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Pécore
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N'ayant pas grand chose à faire en ce moment, j'en ai profité pour ressortir ma première fiction Kaamelott ! Je l'ai légèrement ajustée, histoire qu'elle colle davantage à la structure que j'emploie maintenant. Contient de vrais morceaux de mauvais jeux de mots, je vous présente mes excuses avec un peu d'avance ! :D Vos commentaires sont toujours autant les bienvenus. :)

Pour le scénario, j'avais envie de toucher une corde sensible de notre bon roi. :lol:

Introduction

Marché de Kaamelott - fin de matinée
(Karadoc et Perceval paradent entre les échoppes, un panier sous le bras. Ils s'arrêtent à hauteur d'un comptoir garni de produits de la mer.)

PERCEVAL : Je vous jure, je pensais vraiment que c'était une volaille ce truc.    
KARADOC : Qu'est-ce qu'on cherche encore ?
PERCEVAL, dubitatif : Des huîtres.

(La voix brailleuse du poissonnier interrompt leur conversation.)
   
POISSONNIER, écartant les bras devant son étal : Approchez! Bretonnes et bien charnues !

(Karadoc, septique, s’empare d'un coquillage, l'étudie sous toutes ses coutures et le croque.)    

KARADOC, crachant les écailles : Mais c'est d'la caillasse !
POISSONNIER : J'vous permet pas ! Pêchées ce matin, c'est de la première fraîcheur !
PERCEVAL : Oui ben, on ne me la fait pas à moi, ça sert à rien de me refiler vos cailloux-    

(Le poissonnier s'empare de son couteau et ouvre le mollusque pour le soumettre aux yeux de ses odieux clients. Conscient de s'être fourvoyé, Perceval en commande illico une bourriche.)

KARADOC, méfiant : Vous faites comme vous le sentez, hein... Mais un truc qui se bouffe et dont j'ai jamais entendu parler... Ca pue du cul.

Générique

Château de Kaamelott – salle à manger
(Arthur, visiblement agacé, grignote des quignons de pain à table.
La porte s'ouvre, Perceval apparaît dans la pièce, les bras chargés.)

ARTHUR : Vous étiez où, bordel ?!
PERCEVAL, gêné : Enfin sire, soyez pas si pudibond.
ARTHUR, haussant les sourcils : Pudiquoi ?
PERCEVAL : Vous savez bien, nan ? Quand un gars est furax-
ARTHUR, remuant vivement sur sa chaise : Fu-ri-bond. Mais asseyez-vous, bon sang ! Ca fait un quart d'heure que j'zieute l'oie rôtie et l'pâté de faisan.

(Le plat sur lequel trône ledit pâté de gibier vole à terre, remplacé par la caisse en bois rapportée par Perceval. Un linge rayé recouvre le contenu. Arthur, les lèvres pincées, observe le spectacle avec animosité.)

ARTHUR, ponctuant chaque mot d'un coup de couteau dans la table : Vous feriez mieux… Tout de suite… De me dire … Ce que vous avez ramené.
PERCEVAL, fier de lui : Vous allez être épaté !
ARTHUR, enlevant rageusement le linge qui couvre la caisse : Vous m'en direz tant... Des- C'est quoi, ça ?

(Divers produits sont étalés dans la caisse. De loin, on discerne des légumes, des fruits ainsi que des coquillages. Perceval saisit l'un d'entre eux.)

PERCEVAL : Bah… Des huîtres ! Et bretonnes, en plus.
ARTHUR s'empare à son tour de l'un des produits : Des huîtres, des asperges ? Vous voulez que j'foute quoi avec ça ?

(Les yeux ronds, Perceval observe son roi. Haussant les épaules, il le pointe du doigt et mime un combat à l'épée. L'un des coups manque de faire voler la coupe de vin, Arthur l'arrête illico.)

ARTHUR : Vous m'excuserez mais… J'vois pas très bien le rapport entre moi et une bourriche de mollusques.
PERCEVAL, très fier de son effet : C'est bon pour ce que vous avez.
ARTHUR : Ah ouais ? Et j'ai quoi, moi ? Parce que si vous pensez à une carence en iode, ça risque pas avec la bande de moules que j'me trimballe comme chevaliers, hein !
PERCEVAL, subitement gêné : Non… Enfin, vous savez… Ce dont on a parlé à cette table, il y a une semaine ? Bon, j'vous avoue, j'ai pas compris tout de suite pourquoi vous restiez aussi évaseux à ce sujet-
ARTHUR croque avec lassitude dans une asperge crue : Que je restais vaseux ?
PERCEVAL : Oui, que vous n'vouliez pas me dire vraiment ce qui vous dérangeait.

(Se penchant en avant, le chevalier s'appuie sur ses coudes et baisse d'un ton, prenant un ton confidentiel.)

PERCEVAL : Ce dont on a parlé, vous vous souvenez ? Que vous pensiez plus manier aussi bien l'épée, que vous étiez las et complètement schlass. Bah- J'ai prit les choses en main ! Enfin, si vous m'permettez.

(Arthur inspecte les environs tandis que Perceval pouffe de sa dernière parole comme d'une blague dont le roi ne peut saisir le sens. Inclinant la tête sur le côté, roulant des yeux et l'estomac gargouillant, il le prie de poursuivre son explication.)

ARTHUR : Vous feriez mieux de vite me dire ce vient foutre une douzaine d'huîtres et une botte d'asperge dans mes sautes d'humeurs…
PERCEVAL, nullement décontenancé : Bah, comme j'vous aime bien… Vous l'savez, hein ? Eh bien, j'me suis renseigné. Merlin avait bien une potion à m'proposer pour les mous du bâton comme il dit mais… Karadoc m'a dit d'm'en méfier. Il m'a aussi dit que la nourriture, c'est un truc fortiche qui peut dérégler ou rerégler les p'tits problèmes. Comme le vôtre.

(Les doigts du roi se crispent sur l'un des morceaux de pain, maltraitant la pauvre mie. Ses yeux fixent son invité. Il semble prêt à le jeter aux oubliettes.)

ARTHUR : Mou du bâton ? Vous lui avez raconté quoi à ce charlatan ?
PERCEVAL, haussant les épaules : Ce que vous m'aviez dit, Sire ! Que vous aviez tellement plus d'énergie que même pour soulever l'épée, c'était pas du gâteau.
ARTHUR, presque choqué : Vous lui avez dit quoi ?
PERCEVAL : Il m'a conseillé une mixture pour refiler un peu d'vigueur aux vieilles plantes en mal de sève qui m'disait. J'ai rien compris… Mais vous les connaissez les druides, ils sont toujours à fond dans la nature et les trucs végétaux.
ARTHUR esquisse un sourire venimeux, devinant le dénouement de cette mascarade : Quand vous faites une connerie, vous l'faites pas à moitié, vous ! Vous avez déjà entendu parler des métaphores ?
PERCEVAL réfléchit un court instant avant de répondre : Oui, oui, c'est les trucs dans lesquels on met les bougies, non ?

(Rouge de colère et de honte, Arthur réprime néanmoins sa rage et reprend calmement.)

ARTHUR : Une métaphore, c'est employer une image… Une expression, un truc débile, anodin pour parler de quelque chose d'autre. Quand j'dis que Karadoc est un ogre… Ce n'en est pas un, n'est-ce pas ? Ca veut juste dire qu'il mange pour huit !
PERCEVAL : Bah, j'suis pas sûr qu'il en soit pas un. Pour dire vrai, j'ai jamais vu un ogre.
ARTHUR : C'était juste un exemple, laissez tomber. Ici… Quand Merlin vous dit que je n'ai plus de sève, c'est une métaphore… Ca veut dire que- Eh bien, vous voyez nan, merde ?

(Lentement, Perceval acquiesce, reculant doucement pour s'adosser au dossier de la chaise, pour finalement soupirer d'agacement.)

PERCEVAL : Non, désolé sire, j'vois pas. J'fais des efforts pourtant.
ARTHUR : Que j'suis pas foutu d'honorer mes maîtresses ou ma femme ! Enfin, c'est pas sorcier !

(L'une des servantes postées près du buffet jette un regard terrorisé à la table des deux convives. Arthur en devient encore plus furieux. Perceval, lui, ne s'en formalise pas.)

PERCEVAL : Ah ! Mais oui, c'est bien de ça qui s'agissait. Parce que- Regardez, j'ai compris ! Quand vous disiez que vous pouviez pas lever l'épée, c'était une métaforme.
ARTHUR : Ce n'était pas une métaphore, bordel ! Je vais bien ! J'vais pas inviter tout Kaamelott et faire ça sur la table ronde pour le prouver, crétin !
PERCEVAL, compréhensif : J'me doute que c'est pas facile. Mais vous l'avez dit, blanc sur noir.
ARTHUR, à la fois hilare et hors de lui : Non, non, j'pense pas.

(Plissant le front, Perceval réfléchit, se mordillant la lèvre dans un effort de concentration intense. S'illuminant brutalement, il tape du poing sur la table.)

PERCEVAL : Ca me revient ! Vous m'disiez que ces histoires de bonnes femmes vous montaient à la tête, mais que les maîtresses qui ronchonnent, ça allait avec le trône et l'impuissance.
ARTHUR : La puissance, pas l'impuissance !

(A bout de forces, le roi se fracasse le front contre la table en bois. Entre deux plaintes et deux insultes, Perceval tâche de se faire entendre pour aplanir la situation.)

ARTHUR : Si vous foutez pas l'camp d'ici, j'vous dérouille à mains nues...
PERCEVAL : Le prenez pas comme ça ! Ma foi, c'est dommage que vous alliez bien. 'fin, j'veux dire que c'est pas plus mal mais- J'ai galéré pour trouver des aliments paradisiaques comme disait Bohort. Pis, y savait pas si on en trouvait ici, au marché.

(Se relevant, Arthur dresse le poing et déplie l'index, puis le majeur ainsi que l'annulaire.)

ARTHUR : Karadoc, Merlin, Bohort… Vous en avez mis combien au courant, hein ? Combien, parlez !

(Le Roi se lève de son siège, prêt à se jeter sur Perceval. Les deux hommes entament une course interminable autour de la table.)

Fondu noir.

PERCEVAL : Mais y'a rien de honteux ! Comme disait Messire Leodagan, ça arrive à tout l'monde!

Chevalier à la Subrogation
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Pas mal, dans l'histoire, je trouve qu'il y as quelques maladresse dans le dialogue par contre, je ne serais pas l’expliqué mais il y as des moments bizarre, enfin après ce n'est que mon avis.
Sinon, oui j'ai bien aimé, par contre, enlumine le si tu as le temps sa peut être cool ! ;)

Pécore
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Oui, c'était la première donc c'est sûrement fort approximatif par moment. Mais merci beaucoup ! :)
Oui, je vais enluminer, j'ai déjà commencé pour l'autre scenario. J'ai juste eu du mal de m'y retrouver dans les balises au début. :D

Chevalière Parodisiaque
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J'adore le sujet! :lol:
Quant aux élans de bonté du gentil Perciflette, un pur bonheur ;)
Bien joué, Tommaso!
Faudrait vraiment que tu viennes jouer au cirque chez kelk1... si tu as du temps et l'envie, bien sûr :P

Chevalistère à la Balustrade
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-Vous avez déjà entendu parler des métaphores ?
-Oui, oui, c'est les trucs dans lesquels on met les bougies, non ?

:lol:  :lol:  :lol: Ca ma tué cette réplique !!

Bon sinon c'est vrai qu'on se perd un peu dans les dialogues ne voyant pas vraiment ou ça veut en venir surtout vu le debut très concentré sur les huitres ...
Je pense qu'il faut le lire plusieurs fois pour mieux imaginer mais c'est une bonne idée cette métaphore :p

Chevalier aux Pouces Verts
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:lol: :lol: J'ai encore passé un bon moment en te lisant :D

Chevalière Nebulis Causa
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Celui-là je le connait ^^ mais en effet il me semble que tu a ajouté l'introduction non ?
J'aime bien ^^ même s'il y a une petite incohérence :

KARADOC, méfiant : Vous faites comme vous le sentez, hein... Mais un truc qui se bouffe et dont j'ai jamais entendu parler... Ca pue du cul.

C'est Karadoc de Vannes et si je ne m'abuse ? Qu'il ne connaisse pas les huîtres cela me semble assez improbable... Comment ça je chipotte ?

Sinon pour le reste rien a dire, c'est bien eux l'histoire est originale mais s'intègre bien dans l'univers de Kaamelott, les approximation linguistique de Perceval sont  vraiment bien dosées.

J'ai beaucoup aimé le fait que plus l'histoire avance et plus il y a des chevalier impliqués dans les problèmes de montée de sève de notre bon Roi Arthur.

Pécore
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Je suis encore en retard d'une guerre, mais me voici ! Merci à tous pour vos commentaires. :)

Kapiston a écrit :

Bon sinon c'est vrai qu'on se perd un peu dans les dialogues ne voyant pas vraiment ou ça veut en venir surtout vu le debut très concentré sur les huitres ...

Je pense que la différence entre les deux passages vient du fait que le début a été écrit plus tard que le reste. Du coup, oui, c'est vrai qu'il y a un peu un décalage. :/ Mais je suis soulagée de voir qu'il existe des gens sensibles à mon mauvais humour. :D

flammeche a écrit :

KARADOC, méfiant : Vous faites comme vous le sentez, hein... Mais un truc qui se bouffe et dont j'ai jamais entendu parler... Ca pue du cul.

C'est Karadoc de Vannes et si je ne m'abuse ? Qu'il ne connaisse pas les huîtres cela me semble assez improbable... Comment ça je chipotte ?

Oui, surtout que la consommation d'huîtres était déjà répandue à l'époque (sous l'impulsion des Romains notamment) mais je me suis dit qu'on pouvait bien négocier un écart. :D Mais c'est vrai que pour un prof d'histoire, je me ramasse sérieusement sur la véracité. :lol:

Et sinon, oui, le début est neuf. :) Merci beaucoup en tout cas !

Chevalier Pile Poil
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Il est tellement naïf qu'il en devient touchant Perceval et plus encore dans cette histoire ^^

Moi j'ai bien aimé, j'ai pas trouvé de choses à redire même.

Pécore
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Un script frais, digne de l'univers et du rythme de jeu de la série, bravo l'amie, j'ai souri

Chevalier Allû Ciné
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C'est très sympa ! Bravo ! Je le trouve qu'il y a peut être un peu trop de dialogue ou que le roi est trop patient. Ou alors un petit souci dans le rythme. Mais c'est vraiment histoire de trouver une saloperie à dire !

Je rejoins mes petits camarades à propos des huîtres. A l'occasion, le remplacer par un aliment plus exotique ??

Bravo encore et bonne continuation !

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