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Chevalier Au Cale-Sons
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Bon, j'avais dit que, alors je fais : j'inaugure ici ma première chronique musicale ! Bien sûr, j'attends vos critiques et remarques quelles qu'elles soient (insultes, câlins, etc.), et j'espère établir une petite discussion sur la musique en générale à partir des quelques artistes/groupes que je vais vous présenter. En tout cas, je vous souhaite de découvrir plein de choses en me lisant, et n'hésitez pas à compléter, contribuer... Bref, lâchez-vous, ce topic est ouvert et vous appartient ! :D

Allez, sans transition, on démarre avec du lourd.

DES CHRONIQUES DANS MON CALE-SONS #1
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"Shut up and play the hits", de LCD Soundsystem

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Éditeur : Pulse
Contenu : Coffret 3 DVD
Durée : Environ 4h30
Catégorie : concert/documentaire
Année de publication : 2012

Je cite le dos du coffret :

"Le 2 avril 2011, LCD Soundsystem jouait son ultime concert au Madison Square Garden à New York. James Murphy, le leader, sabordant l'un des groupes les plus influents de sa génération au sommet de sa popularité, s'était assuré que le groupe quitterait la scène avec le plus grand concert de sa carrière."

Foutaises !

Ben oui, le concert dont je vais vous entretenir aujourd'hui ne sera finalement pas le dernier pour la bande de Murphy, celui-ci ayant annoncé il y a peu un nouvel album et une tournée mondiale afin de le promouvoir. Pur appât du gain ? Caprice d'ancienne star désireuse de regagner le devant de la scène ? Peut-être. Néanmoins, si la musique est toujours aussi bonne (bonne, bonne), j'avoue que les motivations de Murphy me laissent assez indifférent.

Parlons de ce monsieur, d'ailleurs. Un passionné de musique, batteur punk à l'origine, qui s'est mis à l'electro un peu sur le tard (en jouant "Daft Punk à la maison", d'après la légende). Mais son réseau grandissant prendra déjà forme alors qu'il est ingé son pour le groupe de post-punk Six Finger Satellite, dont le guitariste John Maclean intégrera son futur label pour en devenir l'un des plus gros morceaux, quelques années plus tard.

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Le logo du label DFA Records de James Murphy.

Ce label, c'est DFA Records, que Murphy fonde en 2001 avec un autre grand nom de la production new-yorkaise, Tim Goldsworthy. Ensemble, ils feront leurs armes en assistant The Rapture durant l'enregistrement de leur album "Echoes" en 2003. La base est déjà bien là, et leur influence se fait clairement ressentir sur un certain nombre de titres. En gros, le meilleur de "Echoes" (parce qu'il y a du moins bon et du pire, dessus) annonce LCD Soundsystem : du post-punk, ou disco-punk, ou peu importe le nom ; il s'agit tout simplement (si j'ose dire) de mélanger la spontanéité du punk à l'hypnotisme du disco. Et pour ça, Goldsworthy et Murphy élaborent un son unique, génial, dont DFA ne se départira jamais par la suite - tout en sachant le faire évoluer malgré tout.

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De gauche à droite : Tim Goldsworthy et James Murphy, fondateurs du label DFA.

Et donc, en 2005, après deux albums de remixes pour des groupes divers et variés ("DFA Remixes Chap.1&2", dont je vous entretiendrai sans doute prochainement), LCD Soundsystem sort son premier double-album éponyme, qui remporte un succès à la fois critique et public considérable, porté par un certain nombre de tubes caractéristiques, desquels je ne vais pas vous entretenir dans la mesure où le présent DVD en reprend une bonne partie (et puis je serai amené à vous causer plus en détails des sorties studio de LCD Soundsystem, fanboy que je suis). Suivront "Sound of Silver" en 2007 et "This is happening" en 2010, avec entre les deux un plus discret "45:33" (j'y reviendrai), tous deux acclamés... Puis Murphy annonce un split imminent pour diverses raisons, et avant ça, un gros concert au Madison Square Garden de New York.

C'est de ce gros concert dont je vais vous entretenir (il y aurait beaucoup d'autres choses à dire sur les trois albums studios énumérés plus haut, mais ce sera pour une prochaine fois). Déjà, Murphy ne se paie pas notre fiole : en fait, on est en présence de près de 3h30 de concert et d'un documentaire de plus de 1h30. En somme, ce qu'il propose ici, c'est de jouer les trois quarts de la discographie de LCD Soundsystem en une soirée. Et surtout, de permettre aux malheureux absents tels que moi de revivre ce très grand moment, qui promet à tout fan du son DFA de voyager très loin et de danser à peu près sans discontinuer. Parce que c'est ça, la grande force de LCD Soundsystem : se montrer hautement convaincant et efficace autant dans une écoute posée pour apprécier la production, que dans une écoute de pur défoulement !

Bref, commençons par le concert, donc. Pas moins de 28 titres également répartis sur deux DVDs, qui forment une synthèse à peu de choses près parfaite de la discographie du groupe, regroupant toutes ses influences pour les livrer aux chanceux (ou plutôt aux rapides) qui ont acheté leur ticket pour la soirée. Le concert s'ouvre sur "Dance Yrself Clean", qui après avoir fait monter la mayo au cours d'une longue intro à grands renforts de chœurs et de claviers de moins en moins discrets, met un terme au crescendo et secoue le public avec son déluge de synthés typiques du son DFA, et fout d'emblée la patate en suivant des breaks judicieusement placés.

Murphy papote un peu avec le public, présentant le groupe avec son manque d'assurance habituel, visiblement plus à l'aise lorsqu'il faut chanter que pour faire un speech. Il reviendra à la charge tout au long de la soirée, et c'est aussi ce genre d'attitude qui rend le bonhomme particulièrement sympathique. Puis d'enchaîner sur un tube pop-rock ultra-efficace, "Drunk Girls", où Murphy est de nouveau rejoint au chant par sa claviériste Nancy Whang ( :luv: , je l'avoue), mais également toute une chorale en combinaisons argentées, en fond, pour un résultat toujours hautement convaincant. Ah oui, parce que j'ai oublié de le préciser : il y a rarement moins de dix musiciens sur scène, car LCD Soundsystem a toujours privilégié une exécution humaine des instruments plutôt que de tout déléguer aux machines. D'où plusieurs percussionnistes en plus du batteur, la véritable boîte à rythmes humaine Pat Mahoney, ce qui contribue largement à créer une atmosphère hystérique et jouissive dès que la rythmique s'emballe.

Retournons-en à la setlist, sans tout détailler non plus (on pourrait, hein, mais ça risquerait fort de faire dix pages) : pour faire court, disons que les tueries s'enchaînent, le groupe faisant preuve d'une énergie phénoménale en exécutant des versions d'anthologie des déjà dynamiques "Time to get away", "Daft Punk is playing at my house" (bien plus marquante qu'en studio, où c'était déjà de la bonne), "Us V Them" (et sa boule disco géante !), "Tribulations" (améliorée par un peu plus de guitares), "Movement" qui annonce très bien ce qui reste peut-être le point culminent du live, le mythique et probablement indépassable "Yeah", se concluant sur un finale plus dingue et apocalyptique que jamais. "Losing my edge" bien sûr, qui quelque part annonçait déjà, en début de carrière et par son texte hilarant, la fin du groupe, ici joué dans une version "mise en abîme" reprenant notamment le "Da Funk" des Daft Punk.

Le tout est agrémenté de moments plus calmes et souvent très beaux. Je pense notamment à "Get Innocuous!", encore plus long et travaillé que sur l'album d'origine, planant et dansant à la fois, et à "Too much Love" (là aussi, bien plus fort qu'en studio, avec une ambiance vraiment bien vue et unique), au triste et rentre-dans-le-crâne "Someone Great", et bien évidemment à la conclusion du live que constitue l'inévitable "New York I Love You But You're Bringing Me Down". Même si le morceau qui fait automatiquement pleurer mes zoeils reste "All my friends", dont le vers "To tell the truth, this may be the last time", couplé à la célèbre ligne de piano ultra-répétitive et des guitares très efficaces, provoque une telle réaction au sein du public que je ne peux pas rester indifférent. Oui, c'est aussi ça, LCD : faire danser, pleurer, rire, et même un peu tout à la fois.

Notons enfin deux autres points concernant ce live (sur lequel il y aurait encore beaucoup à raconter, mais bon, c'est déjà pas mal) : d'abord, Murphy a décidé de jouer l'intégralité de son avant-dernier album "45:33" sorti en 2008. Or, ce disque, c'est tout un programme : il s'agit d'un morceau publicitaire composé par LCD Soundsystem à l'intention de Nike (!) pour accompagner un jogging. Et il faut dire que l'idée est excellente : ce mix de 45min33s passe encore mieux en concert. Le groupe est de nouveau rejoint par la chorale, mais également par des cuivres, et même par deux autres artistes de DFA, Shitty Robot et Juan Maclean, qui discutent dans des vaisseaux spatiaux en carton et des déguisements particulièrement comiques. Mais le tout est envoûtant, et toute cette partie constitue une claque visuelle dont je ne me remets toujours pas. Enfin, et je viens déjà plus ou moins de l'évoquer : de nombreux guests sont présents à la grande fête, comme l'humoriste Reggie Watts (qui chante sur "You Can't Hide") et puis surtout quatre membres du monument pop Arcade Fire, venant ajouter leur charisme et leur folie en assurant les chœurs sur une version improbable et excellente de "North American Scum".

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Petit aperçu de la scène. Avec Nancy Whang, James Murphy et Pat Mahoney respectivement au clavier, au chant et à la batterie.

Je n'en dirai pas plus sur ce concert, que vous pouvez retrouver en intégralité sur Deezer pour vous faire votre propre opinion. Enfin, ce n'est que la bande-son, et le visuel compte aussi beaucoup. Je vous propose donc d'écouter, de voir si vous accrochez, puis si vous en avez l'occasion, d'acquérir ce coffret pour vous prendre la vraie claque qu'est ce "Shut up and play the hits" ;) 3h30 qui, pour moi, constituent l'un des meilleurs concerts que j'ai vus (et revus)... sinon le meilleur. Carrément, tiens.

Mais "Shut up and play the hits", c'est encore un peu plus que ça, puisqu'il s'agit à la base du nom donné au documentaire réalisé par Will Lovelace et Dylan Southern, retraçant les dernières 48h du groupe, censé apporter un éclaircissement aux raisons qui ont poussé Murphy à mettre fin à l'aventure LCD. Enfin, documentaire... ou plutôt film, en fait, tant le travail de réalisation est remarquable et ma foi assez astucieux. Je suis toujours un peu surpris en voyant qu'un type a priori humble comme Murphy, ait souhaité livrer un film aussi prétentieux (il faut le dire), où LCD est présenté comme un véritable dinosaure de la musique, ne manquant pas de rappeler combien il fut influent et marquant durant les années 2000. Mais bon, finalement, il faut reconnaître que le film est très bien réalisé et plus intelligent qu'il n'y paraît, présentant au-delà du premier abord mégalo un James Murphy emprunt de doutes, le tout enrobé d'une certaine atmosphère "gueule de bois succédant à l'euphorie de la dernière grande fête" d'une indéniable qualité. Un documentaire intéressant, en définitive, à voir et à revoir pour bien le saisir. Le film est disponible sur YouTube en plusieurs parties, vous pouvez donc vous faire votre propre avis !

Petite anecdote pour finir : le titre vient d'une phrase balancée par Win Butler (chanteur d'Arcade Fire) à James Murphy, qui n'en finissait pas de les introduire au public, l'intimant de "la fermer et jouer les tubes".

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James Murphy, le lendemain du concert, dans le local de DFA, songeur.

Conclusion (oui, il est temps, je sais) : Le bilan paraît clair me concernant, "Shut up and play the hits" constitue un ensemble exceptionnel, un magnifique cadeau offert aux fans du label DFA, dont LCD Soundsystem est finalement l'avatar depuis le début, aux fans de ce son, de cette énergie qui n'a pas fini de transporter. Certes, il y a une question qui se pose en définitive, et elle est légitime : Murphy peut-il se permettre, après avoir basé toute la promo de cette soi-disant ultime sortie sur des adieux, de revenir avec LCD Soundsystem comme si de rien n'était, même si la musique est toujours aussi bonne (bonne, bo... ok, j'arrête) ? À mon humble avis, LCD a encore beaucoup trop de bonnes choses à apporter à la musique, celle qui se fout de savoir si elle appartient à la dance ou au punk, au disco ou au rock, pour s'arrêter là.
Au final, à défaut d'être un au revoir, "Shut up and play the hits" n'est plus qu'un très grand concert.

=========

Voilà, merci de m'avoir lu. Je sais, c'était long, mais il y avait beaucoup à dire, et les prochaines chroniques seront plus condensées. J'attends toutes vos remarques, questions itou ! :)

Edit : J'ajoute quelques photos pour agrémenter le tout.

Chevalier
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Sar-Sy a écrit :

En tout cas, je vous souhaite de découvrir plein de choses en me lisant

Eh ben je peux te dire que c'est le cas. J'ai ce qu'on pourrait appeler de grosses lacunes en musique, et donc je ne connaissais pas du tout LCD Soundsystem. Je ne suis pas allé les écouter avant de lire ton post, et tout ça m'a quand même intéressé. Alors une fois ma lecture terminée je me suis précipité pour écouter quelques morceaux, et j'ai adoré ! Donc déjà, merci pour cette découverte. Et ensuite, pour quelqu'un qui, comme moi, ne connait pas du tout ce groupe, quelles premières écoutes conseillerais-tu ? Un album en particulier ? Peut-être que s'attaquer directement à ce concert sans connaître le groupe est un peu ambitieux non ? Ou pas, d'ailleurs.. En tout cas, après ça j'ai très envie d'aller l'écouter, ou peut être même le regarder. :)

Ah, et...

Sar-Sy a écrit :

avec entre les deux un plus discret "45:33" (j'y reviendrai)

Je l'ai lu comme ça. ^^

Chevalier Au Cale-Sons
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Merci Ogma ! :D

Une de mes craintes avec ces chroniques, c'est de passer pour un connaisseur. Or ça n'est pas le cas : je ne vais pas faire le faux modeste, je connais mes sujets, mais j'ai aussi plein de lacunes dans d'autres genres. D'où l'idée d'échanger entre-nous !

Normal que tu ne connaisses pas LCD Soundsystem. Le groupe a certes été très influent, reconnu et tout, mais c'était surtout dans les années 2000 déjà, et dans un milieu sans doute un peu "hipster", il faut le dire. La seule raison pour laquelle LCD n'a pas été diffusé aussi massivement qu'il aurait pu est, je pense, dû à la durée moyenne des morceaux, qui s'étend bien au-delà du standard pop de la radio, comme tu l'as peut-être déjà constaté.

Alors, pour t'aiguiller, maintenant... Non, je ne pense pas que s'attaquer au concert pour commencer soit rebutant, au contraire. Même si le son du groupe n'a que peu changé entre les albums, le concert permet de mélanger la discographie de LCD : du coup même si tu accroches moins aux titres de tel ou tel album, tu peux te reporter facilement aux autres et tu as plus de chances d'y trouver ton compte.

Mais tu peux effectivement attaquer par la face "studio", comme je l'ai fait. Et là, je te recommanderai l'album "Sound of Silver", peut-être le plus acclamé de tous, et qui présente presque tous les côtés du son LCD, du plus post-punk au plus disco.

Tu peux aussi attaquer par des "singles" issus des différents albums :
- Daft Punk is playing at my house
- Tribulations
- Losing my edge
- Beat Connection
- Yeah (Crass/Pretentious Version)
- Your City is a Sucker
- Get Innocuous!
- Time to get away
- All my friends
- Us V Them
- Sound of Silver
- New York I Love You But You're Bringing Me Down
- Out in Space
- Drunk Girls
- One Touch
- I Can Change
- Home

Sachant que pas mal de ces tubes ont un clip rigolo.

Voilà, j'espère t'avoir orienté. N'hésite pas à me dire ce que tu en penses, et puis les zautres aussi d'ailleurs ;)

Interprète Burgonde
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Je connais et j'adore !!!!

j'ai decouvert grace à un tres tres bon ami qui est DJ.

Lui son truc c'est plus drumnbass liquid et minimal mais il est très eclectique et m' a fait ecouter ça.

Bref Sar sy continue je risque de venir souvent sur ton post....

Chevalier Au Cale-Sons
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Je connais moins le drum'n'bass mais c'est un genre qui m'intéresse. Si tu as des noms éventuellement, j'aimerais bien les écouter et pourquoi pas les chroniquer :) Pareil pour la minimal.

Ah ben chouette, une cliente revendiquée ! Je pense que je vais chroniquer un autre album de LCD, peut-être "Sound of Silver" vu que je le recommandais à Ogma. Et puis je partirai sur autre chose (tout en revenant de temps à autres à LCD, bien sûr).

PS : Qu'est-ce que j'aimerais DJ-ter, au passage...

Chevalier Au Cale-Sons
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Allez, il est temps !

Revenons un peu sur LCD Soundsystem, si vous le voulez bien...

DES CHRONIQUES DANS MON CALE-SONS #2
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"Sound of Silver", de LCD Soundsystem

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Label : DFA Records
Contenu : 1 CD
Durée : 50min24s
Catégorie : Musique (post-punk, disco-punk, dance-punk... bref)
Année de sortie : 2007

Tracklist :
01 - Get Innocuous!
02 - Time to get away
03 - North American Scum
04 - Someone Great
05 - All my friends
06 - Us V Them
07 - Watch the tape
08 - Sound of Silver
09 - New York I Love You But You're Bringing Me Down




Ma première chronique traitait donc déjà de LCD Soundsystem, au travers des concert et documentaire d'adieu (ou pas) du groupe à l'intention de ses fans. Retournons quelques années en arrière, en 2007, et situons rapidement ce qu'est LCD à cette époque-là.

D'abord, je tiens à préciser que le "groupe", c'est avant tout James Murphy. Avec les copains et les copines pour le live, certes, mais en studio, c'est clairement lui qui décide. Un simple coup d’œil jeté au livret accompagnant l'album, et on constate que quasiment toutes les pistes sont uniquement du fait de Murphy. D'où une certaine homogénéité dans l'atmosphère globale du disque, bien que celui-ci parvient à se montrer assez varié, finalement. Il surprend, en tout cas, l'amateur de l'éponyme sorti en 2005, car peut-être un peu plus pop, avec moins de morceaux "très longs". C'est entre-autres avec ce "Sound of Silver" que j'ai découvert, puis accroché à LCD.

Causons un peu du contexte dans lequel le groupe (ou Murphy, donc) évolue alors. Fort du succès de son premier album, il décide donc de livrer quelques concerts, mais sans partir en tournée si je ne m'abuse, Murphy détestant alors cette idée (ça changera par la suite, du coup...). Et deux ans plus tard, il remet le couvert avec "Sound of Silver", attendu autant par la critique que par le public, avec une excitation certaine... et aussi une certaine crainte. C'est que l'éponyme de 2005 avait placé la barre très haute, révolutionnant quelque part la musique avec de vieux ingrédients (le slogan de DFA Records, "Too old to be new, too new to be classic", est assez révélateur de cet aspect-là). C'était aussi un double-album de 1h45min, avec du contenu, donc. D'où une appréhension assez légitime de la part des fans, et la peur que la déception soit terrible...

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Oui, vous les aviez déjà vus, mais d'une part je tiens à m'en assurer, et d'autre part cette photo chie la classe. Alors, de gauche à droite : James Murphy (chant), Nancy Whang (clavier, chant) et Pat Mahoney (batterie), le noyau dur en concert.

Mais ouf, tous sont unanimes à la sortie de ce deuxième album studio : c'est de la bonne. Les critiques sont au moins aussi élogieuses que pour son prédécesseur, tout n'est que jouissance, et on loue James Murphy à peu près partout. Alors qu'en est-il pour ma part ? Bon, pas de suspense, vous savez bien ce que j'en pense, hein... Mais détaillons un peu.

L'album s'ouvre sur "Get Innocuous!", qui compte parmi les plus longs moments de l'album. Même si l'intro ressemble à s'y méprendre à "Losing my edge" (pour rappel, le premier gros tube de LCD), la ligne de basse particulièrement hypnotique nous emmène directement sur un autre terrain, secondé par des accords de piano précis et des vocaux du plus bel effet. Le morceau a un petit côté house planant, et pourtant très dansant, malgré tout. La mélodie, a priori basique mais imparable, est en fait une récupération de celle du célèbre tube de Kraftwerk "The Robots". Tenez, avec la pisse un lien, c'est plus net. Une excellente entrée en matière en tout cas, qui a quelque chose d'onirique.

"Sound of Silver" se poursuit avec le plus court et sautillant "Time to get away". Cela ressemble déjà plus au LCD de 2005, Murphy incitant l'auditeur à se remuer, et ce à grands renforts de ses fameuses cow bells, et d'une rythmique basse/batterie imparable. Il en va plus ou moins de même pour "North American Scum" et son clip rigolo. Murphy, accompagné de Nancy Whang au chœurs, retrouve sa voix d'éternel enrhumé, caractéristique de son premier enregistrement, pour un titre au refrain hautement efficace, et encore plus en live... surtout quand Arcade Fire partage la scène, comme je l'ai déjà évoqué dans ma chronique de "Shut up and play the hits".

Les moments punk abondent moins dans "Sound of Silver", mais sont souvent difficilement oubliables. Ainsi, hors les deux chansons précédemment citées, avec "Us V Them", représentatif du meilleur LCD : rythmique immédiatement entraînante, chant ultra-répétitif, véritable invitation à être repris en chœurs, jolies montées, breaks impeccables, synthés plutôt discrets mais magnifiques, et finale quasi-trans assez phénoménal. Le plus long moment de l'album, accessoirement, mais peut-être bien son meilleur me concernant, je dois dire... On s'amuse également bien avec "Watch the tapes", bien plus court et un brin moins marquant, mais néanmoins doté d'une basse monstrueuse sur les couplets. Bref, irrésistible, là encore.

Cependant, "Sound of Silver", ça n'est pas que ça. Avec le duo "Someone Great" et "All my friends", Murphy nous dévoile une autre facette de son talent, jusqu'alors inédite. En effet, ces deux morceaux, construits sur une mélodie "music-box" presque enfantine sur le premier et une ligne de piano immuable sur le deuxième, ont quelque chose de mélancolique, voire même d'intimiste. Là, LCD Soundsystem gagne en profondeur et donne la preuve, en plus d'être déjà un projet de dance-punk génial, qu'il est capable d'écrire de véritables hymnes pop.

Flash required

Enfin, l'album s'achève sur le morceau-titre qui, un peu dans la même veine que "Get Innocuous!", se montre à la fois planant et dansant, s'ouvrant sur une ligne de chant rentre-dans-le-crâne et continuant sur une série de sons étranges, incluant crépitements électroniques et marimba, ainsi que des chœurs subtils (qu'on retrouvera par ailleurs sur l'album "45:33", que Murphy a déjà commencé à composer à cette époque-là). De quoi amener en douceur à la ballade de conclusion de "Sound of Silver", avec le morceau le plus connu de LCD (et de loin son moins représentatif, mais bon...), "New York I Love You But You're Bringing Me Down" et son clip improbable. De quoi calmer joliment le jeu à la fin, en somme.

Anecdote finale : "Sound of Silver" est à la base une expression employée par Murphy lors des sessions d'enregistrement, pour désigner les compositions qui trouvent grâce à ses yeux et qu'il souhaite sortir.

Conclusion : Rien à jeter dans ce "Sound of Silver", pas à mes oreilles en tout cas. Celles et ceux qui désirent découvrir LCD Soundsystem n'ont plus qu'à se ruer sur ce disque, qui présente toutes les plus belles facettes du projet de James Murphy. Un grand album, vraiment.

Chevalier Au Cale-Sons
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Woh. J'en suis venu à bout :beuh:

Par contre, je n'ai aucune idée de ce que mon compte-rendu peut valoir. Pas sûr que ça fasse honneur aux compositeurs... N'hésitez pas à me faire part de vos remarques positives et/ou négatives, ainsi que de vos éventuelles questions.

DES CHRONIQUES DANS MON CALE-SONS #3
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"Horse Rotorvator", de Coi
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Label : Some Bizarre Records
Contenu : 1 CD
Durée : 49 min 15 s
Catégorie : Musique (post-)industrielle, mais surtout bien au-delà de ça
Année de sortie : 1986

Tracklist :
01 - The Anal Staircase
02 - Slur
03 - Babylero
04 - Ostia (The Death of Pasolini)
05 - Herald
06 - Penetralia
07 - Ravenous
08 - Circles of Mania
09 - Blood in the Air
10 - Who by fire
11 - The Golden Section
12 - The First five minutes after death

Pfiou. Pas évident de parler de Coil...

Pourtant, avec "Horse Rotorvator", je choisis de vous les présenter à travers ce que la critique considère comme leur plus grand album... mais certainement pas leur plus évident. Coil n'est certes jamais tombé dans le "mainstream", entendons-nous bien ; mais on ne peut pas les résumer à de la musique industrielle ou même post-industrielle. Le duo a largement dépassé les frontières du bruitisme répétitif initié par Throbbing Gristle, SPK et autre Cabaret Voltaire, et ce dès 1986. La preuve en est avec le disque dont je vais vous entretenir aujourd'hui.

Mais "Horse Rotorvator" est la deuxième oeuvre de Coil, et avant d'en parler plus en détails, il convient de faire un peu d'histoire. Resituons un peu le contexte et résumons les événements : Throbbing Gristle, collectif pionnier de la musique industrielle, s'est dissout en 1981. Ses différents membres s'en sont allés former leurs propres projets, Chris&Cosey d'une part (pour le couple Chris Carter et Cosey Fanny-Tutti), ainsi que Psychic TV (pour Genesis P-Orridge et Peter Christopherson) d'autre part. Les deux groupes se lancent dans leurs propres expérimentations sonores, plus ou moins dans la lignée de ce que fut Throbbing Gristle.

Sauf que Peter Christopherson, qui officie donc en tant qu'homme-machine au sein de Psychic TV, commence à en avoir un peu ras-le-bol de Genesis P-Orridge (voyez l'engin, en même temps... génial mais égocentrique comme pas permis). Il décide donc de quitter Psychic TV pour former son propre projet, accompagné d'un jeune homme âgé de 20 ans et qui officiait dans le même Psychic TV. John Balance, ancien fanzineux, dont la passion pour Throbbing Gristle lui permit justement d'approcher Peter Christopherson quelques temps auparavant (il débarque plus ou moins à l'improviste et partage immédiatement la vie de ce dernier), deviendra en effet l'autre moitié de l'entité. D'abord appelé Zos Kia, le projet changera de nom en même temps que son son évoluera, pour devenir Coil en 1982.

Voilà, en très, trèèès résumé, comment Coil est né. J'aurais pu commencer par le commencement, en vous causant du tout premier enregistrement, "How to destroy angels", ou tout simplement du premier album, "Scatology". Néanmoins, ces deux pièces ne sont pas les plus simples, ni les plus intéressantes pour vous parler de Coil, et correspondent à une époque où le duo se cherche encore. Ce qui n'est franchement plus le cas sur "Horse Rotorvator", paru en 1986, qui voit Coil s'affranchir de la musique industrielle au sens "classique" du terme. Là, John Balance (chant, et un peu de composition) et Peter Christopherson (homme-machine, encore) sont parvenus à créer un son bien à eux, inouï, et qui allait influencer un tas d'artistes, Trent Reznor (homme-orchestre de Nine Inch Nails) en tête.

Alors, à quoi ressemble la musique de "Horse Rotorvator", me demanderez-vous ?

À plein de choses, et à rien d'autre. Certains fans n'hésitent pas à parler de période "solaire" dans la musique de Coil, à laquelle viendrait s'opposer une période "lunaire" correspondant aux deux volumes de "Musick to play in the dark" (qui paraîtront à la fin des années 1990). "Horse Rotorvator" est le sommet de cette première période, qui contrairement à ce que celle-ci pourrait induire de prime abord, n'a rien de joviale ou lumineuse. On doit plus ce côté "solaire" aux ambiances sonores, qui semblent souvent nous transporter dans des pays chauds, en Italie notamment, dans une sorte d'Empire Romain fantasmé et particulièrement décadent. Cela est aussi dû à l'aspect sensuel et même parfois carrément sexuel de la chose (on aura l'occasion d'y revenir), Balance et Christopherson n'ayant jamais renié leurs pratiques sulfureuses et la puissance des émotions qui y sont rattachées, érigeant même celles-ci au sommet de leur musique. Mais ne nous leurrons pas : la chaleur de certaines atmosphères porte toujours une ambiguïté. Ici, la beauté et la mort sont omniprésentes et ne fonctionnent jamais l'une sans l'autre.

Un dernier point essentiel, avant d'attaquer la musique en elle-même : en 1986, le SIDA fait des ravages en Angleterre, et les amis de Balance et Christopherson sombrent les uns après les autres, emportés par les maladies opportunistes. Ce virus terrifiant affecte beaucoup le duo, du fait de sa sexualité et de la communauté à laquelle il appartient malgré-lui. C'est pourquoi les deux hommes reprennent, en 1985, le hit "Tainted Love" de Soft Cell (notons que Peter Christopherson avait également réalisé le clip de la version originale). Entre leurs mains, le tube synth-pop prend une dimension sinistre et morbide, dénonçant les réalités du SIDA (d'une toute autre manière que la guimauve affligeante dont les médias et certains artistes "engagés" font déjà la promotion à l'époque) et l'ignorance totale du gouvernement Thatcher envers la "maladie des pédés et des junkies". Autant dire que le quotidien de Coil est intimement lié aux ravages du SIDA... Dans un contexte où faire l'amour peut tuer, on comprend mieux cette antithèse entre sexualité et mort dans laquelle baigne "Horse Rotorvator".

Coil.jpg

Peter Christopherson (à gauche) et John Balance (à droite), le duo permanent de Coil.

Coil choisit d'ouvrir le bal avec une tuerie parfaitement jouissive et décadente (et parfaite tout court, peut-être mon morceau favori) : un quasi-tube répondant au doux nom de "The Anal Staircase". Je ne vais pas vous faire un dessin, simplement vous citer ces vers mémorables : "And the angels kiss / Our souls in bliss / Measure the extent / Of a dizzying descent / Down the anal staircase". Quand je vous disais que Coil avait une importante dimension sexuelle à l'époque... Musicalement, on se retrouve en face du génie de Christopherson, hors de tout genre bien défini, mélangeant des samples du "Sacre du Printemps" de Stravinski à des percussions lourdes, portant la voix inquiétante (mais belle, toujours) de John Balance. Une entrée en matière qui laisse... sur le cul.

*BA DUM TSS*

Mais Coil, ça n'est pas que de l'agressivité, loin s'en faut. On retrouve ce côté sensuel, en beaucoup moins cru, sur "Slur" qui s'adjoint les services de Marc Almond (chanteur de Soft Cell, dont Coil a déjà repris "Tainted Love" pour rappel) pour les choeurs. Sur une ligne de synthés répétitifs de nature obscure, John Balance chante "And the winds blow round this sleeping town / This Roman land / Of Roman sands", situant un peu la scène où l'auditeur se trouve transporté, concluant par un énigmatique "And I ask my lovers 'Do you know where the desert roses bloom and grow ?'".

La suite directe se prénomme "Babylero", consistant en un enregistrement d'une contine enfantine et amenant un autre morceau majeur de "Horse Rotorvator", avec "Ostia (The Death of Pasolini)". Chant des grillons en guise d'introduction, bruits lointains de la ville... Ambiance crépusculaire, chaleur pesante, et dans un flot d'orchestrations belles et douloureuses (là encore, samplées en partie de la BO de "Psychose"), John Balance pose une nouvelle fois sa voix. Elle n'a jamais porté autant d'émotions, et encore aujourd'hui, j'avoue que je ne savais pas qu'une voix pouvait en communiquer autant... Le texte, à la fois affreux et poétique, narre l'assassinat de Pier Paulo Pasolini par un prostitué (ou la Mafia... l'affaire en est toujours restée là) sur une plage d'Ostie. Balance ne lésine sur aucun détail, du début jusqu'à la fin, sans jamais tomber dans le sordide (ce qui quelque part relève presque du miracle). Un morceau qui, à chaque nouvelle écoute, me colle une baffe colossale.

Nouvelle transition, "Herald" retranscrit cette fois l'enregistrement d'un orchestre militaire massacrant un hymne déjà particulièrement atroce. "Herald" est une courte référence (et d'autant plus forte qu'elle est courte, d'ailleurs) aux attentats perpétrés par l'IRA en Irlande du Nord, et notamment à celui du Regent Park (cf la pochette de l'album) qui coûta la vie à trois soldats et leurs chevaux. Puis retour aux thématiques sexuelles avec "Penetralia" (tout un programme), qui préfigure le son qu'adopteront Ministry et Nine Inch Nails quelques années plus tard : c'est la seule fois où Coil met la guitare électrique à ce point en avant, et dans une perspective aussi violente. Là, on revient aux premières heures du duo, soit aux expérimentations bruitistes et cette fois très industrielles adpotées sur "Scatology". Plus guère de beauté ni de douceur ici, la musique devient menaçante et s'assombrie considérablement. On poursuit dans la veine expérimentale bien hardcore, avec "Ravenous" (qui pour le coup, n'a pas grand chose de solaire, mais plutôt de mortuaire), choeurs et timpani à l'avenant.

Mais Coil nous réserve une surprise pour la suite, nettement moins sinistre mais encore plus barrée : une sorte de morceau jazz bordélique, bien décadent (une fois n'est pas coutûme), écrit par J.G. Thirlwell, dit Foetus. "Circles of Mania" est donc une collaboration avec cet artiste habitué à la musique industrielle, qui peut presque amuser malgré les cris hystériques de John Balance. Un morceau faussement grotesque, en forme de parenthèse.

"Blood in the air" semble calmer le jeu dans un premier temps, revenant à une sorte d'apaisement morbide, avant d'être traversé par de véritables éclairs soniques mêlant pleurs d'enfants et bruits de nature non-identifiée. On sent que ce background sonore a nécessité un travail important de la part de Christopherson, et préfigure quelque part la voie qu'empruntera Coil avec "Musick to play in the dark" quelques années plus tard. On dirait la BO d'une catastrophe qui n'arrive jamais vraiment, et la mort planne dans le parler de Balance. Succède à ce "Blood in the air" à nouveau une relative surprise, bien plus mélodieuse et même, oserais-je le dire, carrément pop : une reprise du "Who by fire" de Leonard Cohen ! Marc Almond rejoint à nouveau John Balance en tant que choriste. Ainsi réemployé par Coil, le titre rappelle à quel point la mort est inéluctable et dans l'ordre des choses, et d'une manière finalement guère négative (sans aller jusqu'à dire positive, faut pas déconner, non plus).

Et on n'entendra plus John Balance jusqu'à la fin de l'album, puisque le texte de "The Golden Section" est interprété par le journaliste Paul Vaughan (récupéré directement d'un enregistrement de la BBC). La musique de "The Golden Section" est un ensemble de tambours martiaux, de trompettes et de choeurs synthétiques, donnant au morceau un aspect très grandiloquent. "Eros and Thanatos are almost twins", est-il dit. On constate une fois encore que Coil n'hésite pas à dresser des parallèles entre la mort et l'amour à l'ère du SIDA : ici, les deux états sont même confondus. Une vision étrange que "The Golden Section", et qui annonce le dernier chef d'oeuvre de l'album, le concluant fort logiquement, "The First five minutes after death". Morceau instrumental, limite ambient, "The First five minutes..." nous plonge enfin vraiment dans les limbes : Coil a parlé de la mort de toutes les manières possibles durant l'album, il est donc tant de voir à quoi cela ressemble dans leur esprit. Et c'est effectivement un autre univers : des cors célestes et des gargouillis marécageux s'affrontant dans une atmosphère ésotérique à souhait. Rien à ajouter, il suffit d'écouter...

Ainsi s'achève "Horse Rotorvator". Vous l'aurez compris, c'est du lourd, et passé un premier tiers sans doute assez accessible, on ne peut pas dire que l'écoute d'un tel album tienne de la détente. On ressort un peu retourné et déboussolé de "Horse Rotorvator", car Coil y a transposé ses angoisses au même titre que ses passions, son amour au même titre que sa rage. L'album sent peut-être plus la charogne que la rose, certes. Pourtant, après chaque écoute, je ne me sens absolument pas abattu. Bien au contraire : Coil sont de véritables alchimistes du son et des émotions, et une magie opère. Questionnant l'auditeur sur son rapport à la mort, proposant une alternative à la vision négative et purement occidentale que nous entretenons avec elle, le duo déverse au final une énergie vitale qui, oui, peut faire beaucoup de bien. Peut-être parce que John Balance réalise l'exploit de le faire de manière réellement passionnée et sensuelle, et peut-être aussi parce que Christopherson est un authentique génie de la composition (ça doit jouer). Quoiqu'il en soit, j'espère vous avoir donné envie d'écouter ce "Horse Rotorvator" et de vous intéresser à Coil, qui demeure, pour toutes les raisons évoquées plus haut (et plus encore - leur discographie compte un nombre considérable d'autres chefs d'oeuvre...), mon projet musical préféré.

Conclusion : Aujourd'hui, "Horse Rotorvator" est introuvable à un prix décent. Aucun des albums de Coil n'a été réédité, et vous vous doutez que ça me fait bien suer. Mais rien ne vous empêche d'écouter l'album sur internet, et de vous jeter sur le reste de l'abondante discographie du groupe. Si John Balance et Peter Christopherson nous ont quittés respectivement en 2004 et 2010, il n'en demeure pas moins que leur musique les rend encore bien vivants dans le cœur de nombreux fans. Jamais une musique ne m'a autant touché que la leur. Elle est empreinte de sincérité et de beauté jusque dans ses moindres recoins. Sous l'ombre apparente, Coil dissimule en fait, pour peu qu'on y prête bien l'oreille et qu'on se laisse porter, une lumière éclatante. Et je fais le pari que jamais elle ne vacillera.

In Memoriam Coil (1982-2004)

PS : Ah, et au fait, le premier qui confond Coil avec Lacuna Coil attirera sur lui mon éternel mépris.

Chevalier aux Pouces Verts
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Je n'ai pas lu du tout (et je m'en veux parce qu'en tant qu'inconditionnel des découvertes musicales, c'est con, et qu'en plus j'ai du respect pour ton avis), mais je voulais quand même te faire part d'une remarque, ou plutôt d'une proposition : est-ce que ça te dirait d'essayer de faire l'une de tes chroniques à l'oral ? Chaud ? Moyen chaud ? Pas chaud du tout ? Flemme ? Hésitation ? Pas trop inspiré sur la forme ?

Chevalier Au Cale-Sons
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L'audio pourrait effectivement constituer une bonne alternative, comme un genre de podcast... J'y songeais justement, et a priori j'ai le matos pour. Ça passerait sans doute mieux qu'un tel pavé qui, je le conçois, peut être assez pénible à lire. Faut voir donc, je vais tâcher de profiter de mon temps libre pour essayer (et comme ça, je pourrais intégrer les extraits de façon plus vivante).

Quoiqu'il en soit, si jamais tu trouves le courage de lire ma chronique, n'hésite pas à me dire ce que tu penses de "Horse Rotorvator" ;)

Chevalier aux Pouces Verts
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Et si ça te dit de partager tes essais ici, il y aura certainement des retours intéressants :)
Je pense qu'avec la quantité d'informations que tu transmets, y'a moyen de faire un truc pas dégueu.

Chevalier Au Cale-Sons
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Alors, j'ai concocté un petit générique pour mon "émission", donc c'est en bonne voie :)
...
Non en vrai, c'est encore en voie de que dalle, mais je suis motivé. Ceci dit j'ai pas vraiment le matos qu'il faut, finalement, et j'ai un ch'tit souci : la prononciation des termes anglais. Est-ce que je dois prendre l'accent ou pas ? J'arrive pas à déterminer ce qui serait le plus choquant...

Mais ça change pas le coup du père générique, vous verrez, il déchire.

Chevalier aux Pouces Verts
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:lol:

Je pense que tu dois les prononcer le plus sobrement possible. Pas passer pour un bouseux qu'a jamais prononcé un mot d'anglais, mais pas non plus « jouer » l'accent anglais.
Parce que du coup, vu qu'on va t'écouter, il faut qu'on comprenne ce que tu dis ; et ceux qui vont écouter ne sont peut-être pas non plus à l'aise avec l'écoute de l'anglais ^^

Chevalier Au Cale-Sons
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Oui, je vois. Mais rien que pour "Horse Rotorvator", ça va me prendre une journée pour travailler la prononciation :lol:

Chevalière à l'Happy Kulture
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Joue-le à l'humoristique : Genre à l'américaine crasse et puis à la franchouillarde très prononcée :
"Hoooo'se Wodovédo' ...  orse rotov a tort"
Et tout le monde il est content !  :-D

Chevalier aux Pouces Verts
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Haha pas mal GinAA :D
C'est vrai que "Rotorvator" c'est pas le plus évident xD

Chevalière à l'Happy Kulture
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Et on peut même compléter : "Hoooo'se Wodovédo' ...  ou Orse Rotov a tort... pour les puristes" :D

Chevalier Au Cale-Sons
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Certes, j'ai deux trois idées en tête pour régler la question :p Merci pour cette supposition !

Interprète Burgonde
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super chroniques!!!

et je rejoins Bothan en version audio ça pourrait carrément le faire.
Hâtes de les écouter ...

Chevalier Au Cale-Sons
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Bon là j'ai pas du tout l'occasion de m'y mettre, mais ça va venir. D'ici la fin des vacances, le temps de bien faire, ça doit être envisageable :)

Chevalier aux Pouces Verts
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Bah prends ton temps hein, et surtout fais toi plaiz' ! :)

Chevalier Au Cale-Sons
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Pas de CD cette fois-ci : je rapatrie seulement quelques notes concernant le dernier album de la série Lou!, que je me suis envoyé tout récemment. Bonne lecture !

DES CHRONIQUES DANS MON CALE-SONS #4
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"L'âge de cristal", de Julien Neel

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Édition/Collection : Glénat/Tchô! La Collection
Contenu : 46 pages
Catégorie : BD
Genre : jeunesse (sauf que...)
Année de sortie : 28 novembre 2012

Petite remarque en guise d'introduction : j'ai vu la série télé et le film, mais n'émettrai aucun avis global les concernant dans cette chronique, afin de ne pas m'étendre davantage. Ceci dit, on peut en causer après si ça vous tente...

La série BD Lou !, dont six tomes ont été publiés à ce jour et un septième paraîtra le 12 octobre prochain, est l’œuvre du dessinateur Julien Neel. Le premier volume, Journal infime, sortait en 2004, rencontrant un succès critique et public immédiat, raflant le Prix Jeunesse 9-12 ans au Festival d'Angoulême 2005. La série dans sa globalité fut également gratifiée du titre de 2e meilleure BD jeunesse de la décennie 2000-2009 par la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image. Dans un même temps, elle fut déclinée en dessin animé à la télé (sur M6 notamment), puis récemment au cinéma sous le titre « Lou ! Journal infime » avec Lola Lasseron et Kyan Khojandi (le tout sous la direction artistique de Julien Neel), en 2014. Un petit phénomène donc, certes bien loin de la popularité d'un Titeuf (car on les a souvent comparés, même si ça n'a objectivement rien à voir), lequel avait contribué à faire connaître la fillette blonde via les publications originales dans Tchô ! Magazine (et y contribue toujours en l'éditant).

La formule était simple et efficace. S'adressant a priori à un jeune public, on suivait la vie ordinaire de la petite Lou et des personnages souvent hauts en couleur qui l'accompagnent. Sa mère, éternelle ado et auteur de SF à ses heures perdues, ayant élevé seule son enfant ; Mina, sa meilleure amie et prodigue en conseils avisés, à la vie guère attrayante et abominablement réglée par des parents bourgeois et s'entendant par ailleurs très mal (et même de plus en plus mal ?) ; Tristan bien sûr, son amûûûûreux (enfin... il ne le sait pas encore, disons), qu'elle espionne par tous les moyens possibles et imaginables, voyageant de désillusions en réconciliations fantasmées ; Richard, le « hippie » a la veste en peau de yak dont s'éprend la mère de Lou ; et bien d'autres, de l'indicible concierge Madame Chiourme (et son doublage mémorable dans la série télé) à la vieille peau de grand-mère de Lou, en passant par le pizzaiolo Gino, « l'Ancien » de l'immeuble bien détraqué, les copines, bref, tout ce qui peut constituer le cadre de vie d'une petite fille moyenne.

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Lou (à droite) et sa mère (à gauche). Chantant le genre de chansons justifiant, à elles seules, l'achat de la BD. Voilà, c'est dit.

Tout ceci était adroitement mené par Julien Neel, qui usait d'humour (références à la culture geek, et même un amusant clin d’œil à Lovecraft lorsqu'il s'agit de nommer le chat, tiens...) et des fortes personnalités de ses protagonistes afin de livrer un divertissement tout à fait honorable. À travers l'astucieuse idée de placer, en ouverture et clôture d'albums, des « pages » du journal intime de Lou, Julien Neel invite ses jeunes lectrices à prêter attention aux détails, même les plus infimes (eh), ceux-ci permettant parfois de mieux saisir le cadre de l'histoire narrée au fil des albums. Car si les frasques de la petite Lou ont quelque chose de médiocre (course au(x) garçon(s), journées banales...) dans les faits, elles n'en sont pas moins très vite attachantes... et sans doute plus encore parce qu'il y a de la médiocrité dans ce qu'elle vit, justement.

Par ailleurs, j'ai dit « jeunes lectrices », mais c'est à mon sens très réducteur. Si Lou! assume son côté girly (dans la typographie, par exemple, et son rose omniprésent), ça n'en est pas moins une lecture tout à fait agréable pour les garçons. Et même en grandissant, on peut trouver de l'intérêt aux  BDs de Julien Neel, voire un autre intérêt. Une profondeur qu'enfant, on n'aurait probablement pas su saisir. Car au-delà de l'histoire ordinaire d'une petite fille blonde, Julien Neel décrit ici une chose très universelle : l'évolution et le passage de l'enfance à l'âge adulte, avec ses rêves et ses désillusions. Si bien qu'au fil des tomes, qui ne perdent pour autant pas leur humour ou leur côté girly, Julien Neel parvient à disséminer une émotion certaine, et une nostalgie bienvenue : la rencontre avec Paul qui viendra chambouler les sentiments de Lou à l'égard du bô Tristan, par exemple ; ou encore le passé rebelle et quelque peu douloureux (mais traité avec humour) de la mère à Mortebouse - palme du meilleur nom de patelin de tous les temps de l'univers. Se dessine alors une chronique sur le temps qui passe et les changements que cela implique (relationnels, des centres d'intérêts, des rêves et perte de la naïveté enfantine) qui a visiblement su parler à tous ces lecteurs « ordinaires », parmi lesquels je me range sans hésitation. Julien Neel montrait qu'il ne prenait pas son audience pour un parterre de cons, racontant et questionnant sans jamais s'imposer. Aujourd'hui, le jeune lectorat de Lou! (qui reste le public-cible, hein) a bien grandi, et lorsque le tome 7 sortira, beaucoup seront devenus adultes. Ce que Julien Neel a bien compris, faisant grandir son héroïne au fil des volumes pour qu'elle corresponde toujours à ses fans et leurs préoccupations.

Pourtant, rien ne laissait présager le dangereux virage entrepris avec ce tome 6 qu'est L'âge de cristal. Référence au film du même nom réalisé par Michael Anderson (ou Logan's Run en anglais, « Logan » étant dans la BD le nom d'un resto où travaille Tristan et Jean-Jean...), que je n'ai pas encore vu, ce nouvel album qui a tout de même mis trois années avant de voir le jour (on peut supposer que la phase de questionnement et de doute fut bien longue pour l'auteur...) redéfinit une composante de taille : la SF. Si celle-ci était déjà bien ancrée dans l'univers de Lou!, ce n'était auparavant qu'à travers les laborieux romans de la mère, narrant les aventures super-héroïques de Sidera. Mais ici, ça n'a plus rien à voir : la SF s'introduit dans la vie des personnages, bouleversant le cadre sans pour autant les bouleverser eux en apparence. Et dès les premières pages, on comprend que du temps a passé : on découvre une Lou à lunettes travaillant, quand elle ne s'occupe pas de son tout jeune frère Fulgor, à l'étude d'une sorte de grand cristal rose apparu on ne sait trop comment. Et puis on apprend que sa mère a été engagée par le gouvernement afin d'enquêter sur la nature de ces mystérieux cristaux, repérée du fait de ses romans (qui doivent être adaptés sous forme d'un spectacle sur glace, mais là encore, tout cela s'avère plus compliqué que prévu...). Finalement, au bout de ces quelques 50 pages, on n'a toujours aucune idée du pourquoi du comment de ces cristaux, ni même des motivations de nos héroïnes à les étudier d'aussi près, et on se demande souvent pourquoi personne ne semble vraiment s'étonner de l'étrangeté des événements... Et tout cela a divisé l'audience de Julien Neel, la plupart des fans ayant visiblement lâché l'affaire face à tant d'invraisemblances et une direction SF à première vue très malvenue. Parlons franchement : L'âge de cristal s'est fait majoritairement démolir à sa sortie, et ne semble pas près d'être réhabilité. Ce qui, du coup, pose question quant à la voie qu'empruntera le tome 7 : Julien Neel aura-t-il écouté les critiques et revu son ambition à la baisse, ou n'en sera-t-il rien en définitive ?

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Les fameux cristaux roses dont traite la BD.

Eh bien j'espère qu'il enverra chier tout le monde, le monsieur. Parce que l'audace de ce tome 6 mérite pleinement d'être saluée. J'évacue d'emblée le seul reproche, tout de même fâcheux, que je peux lui faire pour le moment : trois ans pour 46 pages, ça reste quand même un peu long, et rien ne peut effacer la frustration que j'ai ressenti en refermant la BD. Ce qui, quelque part, est aussi bon signe, évidemment. Autre remarque, qui n'est pas forcément un défaut mais justifie peut-être la méprise dont a été victime ce sixième volume : ça n'est – à mon sens – clairement plus une lecture jeunesse, et encore moins une lecture « pour enfants ». Rien de cru ou de gore là-dedans, seulement la réflexion et la complexité des symboles et allégories ne me semblent pas très accessibles aux mômes. Ceci étant dit, il y a donc d'excellentes choses dans L'âge de cristal. La technique de dessin, déjà (néanmoins vivement critiquée par les fans) : un côté un peu brouillon, plus que d'ordinaire, un peu « croquis », comme si tout n'était qu'esquissé, basé sur des souvenirs flous (mot que l'on retrouve sur la deuxième de couverture, oh la vilaine coïncidence qu'elle n'en est pas une...) ; pour une BD qui traite du passage de l'enfance à l'âge adulte, user d'un trait limite enfantin, je trouve ça quand même assez bien vu – sans être révolutionnaire pour autant. Non, vraiment, la forme est toujours soignée ; juste surprenante au premier abord, c'est tout. Et la lecture du journal intime en deuxième et troisième de couverture me paraît cette fois indispensable pour qui veut s'imprégner de l'atmosphère singulière de ce tome 6...

Le fond, à présent. Que faire de cette trame SF guère très attrayante en soi, quoique référencée, et de ces invraisemblances ? Il convient de ne pas prendre l'histoire au premier degré, déjà. Car un constat évident se dresse à mesure que le récit se déroule devant nos yeux : tout ça n'est probablement pas réel. Plusieurs cases dévoilent la cohabitation entre le paysage urbain que l'on connaissait jusqu'alors, avec celui bien plus surprenant de vestiges abandonnés sur lesquels la nature semble reprendre ses droits ; difficile de ne pas y voir suggéré l'abandon progressif par Lou du monde enfantin dans lequel elle baignait jusqu'alors, vers un « nouveau monde » (celui des adultes). Des planches entières dénuées de texte, mettant en scène notre héroïne dans une boîte de nuit, pour laquelle elle avoue délaisser (non sans remords ponctuels) son bon vieux journal intime. Et puis ces fameuses impressions de déjà-vu, qui rendent vaines toutes tentatives pour le lecteur d'établir une chronologie dans ce tome 6. Il y a l'idée que ces flashbacks incessants seraient dû aux cristaux et bénéficieraient donc d'une explication purement SF... mais on sent bien qu'il n'en est rien, là encore : les 36 ruptures de Mina et Jean-Jean, les repas au « Logan » (ce qui, mentionnons-le encore, n'est certainement pas un hasard), même son histoire « compliquée » avec Tristan, tout ça forme un cycle dans la vie de Lou qui, en grandissant, ne peut plus voir ces choses avec autant de naïveté. Si bien que l'humour s'estompe progressivement dans L'âge de cristal, où se trouve du moins contrebalancé par un relatif malaise, celui d'une héroïne qui tente de se rattacher à un ancien monde sans pouvoir résister à l'appel de l'inconnu. Et puis il y a ce garçon qu'elle rencontre par hasard... Encore un ? Pas vraiment, non, et si on peut difficilement établir une théorie plausible à ce stade, il y a fort à parier que sa nature s'annonce pour le moins surprenante (et sans doute allégorique, là encore).

Revenons enfin sur cette référence au film de Michael Anderson : le cristal, dans le film, est censé jouer le rôle d'une horloge intégrée dans la paume des gens, et indiquant l'approche du jour du carrousel (soit celui où la personne concernée se fait littéralement désintégrer). Ce jour doit être celui des 30 ans de l'individu. Le parallèle avec l'intrigue de Lou! paraît donc intéressant, symboliquement tout du moins, puisqu'il y a un refus de la part de la jeune femme de grandir et devenir adulte, comme on a pu le voir précédemment. Reste à voir comment cela sera développé dans le prochain tome, mais si Neel sait toujours faire preuve de subtilité, il y a de quoi pondre une jolie réussite... Autre référence, plus subliminale, que l'on peut mentionner : dans son journal, Lou déclare que son bouquin préféré est L'écume des jours de Boris Vian ; j'ai plus de mal à en tirer quelque conclusion que ce soit, n'ayant tout simplement pas encore lu la chose. Ce côté surréaliste, cet univers fictif gravitant autour de l'héroïne, ces histoires de cœur compliquées, peut-être... Je ne peux guère en dire davantage pour le moment.

agecristal-poster.jpg

Affiche de "Logan's Run", l'une des principales inspirations de la BD.

Mais voilà. Tout ça pour vous dire que non, Lou! n'est pas un truc réservé aux zenfants trop girly et que non, ce tome 6 n'est pas une purge tirant méchamment sur la corde comme on l'a trop souvent affirmé, bien au contraire. Et si cette chronique ne lui rend probablement pas honneur, d'autant que l'atmosphère de Lou! ne se ressent forcément qu'en lisant la BD, je suis désormais convaincu de l'intelligence du propos de Julien Neel. Il reste a priori deux tomes à paraître avant d'achever les aventures de la fillette devenue femme, et j'ai bien l'impression que, n'en déplaise aux âmes chagrines et nostalgiques des premières planches, Julien Neel est en train de créer une fresque plus audacieuse qu'il n'y paraissait au départ, dont j'ai hâte de connaître le dénouement. Quoique, peu importe, en fait : le voyage aura de toute façon été fort agréable.

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