oncle je pense avoir la réponse à votre questionnement. C’est le Seigneur Caradoc qui nous a enseigné une technique de combat à l’aide d’objet utilitaire de la vie de tous les jours.

YVAIN : Ouai ! Et même que c’était trop classe. J’ai appris par exemple que le flan n’était pas très efficace pour assommer.

GAUVAIN - Sauf si on l’envoi dans son contenant.

YVAIN - Oui en effet ! Je me souviens de ce particularisme : la jatte est plus contingente que le flan en devers lui.

ARTHUR s’adresse au Maitre d’Armes – Caradoc ! Et depuis quand Caradoc est-il instructeur ?

MAITRE D’ARMES – Vous m’aviez fait mander Sire ! Je ne pouvais pas laisser la classe sans surveillance et le Seigneur Caradoc s’est aimablement proposé pour me remplacer.

ARTHUR – Et bien à l'avenir choisissez mieux vos suppléants mon vieux !


ARTHUR – Ah mais je comprends mieux maintenant… Il feuillète avec empressement les copies puis lit : « Dans votre tâche de justice, vous êtes amené à juger un homme que la pauvreté à conduit à voler un œuf. Selon vous, quel est le juste châtiment ? »... « Dix ans de galères après lui avoir coupé les deux mains »… Leodagan ?

MAITRE D’ARMES – Je devais me rendre aux obsèques de ma tante et comme nous abordions le sujet de la justice, il m’a semblé qu'il était le mieux placé pour cela.

ARTHUR – Que Léodagan ne soit pas connu pour sa clémence ne vous a pas mis la puce à l’oreille ? Vous ne vous êtes pas dit qu'il allait leur fourrer dans le crâne des concepts de bourrin ? « Le Sanguinaire » c’est pas juste pour faire jolie après son nom !

MAITRE D’ARMES qui commence à montrer des signe d'agacement – Je fais ce que je peux Sire ! Je cumule les fonctions d'instructeur, entraineur et conseiller ! Je ne peux pas toujours être au four et au moulin !

Arthur continu à chercher dans les parchemins qu’il a en main.

ARTHUR – Ah tien ! Elle est pas mal celle là : « Quelle est la pièce d’équipement la plus indispensable pour un chevalier ? » … « un caleçon molletonné ». A qui doit-on ça d’après vous ?

MAITRE D’ARMES – Ca ressemblerait assez au seigneur Bohort… Qui, soit dit en passant, n’a pas tout à fait tord, compte tenu du temps qu’un chevalier passe sur sa monture.

ARTHUR – Mais j’en ai rien à carrer ! C’est débile comme réponse ! On s’attend tout de même à ce qu’il réponde "son épée" ou un autre truc dans le genre. Mais non ! Un caleçon molletonné… Qu’est-ce que vous croyez qu’ils vont dire les chefs barbares, s’ils apprennent qu’en Bretagne les chevaliers pensent avant tout à sauver leurs miches et pas qu’au sens figuré ?

MAITRE D’ARMES – Vu comme ça, c’est vrai que ça fait un peu chochotte…

ARTHUR s'adressant aux élèves – Je sais pas si vous avez bien conscience de votre chance. S'il n'y avait pas cette école beaucoup d'entre vous seraient à quatre pattes en train de ramasser des navets dans un sol gelé.  Mais parce qu'on a décelé en vous des capacités - Yvain et Gauvain bombent le torse, Arthur leur lance un regard noir en coin - ou parce que votre naissance vous a offert un passe droit - Yvain et Gauvain se tassent à nouveau - on vous donne l'opportunité de faire de votre vie quelque chose d'utile et de grand.
Des illettrés, des cons et j'en passe, j'ai déjà ce qu'il faut… En revanche des chevaliers valeureux, intelligents et justes, j'avoue que ça m'arrangerait qu'il y en ait un peu plus. En créant cette école, je caressais l'espoir qu'enfin la Bretagne se doterait d'un commandement digne de ce nom. Alors, mes p'tits gars, je vous conseille de vous ressaisir et vite !

Arthur prend la direction de la porte, s'arrête et se tourne vers le Maître d'Armes.

ARTHUR – Gaugamèles.

LE MAITRE D'ARMES – Pardon Sire ?

ARTHUR – La bataille de Gaugamèles… Alexandre à vaincu avec 45 000 hommes l'armée de Darius III qui en comptait 300 000… - s'adressant aux élèves - Et oui, moi aussi j'ai étudié, je ne suis pas arrivé là ou je suis en me curant le nez. J'ai bossé, j'ai lu et je me suis entrainé très durement. C'est en grande partie grâce à cette éducation que je suis devenu ce que je suis aujourd'hui… Alors Maitre d'Armes, je compte sur vous pour faire de ces crétins des chevaliers dont je n'aurais pas à rougir. Je veux qu'ils deviennent des chefs de Guerre aptes à vaincre dans des batailles qui deviendront aussi célèbres que celle de Gaugamèles…

Arthur quitte la salle de classe.

Le Maître d'Armes se place devant sa classe, le visage impassible, droit comme la justice.

LE MAITRE D'ARMES vociférant –  Dehors bande de petites tafiolles ! Vous avez 20 minutes pour me rejoindre dans la cour en armure complète et rutilante… Et que ça saute !  Je vais vous apprendre moi ce que c'est qu'une Arme contondante en vous tannant la peau du cul avec !

Les élèves se lèvent précipitamment pour quitter la salle.

NOIR

MAITRE D'ARMES – Ceux qui auront, ne serait-ce qu'une seconde de retard, irons rejoindre le voleur d'œuf…Histoire de vérifier par eux-mêmes si on peut tenir une rame avec des moignons.

Chevalier Feuletonniste
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Je trouve que l'idée de base est très bonne ! :) Effectivement, le maître d'arme s'est fait plusieurs fois remplacer et on peut supposer qu'il y a eu des conséquences. Le moment faible du sketch, je trouve que c'est la fin, à la limite j'aurais peut-être terminé par le « Dehors bande de petites tafiolles ! » qui augure de la suite. Cela dit, on n'est pas obligé de faire des sketchs à chute, et après tout il y a pas mal de moments drôles (j'ai éclaté de rire avec le coup du caleçon molletonné...)

Pour ce qui concerne les fautes, il y en a effectivement quelques-unes, mais nettement moins que la moyenne. Celle qui m'a fait le plus tiquer est le nom de la bataille ( Gaugamèles ) mais tu l'as peut-être tapé de mémoire ? En tout cas c'était un excellent exemple et ça me rappelle le film Alexandre dont c'est (je trouve) la plus belle scène...

Chevalière Nebulis Causa
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Merci Agloval.

J'ai corrigé la faute (honte à moi)

C'est vrai que j'ai eu un peu de mal avec la chute qui est peut-être trop longue.
En fait j'ai eu pas mal de difficultés avec ce scénario car entre l'idée de départ et son écriture, il y a un gouffre. J'ai écris je ne sais pas combien de versions.
En tout cas merci pour tes commentaires.

Croustillant
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"Par « déséquilibrés », vous voulez dire qu’ils étaient fous ou bien qu’ils tombaient tout le temps." m'a juste fait exploser de rire. C'est vraiment Yvain. Et puis du fait que ce ne soit pas si débile que ça (par rapport aux autres remarques d'Yvain dans la série du moins) rend la chose intelligente en plus d'être drôle. Donc ça fait que cette réplique est très drôle, mais bien drôle.
Et l'intrigue en elle-même est interessante et bien construite.
Bon, j'avoue par contre que je n'ai pas vraiment accroché au fait qu'Arthur s'insurge pour de l'orthographe. C'est, il me semble, aller trop loin dans la parodie (et je pense qu'une des grandes qualités de Kaamelott c'est que c'est certes parodique mais juste ce qu'il faut).

Chevalière Nebulis Causa
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Je suis assez d’accord avec toi sur au sujet de l’orthographe, d’autant que ce n’était pas la partie la plus simple à écrire.
Mais je ne voulais pas limiter l’indignation d’Arthur aux bourdex des « instructeurs suppléants » et montrer que les élèves n’étaient pas forcément à la hauteur.

Et puis c’était également pour faire écho au mal du moment, c'est-à-dire une déliquescence de la syntaxe (à laquelle je participe moi-même) alors que nous sommes à quelques jours de la rentrée des classes.

Si je devais faire une critique de mon texte, je dirais qu’il y a effectivement de l’idée, mais que c’est peut-être un peu fouilli. Que les longues tirades d’Arthur devraient être reparties différemment pour rééquilibrer un peu les choses.

Mais Agloval et Perceval, vous qui écrivez également êtes bien placé pour savoir que lorsqu’on a passé plusieurs heures à travailler sur un scénario, au bout d’un moment on ressent ses faiblesses mais on n’a plus assez de recul pour les corriger.

Alors merci beaucoup d’avoir pris le temps de me les montrer du doigt ; )

Chef de Clan
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Mis à part quelques imperfectons orthographiques ou syntaxiques aussi, c'est du tout bon. J'ai pour ma part, adoré le passage du flan et son contenant. Pendant que je le lisais, j'avais les voix dans ma tête, et c'est là qu'on sait que le "truc" marche. Forcément. Bravo et très bonne idée de sketch ! Très chouette !

Semi-Croustillant
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Pour ma part, je plussoie tout ce qui a été dit. Vraiment interessant, et les répliques de Yvain sont vraiment fidèles au personnage je trouve. Bravo!

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