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Chevalier Feuletonniste
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La quête du Crâne Noir - I

Acte I

Les chevaliers sont assis à la Table Ronde : Arthur, Léodagan, Lancelot, Bohort, Perceval, Karadoc, Yvain, Gauvain. Le Père Blaise est debout devant son pupitre.

Arthur - La Dame du Lac vient de me confier une mission de la plus haute importance. Avant de vous expliquer de quoi il s'agit, je dois vous situer le contexte historique.
Yvain - Je sens que ça va être trop gavant...

Arthur lui fait les gros yeux, puis poursuit :

Arthur - L'histoire que je vais vous raconter commence avant la venue des Romains sur l'île de Bretagne.
Yvain - Ah, vous allez raconter une histoire ! J'avais pas compris ça.
Gauvain - Une histoire, mon oncle ? Allez-y, nous nous tiendrons coi.
Perceval, à Gauvain - Vous allez voir, le roi, il sait super bien les raconter !
Arthur - C'est fini, oui ?
Perceval - Nan mais Sire, avouez que vous savez mieux les raconter que moi ! Déjà, moi, j'oublie tout le temps la chute, alors... (Arthur lui fait les gros yeux, Perceval se tait.)
Arthur - Je reprends... Avant la venue des Romains, il y avait plusieurs clans. À la pointe sud-est de l'île, l'un des chefs de clan, appelé Ariovix, fit bâtir une tour. Il était assisté d'un druide nommé Zardos, le plus puissant de son époque. Ce Zardos pactisa avec les démons. Il amé...
Gauvain - Mon oncle, comme c'est pass... (se tait brusquement)
Arthur - Il aménagea plusieurs pièces dans des étages souterrains où, en secret, il développa sa puissance en s'aidant d'un objet magique offert par les démons : un crâne noir sculpté dans une matière inconnue. Ariovix ne savait rien de tout ça, il profitait naïvement de la puissance du druide grâce à qui il soumit tous les clans voisins. En réalité il n'était qu'un pantin manipulé par Zardos. À la mort d'Ariovix, l'un des deux fils, Criovas, tua son frère pour s'emparer du pouvoir, aidé par la magie du druide. Ce meurtre provoqua le soulèvement de tous les clans opprimés. Criovas fut vaincu et Zardos se réfugia dans ses souterrains où on l'emmura.
Bohort - Quelle abominable histoire !
Arthur - Aujourd'hui, la tour n'est plus qu'un tas de ruine, mais la Dame du Lac m'a révélé que le Crâne Noir n'ayant pas été détruit, il pourrait être retrouvé, et celui qui le retrouverait réveillerait les démons, car ceux-ci tirent leur pouvoir de la force de leurs adeptes. Nous avons donc pour mission de détruire l'objet. Est-ce que tout le monde a compris ?
Perceval et Karadoc - Non.
Yvain - Ah, vous non plus ? J'osais pas le dire...
Gauvain - Mais mon oncle, vous n'êtes quand même pas en train de suggérer que nous allions nous rendre dans ce lieu... si ?
Lancelot - Sire, voici une mission noble et périlleuse, je suis bien sûr volontaire pour vous assister !
Bohort - Je... je me dévoue pour garder le château en votre absence.
Arthur - Pas si vite ! C'est la Dame du Lac qui doit choisir les hommes, et justement elle devrait arriver d'un instant à l'autre.
Léodagan - Mais, je n'ai pas bien compris : où se trouve le Crâne machin, là ? Sous les ruines de la tour ?
Arthur - Exactement. La porte menant aux souterrains les plus profonds a été scellée par un sort et ne peut s'ouvrir que de l'extérieur. Ce sera à nous d'y parvenir.
Léodagan - Je suppose que ça ne va pas être la foire là-dessous ?
Arthur - En fait, on ne sait même pas si Zardos est mort. Il est fort possible qu'il ait survécu grâce à ses pouvoirs, auquel cas les démons qu'il a invoqués seront toujours présents.
Lancelot - Des démons ? Comment se bat-on contre... ça ? On peut les tuer ?
Arthur - C'est impossible, ce sont des êtres immortels. C'est en détruisant le Crâne Noir qu'on les fera disparaître : ils retourneront alors dans le plan démonique.
Léodagan - Eh ben, ça va pas être de la tarte !
Perceval - Mais... Juste pour être sûr d'avoir bien compris... L'histoire, vous l'avez finie ou pas ?
Arthur - La Dame du Lac va venir choisir les chevaliers qui m'accompagneront. Je ne vous rappelle pas qu'il y a que moi qui peut la voir, puisque personne n'a jamais compris...
Lancelot - Sire, j'ai parfaitement compris : nul d'entre nous n'a la capacité de la voir, donc lorsque vous parlerez avec elle nous nous tairons.
Arthur - Voilà : que vous ayez compris ou non, quand je vous demanderai de fermer vos mouilles, vous fermerez vos mouilles sans chercher à comprendre.
Perceval - Vous croyez qu'elle osera venir juste parce qu'on se tait ?
Karadoc - Si on se tait, ça peut l'aider à surmonter sa timidité.
Lancelot - On vous a dit de la fermer !

Un éclair apparait à Arthur, qui sursaute. Lancelot fait un signe avec son doigt pour signifier à tout le monde de se taire. Léodagan secoue la tête par scepticisme.

Dame du Lac - Les dieux m'ont donné la liste des personnes qui vous accompagneront.
Yvain - J'ai pas compris, on fait quoi, là ?
Perceval, qui s'emporte - On fait le silence dans la salle pour que la Dame du Lac puisse entrer sans avoir les jetons, parce que sinon on l'impressionne.
Yvain - Aaah d'accord !
Lancelot - Mais taisez-vous, nom de... nom ! Vous voyez bien qu'Arthur lui parle !
Perceval - Là ? Ah... il s'est dédoublé et il est à la fois ici et dans le couloir à lui parler ?
Arthur - (aux autres) SILENCE ! (À la Dame du Lac) Allez-y, continuez.
Yvain - Faudrait savoir !
Perceval - Nan mais Sire, c'est pas clair.
Arthur - Bon, tout le monde sort. J'ai dit : TOUT LE MONDE SORT !
Perceval - Là maintenant ? Mais on va effrayer votre cousine en sortant tous en même temps !

Arthur tire violemment sur le fauteuil de Perceval, qui se retrouve par terre. Tout le monde quitte la salle, Perceval aussi. On entend Perceval dans le couloir :

Perceval - Qu'est-ce que je disais : elle s'est sauvée !

Finalement, un des chevalier ferme la porte derrière lui, Arthur est enfin seul.

Arthur, à la Dame du Lac - C'est bon, on peut continuer.
Dame du Lac - Vous devez partir à sept, parce que sept est un nombre qui offre un présage favorable. Vous aurez donc six compagnons.
Arthur - Ma présence est indispensable, je suppose ?
Dame du Lac - C'est la présence d'Excalibur qui est indispensable. En effet, seule Excalibur pourra briser le globe qui enchâsse le Crâne Noir. Le Crâne est indestructible, sauf s'il est touché par la main d'une vierge. Vous devrez donc emmener une vierge avec vous.
Arthur - Une vierge ? Mais où est-ce que je vais trouver ça ?
Dame du Lac - Une jeune servante du château, peut-être ?
Arthur - Ça va être difficile, elles ont toutes du tempérament, si vous voyez ce que je veux dire... enfin... hu-hum, bon, continuez.
Dame du Lac - Vous aurez besoin du Don de Perceval, aussi viendra-t-il avec vous.
Arthur - Le Don de cet ahuri ?
Dame du Lac - Il a un destin.
Arthur - Une servante, Perceval, ça commence bien... qui d'autre ?
Dame du Lac - Les deux damoiseaux.
Arthur - Les damoiseaux ? De qui vous voulez parler ?
Dame du Lac - Yvain et Gauvain.
Arthur - Yvain et Gauvain ? Mais ils savent rien foutre !
Dame du Lac - Les dieux sont formels : sans eux la quête est vouée à l'échec.
Arthur - Tu parles d'une équipe de choc ! Lancelot est dans le coup, j'espère.
Dame du Lac - Pas Lancelot, il ne saurait vaincre des démons.
Arthur - Parce que vous croyez qu'Yvain et Gauvain, c'est pas pire ?
Dame du Lac - Les chevaliers Bohort et Karadoc ont eux aussi un rôle à jouer. Ainsi votre équipe est formée.
Arthur - Attendez, si je récapitule : une jeune fille du château, Perceval et Karadoc, Yvain et Gauvain, et Bohort. Vous vous foutez de moi ?
Dame du Lac - Votre mission consiste à détruire le Crâne Noir. Pour cela, vous devez briser le globe qui l'enchâsse à l'aide d'Excalibur, ensuite la vierge apposera la main sur le Crâne, ce qui le détruira. Mais vous subirez cinq autres épreuves, qui seront de plus en plus difficiles, avant d'atteindre la salle du Crâne. Vous serez sept, et chacun de vous devra intervenir à tour de rôle.
Arthur - Donc, pour moi, ce sera briser le globe ?
Dame du Lac - Excalibur brisera le globe. De même, chacun de vos six compagnons devra intervenir pour une épreuve précise. Et je n'ai pas le droit de vous dire laquelle : ce sera à vous de choisir le compagnon apte à réussir. Si vous vous trompez dans votre choix, vous mourrez tous.
Arthur - Hein ? Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?
Dame du Lac - Les dieux n'ont pas le droit de vous aider plus que cela, sans quoi l'équilibre entre les forces du bien et les forces du mal serait rompu.
Arthur - Attendez, le but est quand même que je réussisse la mission, non ? S'ils veulent que je la réussisse, ils ont intérêt à me donner un coup de main !
Dame du Lac - J'aurai le droit d'intervenir de temps en temps, mais pas de vous dire qui désigner pour les épreuves. Vous partirez demain à l'aube.

La Dame du Lac disparaît. Arthur s'affale dans son fauteuil, désespéré.

Acte II

Le soir. Arthur et Guenièvre au lit.

Arthur - Dite-moi, la petite nouvelle, celle qui nettoie les cuivres, vous savez si elle est vierge ?
Guenièvre - Comment ça ?
Arthur - Vous voyez bien de qui je veux parler, une blondinette plutôt timide, qui s'enfuit chaque fois qu'elle croise un chevalier.
Guenièvre - Ah oui, la nouvelle ! Mais... elle vous intéresse ?
Arthur - J'ai pas dit ça !
Guenièvre - Je croyais que vous n'aimiez pas les blondes. En plus, elle n'a que seize ans. Vous les choisissez bien jeunes !
Arthur - Mais arrêtez un peu ! J'ai pas dit que c'était pour en faire une maîtresse !
Guenièvre - Ah, bon, excusez-moi... Mais c'est pour faire quoi, alors ?
Arthur - Oh, rien. Je voulais juste savoir si elle était vierge.
Guenièvre - Eh ben demandez-lui !
Arthur - Je n'ose pas, ça ne se fait pas...
Guenièvre - Vous voyez, vous êtes encore plus timide qu'elle !
Arthur - Mais c'est pas ça, c'est une question de savoir-vivre ! Oh, et puis flûte ! Vous savez ou vous savez pas ?
Guenièvre - Quoi donc ?
Arthur, agacé - Si-elle-est-vierge.
Guenièvre - Mais... Déjà, ça veut dire quoi exactement, vierge ?
Arthur - Ah oui, heu... laissez tomber, je lui demanderai...

Soudain, Arthur a une illumination :

Arthur - Mais vous, vous êtes vierge !
Guenièvre - Ah bon ? À quoi vous voyez ça ?
Arthur - Nan mais c'est sûr : vous êtes vierge, j'ai mon équipe !
Guenièvre - Mais ça veut dire quoi, enfin ?
Arthur - Nan mais... Comment dire... Vierge, ça veut dire... ça veut dire que vous êtes une femme fidèle, vertueuse, généreuse, que vous jouissez d'une très bonne réputation. Je ne me trompe pas ?
Guenièvre, fière - En effet, je me targue d'avoir ces qualités. Et je suis bien contente que vous ayez fini par vous en rendre compte !
Arthur - Du coup, vous venez avec moi en mission demain. On part à l'aube.
Guenièvre - Comment ça en mission ? Mais... vous allez combattre des démons à l'autre bout de la Bretagne, c'est bien ça ?
Arthur - Oui...
Guenièvre - Il est hors de question que je m'aventure dans un endroit aussi mal fréquenté !
Arthur - Vous savez, des démons, c'est pas si terrible que ça. Vous qui avez supporté mes beaux-parents toute votre vie, vous êtes préparée, vous serez à la hauteur.
Guenièvre - Ah bon ? Ah... Mais... pourquoi vous avez besoin que je vienne ? Je ne comprends pas.
Arthur - Franchement... Moi non plus je comprends pas.
Guenièvre - Alors !
Arthur - Ce sont les dieux qui m'ont ordonné d'emmener une vierge. Et vous êtes la seu... la meilleure ! Mais ne vous inquiétez pas, il y aura avec moi cinq chevaliers aguerris, vous serez en sécurité.
Guenièvre, fière - Alors si ma présence est indispensable, c'est bon, je viendrai. Ce sera ma première mission ! Vous croyez qu'on parlera de moi dans la légende ?
Arthur - C'est évident !

Guenièvre sourit fièrement.

Générique.

Arthur - Bonne nuit ma mie !
Guenièvre, avec emphase - Bonne nuit, roi Arthur !

Arthur souffle la bougie, il fait noir.

Arthur - Et sinon, la fille de Calogrenant, elle ne serait pas vierge elle aussi ?
Guenièvre - Cette pétasse ? Je vaux bien mieux, je suis sûrement plus vierge qu'elle !

Fin de l'épisode.

Scribe et archiviste officiel
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Agloval, agloval, Agloval, mais comment fais-tu?
Comment arrives-tu à trouver autant d'idées nouvelles et à leur donner une existence dans ces textes qui sont toujours d'une grande qualité?
Non, non, ne réponds pas, je ne veux pas connaître ton secret, je préfères garder la magie de mes lectures intacte.

Je vais sûrement me répéter, mais mazette, une fois de plus tu as apporté des touches de nouveautés par ci par là ET exploité des éléments clés de l'univers de Kaamelott en leur donnant un nouvel aspect important. Par exemple:

- La virginité de la reine Guenièvre utile pour une mission! Alors là je dis un grand OUI ! :) tout en étant dans le ton de la dérision à propos de la reine et en continuant à souligner ces traits bien connus, enfin elle va prendre un rôle capital! J'aime la façon dont tu joues avec son innocence sur les choses de la vie tout en y apportant une importance essentielle à la réussite de cette mission.

- le don de Perceval: - enfin^^! quelqu'un en parle et le met subreciptement en avant! Et je suis content que ce soit toi qui l'ai fait. ;) . Depuis longtemps je trouvais cet aspect du personnage de Perceval sous-exploité dans la série. Et si je ne me trompe pas, tu as mis le chiffre " I " en intitulé...... Prépares-tu la suite? Vas-t-on voir le don de Perceval à l'oeuvre? Je trépigne d'impatience....
 ce propos, il est magistral dans ton scénario: " mais....juste pour être sûr d'avoir tout compris....l'histoire, vous l'avez finis ou pas? " m'a fait éclaté de rire!

Les répliques de Perceval et Karadoc sur la Dame du lac à propos de son apparition sont tordantes!

Tu t'es approprié le personnage de Guenièvre de fort belle manière, je la voyais pendant que je lisais. Et cette réplique: " cette pétasse?..... [...] je suis sûrement plus vierge qu'elle! " . OUI OUI OUI, elle clôture bien ton scénario! Mon dieu que Guenièvre est innocemment bête mais si attachante.

Je suis assez content que tu mettes en avant des prsonnages qui sont peu usités pour des quêtes en temps normal.....surtout qu'ici il ne s'agit pas d'une petite quête de rien du tout! Ils risquent leur vie.....autant dire qu'Arthur doit avoir une pression sans commune mesure d'y aller avec cette équipe de bras cassés, mais qui sont pour une fois indispensable!

Je suis d'ailleurs curieux de voir la réaction de Lancelot quand il apprendra que sa vaillance ne lui servira pas et que pour une fois il est inutile.....quel affront pour sa fierté ;)

La réaction de Bohort aussi, je me l'imagine. Et alors tout le long de cet hypothétique voyage, mon dieu ce qu'il doit être mal et faire....son Bohort ;)

Agloval, je te remercie une fois de plus pour ce moment de plaisir que tu nous fais partager. Et je te le demandes, écris-nous la suite :) !
Tu manies les mots, les expressions et surtout les nouveautés avec un tel talent, ne rougis pas, je le dis sincérement. Tu as un don pour faire ressortir les détails qui permet de donner corps et vie à tes écrits.

Voili voilà,

Au plaisir de te relire,

Abbadon.

Chevalier Feuletonniste
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Abbadooooooooonn ! Tes réactions me font de plus en plus plaisir ! Surtout, c'est agréable de voir quelqu'un qui remarque ce qui m'a plu ! :) Et puis, qu'est-ce que tu détailles tes avis !

Quelques petites remarques :

- Ce scénario, ça fait un petit moment que j'y pense (disons pas loin d'un mois). Mais c'est seulement depuis quelques jours que je l'ai tapé, ayant trouvé ce qui me débloquait (l'idée que chaque personnage aura une épreuve à accomplir). L'idée de base est : écrire une quête complète (pas seulement la raconter à la table ronde), quête dans laquelle Arthur devra (volonté des dieux) se faire accompagner par ce qu'il y a de pire dans son entourage (ça c'est le gag de base). Finalement, tout est venu vendredi soir : en quelques heures j'en ai tartiné des pages et des pages. Je peux te dire que je me suis éclaté à écrire certains passages !

- Le Don de Perceval... heu... tu verras.

- On ne verra pas Lancelot apprendre qu'il n'a pas été choisi.

- Je pense que je n'ai pas raté Perceval...

- Finalement je ne dis plus rien, suspense...

Allez, la suite !

La quête du Crâne Noir - II

Le roi Arhur et ses six compagnons (Perceval et Karadoc, Yvain et Gauvain, Bohort ainsi que Guenièvre, habillée en homme) tournent autour d'une tour en ruine.

Perceval - C'est là qu'il habitait, le chef Crio... ?
Arthur - Criovas.
Perceval - Mais c'est une ruine !
Karadoc - Ou alors ils n'ont jamais terminé de la construire ?
Perceval - Peut-être qu'il avait plus d'argent, alors il a jamais pu finir de payer les ouvriers.
Karadoc - Ou alors il fréquentait trop la taverne du coin et il s'est retrouvé avec une ardoise tellement énorme qu'il a dû renoncer à construire la tour.
Arthur - Dites-donc, quand vous aurez fini de délirer, venez nous aider à trouver l'anneau.
Perceval - Nan mais Sire, on préfère enquêter d'abord, vous verrez, c'est plus efficace !

Yvain, Gauvain, Bohort et Arthur continuent à chercher quelque chose par terre, sous les yeux de Guenièvre qui s'ennuie un peu...

Bohort - Mais à quoi doit-il ressembler, cet anneau, Sire.
Arthur - Ben, j'en sais rien. Un genre d'anneau qui ouvre une trappe. D'après la Dame du Lac, ça mène à un passage caché. Fouillez dans l'herbe.

Perceval - Ça se trouve, il a remboursé son ardoise avec les pierres qui manquent.
Karadoc - Sauf qu'un tavernier, ça m'étonnerait qu'il accepte d'être payé en pierres.
Perceval - Ah ouais... Mais si : le tavernier, il devait refaire sa taverne en pierre, parce que le premier bâtiment était en bois et il avait brûlé.
Karadoc - Alors ça veut dire que les pierres qui manquent, elles ont servi à construire la nouvelle taverne... Mais elle est où, cette taverne ?
Perceval - Logiquement, elle doit être à côté de la forêt, puisqu'elle a servi à remplacer une taverne en bois.
Karadoc - Ben ouais mais il y a pas de forêt à moins de dix lieues.
Perceval - Tiens, c'est vrai, c'est louche...
Karadoc - Ou alors c'était une fausse taverne... peut-être un endroit pour faire de la contrebande ?
Perceval - Ouais, le mec, il faisait semblant de tenir une taverne, mais en réalité il était de mèche avec les brigands du coin.
Karadoc - Des brigands ? Mais il n'y a pas de forêt !
Perceval - Justement, c'est là où ils sont malins ! Une fausse taverne, des brigands qui se cachent à découvert, c'est des pros !
Karadoc - Et vous croyez qu'ils auraient pu se servir de la tour en ruines ?
Perceval - Sûrement, puisque le chef de clan, c'est un complice des brigands.
Karadoc - Ce qu'il faudrait, c'est trouver où il cachait son butin.
Perceval - Moi, si je tenais une fausse taverne, je le mettrais dans la cave à vin.
Karadoc - Exactement ! Et la cave, elle a toujours un accès secondaire. Donc, ça veut dire qu'il doit y avoir une trappe cachée dans l'herbe.

Perceval et Karadoc s'approchent du roi.

Perceval - Sire, Sire ! On a trouvé !
Arthur - L'anneau ?
Perceval - Nan, la trappe !
Arthur - Elle est où ?
Karadoc - Eh ben, d'après notre enquête, elle devrait se trouver - mais c'est une information à prendre au conditionnel - elle devrait se trouver cachée dans l'herbe.
Arthur - Mais évidemment qu'elle est cachée dans l'herbe, trous du cul ! Ça fait même une plombe qu'on la cherche pendant que vous glandez comme deux crétins !
Guenièvre - Oh, mais ne les disputez pas, ils pensaient vous aider, c'est l'intention qui compte.
Yvain - Bon, moi j'en ai marre, j'arrête. Trop gavé.
Gauvain - D'autant que nous ne savons même pas ce que nous cherchons.
Arthur - Quoi ?
Bohort - On cherche un anneau qui ouvre une trappe, combien de fois faudra-t-il vous le dire !
Yvain - Un anneau... comme une bague ?
Arthur - Mais non !
Gauvain - Un anneau magique, mon oncle ?
Arthur, agacé - Il y a une trappe cachée sous la terre, et pour l'ouvrir, il faut tirer sur un anneau qui dépasse.
Yvain - Vous voulez dire, une chose ronde comme ça (il fait un rond avec ses doigts) et qui sort de terre ?
Arthur - Exactement.
Gauvain - Ah, c'était ça ! Mais, seigneur Yvain, n'est-ce pas l'objet dans lequel vous vous êtes pris le pied tout à l'heure ?
Yvain - Ah ouais, même que j'ai failli me fouler le troisième orteil.
Arthur - Vous l'avez trouvé ? Et il est où ?
Gauvain - C'était derrière les chevaux je crois...
Yvain - Mais non, c'était de l'autre côté.
Gauvain - Vous êtes sûr ?
Arthur - Gauvain, allez donc chercher près des chevaux, et vous, Yvain, allez voir de l'autre côté ! C'est en ratissant méthodiquement les environs qu'on finira par trouver l'anneau.
Guenièvre - Et moi, je peux la chercher aussi, votre trappe ?
Perceval - Ah, vous voyez, même la reine le dit : c'est une trappe.
Arthur, à Karadoc et Perceval - Vous deux, allez la chercher à côté de ce tas de pierre, et plus vite que ça !

Perceval et Karadoc se dirigent vers un petit tas de pierre.

Karadoc - Il a l'air de mauvais poil ce matin, le roi.
Perceval - Ouais, même pas un merci pour notre aide.
Karadoc - Vous en avez gros ?
Perceval - Pour une fois qu'on trouve quelque chose, on se fait jeter.
Karadoc - Nan mais il faut pas vous en faire, ça lui passera. Au bout du compte, il se souviendra qu'on lui a donné un fameux coup de main. À mon avis, il est de mauvais poil parce qu'il a été obligé d'emmener la reine.
Perceval - Vous, si vous emmeniez votre femme, ça vous mettrait de mauvais poil ?
Karadoc - Bien sûr ! C'est même pour ça que je l'emmène nulle part !
Perceval - Vous croyez qu'on va trouver une trappe là-dedans ?
Karadoc, à Arthur - Sire, vous êtes sûr qu'elle est ici, la trappe ?
Perceval - Je vois pas ce que ferait une cave à vin à cet endroit...
Arthur - Bon, on arrête ! Pause ! C'est pas possible d'avoir recruté une telle équipe de nullos !
Perceval - Nan mais Sire, on a quand même drôlement avancé : on sait maintenant qu'il faut trouver une trappe cachée dans l'herbe.
Bohort, triomphal - Sire, je l'ai trouvée ! Je l'ai trouvée !

Arthur se dirige vers Bohort, puis se penche par terre, tire sur un anneau et ouvre une trappe.

Bohort, tout fier - Sire, la mission peut continuer !

Générique.

Arthur - Félicitation seigneur Bohort, heureusement que vous êtes là ! (Bohort sourit de fierté.) Allez, tout le monde me suit, on descend !
Bohort, dont le sourire vient de s'évanouir - On descend... là-dedans ? Mais vous êtes complètement mal... enfin, Sire, je veux dire... est-ce qu'on ne devrait pas d'abord chercher du secours ?
Perceval - Allez seigneur Bohort, pas la peine de faire votre raclette, c'est juste une cave à vin.

Noir.

Karadoc - Information à prendre au conditionnel !

Fin de l'épisode.

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j'adore!!! j'ai hate de lire la suite.

c'est sure qu'il a une équipe de choc là Arthur... Je me demande ce que tu leur as concocté comme épreuve à tous: Perceval quelque chose en rapport avec son don, Karadoc avec le manger?? les autres je dois dire que je ne vois pas. j'attends de te lire!!

vite vite la suite ;D

Scribe et archiviste officiel
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Chic chic chic, la suite....

Agloval, je veux bien te croire quand tu dis que tu t'es éclaté à écrire, parce que cela se ressent et c'est communicatif, moi je m'éclate à le lire :) .

Je te mets tout en vrac, je te laisserai faire le tri ;) hi hi hi....

Déjà, bravo sur 2 points .Je ne sais pas si tu l'a fait consciemment ou pas mais tu as évité deux pièges brillament:

-le 1er, c'est que tu as parfaitement équilibré les interventions des personnages. C'est une des difficultés majeures lorsqu'on est en présence de nombreux protagonistes. Tout le monde ici trouve sa place et il est impossible de retirer une réplique. Aucun surplus, tout s'imbrique logiquement est aucun de nos (anti-)héros n'est lésé par rapport à un autre.

-Le 2ème, tu as su tenir le fil conducteur sans t'en égarer( ici la trappe) de part toujours le nombre de personnages qui peut facilement amener à partir dans tous les sens. Et bien non, tu t'en es sorti avec brio. Les gags se cumulent autour de ce thème qu'est cette trappe. De plus, tu as écrit un texte plus court que le précédent, comme une sorte d'inter-séance avant le gros saut ( dans la trappe) mais qui néanmoins est tout aussi intense en détails et moments de rires ( j'y reviendrai plus loin).

Je remarque aussi une chose, c'est que tes scénarios sont vraiment très bien structurés. Un exemple?
Je prends la fin, tu termines ton scénario sur l'ouverture de la trappe, forcément le lecteur voudra connaître la suite ( moi aussi moi aussi^^). Astucieux! C'est un peu comme dans une bande dessinée, as tu déjà remarqué que la dernière case de chaque page est presque toujours une case où un événement , un interrogation se soulève est pour savoir de quoi il en retourne il.... faut tourner la page^^. Ces cases sont spécifiquements créées pour susciter l'envie chez le lecteur de continuer.....sa lecture ( évident.... :) ). Si Ercete passe par ici, il pourra confirmer je pense. Et en plus tu termines avec un rappel du gag lié au développement farfelu et tellement drôle  de nos deux compères Perceval et Karadoc^^. Sacré tour de force, chapeau l'artiste!

Les répliques qui m'ont fais particulièrement rire:
Arthur:- mais évidemment qu'elle est dans l'herbe trous du cul! ( je peux te dire que celle-ci a fait son petit effet et que mes côtes ont eu mal vu le fou rire que je me suis tapé :) ......ma compagne m'a regardé avec des yeux gros comme ça^^! )

Yvain: - ah ouais, même que j'ai failli me fouler le 3ème orteil. ( non mais qu'il est c... :lol: )

Et la chute avec la réplique de Perceval suivie de celle de Karadoc.... géniale ( je vais commencer à manquer de superlatif moi ;)  :lol: )

Un détail m'intrigue, pourquoi Guenièvre est-elle habillée en homme? Cela va-t-il avoir une incidence sur le scénario futur? La troupe a-t-elle du prendre un navire pendant leur voyage? ( tu sais sans doute que les femmes n'étaient les bienvenues à bord, ce qui expliquerait son accoutrement). Mmmmm, je cherche et imagine plein de choses. Tu veux bien me dire? ;)

Je te fais part aussi d'une toute petite idée que j'ai eu pour la première phrase de ton scénario. Bien évidemment libre à toi de l'accepter ou pas, cela s'entend et si cela se trouve elle ne te plaira pas. La voici:

Perceval:- " c'est là qu'il habitait le chef Criogène?"
Arthur:- " Criovaaaas! Bon dieu mais faudra que je vous le répète combien de fois abruti?! "
Perceval:- " Mais c'est une ruine! Il a du caner de froid depuis longtemps le Criogène là? "
Arthur ( dépité) :- " non....mais c'est pas vrai! Criovaaaas! "
Karadoc :- " ou alors ils n'ont jamais terminé de la construire "

Enfin, un truc dans ce genre là. Je ne sais pas si cela vaut son pesant de cacahuètes mais cela m'est venu de suite quand j'ai vu le  nom Crio... et je me suis dit un petit jeu de mot anachronique avec "cryogène" plus le fait qu'il suppose que le vieux soit mort de froid....cela m' a poilé^^. Je t'en fais part à tout hasard :)

Voilà voili,

J'attends impatiemment la suite avec grand grand plaisir.

Au plaisir de te relire,

Abbadon

Chevalier Feuletonniste
Hors ligne
Abbadon a écrit :

Chic chic chic, la suite....

Chic chic chic tu n'es pas encore couché et tu as pu lire et rédiger un commentaire ! :)

-le 1er, c'est que tu as parfaitement équilibré les interventions des personnages. C'est une des difficultés majeures lorsqu'on est en présence de nombreux protagonistes.(...]

C'est vrai que c'est un problème. Là, par exemple, je viens d'enlever la réplique de Bohort où il engueule Yvain et Gauvain pour qu'ils aillent chercher chacun de leur côté, c'est maintenant Arthur qui dit ça. Bohort ne les aurait pas engueulés, c'est pas son genre, surtout eux. Mais du coup, ça lui fait une réplique en moins. Tant pis...

De plus, tu as écrit un texte plus court que le précédent, comme une sorte d'inter-séance avant le gros saut ( dans la trappe) mais qui néanmoins est tout aussi intense en détails et moments de rires ( j'y reviendrai plus loin).

Les épisodes ne sont pas équilibrés, les plus longs (et mes préférés) sont à venir. Celui-ci est le plus court, à cause de la chute (v. plus loin).

Je prends la fin, tu termines ton scénario sur l'ouverture de la trappe, forcément le lecteur voudra connaître la suite ( moi aussi moi aussi^^). Astucieux!

C'est le B.A.BA ! :) (De même qu'en B.D. effectivement.) C'est aussi pour ça que cet épisode est cours, d'ailleurs.

Et en plus tu termines avec un rappel du gag lié au développement farfelu et tellement drôle  de nos deux compères Perceval et Karadoc^^.

J'adore leurs délires et je me suis bien fait plaisir dans la suite, j'espère que ça te plaira... Mais je suis aussi plutôt fier de certaines répliques d'Yvain.

Et la chute avec la réplique de Perceval suivie de celle de Karadoc.... géniale ( je vais commencer à manquer de superlatif moi   )

Ah, tu me fais plaisir ! :) Le "information à prendre au conditionnel", je ne sais pas comment il est venu se fourrer dans mon esprit, mais ça m'a bien fait rire à l'écrire ! :)

Un détail m'intrigue, pourquoi Guenièvre est-elle habillée en homme? Cela va-t-il avoir une incidence sur le scénario futur?

Non, non, c'est juste pour la mission. Ils sont sensés être tous en tenue d'"aventuriers".

La troupe a-t-elle du prendre un navire pendant leur voyage?

Houlà, tu te poses des questions... La tour est situés au sud-est de la Bretagne, donc dans une région qui correspond aujourd'hui aux Cornouailles anglaises, du côté du cap Lizard. Je ne suis jamais allé là-bas, mais je sais que c'est une région venteuse (le cap Lizard est réputé pour ses tempêtes, d'ailleurs je me demande si ce n'est pas par là que l'Invincible Armada espagnole s'était autodétruite). Du coup, c'est pour ça qu'à mon avis il n'y a pas beaucoup de forêts (mais ce serait à confirmer...)

Bref, dans mon esprit ils sont tous venus à cheval. D'ailleurs ça intervient plus tard. Maintenant, je sais qu'Yvain et Gauvain ne font pas de cheval, normalement. Mais j'ai passé outre, sans trop y réfléchir.

Enfin, un truc dans ce genre là. Je ne sais pas si cela vaut son pesant de cacahuètes mais cela m'est venu de suite quand j'ai vu le  nom Crio... et je me suis dit un petit jeu de mot anachronique avec "cryogène" plus le fait qu'il suppose que le vieux soit mort de froid....cela m' a poilé^^. Je t'en fais part à tout hasard

Ah oui, ça colle bien au nom ! :) (Les noms, c'est plus ou moins par hasard, d'ailleurs il faudra que je change Borlock, je n'aime pas) (et Ariovix, c'est seulement là maintenant que je sais ce qu'il est venu faire dans ma tête : ça ressemble à Arioviste, le chef germain d'un de mes scénarios...) Pour l'instant je ne l'intègre pas, parce que c'est une autre sorte d'humour, mais je peux changer d'avis...

Tiens, le druide je vais l'appeler Zardoz, comme le film kitsch de Boorman (réalisateur d'Excalibur). Ou plutôt Zardos...

Croustillant
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C'est vraiment genial ^^ ce qu'il y a de super avec les scenariis, c'est que si c'est bien ecrit, que les caracteres des personnages sont respectés, et que l'humour est dans le ton de la serie (ce qui est le cas), l'imagination fait le reste et on a vraiment l'impression de voir dans nos tetes un episode fait par AA lui-meme, bravo :)

Chevalier Feuletonniste
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La quête du Crâne Noir - III

Arthur et ses six compagnons (Bohort, Yvain et Gauvain, Perceval et Karadoc, Guenièvre) explorent une vaste pièce sombre. Ils ont tous une torche en main et découvrent que la pièce est vide.

Karadoc - Alors là, ils sont forts !
Perceval - Ouais. Je leur tire ma cagoule !
Karadoc - Avoir réussi à aménager une cache là-dedans, c'est du grand art !
Perceval - Il n'y a rien, et pourtant on sait qu'il y a quelque chose !
Arthur - Dites-donc, les deux pipelettes, vous pourriez pas le fermer de temps en temps ! Bon, écoutez bien. Nous allons emprunter le couloir, là-bas au fond. J'ouvrirai la marche. Bohort, vous me suivrez immédiatement.
Bohort - Est-ce vraiment nécessaire, Sire ?
Arthur - Vous me suivrez ! Et puis cessez d'avoir les jetons, je serai juste devant vous, vous serez en sécurité.
Bohort - Et s'il vous arrivait malheur ?
Arthur - Tout ira bien ! Bon, ensuite, derrière Bohort, Yvain et Gauvain, vous encadrerez la reine, dont je vous confie la protection. Enfin, Perceval et Karadoc, vous fermerez la marche. Tout le monde a compris ?
Yvain - Je dois me placer devant ou derrière Gauvain ?
Arthur - Vous ENCADREREZ la reine. Ça veut dire que vous, Yvain, vous serez devant elle, et vous, Gauvain, vous serez derrière elle, pour la protéger.
Yvain - Est-ce qu'on ne pourrait pas faire le contraire, plutôt ?
Arthur, irrité - Oui, ou Gauvain devant la reine et vous derrière.
Yvain - Nan, je voulais dire : c'est la reine qui nous encadre.
Arthur - Yvain, devant la reine, Gauvain, derrière la reine. C'est un ordre !

Plus tard... La petite troupe avance dans un couloir souterrain.

Gauvain - Mon oncle, j'entends un bruit suspect !
Arthur - Halte, on se tait ! (après quelques secondes de silence) Gauvain, vous êtes sûr ? Je n'entends rien.
Gauvain - C'est comme un bruit de grognement, ou de raclement. Ça fait : "crac croc crac croc".
Yvain - Arrêtez, ça me fout les jetons !
Bohort - Nous allons tous mourir, nous allons tous mourir !
Arthur - Du calme !
Guenièvre - Franchement, ce n'est pas très drôle, vos missions, comme vous dites ! Moi ça va, j'ai une escorte, mais pensez à ces jeunes gens qui n'ont personne pour les défendre !
Gauvain - Tiens, ça s'est arrêté.
Arthur - Mais, ça s'est arrêté quoi ?
Gauvain - Le bruit, mon oncle !
Arthur - Karadoc, Perceval, vous avez entendu quelque chose ?
Perceval - Quelque chose comme quoi, Sire ?
Arthur - Mais j'en sais rien, un bruit, quoi !
Gauvain - Quelque chose comme "crac croc crac croc".
Yvain - Je vous préviens, si vous refaîtes ça je vomis.
Karadoc - Comme ça : (crac croc crac croc) ?
Gauvain, tremblant - C'est... c'est cela seigneur Karadoc.
Yvain - Quelqu'un a une cape en trop ? Je crois que je me suis vomis dessus.
Karadoc - Mais, c'est moi qui fait ce bruit.
Arthur - Qu'est-ce que vous racontez ?
Karadoc - Nan mais j'étais juste en train de prendre ma deuxième collation de la matinée. C'est le bruit du pain que je mange qui fait "crac croc".

Plus tard... la petite troupe arrive devant une grande porte en bois. Devant cette porte, il y a comme une lueur verte.

Voix de la Dame du Lac (seul Arthur l'entend, et il ne la voit pas) - Voilà la porte enchantée. Elle a été scellée par un druide afin de ne pas pouvoir être ouverte de l'intérieur, ce qui a emmuré Zardos. Et pour l'ouvrir de l'extérieur, il faut trouver le mécanisme - un mécanisme enchanté. Vous devez désigner un de vos compagnons qui saura actionner ce mécanisme. Ne vous trompez pas, sinon vous mourrez tous.

Arthur - Bon, voici les instructions : cette porte s'ouvre à partir d'un mécanisme enchanté, qu'il faut d'abord trouver, ensuite l'un de vous devra l'ouvrir.
Gauvain - Un mécanisme enchanté ? Voilà qui est mystérieux...
Perceval - Je vous préviens, si vous avez pas la clé, on la crochète pas !
Karadoc - C'est la porte d'un brigand !
Perceval - Ouais mais ceux qui ont fait la serrure sont d'honnêtes artisans, alors respect !
Guenièvre - Je ne comprends pas... la pièce est vide, il n'y a pas de mécanisme.
Bohort - C'est en effet troublant... Ne devrions-nous pas rebrousser chemin et réfléchir ?
Arthur - Mais faites confiance aux dieux : ils ont dit qu'il y avait un mécanisme, donc il y en a un.
Karadoc, à Perceval (qui tend un bras vers la lueur verte) - Je serais vous, je toucherais pas ça.
Perceval - Nan mais il y a pas de danger, c'est un enchanteur qui a fait ça pour impressionner.
Karadoc - Ben justement, si c'est un enchanteur qui a fait ça, ça risque d'être dangereux, vous croyez pas ?
Perceval - Dangereux, un truc d'enchanteur ? Attendez, les trucs de Merlin, ça n'a jamais cassé trois pattes à une poulette !
Arthur - Mais qu'est-ce que vous faites, seigneur Perceval ?
Perceval - Ben, je cherche de ce côté.

Perceval traverse la lueur verte. Il se retourne et se rend compte qu'il est coincé entre la porte et la lueur verte.

Perceval - Hé, c'est quoi cette tisane ?
Bohort - Mon Dieu, c'est une catastrophe !

Yvain et Gauvain se serrent contre Guenièvre, Yvain allant même jusqu'à s'agripper à son bras.

Guenièvre - Oh, ce n'est pas la peine de me protéger de si près, c'est le seigneur Perceval qui est en danger, pas moi !
Bohort - Ma reine, vous êtes d'un courage incroyable !
Arthur - C'est vrai que vous m'épatez.
Guenièvre - Ben quoi, vous allez bien le délivrer, le seigneur Perceval ?
Arthur - Heu... c'est pas si simple...
Perceval - Sire, je fais quoi ? Il y a une voix qui parle dans ma tête.
Arthur - Ah bon ? Et qu'est-ce qu'elle vous dit ?
Perceval - Elle me demande si j'accepte l'épreuve.
Arthur - Attendez, ne dites pas oui tout de suite, il faut d'abord qu'on réfléchisse.
Perceval - Nan mais Sire, elle me dit que si je réponds pas dans les dix secondes, je vais disparaître de l'univers. Je commence à flipper.
Arthur - Alors dites oui !
Perceval, qui commence à disparaître (on ne voit plus ses jambes, puis plus son torse...) - OUIIII !!!!!

Perceval réapparaît. Bohort est tombé dans les pommes.

Une sorte de masse floue apparaît devant la porte. Peu à peu, sa forme se précise : c'est une petite table. Perceval se retourne et s'avance vers la petite table. Il est entouré de la lueur verte qui, bientôt, englobe aussi la table.

Perceval - Sire, c'est classe, vous trouvez pas ?
Karadoc - C'est quand même pas très discret...

Sur la table appaissent six gobelets. Une main noire surgit du néant, elle tient une clé. Elle pose la clé sur la table, puis la cache sous un des six gobelets. Soudain, la main se met à déplacer à une vitesse folle les six gobelets. Elle les déplace sur la table mais aussi dans les airs. Au bout de deux minutes, la folle farandole des gobelets est terminée. Il y en a maintenant douze sur la table. Un rire sadique s'échappe de la main.

Guenièvre, tout bas - Si en plus les dieux trichent...

Perceval désigne sans hésiter l'un des douze gobelets. La main noire se met à trembler puis soulève le gobelet : il y a la clé. Cette fois, c'est un gémissement qui s'échappe de la main, tandis que la lueur verte disparaît, puis la table...

Arthur - Vite, prenez la clé !

Perceval prend la clé, puis tout disparaît. Il ne reste plus que la porte.

Voix de la Dame du Lac (que seul Arthur entend) - Félicitation, cette première épreuve était effectivement dévolue au chevalier de Provence. Heu... oui, c'est comme ça qu'on l'appelle, chez les dieux.
Guenièvre - Seigneur Perceval, vous êtes un héros !
Perceval - Moi ? Mais, j'ai fait que retourner un gobelet !
Arthur - Alors ouvrez la porte, à présent.
Perceval, irrité - Pas question que je crochète une porte si j'ai pas la bonne clé !
Arthur - Mais vous l'avez, guignolo !
Perceval - Ah c'est cette clé ? J'avais pas fait le rapprochement...

Perceval ouvre la porte. Aussitôt, un courant d'air s'échappe de l'ouverture.

Générique.

Guenièvre - Eh bien, j'aurais dû prendre une petite laine !
Bohort - Sire, et si nous attendions avant de poursuivre ? Nous avons réussi la première étape, nous continuerons la semaine prochaine.
Arthur - Impossible : maintenant qu'on a ouvert cette porte, les démons pourraient s'échapper et envahir le monde. Il faut trouver le Crâne Noir au plus vite et le détruire.
Bohort - Oh mon dieu, oh mon dieu !
Yvain - Quoi, c'est dangereux ou pas ?
Perceval - Allez, on reprend la marche. On finira bien par la trouver, cette cache !
Karadoc, en train de manger un quignon de pain - C'est obligé, futés comme on est !

Fin de l'épisode.

Scribe et archiviste officiel
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Aaaah, la suite tombe bien, je venais justement d'affuter mon pouce dans le taille-crayon :) !
En revanche.......pendant que je commente, je peux pleurer? Parce que cela fait quand même mal ! Ouch :) !


Allez, c'est parti^^.

EDIT : désolé pour la remarque qui suit, elle devait se situer en fin de texte mais je ne peux toujours pas le faire défiler une fois posté....sic
Karadoc:- " Futés comme on est ! " ouiiiiiiiiiii,  hi hi hi, c'est certaiiiiin :lol: Qui en douterai ? J'adore ce final :)
Fin de parenthèse.


L'OEIL DE TAUPE!!!! Mais ouiiii!!! Belle surprise Agloval que tu nous fais  là!
J'étais parti sur la destinée exceptionnelle de Perceval et le fait qu'Excalibur s'illuminait aussi au contact de ses paumes de mains! Je n'ai rien vu venir et suis agréablement surpris, tu n'as pas choisi la facilité et une fois de plus, tu remets au goût du jour un élément sous-exploité dans la série.

Agloval, j'adore et apprécie vraiment ta manière particulière d'aborder des scénariis. Unique tout simplement et je reconnaitrai l'un des tiens au milieu de tant d'autres. Tu as ta patte, ta griffe à toi et tu nous le montre une fois de plus. Et ce en toute modestie qui plus est! J'apprécie tes écrits mais aussi l'être qui est derrière l'écran d'ordinateur ( séquence émotion :) ) et ma foi, je tenais à le dire...

Mazette de mazette, il y a une pléthore de répliques à tomber par terre. Je me suis fendu la fiole de bout en bout!
Avec virtuosité tu t'es approprié Yvain, Gauvain et Perceval.

Pas mal de clins d'oeil au fait que Perceval est un homme de science comme par exemple ici: " Dangereux un truc d'enchanteur ? Attendez, les trucs de Merlin , ça n'a jamais cassé trois pattes à une poulette " ( et hop, un petit taquet derrière les oreilles de Merlin à propos de son incompétence^^ )  ou la réplique qui dit que les enchanteurs font des trucs juste pour impressionner.

Et le fait qu'il s'avance sans peur et avec inconscience vers cette énigme/porte me renvoie aux épisodes " Stargate" de Kaamelott. Cette même façon d'aborder l'inconnu. N'oublions pas que l'inconnu et le vide ne font pas peur à Perceval, au contraire, son regard est souvent porté vers les étoiles, les galaxies etc.... ( Cf aussi ton scénario sur l'éclipse pour lequel j'ai une affection particulière)

Petit rappel d'un gag du scénario II dans sa réplique : " c'est la porte d'un brigand". ;)

Yvain est superbe, tu ne l'as pas épargné dans son rôle de pleutre comique malgré lui: - " Nan je voulais dire c'est la reine qui nous encadre " ou " je vous préviens, si vous refaites ça je vomis" et la suite " quelqu'un a une cape en trop? Je croîs que je me suis vomis dessus ". Qu'est ce que j'ai ris :)

Celle de Bohort : " nous continuerons la semaine prochaine " :lol: Du grand lui!
Celle de Perceval: " je leur tire ma cagoule "  mon dieu qu'il est blêt mais si attachant!

Ah, comme Arthur, je suis agréablement surpris du courage de la reine. Elle apparaît vraiment sous un nouveau jour et cela me plaît.

Une question: vas tu faire un scénario par épreuve? En fait non, ne réponds pas, je vais le découvrir :)

Maestro, à quand la suite? :D

Au plaisir de te relire,

Abbadon

Chevalier Feuletonniste
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Eh ben, tu ne rédiges pas de scénarios, mais tu es le critique n°1 du site ! :) Merci, merci, merci de prendre du temps pour rédiger tout ça ! En plus, il y a quelques remarques vraiment sympa... :)

L'OEIL DE TAUPE!!!! Mais ouiiii!!! Belle surprise Agloval que tu nous fais  là! J'étais parti sur la destinée exceptionnelle de Perceval et le fait qu'Excalibur s'illuminait aussi au contact de ses paumes de mains!

Ah ouais, il y avait ça aussi, j'y ai pas pensé... tant pis ! :)

Pas mal de clins d'oeil au fait que Perceval est un homme de science comme par exemple ici: " Dangereux un truc d'enchanteur ? Attendez, les trucs de Merlin , ça n'a jamais cassé trois pattes à une poulette " ( et hop, un petit taquet derrière les oreilles de Merlin à propos de son incompétence^^ )  ou la réplique qui dit que les enchanteurs font des trucs juste pour impressionner.

Perceval ayant du mal à bien comprendre ce qui se passe autour de lui, je le fais réagir comme s'il prenait les enchanteurs pour de simples prestidigitateurs (d'ailleurs Merlin fait un ça : il connaît un sort pour que les pièces aient toutes un côté face...)

Et le fait qu'il s'avance sans peur et avec inconscience vers cette énigme/porte me renvoie aux épisodes " Stargate" de Kaamelott.

Perceval n'est pas courageux : il est inconscient. Et là, vu qu'il ne comprend rien... :)

Ah, comme Arthur, je suis agréablement surpris du courage de la reine. Elle apparaît vraiment sous un nouveau jour et cela me plaît.

Note qu'elle n'est pas vraiment courageuse, c'est juste qu'elle se croit en parfaite sécurité vu qu'elle a une escorte et qu'elle est persuadée qu'Arthur maîtrise.

Maestro, à quand la suite?

Demain, avec mon épisode préféré... :)

Tiens, une petite bande-annonce pour annoncer l'épisode IV, avec des extraits de dialogue. (Il faut imaginer les images qui défilent et une voix off...)

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La quête du Crâne Noir - IV - La bande annonce.

Voix off - Ils sont sept. Arthur, roi de Bretagne, et ses six compagnons. Sept mortels face à une horde de démons...
Arthur - Mais taisez-vous, abruti
Voix off - Sept chevaliers qui n'ont peur de rien...
Gauvain - Mon oncle, est-on vraiment obligé de tuer ce monstre ?
Voix off - De redoutables guerriers...
Karadoc - Ben, j'ai pas encore entamé ma réserve de jambons, et j'ai encore une douzaine de saucissons, plus les fromages, les cuisses de canard d'hier et tout le raisin.
Voix off - Aussi forts que rusés...
Perceval - Purée, l'engin, il fait au moins vingt-deux pieds de haut !
Voix off - Inspirés par la reine Guenièvre...
Guenièvre - Ah, ben on voit que le ménage n'a pas été fait souvent.
Voix off - Et prêts à tout pour triompher...
Yvain - J'arrête, j'en peux plus.
Voix off - Bref, des héros !
Bohort - Nous allons tous mourir !
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Scribe et archiviste officiel
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Agloval a écrit :

Merci, merci, merci de prendre du temps pour rédiger tout ça

Mais de rien, c'est un réel plaisir pour moi :) . Mais effectivement, cela me prend du temps à chaque fois depuis mon petit téléphone :lol: et encore plus quand j'ai des déconnexions intempestives et qu'il faut recommencer :( ......mais quand on aime on ne compte pas ;)

Ah oui oui, ta bande-annonce est fort réussie, et me donne l'eau à la bouche!! Je me suis parfaitement représenté la featurette et les dialogues de ton prochain scénario ont l'air diablement efficaces et drôles!
Voix OFF : -bref, des héros!
Bohort: - Nous allons tous mourrir!!!
:lol:

Alors, alors, alors!!! on est aujourd'hui, elle est où la suite? Elle est bien cachée? :)

Chevalier Feuletonniste
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La quête du Crâne Noir - IV

Arthur et ses six compagnons (voir épisodes précédents) s'avancent dans une nouvelle pièce. Un couloir part à gauche, l'autre part à droite.

Perceval, qui s'engage dans le couloir de gauche - Allez, ne perdons pas de temps !
Karadoc, qui le suit - Vous êtes sûr que c'est par là ?
Arthur - Hé, pas si vite, attendez un peu... Zut... Bon, on les suit, il ne faut pas les perdre de vue !
Perceval, qui s'engage à nouveau à gauche - Comment ça ?
Karadoc - Eh ben, il y avait aussi un passage de l'autre côté. Comme ici.
Perceval - Et après ? On va pas explorer tout, on n'est pas venu pour visiter !
Arthur - Perceval, Karadoc, stop ! Haaaalte !
Perceval - On est là, Sire, venez, la voie est libre !
Arthur - SSSTTTTTOOOOPPPP !
Karadoc - Attendez, je crois que le roi veut qu'on s'arrête.
Perceval, qui s'engage à droite - Ah c'est à nous qu'il parle ?
Bohort - Mais attendez-moi !
Yvain - Nan mais là c'est plus possible, j'ai failli trébucher, je vous ferai dire !
Karadoc - Attendons le roi, il doit avoir quelque chose à nous dire.
Perceval - Mais pourquoi l'attendre, la voie est libre, il n'y a pas de danger. Il nous rattrapera.
Karadoc - Pourquoi vous prenez le passage de droite, maintenant ?
Perceval, agacé - Parce qu'on n'est pas là pour tout visiter !
Arthur - Perceval ! Karadoc ! Merde, mais arrêtez d'avancer !
Karadoc - Vous voyez, c'est à nous qu'il parle.
Perceval - Bon, d'accord, on arrête. C'est bien pour vous faire plaisir !
Arthur - Perceval ! Karadoc !
Bohort - Sire, où êtes-vous ?
Yvain - J'en ai marre, je m'arrête !
Guenièvre - Ohé ? Il y a quelqu'un ? Yvain, Gauvain ? Je croyais que vous deviez rester auprès de moi ?
Karadoc - Sire, vous êtes là ?
Perceval - Nan mais il va nous suivre, c'est la reine qui doit le retarder. Allez, on continue, on va pas perdre la journée dans ces couloirs.
Karadoc, qui a fini son pain et mange des cacahuètes - Vous avez raison. On prend à droite ?
Perceval - Encore ?
Karadoc - Ah, je ne sais pas, c'est vous qui avez la clé, donc je vous suis !
Perceval - De toute façon ça n'a pas d'importance, la cache est sûrement plus loin.
Karadoc - Vous ne trouvez pas qu'ils sont longs, ces couloirs ?
Perceval - Ouais, mais c'est normal, c'était un chef de clan qui habitait là, pas du vulgaire pécore.
Karadoc - On n'entend plus le roi.
Perceval - Il a dû s'arrêter pour pisser.
Karadoc - Sûrement, sinon il serait derrière nous.
Perceval - Encore un croisement ! Bon, on prend le chemin de gauche.
Karadoc - Ah, là j'avais deviné !
Perceval - Ouais mais ça se voyait : celui de droite était pas pareil.
Karadoc (qui mange un saucisson) - En tout cas, heureusement que vous avez la clé.

Pendant ce temps, du côté d'Arthur.

Guenièvre - Mais où sont Yvain et Gauvain ?
Arthur - Comment ça, où ils sont ? Ils ne sont pas avec vous ?
Guenièvre, vexée - Non, et je suis désolée, mais c'était à eux de me suivre et non le contraire il me semble !
Bohort - Sire ? Y'a quelqu'un ?
Guenièvre - Ici seigneur Bohort !
Arthur - Bohort ?

Bohort surgit, essouflé.

Bohort - Oh mon dieu, oh mon dieu, j'ai cru que j'allais vous perdre !
Arthur - Et les autres, vous les avez vus ?
Bohort - Ils ne sont pas avec vous ? Oh mon dieu !
Guenièvre - Oh, et après ? Ils se débrouilleront, ce ne sont plus des enfants.
Bohort - Sire, dans quel piège nous sommes-nous fourrés ?
Arthur - Un labyrinthe. C'est le coup classique...
Guenièvre - Ah, vous êtes déjà tombé dans ce genre de... de labyrinthe ?
Arthur - Oui, mais d'habitude on ne part pas à l'aveuglette, on réfléchit d'abord.
Bohort - On ne peut même plus rebrousser chemin ! C'est une catastrophe !

Du côté d'Yvain et Gauvain, eux aussi isolés...

Yvain - J'arrête, j'en peux plus.
Gauvain - Mais, vous avez mal où exactement ?
Yvain - Je me suis fait une foulure du talon, tout à l'heure, en me cognant le pied contre le mur.
Gauvain - Essayez quand même d'avancer, sinon on va perdre de vue le roi.
Yvain - Mais vous comprenez pas qu'on va crever ! On est perdus !
Gauvain, pas très sûr de lui - Non... le roi est juste devant nous. Il ne nous répond pas pour nous faire peur, vous savez comme il est.
Yvain - On est perdus ! Ma blessure va s'infecter et je vais mourir de septi... septici... de ma blessure, et vous, vous serez obligé de me manger pour ne pas mourir de faim.
Gauvain - Mais non, courage seigneur Yvain ! Le roi nous retrouvera au retour.
Yvain - Comment ça ?
Gauvain - On est sûr le chemin qui mène au crâne, donc au retour, le roi repassera exactement par ici.
Yvain - Ah ouais, trop malin ! Du coup, si on s'arrête, on n'est pas obligés de continuer avec eux.
Gauvain - Ainsi nous n'encourrons pas mille dangers !
Yvain - On leur dira qu'on s'est perdus.
Gauvain - De toute façon c'est la stricte vérité.
Yvain - En plus, avec ma blessure, ça va me faire une cicatrice de guerre.
Gauvain - Nous allons être des héros !
Yvain et Gauvain - Wouuuhouuuu psssshhhhhh !

Retour à Perceval et Karadoc :

Perceval - Alors ?
Karadoc - Aucun doute, ces épluchures de saucisson m'appartiennent. C'est un saucisson d'Aquitaine qui a été cuit dans de la graisse de sanglier, je le reconnaîtrais entre mille.
Perceval - Donc ça veut dire qu'on a tourné en rond !
Karadoc - Je vois que ça comme explication.
Perceval - Eh ben chapeau : ils sont encore plus forts que nous !
Karadoc - La clé ne suffisait pas.
Perceval - Qu'est-ce qu'on fait ?
Karadoc - On n'avance plus ?
Perceval - Ben non, on va refaire le même trajet, c'est obligé.
Karadoc - On attend le roi, alors ?
Perceval - Mais où il est ?
Karadoc - C'est peut-être la reine qui a eu envie de pisser, cette fois ?
Perceval - Mais qu'est-ce qu'ils ont ? Ils ont tous bu une grosse choppe de cervoise avant de partir ou quoi ?
Karadoc - Tôt le matin, c'est pas conseillé, ça fait des ballonnements.

Retrouvons Arthur...

Guenièvre - Alors ?
Arthur - On dirait des miettes de pain.
Guenièvre - Ah, ben on voit que le ménage n'a pas été fait souvent.
Arthur - C'est pas une mauvaise chose, en fait...
Bohort - Ah bon ? Vous allez peut-être nous dire qu'on ne va pas mourir de faim et que c'est déjà ça. Mais enfin, Sire, ouvrez les yeux : nous sommes déjà mort ! Si ce n'est de faim, ce sera de... de peur !
Guenièvre - Mais, seigneur Bohort, qu'est-ce que vous avez ? (À Arthur) Il est toujours comme ça ? Ou alors il est comme vous, il a peur dans le noir ? Pourtant nous avons des torches !
Arthur - Allez, Bohort, prenez exemple sur la reine : elle n'a pas peur !
Guenièvre - Bien sûr que non, puisque vous allez nous sortir de là.
Arthur - Suivons les miettes !
Bohort - Sire, à quoi bon ?
Arthur - À votre avis, si on suit les miettes, on trouvera quoi ?
Guenièvre - Ah, j'ai compris ! Ça va nous mener à... heu... une boulangerie ?
Artur - Mais non, à Karadoc ! Il arrête pas de manger du pain.
Guenièvre, après réflexion - Ah, mais vous avez raison ! C'est une idée géniale ! Allez, seigneur Bohort, reprenez-vous, nous allons bientôt sortir de là ! Ah, j'aime de plus en plus l'aventure ! Le coup des miettes de pain, c'est gé-nial. Il faudra féliciter le seigneur Karadoc !
Bohort - Même si on les rejoint, qu'est-ce que ça changera ?
Guenièvre - Eh bien, nous serons sortis du labyrinthe !
Bohort - Mais ils sont perdus comme nous !
Guenièvre - Voyons ! Le seigneur Perceval savait où il allait. Je fais confiance en son sens de l'orientation.
Arthur - Ah, des épluchures de cacahuètes. C'est plus facile à suivre, ça.
Guenièvre - Le seigneur Karadoc a pensé à tout. Moi qui croyais que c'était juste son quatre heures, mais c'était pour la mission !
Arthur - Ils ont tourné à gauche.
Guenièvre - Je vais peut-être dire une bêtise, mais... ça n'aurait pas été plus simple d'emmener des petits cailloux ?
Arthur - À droite.
Guenièvre - Quoique non, c'est plus lourd que des miettes.
Arthur - Et des épluchures de saucisson ! J'espère qu'il n'a pas tout mangé avant qu'on les rattrape. Allez, on reprend à gauche.
Bohort - À quoi bon ? À quoi bon ?
Guenièvre - Mais suivez-nous au lieu de marmonner dans votre barbe !
Karadoc (au loin) - Sire, c'est vous ?
Arthur - Karadoc ? Perceval ?
Perceval (au loin) - On est là, Sire, on vous attend !

Arthur, Guenièvre et Bohort marchent encore un peu puis tombent sur Perceval et Karadoc.

Perceval - Ah, vous voilà enfin !
Karadoc - Vous avez été retardés ?
Arthur - Juste comme ça, au cas où : vous avez trouvé la sortie ?
Perceval - Je sais pas Sire, on l'a pas cherchée.
Arthur - Comment ça ? Vous avez cavalé après quoi, alors ?
Perceval - Ben, on a juste avancé !
Karadoc - Seulement il faut avouer qu'on s'est perdus.
Perceval - Ouais, les gars qui ont construits ces souterrains, ils étaient encore plus forts que nous. On est piégés, c'est pire qu'un labyrinthe.
Arthur - Mais c'EST un labyrinthe !
Karadoc - Un labyrinthe, il y a longtemps qu'on serait sortis. Non, c'est la preuve qu'il y a un enchantement, c'est à cause de ça qu'on s'est perdus.
Guenièvre - Et vous n'avez pas vu Yvain et Gauvain.
Perceval - Pourquoi, ils sont pas avec vous ?
Karadoc - Ils ont dû s'arrêter plus longtemps. Peut-être qu'ils avaient la chiasse ?
Perceval - Vous croyez ? Mais ils ont mangé quoi ce matin ?
Karadoc - De nos jours, les jeunes bouffent n'importe quoi. Bon, on les attend ?
Perceval - Pour quoi faire ? Ils nous rattraperont.
Arthur - On les attend. En espérant qu'ils comprennent comment vous retrouver.
Perceval - Comment ça ? Il suffit d'avancer.
Bohort - Ils ne nous retrouveront jamais ! Nous allons tous mourir !
Guenièvre - Allons, seigneur Bohort, vous exagérez ! Nous allons sûrement sortir de là. (À Arthur : ) N'est-ce pas ?
Arthur - Attendons d'abord les deux autres. Ensuite, on sortira.
Guenièvre, à Bohort - Ah !

Karadoc entame un nouveau saucisson.

Arthur - Et puis non, j'ai une meilleure idée. Seigneur Karadoc, fini de manger ! Vous allez couper des tranches de saucisson et les semer par terre.
Karadoc - Hein ?
Arthur - Vous avez encore beaucoup à manger ?

Karadoc regarde son sac (un énorme sac à dos) :

Karadoc - Ben, j'ai pas encore entamé ma réserve de jambons, et j'ai encore une douzaine de saucissons, plus les fromages, les cuisses de canard d'hier et tout le raisin. Sinon, niveau pâté, je suis pas mal fourni aussi, je devrais tenir jusque demain midi en me serrant la ceinture.
Arthur - Voilà ce que nous allons faire : nous allons explorer ce labyrinthe en semant les victuailles de Karadoc. Chaque fois que nous trouverons un passage où il n'y a rien par terre, nous l'explorerons. Ainsi, nous ne risquons pas de retourner sur nos pas. Et on devrait même retrouver Yvain et Gauvain.
Karadoc - Mais enfin, Sire, je vais mourir d'inanition !
Perceval - Si on reste perdu dans ce labyrinthe enchanté, ce sera pire. D'ailleurs les brigands, c'est sûrement comme ça qu'ils s'y prenaient.
Karadoc - Ah ouais, ça explique pourquoi la cave était vide.
Arthur - Allez, en route. Seigneur Karadoc, n'oubliez pas de semer vos provisions.

Plus tard...

Arthur - Nous y sommes ! Voilà la sortie !
Bohort - Nous sommes sauvés ! Nous sommes revenus d'entre les morts !
Yvain - Pfff, on aurait pu rester, vous aviez pas besoin de nous.
Arthur - Au contraire, votre présence est indispensable !
Gauvain - Mais, comment allons-nous franchir le labyrinthe au retour ?
Arthur - Le seigneur Karadoc ramassera tout ce qu'il a semé au fur et à mesure, et si on s'efforce d'emprunter uniquement des passages où il reste à manger, on finira forcément par franchir tout le labyrinthe sans risque de refaire deux fois le même trajet.
Karadoc - Très bon plan, Sire !
Yvain - Mais alors je vais me recogner le talon. C'est trop nul !
Perceval, à son compère - Vous avez vu ça, on a trouvé le truc pour sortir de là !
Karadoc - Ouais, en fin de compte c'est nous qui sommes plus malins qu'eux.
Perceval - C'est l'expérience qui parle !
Voix de la Dame du Lac (à Arthur) - Bravo, vous avez réussi la deuxième épreuve, et le seigneur Karadoc était celui qui devait vous permettre de vous en tirer : bon choix. Mais une troisième épreuve vous attend dans l'autre pièce.

La petite troupe s'avance dans la pièce sur laquelle débouchait le labyrinthe. À mesure que les torches l'éclairent apparaît une fosse circulaire, placée au centre, qui empêche de passer. Soudain, de la fosse surgit un serpent géant.

Yvain, qui se cache derrière la reine - Je l'avais bien dit, on aurait mieux fait de rester là-bas.
Perceval - Purée, l'engin, il fait au moins vingt-deux pieds de haut !
Arthur - Ne bougez plus et restez contre le mur, il n'a pas l'air de sortir de sa fosse.
Perceval - Nan mais en fait il en fait que vingt-et-un, vingt-et-un et demi.
Arthur - L'un de nous doit affronter cette créature. Il ne reste plus que vous, Bohort, ou bien Yvain ou Gauvain. Bohort ?
Guenièvre - Je crois qu'il s'est endormi.
Yvain - Il n'est pas question que j'affronte cet animal. Je refuse de me faire le complice du meurtre d'une espèce en voie de disparition !
Gauvain - Mon oncle, est-on vraiment obligé de tuer ce monstre ?
Perceval - Nan, je me suis gouré, c'est bien vingt-deux pieds de haut.
Arthur - Pourquoi, Gauvain, vous avez une autre idée ?
Gauvain - Oui mon oncle...

Gauvain sort une petite flûte de son sac à dos.

Arthur - Vous jouez de la flûte, maintenant ?
Gauvain, fier - Si fait, et je me débrouille plutôt bien.
Arthur - Mais quel rapport avec le serpent ?
Gauvain - Rappelez-vous, lors d'une mission avec mon camarade Yvain, nous avions rencontré un sorcier Hindou qui charmait les serpents avec une flûte.

Gauvain met sa flûte en bouche et commence un petit morceau. Aussitôt le serpent se rétracte. Gauvain entonne un nouveau morceau et le serpent disparaît peu à peu dans sa fosse.

Arthur - C'est extraordinaire !
Guenièvre - Mon petit Gauvain, quel talent vous avez !
Yvain - Comme un enfant, comme un roseau / Envole-toi, petit oiseau ! / Non je ne suis pas / Un soldat de la vie.

Le serpent surgit à nouveau. Apparemment, il n'apprécie pas qu'Yvain accompagne la musique...

Arthur - Mais taisez-vous, abruti, laissez faire Gauvain !
Yvain - Ben quoi ? Une musique sans chanson, c'est ringard.
Guenièvre - Enfin, vous voyez bien qu'on n'a pas besoin de vous.
Yvain - Ouais, c'est ça, j'ai compris... Je vous rappelle que j'ai pas demandé à venir, pfff.
Guenièvre - (lui tire la langue)
Arthur - Fermez la !

Gauvain continue sa musique et le serpent finit par disparaître dans la fosse. La petite troupe traverse la salle, Gauvain jouant tout en marchant. Une fois la porte de sortie franchie, Gauvain peut enfin s'arrêter et ranger sa flûte.

Voix de la Dame du Lac, à Arthur - Bien joué, il fallait effectivement désigner le Chevalier au Pancréas, tout autre choix aurait été fatal car ce serpent est immortel. Les dieux sont fiers de vous, aussi vous envoient-ils un indice : les trolls ne savent pas lire.
Arthur - Hein ?
Dame du Lac - Oui, vous allez bientôt devoir affronter un troll des cavernes qui s'est installé ici il y a un siècle ou deux - rappelez-vous, je vous avais dit que les épreuves seraient de plus en plus difficiles. Donc, je répète : les trolls ne savent pas lire. C'est très important !
Arthur, dubitatif - Ah... Eh bien je le note, merci !
Guenièvre - Vous parlez à qui ?
Arthur - Nan, rien, faites pas attention. Bon, à présent écoutez-moi : nous allons bientôt affronter un troll des cavernes.
Guenièvre - Ces souterrains sont vraiment mal fréquentés.
Gauvain - Un... un troll ?
Yvain - C'est pas une espèce de singe avec une queue qui rebique ?
Gauvain - Mais non, c'est un monstre terrifiant ! Votre mère ne vous a-t-elle jamais lu des histoires de trolls, pour vous faire peur, lorsque vous étiez enfant ?
Yvain - Pour me faire peur ? Ben elle me racontait des histoires. Même l'histoire du petit ourson, quand c'est elle qui la raconte, je vous promets que c'est méga flippant.
Bohort - Appelons des renforts tant qu'il est encore temps, Sire !
Arthur - Mais ne faites pas cette tête là ! Pour l'instant on s'en est très bien sortis. Regardez, même Gauvain...
Gauvain - Êtes-vous fier de moi, mon oncle ?
Arthur - Mais tout à fait ! Vous avez vaincu un serpent immortel, chapeau ! Alors un troll des cavernes, on finira bien par l'avoir ! Allez, hauts les coeurs !
Bohort - Sire, j'ai réussi à vous suivre jusque là mais... Je ne pourrai pas. Je ne pourrai jamais !
Arthur - Ne vous en faites pas, c'est chacun son tour, donc pour le troll, ce sera soit Yvain, soit... ah, merde, soit vous.

Bohort tombe dans les pommes.

Fin de l'épisode.

Croustillant
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Magnifique, tout simplement :D

Scribe et archiviste officiel
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OYEZ OYEZ!!! Rangez vos" donjons de Naheulbeuk" de pacotilles et faîtes place aux " Chroniques de Kaamelott" du grand Agloval!!!

Juste un petit post rapide pour te dire: chapeau bas l'artiste!! "
Rythme soutenu, rapide, dialogues percutants, vraiment très drôles

Je dévlopperai plus en avant dans la nuit mais Agloval, ton scénario est magistralement génial et encore une fois innovant!
J'ai ris de bout en bout, merci merci merci!

Je files et reviens dans la nuit pour commenter!

Croustillant
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Je me disais aussi, pas tres long ce resumé :D  :D

Chevalier Feuletonniste
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La quête du Crâne Noir - V

Arthur avance dans un sombre couloir, une torche à la main. Derrière lui, Yvain et Gauvain se serrent contre Guenièvre. Viennent enfin Perceval et Karadoc, qui portent un Bohort inanimé.

Yvain - Et merdeuh !
Gauvain - Que vous arrive-t-il, seigneur Yvain ?
Yvain - Stop ! Halte ! Je suis blessé !
Arthur - Qu'est-ce qu'il y a encore ?
Gauvain - Mon oncle, le seigneur Yvain s'est blessé !
Guenièvre - Allez, ne perdons pas de temps, on a un troll des cavernes à massacrer !
Perceval - Un troll des cavernes ? Mais qu'est-ce qu'il fout ici, on n'est pas dans une caverne !
Karadoc - C'est pas plutôt un troll des tavernes ?
Perceval - Oui, vous avez raison, puisqu'on est dans une fausse taverne.
Karadoc - Mais alors, c'est pas un vrai troll !
Arthur - Yvain, qu'est-ce que vous avez ?
Yvain - Je me suis brûlé le bout du pouce avec ma torche, ça fait hyper mal !
Guenièvre - Attendez, je dois avoir un morceau de tissu dans mon sac, je vais vous soigner.
Arthur - OK, mais faites vite !
Guenièvre - Laissez-moi faire ! Si Yvain doit combattre le troll, il faut qu'il ait toutes ses forces.
Yvain - Je ne participerai pas à un génocide ethnique !
Arthur - Hein ?
Yvain - Et puis d'abord, je n'aime pas faire du mal aux trolls.
Gauvain - Alors faites comme moi, ne le tuez pas.
Yvain - Mais comment ? En chantant peut-être ? C'est un troll, je vous ferais dire ! Pfff, trop gamin...
Guenièvre - Mais au fait, on ne l'a pas vu, ce troll, il n'est peut-être pas si grand que ça ?
Perceval - À votre avis, c'est grand comment, un troll des tavernes ?
Karadoc - Si c'est un faux, il doit pas être très grand.
Yvain - Hé, faites attention avec la torche, vous avez failli me brûler la jambe !
Guenièvre - Oh, excusez-moi, je ne l'avais pas vue...

La torche que Guenièvre a bousculée laisse une petite flamme sur la ceinture de cuir d'Yvain.

Yvain - Au secours ! Au feu !

Guenièvre étouffre aussitôt le feu, sauf qu'il a quand même brûlé un bout de la ceinture, qui se casse.

Yvain - Ah non, j'en ai assez, je ne bouge plus !
Guenièvre - Allez, ne vous laissez pas abattre. Vous allez voir, quand vous aurez massacré le gros méchant troll, ça ira mieux !
Yvain - Et d'une, je ne massacrerai pas plus de trolls que de bébés phoques, et de deux je ne peux pas marcher sans ma ceinture.

Les autres repartent. Yvain, boudeur, les suit en tenant son pantalon, visiblement un peu trop grand... La troupe descend un escalier et atteint un nouveau sous-sol. De là, on entend un bruit. Bom... Bom... Bom... Bom...

Gauvain - Seigneur Karadoc, c'est encore vous ?
Karadoc - De quoi ?
Gauvain - Ce bruit ?
Arthur - On dirait que ça vient de derrière cette porte.
Perceval - C'est sûrement le troll.
Karadoc - Il doit y avoir une taverne juste derrière.
Perceval - Pas sûr, n'oubliez pas que c'est un faux.
Karadoc - Ah oui. On devrait peut-être se méfier.
Perceval - Nan mais si c'est un faux, il y a pas de danger.

Perceval s'avance vers la porte (ils ont posé Bohort au sol).

Arthur - Seigneur Perceval, revenez ici, ce n'est pas à vous de l'affronter.
Perceval - C'est pas un faux ?
Arthur - Franchement, ça m'étonnerait.
Guenièvre - Allez, seigneur Yvain, c'est à votre tour.
Yvain - Nan mais ça va pas ! Jamais je rentre là-dedans. Et puis d'abord, je suis blessé, je vous ferai dire.
Guenièvre - Mais je vous ai soigné !
Yvain - Eh ben... Je suis en convalescence !
Gauvain - Mon oncle, réveillons le seigneur Bohort.
Arthur - Ne dites pas de bêtise, il retombera aussitôt dans les pommes.

Bom... Bom... Bom... Bom... (un peu plus fort que tout à l'heure)

Gauvain, effrayé - Il faut faire quelque chose...
Karadoc - Mais, c'est un faux troll ou pas ?
Perceval - Nan, c'est pas un faux.
Karadoc - Qu'est-ce qu'on fait alors ?
Arthur - Tout ce que je sais, c'est que c'est à Yvain de l'affronter.
Yvain - Et comment je fais, je n'ai pas d'épée !
Arthur - Comment ça vous n'avez pas d'épée ?
Yvain - Ben... elle était accrochée à ma ceinture, je l'ai perdue avec.
Arthur - Gauvain, donnez-lui votre épée. Yvain, je ne sais pas comment le combattre, mais je ne crois pas que c'est en le découpant en morceaux, il y a forcément une astuce. En effet, la Dame du Lac m'a donné une indication qui, paraît-il, est très importante : les trolls ne savent pas lire. Qu'est-ce que ça vous inspire ?
Yvain - J'ai envie de gerber.
Arthur - Est-ce que quelqu'un a une idée ? Les trolls ne savent pas lire. Si j'ai bien compris, c'est en utilisant cet indice que nous trouverons le moyen de le vaincre.
Guenièvre - Ah bon ? Ou peut combattre un troll par la lecture ?
Arthur - Il faut sûrement interpréter cette phrase !
Perceval - Parce que vous croyez que de savoir lire, ça donne un avantage ? Si c'était vrai, ça se saurait.
Karadoc - Nan mais pour un troll c'est peut-être le cas ?
Perceval - Et qu'est-ce qu'il faut leur lire ?
Arthur - Le troll ne sait pas lire. Mais ça ne veut pas dire qu'il faut lui lire quelque chose.
Perceval - Ah ouais, si on lui lit, il va écouter, et un troll, vu la taille des oreilles, ça sait sûrement écouter. C'est compliqué les techniques de combats de trolls...
Karadoc - N'oubliez pas qu'on a affaire à des pros !
Perceval - Des pros qui savent pas lire !
Karadoc - Hé oui, ils ont un talent d'argile ! C'est ça qui va les perdre.

Bom... Bom... Bom... Bom... (de plus en plus fort)

Soudain la porte s'ouvre. Un énorme troll des cavernes, velu, barbu, bavant, s'avance vers nos héros.

Perceval, effrayé - Ah ouais, c'est pas un faux !
Karadoc - Sire, il y a votre femme qui s'est évanouie.
Arthur, qui a dégainé Excalibur, ce qui arrête le troll - Yvain, chantez quelque chose !
Yvain - (claque des dents)
Arthur - Bon sang, faites un effort ! Vous voyez bien que je le tiens en respect, mais ça ne va pas durer.
Yvain, chantant d'une voix tremblante - Comme un enfant, comme un roseau / Envole-toi, petit oiseau ! / Non je ne suis pas / Un soldat de la vie.

Le troll regarde Yvain, intrigué. Du coup il s'approche. Yvain recule, puis décide de s'enfuir (comme Gauvain). Mais son pantalon ne tient plus et tombe, ce qui le fait trébucher. Yvain finit lamentablement les quatre fers en l'air. Alors le troll éclate de rire. Il rit, rit, rit, à s'en étouffer... et étouffe.

Voix de la Dame du Lac - Félicitation Arthur, c'était bien le chevalier au Lion qu'il fallait choisir. Comme je vous l'avais signalé, les trolls ne savent pas rire, c'est ça qui l'a tué.
Arthur - Pas rire ? Vous pouviez pas le dire plus tôt ?
Dame du Lac, fâchée - Mais je vous l'ai dit tout à l'heure !

Tout le monde regarde Arthur.

Arthur - Bon, on continue. Seigneur Yvain, toutes mes félicitations, vous avez... heu...  vaincu le monstre.

Yvain se relève. Guenièvre trouve dans ses affaires plusieurs épingles qui permettent à Yvain de faire tenir son pantalon trop large.

Arthur - Pour le dernier obstacle, il faur réveiller Bohort.

Perceval et Karadoc secouent Bohort, qui finit par se réveiller.

Arthur - Allez, seigneur Bohort, on repart !
Bohort - C'est... C'est fini ?
Arthur - Presque. Nous touchons au but.
Bohort - AAAAAAHH ! C'est quoi cette aberration ?
Perceval - Un vrai troll des tavernes, mais le seigneur Yvain l'a tué.
Bohort - Yvain l'a tu... tu... tué ?
Guenièvre - Vos deux jeunes protégés s'en sont tirés à merveille, vous pouvez être fier d'eux !
Arthur - On se lancera des fleurs plus tard, il faut continuer !
Une voix grave et étrange - Bienvenue dans mon antre, presque morts. Vous êtes les premiers venir en ces lieux depuis plus de quatre siècles.
Perceval - Qui c'est qui a parlé ?
La voix, ferme - C'est Zardos qui vous parle ! Zardos, qui vous remercie d'avoir ouvert la porte enchantée. Avancez, vous allez pouvoir contempler le Grand Zardos !

Nos sept héros avancent dans la pièce et découvrent, surgissant de l'ombre, une sorte de squelette, de mort-vivant.

Zardos - Zardos a plus de cinq-cents ans et son corps a beaucoup vieilli, mais son âme est restée jeune grâce au pacte conclu avec Celui-qu'On-Ne-Nomme-Pas. Ne croyez pas que Zardos est faible. Bien au contraire...
Guenièvre - Mais c'est qui, ce vieillard ?
Karadoc - Sire, Bohort s'est encore évanoui.
Arthur - C'est le druide qui a invoqué les démons, et nous devons le supprimer.
Yvain - Encore ? Et si, pour une fois, on commençait par entamer un dialogue ?
Gauvain - Mon oncle, je suis plutôt d'accord avec le seigneur Yvain. Ce n'est pas en tuant tout le monde que nous allons régler notre différend.

Zardos lance un éclair de feu qui frôle Yvain et Gauvain.

Yvain - Mais il est malade ce type ! J'ai failli être brûlé au trente-troisième degré !
Guenièvre - Où êtes-vous blessé ? Je vais vous soigner.
Yvain - Nan, ça va, j'ai rien. Mais j'ai failli !
Zardos - Ah, ah, ah ! Vous ne pouvez rien contre Zardos car sa puissance dépasse l'entendement.
Perceval - Mais de qui il parle, ce type ?
Arthur, sans conviction - Bon, c'est Bohort qui s'y colle, cette fois...
Guenièvre - Allez, seigneur Bohort, réveillez-vous ! Regardez, on ne vous demande que d'affronter un vieillard.

Tandis que Bohort est réveillé par Guenièvre, le druide lance un nouvel éclair de feu, qui frôle cette fois Guenièvre. Bohort se recroqueville par terre

Guenièvre - Ah, mais il commence à m'énerver ce petit bonhomme. Seigneur Bohort, allez le massacrer !
Zardos, tout en faisant de grands gestes - Ahom, baal mahom, batam hom ! Hom !

Soudain, une centaine de petits démons plus hideux les uns que les autres surgissent dans la pièce. Aussitôt, ils s'attaquent à nos héros. Guenièvre, Yvain et Gauvain sont tombés dans les pommes. Les démons les ficellent et les emmènent, baillonnés. Perceval et Karadoc essaient de les éviter et courent dans tous les sens.

Perceval - Saut de carpe ?
Karadoc - OK ! À la une, à la deux...

Mais les petits démons neutralisent Karadoc avant "trois", et les voilà tous deux ficelés comme des jambons et baillonnés. Arthur tranche dans le vide, Excalibur leur passe au travers. Bientôt, Arthur aussi termine ficelé et baillonné. Quant à Bohort, il est prostré, à genoux la tête entre les mains, et ne cesse de murmurer : "Seigneur prends pitié de nous ! Seigneur prends pitié de nous ! Seigneur prends pitié de nous"...

Zardos - On va commencer par ce crétin !
Bohort - Oh mon dieu, oh mon dieu, oh mon dieu !

Le druide dégaine une longue épée noire à la forme tourmentée et s'apprête à décapiter Bohort.

Zardos - Quel dieu pries-tu ?
Bohort - Seigneur prends pitié, Seigneur prends pitié, Seigneur prends pitié.
Zardos - Sache avant de mourir que le dieu auquel Zardos est lié est dix fois plus puissant que n'importe quel dieu, et quand Zardos t'auras tué, ton dieu sera absorbé par Celui-qu'on-ne-Nomme-Pas, qui pourra ainsi encore accroître sa puissance.
Bohort - Oh mon dieu, oh mon dieu, oh mon dieu !
Zardos - Quel dieu pries-tu ? Enfin, réponds, quoi ! Obéros, essaie de lire dans ses pensées !

Un des démons, un peu plus grand que les autres, approche de Bohort. Il semble l'écouter un moment.

Bohort - Seigneur prends pitié ! Seigneur prends pitité ! Seigneur prends pitié !
Zardos - Alors ?
Obéros, effrayé - Maître, il prie le dieu unique !
Zardos - Le dieu unique, qu'est-ce que c'est que ça ?
Obéros - Maître, c'est le dieu qui a remplacé tous les dieux celtes. Un seul dieu au lieu de plusieurs centaines. Il est cent fois plus puissant que tous les anciens dieux !
Bohort - Seigneur viens à notre secours ! Seigneur viens à notre secours ! Seigneur viens à notre secours !
Zardos - Mais, c'est impossible, ils n'ont pas fait ça !
Obéros - Si, maître, ils ont osé ! Les hommes sont devenus fous !
Zardos - Oser laisser un seul dieu prendre le pouvoir de tous les autres !
Obéros - Maître, nous sommes perdus, le dieu unique est bien plus puissant que Celui-qu'On-ne-Nomme-Pas.
Bohort - Mon dieu, sauve-nous ! Mon dieu, sauve-nous ! Mon dieu, sauve-nous !

Soudain, une grande lumière envahit toute la salle et éblouit tout le monde. Une minute après, elle disparaît. Les démons et le druide ne sont plus que des tas de cendres.

Arthur, baillonné - Hmmm hmmm, hmmm hmmmh hmmm hmmm !
Bohort, prostré - Mon dieu mon dieu mon dieu !
Guenièvre - Hmmm hmmm hmmm ! Hmmh hmmm, hmmm hmmm hmmm !
Karadoc - Seigneur Bohort, vous pouvez venir nous délivrer, ils sont tous morts !

Tout le monde regarde Karadoc, qui n'a plus son baillon.

Bohort - Vous dites ça pour me rassurer, mais je ne vous crois pas.
Arthur - MMMHHHH, MMMHHH MMMHHHH !
Karadoc - Allez, faites pas de chichis !

Bohort lève les yeux et constate qu'effectivement il n'y a plus de danger.

Quelques instants plus tard...

Guenièvre - Seigneur Karadoc, comment avez-vous réussi à enlever votre baillon ?
Karadoc - En fait je l'ai mangé sans le faire exprès. Moi, quand on me met quelque chose devant la bouche, ça reste pas longtemps !
Perceval - En tout cas, on a encore gagné.
Karadoc - C'est le saut de carpe, ça marche à tous les coups !
Perceval - Ils ont vraiment pas de chance d'être tombés sur des as du combat comme nous !
Voix de la Dame du Lac - Arthur, vous pouvez féliciter le seigneur Bohort, il a réussi l'épreuve de la Foi.
Arthur - Félicitation Bohort, vous avez réussi votre épreuve. Il ne reste plus que la reine et moi.
Guenièvre - Quelle épreuve allez-vous me confier ?
Arthur - Vous allez toucher le crâne afin de le détruire.
Guenièvre - Le toucher ? C'est tout ?
Arthur - Oui, c'est tout.
Guenièvre - Mais, je n'ai pas un monstre à trucider, ou une créature à charmer par mon chant ?
Arthur - Non, juste à toucher un crâne.
Guenièvre, boudeuse - Oh, mais alors c'est comme au château. On ne me confie jamais les tâches amusantes...

Fin de l'épisode.

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Genial, j'adore ! J'ai pris ma fourchette a deux mains et j'ai tout lu ! ( C'est pas ca qu'on dit ? ) J'ai adoré et je me demand combien il y aura d'épisode ! Et c'est tres bien tourné et beaucoup de pharses sont hilarantes !! MERCI !

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Trop bien!! bientot la fin, on va savoir si Guenièvre est bien vierge?? :D

Agloval a écrit :

La quête du Crâne Noir - V
Zardos - Zardos a plus de cinq-cents ans et son corps a beaucoup vieilli, mais son âme est restée jeune grâce au pacte conclu avec Celui-qu'On-Ne-Nomme-Pas.

Harry Potter serait il de la partie?? ;)

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J'ai touuuut lu d'une traite, hé bien c'était super, bravo!! :D

Chevalier Feuletonniste
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Merci beaucoup pour vos commentaires ! Voici la suite (les heures de diffusion changent tout le temps... :) )

La quête du Crâne Noir - VI

Acte I

Arthur mène sa petite troupe. Derrière lui, Bohort en état de choc, puis Yvain toujours boudeur, Guenièvre, Gauvain, et enfin Karadoc et Perceval. Ils atteignent un escalier qui descend.

Voix de la Dame du Lac - Arthur, le Crâne est situé dans une des salles situé tout en bas. Méfiez-vous des pièges que le druide maléfique a posés pour le protéger.

Arthur - Il faut continuer à descendre, mais faites très attention : il y a des pièges partout !

La troupe commence à descendre prudemment un escalier, toujours dans la même formation.

Karadoc (chuchote) - Ça doit grouiller de rats, là-dessous.
Perceval (chuchote) - Vous croyez que ça existe, des rats cannibales ?
Karadoc (chuchote) - Pourquoi vous parlez de ça ?
Perceval (chuchote) - Nan mais c'est une question que je me pose depuis gamin. C'est comme les nuages, je me demande toujours si c'est creux à l'intérieur. Personne n'est allé voir.
Karadoc (idem) - Pourquoi ce serait creux ?
Perceval (idem) - Ben, il faut bien mettre l'eau quelque part.
Karadoc (...)- En somme, les nuages, c'est comme des gourdes qui se déversent.
Perceval (...) - Sûrement. Et sinon, vous croyez qu'il existe des anti-déserts, c'est-à-dire des endroits où il fait froid, où il pleut tout le temps et où il y a plein d'habitants ?
Karadoc ()- Un peu comme en Calédonie ?
Perceval ()- Ah nan, la Calédonie, il pleut seulement deux jours sur trois. Un anti-désert, il pleut tous les jours vu que c'est le contraire du désert. Ça doit exister, c'est logique. Mais j'aimerais pas habiter là-bas, avec un temps pareil...
Arthur - Oh, silence derrière !
Yvain - Et pourquoi on doit se taire, d'abord ? On n'a pas buté tous les monstres ?
Arthur - Heu... si...
Gauvain - Avouez, mon oncle, que s'il ne reste que des pièges, le silence n'est pas de mise.
Arthur - Bon, OK, mais tout bas.
Yvain - On pourrait chanter pour se donner courage.
Gauvain - Bonne idée !
Yvain - Un kilomètre à pieds, ça useuh, ça useuh / Un kilomètre à pieds, ça use les souliers.
Gauvain - Deux kilomètres à pieds, ça...
Arthur - Mais fermez vos mouilles, j'arrive pas à me concentrer ! Bon, on va faire simple : silence complet jusqu'en bas de l'escalier. N'oubliez pas que je dois inspecter chaque marche.
Guenièvre - Ah, c'est pour ça qu'on descend si lentement ?
Arthur - Y'en a certains à qui on aurait dû laisser les baillons...
Guenièvre - Oh, ça va, je me tais !

Arthur continue de descendre prudemment, suivi des deux autres. Ils arrivent en bas, dans une espèce de crypte. Il n'y a qu'une seule issue, vers l'avant. Le long des murs, il y a quelques étagères contenant divers bocaux ou pots. Arthur reprend la marche en inspectant tout.

Arthur - On continue à faire attention, donc silence complet.
Yvain - Vous aviez dit qu'on pourrait parler une fois arrivés en bas.
Arthur - Mais taisez-vous !

Perceval inspecte une des étagères.

Arthur - Hé, ne touchez à rien ! On vous a dit qu'il y a plein de pièges !

Trop tard : Perceval soulève un bocal, ce qui fait basculer la planche sur laquelle il était posé en équilibre, et celle-ci se révèle être une sorte de levier qui, en basculant sous son propre poids, ouvre une trappe qui engloutit Perceval et Karadoc.

Arthur - Merde, merde, merdeuuuhhh !
Guenièvre - Oh, mais ne soyez pas grossier ! On va les sortir de là et tout sera oublié.
Arthur - Justement, non : je viens de me rappeler que j'ai oublié de prendre des cordes. Bohort, vous avez une corde ?
Bohort - Non...
Arthur - Et vous deux ?
Yvain - Si j'avais une corde, je m'en serais servi de ceinture !
Gauvain - Nous sommes désolés, mon oncle, mais nous n'avons pas pensé à nous munir de cordes.
Arthur, vers la trappe - Oh, en bas, comment ça va ?
Perceval - Comme sur des roulottes, Sire. Ne vous occupez pas de nous, on va attendre que ayez détruit le machin et vous pourrez alors nous sortir d'ici.
Karadoc - De toute façon, vous n'aviez plus besoin de nous ?
Arthur - Heu... Très bien. On va continuer et vous nous attendez. Vous êtes sûrs qu'il n'y a pas de danger ?
Perceval - C'est juste une grande pièce vide avec du sable qui a amorti notre chute. Aucun danger.
Arthur - OK, alors à tout à l'heure.
Karadoc - À tout à l'heure, Sire !
Perceval - Bonne chance !

Arthur regarde les autres.

Guenièvre, tout bas (pour ne pas être entendu d'en bas) - Mais, comment on va faire pour les sortir de là ?
Arthur - On verra bien. Pour l'instant on doit trouver le crâne.
Gauvain - En attendant, on ferait mieux de réparer leur bêtise.

Sur ce, Gauvain ramasse le bocal et le remet sur l'étagère.

Arthur - Hé, non, attention !

Trop tard : la poids du bocal remet l'étagère en position horizontale, ce qui referme la trappe. Perceval et Karadoc sont emmurés.

Bohort - Mon dieu, nos amis sont perdus !
Guenièvre - Gauvain, je vous jure, vous n'êtes vraiment pas dégourdi ! Comment va-t-on faire à présent ?
Gauvain - C'est simple : on soulève à nouveau ce bocal.
Arthur - Oui, logiquement... Allez-y.
Gauvain - Ah non, pas moi, j'ai déjà donné.
Guenièvre - Oh, alors je vais le faire.

Guenièvre s'avance, suivie de près d'Arthur, inquiet. Elle soulève le bocal mais rien ne se passe, cette fois la planche reste droite.

Guenièvre, vexée - Ça ne marche plus !

Arthur regarde le mécanisme de près, puis secoue la tête pour dire non.

Yvain - On n'a qu'à dire qu'ils se sont sacrifiés pour la réussite de la mission et on leur fera une belle cémémonie funèbre, trop classe !
Gauvain - Je ne pourrais plus jamais me regarder dans une glace !
Arthur - Ah, parce qu'avant vous pouviez ?
Guenièvre - Oh mais ne le grondez pas ! Il ne pensait pas à mal, et puis c'est vous qui lui avez dit de venir.
Yvain - Et on a triomphé de nos épreuves, nous, au moins, si vous voyez ce que je veux dire (regard en coin vers le roi.)
Arthur - J'ai pris une décision : on commence par la tâche la plus facile a priori : détruire le Crâne Noir. Ensuite, on s'occupera de Perceval et Karadoc.

Acte II

Perceval et Karadoc explorent (avec leurs torches, qui heureusement ne se sont pas éteintes) une pièce vide remplie de sable. Ils découvrent plusieurs squelettes.

Karadoc - Vous croyez qu'on finira comme ça ?
Perceval - Nous, non. D'une, on est des chevaliers accomplis, et de deux, au pire le roi viendra nous sortir de là.
Karadoc - S'il trouve un moyen d'ouvrir la trappe.
Perceval - Oh, mais vous allez pas m'énerver ! Ne doutez pas du roi !
Karadoc - Et pourquoi la trappe s'est fermée, alors ? Moi je vous dis qu'on est piégés.
Perceval - C'est le roi qui l'a fermée pour qu'aucun monstre ne vienne ici.
Karadoc - Ah, ouais, ça doit être ça.
Perceval - Bon, il faut d'abord avaliser la situation.
Karadoc - Oui, avalisons-la calmement.
Perceval - Il y a forcément une deuxième issue. À nous de la trouver.
Karadoc - Une deuxième issue ? Ah, pour les ouvriers qui ont construit la pièce ! Exact.
Perceval - La pièce, ils l'ont construite de bas en haut, ou de haut en bas ?
Karadoc - Normalement, de bas en haut, mais là on est sous terre, donc ils font tout à l'envers.
Perceval - Ouais, je crois aussi.
Karadoc - Donc les ouvriers venaient de là-haut et ils creusaient. Ben dans ce cas, la trappe, c'était leur porte à eux.
Perceval - Ah ouais ! Donc en fait, c'est la vraie porte qu'on cherche. Ça ne devrait pas être difficile.
Karadoc - Sauf qu'on la voit pas...
Perceval - C'est peut-être une porte qui donne sur le toit. Le seigneur Dagonnet nous avait dit qu'en Judée, les portes donnent sur le toit.
Karadoc - Le toit ? Vu que c'est à l'envers, ça veut dire que la porte donne sur le sous-sol.
Perceval - Ouais, c'est ça, donc on doit fouiller dans le sable. Par ici la sortie !

Perceval et Karadoc commencent à remuer le sable et font apparaître le sol pierreux. Mais ils réveillent un serpent géant qui dormait dans le sable et qui se dresse aussitôt, menaçant.

Karadoc, qui a reculé jusqu'au mur - Qu'est-ce que c'est que cette grosse limace ?
Perceval, pareil - Attendez, ce ne serait pas un serpent géant comme celui de tout à l'heure ?
Karadoc - Vous croyez qu'il est immortel ?
Perceval - Immortel ?
Karadoc - Ben oui, il paraît que le serpent qu'a vaincu le seigneur Gauvain était immortel.
Perceval - Mais, immortel, ça veut dire "qui ne peut pas tuer", ou "qui ne peut pas être tué". Je sais jamais.
Karadoc - C'est pas pareil ?
Perceval - Ben nan, si c'est "qui ne peut pas tuer", on a un gros problème : il ne pourra pas se suicider, on va être obligé de le tuer nous même.
Karadoc - J'espère que c'est le deuxième...
Perceval - Ça vaudrait mieux !

Le serpent se rue sur le sac de Karadoc (resté au milieu de la pièce).

Karadoc, gémissant - Mais qu'est-ce qu'il fait, ce con ? Il est en train de me bouffer ce qui me restait.
Perceval - Mais bougez pas, attendons qu'il ait tout mangé et il se rendormira.
Karadoc, plaintif - Il n'y aura jamais assez pour le rassasier ! C'était juste mes pâtés et mes derniers fromages.
Perceval - Il n'a peut-être pas le même appétit que vous ?
Karadoc - Bon, j'y vais.
Perceval - Hein ? Mais vous allez vous faire massacrer ! Et s'il a autant d'appétit que vous, il va pas vous engloutir !
Karadoc - Je m'en fous, j'y vais ! De votre côté, faites diversion !
Perceval - Faire quoi ?
Karadoc - Diversion ! Attirez son attention sur vous !
Perceval, effrayé - C'est pas faux !

Karadoc, décidé, s'avance vers le serpent géant, qui ne fait pas attention à lui. Il, dégaîne son épée et tranche le cou du serpent. Puis il s'effondre par terre et gémit.

Perceval - Hé, ça va, vous êtes blessé ?
Karadoc - C'est pire : il m'a dégueulassé tout, regardez ! Ce salopard a laissé un filet de bave partout où il est passé ! Tout est à jeter...
Perceval - Allez, remettez-vous, n'oubliez pas tout ce qui vous attend dans le labyrinthe !
Karadoc - Ouais, mais à condition qu'on fasse vite, parce que je commence à avoir les crocs, et je bouffe pas un serpent qui bave !
Perceval - Ben pourquoi pas ? Vous aimez bien les escargots, pourtant ?
Karadoc - Oui, mais là on n'a rien pour le préparer ! J'ai même pas pensé à prendre de l'ail !
Perceval - En tout cas, vous l'avez drôlement bien tranché !
Karadoc - Une épée, c'est comme un couteau de cuisine : il faut frapper au niveau du tranchoir.
Perceval - Wow ! Sans déconner, vous pourriez faire cours aux jeunes chevaliers de Kaamelott.
Karadoc - Bon, assez bavardé, on sort !
Perceval - Comment ?
Karadoc - On continue à fouiller le sable, on finira bien par trouver la sortie !
Perceval - Ah ouais.

Acte III

Voix de la Dame du Lac, à Arthur - Quand le Crâne Noir aura été détruit, tous les sortilèges qui tiraient pouvoir de lui disparaîtront également. Vous pourrez alors délivrer vos deux amis.
Arthur - Ah, ça c'est une bonne nouvelle ! Donc on continue.
Guenièvre - Quelle bonne nouvelle ?
Arthur - La Dame du... Heu... Je recommence : je... je viens juste de me souvenir qu'en détruisant le Crâne Noir, on fera disparaître toute la magie des environs, donc on pourra délivrer Perceval et Karadoc ensuite.
Guenièvre - Ah, mais alors ils sont sauvés ! Tant mieux, je les trouvais bien sympathiques !
Yvain - Sire, avec Gauvain on est en train de composer une oraison funèbre, écoutez ça :
Guenièvre - Plus besoin, le roi a dit qu'on pourra les sauver.
Yvain - Oh non ! On avait fait une super oraison funèbre, trop bien.
Gauvain - Ne soyez pas déçu, elle servira à une autre occasion.
Bohort - Chhhhuuut ! Il reste encore des pièges !
Arthur - Le seigneur Bohort a raison, nous ne sommes pas encore arrivés. Bohort, vous venez ?
Bohort - Je n'y parviens pas ! Je n'arrive pas à faire un pas !
Arthur - Faites un effort !
Bohort - Sire, laissez-moi crever ici !
Arthur - Yvain, Gauvain, prenez-le à deux, l'un par les pieds, l'autre par les épaules.
Bohort - Laissez-moi plutôt mourir...
Guenièvre - On pourrait le laisser là avec Yvain et Gauvain, après tout, on n'a plus besoin d'eux.
Arthur - Tiens, c'est vrai. Très bien. Vous trois, vous restez là et, surtout, vous ne touchez à rien !

Arthur reprend sa marche, prudent. Guenièvre lui prend la main, ce qui l'irrite, mais il n'ose pas contrarier sa femme (ça pourrait le déconcentrer).

Plus tard...

Arthur et Guenièvre, main dans la main, sont arrivés au bout de la crypte. Il y a un globe de verre et, à l'intérieur, un crâne noir fait d'une matière inconnue. Arthur lâche la main de Guenièvre et dégaine Excalibur.

Guenièvre - Et je devrai juste toucher le crâne ?
Arthur - Oui, je vous l'ai déjà dit, c'est le rôle que les dieux vous ont dévolu.
Guenièvre, boudeuse - Eh ben, tout ça pour pas grand chose...
Arthur - Et moi, est-ce que je me plains ? Pourtant, j'ai juste à casser un globe de verre avec une épée magique, c'est pas compliqué non plus.
Guenièvre - Franchement, je me demande bien ce que ça peut faire que ce soit moi ou quelqu'un autre.
Arthur - Parce qu'il faut une vierge... Je veux dire, une femme au coeur noble et pur, tout ça, vous savez bien. Bon, laissez-moi briser le globe.

Arthur donne un grand coup d'épée sur le globe, ça n'a aucun effet à part le bruit (chtong !). Il recommence en tapant plus fort, moins fort, d'une main, de deux mains, etc. Pas moyen ne serait-ce que d'ébrécher légèrement le globe.

Guenièvre, qui se couvre les oreilles - Alors, ça vient ? Je croyais que c'était enfantin...
Arthur - Hé, vous allez pas me casser les sabots ! Il y a forcément un truc et il faut que je le trouve.
Guenièvre - Et si je le touchais ?
Arthur - Surtout pas ! Si seule une épée magique peut faire quelque chose - et encore, c'est même pas prouvé - vous imaginez ce qui pourrait arriver si on touchait à ce machin là ? Je ne préfère pas savoir.
Guenièvre, pas rassurée - Oh, je disais ça comme ça.
Arthur - Eh bien ne dîtes rien !

Plus tard...

Arthur, en sueur - Bon, j'en ai marre, je fais une pause. Si ça continue c'est Excalibur que je vais briser.
Guenièvre - Ah, ben ça va nous reposer les oreilles, enfin !
Arthur - Mais j'y pense... La Dame du Lac n'a pas dit que c'était à moi de le faire mais à Excalibur...
Guenièvre - Comment ça ?
Arthur - Elle a dit que c'était à Excalibur de briser le globe. Pas à moi : à Excalibur.
Guenièvre - Et qu'est-ce que ça change ? Il n'y a que vous qui pouvez vous en servir, non ?
Arthur - Quand Perceval la tient, elle flambe encore plus. Elle a plus de force. C'est à Perceval de briser le globe !
Guenièvre - Ben oui mais il est enfermé avec son ami.
Arthur, abattu - Il faut délivrer Perceval pour briser le globe, mais il faut briser le globe pour délivrer Perceval...

Fin de l'épisode.

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Aaahhhhh EXELLENT!!!!!! Vraiment, chapeau bas! Je ne peux rien dire d'autre que: La suite, la suite, la suite!!! (oui, je suis gourmande, moi^^)

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bravo !

Chevalier Feuletonniste
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Et voici le dernier épisode. Ils étaient sept héros, il y a donc eu sept épisode. Je me suis vraiment éclaté à rédiger ça, mais j'ai eu du mal à le terminer. La chute n'est pas extraordinaire, mais bon... J'avais écrit d'abord une fin un peu plus longue, et dont j'aimais beaucoup la chute, mais c'était trop long, c'était le genre de texte typique de celui qui n'arrive pas à conclure, qui n'en a pas envie... Un peu comme ces films dont l'auteur ne peut pas s'empêcher de faire une suite inutile.

La quête du Crâne Noir - VII

Arthur et Guenièvre rejoignent Bohort, Yvain et Gauvain.

Gauvain - Alors, mon oncle ?
Arthur - Il y a un pépin. Je crois qu'il faut d'abord délivrer Perceval et Karadoc.
Guenièvre - Mais comment ?
Arthur - Commençons par essayer de rouvrir la trappe. Je vous laisse mon sac, il y a des outils. De mon côté je retourne essayer de casser le globe, on ne sait jamais.
Guenièvre - Dans ce cas, je reste ici, parce que ça fait vraiment mal aux oreilles.

Arthur laisse toutes ses affaires et repart avec seulement Excalibur. Les autres s'affairent autour du sac d'Arthur et cherchent ce qui pourrait aider à ouvrir une trappe.

Un peu plus tard... Arthur est en train de cogner sur le globe.

Arthur - Han ! (Chtong !) Han ! (Chtong !) Han ! (Chtong !) Pffouuu, c'est à devenir dingue...
Voix de Perceval - Sire, c'est vous ?
Arthur - Perceval ? Mais vous êtes où ?
Karadoc - On est là, Sire !
Arthur - Mais où ça ?
Perceval - Mais... on sait pas, on n'a plus nos torches, on voit rien.
Arthur - Continuez à me parler, que je voie d'où ça vient.
Perceval - Qu'est-ce qu'il faut dire ?
Arthur - Vous êtes derrière le mur ?
Perceval - Non, c'est le contraire, c'est vous qui êtes derrière le mur.
Karadoc - Sauf qu'ici, tout est à l'envers.
Perceval - Ah ouais, donc c'est nous.
Karadoc - Alors ça veut dire que le roi est du mauvais côté ?
Perceval - Sire, vous êtes toujours là ?
Arthur - C'est bon, j'ai trouvé, j'arrive.

Arthur, en suivant les voix, est arrivé dans un coin obscur de la pièce. Il l'éclaire de sa torche, ce qui révèle un étroit conduit qui part dans le mur.

Perceval - Sire, je vous vois !
Arthur - Eh bien avancez, imbécile, il n'y a aucun obstacle !

Perceval puis Karadoc sortent du conduit. Ils sont sales et décoiffés.

Karadoc - Je vais vous dire : plus jamais ça !
Arthur - Mais d'où vous venez ? Qu'est-ce qui vous est arrivés ?
Perceval - Ah, respirer un peu d'air pur, ça fait du bien !
Karadoc - Quelle puanteur !
Arthur - Je confirme, vous sentez pas très bon. Vous êtes allés où ?
Perceval - On a trouvé le tunnel du serpent, alors on l'a suivi.
Karadoc - On savait qu'il déboucherait quelque part.
Perceval - Mais on a dû abandonner nos torches, je vous dit pas comme c'était flippant !
Arthur - Le tunnel du serpent ?
Karadoc - Eh ouais, j'ai tué le serpent géant !
Perceval - Même qu'il était immortel, Sire, alors il pouvait pas se suicider !
Arthur - Vous avez tué un serpent immortel, vous ?
Karadoc - Attendez, j'allais pas le laisser tout bouffer. Remarquez, pour ce que ça change, finalement...
Perceval - Pendant que le seigneur Karadoc lui a donné un bon coup d'épée, j'ai fait diversion. À deux on forme une équipe re-dou-table !
Arthur - Eh bien... chapeau ! Je vous félicite ! Bon, Perceval, j'ai besoin de vous. Karadoc, allez prévenir la reine, elle doit venir me rejoindre.
Karadoc - Il faut que je repasse par le couloir ?
Arthur - C'est bon, j'ai vérifié le passage, il n'y a pas de pièges. Faites juste attention de ne toucher à rien et de marcher bien au milieu.
Karadoc - Comment ça au milieu ? Mais comment je fais pour atteindre l'autre bout ?
Arthur - Nan mais au milieu par rapport à la largeur !
Karadoc - Hein ?
Perceval - J'ai rien compris.
Arthur, las - Je recommence : allez à l'autre bout du couloir rejoindre les autres, mais interdiction de toucher aux murs.
Karadoc - Vous en faites pas, Sire, j'ai pas envie que ça recommence.

Plus tard...

Karadoc revient avec Guenièvre.

Arthur - Ah, tout le monde est là, on peut y aller.

Arthur tend Excalibur à Perceval.

Arthur - Prenez mon épée et brisez le globe.
Perceval - Le globe ? Celui-là, là ?
Arthur - Ben oui, celui-là, vous en voyez un autre ?
Perceval - Nan mais Sire, pourquoi vous le faites pas vous même ? C'est votre épée.
Guenièvre - Mais faites ce qu'on vous dit au lieu de discuter !
Perceval - Bon, bon... C'est juste que j'aime bien comprendre avant de faire quelque chose.
Arthur - Mais vous comprenez jamais rien !
Perceval - Ben, justement, du coup...
Arthur - Du coup vous foutez jamais rien, je confirme. Bon, eh bien là, pour une fois, tout va dépendre de vous. Alors allez-y.
Perceval - Bon...

Perceval prend Excalibur, qui se met à briller encore plus, puis donne un coup d'épée un peu gauche, ce qui brise le globe en mille morceaux.

Guenièvre - Vous aviez raison, seul le seigneur Perceval pouvait le faire.
Perceval - Quoi, casser ce machin là ? C'est pourtant pas difficile.
Arthur - N'empêche que je n'ai pas réussi. C'est à cause de votre destin, je crois...
Perceval - Nan, c'est juste que j'ai le coup de main, c'est tout.
Arthur, agacé - C'est maintenant à la reine de jouer. (À Guenièvre : ) Vous vous souvenez de votre rôle ?
Guenièvre - Évidemment. On me laisse les miettes, c'est facile de s'en souvenir...

Guenièvre s'avance vers le Crâne Noir. Elle le touche. Il disparaît. Tout disparaît à part les parois rocheuses. La terre commence à trembler.

Arthur - Filons d'ici, vite ! Tout le monde en haut !

Les quatre parcourent le couloir (où il n'y a plus d'étagères, juste des parois) et rejoignent Yvain, Gauvain et Bohort.

Perceval - On remonte !
Karadoc - Et dépéchez-vous !
Bohort - Mais que se passe-t-il ?
Karadoc - J'ai pas bien compris, mais je crois que la reine a touché à un truc qu'il fallait pas.
Guenièvre - J'ai juste fait ce qu'on m'a demandé, ce n'est pas de ma faute.
Arthur - Pas le temps de discuter, tout le monde en haut !

Les sept héros grimpent l'escalier quatre à quatre. Arthur a pris la reine sur ses épaules, jambes devant, tête dans le dos et fesses en l'air. Perceval et Karadoc portent à nouveau Bohort qui s'est évanoui. Yvain et Gauvain filent devant. Bientôt ils arrivent face au labyrinthe, sauf qu'il est en ruines.

Yvain - Ça c'est trop bien : on va pouvoir passer tout droit sans se perdre !
Gauvain - Youhouuuuuuuuuu !
Yvain - Wouusshhhhsshhhh !
Arthur - Mais qu'est-ce que vous foutez, allez !, en avant !
Guenièvre - Mais reposez-moi ! Reposez-moi !
Arthur - Pas le temps !
Karadoc - Mais... On ne ramasse pas mon ravitaillement ?
Arthur - J'ai dit : pas le temps !
Perceval - Dès qu'on sera sorti de là, on trouvera une taverne, vous bilez pas.
Karadoc - Une taverne ? Mais il va falloir encore marcher des lieues, on n'est pas arrivés. En plus, si on tombe sur une fausse...
Perceval - Vous croyez qu'ils en font encore ?
Arthur - Vous croyez que c'est le moment de déconner ? En avant, j'ai dit !

Plus tard...

Yvain et Gauvain sortent de la trappe qui donne sur l'herbe autour de la tour en ruine. Ils sont suivis de Perceval et Karadoc, qui portent Bohort, puis d'Arthur, qui porte Guenièvre et la repose doucement. Tous sont couverts de poussière.

Guenièvre - Vous étiez pas obligé de...
Arthur - Oui, bon, ça va ! On est tout sortis, on est tous indemnes, c'est ça qui compte. Tout le monde va bien ?
Karadoc - Je n'ai plus rien à manger ! Jamais je ne tiendrai.
Bohort - Sire, que s'est-il passé ?
Yvain - J'en ai marre, je me suis encore cassé un doigt !
Guenièvre - Faites-voir ?
Yvain - Ah non, c'est juste un ongle. Mais j'aurais pu me casser un doigt !
Gauvain - Mon oncle, avons-nous réussi la mission ?
Arthur - J'attends confirmation de la Dame du Lac, mais je crois bien que oui.
Gauvain - Woouhhhouuuuu !
Perceval, fier - Contre nous, les pauvres gars d'en bas n'avaient aucune chance.
Karadoc - Pourtant, c'étaient pas des enfants de choeur.
Perceval - Ouais, mais avec nos techniques de combat d'avant-garde, on avait une journée d'avance !
Voix de la Dame du Lac - Arthur, voici le message que m'ont envoyé les dieux : félicitations à tous, notamment au Sanglier de Cornouailles, qui a dirigé la mission, et à la Dame à la Blanche Fesse, qui a détruit le Crâne Noir. Désormais, le Mal ne pourra plus envahir la Bretagne. C'est pourquoi vous méritez une récompense.
Bohort, à Arthur - Sire, vous allez bien ?
Arthur - Chut, laissez-moi écouter !
Guenièvre - Mais, dites-nous ! Que vous arrive-t-il ?
Voix de la Dame du Lac - Voici ce que les dieux vous offrent :
Guenièvre - Youhou vous êtes là ?
Perceval - Vous êtes blessé, Sire ?
Guenièvre - Je crois qu'il boude. Il me le fait souvent...
Karadoc - Peut-être qu'il vous en veut parce que vous avez touché au Crâne ?
Guenièvre - Mais puisque je vous dis que c'est lui qui m'a demandé de le faire !
Karadoc - Ah mais je ne veux pas me méler de vos scènes de ménages.
Yvain - Vous avez bien de la chance, parce que moi...
Gauvain - Je crois que le roi réfléchit.
Arthur, hurlant - VOUS ALLEZ LA FERMER, OUI !!!!
Voix de la Dame du Lac - ... qui ne doit être transmis à personne, sauf à Merlin. Les dieux vous souhaitent bonne chance et ne doutent pas que vous saurez utiliser cet indice capital afin de triompher dans votre quête. À bientôt Arthur ! (La voix disparaît en faisant un son qui ressemble à une radio qu'on coupe...)
Arthur - C'est pas vrai mais c'est pas vrai mais c'est pas vrai !
Guenièvre - Mais expliquez-nous, au lieu de faire votre petite colère !
Arthur - Oh, vous, la Dame à la Blanche Fesse, fermez-là !
Guenièvre, outrée - La quoi ?

Guenièvre gifle Arthur, qui n'en revient pas.

- FIN -

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SUPER!!
ils ont finalement réussi leur quete. pour une fois qu'ils arrivent à faire quelque chose ;)

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Non, ils n'ont pas finis...il ya l'indice mystère de la dame du lac qui les mets sur une autre quête....^^

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