Bienvenue sur OnEnAGros!, le forum qui fait flamber la moitié de la Bretagne !

Lisez la charte du forum avant de commencer à participer. Si vous êtes nouveau, une présentation est toujours appréciée afin de mieux se connaître !


Chef de Clan
Hors ligne
Lemon a écrit :

C'est toujours aussi bien ! :D J'ai beau y réfléchir je vois pas du tout ce que Perceval peut avoir, en même temps j'arrive jamais à deviner la suite des histoires sauf quand c'est évident :p

Merci.
Et pas d'idée non plus sur l'identité de la "nouvelle maîtresse " ou sur la disparition du coffre ^^ ?

Semi-Croustillant
Hors ligne

Peut être que son arrivée est liée avec la disparition du coffre ? Je sais pas vraiment :p

Chef de Clan
Hors ligne

Bon mon internet à l'air de remarcher, je vais en profiter pour vous donner la troisième et avant-dernière partie de l'histoire, les réponses commencent à arriver.

Partie 3


-Vous avez fait quoi ? s'écria Merlin d'une voix qui virait dans les aiguës.

Le ton accusateur de l'enchanteur agaça le roi de Bretagne. Il devait tout faire par lui-même puisqu'il n'était entouré que par des incompétents incapables de faire correctement ce qu'il demandait, par contre le jour où lui faisait une erreur, là il y avait du monde pour le lui reprocher.

-Mais une sorcière ça ne se tue pas ! reprit l'enchanteur avec ce même temps ton plein de reproches.

Arthur fronça les sourcils et le regarda d'un air agacé.

-Et qu'est-ce que j'étais sensé faire alors ? La laisser continuer ses méfaits sans lever le petit doigt ?

-J'en sais rien moi, fallait juste pas la tuer.

-Elle tuait des enfants et utilisait leurs organes comme ingrédients pour ses potions !

Et c'est lui qu'on tenait responsable des événements actuels ! Tout ce qu'il avait fait c'était protéger ses sujets d'un danger, c'était à vous dégoûter d'être roi.

-Vous voulez vous asseoir ? lui demanda l'enchanteur en commençant à enlever les divers objets qui reposaient sur un siège.

Mais il ne voulait pas s'asseoir ! Il voulait des réponses ! Il voulait une solution !

-Mais je ne veux pas m'asseoir ! Je veux des réponses ! Je veux une solution ! Je veux que vous me le soigniez et vite !

Imperturbable, Merlin continuait de libérer un peu d'espace sur la table qui – à l'instar des sièges, à l'instar du laboratoire entier – débordait d'un bric-à-brac innommable.

-Voilà, ça sera plus pratique comme ça, asseyez-vous.

Arthur regarda le druide d'un air dépité puis se résolut à prendre place sur la chaise en osier qu'on lui avait gentiment libérée.

-Bon maintenant vous allez répondre à mes questions ? demanda le roi du royaume de Logre d'une voix sèche.

Il n'avait vraiment pas que ça à faire mais Merlin ne semblait pas décider à s'occuper de lui, il était affairé à piler des graines dans un bol et ne lui prêtait qu'une attention très légère. C'était un problème récurrent avec l'enchanteur, cette impression qu'il ne se sentait parfois qu'à moitié concerné, que les problèmes qui les touchaient eux, simples mortels, lui passaient au dessus de la tête.

-Merlin ! Vous vous ramenez oui ou non ?

-C'est bon, y a pas le feu.

-Non, mais y a un de mes chevaliers qui est cloué au lit, et peut-être est-il même en train de mourir lentement, alors vous vous magnez un peu.

-Vous avez déjà perdu d'autres hommes, et vous n'aviez pas l'air particulièrement bouleversé.

-Lui c'est pas pareil, lui je lui interdit de mourir.

-Qu'est-ce qu'il a de spécial ?

-Une destinée exceptionnelle et...Voilà, une destinée exceptionnelle.

Arthur soupira, il en avait marre, marre que l'on discute ses ordres, marre de ne pas réussir à trouver ce fichu Graal, marre que tout aille de travers. Il pourrait se plaindre de tellement de chose, mais à la place il se contenta de soupirer à nouveau et demanda d'une voix lasse :

-Et pourquoi je n'aurais pas dû la tuer ?

-Pour une sorcière, le corps n'est qu'une enveloppe qui emprisonne l'esprit. En la tuant vous avez permis à son esprit d'être libre, ce qui lui a donné par ailleurs de plus grands pouvoirs.

-Qu'est-ce que j'aurais dû faire alors, la laisser poursuivre tranquillement ses petites affaires ? railla le roi de Bretagne.

-L'emprisonner, éternellement.

Déjà qu'il devait rappeler des règles aussi élémentaires que « ne posez pas votre torche allumée sur une botte de foin » chaque semaine, alors une consigne qu'il faudrait transmettre de génération en génération...

-Ce qui est fait est fait, la magie c'est votre domaine Merlin alors trouvez moi une solution.

Le roi se leva, il était temps qu'il s'occupe d'autre chose, de toutes façons il n'était d'aucune utilité en restant là. Il n'avait plus qu'à s'en remettre à l'enchanteur et à reprendre ses occupations, surtout que son emploi du temps de monarque était déjà bien chargé.

Le rendez-vous avec Aodren approchant, Arthur se rendit à la salle de bain pour se rafraîchir un peu. Il avait décidé de jouer le jeu, se changer les idées le temps d'un repas était un modeste plaisir qu'il avait largement le droit de s'accorder. Et puis Perceval était réveillé, nourri, et Merlin lui cherchait un remède. Oui il pouvait se permettre un dîner en tête-à-tête une potentielle future maîtresse. Il s'essuya le visage et quitta les lieux.

Sur le chemin pour se rendre à sa table, il passa devant Kadoc qu'il avait posté devant la salle des coffres. Le frère de Karadoc ne dormait jamais et il était trop « spécial » pour être acheté, alors si il voyait quelque chose, il le dirait. Bon le comprendre risquait d'être une autre paire de manche en revanche.

Arthur s'installa à la place qui lui était réservé, il replaça une mèche de cheveux derrière son oreille droite et convoqua une servante.

-Partez me chercher Dame Aodren et dites-lui de venir me retrouver ici, elle doit être avec le seigneur Bohort.

Une fois la servante repartie avec un air ravi d'avoir du travail supplémentaire, le roi de Bretagne s'enfonça dans son siège. Il fallait mieux qu'il évite de jouer avec la mie de pain en attendant, il risquait de perdre beaucoup de crédibilité si on le surprenait en train de faire ça, de nouveau.

Arthur tendit ses jambes et se mit à fredonner doucement, pour passer le temps, parce que c'était trop calme.

-Vous semblez de meilleure humeur Sire.

Aodren se tenait sur le seuil, souriante. Il y avait quelque chose de fantomatique dans cette apparition soudaine. Arthur s'arrêta net, en plein milieu d'un vers, gêné d'avoir était surpris ainsi il répondit avec une assurance trop exagérée.

-A ce qui paraît chanter rend le cœur plus léger. J'espère que la journée n'a pas été trop longue.

-Oh non Sire, le Seigneur Bohort m'a fait visiter le château, ce fut très intéressant.

Le toi tira une chaise en arrière et d'un regard invita son hôte à prendre place à sa table.

A la fin du repas, Arthur se retrouva incapable de dire de quoi ils avaient parlé tout du long, peut-être de tout, peut-être de rien, seul subsista une impression favorable.

Le roi ne se rappelait pas pas ce qu'avait bien pu lui dire son invitée, juste que ça sonnait bien.

Ils se séparèrent, le sourire aux lèvres et en prévoyant déjà une future rencontre, pourquoi s'en priver alors que ce premier rendez-vous s'était si bien déroulé ?

Arthur regagna sa chambre en sifflotant, comment avait-il fait pour ignorer à quel point la vie était belle jusqu'à maintenant ?

Plongé dans la conviction sincère que ses problèmes allaient s'arranger, il ne remarqua pas le regard maussade que lui lança Guenièvre au moment où il se coucha dans le lit.

Qui sait, si ça se trouve dans les jours à venir Merlin allait non seulement trouver un remède pour Perceval, mais lui-même trouvera-t-il un indice capital pour le Graal.

___________________

Dans les jours qui suivirent, Arthur prit rapidement deux nouvelles habitudes : voir Aodren et rendre visite à Perceval.

Chaque jour il passait du temps avec le chevalier de Galles : des après-midi entières, deux heures, une heure, trente minutes, vingt, un quart d'heure, passait en coup de vent...Un soir le roi se coucha en réalisant qu'il n'était pas aller voir son chevalier le jour là, oh tant pis il irait demain...

Justement, le jour suivant Aodren – ayant à faire ailleurs – s'était absentée, alors il avait du temps à consacrer au Gallois.

Perceval avais toujours cet air fatigué qu'il avait à son réveil quelques jours plus tôt et les veines noirâtres étaient toujours visibles sur son corps, mais au moins il avait repris connaissance et son état ne semblait pas s'être aggravé.

Le roi fut accueilli par son chevalier avec un large sourire qui le fit culpabiliser d'avoir manqué sa visite quotidienne la veille. Ah ce cher Perceval, souvent stupide, dans de très rares cas d'une sagesse insoupçonnée, mais toujours soucieux de s'attirer la sympathie de son souverain.

Arthur était bien décidé à rattraper les heures manquées le jour précédent, sauf que le chevalier de Galles paraissait pris d'un nouvel élan de fatigue.

-Vous voulez peut-être que je vous laisse vous reposer ?

-Non Sire, j'aime bien quand vous venez causer avec moi, répondit le malade en baillant.

-Je vous ai déjà raconté la fois où j'ai dû passé une nuit à fouiller le château parce que la reine était persuadée d'avoir croisé un fantôme en se rendant aux latrines ?

-Et c'en était un de sceptre ?

-Spectre, corrigea machinalement le roi. Attendez je vais vous raconter.

A la conclusion de l'histoire, à la révélation que le fantôme n'était autre que Séli, prise d'une envie nocturne de préparer des tartes et recouverte de farine, Arthur se rendit compte que Perceval s'était endormi.

Il tira l'édredon à la hauteur des épaules et quitta les lieux sur la pointe des pieds.

Le roi de Bretagne décida de se rendre à la salle des coffres, cette disparition mystérieuse continuait à l'intriguer.

La pièce – au départ réservé pour abriter des objets de valeurs – était désormais rempli d'objets en tout genre, il y avait à l'intérieur un tel bordel qu'une chatte n'y retrouverai pas ses petits.

Arthur pensa qu'il faudrait sérieusement envisager de faire un tri un de ces quatre.

Une pièce perdue attira son regard et il se pencha pour la ramasser, que faisait-elle là toute seule ?

En principe elles étaient rangés dans des coffres.

L'un des gardes passa la tête dans l'entrebâillement de la porte mais n'avança pas d'avantage, comme si il craignait quelque chose.

-C'est bien que vous soyez là Sire parce que, parce que...

-Bon vous la crachez votre pastille ?

-Y a un tonneau qui a disparu.

-De quoi !

- Y a un tonneau qui a disparu.

-Oui ça j'ai bien compris, mais ce que je veux savoir c'est comment vous avez fait pour merder comme ça une deuxième fois et ce qu'il y avait dans ce tonneau.

-Rien.

Le souverain du royaume de Logres, qui commençait à s'impatienter, haussa le ton :

-Comment ça rien ! Vous vous foutez de moi ?

-C'était un simple tonneau, fait pour être rempli de vin, mais celui-là il était vide.

-Mais ça n'a rien à faire ici ça ! Descendez-le aux cuisines ?

-On peut pas Sire, il a été volé.

-Ah oui c'est vrai.

Ces idiots allaient avoir raison de sa santé mentale un jour.

Le garde pivota pour laisser passer une silhouette – certes familière – mais qui n'avait rien à faire là.

-Mais qu'est-ce que vous foutez là vous ?

C'était la première fois que Arthur revoyait Merlin depuis le jour où il lui avait ordonné de préparer un remède pour Perceval et il se demandait donc ce que l'enchanteur faisait là au lieu de s'atteler à la tâche. Comment avait-il fait pour rentrer ici d'ailleurs ? Normalement, il ne connaissait pas le mot de passe.

Agacé le roi de Bretagne fit signe à l'un des gardes de venir, ce dernier s'approcha timidement.

-Je peux faire quelque chose pour vous Sire ?

-Oui, expliquez moi pourquoi vous l'avez laissé rentrer, il n'a pas dit le mot de passe que je sache ?

-Il a aucune raison de voler quelque chose ici, avec ses pouvoir il peut avoir tout ce qu'il veut.

Bon d'abord ils surestimaient largement les capacités de Merlin et ensuite, c'était une question de principe, ils n'avaient pas à laisser rentrer quelqu'un sans mot de passe.

-Et pourquoi vient-il là alors ? demanda le roi de Logres en se tournant vers l'intéressé.

-Je suis venu pour chercher le tabouret que l'un des chefs de clan vous a offert afin de passer un coup de verni dessus.

Encore ce maudit vernissage, le regard d'Arthur se posa sur un tabouret posé contre un mur, ça aussi ça n'avait rien à faire ici.

-Pourquoi il y a un tabouret ici ? Je croyais que c'était la salle des trésors, pas un débarras.

-Il est sacré Sire, taillé dans le bois d'un arbre séculaire abattu par la foudre.

Inconsciemment, Arthur s'assit le strapontin soi-disant sacré. L'objet se brisa net sous son poids, enfin pour être plus précis, l'un des pieds se brisa net. Le roi de Bretagne se releva en maugréant sous les regards surpris du petit groupe. Il redressa le tabouret, voulant vérifier si le pied n'avait pas été pré-découpé, si ça se trouvait on le lui avait offert dans la seule optique qu'il se casse le coccyx en tombant.

Des termites ! Ces sales bêtes grouillaient dans le bois, le rongeant, le dévorant, y creusant des sillons. Tous les objets en bois de la salle devaient en être infestés.

-Le coffre et le tonneau qui ont disparu, ils étaient en quelles matières ?

-En bois Sire, pourquoi ?

C'était bien se qu'il pensait, il n'y avait jamais eu de voleurs, les deux objets avaient été réduits en poussières de l'intérieur. Il ne fallait surtout pas que l'invasion se propage en dehors de la salle (en espérant que ce ne soit pas déjà le cas).

Je veux que chaque objet en bois de cette pièce soit contrôlé, si il y en a avec des termites, brûlez-les. Interdiction de sortir quoi que ce soit d'ici.

-Et le vernis ? s'indigna Merlin.

-Votre mixture collait-la sur vos propres affaires !

-N'empêche que les termites, elles ne s'approchent pas des objets que j'ai déjà vernis.

Mais c'est qu'il avait raison ce bougre d'enchanteur, les insectes refusaient de s'approcher des bibelots rendus brillants par le vernissage. Arthur aurait menti si il avait dit que cela ne l'agaçait pas un petit peu, comme beaucoup de monde il détestait avoir tord.

-Dans ce cas, qu'est-ce que vous faites encore là ? Allez en préparer une grande marmite de votre truc.

La seconde fois que Arthur revit Merlin, il était une fois de plus en charmante compagnie et bien déterminé à passer du bon temps.

-Vous devriez venir Sire, c'est l'état de Perceval, il s'est de nouveau aggravé.
   


Chevalière Parodisiaque
Hors ligne

Voilà. Les vacances ça sert à prendre le temps. Ma première tâche ludique étant de me remettre à l'excellent Silentio. Boum ! Me v'là à jour !
Je sais toujours pas où on va, mais mon désir de savoir va grandissant. Quel suspense !
Merci, Daï :hug:

Chef de Clan
Hors ligne

Merci Tatie, tu peux pas savoir à quel point ton commentaire me fait plaisir :hug:.

Chevalière Parodisiaque
Hors ligne

Sérieusement, je sais pas où tu m'emmènes, mais j'y vais avec enthousiasme :D

Chef de Clan
Hors ligne

Je sais que ça fait un petit moment mais j'ai du composer avec l'égarement d'un chapitre (juste après avoir fini de l'écrire, mais avant de l'avoir tapé), les examens, le mini-mémoire, une perte de disque dur et une certaine tendance à la procrastination.
Mais trêve de bavardage, voici le quatrième et ultime chapitre de Silentio.

Partie 4


Arthur faisait les cent pas dans la petite pièce exiguë, il refusait de jeter le moindre coup d'œil en direction du lit. Ce crétin de Perceval ne pouvait pas mourir, il était sensé avoir une grande destinée...Bon sang ! Il était sensé avoir une grande destinée, il ne pouvait pas mourir comme ça ! C'était ça sa destinée ? Mourir à cause d'un mal incurable qui le rongeait ? Être la victime d'une malédiction qui était le résultat de la confrontation entre deux autres personnes ?

Dans un grand geste d'énervement le roi de Bretagne donna un coup de pied dans le tabouret sur lequel il s'était assis quelques minutes plus tôt. L'impact du petit objet contre le sol fit un bruit monstre dans la pièce silencieuse.

- Il y a quelque chose qui ne va pas Sire ? demanda Perceval d'une voix fatiguée, c'est à cause du saucisson aux noisettes ?

Même à l'approche de la mort cet idiot ne pouvait s'empêcher de s'exprimer d'une façon incompréhensible, il ne pouvait pas faire un effort pour une fois ?

- Quel saucisson aux noisettes ?

- Celui qui a disparu la semaine dernière, avec Karadoc on a dit que y avait des souris dans la cuisine pour pas se faire distinguer, mais en fait c'est nous qui l'avons mangé.

Arthur se souvenait encore du bordel provoqué par la déclaration de ses chevaliers, Séli avait été à deux doigts de mettre le feu au château pour se débarrasser de ces maudits rongeurs qu'on ne parvenait pas à attraper.

- Et vous me l'annoncer comme ça, sans sourciller ? Et d'abord le terme correcte c'est disputer, pas distinguer.

Le vol du saucisson en soi n'était pas spécialement grave, après tout il savait bien que Karadoc piochait plusieurs fois par jour dans les réserves du château. En revanche, il commençait à en avoir grandement marre d'être pris pour un con.

- Ça fait longtemps que vous ne m'avez pas crié dessus comme ça, remarqua le chevalier du Pays de Galles avec son insouciance habituelle, ça veut dire que je suis guéri ?

La question prit Arthur de court et pendant cinq interminables secondes il resta silencieux.

- Bien sûr...Bien sûr, d'ailleurs dès demain vous bougez vos fesses et vous filez en mission.

Si Perceval n'était pas guéri, ce n'était qu'une question de temps avant qu'il le soit, le roi de Logres n'était pas du genre à laisser ses chevaliers mourir sans rien faire, destinée exceptionnelle ou non, malédiction ou non.

Arthur se rappela la fois où il avait cru que Perceval était mort et que son vassal avait finalement débarqué la bouche en cœur en disant que c'était une fausse alerte et qu'il avait juste gerbé, gerbé et gerbé...Mais oui ! C'était ça, il fallait que Perceval vomisse tout ce qu'il avait au fond de ses boyaux d'une façon ou d'une autre pour se purger du poison.

- Surtout vous ne bougez pas d'ici. Vous m'attendez là je reviens.

-Mais sire, où est-ce que...

Le roi ignora son chevalier et se précipita en dehors de la chambre. Il lui fallait trouver Merlin, le temps pressait, Perceval n'avait plus que quelques heures.

Il trouva Merlin dans son laboratoire mais le manque d'enthousiasme de ce dernier devant son idée le vexa profondément.

- Au moins moi je propose des trucs.

- Mais il n'a pas une indigestion, il est maudit.

- C'est culotté de votre part de me faire cette remarque.

- Oh c'est bon, ça arrive à tout le monde de se tromper de temps en temps.

- Avec vous c'est pas de temps en temps, c'est systématique.

Arthur se passa la main sur le visage, satané druide, juste bon à créer des catastrophes.

- Et vous ne pouvez pas me concocter quelque chose pour lever cette malédiction ?

- Il n'y a pas de sort qui puisse annuler la malédiction qu'une sorcière lance à sa mort, c'est bien trop puissant.

- Une potion alors ?

- Non plus.

- Alors dite-moi qu'il y a un artefact qui possède ce pouvoir.

-Navré sire.

Le roi de Logres en aurait mangé son oreiller de frustration et de rage, c'était terminé, il n'avait vraiment plus d'idée pour tirer le Gallois de ce mauvais pas.

Qu'est-ce qu'il allait faire marquer sur son épitaphe ? Ci-git le chevalier qui a jeté les clous de la sainte croix parce qu'ils étaient rouillés ?

Merlin lui adressa un regard désolé.

-Vous devriez y aller sire, ça ne vous sert à rien de rester là. Et je suppose que dame Aodren vous attend.

Arthur se crispa et demanda d'une voix sèche :

- Qu'en savez-vous ?

- Elle vient vous voir tous les jours sire.

N'avait-elle rien de mieux à faire ? Ne voyait-elle pas qu'il était occupé ?

Le roi de Bretagne décida d'aller à la rencontre de sa nouvelle maîtresse pour lui annoncer qu'il n'avait pas de temps à lui consacrer. Mais en s'approchant d'elle, il oublia ce pour quoi il était venu la voire initialement. Il oublia Perceval et sa mort imminente, il oublia sa colère vis-à-vis de son incapacité à faire quelque chose, il oublia la quête du Graal, il en oublia jusqu'à ses serments, adieu remède miracle, enfants perdus, coupe sacrée..

Aodren gloussa, habituellement Arthur détestait quand Guenièvre ou une de ses maîtresses faisaient ça, mais là ça sonnait bien, c'était apaisant, la présence d'Aodren était apaisante.

-Et rappelez-vous cette danse grotesque que Élias à entamé après avoir avalé son quatrième pichet.

Le souverain du royaume de Logres ne se rappelait pas de cela, il se rappelait bien que Merlin avait été suffisamment ivre pour se transformer en chat et dormir du sommeil du juste, mais il ne se souvenait pas que Élias se soit retrouvé dans un état comparable, en fait il ne se souvenait même pas avoir croisé l'enchanteur à la fête.

-Je ne m'en rappelle pas.

-Mais si souvenez-vous, il a débarqué au milieu de la fête alors que personne ne l'attendait.

Maintenant qu'on en parlait, il se remémorait l'arrivée d'Élias, arrivée qui les avait tous surpris.

Et la valse des souvenirs recommença, mélodique, chantante, entêtante, absorbante. La voix d'Aodren semblait accéléré le temps.

-Et ce coquillage que nous avions trouvé sur la plage quand nous étions plus jeune ?

De ça non plus il ne se rappelait pas, il était persuadé d'avoir rencontré Aodren à l'automne dernier, il ne voulait pas être blessant mais si ils avaient fait connaissance avant ça, il ne s'en souvenait pas.

Ça devait être cette histoire avec Perceval qui lui brouillait l'esprit.

- Plus jeune ?

- Quand nous avions treize...Peut-être quatorze ans.

Une minute...A cet age là il était à Rome, pas en Bretagne, non ? Alors comment était-ce possible ? Il avait bien grandi là-bas n'est-ce pas ? Sinon où aurait-il rencontré Manilius ? Et Aconia ?

Les pensées d'Arthur volèrent dans tous les sens, passant des plages bretonnes aux casernes romaines, revenant sur les visages familiers qu'il voyait régulièrement autour de la table ronde, puis sautant sur les fantômes de son passé de nouveau.

- J'étais à Rome à cet âge là, murmura le roi de Bretagne plus pour lui que pour faire la conversation.

- Vous en êtes certain sire ? Vous devez vous trompez d'âge.

- Non j'en suis sûr, je n'avais pas dix ans quand j'ai quitté la Bretagne et j'étais déjà adulte depuis bien longtemps lorsque j'y suis revenu.

Ses pensés se mirent à tourbillonner encore plus vite et il mit du temps avant de se rendre compte que Aodren s'était figée et qu'une substance sombre coulait de sa narine gauche.

- Vous allez-bien ? s'inquiéta-t-il.

Aodren s'effondra.

__________________________________

Arthur sentit le matelas bouger au moment où Guenièvre se glissa sous les couvertures à cotés de lui. Sa femme se pencha vers lui et murmura gentiment :

- Vous vous inquiétez pour le seigneur Perceval ? Comment va-t-il ?

- Toujours en vie étonnamment...

Le roi du royaume de Logres ne termina pas sa phrase, il avait l'impression que si il la finissait, la petite bulle de survie dans laquelle dormait Perceval allait éclater. Il avait aussi l'impression d'être responsable de tout ça, de ce qui était arrivé à Perceval et à Aodren, c'était lui qu'on avait voulu viser à travers eux.

- Et dame Aodren comment va-t-elle ? J'ai appris ce qui lui était arrivé, c'est terrible.

Ce qui était terrible surtout, c'est qu'il ne s'était rendu compte de rien. Comment avait-il pu être si aveugle ? Arthur frissonna en repensant aux cri déchirants qu'avait poussé Aodren au moment de son exorcisation, elle était toujours en vie et aucune séquelle n'était visible sur le plan physique, mais mentalement elle risquait de ne jamais s'en remettre complètement.

Il ne pouvait même pas imaginer ce que ça faisait que d'être utilisé comme un pantin...Et lui qui n'avait rien vu ! Pire, il avait mordu à l'hameçon comme un poisson devant un appât, comme un crétin de poisson.

- Elle est rentrée chez elle.

La voix du souverain était cassée.

- Vous pensez qu'elle reviendra ?

- Je ne pense pas.

Et il ne pouvait vraiment pas le lui reprocher. Ces cris...Bon sang, ces cris...Jusqu'à la fin de cet horrible moment il avait bien cru qu'il allait devoir trouver un linceul.

Une pensée lui vint à l'esprit, banale au premier abord mais terriblement insidieuse : Il n'y avait rien de vrai dans la relation qu'il avait construit avec Aodren. Tout était faux, des moments passés ensemble jusqu'à sa proposition, seul restait le fait qu'il avait effectivement croisé la jeune femme à cette fameuse fête villageoise.

Et lui qui s'était fait piéger, avoir comme un bleu.

Il devait se concentrer sur les points positifs, Aodren était en vie...Mais il ne la reverra probablement plus jamais...Mais elle s'en était sortie...Mais elle sera sûrement traumatisée à vie...

Arthur se releva d'un bon et son oreiller vola à travers la pièce, ce qui fit sursauter Guenièvre.

- Qu'est-ce qui se passe ?

- Il se passe que tout part à vau-l'eau autour de moi ! L'un de mes chevaliers se barre, un autre est à l'agonie et pas un n'est capable de me donner un indice sérieux sur ce fichu Graal, après toutes ces années ! En plus de ça, je suis incapable de protéger mes sujets...

Guenièvre se tassa contre le dossier du lit et cette image s'imprima sur la rétine d'Arthur, ce qui – l'espace de quelques battements de cœur – effaça tout le reste.

Hurler sur sa femme n'avait aucun sens, elle n'était pour rien dans tout ça.

- Je suis désolé.

- Je sais.

- C'est tout ce qui arrive en ce moment...

- Je sais.

La plupart du temps Arthur était le premier à se plaindre de sa femme, à trouver qu'elle était con comme un chaise, mais parfois il était quand même bien content qu'elle soit là.

Hélas, les soucis qui lui pesaient sur les épaules n'avaient pas disparu et la série de coups sur la porte les fit ressurgir.

- Sire, Merlin a demandé à ce que vous le rejoignez à l'infirmerie, c'est au sujet du seigneur Perceval.

Arthur sentit ses entrailles geler, puis se liquéfier, puis regeler à nouveau. Il fixa le garde qui était venu le chercher et ce ne fut que le « je viens avec vous » de Guenièvre qui le tira de sa torpeur.

- Non, vous vous restez là.

Le trajet jusqu'à l'infirmerie lui parut à la fois interminable et affreusement court, il n'était pas prêt pour ça. Miraculeusement, malgré la bande de bras cassés qu'il se traînait, aucun n'était mort jusque là, enfin jusqu'à aujourd'hui...

Que disait-on à quelqu'un qui allait mourir d'un instant à l'autre, surtout quand le quelqu'un en question était loin d'être connu pour sa vivacité d'esprit ?

- Perceval ?

Seule la voix de Merlin lui répondit :

- Il ne peux pas vous entendre Sire.

Le roi de Bretagne resta planté sur le seuil de la pièce, figé. Au moins ça simplifiait les choses, osa penser dans son esprit la voix de l'égoïsme, ce qui ne fit que renforcer son malaise.

Il avança à petit pas dans la salle.

- Donc le seigneur Perceval est mort.

C'était horriblement dit mais le souverain n'était pas d'humeur à faire de la poésie.

- Non sire, le seigneur Perceval est juste tombé dans un coma profond, lui répondit Merlin.

- Mais vu que vous ne savez pas comment faire pour qu'il aille mieux, c'est tout comme.

- J'ai fait tout ce que je pouvais sire.

L'envie d'en coller une au « grand vainqueur de la belette de Winchester » démangeait fortement le roi du royaume de Logres.

Mais il n'en fit rien et à la place se contenta de grogner entre ses dents.

- Et c'est pour ça que vous m'avez demandé de venir, vous êtes si fière de me montrer l'étendue de votre incompétence ?

Merlin marmonna dans sa barbe quelque chose et tout ce qui parvint aux oreilles d'Arthur ce fut « Elias ».

- Quoi Elias ?

- Elias est revenu et il connaît un moyen de sauver le seigneur Perceval.

Arthur manqua de s'étrangler.

- Et ça ne vous est jamais venu à l'esprit de commencer par ça ? Mais faite le venir ici, et fissa.

Contrairement au trajet entre sa chambre et l'infirmerie, l'attente de l'enchanteur parut juste atrocement longue. Puis, finalement...

- Enfin ! Je me demandais si vous attendez une calèche pour parcourir la distance de votre labo à ici.

- Son labo, son labo...Ça c'est vite dit, ronchonna Merlin dans sa barbe grisonnante.

Le roi de Bretagne ignora son mage incompétent et se tourna vers le second, bien que ce dernier non plus n'avait pas une ardoise entièrement blanche concernant les sortilèges ratés et les catastrophes en tous genres.

- Merlin n'a pas arrêté de me répéter que ce genre de sort était impossible à annuler, et là d'un coup vous revenez de on ne sait où en disant que vous être capable de le faire.

- Ah non, je n'ai jamais dit que j'étais capable d'annuler la malédiction.

- Mais vous vous foutez de moi ?

- Une malédiction pareille ne peut pas être annulée, mais elle peut être transférée.

- Transférée ? Comment ça ? A qui ?

- C'est le problème Sire, on ne peut pas choisir et la personne qui en sera victime mourra obligatoirement.

Bon sang...Devait-il risquer de condamné un innocent ou de perdre un chevalier plus compétent pour sauver Perceval ?

Perceval qui était incapable de se battre, Perceval qui avait gâché un nombre incroyable de reliques, Perceval qui comprenait tout de travers, Perceval qui le rendait fou furieux à chaque repas...

- Faite le.

_____________________________________

A la grande inquiétude du roi de Bretagne, il fallu entendre plusieurs jours avant que le chevalier du pays de Galles ne montre un signe de rétablissement.

Puis, un matin – alors que la l'infirmerie était plongée dans la lumière rougeoyante de l'aube – un « sire » fut prononcé d'une voix pâteuse. Ce qui tira aussitôt le sire en question de sa torpeur.

- Perceval ?

D'un coup Arthur eut l'impression qu'on lui retirait un poids d'une demi-tonne des épaules, il bondit sur ses pieds, sans vraiment savoir si le rescapé allait avoir droit à un poing dans la figure ou à un câlin.

- Vous vous réveillez enfin espèce de feignant.

- J'ai dormis longtemps sire ? Je me sens tout pathologique.

- Patraque.

- Quoi patraque ?

- Vous vous sentez patraque, pas pathologique.

Perceval le regarda en ouvrant grand les yeux.

- Ah, mais pas la peine de me regarder comme ça, j'ai raison...

Des coups sur la porte sur la porte le coupèrent, fichtre ça devenait une habitude, probablement de la visite pour le Gallois.

- Entrez.

Contrairement à ce qu'il avait pensé, ce n'était pas Perceval qu'on cherchait à voir, mais lui.

Pour lui annoncer qu'un gamin d'un dizaine d'années était mort d'un mal étrange dans un village voisin.

Une fois le messager parti, le roi de Bretagne se tourna vers son chevalier.

- Vous avez sacrément intérêt à le trouver ce Graal.


Chevalier Allû Ciné
Hors ligne

Merci pour la fin ! C'est pas qu'on attendait ... Mais un peu quand même ... :)
C'est trop triiiiiste !!! Mais ça aurait eut parfaitement sa place dans la série TV.
Bravo !!

Ah tant que j'y suis, j'ai vu une faute de frappe :
"Arthur se souvenait encore du bordel provoquait par la déclaration de ses chevaliers, Séli avait été à deux doigts de mettre le feu au château pour se débarrasser de ces maudits rongeurs qu'on ne parvenait pas à attraper."

Chef de Clan
Hors ligne

Oh fichtre, je m'en vais corriger ça de ce pas.
Et merci pour le commentaire, ça fait vachement plaisir :).

Chevalier à la Subrogation
Hors ligne

Belle histoire, un peut triste quand même, mais comme dit RP ça aurait put avoir sa place à la télé,

Spoiler :
(Cliquez pour afficher)
après je sais pas si le Arthur de A.A aurait sacrifié quelqu'un même pour Perceval.

Chef de Clan
Hors ligne
hervederinel a écrit :

Belle histoire, un peut triste quand même, mais comme dit RP ça aurait put avoir sa place à la télé,

Spoiler :
(Cliquez pour afficher)
après je sais pas si le Arthur de A.A aurait sacrifié quelqu'un même pour Perceval.

Merci.

Spoiler :
(Cliquez pour afficher)
En sachant que ce serait un gamin qui y passerait, non il ne l'aurait certainement pas fait (celui de la fic non plus d'ailleurs). Après on parle quand même d'une personne qui guerroie régulièrement, ou qui réfléchit au fait de faire assassiner sa femme, donc même si le personnage d'Arthur est plutôt moral en temps normal, je pense que le voir abandonner cette morale en certaines circonstances n'est pas totalement improbable).

Chevalier à la Subrogation
Hors ligne

Spoiler :
(Cliquez pour afficher)
Quand il pense au fait de faire assassiner sa femme, je pense que ce qu'il voudrait c'est plutôt la faire disparaître de son entourage que de réellement la voir morte. Après c'est vrai que pour Perceval je sais pas ce qu'il aurait fait, moi j'aurais plutôt vu le truc ou il demande à Elias si il n'y as pas moyen que ce soit lui qui meurt à la place de Perceval.
Mais après c'est un détail. :)

Pied de page des forums

Propulsé par FluxBB