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Excellent. On verra peut être la même chose en flash back dans l'un des films à venir.

La neige est tombée toute la nuit sur Kaamelott, le père Blaise sort de la chapelle emmitouflé dans une grande cape de fourrure. Arthur, vêtu comme à l’accoutumée, arrive à cet instant.
•    ARTHUR : Tiens ! Père Blaise, j’ai failli ne pas vous reconnaître avec cette pelisse !
•    PÈRE BLAISE : Tant qui fra fra...
•    ARTHUR : Fra-fra ?
•    PÈRE BLAISE : Fera fra, merde ! Pardon Sire, fera foi, fra ... tant que ça va cailler comme ça, je la porterai, tant pis pour l’élégance, tant que ça tient chaud.
•    ARTHUR : Vous avez pris autre chose pour vous tenir chaud, non ? Allez ... vous sentez la gnôle à plein nez !
•    PÈRE BLAISE : Oh ! A plein nez, vous abusez Sire, j’ai à peine trempé les lèvres...
•    ARTHUR : Ben mon cochon, vous avez une drôle de notion de la trempette ! Je parierais plutôt sur trois voire quatre godets !
•    PÈRE BLAISE (Un petit sourire en coin) : Y’a pas à dire, Sire, vous êtes un fin connaisseur ! Ça vous dirait d’y goûter ?
•    ARTHUR (Hésitant) : Juste un petit verre vite fait, alors !
                                                                    ***
  Ils entrent tous les deux dans la chapelle, le père Blaise va farfouiller derrière l’autel et revient avec un petit tonneau.
•    ARTHUR : Ah ouais, quand même ! Vous plaisantez pas avec la quantité, vous !
•    PÈRE BLAISE : C’est qu’il faut que ça me fasse tout l’hiver !
•    ARTHUR : J’avais jamais remarqué que vous aviez un penchant pour les spiritueux.
•    PÈRE BLAISE : Vous savez, spirituel, spiritueux, tout ça, ça se ressemble.
•    ARTHUR : Vous comparez la foi à une murge ?!
•    PÈRE BLAISE : J’AI JAMAIS DIT CA ! Tenez, buvez un coup au lieu de dire des conneries ! (il lui tend un godet plein de gnôle)
•    ARTHUR : Non mais oh ! Ça va pas bien ?! (Il se saisi du récipient et le vide d’un trait)
•    PÈRE BLAISE : Excusez-moi, Sire, je suis plus moi-même ... vous avez raison, j’ai dû abuser de cet eskili ... ex-quis éli-xir ! (Il les ressert)
•    ARTHUR : Mouais, faites gaffe quand même, vous avez d’la chance qu’elle est bonne votre gnôle, hein ! (Tous les deux cul-sec)
•    PÈRE BLAISE : On dira ce qu’on voudra, c’est peut être pas ordinaire comme petit déj ... mais ça réchauffe bien ! (troisième tournée)
•    ARTHUR : Oh là ! Pa, pas plus haut qu’le bord, hein ! (Ricanant bêtement)
•    PÈRE BLAISE : Ça, ça serait un miracle ! Et y’a qu’le patron qui sait faire ça !
•    ARTHUR : Le patron ? Ah oui le ... (Montrant discrètement le crucifix surplombant l’autel) Il boit de la gnôle aussi, lui ?
•    PÈRE BLAISE : Ah non ! Même bourré, on ne se moque pas du patron !
•    ARTHUR : Méééé j’me moque pas ... j’me renseigne !
A cet instant, la porte de la chapelle s’ouvre en grinçant.
•    KARADOC (Passant la tête) : C’est bien vous, Sire ? On a cru reconnaitre votre voix.
•    PERCEVAL : Mais entrez, on s’caille les miches dehors !
•    ARTHUR : Ah ben, manquait plus qu’eux ! V’nez par là, y’a d’la bonne !
•    PÈRE BLAISE : Oh ben non, pas eux ! Y vont tout m’vider mon tonneau !
•    KARADOC : Un tonneau ?! Un tonneau de quoi ?
•    ARTHUR : De la gnôle, Messire Karadoc, de la gnôle tombée du ciel ! (le doigt levé vers le plafond)
•    KARADOC : Allez-y, faites péter ! J’vais vous dire si c’est de la bonne, moi !
•    PERCEVAL : Ah ouais, de ce temps là, ça va nous requinquer !
   Arthur s’empare du tonneau, de deux autres godets et sert tout le monde. Le père Blaise fait la tronche.
•    ARTHUR : Allez, goûtez-moi ça, vous m’en nirez des douvelles !
•    KARADOC : C’est vrai qu’elle est bonne ! D’où qu’elle vient ?
•    ARTHUR : DU CIEL ! J’vous ai dit ! C’est le nectar des dieux !
•    PÈRE BLAISE : Ah non ! Pas de blasphème dans la chapelle !
•    ARTHUR : Qué blasphème ? J’ai pas flasbémé, moi !
•    PÈRE BLAISE : Ben si ! Vous parlez DES dieux dans la maison du dieu UNIQUE ! Si c’est pas d’la provocation, ça ... méfiez vous, hein ! “IL” peut très mal le prendre !
•    ARTHUR : Bon, ben, s’cusez-moi votre seigneur, votre altesse ... comment qu’on dit, déjà ?
•    PÈRE BLAISE (Exaspéré) : On dit : Mon Dieu ! C’est pas sorcier quand même !
•    PERCEVAL : Mais de qui vous causez, là ? Du pécore qu’a fait la gnôle ?
•    PÈRE BLAISE : Mais non, enfin ! On parle du Dieu unique !
•    ARTHUR : Ouais mais il a pas tort le peigneur Serpeval, puisque c’est lui qui fait tout, il parait ... c’est lui qu’a fait la gnôle aussi ! Ah ! Qu’est-ce que vous en dites ... de ça, hein ?
•    PÈRE BLAISE : Mouais, si vous voulez ... .
•    KARADOC : Moi, un dieu fabriquant de gnôle, ça me plait bien ! On sent le gars proche du peuple.
•    PERCEVAL : C’est vrai, moi, plus j’en bois, plus j’me sens proche de lui. (Il lève son verre devant le crucifix) A votre santé mon bon seigneur !
•    PÈRE BLAISE : Non mais Sire, ça devient n’importe quoi, là ! Je vais vous demander de sortir avant que l’irréparable ne soit commis !
•    KARADOC : Oh mais quel pisse-froid, celui-là ! Vous avez qu’à rentrer chez vous si vous êtes pas content !
•    PÈRE BLAISE : MAIS JE SUIS CHEZ MOI !
•    ARTHUR : Oh l’autre, hé ! C’est la maison de dieu, vous êtes pas dieu que je chache, sa-che !
•    PÈRE BLAISE : Peut être mais c’est moi qui garde la baraque, alors, oust, dehors !
Le père Blaise les raccompagne jusqu’à la sortie. L’air frais leur redonne un brin de lucidité, juste un brin.

                                                                         ***
•    ARTHUR : Hé ben, c’est pas comme ça qu’il va évangéliser toute la Bretagne, le cureton !
•    KARADOC : Qu’est-ce qu’on fout maintenant ? On va pas rester sur une demi-murge, quand même !
•    PERCEVAL : La gnôle de la taverne est pas si mal ... surtout quand on est bien chaud.
•    ARTHUR : Allez ! C’est parti !
(Noir, voix off)
•    KARADOC : Et puis au moins, là-bas, le patron, c’est vraiment le patron !
TSON !

Agloval a écrit :

Youpi, encore un nouvel épisode : :)

Ben il m'a un peu laissé sur ma faim. J'ai l'impression qu'il finit un peu vite, et la chute n'est pas terrible (ou alors j'ai pas bien compris). D'ailleurs le titre plutôt vague semble confirmer que ça a dû être fait un peu trop rapidement (non ?). Mais je suis conscient de faire la fin bouche, parce que tu nous as habitués à du haut de gamme ! Pas grave, c'est l'occasion d'en relire un autre...

Ouais, il date pas d'hier, c'est sans doute une mauvaise cuvée. Je tâcherai de me rattraper avec le suivant :)

La table ronde.

PERCEVAL : J’suis désolé d’être en retard mais mon cheval est tombé en panne.
ARTHUR : En panne ?
PERCEVAL : Ben ouais, il s’est arrêté d’un coup, impossible de le faire repartir.
BOHORT : Je n'y connais pas grand-chose mais il me semble qu’un cheval, ça ne tombe pas en panne. Une machine de guerre ou un bateau, je ne dis pas mais un cheval !
PERCEVAL : Ben allez essayer de le redémarrer, vous verrez bien.
ARTHUR : Non mais il peut se blesser ou être malade mais en panne, certainement pas.
PERCEVAL : Non mais en fait, j’crois qu’il est mort.
ARTHUR : Pouh, alors, il est mort debout ?
PERCEVAL : Ouais, il était très vieux et tout sec il a dû se modifier.
ARTHUR: Modifier ?
PERCEVAL : Ouais comme les morts en Égypte.
ARTHUR : Momifier !
PERCEVAL : Ouais c’est ça !
LEODAGAN : Bon, après ce préambule passionnant, on peut p’t’être passer à l’ordre du jour ?
PÈRE BLAISE : Euh, oui, alors, aujourd’hui c’est bien évidemment les Burgondes qui sont à nos portes.
ARTHUR : Ouais, les Burgondes ! Ils commencent sérieusement à me courir ceux-là ! Un coup, ils font la paix, juste après ils attaquent.
LEODAGAN : Faut dire qu’on est pas fichus de piger un broc de ce qu’ils bavent même avec des interprètes. Si ça s’trouve, la dernière fois, ils ont prévenu qu’ils allaient attaquer.
ARTHUR : Ils ont quand même bien profité du gueuleton, pour des futurs assaillants, ça la fout mal !
LANCELOT : Les bonnes manières, je ne crois pas que ce soit leur principale préoccupation. On cause, on cause et pendant ce temps là, ils s’organisent.
LEODAGAN : Justement, j’ai remarqué que ces cons-là ont établis leur camp à portée de catapulte, ça serait une bonne occasion de rentabiliser nos investissements !
ARTHUR : Ah mais attention ! Vous êtes certain de ne pas bousiller le mur d’enceinte avec votre engin là ?
LEODAGAN : Aucun souci ! Les servants m’ont assuré que ça devrait passer.
ARTHUR : DEVRAIT ?! Mais moi je prends pas le risque avec “ça devrait passer” ! Vous imaginez si on bousille le mur ? C’est la porte ouverte aux Burgondes !
LEODAGAN : Oh mais faut savoir prendre des risques pour remporter une bataille ! Faut en avoir un peu... si vous voyez c’que j’veux dire !
ARTHUR : Pas au point de livrer Kaamelott tout cuit à l’ennemi ! Non, non, j’ai demandé à Merlin de chercher une solution.
LEODAGAN : Ah, ben on est sauvés alors !
ARTHUR : Ah ! Merlin, on vous attendait. Vous avez du nouveau ?


Merlin s’avance et passant à proximité de Perceval à voix basse :

MERLIN : Désolé pour votre cheval, Seigneur Perceval.
PERCEVAL : De quoi ?
MERLIN : J’essayais un sort de momification pour les Burgondes et vous êtes passé au mauvais moment.
PERCEVAL : Et pourquoi, j’ai rien eu moi ?
MERLIN : Question de hauteur, vous auriez été à pieds, vous étiez bon pour le sarcophage.
PERCEVAL : Le ?
MERLIN : Le mangeur de corps, le sarcophage, c’est là que les égyptiens mettent les momies.
ARTHUR : Bon, Merlin ! On vous dérange pas trop ? Vous avez quelque chose ou pas ?
MERLIN : J’ai travaillé sur un sort de momification mais c’est pas... super !
PERCEVAL : Ah ben, j’suis pas d’accord, moi !
LEODAGAN : Qu’est-ce que vous connaissez aux sorts vous ?
PERCEVAL : Ben rien mais demandez à mon cheval !
LEODAGAN : Non mais soyez poli !
PERCEVAL : Merlin vient de me dire que c’est lui qu’a modifié... momifié mon cheval ! Donc, ça marche ! Enfin, pas le cheval... le sort.
ARTHUR : C’est vrai Merlin ?
MERLIN : Oui mais ça ne dure pas, les gars se réveillent au bout d’une petite heure.
PERCEVAL : Mais vous m’avez dit que j’aurais été bon pour le savonnage !
MERLIN : Le sarcophage, c’était juste une plaisanterie. Votre cheval doit être en pleine forme à l’heure qu’il est.
ARTHUR : Oui, vous avez raison, c’est bien l’moment de faire des plaisanteries. On va utiliser votre sort, on aura une heure pour les dépouiller de leurs armes et les faire prisonniers.
LEODAGAN : On aurait peut être le temps d’les cramer, non ?
ARTHUR : Prisonniers, c’est très bien et on pourra réclamer une rançon !
PERCEVAL : On pourrait récupérer les chevaux aussi ? J’en voudrais bien un neuf.


(Noir, voix off)

LEODAGAN : Dites, vot’sort, là, on peut pas l’balancer avec une catapulte, des fois ?


  TSON !

Spike a écrit :

très bonne lecture, merci et bravo ! 

on ressent bien les personnages, même si je trouve lancelot un poil trop … ah, pas sévère, … vicieux, de venir les narguer comme ça. (Selon ou se place ces histoires dans la continuité de kaamelott bien sûr), il à tendance à être exigeant, en effet, mais il est aussi sous un voeu de noblesse, et je ne penses pas que se réjouir à ce point (et aussi ouvertement) corresponde au voeux. sinon génial me suis bien marré :)

Merci bien, c'est vrai que Lancelot est un des personnages des plus difficiles à cerner vu qu'il n'arrête pas d'évoluer tout au long de la série.

Sterenn a écrit :

Super Gerfo, merci beaucoup ! :D
Un doublé gagnant, j'ai adoré ces deux scenarii. Ils sont bien dans la veine de Kaamelott. Je me suis esclaffé en découvrant la compatibilité du quignon de pain de Perceval, même chose avec la définition de la désertion ! Et Karadoc qui devrait se jeter sur l'option du cachot, mais qui demande encore un troisième choix... :lol:
Quant à Lancelot, dans "Au cachot", qui vient les narguer, mais qui repart humilié... C'est jouissif !:)
Le stratagème d'Arthur qui dissimule (encore) sa bienveillance est vraiment bien trouvé.

Une proposition ou deux... Qui ne mangent pas de pain rassis ;)
- La chute, à la fin de "Désertion", ne me semble pas assez coriace par rapport au Seigneur Léodagan. Qu'il admire Perceval ne me paraît pas naturel, ni qu'il garde le silence quant au comportement de son gendre. J'aurais trouvé plus cohérent avec le personnage (à la fois retors, sans finesse, ni calcul à long terme) quelque chose du genre :
(fin de "Désertion" - Noir, voix off)
Léodagan : "Bravo ! Ce n'est pas en lui épargnant la leçon qu'il apprendra le sens des responsabilités.
Arthur : Vous pensez qu'il deviendrait plus responsable après une bonne pendaison ? Vous êtes plus optimiste que moi !
(tson)

- La chute de "Au cachot", elle aussi pourrait piquer davantage, en ne changeant presque rien !
(fin de "Au cachot" - Noir, voix off)
Karadoc : "On dit : Le cachot au pain sec et à l'eau... Mais franchement, c’est pas si dur que ça !"
(tson)

Qu'en penses-tu ?

Quoi qu'il en soit, je me régale toujours en lisant tes scenarii. Idem avec ceux d'Agloval que je salue au passage !:cool:

Merci bien pour les louanges et les suggestions aussi :)

Retro peccat a écrit :

Merci pour cette bonne lecture et ce bon moment !

Merci bien, Monseigneur :)

Agloval a écrit :

J'ai beaucoup aimé, il y a plein de bonnes idées (renouvellement du gag de Karadoc qui s'attarde à la taverne, Lancelot qui les nargue, la combine d'Arthur avec Venec...) et j'adore la réaction de Karadoc à la fin − comme d'habitude il ne sait pas tirer les leçons.

Une petite remarque : quand Arthur annonce à Karadoc qu'il fera dix jours de cachot, Karadoc s'exclame « quoi ? », eh bien j'aurais bien ajouté un « quoi ? » de Léodagan :

[Arthur] Vous me ferez dix jours de cachot au pain sec et à l'eau !
[Léodagan, indigné devant tant d'indulgence] Quoi ?
[Karadoc, indigné par la sévérité de la peine] Quoi ?

Merci et oui, bonne idée le "quoi" de Léo.

DÉSERTION

Karadoc : Gardes de la salle du trésor, comment ça pète, ça !


Perceval : Je veux, ouais ! On y aura mis le temps mais on y est.


Karadoc : Même le Seigneur Lancelot, il l’a jamais fait. Pourtant, il se donne de grands airs.


Lancelot (arrivant) : Je confirme, je ne fais pas de basses besognes habituellement réservées aux simples soldats récemment engagés.


Perceval : Ouais, vous dites ça parce que vous êtes jaloux !


Lancelot : Jaloux ?! De devoir rester debout dans un couloir à peine éclairé sans rien avoir à faire d’autre qu’écouter les mouches voler. Non, pas vraiment. Sans rien manger pendant des heures … moi ça ne me dérangerais pas mais le Seigneur Karadoc … Allez, bon courage Mes Seigneurs ! (Il s’en va)


Karadoc : Vous croyez qu’il était sérieux ?


Perceval : C’est vrai qu’on a dit au Roi qu’on méritait bien d’être de garde mais on a pas trop demandé de détails.


Karadoc : C’est quand la relevade ?


Perceval : Dans six heures, je crois. Ça va faire long …


Karadoc : Je crois pas que je pourrai tenir, j’ai pris que deux saucissons et deux tranches de lard. Si j’avais su, j’en aurais pris pour vous, ça m’en aurait fait plus.


Perceval : Moi j’ai juste un quignon de pain d’il y a quinze jour, j’suis pas sûr qu’il soit encore compatible.


Karadoc : J’ai déjà faim. On a qu’à manger c’qu’on a. Vous vot’pain et moi le reste. Un de nous ira au ravitaillement.


Perceval : On nous a bien dit de ne pas quitter notre poste !


Karadoc : Vous avez déjà vu des gardes morts de faim à leur poste ? Non ? Ça veut dire qu’ils vont au ravitaillement !


Perceval : Dans ce cas, vous irez, moi, je ne bouge pas ! J’ai promis au Roi.


Karadoc (parlant la bouche pleine) : ‘a’ord, ‘i ‘ous ‘oulez.


…..


A la taverne.


Le Tavernier : Garde du trésor ! Mais ça vous fait pas du souci cette promotion ?


Karadoc : J’ai l’air de m’faire du souci, là ? Nan, c’est juste un coup à prendre, faut bien s’organiser.


Le Tavernier : C’est quand qu’vous commencez ?


Karadoc : Ah mais ça y est déjà, on est en plein d’dans ! Je suis juste passé prendre d’la boustifaille et j’y retourne !


Le Tavernier : J’sais pas, j’me rends pas bien compte mais ça doit bien faire trois heures que vous êtes là.


Karadoc : Ah ouais, tant que ça ? Préparez-moi un p’tit frichti à rapporter au Seigneur Perceval.

…..

De retour devant la porte de la salle du trésor.


Karadoc : Seigneur Perceval ! J’vous ai rapporté un p’tit échantillon des délices de la taverne, vous m’en direz des nouvelles !


Arthur : J’ai hâte de voir ça !


Karadoc : Ah ! Sire ! Vous êtes là ?


Arthur : Oui, MOI, je suis là. Contrairement à vous ! Ça vous gène pas de laisser votre camarade seul pendant des heures ?


Perceval : Mais ça allait bien, moi. Je jouais avec des cailloux à un jeu du Pays de Galles. Normalement ça se joue à seize avec des tonneaux pleins ou vides ou à moitié pleins ou à moitié vides.


Arthur : C’est la même chose !


Perceval : De quoi ?


Arthur : Des tonneaux à moitié pleins ou à moitiés vides, c’est pareil !


Perceval : Comment ça ?


Arthur : PEU IMPORTE ! Là n’est pas la question ! Le Seigneur Karadoc a déserté son poste et risque … une peine sévère !


Léodagan (jusque là caché dans l’ombre) : Ah ben c’est rien de l’dire ! La peine de mort, ni plus, ni moins.


Karadoc : C’est pour ça que suis allé chercher à manger ! Dix minutes de plus sans rien avaler et j’étais mort !


Léodagan : DESERTION ! vous savez c’que ça veut dire ?!


Perceval : Ouais, c’est quand la végétation devient rare et qu’y’a plus qu’du sable à perte de vue.


Léodagan(avec un petit sourire) : Presque ! C’est quand un soldat quitte son poste sans autorisation. Et c’est puni de la peine de mort !


Arthur : Oui, enfin, pas toujours.


Léodagan : Ah mais si ! Toujours !


Arthur : Peut être en Carmélide mais ici, c’est moi qui donne les ordres ! Alors, KARADOC ! Vous f’rez dix jours de cachot, au pain sec et à l’eau !


Karadoc : QUOI !? MAIS C’EST INHUMAIN !


Arthur : Vous préférez la pendaison ?


Karadoc : Y’a pas un troisième choix ?


Arthur : Bon, ça suffit maintenant ! Gardes ! Emmenez-le au cachot !


Perceval : Sire ! Permettez-moi de l’accompagner dans cette étrave !


Arthur : Epreuve ! Mais vous n’avez rien fait de mal, vous. Au contraire, vous avez tenu votre poste tout seul !


Perceval : Je sais mais j’étais d’accord avec lui.


Arthur : Très bien ! Qu’il en soit fait comme vous le désirez. Emmenez-les tous les deux !


(Noir, voix off)


Léodagan : Y’a pas à dire, il m’épate ce Perceval !


Arthur : Moi aussi. Vous, en revanche … Jamais de surprise !

TSON !



AU CACHOT

Perceval : Non mais j’vous assure, arrêtez de pleurer Seigneur Karadoc. Ça fait juste trois jours qu’on est là et vous avez pas cessé de chouiner. Il me reste un morceau de pain sec, vous en voulez ?


Karadoc : NAN ! J’en ai marre du pain sec ! J’veux d’la viande avec d’la sauce et des patates grosses comme ça ! J’veux rentrer chez moi, à la taverne ! Je le croyais pas si méchant not’ Roi Arthur.


Perceval : Non mais vous vous rendez compte qu’il vous a sauvé la vie ? Normalement, c’était la pendaison !


Karadoc : J’PREFERE ENCORE ETRE PENDU QUE D’MOURIR DE FAIM !


Lancelot (Arrivant): Ah ! Mes Seigneurs favoris. Alors, comment s’est passée cette garde ? Pas très bien à ce qu’il semble. Décidément, le Roi vous a à la bonne, vous savez que vous auriez dû …


Perceval et Karadoc à l’unisson : ETRE PENDUS, OUI, ON SAIT !


Perceval : On dirait que ça vous fait plaisir …


Lancelot : Je dois bien admettre que depuis le temps que vous êtes parmi nous à glander, j’attendais avec impatience que vous receviez la monnaie de votre pièce.


Karadoc : De quoi y cause ? Il nous doit de l’argent ?


Perceval : J’en sais rien, pas moyen d’piger un mot de c’qu’il bafouille ! Je crois qu’il est un peu simplet. Ça doit être pour ça qu’il se trouve pas de femme !


Lancelot furax : Ah mais ! J’vous d’mande bien pardon ! C’est pas que … vous pouvez pas … Mééééééé ! Oh puis merde !


Lancelot sort, ou s’enfuit plutôt.
Venec entre.


Venec : Ah ben mes p’tits poulets, qu’est-ce que vous faites là ?


Perceval : Vous v’nez nous narguer vous aussi ?


Venec : Je n’ai que de bonnes intentions, parole !


Karadoc : Si vous avez pas d’la bouffe sous vot’cape, vous pouvez rien pour nous !


Venec ouvrant sa cape : Ben justement, regardez-moi ça ! Du saucisson, de la terrine du bon pain tout frais …


Perceval : Laissez tomber, on a pas d’argent !


Venec : Mais je ne vous demande rien mes bons Seigneurs, tout est pour vous. Profitez !


Karadoc se ruant sur les victuailles : Ah merci, merci, merci, je vous embrasserais si j’avais la bouche libre !


Perceval : Mais, pourquoi ?


Venec : Cherchez pas, prenez ça comme ça vient.


Venec sort, dehors, une silhouette encapuchonnée l’attend dans l’ombre.


Venec : C’est fait !


Arthur lui tendant une bourse : On est bien d’accord, vous refaites ça tous les jours ?


Venec : Promis Sire mais je comprends pas bien …


Arthur : Cherchez pas, ça vous dépasse.


(Noir, voix off)


Karadoc : On dit : Le cachot, le cachot ! Mais c’est pas si dur que ça !

TSON !

Sterenn a écrit :

Super Gerfo !
J'adore. Les dialogues sont bien tenus, "j'entends" les voix des personnages... Et Perceval qui, enfin, commence à s'affirmer, à rappeler son titre pour ne plus être "considéré en tant que tel". Ce qui induit une chute aussi naturelle qu'inattendue. Merci beaucoup, j'ai bien ri.

Merci mais si justement, c'est pour être considéré en tant que tel :)

Sterenn a écrit :

Merci Gerfo !
Une suite sur le même ton... Tout ce que j'aime : Du rythme, des personnages bien campés fidèles à eux-mêmes. Le tout conclu d'une chute à tomber par terre (le vendredi soir, je m'autorise un écart), digne d'A.A..
L'unique suggestion que je puis me permettre : Peut-être, afin de faciliter la tâche du lecteur qui viendra dans quelques années (lorsque l'index se sera encore allongé de plusieurs pages), pourrais-tu une prochaine fois donner le lien du texte qui précède celui-ci ?
http://forum.onenagros.org/viewtopic.ph … 02#p267802
Chapeau bas, messire !

Merci bien pour ces compliments et pour l'idée du lien. C'est fait maintenant :)

Première partie ici : http://forum.onenagros.org/viewtopic.ph … 02#p267802

  Labo de Merlin, Perceval entre.

PERCEVAL : Merlin !
MERLIN : Oui, qu’est-ce que c’est ?
PERCEVAL : J’en ai gros !
MERLIN : Mais... euh... qu’est-ce que vous entendez par là ?
PERCEVAL : Vous l’avez dit ou pas que quand vous serez grand vous deviendrez louveteau ?!
MERLIN : Qu’est-ce que ça peut bien vous faire, vous êtes pas mon conseiller de carrière !
PERCEVAL : Non mais sérieux, vous l’avez dit ou pas ?!
MERLIN : Je sais pas où vous avez entendu ça mais c’est des choses qui ne regardent QUE les druides ! Alors... oubliez ça !
PERCEVAL : Mais j’en ai parlé au roi et il m’a pas cru !
MERLIN : DE QUOI ?! Vous en avez parlé au roi ?! Mais vous êtes marteau !
LEODAGAN (entrant) : Non mais qu’est-ce qui se passe ici ?! J’ai cru qu’on assassinait quelqu’un !
PERCEVAL : C’est lui, là ! Il veut pas me dire si il va devenir louveteau !
MERLIN : Mais fermez-là, vous ! Vous allez pas en parler à toute la Bretagne quand même !
LEODAGAN : Qu’est-ce que ça peut bien vous faire ? C’est pas la première fois qu’il raconte des conneries.
MERLIN : Oui mais là, ça me concerne !
PERCEVAL : Et surtout c’est vrai !
LEODAGAN : Oh mais arrêtez vos chars ! Merlin, il est incapable de réussir un sort pour marcher droit alors, se transformer en loup...
MERLIN : Mais je vous demande bien pardon ! C’est parce que j’avais un peu trop picolé que j’ai raté mon sort... et que je marchais pas droit. A jeun, je le réussis à tous les coups !
LEODAGAN : Oui mais à jeun, vous marchez droit ! La vie est mal faite quand même, hein ? Et puis même, entre marcher droit et se transformer en loup, c’est pas la même tisane !
MERLIN : Apprenez mon petit Monsieur que je me transforme en loup quand je veux !
PERCEVAL : Quel rapport avec les loups ?! Le roi avait dit pareil.
LEODAGAN : Comment ça, quel rapport ? C’est pas vous qu’arrêtez pas de nous bassiner avec les louveteaux depuis tout à l’heure ?
PERCEVAL : Ben si et alors ?
LEODAGAN : ET ALORS ?! LES LOUVETEAUX CA DEVIENT BIEN DES LOUPS, NON ?!
PERCEVAL : Ah ouais, eux aussi ?!
LEODAGAN : Oh merde ! Bon vous, Merlin ! Vous vous vantez de vous transformer quand vous voulez ? J’demande à voir !
MERLIN : Ouais mais... c’est dangereux, faut pas le faire trop souvent sinon, on peut rester bloqué... et là, on devient Lycan-druide ! Loup-Garou, si vous préférez.
LEODAGAN : Ben voyons, vous trouvez toujours le moyen de louvoyer, vous, hein !
PERCEVAL : Loup-garou, loup-voyez... j’suis complètement largué !

                                                                      ***


  Perceval et Léodagan quittant le labo de Merlin.



PERCEVAL : J’avais pas fait le rapprochement, les loups-veteaux, les loups-garous et les loups-voyez ... tout ça, c’est des druides, alors ?
LEODAGAN : Ouais, c’est ça ! Y’a même des loups-anges aussi !


(Noir, voix off)

LEODAGAN : Mais vous inquiétez pas, ceux-là, c’est pas pour vous !


TSON !

Merci pour toutes ces infos sur les plantes carnivores de nos régions.
Pour la chute, j'ai imaginé un Karadoc tellement perturbé qu'il en oublie ses bases :)

Merci bien, je file le lire :)

   Arthur et Perceval en tête-à-tête.


PERCEVAL : Sire ? Je peux vous poser une question ?

ARTHUR : M’ouais ... allez-y toujours ... .

PERCEVAL : Vous me dites si c’est des conneries, hein ?

ARTHUR : Vous inquiétez pas pour ça, ça sera sûrement le cas !

PERCEVAL : De quoi ?

ARTHUR : Allez-y, allez-y, roulez ...

PERCEVAL : Okay, je me lance : Dans les druides ... .

ARTHUR : Oh putain ! Déjà, rien que le départ, ça promet !

PERCEVAL : Comment ?

ARTHUR : Rien, rien, allez-y, je me tais.

PERCEVAL : Dans les druides, c’est lesquels qu’ont le plus de chances de devenir louveteaux ?

ARTHUR : Ah la vache ! Ouais, c’est bien ce que je pensais, c’est des conneries !

PERCEVAL : Non mais Sire, sérieux ... .

ARTHUR : Ah mais sérieusement, y’a pas UN mot qui veut dire quelque chose dans votre question !

PERCEVAL : Quand-même ... .

ARTHUR : QUOI “Quand-même” ?! C’est de la merde, je vous dis !

PERCEVAL : Mais Sire, vous fâchez pas. C’est pas grave si vous savez pas.

ARTHUR : Mais y’a rien à savoir ! Ça veut rien dire ! “Dans les druides” déjà, qu’est-ce que ça veut dire, pour vous ? Les druides c’est des êtres humains, alors “dans les druides” y’a des tripes et des boyaux comme chez tout le monde ! Qu’est-ce que vous allez me chercher des louveteaux qu’ont rien demandé à personne ... les pauvres bêtes !

PERCEVAL : Non mais, les druides, c’est bien un peuple ?

ARTHUR : Nooooon, c’est pas un peuple, c’est plus une ... profession ou une vocation, si vous préférez.

PERCEVAL : Une vocation ?! Nan mais même moi, je crois que je comprends plus ma question !

ARTHUR : Vous, vous êtes chevalier ... c’est un peu comme une profession, un travail, quoi !

PERCEVAL : Un travail ?! Je fous rien de toute la journée ... à part des conneries.

ARTHUR : A votre place, je m’en vanterais pas trop ! Bon, écoutez ... il y a des druides, des chevaliers, des paysans ... chacun a sa fonction dans la société, voilà, druide, c’est une fonction ! Après vous demandez “c’est lesquels qu’ont des chances de devenir louveteaux ? « Lesquels » c’est les druides, c’est ça ?

PERCEVAL : Ben ouais !

ARTHUR : Donc, vous voulez savoir quels druides ont des chances de devenir louveteaux ?

PERCEVAL : Ben ouais !

ARTHUR : Mais comment ça .... je suis désolé, je comprends rien à votre question !

PERCEVAL : C’est une question de grade ?

ARTHUR : De grade ?!

PERCEVAL : C’est les druides qu’ont le grade le plus élevé qui deviennent louveteaux ?

ARTHUR : Mais personne ne devient louveteau, à part les petit loups, bien sûr ! Où est-ce que vous êtes allé chercher ça ?

PERCEVAL : C’est Merlin qu’en parlait l’autre jour, il a dit un truc, genre, quand il sera grand, il deviendra louveteau. C’est bien un druide, Merlin ?

ARTHUR : Non ! Euh enfin, si ! Enfin, lui, c’est spécial ... faut pas toujours écouter ce qu’il raconte.

PERCEVAL : Ah bon ? Je croyais que les druides c’étaient des sages.

ARTHUR : Normalement, oui mais Merlin ... on sait pas trop ! Il est ... spécial mais c’est vrai que les loups c’est son truc ... de là à devenir louveteau ... ça me parait ... se transformer en louveteau quand il sera grand, en plus ! Il a déjà presque neuf cents ans, alors ... non, je crois que vous avez dû mal comprendre !

PERCEVAL : Mais quel rapport avec les loups ?

ARTHUR : Ben les louveteaux, les loups ... .

PERCEVAL : Pour quoi faire ?

ARTHUR : AH NON PERCEVAL, VOUS COMMENCEZ A ME FAIRE CHIER A JAMAIS RIEN BITER !

PERCEVAL : SEIGNEUR Perceval !

ARTHUR : Tiens ! Vous devenez susceptible, vous ?

(Noir, voix off)

PERCEVAL : Ah non, je me transforme pas en animal, moi !
TSON !

La suite ici : http://forum.onenagros.org/viewtopic.php?id=5577

Karadoc et Perceval en forêt, traînant un gigot, à la chasse à la plante carnivore.

PERCEVAL : Au fait, à quoi qu’on les reconnait ?
KARADOC : Les plantes carnivores ? J’en sais rien, j’ai pas demandé à Merlin.
PERCEVAL : Ah, c’est lui qui vous en a parlé ?
KARADOC : Ouais, enfin, il parlait avec l’autre enchanteur que j’aime pas bien…
PERCEVAL : Comment qu’on va faire, du coup ?
KARADOC : Ben, la première qui nous attaque, on lui marave la tronche et après, on en cherche d’autres pareilles !
PERCEVAL : Ah ouais !... c’est chaud !
***

A la nuit tombée.

PERCEVAL : A part un écureuil, y a pas grand-chose qui nous a attaqué !
KARADOC : Et encore, c’était un bébé et j’suis pas sûr qu’il voulait vraiment nous attaquer !
PERCEVAL : Les plantes, elles ont dû avoir peur de nous ! On aurait dû venir moins nombreux !
KARADOC : Que la moitié, vous voulez dire ?
PERCEVAL : Ben ouais, ça aurait été largement suffisant !
KARADOC : Mais la moitié d’nous, ça fait que moi !… ou que vous !
PERCEVAL : Ah ouais, la vache ! J’avais pas compté !
KARADOC : Bon, ben… du coup, on rentre ?
PERCEVAL : Ben ouais, les plantes, si elles ont bouffé de la bidoche toute la journée, elle doivent roupiller maintenant.
***

Un peu plus tard au labo de Merlin.

KARADOC : Vous vous êtes bien foutu d’ma tronche, hein ?!
MERLIN : Comment ?!
KARADOC : L’autre jour, quand vous parliez avec machin, là… les plantes carnivores !
MERLIN : Euh oui, j’en ai parlé avec Elias et puis quoi ?
KARADOC : Ben j’suis allé en forêt avec le Seigneur Perceval et ben, on en a pas trouvé !
MERLIN : Ça m’étonne pas, ça pousse que dans les pays chauds, en Afrique surtout !
KARADOC : MAIS VOUS POUVIEZ PAS L’DIRE AVANT, AU LIEU D’NOUS LAISSER CHERCHER COMME DES CONS !
MERLIN : ÇA VOUS APPRENDRA A ÉCOUTER DES CONVERSATIONS QUI VOUS CONCERNENT PAS ! ÇA VA BIEN MAINTENANT !
KARADOC : On voulait les appâter avec un gigot premier choix, regardez-moi ça ! Qu’est-ce que j’vais en faire maintenant ?


(Noir, voix off)

MERLIN : Alors là, Seigneur Karadoc, venant d’vous, c’est une question… déroutante !



  TSON !

Karadoc et Perceval à la taverne.

KARADOC : Moi, la forêt, j’y vais plus !
PERCEVAL : Ah bon mais pourquoi ?
KARADOC : On m’a dit qu’il y avait des plantes carnivores !
PERCEVAL : C’est quoi ces machins là ?
KARADOC : C’est des plantes qui mangent de la viande ! Les salopes ! Déjà qu y en a pas d’trop pour nous !
PERCEVAL : Ouais mais bon, c’est pas dangereux, on est pas d’la viande, nous !
KARADOC : Ben y parait qu’si !
PERCEVAL : De quoi ?!
KARADOC : Ben ouais, y parait qu’on pourrait manger d’l’homme comme on mange du cochon ! Ça s’fait pas, c’est tout !
PERCEVAL : Ah la vache mais c’est dégueulasse !
KARADOC : Ben pourquoi ? Moi, ça m’déplairait pas d’finir en rôti !
PERCEVAL : Ben, comptez pas sur moi pour v’nir bouffer à votre enterrement !
KARADOC : Nan mais d’toute façon, c’est pas possible ; j’vous ai dit,  ça s’fait pas ! J’suis trop en avance sur mon temps. J’aurais dû naître dans mille ans avec des idées progressives comme les miennes !
PERCEVAL : Ouais, c’est pas faux !
KARADOC : C’est “progressives” que vous avez pas compris ?
PERCEVAL : Ouais !
KARADOC : C’est des trucs qui font avancer les hommes !
PERCEVAL : Comme les chevaux ?
KARADOC : Ouais, voilà ! Les chevaux, c’est progressif !
PERCEVAL : Sinon, pour vos plantes qui dévorent, là ! On pourrait pas en faire une mission ?
KARADOC : Comment ça ?
PERCEVAL : Ben on va en forêt, on les trouve et on les coupe !
KARADOC : Ah ouais, pas con ! Et si ça se trouve, on va trouver leur garde-manger !
PERCEVAL : Allez, c’est parti, j’ai une idée !
KARADOC : Ouais, les plantes, faut leur couper l’herbe sous l’pied !
***

A Kaamelott.

LEODAGAN : Ils vont pas mieux les deux débiles, j’dirais même que ça s’aggrave !
ARTHUR : Gauvain et Yvain ?
LEODAGAN : Nan, les deux autres !
ARTHUR : Perceval et Karadoc ? Qu’est-ce qu’ils ont encore fait ?


(Noir, voix off)

LEODAGAN : J’préfère pas savoir pourquoi mais j’viens d’les voir partir en forêt en traînant un gigot en laisse !



  TSON !

Dame Séli se dirige d’un pas décidé vers la chambre royale. Elle frappe vigoureusement à la porte.

ARTHUR : Qu’est-ce que c’est ?!
SELI : On a besoin de vous, ça urge !
ARTHUR (lui ouvrant) : Mais vous pourriez prendre des initiatives de temps en temps, non ? Je suis pas là pour régler les problèmes d’intendance !
SELI : C’est plus grave que ça. (Elle marmonne quelque chose d’inaudible)
ARTHUR : COMMENT ? j’ai rien compris !
SELI : Mon époux a disparu.
ARTHUR : Comment ça ?
SELI : Il était là et d’un coup, il y était plus !
ARTHUR : J’peux pas dire que ça m’émeuve plus que si j’avais égaré un truc dont j’ai rien à faire, en revanche, ça m’intrigue. Vous voulez dire que vous l’avez vu, disparaître ?
SELI : Pas tout à fait, on avait des mots et je lui tournais le dos. Je l’ai traité de gros faisan et ... rien ! Je me suis retournée et il avait disparu.
ARTHUR : Ben il est parti, c’est tout !
SELI : Impossible ! La porte de la chambre était fermée et, jusqu’ici, il avait jamais laissé passer un “gros faisan” !
ARTHUR : Bon, allons voir sur place !
***

SELI : Voilà ! Il est pas là, vous êtes bien avancé maintenant !
ARTHUR : Oh ! Dites, ça va hein ! C’est pas moi qui l’ai perdu que je sache ! Pourquoi vous vous engueuliez d’abord ?
SELI : Qu’est-ce que ça peut faire ?
ARTHUR : Dites toujours !
SELI : Ça faisait des jours que j’le tannais pour qu’il aille remonter les bretelles de Merlin, il voulait rien savoir.
ARTHUR : A quel sujet ?
SELI : Merlin refuse de me faire une potion !
ARTHUR : Quel genre de potion ?
SELI : J’vois pas le rapport, en quoi ça vous regarde ?
ARTHUR : Ça me regarde si je le décide vu que je suis le Roi ! Accouchez !
SELI : Une potion de (Inaudible)
ARTHUR : Pardon ? J’ai pas bien ... .
SELI : D’enfantement ! Une potion d’enfantement.
ARTHUR : Qu’est-ce c’est qu’ce machin là ?
SELI : Ben ! Ça m’semble clair. Une potion pour avoir un enfant.
ARTHUR : Une potion de fécondité, quoi !
SELI : Pas tout à fait, non. La femme qui la boit tombe enceinte du premier homme qui la touche. Et quand je dis, qui la touche, c’est à prendre au pied de la lettre, pas besoin de partie de jambes en l’air, un simple contact des mains par exemple, et hop ! Le polichinelle est dans le tiroir.
ARTHUR : Et je peux savoir à qui était destinée cette potion ?
SELI : Une amie, vous la connaissez pas !
ARTHUR : Ah mais me la faites pas à l’envers ! C’était pour votre fille, oui ! Vous étiez prête à ce qu’elle soit enceinte du premier glandu de passage !
SELI : Ah mais non ! Je me serais arrangée pour que ce soit vous, j’suis pas folle quand même !
ARTHUR : Si vous l’dites ! Allons voir Merlin.
SELI : Mais puisque j’vous dis qu’il veut pas la faire !
ARTHUR : Léodagan qui disparait d’un coup, ça vous évoque pas un peu la magie ?
***

MERLIN : Le seigneur Léodagan ? Oui, il est passé.
ARTHUR : Et alors ?
MERLIN : Alors ? Rien !
ARTHUR : Bon, écoutez Merlin, on va pas jouer à ça. DITES MOI C’QUE VOUS AVEZ FAIT DE LEODAGAN !
MERLIN : Mais rien ! Il voulait la potion que Dame Séli m’a réclamée mais je lui ai dis qu'il pouvait se gratter. Il est reparti lui annoncer.
SELI : Ah bon, c’était vrai alors ? Je l’ai pas cru, c’est pour ça que je l’ai traité de gros faisan.
ARTHUR : Il s’est rien passé d’autre ? Y avait personne d’autre ici ?
MERLIN : Il a juste croisé le Seigneur Perceval en repartant.
ARTHUR : Qu’est-ce qu’il voulait çui-là ?
MERLIN : Il me rapportait une potion de téléportation, soi-disant qu’elle marchait pas. Il voulait aller en Afrique pour voir des éléphants.
ARTHUR : Et qu’est-ce qu’elle devenue cette potion ?
MERLIN : Aucune idée, il a jamais pu la retrouver. Maintenant que j’y pense, Le Seigneur Léodagan et lui se sont heurtés à la porte, peut être que ... .
ARTHUR : La potion s’est renversée sur lui ! Donc, il est en Afrique ?
MERLIN : Ah ben, pas forcément. Ça dépend à quel lieu il pensait quand ça s’est produit, ensuite, c’est une question de minutes avant que ça agisse.

Léodagan marchant seul dans un paysage froid et désolé.


(Noir, voix off)

LEODAGAN : Quand j’ai dit, va te faire voir chez les Orcaniens, je parlais de cet enfoiré de Merlin, MERDE !


TSON !

Grande salle de Kaamelott, Damé Séli a réuni tous les habitants du château. Les loufiats, les soldats, les seigneurs, leurs épouses, tout le monde. C’est un brouhaha énorme.
DAME SÉLI : Bon, écoutez-moi !
Personne ne lui prête attention, le vacarme continue.
DAME SÉLI : ÉCOUTEZ-MOI BANDE DE PIGNOUFS !
ARTHUR : Non mais oh ! Ça va bien, oui ?!
DAME SÉLI : Nan mais c’est pas à vous qu’je cause, c’est les autres là...
LÉODAGAN : Quoi les autres ?! C’est de moi qu’vous parlez ?!
DAME SÉLI : Ah mais que vous êtes cons ! C’est les larbins et les soldats qui font tout ce bazar !
ARTHUR : Et “que vous êtes cons” c’était pour qui exactement ?
DAME SÉLI : Oh mais arrêtez de vous vexer comme des p’tites pucelles ou on y arrivera pas !
LÉODAGAN : Ah ben dites-donc, vous êtes remontée ce matin... j’ai hâte d’entendre la suite, ça promet !
***
L’audience a fini par se calmer et Dame Séli peut enfin commencer.
DAME SÉLI : Bon ! Il semblerait que certains parmi vous se croient à Rome ici. Et que j’te laisse toutes les torches allumées toute la nuit, les chandelles pareil et que ça bouffe quand ça leur chante... je dis stop ! C’EST PAS ROME ICI ! En conclusion, à partir de pas plus tard que maintenant, toutes les torches seront éteintes au coucher, si vous avez besoin de vous déplacer, prenez une chandelle qui vous appartient ! EST-CE-QUE C’EST BIEN CLAIR POUR TOUT L’MONDE ?!
KARADOC : Ah bah non, ça s’ra pas clair, ça s’ra tout noir !
DAME SÉLI : Vous faites bien de l’ouvrir, vous ! À vous seul vous dilapidez la moitié des ressources du château ! Alors, la nuit, vous restez dans votre chambre sinon, y aura des représailles !
KARADOC : C’EST PAS DES REPRÉSAILLES QUI Y AURA ! C’EST D’LA CHARCUTAILLE !
ARTHUR : Oui euh bon, ça va, on va s’calmer un peu. Alors, euh, seigneur Karadoc, vous avez l’droit d’aller aux cuisines la nuit...
DAME SÉLI : Ah non mais c’est pas vrai !
ARTHUR : ...mais avec votre propre chandelle, on est d’accord ?
PERCEVAL : Oh ben, ça le gênera pas, y pourrait y aller les yeux fermés !
LÉODAGAN : Et si j’ai envie d’aller pisser au milieu d’la nuit, comment que j’fais, moi ?
DAME SÉLI : Ben vous prenez une chandelle ! On en a tout un stock !
LÉODAGAN : Et après, j’peux pas tenir la chandelle, mon froc et l’matos, j’ai pas trois mains !
DAME SÉLI : Mais vous la posez, c’est quand même pas compliqué !
LÉODAGAN : Je pose quoi ?
DAME SÉLI : Mais réfléchissez espèce de gros faisan ! La chandelle, qu’est-ce que vous voulez poser d’autre ?!
LÉODAGAN : Ouais oh hé ! Mollo, hein ! Vous décidez des trucs, comme ça, toute seule... on peut savoir ce qu’il vous prend ?
DAME SÉLI : Y m’prend qu’on va manquer d’pin !
KARADOC : Le pain ici, d’toute façon, il est dégueulasse ! Tant qui y a de la barbaque, moi, ça m’va.
PERCEVAL : Et puis, j’vois pas l’rapport avec aller poser une chandelle pour pisser d’ssus !
DAME SÉLI : Mais pas ce pain là, bougres d’ânes ! Le pin, le bois !
PERCEVAL : Oh là là... ça commence à m’faire mal à la tête c’t’histoire.
ARTHUR : Le pin, c’est le bois dont on fait les torches, parce que c’est un résineux, ça flambe bien et longtemps.
LÉODAGAN : Oui et ?
ARTHUR : Depuis l’incendie du mois dernier, on est à cours de pin.
PERCEVAL : Ça vient sûrement d’moi, hein, mais j’ai rien pigé.
KARADOC : Mais non, ça vient pas d’vous, j’ai rien pigé non plus !
ARTHUR : Vous avez juste à savoir que la nuit les torches seront éteintes et que devrez prendre une chandelle...
DAME SÉLI : PERSO, la chandelle !
ARTHUR : Oui, alors, ça, j’en ai rien à carrer !
DAME SÉLI : Le stock de chandelles aussi, diminue !
PERCEVAL : Les chandelles c’est en pain aussi ?!
***
Un couloir de Kaamelott en pleine nuit, noir complet.
PERCEVAL : Vous êtes sûr que c’est par là ?
KARADOC : Certain !
PERCEVAL : Mais vous aviez pas une seule chandelle dans votre chambre ?
KARADOC : Pas besoin... chut !
PERCEVAL : Quoi ?
KARADOC : On approche, écoutez comme ça sent bon !
(Noir, voix off)
PERCEVAL : J’peux pas, j’y vois rien !
TSON !

Plume De Chien a écrit :

Encore un jeu bien barré qui promet un soui pas possible à la taverne !

Du soui, du soui, j'vois pas pourquoi, c'est tout con ! :)

Ah ben, ça y est, ça fonctionne !
Très bon, surtout Perceval :)

La taverne où nous retrouvons nos deux piliers, Perceval et Karadoc, cette fois, en compagnie de Gauvain et d’Yvain.
KARADOC : Ça vous dirait pas un p’tit sloubi ?
YVAIN : C’est quoi ? Ça se mange ?
KARADOC : Nan, c’est un jeu !
PERCEVAL : Ouais mais c’est chiant, on a toujours pas les bouts de bois ni les poutrelles ! Du coup, c’est trop... c’est pas assez...
KARADOC : Ça manque de poutrelles, quoi ! Pourtant, on s’était bien marrés la dernière fois !
PERCEVAL : Ouais mais on était déjà bien allumés ! Là, on sera pas en état avant deux bonnes heures ! Non mais sinon, on pourrait jouer à Garbette ou Ficlou ! Ça se joue à quatre et seulement avec des dés !
YVAIN : Dédé ?! Connais pas ! Et puis on est déjà quatre !
PERCEVAL : Les dés, vous savez pas c’que c’est ?!
YVAIN : Ah mais oui, si, si ! Non mais j’avais pas… pardon !
GAUVAIN : Oui ! Moi aussi j’avais … mais non !
KARADOC : C’est pas trop compliqué j’espère ?
PERCEVAL : Pensez-vous, c’est tout con ! Pour commencer, faut décider qui va débuter ! Pour ça, on lance les dés chacun notre tour et celui qu’a le résultat le plus équidistant commence la partie !
GAUVAIN : Équidistant ? C’est en rapport avec les chevaux ?
YVAIN : Non, ça c’est équilatéral !
PERCEVAL : Nan mais c’est n’importe quoi c’que vous dites ! Équidistant, c’est le résultat le plus proche de tous les autres !
KARADOC : On pourrait pas prendre le plus grand ou le plus petit, ça serait plus simple quand même !
PERCEVAL : Mais j’vois pas c’qu’y a de compliqué ! Là, on a trois dés, donc, le plus petit possible c’est trois et le plus grand dix-huit !  Bon, le plus équidistant c’est sept et demi mais avec les dés, on peut  pas, alors c’est celui qui fait sept ou huit qui gagne. Si y a égalité, c’est le premier qui crie : Garbette ! S’il est au dessus ou Ficlou !  S’il est en dessous, qui commence. Ça peut pas être plus simple !
YVAIN : J’ai rien pigé mais trop pas quoi !
GAUVAIN : Et ça, c’est juste pour décider qui commence ?!
KARADOC : Ouais mais c’est fastoche, il faut faire six ou huit !
PERCEVAL : Ah ben non ! Ça dépend ! Là, c’était un exemple mais si le plus grand, c’est huit et le plus petit cinq alors c’est celui qu’est le  plus proche de six et demi qui commence !
KARADOC : Ah ouais ?! Ben merde ! Moi qui croyais qu’j’avais pigé pour une fois ! Bon, et après, comment que ça se passe ?
PERCEVAL : Celui qui commence lance les dés le plus loin possible. Bon,  là, euh… soit on les jette à l’autre bout de la pièce soit carrément par la porte.
KARADOC : Ouais mais là, ça caille ! On va pas laisser la porte ouverte !
PERCEVAL : Ouais, bien vu ! On va les jeter vers le mur du fond.
YVAIN : Et après ?
PERCEVAL : Après chacun donne la valeur qu’il pense que font les dés,  on va voir et le plus proche marque la valeur des dés plus le nombre de pas qu’il aura fallu pour y aller multiplié par soixante-douze.
KARADOC : Non mais c’est compliqué quand même !
YVAIN : Ouais, c’est chaud !
GAUVAIN : Il est vrai que ce jeu n’est pas des plus simples !
PERCEVAL : Mais quoi ?! A chaque fois que je propose un jeu de chez moi, vous trouvez à redire !
KARADOC : Oui mais vous, vous avez un don pour les chiffres ! Pour nous… c’est moins réfléchissant !
PERCEVAL : Ou alors, on joue avec les règles à l’armoricaine…
(Noir, voix off)
PERCEVAL : Mais j’vous préviens, faut sept troncs d’arbres et demi et trois brouettes de dés !

TSON !

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