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Pécore
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L’ENFANCE D’UN ROI.

Chapitre un : Né du mensonge.

.....

Tintagel, hiver de l’an de grâce 472.
     Malgré le feu crépitant dans la grande cheminée de sa chambre, Ygerne a froid. Elle a peur également, le vent et la pluie font battre le volet de l’unique fenêtre et son époux, le Duc de Gorlais,  est encore parti se battre contre les Saxons sous la bannière d’Uther Pendragon. Son château de Tintagel est solide et bien défendu mais dès que le Duc s’absente, il devient froid et effrayant. Sa peur s’accroit encore lorsque du bruit se fait entendre, quelqu’un approche et ouvre la porte. « Etes-vous là, ma mie ? » Soulagée, Ygerne répond  « C’est vous Duc ? Déjà de retour ?! »
Le Duc de Gorlais se débarrasse de ses armes et commence à défaire son armure.  « Oui, la bataille a tourné court, nous les avons défaits rapidement, j’ai laissé mes hommes finir le travail et j’ai accouru vous retrouver, mon aimée. » Ygerne est ravie mais un peu surprise, cela fait longtemps que le Duc ne s’est montré si galant. Il est nu, à présent et manifestement, il la désire comme lors de leurs premiers ébats, il y a bien des années. Il la rejoint dans le lit, lui arrache sa chemise et la prend brutalement.  « Tout doux, mon époux, que vous arrive-t-il ? » Il ne répond pas et s’active de plus belle. Pour autant qu’elle s’en souvienne, il n’a jamais été aussi violent. Une angoisse la saisit, elle a formellement reconnu son mari mais, tout en elle, hurle que ce n’est pas lui. Après en avoir terminé, le Duc quitte la chambre prétextant des affaires à régler, laissant Ygerne désemparée avec le sentiment d’avoir été violée.

     Le Duc de Gorlais quitte Tintagel au galop, il a rendez-vous. Les deux têtes de dragons attachées de part et d’autre de la selle s’agitent au rythme de la cadence infernale imposée à son destrier. Il pénètre dans la forêt sans ralentir, bien au contraire, la densité des arbres le met un peu à l’abri des éléments. Il arrive au « grand chêne », le lieu du rendez-vous. Un vieillard est là, qui l’attend. Longue chevelure et barbe blanches, vêtu d’une cape à capuche de la même couleur, tout indique qu’il s’agit d’un druide. Le Duc saute de cheval et fait face au druide « Rendez-moi mon apparence, Merlin ! Je ne supporterai plus cette enveloppe vulgaire plus longtemps ! »
Nullement pressé, Merlin rétorque « Uther, je vous rappelle votre engagement, l’enfant sera à moi, nous sommes bien d’accord ? »
     « Oui, oui, que voulez-vous que je fasse d’un bâtard ? Il sera à vous, grand bien vous fasse ! »
Merlin fait alors un geste de la main et Uther Pendragon retrouve ses traits.
     « Vous y êtes allé avec votre cheval et ses têtes de dragon ?! Vous auriez pu vous faire prendre ! »
Uther éclate de rire «  Pensez-vous ! Personne n’a osé s’interposer entre le Duc de Cornouailles et sa femme ! »
     « Cela en valait-il la peine ? »

     « Bof, je me demande à présent pourquoi je la désirais tant »

.....

     Le lendemain matin à Tintagel, Ygerne entend une agitation inhabituelle dans le château. Elle va aux nouvelles et apprend la mort de son époux la veille au soir. Elle s’évanouit et garde le lit dans les semaines qui suivent. Elle s’interroge sans arrêt, qui est venu dans la nuit ? Le fantôme du Duc ? Un imposteur ? Le doute la rend folle.

     Les mois passent et une certitude s’impose, elle est enceinte. Nul doute, sur la date de la conception, c’est cette terrible nuit où elle a couché avec « son époux » alors qu’elle ignorait encore son trépas. Elle a pensé se débarrasser de l’enfant mais aucun guérisseur n’a accepté cette responsabilité. Elle accouche au mois d’août, elle avait peur qu’il soit un démon mais l’enfant a l’air normal. Malgré tout, elle charge sa suivante de s’en occuper, elle ne veut rien avoir à faire avec cet enfant dont elle ignore encore la véritable origine. Elle a tout de même daigné le baptiser, Arthur, l’ours. C’est bien un animal qui l’a engrossée cette nuit-là.

     Quatre ans plus tard, Merlin demande audience à Ygerne. Intriguée, elle accepte. Merlin lui révèle alors le piège dont elle a été victime et lui réclame la garde de l’enfant. « Contrairement à ce qu’il m’avait promis, Pendragon voudrait à présent éliminer l’enfant de peur qu’il ne réclame le trône un beau jour »
La colère d’Ygerne est un peu tempérée par l’idée de pouvoir se débarrasser d’Arthur, le symbole de son humiliation. « Prenez-le donc ! Faites-en ce que vous voulez, rendez-le à son horrible père ou jetez-le dans un puits, cela m’est égal ! »

     C’est ainsi que Merlin quitte Tintagel avec Arthur qui a l’air ravi et sourit souvent à Merlin, celui-ci lui parle, lui explique la situation du mieux qu’il peut. A sa grande surprise, l’enfant semble tout comprendre. Après quelques jours de marche ils arrivent devant un rocher dans lequel une épée est plantée. Merlin prend Arthur dans ses bras. « Essaye de l’attraper mon petit » Le plus simplement du monde, Arthur attrape Excalibur et la retire du rocher, un sourire illumine son visage. « C’est bien mon petit, remets là maintenant » Merlin est satisfait et ils reprennent leur marche.

     Le lendemain, ils arrivent dans une ferme. Merlin confie Arthur au fermier, Anton. Choix discutable puisqu’Anton a déjà un fils qu’il considère comme un étranger. Pourtant, le fermier est immédiatement séduit par le sourire et l’air éveillé de l’enfant. C’est réciproque car Arthur s’adresse à lui. « Vous savez c’que c’est des pingouins ? »
     « Non »
     « C’est des oiseaux qui volent pas et qui vivent sur la glace ! »

C’est lui qui sera son véritable fils !

.....

Chapitre deux : L’art du verbe.

.....

     Declan ! Enfin ! Son prénom c’est Declan. C’est pas Ducon, va chier ou connard, c’est Declan ! Arthur est soulagé, son quasi frère plus âgé de six ans a un vrai nom ! Même si papa Anton l’a oublié, il s’appelle DECLAN ! Arthur a envie de le crier à tous les vents, tellement, il a cherché à le connaître.
     Son histoire avec Declan n’a pas très bien commencé. Le fils d’Anton l’avait pris en grippe. Normal, le petit nouveau, objet de toutes les attentions du vieux grincheux. Il a frappé Arthur dès que le vieux salopard avait le dos tourné, il a également essayé de le faire passer pour un voleur, en dérobant lui-même de la nourriture. Mais Arthur s’en est toujours sorti avec élégance. Il aurait pu accuser Ducon mais c’était trop facile. Arthur a essayé de s’en faire un ami. Il a endossé les accusations et subi les corrections d’Anton. En son for intérieur, il savait que les punitions, envers Declan, auraient été dix fois plus pénibles.

     « C’est ducon, ton prénom ? »

     « Bien sûr que non ! Tu m’prends pour qui ?! Mon nom, c’est Declan !»

     « A défaut d’être frères, soyons amis ! »

     « Très bien, on fait une trêve mais de là à être amis, rêve pas ! »

     Depuis ce jour, Arthur a vécu dans une certaine tranquillité. Papa Anton était toujours bienveillant à son égard et dorénavant, Declan l’ignorait. L’antagonisme entre les deux autres était la seule ombre au tableau.
     Ainsi que Merlin l’avait organisé, Arthur allait à l’école tous les jours. Arthur a toujours soupçonné Merlin d’avoir choisi Anton en raison de la proximité de sa ferme avec l’église où le prêtre donnait ses leçons aux enfants du village, chose assez rare à l’époque. Ils étaient six, la plupart du temps, âgés de cinq à douze ans. Les plus grands étaient parfois retenus par leurs parents pour aider aux champs. Cette fois encore, Arthur a tenté de s’en faire des camarades. Si les deux de son âge, Abeneg et Hael, ont acceptés, les plus grands l’ont complètement ignoré.
     L’apprentissage du prêtre était assez complet, écriture, calcul, histoire et géographie. Les parents se seraient bien contentés du calcul, ils ne voyaient pas l’intérêt des autres matières mais l’enseignant était inflexible, c’est tout ou rien. Le père Uthyr, venu du Pays de Galles, était un homme assez jeune, compétant et confiant en l’avenir. L’enseignement n’était pas une consigne de son évêque mais un choix personnel. Tout comme Anton, il a immédiatement été séduit par l’intelligence et l’avidité de connaissance d’Arthur.

     « Ecrivez vos noms, vous devez tous y parvenir à présent »

     Chacun s’applique et prend son temps, Arthur a terminé le premier.

     « Arthur, c’est bien mais je veux ton nom complet ! »

     Arthur est embêté, il n’a toujours eu que ce seul nom, il décide d’improviser et écrit : Arthur Anton.

     «  Arthur Anton, c’est bien mon petit »

     Un des grands s’insurge.

     « C’est pas son nom ! C’est l’nom du fermier qui l’a recueilli ! »

     « C’est vrai Arthur ? »

     « Oui mais j’ai pas d’autre nom ! Papa Anton, il dit que je suis comme son fils !»

     « Très bien, cela fera l’affaire »

     Pendant les années qui suivent, Arthur Anton, fait la fierté de son professeur et la jalousie des grands qui ont beaucoup plus de mal à progresser. Abeneg et Hael, en revanche, sont très contents pour lui et profitent de son enthousiasme communicatif pour progresser également. Les trois gamins sont toujours ensemble même en dehors des cours. Arthur les incite à avoir de l’ambition et pourquoi pas, un jour, devenir chevaliers. Ils se fabriquent des épées en bois et s’entraînent à l’art du combat mais, cette fois, personne n’est là pour leur enseigner et tout cela reste assez anarchique.
     Arthur emprunte régulièrement des livres au père Uthyr qui en est ravi. Anton, lui, ne voit pas cela d’un bon œil.

     « C’est pas bon de rester enfermé comme ça à rien faire, tu te fais du mal ! »

     « Mais je fais quelque chose, j’apprends ! »

     « Tu as toujours réponse à tout, toi, hein ? »

     « Je ne cherche pas à connaître les réponses, je cherche à comprendre les questions*. Mais je peux aller lire dehors, si vous préférez. »

     « T’es un sacré phénomène, toi ! Fais comme tu veux, de toutes façons, c’est toi le plus intelligent dans cette baraque, tu dois savoir c’que tu fais ! »

     « La nature fait des hommes semblables, la vie les rend différents.* »

     « Je sais ce que je vais faire, je vais te fabriquer le médaillon d’Ogma, le dieu irlandais qui terrasse ses ennemis par l’éloquence. C’est tout à fait pour toi ! »

     Un matin sur le chemin de l’école, il eut la surprise de rencontrer les trois grands de sa classe. Manifestement, ils l’attendaient car ils se sont redressés et lui ont fait face dès qu’ils l’ont vu.

     « Te v’là p’tite lopette ! Viens par là, on va t’apprendre à nous faire passer pour des ignorants ! »

     « Mais vous n’êtes pas des ignorants ! Vous savez beaucoup plus de choses que moi. Je sais pas travailler dans les champs ou débusquer un lièvre, moi ! C’est beaucoup plus utile que de savoir qui était Alexandre le grand. »

     Les trois autres se regardent un peu surpris, ils s’attendaient plutôt à ce qu’il essaye de leur échapper.

     « N’empêche, t’es le chouchou du prêtre ! »

     « Qu’est-ce que ça peut bien vous faire, tant qu’il s’occupe de moi, il vous fout la paix ! Vous devriez me remercier.»

     Décontenancés, les grands se contentent de le bousculer un peu en passant devant lui. Arthur estime qu’il s’en tire à bon compte et les suit en classe. Il avait lu des choses sur le pouvoir de la parole mais, cette fois, il en avait la démonstration.

     Les années passent et Arthur est plutôt content, tout n’est pas rose mais tant que sa soif d’apprendre est satisfaite, tout va bien. Un matin alors qu’il doit avoir une dizaine d’années, il sort en courant de la maison, comme à son habitude, pour se rendre à l’école. Ce matin là, sa course s’arrête à peine le seuil franchi. Il a percuté quelqu’un, un vieillard qui le regarde intensément.

     « Bonjour Arthur » Dit-il en lui souriant.

     « Bonjour Messire, excusez-moi, je dois aller à l’école »

     « Pas ce matin, Arthur, tu reste ici. »

     Le vieillard le ramène à l’intérieur et va discuter avec Anton.

     « Voilà, Anton, c’est maintenant que je récupère le gamin. Il doit partir pour Rome, suivre une formation militaire. »

     « Mais il est trop petit pour partir là-bas! »

     « Il ne peut rester ici, il serait en danger. Merci d’avoir veillé sur lui pendant toutes ces années. Viens, Arthur. »

     Les voilà repartis sur les routes. Arthur à l’impression de connaître le vieillard mais c’est très flou.

     « Vous êtes mon père ? »

     Le vieil homme sourit.  « Non, je suis Merlin, je t’emmène faire un grand voyage, à Rome, tu sais où c’est ? »

     « Non, qu’est-ce que je vais faire là-bas ? »

     « Tu apprendras le maniement des armes. »

     « Pour devenir chevalier ? »

     « Peut être, un jour et peut être beaucoup plus que cela ! »

(*) Confucius

.....

Chapitre trois : Senatus populusque romanus.

…..

     Le soleil, c’est ce qui a immédiatement marqué Arthur en arrivant à Rome. Il ne savait pas que des pays pouvaient être si différents. Que de nouvelles choses vécues depuis que Merlin est venu le chercher chez Anton. Le voyage en bateau puis le débarquement dans un pays qui ressemblait au sien, la longue marche et enfin, Rome ! Cette ville grouille de vie, ça court, ça crie, ça parle, ça se bouscule, Arthur n’a jamais vu autant de monde. Les échoppes des marchands, les fruits et les étoffes de toutes les couleurs, tout cela fait qu’Arthur sent qu’il va se plaire ici. Merlin marche rapidement en le tenant par la main, Arthur voudrait s’arrêter, prendre le temps de savourer cette avalanche de nouvelles sensations mais le vieil homme semble savoir où il va et être pressé d’y arriver. Enfin, Merlin s’arrête devant une grande porte.

     « Nous y voici, Arthur. C’est la milice urbaine, c’est là que tu vas vivre les prochaines années. »

     « Vous restez avec moi Merlin ? »

     « Non, mon petit, tu dois te débrouiller tout seul, apprendre autant que tu peux et un jour, tu rentreras chez toi. »

     Les larmes montent alors aux yeux d’Arthur, il ne dit rien, il sent bien que c’est inutile. La porte s’est ouverte, un homme, un soldat probablement, l’entraîne déjà à l’intérieur du bâtiment. Il se retourne juste à temps pour voir Merlin s’en aller. Le sentiment d’abandon devient très fort et ses larmes coulent de plus belle. Ses parents d’abord qui l’ont abandonné puis Anton l’a laissé partir et Merlin, à présent, le donne à des étrangers. Qu’a-t-il pu faire de si grave pour que personne ne veuille de lui ? L’homme le fait entrer dans une pièce où sont alignés une vingtaine de lits.

     « Installe-toi ici, range tes affaires, dépêche-toi ! Tu vas aller te laver, tu pues et t’es recouvert de poussière, allez ! Magne-toi ! »

     Arthur remercie intérieurement le père Uthyr de lui avoir enseigné les bases du latin.

     L’homme l’emmène dans une autre pièce, étrange, il y a de l’eau partout, on dirait. Un homme est en train de se laver dans un bassin. Arthur ignorait même qu’il existait des pièces réservées à cet usage. Chez Anton, on se lavait avec un seau d’eau du puits. Le soldat le ramène à la réalité en lui tapant sur la tête.

     « Alors ! Qu’est-ce que t’attends ?! Déshabille-toi et va te laver ! »

     Se laver dans ces conditions est assez agréable et Arthur sent bien qu’il pourrait s’y faire rapidement. L’homme l’a ensuite guidé jusqu’à une grande salle où on lui a donné des vêtements. Des tuniques, des sandales et des sortes de pantalons courts inspirés des braies gauloises. Puis, retour au dortoir, cette fois, il y a de l’agitation, quelques enfants de son âge chahutent parmi d’autres plus âgés. Le calme revient subitement dès l’entrée du soldat.

     «  Je vous présente un nouveau camarade, Arturus ! Expliquez-lui comment ça se passe ici, il a pas l’air bien dégourdi ! »

     Arturus, puisque c’est ainsi qu’il se nomme à présent, prend ses marques dans sa nouvelle vie. Ses camarades sont, comme lui, un peu perdus dans cet univers. Il se fait des amis, des connaissances et immanquablement, quelques ennemis, il semble que ce soit une règle dès qu’on intègre un groupe. Les semaines passent, la routine s’installe : Exercices, ablutions, repas, école, exercices, repas, etc.
Un jour, le même soldat dont il a appris le nom depuis, Aulus Milonius Procyon, vient le chercher.

     « Arturus ! Ramène-toi ! Ça fait six mois que t’es là, ils ont décidé d’te garder, j’me d’mande bien pourquoi, un minus comme toi ! Il paraît qu’t’en as dans l’ciboulot. Du coup, les potes et moi, on va te graver notre petite estampille pour pas qu’t’oublies à qui t’appartiens ! »

     Arturus le suit un peu inquiet comme toujours lorsqu’il ne comprend pas. Ils arrivent dans une salle qu’il n’a pas encore visitée. Il y fait très chaud, un grand feu illumine l’endroit. A peine entré, deux hommes qu’il n’avait pas vus l’empoignent, le couchent sur une table et l’attachent fermement. Il a beau crier, protester, personne ne lui prête attention. Un gros homme vêtu d’un tablier en cuir s’approche avec une tige métallique dont l’extrémité rougeoie. Il lui applique le fer incandescent sur la plante du pied droit. Arturus hurle avant de sombrer dans l’inconscience.

     Il se réveille sur sa couche au dortoir, la douleur est toujours là mais cette fois, il pleure en silence pour ne pas subir les moqueries de ses camarades. Pourtant deux curieux sont là, à l’observer. Appius Manilius et Caius Camilus, ce dernier l’interroge.

     « Qu’est-ce qu’ils t’ont fait ? »

     « J’en sais rien, ils m’ont brûlé le pied ! »

     Manilius soulève la couverture.

     «  Oh les salauds ! SPQR ! »

     « De quoi ?! »

     Manilius lui explique.

     «  SPQR, Senatus populusque romanus, Le Sénat et le peuple romain, c’est l’emblème de la république. »

    Caius s’inquiète.

     « Ils nous l’ont pas fait à nous ! Vous croyez qu’on va y passer aussi ? »

     « Ça m’étonnerait, vous étiez là avant moi, ça serait déjà fait ! »

     A sa réponse, Arturus peut lire le soulagement sur le visage de ses amis. Manilius cherche une solution pour calmer sa douleur.

     « J’vais aller au valetudinarium piquer de la pommade et de l’opium, ça va te faire du bien ! »

   Effectivement, Arturus a immédiatement senti un soulagement et s’est endormi paisiblement.

     Les années passent, semblables les unes aux autres. Exercices, encore et toujours. Heureusement, il y a les « perms », avec Caius et Manilius, ils en profitent bien. Les premières cuites, les premières filles, c’est en compagnie de ces deux-là et de Verinus, un vendeur de citrons du ghetto, un rigolo sans attaches qui prend la vie comme elle vient. Arturus est à présent un homme lorsqu’il est convoqué par le décurion, Glaucia. En arrivant, il a la surprise de trouver le décurion en compagnie du sénateur Publius Servius Capito. Impressionné, Arturus tente de répondre du mieux qu’il peut à leurs questions sur ses origines.
     L’enfance du Roi est terminée, la quête du trône de Bretagne va pouvoir commencer.

FIN.

Chevalier Allû Ciné
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Splendide ! :D

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