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KAAMELOTT – La Romance de Perceval –


Je livre une première partie. Je n'ai pas encore tout à fait défini la suite, mais j'ai envie de savoir si déjà ça se tient globalement. Merci d'avance de vos remarques.


La Salle à manger de Kaamelott. Arthur et Perceval sont seuls à table. Arthur s’empiffre tandis que Perceval, pensif, grignote un saucisson.

Perceval – Sire, je peux vous poser une question ?

Arthur – Ouais, tant que vous m’obligez pas à y répondre.

Perceval – Bah, c’est-à-dire que là, ça m’arrangerait.

Arthur – Quoi ? C’est encore quelqu’un de votre famille qu’à calancher ?

Arthur réalise sa brusquerie. Il secoue la tête.

Arthur – Excusez-moi, c’était très con de ma part. Vous avez le droit de m’allumer.

Perceval – Non, c’est pas grave, Sire. Non, cette fois, c’est vraiment pour moi.

Arthur – Je vous écoute.

Perceval – Je crois que je suis amoureux.

Arthur semble s’étonner de la simplicité de la déclaration.

Arthur – Oui, je suis au courant. Vous m’en avez déjà causé deux mots. Une de mes boniches que je peux pas piffer. Il me semble d’ailleurs vous avoir dit que votre union l’arrangeait autant que moi. Elle s’affranchissait et du même coup, elle me foutait la paix.

Perceval – Non, c’est pas elle, justement. Avec Angarade, ça s’est vachement refroidi à force que je pigeais rien à ce qu’elle me disait. Je crois qu’elle me fait la gueule.

Arthur – Du coup, vous vous êtes rabattu sur qui ?

Le visage de Perceval s’illumine.

Perceval – Une fille vachement bien. En plus, vous allez pas me croire. Elle comprend tout ce que je dis et moi c’est pareil !

Arthur – Un peu que j’ai dû mal à vous croire. On peut savoir son petit nom à cette veinarde ?

Perceval – Guenièvre.

Arthur s’arrête brusquement de mâcher. Il paraît s’étrangler.

Arthur – Quoi ?!! Vous voulez dire ma femme ? La Reine ?? Enfin, l’autre, là ???

Perceval – Mais, non, Sire, pourquoi vous dites ça ?

Perceval réfléchit un instant avant d’être frappé par l’évidence.

Perceval – Ah, mais c’est vrai que c’est nom de la Reine aussi. J’avais pas encore fait le rapprochement.

Arthur – Bah moi je peux vous dire que ça a pas mis des plombes.

Il place une main sur son cœur et reprend difficilement sa respiration.

Arthur – La vache, me refaites jamais ça, nom d’un chien ! J’ai failli avoir une attaque…et j’aurais pu éventuellement vous buter ! Vous vous rappelez qu’un Chevalier digne de ce nom ne doit jamais convoiter la femme d’un autre Chevalier. Encore moins s’il s'agit de la Reine.

Perceval – Sire, je me serais jamais permis autrement, vous commencez à me connaître. Je serai prêt à mourir pour vous. Enfin, je crois.

Arthur cache maladroitement son propre embarras.

Arthur – Ouais, bon d’accord, mais en tout cas si vous voulez qu’on continue cette conversation, va falloir lui trouver un autre nom à votre dulcinée.

Perceval – Peut-être qu’elle en a un. Je lui demanderai, si vous voulez.

Arthur – Ouais, ce serait pas du luxe. Mais pourquoi Guenièvre ? C’est pas anodin d’appeler une fille comme ça !

Perceval – Je saurais pas vous dire. Je sais pas ce que ça veut dire « anneau d’un » ?

Arthur – Elle est comment ?

Perceval – Comme je vous ai dit, vachement bien.

Arthur – Mais encore. Elle est bien faite de sa personne ? Bien éduquée ? Bonne cuisinière ? Elle a un statut enviable ? Un métier prestigieux ? Je sais pas, moi ! Et du côté du citron ?

Perceval fait la moue.

Perceval – Ah, je crois qu’elle aime pas les fruits, justement.

Arthur – Mais, non, banane ! Je vous demande si elle en a dans le cigare, le ciboulot, la cafetière, quoi !!! J’utilise pourtant pas des mots compliqués, c’est à votre portée ça, quand même !

Perceval – Non, mais j’ai compris, Sire. Je suis pas con. Mais là aussi, je vous ai déjà répondu. Elle se fait très bien comprendre et moi je pige tout ce qu’elle me dit. Après le reste, vous savez…

Arthur – Très bien. Bah, on dirait que vous avez fini par trouver chaussure à votre pied. Je vais pouvoir commencer à croire aux miracles. Vous allez voir qu’on va me servir le Graal sur un plateau !

Il trinque avec Perceval, tous deux rayonnent de joie.

Perceval – Ah, c’est marrant que vous parliez de ça !

Arthur – Je vois pas en quoi, mais vous allez me dire.

Perceval – Guenièvre…

Perceval s’interrompt en voyant Arthur grimacer.

Perceval – Quoi ?

Arthur –  Non, rien. Faut juste que je m’habitue, c’est tout. Allez-y !

Perceval – Guenièvre m’en a parlé du Graal. A l’entendre, elle en connaît un bout sur le sujet.

Arthur – Tiens donc, de mieux en mieux. Va vraiment falloir que je la rencontre cette demoiselle. Elle habite où, au fait ?

Perceval – Dans un village. C’est pas tout près, mais quand je passe dans le coin, je lui rends visite.

Arthur – Mais vous l’avez rencontrée quand, au juste ?

Perceval – C’était pendant une quête. Je me souviens plus laquelle.

Arthur – Mais vous en avez jamais parlé aux réunions !

Perceval – Je me disais que vous me croiriez pas. Alors c’est vite devenu une sorte de secret.

Arthur – Peut-être qu’on vous aurez pas cru, mais ça nous aurait changé des vieux, en tout cas. Et rien que pour ça, fallait pas vous en priver.

Arthur observe un instant Perceval.

Arthur – Un secret, hein ? Je vais vraiment finir par croire qu’on devient intimes.

Perceval – Intimes, c’est quand deux personnes peuvent pas se blairer, c’est ça ?

Arthur – Et bah non, pas de bol, c’est tout le contraire ! Si vous connaissez pas ce mot là, vous risquez pas d’aller loin dans vos relations. A propos, vous dites qu’elle se fait très bien comprendre. C’est-à-dire ? Elle utilise quel genre de langage, de vocabulaire ? C’est une fille de ferme ? La sœur d’un tavernier ? Bah, répondez ! Je vais pas vous faire une liste à chaque fois, quand même !

Perceval  – Je saurais pas trop vous dire.

Arthur – Disons…tiens, par rapport à moi, ses phrases sont plus simples, plus accessibles ?

Perceval – Je connais pas ce mot là.

Arthur – Oui, bah, justement. Ce genre de mot comme accessibles qui vous passe carrément au-dessus, elle les utilise quand elle vous parle ?

Perceval – Ca m’étonnerait puisque je la comprends.

Arthur – bah c’est qu’elle doit parler comme vous, alors, faut pas chercher plus loin.

Perceval blêmit à son tour.

Perceval – Et c’est grave ?

Arthur se permet de rire un peu.

Arthur – Pas spécialement. Après tout, ça fait de mal à personne. Au contraire. Ca doit vous changer la vie, je me trompe ?

Perceval – C’est vrai que ça fait du bien de plus avoir à sortir la botte secrète ou d’avouer qu’on comprend pas un mot et de passer pour un glandu.

Arthur – Vous savez quoi ? Je suis content pour vous. Vraiment ! Vous pouvez pas savoir à quel point ça me soulage. C’est que je finissais par me mettre à votre place. Et je peux vous dire : c’est pas une…

Perceval – …sinécure !

Chef de Clan
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Pas mal pour une première partie. J'aime bien.

J'ai bien aimé quand Perceval révèle le nom de sa dulcinée. :)

En revanche, je trouve cette phrase peut -être un peu excessive:

Perceval – C’était pendant une quête. Je me souviens plus laquelle.

Arthur – Mais vous en avez jamais parlé aux réunions ! Et me soutenez pas le contraire ou je vous mets une danse !

Perceval – Je me disais que vous me croiriez pas. Alors c’est vite devenu une sorte de secret.

Elle est une peu trop cassante, elle vient un peu trop brutalement par rapport au dialogue, selon moi...

Mais sinon, l'idée est vraiment drôle... j'ai hâte de voir Perceval parler avec elle (enfin... si c'est prévu?) ;)

Chevalier Feuletonniste
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L'idée est bonne (il y aura une suite ?), mais le coup de Guenièvre/Guemièvre, je n'y arrive pas. Même si c'est sensé être absurde, il ne faut pas oublier qu'il y a une logique de l'absurde (c'est ça qui est drôle). Qu'elle s'appelle aussi Guenièvre, pas de problème, mais qu'elle soit surnommée Guemièvre me paraît tordu et ne sert à rien dans l'histoire (à part répéter le gag, ce qui alourdit le comique). Je trouve que ce serait mieux si elle s'appelait Guenièvre comme la reine et c'est tout : ça permet d'avoir le gag (on croit que c'est la reine) et de gêner Arthur lorsqu'il parle de sa nouvelle fiancée - aussi bien qu'avec le surnom.

Scribe et archiviste officiel
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merci pour vos réactions qui me confirment qu'une première lecture s'imposait. le coup de guemièvre est un peu tiré par les cheveux c'est vrai et je pense que tu as raison ça dessert le gag de départ. Pour la réplique d'arthur je voulais montrait que le Roi aime beaucoup perceval et qu'il est est très exigeant envers lui parce qu'il veut qu'il fasse des progrès et qu'il soit honnête avec lui mais je pense que je vais adoucir la réplique.

Chevalière Nebulis Causa
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C'est vraiment pas mal. L'echange entre Perceval et Arthur est crédible mais manque un peu de rythme. Il est sans doute trop "dilué".
Je partage l'avis d'Agloval que le Guenièvre / Guemièvre. Le même prénom ce serait mieux d'autant qu'il pourrait créer une confusion dans l'esprit d'Arthur qui pense que sa femme est con comme une chaise, alors de là à ce qu'elle comprenne Perceval, il n'y a qu'un pas.

Mais j'attends la suite en espérant que l'on assistera à un echange mémorable entre Perceval et sa dulcinée (j'ai hâte)

Scribe et archiviste officiel
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Bon, voici la suite et la fin. Je préfère tout de suite vous prévenir, c'est absolument pas ce que vous attendez. J'ai préféré gardé une idée plus originale qui me tenait à coeur du coup attendez-vous à une grosse surprise ! En espérant que ça vous plaise quand même !



Arthur reste bouche bée quelques secondes.

Perceval – Ca va pas, Sire ?

Arthur – Euh…si, si. C’est juste que vous m’avez pas habitué à ça.

Perceval – Je vois ce que vous voulez dire. Je crois justement que c’est depuis que je vois Guenièvre. J’ai développé une sorte de sixième sens, comme les aveugles et les chauve-souris, vous voyez ?

Arthur – Oui, vaguement. Vous voulez dire que vous devinez les choses un peu à l’avance.

Perceval – C’est ça !

Arthur – On appelle ça la divination. En terme plus savant, évidemment. Mais si elle vous fait tant de bien que ça, Gue…, enfin, votre dame-là, invitez-là au château.

Perceval – A Kaamelott, vous voulez dire ?!!

Arthur – Oui. Dites-lui que le Roi veut la recevoir car il serait honoré de connaître…celle qui fait battre le cœur du plus preux de ses Chevaliers.

Perceval – Dites, Sire, vous en pensez pas un mot ?

Arthur – La vache ! C’est vrai que vous êtes plus finaud qu’avant ! Vous seriez pas tombé sur une magicienne, par hasard ? Parce que ça m’a tout l’air de ressembler à un envoûtement !

Perceval – C’est pas ça qu’on appelle l’amour ?

Arthur se raidit comme s’il avait marché sur un clou.

Arthur – Mais c’est que ça pas l’air de vouloir s’arrêter cette connerie ! Vous partez sur le champ et vous me la ramenez !

Perceval – Quoi, maintenant ? Mais il fait nuit !

Arthur – Rien à battre. Je le croirai que quand je le verrai.

Il secoue la tête comme si une idée venait de faire son chemin et il se lève de table.

Arthur – Oh et puis zut ! Je vous accompagne. Ce sera aussi simple !




Arthur et Perceval ont chevauché toute la nuit. Le jour commence à se lever.

Arthur – Quand vous disiez que c’était pas tout près, c’était un…

Perceval – …euphémisme, c’est ça ?

Arthur arrête sa monture. Perceval l’imite.

Arthur – Non, mais c’est dingue, ça ! On marche depuis des lieues et j’ai pas dit une seule phrase sans que vous la terminiez. On est pas jumeaux que je sache !

Perceval – Si ça vous gêne, je peux arrêter.

Arthur – Franchement, c’est pas que ça me gêne. C’est surtout que c’est…

Perceval – …Surréaliste ? Désolé, Sire, c’est plus fort que moi. C’est comme un…

Arthur – …Pouvoir magique ?

Perceval – Vous voyez, vous aussi !

Arthur – Je crois surtout qu’on a passé un peu trop de temps ensemble et que je suis en train de débloquer.

Ils se remettent en route.

Arthur – Elle est encore longue cette route ?

Perceval – Non, regardez, c’est l’entrée du village.

Arthur – Je m’arrêterai quand même bien à la taverne avant. Je sais pas vous, mais moi je boufferai une vache !

Perceval – Ca tombe bien, on a des chances de tomber sur elle.

Arthur – Elle fréquente les tavernes ?

Perceval – Bah, sinon on se serait sûrement pas rencontré.

Arthur – Je sais pas si vous êtes au courant, mais il y a des endroits plus distingués pour rencontrer une femme.

Perceval – Distingués…Vous voulez dire…qui se voient mieux, comme…un château ?

Arthur – Oui, mais non…enfin…Bon, laissez tomber, on s’en fout ! De toutes façons, c’est souvent le destin qui décide ce genre de choses. Si vous deviez vraiment la rencontrer, ça aurait pu tout aussi bien être dans un étang.


Arthur et Perceval pénètrent dans la taverne. La salle commune est vide à l’exception d’une silhouette encapuchonnée.

Arthur – C’est une impression ou y a pas un péquenot ?

Ils s’avancent tous deux. Arthur observe le seul client attablé, intrigué.

Arthur – C’est elle, Gue…

La silhouette dresse brusquement la tête, rabattant du même coup sa capuche. C’est une jeune femme aux cheveux noirs et au regard menaçant. Arthur blêmit.

Arthur – Vous ?

Perceval – Vous connaissez Guenièvre ?

Les traits d’Arthur se crispent. Sa main se referme sur la poignée d’Excalibur.

Arthur – Elle ne s’appelle pas Guenièvre. Elle ne s’est jamais appelée comme ça. Perceval, je vous présente une personne que vous aviez l’honneur de ne pas connaître, jusqu’à aujourd’hui. Ma sœur, Anna de Tintagel !

Anna – Demi-sœur. Permettez-moi de vous débarrasser.

Un homme de haute stature sort de l’ombre. Les armes des deux Chevaliers se retrouvent entre ses mains en un instant.

Anna – Je vous présente Grifford d’Orcanie, sorcier de son état.

L’homme a des cheveux longs, moirés de bleu. Il porte une robe noire incrustée de symboles runiques. Ses yeux montrent qu’il est aveugle.

Anna – Il est muet aussi. Mais je peux vous assurer que question magie, il assure.

A ces mots, le dénommé Grifford fait disparaître Excalibue et l'épée de Perceval dans un nuage de poussière noire.

Arthur ne se laisse pas impressionner. Il défie sa demi-sœur du regard.

Arthur – Tout s’explique.

Perceval, lui, est totalement paniqué.

Perceval – Vous voulez dire que je suis tombé amoureux de votre sœur !

Arthur et Anna en chœur – Demi-sœur !

Arthur – Vous pouvez faire le deuil de cet amour tout de suite. A moins que compter fleurette à un serpent fasse partie de vos fantasmes.

Perceval – Je pige rien à ce bordel !

Arthur – Elle s’est servie de vous pour me tendre une embuscade. Tout ce qu’elle a pu vous dire et vous faire croire n’avait pour seul but que de m’attirer ici, sans méfiance.

Il désigne le sorcier du menton.

Arthur – Quant à votre soi-disant sixième sens, j’imagine que c’est  l’effet d’un sort pervers que vous avez subi malgré vous. Quand je parlais de magicienne et d’envoûtement, j’étais vraiment pas tombé loin.

Perceval – Ah, c’était une surprise, alors ! Tout ça c’est juste pour une réunion de famille !

Anna – Ca risque pas. Je dirais plutôt que c’est le moment où jamais de se séparer !

Grifford s’avance vers les deux hommes, les mains auréolées de flammes. Arthur pousse Perceval sur le côté avant de se jeter lui-même au sol. Une boule de feu traverse la pièce avant de détruire la porte d’entrée dans une explosion de débris.

Arthur se redresse. Il décoche un regard noir à sa sœur, triomphante, puis sourit à son tour.

Arthur – Sauf que je reste toujours méfiant, soeurette !

Merlin et Elias de Kelliwic’h pénètrent dans la taverne à la surprise d’Anna et de Perceval. Elias brandit son bâton en direction de Grifford. Il jubile.

Elias– Enfin un adversaire à ma hauteur !

Merlin – Et moi, je fais quoi ? Je compte les points ?

Trois hommes dévalent l’escalier menant aux chambres et attaquent Arthur et Perceval.

Anna s’adressant à Arthur – Alors faut croire qu’on a la méfiance dans le sang, bâtard !

Arthur se place en protecteur devant Perceval. Il brandit son poing muni de sa bague magique et envoie l’un des spadassins contre une poutre. Un autre le repousse d’un coup de pied.

Perceval – Karadoc, donnez-moi votre force !

Perceval se jette sur un agresseur et le cloue au sol.

Perceval – Ca a marché !

La seconde d’après il reçoit un méchant coup de poing.
Pendant ce temps Grifford décoche une série de projectiles magiques qu’ Elias dévie adroitement et retourne à l’envoyeur.

Merlin – Continuez ! Vous allez l’avoir !

Elias – Ce serait sympa de participer quand même ! A moins que vous ayez vraiment rien dans le slip !

Merlin prend la mouche. Il sort une fiole qu’il avale d’un trait.

Merlin – Je la gardais en réserve celle-là. Je vais vous faire voir de quel bois je me chauffe !

Merlin pousse un cri étranglé et commence à se contorsionner. Elias, distrait, reçoit une boule de feu qui l’éjecte à l’extérieur de la taverne. Lorsqu’il se relève, il entend un grand vacarme venant de la salle commune. Un pan de mur vole en éclats et Grifford atterrit violemment au sol. Merlin est devenu un géant. Il mesure bien  trois  mètres de haut.

Merlin – Zut ! Je croyais pas que ça ferait cet effet !

Les runes de la robe de Grifford s’éclairent vivement et en s’extrayant du vêtement font apparaître un démon rouge sang couvert de griffes et de cornes. Lui aussi mesure bien  trois mètres de haut.

Elias – Vous m’excusez, mais celui-là, il est pour vous !

Merlin – Pour moi ? Vous vous faites pas chier ! Je déteste les démons, en plus !

Arthur assomme un second spadassin grâce à sa bague avant de secourir Perceval.

Arthur – Il faut qu’on récupère nos armes !

Perceval – Oui, mais c’est l’aveugle qui les a, je crois !

Arthur jette un coup d’œil à l’endroit où aurait dû se trouver Anna. Il constate avec amertume qu’elle a disparu, puis ramasse l’épée d’un des assassins.

Arthur – Cherchez dans la taverne au cas où. Moi je vais voir où en sont les deux autres !

Au moment où Arthur rejoint les trois magiciens, il se fige en voyant un Merlin de trois mètres de haut aux prises avec un Démon de même taille. Elias, quant à lui, lance un déluge d’éclairs sur Grifford.
Merlin assène de petits coups de poing au démon pour le repousser.

Merlin – Merde !  C’est qui pique, ce con ! Fous-moi la paix, je te dis ! Si tu continues à m’emmerder, je te jure que je te gerbe dessus !

Soudain le démon pousse un hurlement.

Merlin – Ah, j’ai trouvé ton point faible, Môsieur le démon-je me la pète avec mes cornes et tout le bazar !

Merlin, exultant, s’adresse à Elias – Il est allergique au vomi, ce con !

Baissant les yeux, il se rend compte qu’Arthur a planté une épée jusqu’à la garde dans le bas-ventre du démon. Ses entrailles se déversent sur le sol. Ecoeuré, Merlin vomit sur la tête du démon qui disparaît dans un nuage de poussière noire.

Merlin retrouve alors sa taille normale. Arthur le rejoint.

Arthur – Vous avez découvert que vous aviez le vertige ?

Merlin – Non, c’est les démons. Je les supporte pas.

Arthur – Pour un fils de démon, c’est bien dommage.

Merlin – Seulement du côté de mon père, je tiens à rappeler.

Arthur – J’espère que vous supportez mieux les pucelles, alors ! En tout cas ce serait sympa d’utiliser ce genre de sort pendant les batailles. Ca pourrait éventuellement nous donner l’avantage.

Merlin – Je croyais que c’était ma potion de lycanthropie. Elles ont la même couleur !

Ils rejoignent Elias qui a réussi à emprisonner Grifford dans une cage magique.

Elias bombant le torse – Ca fait du bien un bon combat de magie de temps en temps. Je vois que j’ai pas trop perdu la main. En tout cas, celui-là a compris à qui il avait affaire.

Profitant de l’occupation de chacun, le démon réapparaît derrière Arthur. Il est sur le point de le transpercer de ses griffes au moment où Perceval sort de la taverne. Celui-ci écarquille les yeux en voyant la scène.

Perceval – Karadoc, donnez-moi votre force !

Il empoigne à deux mains un chapelet de saucisses et fermant les yeux, le lance de toutes ses forces devant lui. Le chapelet tournoie sur plusieurs mètres et en atteignant le démon retrouve sa véritable forme, à savoir Excalibur. Dans un terrible rugissement, le démon bascule brutalement en avant, et la lame vient se ficher dans la terre. La créature se désintègre et Arthur, hébété, reprend son épée plantée dans le sol. Perceval accourt jusqu’à lui.

Perceval – Vous avez rien ? Quel fumier cet enchanteur ! Apparemment il avait camouflé nos armes en chapelets de saucisses pour pas qu’on les trouve. En mordant dans celui-là, j'ai failli me péter les gencives. Du coup, je me suis dit que ça ferait une bonne arme comme à l'entraînement.

Arthur admiratif – Là, je crois que je vous en dois une !

Elias – Bon, on se fera des câlins un peu plus tard, si ça vous dérange pas. Qu’est-ce qu’on fait de celui-là ? J’ai deux-trois idées bien tordues, mais je voudrais pas vous influencer.

Perceval s'adressant à Merlin et Elias - Mais d'où vous sortez tous les deux?

Arthur - Pendant que vous prépariez les chevaux, je suis allé les voir pour les mettre dans la confidence. Des fois qu'il y aurait anguille sous roche !

Perceval - Ah, d'accord, c'est à cause de notre vieille histoire avec Karadoc sur le serpent géant. La vache, vous pensez vraiment à tout. Je comprends mieux pourquoi vous avez traité votre soeur de serpent. Moi je me serai pas méfié. J'ai jamais vu d'anguille ni de serpent dans une taverne. Mais, bon, j'ai pas votre expérience !

Arthur secoue la tête, dépité.

Arthur - Y a plus aucun doute. Vous avez vraiment perdu votre sixième sens. C'est peut-être pas un mal, en fait ! Au moins, je suis habitué.

Il s’avance ensuite vers Grifford. Le sorcier s’est assis en tailleur dans sa geôle et semble totalement détendu.

Arthur – Il est peut-être muet et aveugle, mais il est pas sourd. Alors il va bien écouter.

Arthur s’adressant à Grifford – Tu vas dire à celle qui t’emploie qu’elle devra faire un peu mieux que ça pour se débarrasser de moi. Je suis pas né de la dernière pluie…

Il se tourne fièrement vers ses trois suivants.

Arthur – …Et je suis plutôt bien entouré.

Elias – Quoi ! Ca veut dire que vous le relâchez ?

Merlin – Faites pas ça ! C’est un démoniste, vous avez bien vu !

Arthur – Il est pas bête. On va le laisser dans sa cage et il va réfléchir où se trouve son intérêt. Attaquer le Roi de Bretagne c’est pas la meilleure des idées. Je crois que ça il l’a déjà compris.

Perceval – On peut pas l’emmener avec nous ? Parce que, c’est bête, mais mon pouvoir, je commençais à m’y habituer.

Arthur – Ouais, navré pour vous. Et dommage pour moi. Car c’est pas encore maintenant que je vais pouvoir croire aux miracles.



La Salle à manger de Kaamelott. Arthur et Perceval sont seuls à table. Perceval s’empiffre tandis qu’Arthurl, pensif, grignote un saucisson.

Arthur – Finalement, je préfère quand vous rencontrez des vieux. C’est chiant, mais c’est quand même moins risqué.

Chevalière Nebulis Causa
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Le début était bien et j’ai trouvé très chouette le fait que Perceval emploi sans difficulté des mots compliqués au grand étonnement d’Arthur.
Cependant, lorsqu’il se plante sur le « distinguée » je m’attendais à une réaction plus corsée de la part d’Arthur, étant donné que cela faisait plusieurs heures que Perceval n’avait pas sorti un connerie.

Concernant la justesse des personnages, s’il n’y a rien à dire concernant Arthur et Perceval, ni même Elias et Merlin, ce n’est pas le cas d’Anna. Je sais que ce personnage n’est que rarement apparut, mais l’expression que tu lui donne ne lui correspond pas.

Pour ce qui est de la logique du scénario, je l’ai justement trouvé illogique.
Si l’idée du piège est bonne, la probabilité qu’Arthur suive Perceval pour aller rencontrer sa nouvelle dulcinée est plutôt faible. Anna n’aurait sans doute pas misée sur un plan ayant une probabilité de réussite si faible. Après c’est vrai qu’on est dans Kaamelott et qu’il ne faut pas toujours chercher la logique, mais quand même.

Autre point un peu gênant : si j’ai plutôt aimé le combat et notamment la collaboration entre Merlin et Elias et le personnage du sorcier Aveugle et muet, la présence du duo de Magicien de Kaamelott m’a tout de même déroutée. Ils déboulent du diable vauvert. Il aurait été bien, je pense, de donner une petite explication après le combat.

Je dois aussi avouer que je me suis un peu emmêlée les pinceaux dans la lecture du combat qui si il présente des aspects intéressants, part un peu dans tout les sens. J’ai trouvé étrange l’invocation de Karadoc.
Autre point un peu gênant dans le combat, Arthur et Perceval perdent leurs armes et on l’apprend au moment où ils les cherchent. Je comprends que tu voulais introduire le coup d’Excalibure transformée en chapelet de saucisses, mais  là aussi c’est maladroit. Tu écris que Perceval transperce le démon à l’aide d’Excalibure et ensuite tu expliques qu’elle avait été transformée en chapelet de saucisses. Il aurait mieux valu que, dans la veine de l’Unagi de combat à l’aide d’objet du quotidien, Perceval envoi un chapelet de saucisse à la tête du démon qui ne se mefiant pas se fait abattre par ce qui est en réalité Excalibure.

Pour la phrase de conclusion, rien à dire, elle est très bonne.

En tout cas continus à écrire des scénario car tes trames sont exellentes et l'écriture très plaisante.

Chef de Clan
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la première partie est mieux, avec les petites modifications. :)

la deuxième partie est pas mal, mais je fais les mêmes observations que Flammeche, concernant la bataille, et aussi l'arrivée de Merlin et Elias.

Scribe et archiviste officiel
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merci de vos réactions je prends bonne note
la deuxième partie a été écrite au fur et à mesure et plus rapidement d'où certaines approximations.

c'est vrai que je me suis pas étendu sur certains éléments que je ne fais que sous-entendre comme l'apparition de Merlin et d'Elias vaguement expliquée par la phrase d'Arthur : je reste toujours méfiant !

pour la disparition des épées, on sait qu'il les ont perdu à partir du moment où Grifford leur confisque si on regarde bien mais ils ne savent pas ce qu'elles sont devenues (les a-t-il toujours sur lui ?) ce qui me permettait d'introduire le gag des  saucisses mais j'avoue que ton idée Flammeche est carrément plus drôle, je n'y avais pas pensé ! J'aime bien introduire des effets de surprise et des rebondissements mais bon visiblement faut que je retravaille cet aspect (les lecteurs sont pas dans ma tête !!!)

Pour l'invocation de Karadoc c'est plutôt que du fait qu'ils sont souvent inséparables (un peu comme des siamois qu'on aurait détaché) je trouvais ça comique et touchant que Perceval pense à son ami de cette façon et puis indirectement je faisais référence à mon autre histoire où karadoc écrase un gobelin de tout son poids. Comme si Perceval apprenait de lui et voulait réutiliser une technique qui avait fait ses preuves. Bon avec un peu moins de succès !

Je vais donc retravailler tout ça pour plus de lisibilité et de cohérence. Merci pour vos avis constructifs.

Scribe et archiviste officiel
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j'ai fait quelques modifs en prenant en compte vos remarques et suggestions. Ca doit être plus mieux !

Chevalier Feuletonniste
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Ah, la suite m'a bien plu ! :) Cette réplique m'a fait éclater de rire : « Vous seriez pas tombé sur une magicienne, par hasard ? Parce que ça m’a tout l’air de ressembler à un envoûtement ! » J'aime beaucoup, aussi, le rôle de Merlin (« Il est allergique au vomi, ce con ! » :) ), c'est même la partie que je préfère.

Une petite remarque : au début j'ai cru que Grifford s'était transformé en démon (ou qu'il en était réellement un), vu qu'un démon est apparu à partir des vêtements de Grifford. Or apparemment c'est deux personnes différentes puisque le démon a été volatilisé et Grifford capturé. Je ne sais pas si c'était très clair. Même problème avec Karadoc : j'ai cru qu'il était là et je ne comprenais pas d'où il sortait.

Scribe et archiviste officiel
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moi non plus je savais pas que Karadoc était là :D Les personnages font vraiment ce qu'ils veulent dans ces histoires !!!

Content que le passage avec Merlin t'ai plu parce que je trouvais ça très marrant à imaginer moi aussi !!!

Chevalier Feuletonniste
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Maintenant j'ai bien compris que Karadoc n'était pas là, mais comme Merlin et Elias débarquaient de nulle part (parce qu'Arthur se méfiait quand même), j'avais l'impression que Karadoc aussi avait débarqué de nulle part vu que Perceval s'était écrié « Karadoc, donnez-moi votre force ! ».

Scribe et archiviste officiel
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ok je comprends c'est une nouveauté que j'ai apporté donc c'est vrai qu'il y a toujours un risque !!!

Pécore
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Bonjour,

Personnellement, j'ai beaucoup apprécié la première partie même si je suis d'accord avec les commentaires de Flammèche.
Le début de la deuxième partie m'a également beaucoup plu, le fait que les rôles soient inversés et que ce soit Perceval qui termine les phrases d'Arthur c'était franchement sympa.

En revanche, je dois reconnaître que j'ai décroché dès lors qu'on apprend que Guenièvre est Anna. Effectivement, je trouve qu'elle ne colle pas vraiment au personnage de la série. Et le fait qu'Elias et Merlin aient suivi Arthur car celui-ci se méfiait me semble étrange, compte tenu du début de l'histoire.

Une dernière remarque sur le choix de certains dialogues, je pense que certains termes ne sont pas à leur place dans le scénario :

Arthur – Excusez-moi, c’était très con de ma part. Vous avez le droit de m’allumer.

Perceval – Intimes, c’est quand deux personnes peuvent pas se blairer, c’est ça ?

Je trouve que ces deux phrases ne conviennent pas aux personnages

Arthur – Sauf que je reste toujours méfiant, soeurette !

Là, la méfiance OK, mais "soeurette" je n'y crois pas du tout.

Hormis cela je trouve que les personnages d'Arthur et Perceval sont bien respectés. J'aurais personnellement préféré une autre fin, mais tu as franchement trouvé de bonnes idées.

Chef de Clan
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TomDuBouchon, je suis d'accord avec tes exemples de phrases qui ne collent pas trop aux personnages, sauf pour celle de Perceval, je l'imagine bien dire ça, moi, non?

Pécore
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En fait, c'est le "blairer" qui me choque un peu... C'est plus le vocabulaire d'Arthur que celui de Perceval, surtout si ce dernier d'adresse à Arthur justement. Mais effectivement c'est moins "choquant" que la phrase d'Arthur.

Chevalier Feuletonniste
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Le "soeurette", ça dépend du ton. Ici, il est ironique, je trouve que ça peut convenir. D'autant qu'on a très peu vu Anna, donc on a peu de dialogues auxquels se référer, mais aussi, du coup, peu de contraintes sur leur façon de se parler. Pour moi, ça n'interdit donc pas d'imaginer qu'Arthur l'appelle parfois "soeurette" pour l'enrager, d'autant qu'elle se considère comme sa demi-soeur et non sa soeur.

Scribe et archiviste officiel
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tout juste c'est tout à fait dans cette optique que j'ai écrit cela ! J'ai d'ailleurs volontairement limiter les dialogues entre eux afin de ne pas être incohérent sur le peu que l'on sait de leurs échanges, c'est à dire rares et très intériorisés.

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