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Pécore
Hors ligne

PERCEVAL IN LOVE


I) LE COUPLE IDEAL

***

   Arthur et Perceval en mode détente assis sous l’arbre du roi.

PERCEVAL : Nan mais moi, j’crois qui faut que j’me trouve une femme !

ARTHUR : Ah ouais, ça m’semble une bonne idée, ça !

PERCEVAL : Avec Angharad c’était bien parti et puis pffft ! Elle s’est barrée comme ça du jour à la veille.

ARTHUR : Au lendemain ! On dit, du jour au lendemain.

PERCEVAL : Ah bon ? Vous êtes sûr ? Ça change rien, je l’avais pas vue ni la veille ni le lendemain.

ARTHUR : Bon, je vais pas vous mentir, ça me chagrine pas trop qu’elle soit partie, je pouvais pas la saquer ! De toute manière, vous étiez pas allés bien loin tous les deux ?

PERCEVAL : Une fois, on est allés jusqu’au village, quand même !
ARTHUR : Non mais pas ça ... vous avez pas fait grand-chose ensemble, euh ... des choses qu’on fait en privé ... à deux... enfin, la plupart du temps ... et qu’on porte pas beaucoup de vêtements ... .

PERCEVAL : Ah ouais ! J’vois c’que vous voulez dire... ouais mais non, on est jamais allés se baigner. Pourquoi, ça aurait pu aider, vous croyez ?

ARTHUR : Non mais sans déconner, vous savez bien ce que font un homme et une femme qui s’apprécient ?!
PERCEVAL : Ah ouais, les choses du sexe vous voulez dire ? Non mais y’a des filles pour ça, avec Angharad, je voulais attendre qu’on soit mariés !

ARTHUR : Résultat, elle s’est barrée !

PERCEVAL : Ouais, c’est pour ça, faudrait que je m’en trouve une autre, quelque chose de sérieux quoi ! Qu’on soit un couple uni, comme, par exemple ... le seigneur Léodagan et Dame Séli !

ARTHUR : DE QUOI ?!

PERCEVAL : Ben ouais, quand même, quand on les voit ensemble, ça fait envie !

ARTHUR : Mais ils sont toujours à se balancer des fions !

PERCEVAL : Ben ouais, justement, ils sont très complices !

ARTHUR : Ah bah, dites donc ! C’est vraiment pas le couple que j’aurais choisi en exemple ! Et la reine et moi, vous en pensez quoi ?

PERCEVAL : Je peux vous parler en toute frange ?

ARTHUR : En toute franchise ? Oui, allez-y !

PERCEVAL : Ben, la reine, ça va, je crois qu’elle vous aime, vous, en revanche, vous avez pas l’air heureux. (Silence pesant) Mais je peux me gourer, hein ! Je suis qu’un con, vous savez bien !

ARTHUR : Non, non, bien au contraire, vous êtes très perspicace.

PERCEVAL : Ça, j’peux pas vous dire ... je sais pas c’que ça veut dire.

ARTHUR : Que vous êtes bien moins con que c’qu’on pourrait croire !

PERCEVAL : Sinon, vous auriez une femme à me conseiller ?

(Noir, voix off)
ARTHUR : J’vais réfléchir mais avant d’en trouver une à votre hauteur ...vous méritez une perle !
TSON !



***


II) LA QUETE DE PERCEVAL

***

Perceval et Karadoc à la taverne.

KARADOC : Vous cherchez toujours une femme ? Vous voulez la mienne ?

PERCEVAL : Non mais ça va pas bien ?! Jamais je ne toucherai ... .

KARADOC : La femme d’un ami ? Ouais, je vous comprends.

PERCEVAL : Ouais, aussi mais moi j’allais dire : Une mocheté pareille ! Mais pourquoi ? Vous en voulez plus d’la vôtre ?

KARADOC : C’est pas ça, non mais vous êtes mon ami et je vois bien que ça va pas. Ça vous travaille cette histoire de femme.

PERCEVAL : Ouais, c’est vrai mais le roi a dit qu’il allait réfléchir à une femme pour moi. Une perle, qu’il a dit !

KARADOC : C’est quoi ça ? C’est un peuple, les Perles ?

PERCEVAL : Non, j’crois qu’c’est un prénom.

KARADOC : Ah bon ?! Il veut vous trouver une femme qui s’appelle Perle ? C’est bizarre, non ? Je savais pas que le prénom avait tellement d’importance.

PERCEVAL : Moi non plus mais si c’est le roi qui le dit ! Et puis, Perle de Galles, ça sonne bien, je trouve.

KARADOC : Ouais c’est vrai... tandis que la mienne ... Mevanwi de Vannes ... y’a trop de « v » ! J’avais jamais remarqué ... il est fort le roi quand même !

PERCEVAL: C’est pour ça ... il peut me désigner n’importe laquelle, je la prends les yeux fermés ! J’ai une confiance à l’aveuglette en lui !

KARADOC : A l’aveuglette ?

PERCEVAL : Ouais, ça veut dire, euh ... que j’lui fais confiance comme à un aveugle !

KARADOC : Ça, c’est drôle, moi, j’leur fais pas confiance du tout à ces gars-là qui vous r’gardent jamais en face !

PERCEVAL : Ouais ! Non, mais j’me suis p’t’être gouré en fait ! C’qui compte, c’est que j’fais confiance au roi ... les histoires d’aveuglette, on s’en tape, c’est juste pour faire joli !

KARADOC : Ouais ... c’est joli en chanson ...

PERCEVAL : En chanson ?

KARADOC : Mais si, vous savez bien : Mon petit oiseau, a pris sa volée A pris sa, à l’aveuglette, a pris sa, à l’aveuglette, a pris sa ... .

PERCEVAL : Veuglée ?

(Noir, voix off)
KARADOC : Ouais, c’est ça ! Vous êtes fort en chanson, vous !
TSON !


***




III) PERCEVAL CONTE FLEURETTE


***


   Labo de Merlin, l’enchanteur discute avec la reine Guenièvre lorsque Perceval entre.

MERLIN : Voilà ma reine, deux livres de pâte d’amande, premier choix.

GUENIEVRE : Merci Mer... . Ah, seigneur Perceval ! Comment allez-vous ? (rougissante et camouflant le sac de pâte d’amande derrière son dos)

PERCEVAL : A pieds, le plus souvent mais des fois, à cheval... mais finissez avec Merlin, je vais attendre.

GUENIEVRE : Je passais juste dire bonjour ... .

MERLIN : Qu’est-ce que je peux pour vous seigneur Perceval ?

PERCEVAL : Il me faudrait une potion ou un sort pour trouver une femme.

MERLIN : C’est-à-dire ?

PERCEVAL : Une femme, vous savez c’que c’est ?! J’en veux une !

MERLIN : Pour quoi faire ?

GUENIEVRE : Enfin, Merlin, je crois que c’est clair ... le seigneur Perceval voudrait se marier ... c’est bien ça ?

PERCEVAL : Ah ben ouais, carrément ! C’était bien parti avec Angharad mais elle s’est barrée, du coup, c’est moins pratique. Le roi a dit qu’il m’en trouverait une ... une perle qu’il a dit mais je crois qu’il a autre chose à faire. Donc, il me faudrait une potion pour trouver une femme qui s’appelle Perle.

GUENIEVRE : Je pense que le roi voulait dire qu’il vous faut une femme hors du commun, une femme parfaite, c’est ça qu’on appelle une perle !

PERCEVAL : Ah bon ? Mais moi, il me faut juste une femme normale ... pas besoin qu’elle soit « mordue comme un » ou « pas refaite ».

MERLIN : De toute façon, j’ai pas de potion pour ça, faudra vous débrouiller tout seul, comme tout le monde !

PERCEVAL : Ah merde ! Comment j’vais faire, moi ?

GUENIEVRE : Ne vous inquiétez pas, je vais vous aider, moi ! C’est bien le diable si je ne vous trouve pas une femme parmi les donzelles du château.

PERCEVAL : Vous croyez ? Mais c’est pas toutes des maîtresses du roi ?

GUENIEVRE : Ah ben non, quand même pas ! Enfin j’espère ... .

***

   Le lendemain, la reine n’a pas chômé et Perceval a rendez-vous dans les jardins avec une certaine Arzela, lointaine cousine de la reine, elle-même. Assis sur un banc, les deux jeunes gens sont plutôt embarrassés et regardent chacun droit devant eux, évitant soigneusement le regard de l’autre. Finalement, Perceval finit par trouver le courage d’engager la conversation.

PERCEVAL : Il fait beau, hein ?!

ARZELA : Oui, c’est vrai.

PERCEVAL : Alors, comme ça, vous êtes de la famille de la reine ?

ARZELA : Il parait, oui. Je ne la connaissais même pas avant de venir à Kaamelott. C’est mon père, lorsqu’il a appris qu’elle avait épousé le roi, il m’a envoyée ici.

PERCEVAL : Ah, la famille ... c’est pas toujours euh ... .

ARZELA : Facile ?

PERCEVAL : OUAIS ! C’est ça ! Vous êtes douée, vous !

ARZELA : Ah bon ? Comment ça ?

PERCEVAL : Vous avez terminé ma phrase, j’aime bien ça !

ARZELA : Vous croyez que c’est bon signe ?

PERCEVAL : Ah ben ouais, carrément ! J’ai un peu de mal à trouver mes mots, parfois. Vous allez vite vous en rendre compte, si on commence à se fréquenter !

ARZELA : Vous me trouvez jolie ?

PERCEVAL : Ouais, ouais, ça va.

ARZELA : Ça va ?!

PERCEVAL : Oui, ça va bien et vous ?

ARZELA : Je crois que je commence à voir ce que vous vouliez dire tout à l’heure ... à propos des mots.

PERCEVAL : Ah ouais ? J’ai dit des conneries ?

ARZELA : Non, pas vraiment ... Il faut que je m’habitue.

PERCEVAL : Ça veut dire que vous voulez bien qu’on se revoie ?

ARZELA : Oui, bien sûr. Vous avez l’air gentil.

PERCEVAL : Vous aussi, je vous trouve très ... .

ARZELA : Là, je ne peux pas vous aider, je risquerais d’être ... .

PERCEVAL : Ah, vous aussi vous ... .

ARZELA (amusée): Oui, c’est peut être contagieux.

(Noir, voix off)
PERCEVAL : Contagieux ... c’est pas quand on peut compter les trucs d’un seul coup d’œil ?
TSON !


***




IV) ARZELA


***

   Arzela et Perceval se promènent dans la campagne non loin du château. Les choses avancent bien si l’on considère que se tenir la main est le comble de l’érotisme.

PERCEVAL : Vous aimez les balades ?

ARZELA : Les balades avec un ou deux « L » ?

PERCEVAL : Euh … vous aimez les promenades ?

ARZELA : Avec un seul, alors ! Oui, j’aime les balades mais ça dépend avec qui… avec vous, j’aime bien. J’aime aussi les ballades, la poésie … vous connaissez des poèmes ?

PERCEVAL : Ah ouais, y’en a un de chez moi que j’aime bien ! (Perceval met alors une main sur son cœur, tend l’autre bras, ferme les yeux et déclame)
Ô toi, soleil de mon cœur,
Ah comme je t’imagine,
De la rose sembles la sœur
Et du laurier, la frangine … .

ARZELA : Ah ? … Tiens ! C’est original.

PERCEVAL (poursuivant sa poésie sans remarquer l’étonnement d’Arzela) :
J’y mettrai toute mon ardeur,
Mais toi belle gourgandine … .

ARZELA : Vous êtes sûr que … .

PERCEVAL : Sois-en sûre viendra l’heure,
Où dure sera ma … .

ARZELA : NON ! Ce n’est pas à ce genre de poésie que je pensais !

PERCEVAL : Ah bon ? Vous aimez pas ?! Quand on était gamins à Caerdydd, on la récitait tout le temps !

ARZELA : Ce n’est pourtant pas destiné aux enfants !

   Une voix vient alors interrompre leur échange.

– AH ! Ben vous êtes là ! Depuis c’matin que j’vous cherche !

PERCEVAL : Seigneur Karadoc ! Je me promenais avec Damoiselle Arzela.

KARADOC : C’est pas une raison pour en oublier de manger, ça ! Vous avez failli me couper l’appétit avec vos conneries ! Allez, venez ! C’est bientôt midi, vous allez pas rater celui-là aussi !

PERCEVAL : Euh ... oui, vous avez faim Arzela ?

ARZELA : Ma foi ... oui, j’ai comme un petit creux.

KARADOC : Mais vous allez pas l’amener ?! Est-ce que j’ai déjà amené ma femme à nos casse-croûtes, moi ?!

PERCEVAL : C’est pas pareil ! D’abord, c’est pas ma femme ! Et puis, au moins ... c’est pas une mocheté !

ARZELA : Seigneur Perceval ! On ne dit pas ce genre de choses ! C’est très ... malvenu !

PERCEVAL : On voit bien qu’vous la connaissez pas ! Un vrai laideron et puis ... je l’aime pas !

ARZELA : Mais si, je la connais ! Elle est très belle et très gentille !

KARADOC : Ouais ... non ... faut pas exagérer non plus. Elle est ... comme elle est ! Bon, on y va ?! Faut qu’je mange ou j’fais un malaise ! (Puis s’adressant à Arzela) Venez aussi, tant pis !

ARZELA : Je ne saurais refuser une si galante invitation ... .

(Noir, voix off)
PERCEVAL : Belle et gentille ?! ... Seigneur Karadoc, vous en avez qu’une de femme ?
TSON !


***





V) PRESENTATION


***


   Le roi Arthur s’est levé tôt, de bonne humeur (fait suffisamment rare pour être signalé) et est sorti pour une promenade dans les jardins. Il est légèrement contrarié lorsqu’il constate qu’il n’est pas seul et qu’un couple évolue gracieusement parmi les fleurs. En réalisant qu’il s’agit de Perceval, sa bonne humeur revient et Arthur les rejoint.

ARTHUR : Seigneur Perceval ! Vous êtes bien matinal aujourd’hui ... (avisant Arzela, l’œil concupiscent, petit sourire en coin) euh ... je ne crois pas connaître mademoiselle ... c’est ... votre amie ?

PERCEVAL : Ouais, on peut dire ça j’crois (regardant Arzela) hein ?

ARZELA (faisant la révérence au roi): Sire, je suis Arzela, une cousine de la reine.

ARTHUR (son sourire disparaissant à cette nouvelle): Ah! C’est quand même bizarre que je vous ai pas encore croisée.

ARZELA : Je suis arrivée depuis peu et j’essaye de me faire discrète.

ARTHUR : Et pourquoi donc ? Venez donc déjeuner à ma table ce midi, tous les deux, on en profitera pour vous présenter.

PERCEVAL : Ah mais moi j’connais tout le monde... au moins de vue, pour les noms ... c’est plus ...

ARZELA : Approximatif ?

PERCEVAL : Ouais ! Ca doit être ça !

ARTHUR : Mais tout le monde vous connait, vous ! C’est pour la présenter elle !

PERCEVAL : Ah ouais, j’me disais aussi ... du coup, j’viens quand même ?


***

   A cette occasion, Arthur a bien fait les choses, la table du roi est ornée de ses plus beaux atours et le repas devrait être à la hauteur. Autour de la table: Guenièvre, Arthur, Perceval, Arzela, Karadoc, Mevanwi, Léodagan et Dame Séli.

LEODAGAN : Vous attendez l’Pape ou quoi ? C’est quoi ces fanfreluches ?!

ARTHUR : Vous allez pas vous plaindre que je vous reçoive en y mettant les formes ?! D’habitude vous êtes toujours à vous plaindre de ci de mi ... voilà ! Aujourd’hui je mets l’paquet et vous êtes encore pas content !

LEODAGAN : Oh mais si, on est contents ... .

SELI : Mais on trouve ça bizarre, c’est tout ! ARTHUR : Ouais ben ... si’ ça vous convient pas, vous êtes pas obligés de rester ! KARADOC : Moi, j’attends de voir ... c’est pas parce que la table est belle que la bouffe est à la hauteur !

MEVANWI : Je vous en prie, taisez-vous !

KARADOC : Ben quoi ?! J’ai pas raison Seigneur Perceval ?

PERCEVAL : Un peu, ouais ! Comme on dit “Table bien dressée, euh ... repas à gerber !”

GUENIEVRE : Ah bon, on dit ça ?

ARTHUR : Mais non, y’a que lui qui dit ça ! Bon ! Si je vous ai invités ce midi, c’est principalement pour vous présenter Damoiselle Arzela, la euh ... comment dire ... la fiancée ? C’est un peu tôt, peut être ? ... l’amie ... oui, voilà ! L’amie du seigneur Perceval et ... cousine de la reine.

LEODAGAN : De quoi ?! Elle est d’la famille celle-ci ?! Regardant Séli) Vous la connaissez vous ?

SELI : Jamais vue ! Mais ça veut rien dire, hein ! Y’a tellement d’pécores éparpillés de votre côté !

GUENIEVRE : C’est la fille du seigneur Boren !

LEODAGAN : Ah bah, vous aviez raison... des pécores !

GUENIEVRE : Je vous fais remarquer que nous même, il n’y a pas si longtemps ... .

SELI : Oui, bon, ça va ! (puis à Arthur) Ca veut dire que vous comptez faire entrer çui-là (montrant Perceval) dans la famille ?

ARTHUR : En quoi ça vous dérangerait ?

LEODAGAN : Vous trouvez pas qu’on a assez de crétins comme ça dans la famille ?! Entre Yvain et lui, je sais pas lequel est le plus débile !

ARTHUR : Mais y’a pas deux secondes, vous la connaissiez même pas ! Qu’est-ce que ça peut bien vous faire à la fin ?!

SELI : C’est une question d’principes ! Vous allez pas nous refourguer tous les débilos dont vous savez pas quoi faire !

GUENIEVRE : Ah mais s’ils ont envie de se marier, j’vois pas bien c’qui pourrait les en empêcher ! C’est vrai quoi ... .

LEODAGAN : Vous, on vous d’mande pas votre avis ! (puis à Arthur) Heureusement que l’ogre de Vannes (désignant Karadoc) est déjà marié, sinon, j’suis sûr que vous auriez trouvé une tante ou une arrière grand-mère de ma famille à lui proposer ! Nan mais vous croyez qu’on vous voit pas venir avec vos petits arrangements, là ?!

ARTHUR : Non mais vous voyez des complots partout, hein ?! J’les ai rencontrés pour la première fois ce matin, dans les jardins ! Qu’est-ce que vous voulez que je trame comme complot ?

PERCEVAL : Euh,non ! Nous, on s’était déjà vus avant, Sire !

ARZELA (lui prenant le bras) : Il veut dire, nous deux, ensemble.

PERCEVAL : Ah ouais, alors ... euh ... ben non, on s’connait pas ! C’est mieux, là ?

MEVANWI : Mais ... tout le monde s’agite ... mais ont-ils seulement manifesté le désir de se marier ?

KARADOC : Ah vous, commencez pas à tout embrouiller !

PERCEVAL : C’est vrai ! De quoi elle se mêle la gourdasse ?!

ARTHUR : Non mais, elle a pas tort, vous comptez vous marier ou pas ?

PERCEVAL : Avec la gourdasse ?!

ARTHUR : Mais non, avec Arzela !

PERCEVAL (regardant Arzela): Ben, je sais pas, on en a pas encore parlé.

ARTHUR : Eh ben, voilà ! Inutile de s’énerver pour rien. Faites entrer les plats !

(Noir, voix off)
KARADOC : Ah quand même ! Même si c’est d’la merde ... j’ai faim, moi !
TSON !


***




VI ) LA FIN DU REVE


***


   Karadoc en train de bâfrer à la taverne s’arrête subitement en constatant que Perceval ne mange pas et semble perdu, les yeux dans le vague.


KARADOC : Ça va pas seigneur Perceval, votre lard manque de gras ?

PERCEVAL : ... .

KARADOC : Hé ! Vous êtes malade ou quoi ?!

PERCEVAL : De quoi ? Euh, non, j’crois pas ... enfin, j’en sais rien.

KARADOC : Vous êtes tout bizarre depuis quelques jours ... ben, dites-moi c’qui va pas !

PERCEVAL : Je sais pas, j’ai des papillons devant les yeux, j’arrive pas à me concentrer ... .

KARADOC : Ouais, ben ça ... c’est pas trop notre truc, non plus !

PERCEVAL : ... et je pense à elle tout le temps.

KARADOC : Qui ça ?

PERCEVAL : Ben Arzela ... j’crois que je suis amoureux.

KARADOC : Oh mon pauvre vieux ! Y’a rien d’pire que cette saloperie là ! Les femmes, j’veux bien, on en a besoin ... pour les gosses, tout ça. Mais amoureux ! C’est rien que des emmerdes ! Qu’est-ce qui vous a pris d’vous lancer là-dedans ?!

PERCEVAL : Mais j’ai rien fait ! C’est venu tout seul. Dès qu’elle est pas là, elle me manque et quand je suis avec elle, j’ai peur qu’elle parte !

KARADOC : Bref, vous êtes foutu ! Quand elle est pas là, vous êtes triste et quand elle est là, vous êtes pas bien non plus ... que des emmerdes, je vous dis !

PERCEVAL : J’préfère quand même quand elle est là ! Mais je l’ai plus revue depuis le repas chez le roi et ça commence à me vriller le ciboulot.

KARADOC : Buvez un coup, rien de tel pour remettre les idées en place ! Ah ! Quand on parle du clou ! La v’là !

   Effectivement, Arzela vient d’entrer dans l’auberge et vient vers eux, Perceval se lève.

ARZELA : Je peux vous parler seigneur Perceval ?

PERCEVAL : Ben ouais, carrément, j’vous écoute.

ARZELA : Non mais en privé, je veux dire ... allons dehors, vous voulez bien ?

PERCEVAL : C’est parti mon ... ouais, euh, allons-y !

   Ils sortent, il pleut mais ni l’un ni l’autre ne semble s’en apercevoir. Ils se font face et la mine fermée d’Arzela ne présage rien de bon. Perceval attend, son cœur semblant battre le rappel des troupes. Arzela se décide enfin à parler.


ARZELA : Je suis désolée de ne plus vous avoir fait signe depuis le déjeuner chez le roi mais le seigneur Léodagan et Dame Séli m’en ont empêchée.

PERCEVAL : QUOI !? Mais pourquoi ?

ARZELA : C’est délicat ... je ne sais pour quelle raison, ils ne veulent pas de vous dans la famille. Ils ont prévenu mon père qui m’a ordonné de rentrer en Carmélide.

   Les larmes commencent à couler sur le visage d’Arzela, Perceval la prend dans ses bras.


PERCEVAL : C’est normal, c’est d’ma faute ... ils veulent pas d’un con dans leur famille, je comprends.

ARZELA : Mais non ! Arrêtez de vous dénigrer ainsi ... vous êtes le plus gentil, le plus noble de tous les chevaliers que j’ai rencontré ! Adieu mon gentil chevalier.

PERCEVAL : Adieu ma douce Arzela.

   Perceval pleure à son tour. Karadoc sort de la taverne.

KARADOC : Alors ?! J’vous avais bien dit de pas vous inquiéter !


***


   Rentrant de la taverne, Perceval croise le roi et Léodagan dans la cour du château.

LEODAGAN : Ah ! Seigneur Perceval, quoi de neuf ?

PERCEVAL : Merde ! (Il s’engouffre dans le château)

ARTHUR : Qu’est-ce que vous avec encore fait, Beau-père ?

LEODAGAN : MOI ?! Mais rien ... enfin, j’crois pas, j’en fais tellement aussi ... .
(Noir, voix off)
LEODAGAN : Mais ... « merde » ... c’est une réplique à moi, ça !
TSON !


***



VII) LE VOYAGE

   Perceval pénètre dans la salle du trône et se plante devant le roi d’un air décidé.

PERCEVAL : Sire !

ARTHUR (absorbé par la lecture d’un parchemin): Oui seigneur Perceval, qu’est-ce que je peux faire pour vous ?

PERCEVAL : Est-ce que vous avez besoin de moi en ce moment ?

ARTHUR (levant les yeux) : Pas plus que d’habitude, non.

PERCEVAL : J’peux partir alors ? j’aurais besoin de quelques jours pour moi.

ARTHUR : Pour aller où ? Vous allez pas faire de connerie, j’espère ?!

PERCEVAL : Ca, j’peux pas vous dire, quand j’fais une connerie, j’le sais jamais à l’avance.

ARTHUR (pensif) : Ouais ... vous partez avec le seigneur Karadoc, je suppose ?

PERCEVAL : Non, non, tout seul.

ARTHUR : De toute façon, c’est pas lui qui vous empêcherait de faire une connerie. Okay, allez-y, vous êtes majeur après tout ... .

PERCEVAL : Merci Sire !

ARTHUR : Et si vous faites des actions d’éclat ... souvenez-vous de votre nom ... Per-ce-val-le-Ga-llois !


***


   Trente minute plus tard, Perceval est en route vers la Carmélide, il aimerait se lancer au galop mais son cheval étant, à la fois malade et blessé, il avance à un train de sénateur. Il progresse malgré tout mais son cheval rend l’âme au soir du premier jour de voyage, il est là, tout penaud devant le cadavre de l’animal, la nuit commence à tomber. Un peu plus loin sur la route un feu de camp prend vie, un phare le guidant dans les ténèbres. En approchant, il distingue une silhouette accroupie alimentant le feu. C’est un vieux ! Décidément, le sort s’acharne.

LE VIEUX : Asseyez-vous, étranger, profitez de la chaleur de mon feu.

PERCEVAL : Merci, c’est pas d’refus !

LE VIEUX : Et tenez, ici vous avez des noisettes et des pommes ... servez-vous.

PERCEVAL : J’crois qu’vous êtes le vieux le plus sympa que j’ai rencontré !

   Brusquement, le vieux plonge son regard dans le sien et Perceval se sent comme engourdi.

LE VIEUX : Que fais-tu, Perceval, où va-tu ? Ton destin n’est pas en Carmélide ! Ton destin est près du roi, de l’enfant de Lancelot à venir et de Bohort ! Oublie cette femme, l’amour et la paternité ne sont pas pour toi, ton destin est plus grand que cela ... dors et demain, va rejoindre ton roi !

   Perceval s’endort immédiatement et le lendemain matin, ses idées ne sont pas claires, il se souvient vaguement du feu, du vieux et de ses mots étranges. Il regarde autour de lui, les traces du feu sont bien là, il n’a pas rêvé. Il se lève, ramasse une pomme qui traînait par terre et reprend sa route vers la Carmélide. C’est pas un vieux qui va lui donner des ordres !
   Au soir du deuxième jour, il tombe dans un fossé, épuisé, il y passe toute la nuit. Dès le lever du soleil, il reprend sa marche. Il n’a rien mangé mais le souvenir du sourire d’Arzela vaut bien le plus roboratif des repas. La pluie commence à tomber, une pluie froide, méchante, ses vêtements sont trempés en quelques minutes. Il y a une grange en ruine au bord de la route, il pourrait s’y abriter mais l’idée ne lui traverse même pas l’esprit ... avancer, encore et toujours. Au soir de cette troisième journée, il s’écroule au milieu de la route, tous ses muscles sont tétanisés, il sombre dans l’inconscience.
Il se réveille sur une paillasse, un feu crépite non loin de lui, un peu plus loin, un homme, une femme et un enfant sont attablés et mangent ce qui lui semble être de la soupe. Son ventre émet alors un tel borborygme que l’homme le regarde.

LE PAYSAN : Venez nous rejoindre, seigneur. Il n’y a que de la soupe mais elle est bonne !

   Perceval se lève difficilement, chaque parcelle de son corps invente sa propre douleur, péniblement, il s’assoit avec eux

PERCEVAL : Vous m’avez trouvé où ?

LE PAYSAN : Oh, à peine à deux lieues d’ici, on vous a cru mort ! C’est le p’tit qu’a vu que vous respiriez encore on vous a chargé sur la charrette et roule ma poule !

PERCEVAL : Ca fait longtemps ?

LE PAYSAN : Ben, c’était hier soir !

PERCEVAL : J’ai dormi un jour entier ?!

LE PAYSAN : On dirait bien, mon gars ! Pardon ! Messire.

PERCEVAL : Il faut que je reparte !

LE PAYSAN : Mais la nuit est tombée, vous allez vous perdre !

   Soudain la pièce s’obscurcit, plus trace de feu, il ne distingue plus l’homme et la femme, seul, le visage pâle de l’enfant est encore visible, ses yeux le fixent et le même engourdissement qu’il y a deux nuits, le paralyse.

L’ENFANT : Que fais-tu Perceval ? Quelque part, le Graal t’attend mais pas en Carmélide. Là-bas, tu ne trouveras que tristesse et désolation. Dors ... et retourne auprès de ton roi !

   Comme la fois précédente, Perceval a dormi toute la nuit et se réveille à l’aube. Les paysans sont là, inquiets. Leur fils, habituellement le premier levé, dort encore et ils ne parviennent pas à le réveiller. Perceval va voir mais l’enfant semble dormir paisiblement.

PERCEVAL : Je pense qu’il avait besoin d’un long sommeil, c’est normal à son âge, tout ira bien. Vous m’avez bien dit que vous avez une charrette ? Un cheval aussi ?

LE PAYSAN : Non, juste un âne.

PERCEVAL (sortant sa bourse) : Vous me les vendez ?

LE PAYSAN (regardant la bourse bien remplie avec les yeux exorbités): Messire ... bien sûr ... tout pour vous être agréable !

   Perceval reprend la route dans cet équipage peu glorieux pour un chevalier, direction : Carmélide. C’est pas un gamin qui va faire la loi, non ?
Un peu plus loin sur la route, il croise un chevalier à cheval.

PERCEVAL : Chevalier ! C’est loin encore, la Carmélide ?

LE CHEVALIER : Qui es-tu, vil manant, pour oser m’adresser la parole ?!

PERCEVAL : Je suis Perceval de Galles, chevalier de la table ronde ! Et vous ?

LE CHEVALIER : Mes excuses, chevalier ... mais cet équipage et votre mise ... jamais je n’aurais deviné ... je suis Galehaut, seigneur des îles lointaines. Êtes-vous en quête pour la table ronde ?

PERCEVAL : Non, je suis en quête de ma bien aimée ... alors, la Carmélide ?

LE CHEVALIER : C’est aussi une noble quête, quant à la Carmélide, vous y êtes déjà ! Avez-vous trouvé le Graal ?

PERCEVAL : Non, pas encore ... mais ça avance bien.

LE CHEVALIER : Ne devriez-vous pas vous consacrer au Graal, avant de penser à l’amour ?

PERCEVAL : Oh ! Vous allez pas vous y mettre, vous aussi ! Il parait que je trouverai le Graal avec le seigneur Bohort et le fils de Lancelot ! Le seigneur Lancelot, il a pas encore de femme, alors, vous voyez, j’ai un peu de temps devant moi !

LE CHEVALIER : Si vous le dites ... bonne chance, seigneur Perceval.


***


   Perceval se réveille en sursaut, un cahot plus violent que les autres qui jusque là, avaient plutôt tendance à le bercer. Il arrête son âne et regarde autour de lui ... qu’a dit le garçon, déjà ? Tristesse et désolation, au moins sur ce point, il avait raison. Un paysage rugueux, fait de roche et de terre dure, très peu de végétation mais, en face de lui ... la mer. Alors, c’est comment déjà ? Aller au nord ... il faut avoir le soleil couchant du côté où je porte mon épée ... voilà, en avant Kara, c’est ainsi qu’il a baptisé son âne. Si proche du but, il décide de ne pas dormir et de voyager de nuit. A l’aube, il est en vue de Bédingran. Il doit maintenant, trouver un village au sud de la ville ... alors, le sud... avoir le soleil levant encore du côté où je porte mon épée ... c’est vraiment bizarre ces histoires de nord et de sud... .
Perceval arrive enfin au but, le village de Carouen, le village d’Arzela. Il laisse son attelage et avance discrètement sur la petite colline surplombant le village, il a là, un poste d’observation idéal. Les heures passent, des paysans s’activent autour de la plus grande ferme qu’il pense être la demeure du seigneur Boren. Perceval lutte contre la fatigue, ses yeux se brouillent, il croit voir Arzela partout mais cette fois, oui ! C’est bien elle qui se dirige vers une fermette un peu à l’écart du village. Toute sa fatigue oubliée, Perceval court à corps perdu vers sa bien-aimée. Il parvient à la rejoindre à quelques coudées de la fermette. Arzela pousse un cri de surprise mais personne ne semble l’avoir entendu.

ARZELA : Seigneur Perceval ! Mais ... que faites-vous là ?!

PERCEVAL : Je suis venu vous chercher, vous me manquez, je pense à vous tout le temps ... je vous aime !

   Arzela vient se blottir dans ses bras et pleure à chaudes larmes tout en riant.

ARZELA : Vous êtes fou ! C’est impossible, mon père vous tuerait s’il savait ! Il m’a promise à un riche fermier du village voisin, nous devons nous marier dans trois jours.

PERCEVAL : Mais qu’est-ce qu’on s’en fout ? Venez avec moi, allons sur le continent. J’ai un peu d’argent, on va s’installer en Aquitaine ou ailleurs, comme vous voudrez ... .

ARZELA : C’est impossible, seigneur Perceval, mon devoir est d’obéir à mon père et le vôtre est de trouver le Graal.

PERCEVAL : Oh non, pas vous ! J’en ai rien à faire du Graal ! On sait même pas c’que c’est !

ARZELA : Ne dites pas ça, si quelqu’un peut le trouver, c’est bien vous. Mais je ne vous laisserai pas repartir sans nous offrir à nous même le cadeau que nous méritons.

   Arzela lui prend la main et l’entraîne vers une grange. C’est une découverte pour tous les deux, Arzela qui était vierge et Perceval qui n’avait jusqu’alors connu que des relations tarifées.

PERCEVAL : Ouah ! je ne savais pas que ça pouvait être si ... .

ARZELA : Fusionnel ?

PERCEVAL : Ouais, c’est pas f ... non, en fait, je sais pas c’que ça veut dire.

ARZELA : Que nous ne faisions plus qu’un !

PERCEVAL : Ouais ! C’est ça ! C’était mortel !

ARZELA : Je dois rentrer à présent et vous aussi !

PERCEVAL : Mais, votre mari, il verra que vous n’êtes plus ... .

ARZELA (riant) : Il ne verra rien du tout, il pourrait être mon grand-père ! Je doute qu’il soit encore capable de faire quoique ce soit avec une femme. Il me veut comme un bijou qu’il pourra exposer à ces invités. Au moins, grâce à vous, j’aurai connu les plaisirs de l’amour. Partez maintenant, rentrez à Kaamelott et trouvez le Graal, partez avant qu’on vous surprenne et qu’on vous fasse du mal.

***


   Le voyage du retour, Perceval l’a fait comme un automate, ses pensées exclusivement tournées vers son amour perdu. A peine arrivé à Kaamelott, le roi le convoque.

ARTHUR : Alors, seigneur Perceval, que rapportez-vous de votre périple ?

PERCEVAL : Rien, juste des souvenirs.



FIN

Pécore
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Un peu de douceur dans ce monde de brutes ! :)

Chevalier Allû Ciné
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Très joli. Et drôle aussi. J'étais tellement à fond derrière Perceval ... :)

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