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Pécore
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La Geste

Salle de la Table Ronde :
(La clique habituelle. Père Blaise est au pupitre)

Père Blaise (se relisant, ajoutant quelques notes ça et là) : Alors, je récapitule… Séance tenante, décision a été prise de modifier la loi sur le service militaire, lequel se voit réduit à 18 mois de mobilisation par citoyen… ainsi que celle de rédiger un avenant, qui permettra de débloquer un budget de 200 pièces d’or pour la construction d‘une petite digue dans la région de Canterbury. Voila. Si avec ça le peuple n‘est pas reconnaissant… Enfin, nous en avons terminé pour aujourd hui.
Leodagan : Ah ! quand même ! Il était temps d‘arrêter le carnage ! Parce que, croyez-moi,  si vous continuez à donner dans les mesures de tafioles, un jour vous finirez par…
Artur (impatient) :  Euh… Beau-père, pour ce qui est de donner la mesure, vous croyez pas que ça suffit bien, là ? Et puis, on va pas en parler pendant des semaines… J‘estime qu‘il est de notre devoir de donner aux gens un certain confort de vie, et cela autant que faire se peut.
Bohort : Tout cela est tellement généreux de votre part, Sire !
Leodagan (souriant ironiquement) : Un confort de vie, un confort de vie… Pardon, mais laissez-moi rire ! Et tant qu‘on y est, pourquoi on leur filerait pas carrément une semaine de congés payés ?
Artur : Pfff !
Calogrenan : En tout cas, moi, je suis d‘accord pour dire que l‘entretien des citoyens mobilisés nous coûte beaucoup d’argent ; et il n‘est pas sûr que ce soit compensé par leur efficacité au combat.
Bohort (l‘index levé) : J‘ajouterais que les crues pintanières ont causé beaucoup de dégats cette année, Sire !
Kadoc : Au printemps, le pot à caca, il a coulé sur Kadoc !
Père Blaise : De toute façon, en un sens, cela rééquilibre les mesures de l’an passé, puisqu‘on demandait aux mobilisés de fournir eux-mêmes leur équipement.
Artur (d‘un air impatient) : Voilà, merci Père Blaise pour cette belle conclusion. Si personne n’a rien à ajouter, je lève la séance.
Karadoc : Attendez, Sire ! Et nous ?
Artur (un peu énervé) : Quoi, vous ?
Perceval : Notre aventure, Sire. C‘est pas maintenant qu‘on doit la raconter ?
Artur : Mmm... Vous savez, la réunion a été pénible pour tout le monde, alors on va peut-être éviter de remettre de l‘huile sur le feu. A moins que quelqu‘un ici ait envie de se farcir vos élucubrations... 
Père Blaise : D‘ailleurs, une fois n‘est pas coutume, j‘imagine que ça a été la bérésina ?
Perceval : Euh… C‘est pas faux.
Artur (se levant) : Alors tirez-vous ! (Tout le monde se lève dans un fracas d’armure).
Karadoc : Mais attendez, Sire ! On rapporte un indice vachement important sur le Graal !
Artur (se figeant) : Vous, un... Oui, bien sûr ! Mais, dites-moi au juste, qu’est-ce que vous entendez exactement par „un indice important sur le Graal“?
Karadoc : Si on a découvert où ça se trouve, c’est pas un indice important ?
Artur (médusé) : Ben... Si.
Perceval : Du coup, on a un indice important.
Artur (après avoir regardé brièvement les autres) : Euh... Soit. (Il fait un signe de la main pour que tout le monde se rasseye. Nouveau fracas d’armure). Vous avez gagné (manifestations de contentement de la part de Perceval et Karadoc), je vous laisse donc une chance (obligé d‘élever la voix pour se faire entendre) …écoutez-moi bien bande d‘imbéciles une seule chance, de faire un rapport construit, succinct, clair et efficace. Mais s‘il s‘avère, s‘il s‘avère que votre récit s‘écarte ne serait ce que d‘un cheveu du thème de la quête du Graal…
Leodagant : …On vous couvre de miel jusqu‘aux noyaux, et on vous ligotte, à poil, sur une fourmilière. 
Artur : En clair, si jamais vous vous foutez de nous...
Karadoc : Pas du tout, Sire ! Ah, combien cela me fait-il mal d’entendre de pareilles inepties! Dites-vous bien que pendant que vous glandouilliez tous au chateau, Perceval et moi, on a décidé de prendre les choses en main ! Et j‘aime mieux vous prévenir que ce qu‘on a trouvé, c‘est carrément pas du bavarois !
Artur (blasé) : Du bavarois, comprends pas.
Karadoc : C’est pas comme ça qu’on dit quand c’est pas de la tarte ?
Artur : Nan. Quand on veut dire que c‘est pas de la tarte, on dit „c’est pas de la tarte“!
Karadoc : Et pour dire que ça vaut vachement le coup ?
Artur (sourcils froncés) : Vous voulez dire que c’est pas du flan ?
Perceval (excédé) : Ouais, ni de la tarte, ni du flan ! On vous dit que c‘est pas un truc qui s‘bouffe !
Artur : DEBALLEZ-MOI VOT‘ GOURBI !!!
Perceval : Merci, Sire ! Vous allez pas être déçu…
Artur : Moi, à votre place, je m‘abstiendrais de faire ce genre de commentaire.
Perceval : Figurez-vous, Sire, que tout a commencé à la taverne…
Père Blaise (entamant une nouvelle page) : Et allez, ça recommence !
   

GENERIQUE


La taverne :
(Perceval, Karadoc, Venec, l‘Aubergiste)

Le tavernier (d‘une voix chantante) : Et pour ces messieurs, nous avons un jarret aux pommes, une tome du pays, et deux saussissons qui piquent…
Perceval (chuchotant) :  Sans déconner, vous voulez pas nous dire où c‘est que vous l‘avez eue ?
Venec (la main fermée sur un vieux rouleau de parchemin) : C‘est pas que j‘veux pas, mais comme on se connaît, je vais pas vous la faire : ce serait pas bon pour le commerce ! Dans le métier, les sources, c‘est comme les coins à champignons : si on veut pas se les faire piquer, faut jamais les indiquer.
Karadoc (la bouche pleine) : Il a raison. Les sources et les champignons, c‘est toute une tradition chez les forestiers.
Perceval : Sans blague, vous pouvez même pas nous la montrer un p’tit coup ?
Venec : Quoi, la source ?
Perceval : Non, la carte.
Venec : Si, seulement... faut payer.
Perceval : La source, alors ?
Venec (soupirant et se radossant) : ...


Salle de la table ronde :

Artur : Bon, et alors, c‘était quoi finalement cette carte ?
Perceval : On en sait rien, Sire. Avec nos frais à la taverne, croyez-moi, on avait plus un civet.
Artur : Je vous suis pas. Venec s‘est tiré avec la carte ?
Perceval : Tout juste !
Artur : Et vous ne savez pas ce qu’elle contenait ?
Perceval : Exactement, Sire ! Pour une fois, vous et moi, on se comprend comme deux ronds de flan.
Père Blaise : Pardon, euh... Excusez-moi d‘intervenir, mais il y a une chose que j‘ai un tout petit peu de mal à comprendre. Si vous n‘avez pas vu cette carte, et si - en sus - vous ne saviez pas ce qu‘elle indiquait, quel est exactement son rôle dans votre aventure ?
Perceval : Ben, sec, y en a pas !
Artur : Mais alors qu‘est ce que vous avez besoin de nous raboter le cornet avec cette histoire de carte!
Karadoc : Nan, mais on s‘en fout de la carte ! La carte, c‘était juste pour vous mettre dans le contexte.
Artur : Dans le contexte ?! Quel contexte ?

La taverne :
(Perceval, Karadoc)

Karadoc : Vous avez rien avalé. Vous êtes sûr que vous couvez pas quelque chose?
Perceval (pensif) : Nan. J‘me disais que le Graal, tout ça, ça pête un peu l‘ambiance en ce moment à Kaamelott. Avec la carte de Venec, peut-être qu‘on aurait trouvé quelque chose. Du coup, ça la fout mal !
Karadoc : Faut pas vous en faire ! Le Graal, on finira bien par tomber dessus un jour ou l‘autre. Et puis, de toute façon, on sait pas lire, alors j‘vais vous dire, la carte…
Perceval : Nan, mais faites pas exprès de pas comprendre. Vous savez que la carte, c‘est un symbole. Le symbole de notre, de notre…
Karadoc : De notre décrépitude, c‘est ça que vous voulez dire ?

Silence

Perceval : Vous savez, j’vais vous dire c’est quoi notre problème : on ne se fie jamais à notre bonne étoile.
Karadoc : Qu’est-ce que vous voulez dire ?
Perceval : Imaginez : on part à l‘aventure, au hasard, de jour. A votre avis, qu’est-ce qui va se passer ?
Karadoc : Ben... on trouvera rien, et on passera pour des glands.
Perceval : Tout juste. Maintenant imaginez la même chose, mais la nuit.
Karadoc : Pareil, sauf qu‘en plus de rien trouver, on risque de se paumer. Du coup, on passera deux fois plus pour des glands.
Perceval : Ouais, mais sauf, sauf…
Karadoc (reflechissant) :
Perceval : Allez, quoi, faites un effort !
Karadoc : Ah, je vois ce que vous voulez dire ! Sauf si on se fie à notre bonne étoile. Ouais, pas bête ! Mais comment vous pouvez savoir si vous en avez une, vous, de bonne étoile?
Perceval : Suffit d’essayer ! Si on tombe sur le Graal, c‘est qu‘on en a une. Sinon, c‘est qu‘on en a pas.
Karadoc : Du coup, ça fait une chance sur deux...
Perceval : Ouais. Sauf que pour la bonne étoile, si on part à deux, ça nous donne deux fois plus de chance.
Karadoc : Du coup, ça voudrait dire que...
Perceval : A tous les coups, le Graal on le trouve, vous et moi ! Après, on le ramène à Kaamelott, et là, hop, on passe pour des héros : le royaume est sauvé, tout le monde est content, merci mon cul.
Karadoc : Ah, ouais. C’est vachement bien pensé... Eh ! Botus et mouche cousue, hein !
(Clin d’oeil de Perceval)


Salle de la table ronde :

Artur : Donc, je résume : votre plan, c’était de partir la nuit-même, justement sans plan.
Perceval : Tout juste, Sire. Vachement malin, hein ?
Père Blaise : Bon, moi, c’est pas compliqué : avec le coup du parchemin qui sert à rien et ce plan à la mords-moi-l... enfin, ce plan tout-à-fait incongru, j’ai plus de ratures que de texte. Qu’est-ce que je fait ? J’invente une petite introduction ?
Artur (pris au dépourvu) : Qu’est-ce que vous faites ? Vous... écrivez.
Père Blaise : A la limite, on peut imaginer un début sous forme de rêve prémonitoire, c’est un truc qui marche toujours. Mais, pour la suite, il faudrait que vous enchainiez directement avec le moment où vous quittez l’auberge... Sinon, on va pas s’en sortir.
Perceval (haussant les sourcils, l’air gêné) : Ah ! Oulà ! Si on saute le moment à l’auberge, y risque de plus rester grand chose.
Artur (exaspéré) : Comment ça „y risque de plus rester grand chose“ ? Le Graal, vous allez pas nous dire que vous l’avez trouvé sur le pas de la porte, quand même !
Perceval: Non, Sire.
Artur : Bon, donc, vous êtes partis le soir-même.
Karadoc : Ah non, Sire. On est parti... (il commence à compter sur ces doigts)
Artur : Quoi ? Vous vous foutez de moi ? Vous voulez dire que tout ça, c’est le nombre de jours pendant lesquels vous avez végété dans votre boui-boui ?
Perceval : Mettez-vous à notre place, Sire : comme le ciel était couvert, on a vu aucune étoile pendant plus d‘une semaine. Du coup, on en a profité pour reprendre des forces.
Artur : Il y a un truc que je pige pas. Reprendre des forces par rapport à quoi ?
Perceval : Nan, mais reprendre des forces, c’est une image, Sire. Tout ça, c‘est pour dire qu’on avait pas les yeux dans nos poches.
Artur : Sans déconner, à partir de maintenant, vous arrêtez les métaphores. Nan, nan, je sais, je vous dis ça, j’ai l’air gentil, vous pourriez croire que c’est amical... D’ailleurs, c’est amical. Je pense qu’il est important, pour vous, que vous soyez au courant du tarif.
Perceval : Quel tarif, Sire ?
Artur : Une avoine par figure de style.
Perceval : Ah, ouais... La vache !
Artur : Je serais vous, j’abrègerais.
Perceval : Bon. J’en était où ?
Léodagan : Mais nulle part, et c’est bien là le problème !

Karadoc : Nan, mais c’est tout simple. Il se trouve qu‘on est sorti un soir, pour aller vérifier notre théorie dans la forêt, et que, là, on a vraiment eu une méga chance de cocu.
Perceval : Ouais, il aurait fallu être sourdingue pour pas comprendre qu’on avait plein d‘étoiles aux miches. Imaginez, Sire : on fonce au hasard dans les bois les plus proches, et là, boum ! Du premier coup ! Droit sur le pépé, zizi au vent, ramasse ton baluchon, et salut l‘aveugle !
Artur : Quoi, vous êtes tombés sur le Graal ?
Perceval : Non, Sire : sur un vieux.
Père Blaise : ENCORE ?
Perceval : Ouais, juste à deux pas de la route... Il était en train de pisser quand...
Artur : Attendez, attendez... Quel rapport avec le Graal ?
Perceval : Pour dire, on arrive, et là je lui fais au vioque : „Eh ! Dis donc, le vieux débri, t’aurais pas des indices sur le Graal, des fois ?“ Alors l’autre, pas fou, obligé de cracher le noyau, il nous coule son énigme.
Artur : Et l’énigme, c’était quoi ?
Karadoc : Oulà ! Elle était pas tirée de derrière les mésanges, celle-là ! Je dirais même que pour des cerveaux tels que nous...
Perceval : Ouais, il nous a bien fallu deux minutes pour trouver la réponse.
Karadoc : Vous allez nous dire : Qu’est-ce qui est... heu... joli, rond, cher...
Perceval : Et qui colle au doigt !
Artur : ...
Perceval : Cherchez pas ! La réponse, c’est : un petit pois sur un monte-charge.
Artur : Un petit pois sur un monte-charge ???
Bohort (riant doucement) : Ah, je crois que nos deux amis se sont bien cocassement trompés en ce qui concerne l’énoncé de cette fameuse occurence. Il se trouve que je la connais, puisque cette petite charade pour enfant est en fait issue du pays de Gaune, où d’ailleurs elle a causé moult amusements chez nos merveilleux bambins... La question du vieil homme n’était-elle pas en fait : „Qu’est-ce qui est petit, rond, vert, qui monte et qui descent ?“
Perceval : Ah, merde ! Ouais, c’était plutôt ça, ouais.
Artur : Bon, je suis au moins soulagé d’apprendre que vous avez tapé juste.
Perceval : Non, Sire, vous allez rire ! En fait, la réponse on l’a sue qu’après. Nous, on avait répondu: une crotte de nez.
Artur : ???
Karadoc : Ouais. Petit, rond, vert...
Perceval : ...et pour la décoller du doigt, vous pouvez toujours y aller ; même en la secouant pendant une heure, elle partira pas !
Karadoc : C’est pour ça, moi, je dis toujours que c’est bien pratique de les coller sous une table. Non seulement ça débarasse, mais en plus ça emmerde personne.
Père Blaise : Euh, Sire, pardonnez-moi, mais... Est-il vraiment nécessaire que la postérité apprenne que le noble seigneur Karadoc essuyait ses crottes de nez sous le revers de la Table Ronde ?
Artur (la tête enfoncée dans son casque et tapant des pieds comme un enfant) : Pitié ! Bouclez-moi ce récit qu’on puisse aller bouffer !
Perceval : Nan, mais après c’est tout con, Sire. Le clodo, comme y nous a dit, on avait quand même un peu juste. Alors y nous a filé un indice sur le Graal.
Artur (relevant la tête) : Ah ! Ca y est ? Vous êtes enfin décidé à la cracher, votre pastille ?
Perceval : Ouais, mais je dois d’abord vous prévenir, Sire... Cet indice, à mon avis, y pourra pas nous servir.
Léodagan : Pour ca, vous tracassez pas, on s’y était préparé.
Artur (soupirant) : Donc, c’est pas un indice sur le Graal.
Karadoc (mâchonant) : Comment vous pouvez le savoir, Sire ?
Artur : Je le sais parce que figurez-vous, bande de traînes-la-grolle, qu’on dit qu‘une chose est un „indice“ justement à partir du moment où elle peut servir à trouver autre chose !
Père Blaise : En d’autres termes, si ca peut pas servir, c’est que c’est pas un indice.
Perceval : Ah bon... Alors, du coup, on s’est encore foiré ?
Artur : Non, mais dites toujours, on sait jamais...
Perceval : Le vieux chnoque, y nous a dit un truc du genre : „Oui, Chevaliers... c’est dans votre coeur que vous trouverez le Saint Graal“.
Léodagan (applaudissant ironiquement) : Ah, bravo ! Non, mais si, j’insiste, quel indice ! On devrait faire un banquet en votre honneur !
Artur : Et c’est tout ?
Perceval : Oui. Avec ça, on égalise Lancelot, non ?
Artur : Avec cet indice, vous voulez égaliser Lancelot ? Vous vous payez nos tronches ?
Karadoc (se tournant vers Perceval) : Moi je comprends rien. Finalement c’est un indice ou pas ?
Léodagan : Non mais, bande de crétins, vous savez combien on en a récolté, des indices foireux dans ce genre?
Perceval : Ben oui, justement, cinq.
Artur : Quoi, cinq ?
Perceval (tandis qu’il parle, les autres le regarde incrédules) : Vous avez découvert cet indice trois fois, Sire : la première lorsque vous avez chassé le sorcier Ansalom de l’île de Bretagne, la seconde lorsque vous vous êtes perdu dans la forêt de Ransac, et la troisième c’était après votre combat contre le monstre de la Caverne Noire. Et Lancelot l’a rapporté une fois lui-aussi, l’année dernière, lors d’une mission en Cornouailles. Avec nous, ça fait cinq, non ?
Karadoc (à Perceval) : Vous fatiguez pas. De toute façon, c’est toujours pareil. Nous, on se prend une chasse à tous les coups, mais lorsque c’est eux qui trouvent un truc, là ils font moins la fine bouche...


BIBLIOTHEQUE DE KAAMELOTT :
(Père Blaise, Artur)

La nuit est tombée depuis longtemps.

Père Blaise (relisant un ouvrage à la lumière d’un flambeau) : ...et Artur, victorieux, se tourna vers le vieillard et sa petite-fille. Ils étaient désormais délivrés de l’horrible monstre de la Caverne, qui les avait si longtemps tenu captifs. Pour remercier son suzerain, le vieil homme posa la main sur sa poitrine, puis il prononca ces paroles qui devaient, à l’avenir, résonner longtemps aux oreilles du Roi : „Celui qui décide par amour et magie, éprouve en leur beauté toute chose éternelle. Pour trouver le Saint Graal, mon enfant, tu dois chercher tout au fond de ton coeur“.
Artur : Et voila, ca fait bien cinq.
Père Blaise : Non mais Sire, si vous voulez mon avis, ça vaut vraiment pas le coup. Cet amour qui doit vous servir de guide, c’est juste un principe de base que vous devez appliquer pour vous attirer la faveur divine. Mais de là à en faire toute l‘enigme du Graal... Franchement, ca me parait assez faible.
Artur : Qui peut le dire, Père Blaise ? Après tant d‘années, cette phrase reste notre seul indice. Il y a peut-être une raison.
Père Blaise : Du coup, qu’est-ce ce que vous comptez faire, Sire ?
Artur : Moi ? Rien. Pour l’instant, c‘est vous qui allez faire.
Père Blaise: Moi ? Mais faire quoi ?
Artur : Vous allez organiser un banquet en l‘honneur de Perceval et Karadoc.
Père Blaise : Pour célébrer leur bravoure? Sire, vous n‘êtes pas sérieux !
Artur (du seuil de la porte) : Pas leur bravoure, mais leur perspicacité. Ce sont eux qui ont trouvé la récurrence de cette formule. Ils ont mis quelque chose en lumière. Il faut bien les en récompenser.
Père Blaise : Mais attendez, Sire, vous n’y pensez pas. Sans compter que dans l’état actuel de nos finances...
Artur (de dos, articulant distinctement avant de sortir) : Ne discutez pas, c‘est un ordre.


Noir :
Père Blaise (d’une voix plaintive) : Sire, soyez raisonnable, pensez au moins à ce qu’implique la notion de banquet pour Karadoc...

Pécore
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Haha super j'ai vraiment adorée, j'y ai cru à l'indice sur le Graal xD
Merci j'ai bien ris ! :)

Tribunus Cohortis Bescherellae
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Pas mal =)

Juste 2~3 p'tites choses :

-La plupart de tes apostrophes sont à l'envers.. o.O Je viens de voir dans ta présentation que tu écris d'un clavier étranger ! J'me doutais que c'était dû à quelque chose comme ça ^^
-ArtHur, avec un H ! :)
-Depuis quand Kadoc fait partie de la table ronde ?.. x)


Ce sont que des détails hein, mais j'ai bien aimé !!

Chef de Clan
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Très chouette! :D

Même remarque pour Kadoc (et le "h" d'Arthur).

Sinon, on retrouve bien les personnages, château!

Pécore
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Merci à tous les trois pour vos premières impressions. A voir vos commentaires, je retiens que vous avez passé un bon moment à la lecture de mon script, donc ça me fait super plaisir... =)

Bien vu de la part de Coco et Laïka pour Kadoc - qui, effectivement, n'est pas admis à la Table Ronde avant l'avènement de Karadoc. Je n'y avais vraiment pas pensé !

Pour la petite histoire sur l'absence de H au nom d'Artur, il s'agit bien sûr d'une faute intentionnelle. Je voulais renouer avec une écriture étymologique du nom (Ex :La mort le roi Artu). Il s'agit d'une petite lubie de ma part, mais je comprends que ca puisse gêner...

Chevalier à la Subrogation
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excellent je trouve vraiment, moi aussi j'y ai cru au coup de l'indice .

Pécore
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En fait, je suis assez surpris que vous reteniez essentiellement le coup de l'indice qui n'en est pas un. Pour moi, c'était un ressort comique parmi d'autres. Mais c'est vrai que Perceval et Karadoc leur tiennent sacrément la jambe avec ça... Du coup, je me dis qu'il faudrait peut-être que je change la fin...

Chevalier à la Subrogation
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Non change pas la fin elle est aussi très bonne, parce-que-en fait je trouve qu'elle montre aussi très bien le fait que quand c'est Perceval et Karadoc qui disent des trucs on ne les écoutes pas alors que quand c'est les autres qui disent la même chose on les prends très au sérieux.
Je la trouve même très véridique.

Chef de Clan
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hervederinel a écrit :

Non change pas la fin elle est aussi très bonne, parce-que-en fait je trouve qu'elle montre aussi très bien le fait que quand c'est Perceval et Karadoc qui disent des trucs on ne les écoutes pas alors que quand c'est les autres qui disent la même chose on les prends très au sérieux.
Je la trouve même très véridique.

Oui, je suis du même avis. Change pas la fin, elle est très bien.

Pécore
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Bon, je changerai rien. C'est bien d'avoir quelques retours parce quand on écrit un texte, en fait, on a souvent une fausse idée de ses effets sur un lecteur qui le découvre.

Pécore
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Quand on dit qu'on aime le coup de l'indice, c'est aussi surtout le scenario qu'il y a DERRIERE le soit disant indice (Perceval et Karadoc qui racontent leur épopée) ;)

Semi-Croustillant
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On s'y croit vraiment, c'est vraiment bien. Ca fait longtemps que je ne suis plus venue sur scenarii. J'ai passé un bon moment.

Pécore
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Merci d'avoir laissé ce message. C'est la plus belle des récompenses. Cela dit, vu le nombre de scénarii écrits ces derniers temps, tu n'as pas loupé grand chose...

Semi-Croustillant
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Wow, vraiment prenant, je sais pas vous mais dans ma tête j'avais la voix des acteurs en plus, on s'y croirait, très crédible et très drôle :)

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