Bienvenue sur OnEnAGros!, le forum qui a fait vœu de ragoût ! !

Lisez la charte du forum avant de commencer à participer. Si vous êtes nouveau, une présentation est toujours appréciée afin de mieux se connaître !


Pécore
Hors ligne

NUIT NOIRE.


.....


Cela fait à présent plusieurs semaines que l’hiver s’est abattu brutalement sur la Bretagne. Les jours sont sombres et froids, les nuits sont noires et glaciales. Pour ne rien arranger, depuis quelques jours, la neige a fait son apparition. Dans la salle à manger de Kaamelott, un grand feu combat de son mieux le froid omniprésent.
Arthur, Guenièvre et ses parents sont attablés, le climat joue sur le moral de tous et le repas est plutôt morose.


ARTHUR : Beau-père, vous avez fait réduire les temps de garde ?


LEODAGAN : Ouais, j’me demande encore pourquoi, ils ont rien d’autre à foutre que surveiller les abords du château ! C’est pas trop pénible comme boulot !


ARTHUR : Vous êtes monté sur les remparts ?


LEODAGAN : Mais vous êtes pas bien, non ?! J’suis pas débile !


ARTHUR : Ben voilà ! Les gardes, ils ont pas le choix mais on est p’t’être pas obligé de les laisser geler sur place !


MAITRE D’ARMES (arrivant) : Sire ! Euh ... il fait noir !


ARTHUR : Ah ouais ?! Vous parlez d’une nouvelle ! Ça fait un moment que la nuit est tombée !


MAITRE D’ARMES : Non mais ... noir, noir !


LEODAGAN : Non mais vous allez nous les casser longtemps avec ces conneries ?! A votre âge, vous auriez dû remarquer que quand le soleil est couché, il commence à faire nuit ! Et ça fait un moment qu’c’est comme ça !


MAITRE D’ARMES : Non mais j’entends bien ! Mais cette nuit est ... noire ! Je suis désolé, je ne trouve pas d’autre mot ! Venez voir sur les remparts !


ARTHUR : Ah mais non, ça va bien maintenant ! Si vous avez trop picolé, allez vous coucher !


MAITRE D’ARMES : Sire ! Je n’ai pas bu une goutte !


LEODAGAN : Ben vous feriez bien d’vous y mettre, ça vous éviterait de nous casser les noix parce que vous avez peur du noir !


MAITRE D’ARMES : Sire ! Vous me connaissez, je ne vous dérangerais pas sans raison !


GUENIEVRE : Oh mais allez-y sur les remparts ! Vous voyez bien qu’il va pas nous lâcher !


ARTHUR : Ah non mais vous en tenez une couche, hein ! On va aller voir à la fenêtre ... .


GUENIEVRE : Ah mais vous allez pas ouvrir la fenêtre ici ?! Vous allez nous geler !


ARTHUR (soupirant) : Celle du couloir, alors ! Allons-y !


Arthur, Léodagan et le Maître d’armes rejoignent la fenêtre ouverte du couloir, l’étroitesse de l’ouverture les oblige à s’y pencher un par un.


ARTHUR: Ah ben ouais, ben merde ! Qu’est-ce que c’est que ça ?!


MAITRE D’ARMES : Ah ! Qu’est-ce que j’avais dit !


LEODAGAN : Qu’est-ce que c’est que cette plaisanterie ?! On n’y voit plus rien à quelques coudées du château !


ARTHUR : Ouais, même la neige a disparu !


MAITRE D’ARMES : Et ça se rapproche ! Tout à l’heure, c’était au niveau de la forêt !


ARTHUR : Ça ne me plaît pas du tout cette tisane ! Ne prenons pas de risque ! Maître d’armes, rassemblez tout le monde dans la salle du trône ! Toute le monde, hein ! Même les gardes, les boniches et les cuistots !


…..


La Salle du trône est pleine de monde, c’est un brouhaha incessant, entre ceux qui ont vu, ceux qui n’ont rien vu, ceux qui dormaient, ceux qui ont entendu dire … .


ARTHUR : VOS GUEUUUUUULES !


Le silence se fait et tout le monde se tourne vers lui.


ARTHUR : Bien ! Voilà la situation, une sorte de … heu … noirceur, encercle le château et se rapproche.


Le brouhaha reprend immédiatement.


ARTHUR : Hop, hop, hop ! Silence ! J’vois pas c’que vous avez à discuter, de qui, de quoi, personne ne sait ce que c’est ! A moins que … quelqu’un ? Non ? Voilà, donc personne ne sait … et, par précaution, j’ai réuni tout le monde ici ! Alors installez-vous du mieux possible, on va vous donner à manger et à boire et on y verra plus clair demain matin !


LEODAGAN : Et c’est tout ?! On attend et on verra bien ?! Ah non mais là, c’est d’la stratégie ou j’m’y connais pas !


ARTHUR : Vous feriez quoi, vous ? Vous voulez prendre une torche et aller voir ?!


LEODAGAN : Ah ben non, tout de suite … on pourrait envoyer un loufiat ?!


ARTHUR : Vous êtes plutôt généreux avec la vie des autres, vous, hein ?!


LEODAGAN : Ben, curieusement, si ça peut sauver la mienne, pourquoi pas ?! Et puis le p’tit personnel, ça sert à ça aussi !


ARTHUR : Pas question ! Personne n’ira ! On attend, point !


LEODAGAN : Ouais mais je m’y attendais ! Dès qu’il faut avoir un peu d’poigne, y’a plus personne !


PERCEVAL : Si vous voulez, j’y vais, moi !


ARTHUR : Non mais ça va pas ?! Vous n’allez nulle part !


LEODAGAN : Mais pourquoi ? Puisqu’il propose ?!


ARTHUR : Je ne veux sacrifier personne et surtout pas lui ! C’est clair ?!


PERCEVAL : Moi, ça m’dérange pas le noir. J’peux aller à la taverne les yeux fermés !


LEODAGAN : Ah ! Vous voyez … qu’est-ce qu’on a à perdre ?


ARTHUR : J’ai dit non ! Tout le monde reste là, on verra demain ! MERLIN !


MERLIN : Oui, Sire ?


ARTHUR : Vous avez une idée ?


MERLIN : De ?


ARTHUR : DE COMMENT VOUS RENDRE UTILE A QUELQUE CHOSE ! Une idée de ce qu'il se passe, évidemment ! C’est de la magie ou quoi ?!


MERLIN : Prrttt ! Difficile à dire !


ARTHUR : Ah ben ouais, ça m’aurait étonné aussi ! Et Elias, il est par là ?


MERLIN : Il est parti faire son marché à Tintagel !


ARTHUR : Il a bien choisi son jour, celui-là ! On a qu’un seul enchanteur de valable et il est pas là !


MERLIN : Dites, euh, quand même … vous pourriez attendre que je sois parti !


PERCEVAL (éloigné) : Ah merde !


Arthur et Léodagan se précipitent.


ARTHUR : Ben quoi, qu’est-ce qu’il y a ?


PERCEVAL : Regardez, j’ai ouvert la porte de la salle du trône et … plus de couloir ! Rien que du noir !


.....


     Derrière la porte de la salle du trône, c’est le noir complet, un noir étrange, presque palpable. Chacun ressent un malaise devant ce qui leur apparait comme, non pas une absence de lumière mais plutôt, la concrétisation du néant. Pour le moment, le phénomène reste bien délimité au couloir et ne semble pas vouloir entrer dans la salle.

ARTHUR : Mais qu’est que c’est que ce truc ?

LEODAGAN : Je sais pas mais ça m’inspire rien de bon !

PERCEVAL : Attendez, j’vais voir !

ARTHUR (le retenant par le bras) : Mais restez-là, vous ! Vous tenez à mourir, ce soir ?

PERCEVAL : Ben non ! Mais ça a pas l’air bien méchant ce truc là. Regardez, j’mets ma main.

     Joignant le geste à la parole Perceval plonge sa main dans les ténèbres pour la retirer aussitôt.

PERCEVAL : Vous voyez ? Rien du tout, nickel !

ARTHUR : Ouais mais bon, on sait même pas si on peut respirer là dedans.

     Une fois de plus, Perceval agit impulsivement et avant qu’Arthur ait pu esquisser un geste, il avance la tête en avant et reste plus longtemps, cette fois. Inquiet, Arthur le ramène à lui.

PERCEVAL : … mal du tout !

ARTHUR : Qu’est-ce que vous avez dit ?

PERCEVAL : J’ai dit, c’est un peu plus difficile de respirer mais on y arrive et ça fait pas mal du tout !

MERLIN : C’est marrant, on a rien entendu tant qu’il était dedans.

ARTHUR : Ouais, c’est marrant, comme vous dites. En tant qu’enchanteur, ça serait pas plutôt à vous de faire ces expériences ?

MERLIN : Ah non ! Moi je n’opère que lorsque je connais, je pourrais faire des dégâts, sinon ! Ça serait ... terrible !

ARTHUR (jetant un œil lourd de sens à Merlin, puis à Perceval): Vous avez vu quelque chose là dedans ?

PERCEVAL : Rien, que dal, la moustache de ma grand-mère ! On se serait cru dans l’cul d’un … .

ARTHUR : Ouais d’accord, on a compris !

LEODAGAN : Bon alors, qu’est-ce qu’on fait ? Il était bien parti, là, pourquoi vous l’avez ramené ?!

ARTHUR : ON SAIT PAS CE QUE C’EST ! Il faut y aller petit à petit !

LEODAGAN : Oh ben oui, à c’compte là, on est pas sorti du sable ! Seigneur Perceval ! Dites-lui que ... .

KARADOC (venant de se réveiller) : Il vient de sortir ! Attendez, j’vais l’chercher !

ARTHUR : NOOOON !

     Trop tard, Karadoc a déjà franchi la porte, le Maître d’armes parvient malgré tout à l’attraper par un pan de sa chemise et tente de le faire revenir, aidé par Arthur et Léodagan, il y arrive.

KARADOC : Mais qu’est-ce que c’est que cette merde ! J’pouvais plus respirer, j’pouvais à peine bouger, c’est quoi c’machin là !

ARTHUR : Ça, on aimerait bien le savoir !

KARADOC : MAIS LE SEIGNEUR PERCEVAL ! IL VA CREVER LA DEDANS !

LEODAGAN : Non, rassurez-vous, il semblerait que lui, il y arrive, à respirer et à se mouvoir dans c’truc-là.

ARTHUR : Ouais, espérons que ça dure ... .

.....

     Dès qu’il a franchi la porte, Perceval s’est engagé dans le couloir, marchant presque normalement, il s’oriente sans problème et parvient à l’escalier en colimaçon et entame la descente. Il a hésité à monter aux remparts mais il lui a semblé plus efficace de sortir le plus vite possible pour aider son roi et ses camarades, piégés dans la salle du trône. Au fur et à mesure de sa descente, la résistance des ténèbres s’accroît et la respiration devient plus difficile. Il tente d’accélérer mais il a l’impression d’avancer dans de la glue, il lutte de toutes ses forces mais la pression est trop forte, il sombre dans l’inconscience.

.....

LEODAGAN : Bon, y revient pas c’con-là !

KARADOC : C’est du seigneur Perceval dont vous parlez, là ?! Attention, hein ! Ça pourrait mal se mettre !

LEODAGAN : Non, mais j’dis ça comme ça, c’est affectueux, plutôt.  (A Arthur) Alors ? On attend, je suppose ?

ARTHUR : Mais si vous voulez rejoindre le seigneur Perceval, je n’vous en empêche pas !

KARADOC : Moi, j’veux bien y’aller mais faudrait virer le machin noir, avant !

MAITRE D’ARMES : Si on savait faire ça, on serait pas là à tourner en rond comme des p’tites lopettes !

LEODAGAN : Dites ! Ho ! Parlez pour vous !

ARTHUR : Merlin, toujours pas d’idée ?!

MERLIN : Peut être, si on fabriquait une sorte de caisse en bois, assez grande pour que quelqu’un s’y glisse et emporte de l’air d’ici avec lui ? Bon, dans l’idéal, faudrait traiter le bois mais là, si j’ai bien compris, on est un peu pressés.

ARTHUR : Ouais, pas con ! Vous voyez beaucoup de planches et d’outil, dans le coin ?

MERLIN : Ah merde ! On peut pas penser à tout, non plus !

.....

     Un étage plus bas, dans l’escalier, le seigneur Perceval dérive lentement, inconscient, les dernières molécules d’oxygène quittant son corps.


.....

INTERLUDE.

KARADOC : Non mais, « Nuit noire » c’est bien mais c’est de la merde !

PERCEVAL : ... .

KARADOC : Ah ! Vous voyez ! Vous-même, vous savez pas quoi en dire !

PERCEVAL : Eurrhhhg... .

KARADOC : Facile à dire ! N’empêche, moi, j’aime pas ! Mais vous faites une drôle de tête, vous êtes tout rouge !

ARTHUR : Non mais, Karadoc ! Vous êtes pas censé parler à Perceval, venez ici !

KARADOC : Ben quoi ?! J’m’inquiète pour mon camarade ! Vous avez vu comme il est pas bien ?!

ARTHUR : Non, j’ai pas vu et je m’en fous ! Venez là tout de suite sinon Perceval va mourir avec vos conneries !

KARADOC : Vous êtes sûr ?! J’comprends rien !

ARTHUR : Ouais, tu m’étonnes ! Allez ! Mettez-vous en place, on va attaquer l’épisode trois !

Fin de l’interlude.

.....

     Un choc électrique, un spasme, son cœur qui bat à tout rompre, Perceval écarquille les yeux et ouvre grand la bouche, cherchant à aspirer la moindre particule d’air. La pesanteur a fait son office et son corps inanimé a continué de descendre, suffisamment pour trouver une zone moins dense. Un choc sur la tête, il vient de percuter une marche, allongé sur l’escalier, il progresse en s’aidant des mains, plus il descend, mieux il respire. Arrivé en bas, il reste un long moment à récupérer, épuisé, il s’endort.

.....

     Dans la salle du trône la tension est à son comble, les regards fixent la porte et la fenêtre, tous redoutent le moment où les ténèbres entreront.

LEODAGAN : On va rester là, comme ça, comme des lapins terrorisés au fond du terrier ?!

ARTHUR : J’vous écoute, vous proposez quoi ?

LEODAGAN : Mais c’est vous le roi, vous nous le rappelez assez souvent !

MAÎTRE D’ARMES : Je propose que chacun d’entre nous tente sa chance comme le seigneur Perceval, peut être que d’autres sont capables de s’y mouvoir.

ARTHUR : Pourquoi pas ? Même si je n’y crois pas trop, Perceval il est ... spécial !

LEODAGAN : Ça pour être spécial ... .

ARTHUR : Non, non mais vraiment ! La Dame du lac m’a dit une fois qu’il avait une grande destinée et qu’on parlerait encore de lui dans des siècles !

LEODAGAN : Ah ben ouais, la Dame du lac ! Celle-là aussi, elle est ...  spéciale.

     Tout le monde tente l’expérience mais, comme Arthur l’avait pressenti, personne ne renouvelle l’exploit de Perceval.

LEODAGAN : Une autre brillante idée, Maître d’armes ?!

ARTHUR : MAIS PUTAIN QUE J’SUIS CON !

LEODAGAN : Quoi ? Un éclair de lucidité ?!

.....

     Perceval se réveille dans le noir, il met quelques instants à se souvenir des évènements qui l’ont conduit ici. Il se relève et cherche le mur à tâtons, ayant perdu ses repères pendant sa chute. Il trouve le mur et reprend sa progression, il bute sur quelque chose, une marche ! Il s’est trompé et repart dans l’autre sens. Il arrive à la porte, il l’ouvre espérant voir la lumière du jour mais non, toujours le noir et le silence absolu. Il descend les quelques marche et avance dans la cour jusqu’à la grande porte, un bref instant, il lui a semblé voir quelque chose devant lui.

.....

ARTHUR : S’il y a quelque chose capable de combattre la magie ici, c’est bien ça ! (Il dégaine Excalibur)

LEODAGAN : Contre qui vous comptez vous battre ?

ARTHUR : Je ne vais pas me battre mais j’espère qu’Excalibur va m’ouvrir le chemin !

     Il sort de la salle en brandissant Excalibur devant lui, telle une torche. Les ténèbres semblent reculer devant l’épée flamboyante mais se referment derrière lui. Il revient sur ses pas, rassurer ses compagnons.

ARTHUR : Ça marche ! Je vais essayer de retrouver Perceval !

GUENIEVRE : Vous allez pas me laisser seule !

LEODAGAN : Seule ?! Avec vos parents et toute la cour !

GUENIEVRE : Ben oui mais euh ... c’est pas pareil !

ARTHUR : Dites-vous que je pars en guerre, ça vous dérange pas d’habitude !

GUENIEVRE : Oui mais c’est pas pareil, j’vous dis ! J’ai un mauvais pressentiment !

ARTHUR : Oh non mais franchement, c’est bien l’moment d’avoir des états d’âme !

MAÎTRE D’ARMES : Sire ! Laissez-moi y aller à votre place !

LEODAGAN : Non mais vous avez pas encore compris depuis le temps ?! Excalibur, y’a qu’avec lui qu’elle est magique vu que c’est lui l’élu et patati et patata ... .

ARTHUR : Voilà ! Je l’aurais sans doute pas dit de la même manière mais en gros, c’est ça. J’y vais !

.....

     Arthur avance dans le couloir mais paradoxalement même s’il connaît parfaitement les points cardinaux, contrairement à Perceval, il se cogne souvent et doit s’aider de sa main gauche. Malgré tout, il arrive à l’escalier et entame sa descente.

.....

     Perceval continue à avancer tout droit depuis la grande porte, essayant de garder la direction dans laquelle il lui a semblé voir quelque chose. Oui ! Ça y-est, une faible lueur vient d’apparaitre devant lui, il presse le pas, sort des ténèbres et se retrouve face à... .

ELIAS : Ah ben, quand même ! Qu’est-ce que vous foutez là dedans ?!


.....


      A quelques coudées devant la grande porte où il a émergé, Perceval est soulagé d’être sorti. Hier, il pestait contre le temps froid et la neige mais il est à présent, ravi de les retrouver, même la nuit lui semble claire en comparaison des ténèbres. Perceval fait face à Elias, passablement énervé.

ELIAS : J’ai essayé d’entrer, pas moyen ! Qu’est-ce qu’il se passe ici ?!

PERCEVAL : Hé, ho ! Sur un autre ton, hein ! On est tous dans l’noir, là dedans !

ELIAS : Dans le noir ?!

PERCEVAL : Ben, vous êtes bigleux ou quoi ?! (Perceval se retourne et constate que l’aspect du château est normal, si ce n’est qu’il semble désert) Ah ben merde !

ELIAS : Dès que j’avance par là, y’a comme un mur invisible qui me bloque ! Comment vous avez fait, vous ?

PERCEVAL : Je sais pas, c’était pas facile mais j’y suis arrivé. Vous pouvez pas faire quelque chose, vous ? C’est bien votre truc, la magie ?

ELIAS : Faudrait déjà que je sache à quoi on a affaire ! Vous pouvez m’en dire plus ?

PERCEVAL : C’est tout noir, quand on est dedans, on entend rien, on voit rien, on a du mal à avancer et à respirer. Ça va de là (montrant le sol à quelques pas) jusqu’à la salle du trône.

ELIAS : Non, ça m’ dit rien ! Ça a l’air d’une belle saloperie en tout cas !

PERCEVAL : Ouais, ben, j’avais pas besoin d’vous pour piger ça !

.....

     Arthur arrive à présent à l’endroit où Perceval a bien failli mourir mais grâce à Excalibur, l’épreuve est moins difficile pour lui. Il arrive en bas, essoufflé mais sur ses deux jambes.

.....

     Dans la salle du trône, les esprits s’échauffent. L’attente leur porte sur les nerfs.

LEODAGAN : Vous allez voir, ces cons là, s’ils ont réussi à sortir, ils sont bien capables d’aller fêter ça à la taverne en nous laissant là, comme des cons !

MAÎTRE D’ARMES : Vous avez une bien piètre opinion du roi ! Il ne ferait jamais ça ! Et le seigneur Perceval non plus, d’ailleurs !

KARADOC : Ça c’est bien vrai ! Je serais bien plus inquiet si c’était vous, seigneur Léodagan !

LEODAGAN : Mais j’vous emmerde, vous et votre confiance béate ! Le roi, il pourrait faire un numéro de jonglage, tout nu, les deux pieds dans la merde que vous trouveriez ça formidable !

KARADOC : Non mais ... il ferait pas ça non plus !

.....

     Arthur avance de plus en plus facilement même s’il a raté la grande porte de vingt bons pas, il a fini par sortir en suivant le mur. Il entend une voix étouffée « Ah ! On dirait qu’y’en a un autre qui arrive ! » A son tour, il quitte les ténèbres.

PERCEVAL : Sire ! Vous avez réussi, je savais bien !

ARTHUR : Ouais, grâce à Excalibur. Faut trouver un moyen de faire sortir les autres, maintenant ! AH ! Putain, vous m’avez foutu la trouille encore !

ELIAS : Comment ?!

PERCEVAL : Mais j’ai rien fait moi !

ARTHUR : Non mais, pas vous ! C’est la Dame du lac qui vient d’apparaitre !

DAME DU LAC : Ah ben vous êtes sorti quand même ! Vous avez mis l’temps !

ARTHUR : Oui, ben, j’voudrais bien vous y voir, vous ! C’était pas une partie de plaisir !

DAME DU LAC : C’était quand même pas bien compliqué de penser qu’Excalibur vous sortirait de là !

ARTHUR : Oui, ben, bon, j’suis désolé mais je la vois plutôt comme une épée que comme un objet magique ! Vous n’aviez qu’à venir me l’dire, vous !

DAME DU LAC : je ne pouvais pas, les dieux y avaient veillé !

ARTHUR : Bon, qu’est-ce que vous pouvez me dire sur ce phénomène ?

ELIAS : Euh ... vous parlez toujours à machine, là ?

PERCEVAL : Vous êtes con ou quoi, vous voyez bien qu’elle est pas encore arrivée !

ARTHUR : Non mais, vous deux, fermez-là ! J’vous dirai quand ce sera fini !

DAME DU LAC : Je suis désolée mais c’est un peu d’ma faute tout ça.

ARTHUR : Ah ouais ? Ben, bravo !

DAME DU LAC: UN PEU de ma faute et BEAUCOUP de la vôtre ! Les dieux étaient en pétard parce que vous continuez à prier Mars ! Ne niez pas ! Je vous ai vu ! Malgré tout, j’ai pris votre défense et je les ai traités de (inaudible)

ARTHUR : De quoi, pardon ?!

DAME DU LAC : De dieux de pacotille ! Du coup, ils l’ont mal pris ... .

ARTHUR : Quelle surprise !

DAME DU LAC : Et ils ont décidé de vous punir !

ARTHUR : Bon, d’accord ! Ça va durer combien de temps cette plaisanterie ?

DAME DU LAC : Au lever du jour, ça devrait être fini !

ARTHUR : Devrait ?

DAME DU LAC : Ben oui, c’est pas moi qui décide !

.....

     Le lendemain soir, salle à manger de Kaamelott.

LEODAGAN : Bon, pour en finir avec cette histoire, c’était quoi ce bordel ?!

ARTHUR : Mais j’vous ai dit, c’était les dieux !

LEODAGAN : Oui mais y’a bien une raison, non ?

ARTHUR : Hum, ils trouvent que la quête du Graal n’avance pas assez vite !

(Noir, voix off)
DAME DU LAC : Ah mais c’est pas ça qu’j’ai dit, moi !
TSON !

Pécore
Hors ligne

Sivouplé, sivouplé ... un p'tit commentaire, sivouplééééé :)

Chevalier Feuletonniste
Hors ligne

Si tu veux des commentaires, n'oublie pas de commenter les textes des autres !

(Mais j'ai bien aimé celui-ci. Je ne sais pas pourquoi je l'avais loupé, d'ailleurs. Il part un peu lentement, mais après, quel suspense ! J'ai bien aimé, notamment, le fait que pour une fois, ce n'est pas un coup d'Élias, et du coup il est bien embêté lui aussi. En tout cas tu as de bonnes idées et ça renouvelle bien les choses.)

Pécore
Hors ligne

Merci, je ne vais pas manquer se lire les autres textes.

Pied de page des forums

Propulsé par FluxBB